mm s*** M J TES 21^ H«8TSSi > ■ //■' 1UÏ2JUBTI D'HISTOIRE NATURELLE DE LA intimai imiiiiti c)e ^hotoecuiac. DEUXIÈME ÉDITION. TOME PREMIER. A BORDEAUX, De l'Imprimerie de R, LAGUILLOT1ÈRE et COMP. le 1826. ET RÉIMPRIMÉ Chez TH. LAFARGUE, Imprimeur de la Société Linnéenne , Rue du Puits Bagne-Cap, N.° 4« i83o. J#' A AVIS IMPORTANT. Les exemplaires du premier volume de ce recueil étant épuisés , la Société, en le faisant réimprimer , y a apporté quelques changemens , non dans le texte , mais dans l'or- dre des articles. Quelques-uns de ces changemens étaient nécessités par les circonstances. Elle a supprimé la liste des Abonnés et l'arrêté relatif aux Travaux Zoologiques ; ce dernier devenu inutile par l'envoi du nouveau règlement à tous les membres correspondans. Elle a réuni en un seul corps chaque mémoire publié en plusieurs articles dans des cahiers ditterens. Ayant à sa disposition un certain nombre d'exemplaires séparés du Mémoire sur les Sphéru- lites de M. Ch. Des Moulins , et possédant encore quelques unes des dernières livraisons , elle a été forcée de conserver la numération des pages f et par conséquent de placer dans les exemplaires de ce deuxième tirage , le Mémoire dont il s'agit , au commencement du volume; d'où résulte aussi que dans ceux où se trouvent les cahiers du premier tirage, les numéros des pages commencent à 148 , et portent les nombres suivants jusqu'à 3o3 inclusivement : après ce Mémoire qui renferme 1 56 pages, la numération continuera par la page 1 5^ , comme si la -i. re page du volume eût porté le n.° i. dans tous les exemplaires. Le Secre'taire-Gênèral , H. GACHET. ESSAI SUR LES SPHÉRULITES Qui existent dans les collections de MM. F. Jouannet, membre de V Académie Royale des Sciences , Belles- Lettres et Arts de Bordeaux , et Charles Des Moulins ; et considérations sur la famille a laquelle ces fossiles appartiennent ; Par Charles DES MOULINS , Vice-Président de la Société Linnéenne de Bordeaux. CHAPITRE I. er — Introduction. § I. er — Coup-d'œil sur l'histoire du genre Sphérulite. Les premières Sphérulites que j'aie vues me furent données, en 1819 ou 1820, par M. le capitaine Broutet, qui les avait découvertes dans les falaises crayeuses de Royan, de Talmont et des Méchers , vers l'embouchure et sur la rive droite de la Gironde. La riche collection de mon savant et respectable ami M. Jouannet, en renfermait dès-lors plusieurs espèces, à l'état siliceux , recueillies par lui dans les champs du Péri- gord , au milieu d'innombrables et curieux fragmens de bois et de madrépores agathisés. Depuis lors, j'ai fait tous mes efforts pour réunir un grand nombre d'individus de ces singuliers fossiles. Aidés de M. le capitaine Broutet, M. Jouannet et moi pûmes en faire une récolte considérable dans les localités littorales que je viens d'indiquer. M. Jouannet en a découvert plus tard plusieurs espèces en Périgord , d'où j'en ai rapporté moi-même ; des fragmens du même genre ont été recueillis à Dax , parmi les cailloux roulés de la vallée de l'Isle, près Libourne, et dans diverses parties du bassin de la Dordogne. Enfin, je ne crains pas d'affirmer que le nombre d'individus , plus ou moins ( a ) complets , que j'ai été a même d'étudier a loisir , s'élève h plus de cent, sans compter une multitude innombrable de fragmens, plus utiles peut-être pour l'étude de l'organisation de ces fossiles , que ne le sont les exemplaires les moins al- lé i es. Dès les premiers pas que nous fîmes dans cette étude , nous no pûmes nous empêcher de reconnaître que le genre Birostrite de Lamarck est un double emploi de la Sphérulite de Lamétherie , puisqu'il n'est autre chose que le moule in- térieur de celle-ci (Voy. De Lamétherie , Journ. de Phys., Mess, à Frim. an i3, pag. 396). Il est difficile , je l'avoue , de concevoir comment celte er- reur a pris naissance, lorsqu'on a sous les yeux la description de l'individu de Sphérulite qui, après avoir servi à la descrip- tion de Lamétherie , passa dans la collection du marquis de Drée , ou il servit une seconde fois de type pour l'établisse- ment du genre Sphérulite de Lamarck. Dans celte descrip- tion , la Birostrite me paraît aussi clairement décrite que son enveloppe, la Sphérulite (Voy. Bosc , Nouv. Dict. dlrist. nat. , tom. XXXII, pag. 17, 18). Sans doute, le Linné français, privé dès-lors de la faculté d'observer les détails par lui-même, ne put remarquer l'existence d'un fuit alors isolé, mais duquel son génie lui eût fait a l'instant démêler l'im- portance, si seulement il eût pu l'apercevoir. Alors, n'en doutons pas , cet illustre et vénérable naturaliste aurait saisi les rapports qui unissent ce corps organisé a divers autres fossiles déjà décrits sous des noms différens : il aurait reconnu les caractères de première valeur qui isolent ce groupe de tous les autres testacés ; et, si plusieurs genres n'avaient pu être tracés définitivement, faute de matériaux suffîsans par leur nombre ou par leur conservation , du moins une famille eût été circonscrite dans des limites précises , basées sur les (3) parties les plus essentielles de l'organisation ■. Des corps prives d'analogie organique avec ce'te famille n'y auraient point été admis comme analogues , et par un effet contraire de la même cause, nous n'en serions pas aujourd'hui a voir si disséminés, dans nos classifications , des êtres que le Créateur a rappro- chés d'une manière si intime. Il entre dans mon sujet de donner beaucoup plus de déve- loppement à ces idées , dans le chapitre ou je traiterai de la famille des Rudistes , et dans la suite de ce|iiémoire. Je me bornerai , dans ce moment , à indiquer les faits qui m'ont conduit à une connaissance plus exacte des fossiles remar- quables dont l'étude m'occupe depuis plusieurs années. Lorsque je reconnus l'identité de la Sphérulite et de la Bi- rostrite, j'étais presque au début de mes études conchylio- logiques : je n'avais que peu de livres ; j'ignorais que Lamé- therie en eût donné une description si exacte ; je me flattai un instant d'avoir fait une découverte. Je n'étais pourtant pas loin de la vérité , puisque les détails donnés par Lamé- therie ayant été méconnus , le plus grand nombre des savans n'avait aucune connaissance de l'identité des deux genres. En 1822, M. Defrance publia son genre Jodamie , dans le 24- e volume du Dictionnaire des sciences naturelles , pag. 229 et suivantes. Il y distingue deux parties principales, le test bivalve et le moule ; ce savant croyait ne pas connaître la Birostrite, car il n'en parle nullement, et il ne se doutait pas qu'elle fût sous ses yeux. Depuis, en 1825, elle a été figurée parfaitement , à côté et dans l'intérieur de son enve- loppe, sous le double nom de Defrance et de Lamarck, dans le 35. e cahier des planches du même Dictionnaire, Jig. 1 a et 2. Seulement, il y a une erreur dans la désignation des parties : on y nomme Birostrite, Lam. , ce que Lamarck nomme Sphérulite; tandis que c'est a la Birostrite de Lamarck (4) qu'on donne le nom de Joclamie. J'aurai occasion de revenir sur ces figures. M. Défiance termine sa description en re- connaissant de grands rapports entre ce genre et la Sphéru- lite , article auquel il renvoie le lecteur , et qui n'a pas encore paru. En Décembre 1822, M. le baron de Férussac publia son article Birostrite dans le 2. e volume du Dictionnaire clas- sique d'histoire naturelle , pag. 323 et 324. H ne connais- sait ce fossile que par sa description et par la figure de Boowdich : on ignorait son habitat. En 1823, j'en vis un exemplaire, sans nom ni localité , daos la collection de M. le professeur Cordier , au jardin du Roi. Je lui promis , et je lui envoyai effectivement au mois d'Octobre de la même année, une Sphérulite entière, con- tenant son noyau. J'en envoyai en même temps à feu M. le comte de Bournon et à M. le baron de Férussac. Il n'eût fallu voir qu'un seul exemplaire complet pour être assuré de l'identité; j'en avais vu plusieurs douzaines, ainsi que M. Jouannet et M. Dargelas, directeur du Musée de Bordeaux. Les échantillons adressés à MM. Cordier et de Férussac furent reconnus, comme preuves concluantes, par ces deux naturalistes. De plus, j'appris par mon ami M. Rang, savant amateur de zoologie , qu'il avait toujours , ainsi que M. d'Orbigny, recueilli, à l'île d'Aix , la Birostrite dans son enveloppe , la Sphérulite , mais que malheureusement M. d'Orbigny n'avait encore rien publié sur ce sujet intéressant. Depuis cette époque , a laquelle je formai le projet de décrire un jour les Sphérulites que j'étais à portée d'étudier , je redoublai d'efforts pour m'en procurer un plus grand nombre d'exemplaires et d'espèces , afin de me mettre à même d'en comprendre, s'il était possible, l'organisation. Je consultai sur ce sujet tous les savans qui } en passant par (5) Bordeaux, voulurent bien visiter ma collection. Je m'en oc- cupai particulièrement , et pendant long-temps , avec mon savant ami M. Hœninghaus, de Crefeld, dont j'aurai bientôt occasion d'exposer les lumineuses idées sur la place de ce genre dans l'ordre naturel. Une description succincte des Sphérulites de Royan lui fut remise par moi en Janvier 1826, et a été réproduite, à l'article Birostrile , dans l'ouvrage de M. Kruger , intitulé Urweltliche Naturgeschichle ( Hist. nat. antédiluvienne ). Enfin, jusqu'à ce moment (Novembre 1826 ) , la publi- cation la plus récente , à ma connaissance , qui se rapporte aux fossiles dont il s'agit , est celle de l'article Jodamie , de M. Deshayes, dans le g. e volume du Dictionaire classique d'histoire naturelle , pag. 82 (Février 1826). Ce judicieux observateur se contente de faire observer que les Jodamies ont, comme M. Defrance l'avait dit lui-même, les plus grands rapports avec les Sphérulites, et se réserve de les décrire en parlant de ce dernier genre. Tel est , à ma connaissance , l'état actuel des publications relatives aux Sphérulites et à leur noyau. Dans l'esquisse que je viens d'en présenter, je rne suis abstenu de faire figurer les divers corps fossiles connus antérieurement sous divers noms , et qu'il deviendra désormais nécessaire de réunir aux Sphérulites , ou d'en rapprocher du moins extrêmement dans la classification. Je ne me suis attaché qu a rétablir dans son intégrité la Sphérulite de M. de Lamétherie, et c'est ce qui m'a forcé à parler , dans ce chapitre , de la Birostrite et de la Jodamie. Après l'examen général que je compte faire de la famille des Rudistes de Lamarck, je considérerai la Sphérulite comme coupe générique , et c'est alors que je m'occuperai des fossiles qui doivent venir se ranger auprès d'elle , soit comme génériquement identiques , soit comme faisant partie de la même famille. (6) § II. — Obstacles qui s'opposent a ce que le sujet soit traité d'une manière complète , et amené à une classi- fication définitive. Placé , pour ainsi dire , au centre des dépots les plus abondans de Sphéïulites qui soient connus jusqu'à ce jour ; pouvant , en un petit nombre d'heures , nie transporter sur chacun d'eux et y choisir les exemplaires les plus propres à l'étude; possédant un nombre considérable d'individus entiers ou brisés de ces fossiles ; redevable à l'obligeante amitié de M. Jouannet de la facilité d'étudier une collection semblable, qui, jointe à la mienne, forme une masse peut-être unique d'ob- jets de comparaison ; occupé spécialement, depuis six années, de l'étude de ces corps organisés; qui ne croirait que je viens ici, sous le titre modeste d'Essai, présenter une monographie complète du genre Sphérulite, jeter un grand jour sur l'étude des corps fossiles plus ou moins analogues à ceux-ci, et fixer d'une manière concluante la place que ce groupe doit occuper dans l'échelle organique? On serait pourtant bien éloigné de mes pensées , si l'on venait a me supposer une pareille pré- tention. Pour que je l'élevasse de bonne foi, il faudrait que je pusse me dissimuler à la fois et la faiblesse de mes con- naissances , surtout en anatomie, et l'insuffisance des maté- riaux que je possède , hormis ceux qui proviennent des deux départemens voisins , la Charente-Inférieure et la Dordogne. Les départemens du Gard, de la Drôme et du Var, l'Italie, l'Autriche, les Pyrénées sout, à ma connaissance, les loca- lités qui fournissent d'autres fossiles du même genre ; il m'a été impossible de m'en procurer un seul , hormis quelques échantillons du Var. Plusieurs cabinets en contiennent de loca- lités inconnues : je ne possède pas non plus de ceux-là. Je n'ai pas même pu consulter toutes les figures qui s'y rapportent. Mon travail ne peut donc être une monographie complète des (7) espèces recueillies jusqu'à ce jour. Par la même raison, jeiie puis espérer de fixer définitivement les limites des genres- à conserver ou à introduire dans cette famille naturelle. Les figures et les descriptions laissent souvent d'autant plus ù dé- sirer, qu'on ne s'est, jusqu'à ce jour, que fort peu occupé de donner une idée exacte des caractères du test et des pièces qu'il enveloppe. Les fossiles eux-mêmes sont presque toujours dans un état de pétrification plus ou moins avancée, qui ne permet que difficilement d'observer les modifications succes- sives de tous les caractères à la fois. Aussi, quand j'aurais sous les yeux tous ceux qu'on a recueillis jusqu'à ce jour, il y aurait encore de la présomption à croire que je pusse fixer d'une manière concluante les limites exactes des, genres et des espèces. Enfin, en supposant que j'y pusse parvenir, quel ne serait pas mon embarras, quand j'aborderais les re- cherches qui auraient pour objet de déterminer, dans l'échelle organique , la place d'animaux perdus , qui ne ressemblent , à en juger par leurs débris , à rien de ce que la nature vivante offre à nos observations ? En effet, je suppose que les animaux des Cyelostomes , des Cythérées , des Arches , des Peignes nous fussent incon- nus, et que nous eussions à classer leurs coquilles d'après la simple inspection du test ou de son moule , nous aurions la possibilité de saisir leurs rapports naturels , par la double considération du test et de l'animal des hélices , des venus , des pétoncles et des huîtres. Que de genres n'a-t-on pas ainsi formés , limités , décrits et classés avec une exactitude satis- faisante ? Pour combien d'autres coquilles n'a-t-on pas fixé du moins leur place , avec certitude , dans telle ou telle fa- mille ? Dans la plupart des bivalves , les impressions muscu- laires , celle du manteau , les moules intérieurs , si exac- tement façonnés sur les objets qu'ils reproduisent en sens (8) contraire , sont autant de sources fécondes d'analogies , de caractères incontestables qui servent de jalons à l'observateur et ne peuvent le laisser en doute que sur les détails , tandis qu'ils le conduisent à des résultats certains sur tous les points essentiels. Mais ici, quels sont les documens dont nous pouvons faire un utile usage ? J'ose dire premièrement qu'ils sont presque nuls , et secondement que ceux qui nous ont été fournis par les dernières observations n'ont fait qu'embrouiller la question relative au classement de cette famille, et rendre plus difficile la solution des problèmes qui la composent. Et d'abord , sur le premier point , nous nous trouvons , relativement a l'étude des animaux qui nous occupent, dans une position semblable à celle où nous étions pour les Cépha- lopodes polythalames , avant que Péron eût rapporté de la Nouvelle-Hollande l'animal de la Spirule. Rien alors ne pou- vait conduire à des hypothèses plausibles sur les êtres qui ont rempli les coquilles nombreuses de la famille des Ammonées , et en général de tous les polythalames. L'illustre auteur des Animaux sans vertèbres avoue que c'est à la seule décou- verte de ce petit animal qu'il doit la formation de cet ordre et la coordination des êtres qui viennent s'y ranger. Quel pas n'a pas fait la science depuis une découverte en apparence si minime, mais par laquelle nous fut révélée, d'une manière incontestable , la structure générale des habitans de ces co- quilles perdues aujourd'hui à l'état vivant, ou du moins ca- chées dans les mers à des profondeurs que nous ne pouvons atteindre ! La connaissance de l'animal de la Spirule a même conduit M. le baron de Férussac (Dict. class. d'hist. nat., tom. I , pag. 2G8 ) a expliquer, avec beaucoup de probabi- lité, l'existence et la nature de ces polypes monstrueux, pourvus de bras énormes et d'une force prodigieuse, qui ont (9) été désignés par quelques auteurs anciens, et notamment par Pline (lib. 9, cap. 28, 29, 3o). En effet, la figure de la Spirule, dans la i. e livraison des planches du Dictionnaire classique d'histoire naturelle , nous donne une mesure de 3i millimètres de longueur environ pour l'animal dont la coquille a un diamètre de 10 millimètres. En appliquant cette proportion à l'Ammonite de 8 pieds de diamètre , citée par Buffon , on serait conduit à évaluer la longueur de son ani- mal à près de 25 pieds. Or, nous ne savons pas jusqu'à quel point les proportions de l'animal comparé à sa coquille peu- vent varier dans les divers genres des Céphalopodes polvtha- lames ; et nous savons que celles des bras comparés au corps varient considérablement dans les sépiaires. Je ne me suis livré à cette digression que pour laisser en- trevoir la seule et bien vague espérance qui nous reste de parvenir un jour à connaître ou à deviner par analogie la structure de l'animal des Sphérulites. Pour obtenir ce résul- tat, il faudrait qu'un nouveau Péron découvrît une nouvelle Spirule, c'est-à-dire, un animal dont nous n'avons actuelle- ment aucune idée, et que les caractères organiques de son test permettraient de placer dans la même famille que les Sphé- rulites. Je dis que nous n'avons aucune idée d'un tel animal. Les Cranies , placées maintenant dans la classe des Bra- chiopodes , sont tellement différentes des Sphérulites , que l'animal le moins éloigné de ce que doit être le leur (celui de la Térébratule ou celui de l'Orbicule , par exemple,) ne peut conduire à aucune analogie plausible avec celui des Sphérulites. Les rapports qui existent entre les Sphérulites et les Cranies sont au nombre de deux : coquille bivalve , charnière et ligament cardinal nuls. Mais en revanche (et ce caractère est d'une bien autre valeur) le test des ( io) Cranics est lamelleux , feuilleté , et d'une con texture quï le rapproche beaucoup de celui des Anomics { Voy. Fé- rus sac , Dict. class. d'hist. nat. y tom. II, pag. ^o); celui des Spbérulites au contraire , et c'est ici le caractère fondamental qui isole la famille a laquelle elles appartien- nent, celui des Sphérulites, dis-je , n'est lamelleux que dans la forme des appendices de certaines espèces : il est es- sentiellement poreux ou multiloculaire dans toute l'épais- seur de ses parois , et dans l'épaisseur des lames qui lui servent d'appendices. Or, ce caractère, le plus important de tous ceux qui peuvent se trouver dans le test , nous fait présumer un animal aussi différent de tous ceux qui nous sont connus , que le test lui-même l'est de ceux qui sont répartis dans les autres familles de Mollusques. Je ne crains donc pas de le dire : nous n'avons aucune donnée solide sur les êtres qui ont pu habiter les Sphéru- lites et leurs analogues. Bien plus , nous ne pouvons en espérer aucune , jusqu'à ce qu'un animal vivant de la même famille soit découvert et soigneusement décrit. Telle est ma conviction , et je suis heureux de la trouver confirmée par l'opinion d'un des savans les plus distingués de notre époque. M. le baron de Férussac, en parlant de l'analogie singulière des Orbicules avec les Hipponices, y trouve « un » passage des céphalés aux acéphales , qui prouve encore » bien évidemment combien l'enveloppe testacée des Mol- » lusques peut induire en erreur pour leur classement , et » qu'il n'y a que l'étude des animaux qui puisse fonder » une méthode qui permette de saisir leurs véritables rap- » ports » ( Voy. Férussac , Dict. class. d'hist. nat., tom. II , pag. 474 ): Sur le second point , qui renferme l'explication et la démonstration du picmicr , je dis. que les caractères ré- ( II ) ccmmcnt observes clans les Sphérulitcs et leurs analogues ne font qu 'embrouiller la question relative a leur classe- ment , et rendre plus difficile la solution des problèmes qui la composent. Nous sommes plus embarrassés mainte- nant pour expliquer la structure de ces êtres singuliers 7 que ne 1 était M. de Lamarck pour établir les genres de sa famille dès Rudistcs. En effet, la simple observation d'un fait nous prouve que deux corps fossiles , totalement dis- semblables , appartiennent cependant au même individu ; et si nous cherchons des analogies parmi les animauxqui nou s sont connus , ces deux corps ne font que se gêner mutuel- lement pour prêter a des hypothèses sur l'organisation des êtres dont ils dépendaient. La Sphéi ulite de Lamarck , cou- sidérée isolément, nous offrait une coquille bivalve , vide, dont le test , irrégulier , inéquivalve et en apparence la- melleux , lui faisait trouver de grands rapports avec celui des huîtres. En supposant que la découverte de sa porosité constante eût précédé celle du noyau qu'il renferme , on eût pu penser que cette contexture cellulaire était un simple caractère de famille , qui distinguerait celle - ci des autres Conchifères , comme la contexture fibreuse des Pinnes les distingue des genres voisins. L'observation de ces carac- tères divers , joints a celui de l'absence de la charnière et du ligament , aurait donné l'idée d'un animal différent sans doute des Conchifères réguliers : mais on aurait pu se figurer facilement dans cette coquille un Mollusque volumineux , fort, musculeux , dont les organes auraient eu des rap- ports essentiels et nombreux avec ceux des Conchifères en général. De son côté, la Birostrite , considérée comme un corps complet , nous offrait le moule exact d'une coquille détruite , dont la forme paraissait bivalve , et ou nous pou- vions supposer raisonnablement un Mollusque bilobe, pourvu ( 12 ) aussi de muscles pour ouvrir et fermer sa coquille. On pouvait d'autant mieux le croire , que les impressions mus- culaires , quoique de forme insolite , sont très-visibles sur ces moules , qui semblaient présenter aussi quelques traces présumables de charnière. Mais que faire maintenant de ces deux corps si dissem- blables , que nous sommes forcés de faire entrer l'un dans l'autre ? Que penser de la forme du corps de l'animal ? Est-ce le noyau qui représente exactement cette forme ? Mais il est d'une pâte homogène , et ne présente aucune trace d'organisation intérieure. Remplit-il un espace jadis vide daim le corps de l'animal , lequel aurait été dissous postérieurement à la solidification ou à la cristallisation du noyau ? Cette idée semblerait favorisée par la forme et les dimensions du noyau relativement a celles du test ; car ja- mais, du moins dans les Sphéruliles proprement dites , ce noyau n'est naturellement adhérent au test , ne remplit exactement la cavité des valves, ni ne se rapporte fidè- lement à leurs contours intérieurs : mais alors l'animal aurait existé tout entier entre les parois de sa coquille et le vide que son noyau représente ; il aurait été , dans ce cas , bien faible , bien mince et bien étendu pour gouverner les manœuvres d'un test aussi volumineux. J'avoue cependant que cette dernière opinion me paraît la plus probable ; mais ce n'est pas ici le lieu de la dis- cuter , puisque je ne dois offrir , dans ce paragraphe ,que le tableau sommaire des difficultés que présente la classi- fication des Sphérulites. Elles sont bien grandes , je ne le sens que trop , au moment surtout où j'ose entreprendre d'autres termes , multiloculaire dans ses parois : premier ca- ractère positif et diagnostique , qui confirme le démembre- ment des Rudistes. La valve supérieure des Cranies est la plus grande ; elle est libre et convexe , tandis que la valve inférieure est adhé- rente et presque plane. La valve supérieure des Sphérulites et Radiolites , et celle des Calcéoles , est la plus petite. Elle est libre aussi , mais elle est operculaire et presque plane , dans la majeure partie des espèces , tandis que la valve infé- rieure est profondément excavée, conique, turbinée, vagini- forme ou présentant l'apparence d'une demi-sandale. Ceci indique un renversement dans le système du test : second caractère positif et diagnostique, qui confirme le démembre- ment des Rudistes. La valve inférieure des Cranies offre des impressions mus- culaires en creux, auxquelles répondent des callosités sail- lantes dans la valve supérieure. Dans les autres genres, on ne trouve aucune impression dans la valve inférieure , ni par con- séquent aucun rapport musculaire direct entre elle et la valve supérieure : troisième caractère positif et diagnostique , etc. Enfin, la coquille des Cranies ne renferme jamais, a l'état fossile, un noyau ou moule, non adhérent à son test, et qui soit d'une forme plus ou moins différente de celle de la cavité que forment les deux valves. La Sphérulite, au contraire (je parlerai plus tard de la Radioîite et de la Calcéole), offre constamment, lorsqu'elle est entière ou presque entière, ce noyau qui est la Birostrite : quatrième caractère positif et diagnostique, etc. Les Rudistes, ainsi démembrés , ne conservent donc plus que trois de leurs anciens genres , savoir : SphëruUte , Ra- dioîite et Calcéole. Nous allons, dans le ehapitie suivant, faire des recherches spéciales sur les caractères et les rappoits de ces genres. ( 28) CHAPITRE IÎL — Formation d'une nouvelle classe , SOUS LE NOM DE Rudistes , ET d'une NOUVELLE FAMILLE , sous le nom de Ccilcéolées . § L cr — X)cs genres SpbérulUe et Ra.diolite de Lamarck. La famille des Rudistes, affaiblie par la perte de la moitié de ses genres , Birostrite , Discine et Crante , semble , si l'on considère les caractères donnés par M. de Lamarck aux trois autres genres, être restreinte dans des îimn'es si étroites, qu'on ne puisse plus désormais les resserrer encore. Dans ce nouvel état, écartée de la classe des Concbifères, cimentée, pour ainsi dire, par uu corps complet de caracières nouveaux, elle forme un groupe extrêmement naturel. Mais ces carac- tères nouveaux établissent de nouveaux rapports entre les êtres qui composent la famille ; et l'on sent facilement que si ces rapports se trouvent poussés jusqu'à l'identité, et qu'Usaient pour base des caractères plus importans que les caractères diffcVenciels donnés par Lamarck à deux de ses genres , il faudra nécessairement que ces deux genres se confondent ; il faudra que leurs différences disparaissent devant des ana- logies plus importantes ; il faudra enfin que ces différences , de génériques qu'elles étaient, redescendent au rang de dif- férences spécifiques. L'observation et l'analogie ont été jusqu'à présent nos guides dans tous les cbangemens que nous avons fuit subir à la famille des Rudistes de Lamarck. Suivons encore la même marche., et nous ferons l'application du principe que je viens de poser , en reconnaissant la nécessité de réduire à un seul les deux genres Sphéridiie et Radiolite de Lamarck. Je vais m'efïorcer de prouver celte nécessité. Récapitulons d'abord les caractères diagnostiques que M. de Lamarck a donnés à ces deux genres : nous examinerons leur valeur , leur degré (*9> <îc constance, et nous discuterons même la question de 1 exis- tence de quelques-uns d'entre eux. i ,° La coquille des Sphérulites eslorbiculaire-globuleusr, un peu déprimée en dessus, parce que sa valve supérieure est plus petite , planulée , operculaire. Dans les Radiolitcs , au contraire, la coquille estjvrmée de deux cônes opposés base à base., et la valve supérieure, quoique plus petite et opercuiifonne, n'est pas planulée comme dans les Sphérulites. Sur ces caractères, je ferai observer d'abord que les diverses espèces de Sphérulites sont tour-à-tour orbiculaires-globu- Iciises, 01 bifilaires à cône surbaissé, triangulaires, coni jiks allongées, subcylindriques, arrondies d'un côté et appiati: s de l'autre. Les Radiolites, de leur côté, sont tantôt à deux valves coniques subégales , tantôt à deux valves coniques inégales; la valve supérieure est plus ou moins sut baissée selon les espèces j de l'aveu même de M. de Lamarck. J'ai des valves supérieures de Spbéruîites , que leurs grandes écailles foliacées placent indubitablement dans ce genre , tel que M. de Lamarck l'a conçu, et qui forment un cône légè- rement incliné, et beaucoup plus aigu par le bout qu'aucune valve supérieure de Radioliie qui soit fîgutée dans l'Encyclo- pédie méthodique. 2. La Sphérulile de l'Encyclopédie (pi. 192) est rensé- scnîée plate en dessous, tandis que les Radiolites ont leur valve inférieure plus ou moins pointue. Je conviens que les espèces choisies aux deux extrémités du genre, tel que je le conçois , présentent cette différence : mais la description des espèces fera voir que celles à base élargie passent insensible- ment à celles dont la base est pointue, par l'intermédiaire des espèces à base oblique et de celles qui sont subcylindri- ques dans toute leur longueur; Ces deux caractères , tirés de la forme générale de la co- (3o) quille , se modifient donc par des nuances intermédiaires et peu sensibles , qui ne permettent de fixer aucun point de démarcation entre l'un et l'autre genres de Lamarck. 3.° La Sphérulite est hérissée h l'extérieur d'écaillés grandes , subangulaires , horizontales , qui la rendent comme foliacée. Les Radiolites au contraire n'en offrent aucune ; elles sont pourvues à l'extérieur de stries longi- tudinales , rayonnantes. A cela je réponds que les intermé- diaires sont ici plus frappans peut-être que dans la forme elle-même. Dans la description des espèces, je ferai voir qu'il y en a d'orbiculaires surbaissées dont les écailles sont horizon- tales , puis des espèces cylindriques dont les écailles sont semblables , puis d'autres encore dont les écailles deviennent ondulées, pliciformes, se raccourcissent peu à peu et prennent l'apparence de rides. Je ferai voir que, dans cet état, comme dans celui de grandes lames horizontales , les écailles garnis- sent une des faces de la valve inférieure , tandis que l'autre face est garnie de lames imbriquées l'une sur l'autre, en es- calier , appliquées sur la coquille dans le sens de son axe , de manière que cette face représente assez bien , en grand , le grand côté d'une Calcéole. Je montrerai enfin d'autres es- pèces où l'on ne saurait dire si les rugosités sont dues à des lames ondulées , imbriquées et usées 5 ou a des plis longitu- dinaux ; et il me paraît évident que ces deux caractères se trouvent réunis et confondus sur le même individu. Lorsque M. de Lamarck publia ces deux genres , on ne connaissait qu'un individu de Sphérulite , trouvé à l'île d'Aix, et les Pia- diolites qu'il étudia venaient toutes des Pyrénées , où elles présentent peu de variations de formes. On sent combien , avec si peu d'objets de comparaison, il était facile de trouver des différences qui semblaient tranchées. Entouré d'un nom- bre infiniment plus grand de matériaux, je me crois en droit ( 3i ) d'attester que ce troisième caractère ne peut , pas plus que les deux premiers , offrir une limite certaine entre les deux genres. 4-° La Sphérulite se trouve dans la craie, et les B_adiolites n'ont été rencontrées que dans les couches d'ancienne for- mation. Ce n'est pas une raison pour que leurs différences soient génériques , puisque d'autres genres bien limités se présentent également dans l'une et l'autre formations. On rencontre des Bélemnites dans une infinité de terrains très— différens. Sans faire mention des alluvions où l'on rencontre des Ammonites arrachées à leur station primitive, on sait que ces coquilles habitent les plus anciennes couches secondaires et les plus anciennes couches de la craie; mais celles dont le gisement est authentique, ne dépassent pas la craie ancienne ( Voy. Férussac , Dict. class. d'hist. nat., tom. I, pag. 274)- Pourquoi les Sphérulites ne seraient-elles pas dans le même cas que les genres Moule, Peigne, Huître, Troque, Térébratule , etc. , qui se trouvent dans toutes les couches , et jusqu'à l'état vivant? Je dois ajouter à ceux-ci les genres Oursin, Balane, Modiole, Bucarde et Nautile, qui se mon- trent dans nos falaises crayeuses de la Gironde ; et il paraît que ce fait est assez nouveau , car M. JDefrance ( Tableau des corps organisés fossiles , 1824, addition, pag. 127, § io3 et io4) cite ces genres, et plusieurs autres , comme non encore trouvés dans la craie. Je crois avoir montré qu'on ne peut pas compter sur les différences génériques que M. de Lamarck a établies pour la distinction des Sphérulites et des R.adiolites. Examinons maintenant les affinités qui doivent nous déterminer à les réunir. M. de Lamarck dit que les Radiolites paraissent bivalves , car 0/1 n'en a pu observer que l'extérieur , oh elles n'of- ( ?{8 ) frûlit aucune apparence de charnière ni de ligament des valves. Dans la description des Sphérulites, il dit : Nous doutons fort que la plus petite valve des Radiolites ait en sa face interne deux tubérosités analogues à celles de la Sphérulite ; enfui nous doutons encore que la ca* vite de la grande valve des Radiolites offre d'un coté ce repli du bord interne , qui s'avance en crête ou en carène intérieure, que Von observe dans les Sphérulites. Je con- viens que, puisqu'on n'avait pas vu l'intérieur des Radiolites , on ne pouvait en connaître les caractères; et en effet, les figures de l'Encyclopédie méthodique (pi. 172) n'en offrent que d'entières ; il paraît qu'on n'a pas même essayé d'ea scier une : la Sphérulite au contraire y est représentée ou- verte. Mais par la même raison, si l'intérieur des Radiolites venait à être connu, il était possible qu'elles offrissent des caractères identiques avec ceux des Sphérulites ; et c'est jus- tement ce qui est arrivé. La Radiolite turbinée de Lamarck (Radiolites tarbi- nata) est figurée entière dans une des planches du 35. e cahier du Dictionnaire des sciences naturelles , fig. 3. Cette figure est accompagnée de deux autres portions de la même coquille, qui donnent lieu à notre première preuve en faveur de l'identité des deux genres. La figure 3 b nous montre l'intérieur de la valve infé- rieure, très-nettement dessinée. On y voit des stries concen- triques d'accroissement , régulièrement espacées depuis le fond de la valve jusqu'à son bord. Ce caractère, l'un des plus essentiels de mou genre Sphérulite, dépend de ce que ces coquilles croissent, comme les Hippurites, en longueur plus qu'en largeur. Je sais qu'en avançant cette assertion, je me trouve en opposition avec l'opinion émise jiar un savant dont j'apprécie les lumières, et qui m'honore de sa bienveillance , (33 ) M. Deshayes ( Voy. Deshayes , Quelques observations suf les genres Hippurite et Radiolite ; Annal, des se. nat., 5. e vol., pag. 2o5. Cette opinion se trouve consignée a la fin du mémoire, pag. 211). Mais j'ose me flatter qu'il partagerait mes idées sur ce point , s'il était a même de voir l'immense quantité d'individus que j'ai sous les yeux. Quoi qu'il en soit de la cause de ce caractère , il existe dans tous les individus de Sphérulite ou Radiolite que je possède, et que j'ai eu l'oc- casion d'étudier-, il se retrouve dans la figure du Diction- naire des sciences naturelles , que je viens de citer , et qui est la seule , à ma connaissance , qui présente une valve en- tière de Radiolite ouverte. Il existe dans la même planche ( fig. 1 c ) où la face intérieure d'une portion du test de la Jodamie Duchâtel , Defr. , est représentée. Il manque dans la figure 1 b qui représente la valve inférieure, vide, de cette même Jodamie ou Sphérulite; mais il est évident qu'il devrait y être marqué , puisque la figure 1 c , qui est une portion grossie d'un individu semblable , le représente parfaitement. Enfin, il manque aussi dans les figures 1 b et 1 c de la planche du 34« e cahier du Dictionnaire des sciences natu- relles , ou la Sphérulite foliacée de Lamarck est représentée ouverte; mais la raison en est toute simple. Ces deux figures, et les deux autres de la même planche , qui font voir cette Sphérulite entière, sont des copies parfaitement exactes, sauf les couleurs qu'on à ajoutées, des figures 7 , 8 et 9 de l'En- cyclopédie méthodique (pi. 172), et de la figure 1 , bien moins bonne encore, de la pi. P. 18 du Nouveau Diction- naire d'histoire naturelle , tom. XXXI, pag. 373. Or, les deux valves ouvertes figurées dans l'Encyclopédie ne laissent pas plus Voir ce caractère que celui de la porosité du lest, bien que tous les deux appartiennent également à la Sphéndite foliacée et à toutes ses congénères. 3 (34) En second lieu , que voyons-nous dans cette même figure 3 h de la Radiolite turbine 'e? Précisément ce repli du bord interne , qui s'avance en crête ou en carène intérieure , qu'on observe dans les Sphéruliics, et de l'existence duquel, dans les Radiolites, M. de Lamarck doutait fort (loc. cit.). Ces replis intérieurs varient d'un à trois , selon les espèces , et suivent tantôt toute la longueur de la coquille , et tantôt unejongueur moindre : il est des individus où on les aperçoit difficilement, quand le noyau ou son appareil accessoire sont adhérens au test par l'effet de la pétrification. Il est même des espèces qui en manquent totalement. J'ai long-temps cherché à me rendre compte de la nature et de l'usage de ces arêtes, replis ou carènes , qui existent aussi dans les Hippurites , et qu'on a pris pour les siphons de ce genre de coquilles. J'avoue que je n'ai pu y réussir. Seulement, j'ai acquis la conviction (pie le nom de siphons ne peut leur convenir. Il est certain que ces arêtes sont le moule d'une cavité; mais quelle pouvait être cette cavité? Lorsqu'il n'y en a qu'une, on pourrait pré- sumer qu'elle est due à la cavité formée par la fente du man- teau de l'animal. Mais comme on en trouve, dans d'autres espèces , ou deux , ou même trois , ou point du tout , je ne sais réellement quelle explication proposer ù leur égard. Ce- pendant, on pourrait penser peut-être que la cavité que ces arêtes représentent dans certaines espèces était destinée à recevoir, dans l'état de repos, quelque organe de l'animal , susceptible d'en sortir et d'y reitrer. Mais comme cette ex- plication n'est pas applicable à toutes les espèces, je doute fort de sa vérité. D'ailleurs, ce caractère est un des plus dif- ficiles à observer dans les Rudistes, parce que, si la coquille est bien entière, on ne l'aperçoit pas; si elle est cassée ou ouverte , il arrive souvent qu'il reste incomplet , ou qu'il est oblitéré. ( 35 ) V appareil accessoire (Lamelle? adventùiie ) , que M. Défiance avait fort bien reconnu dans sa Jodamie, nécessitera de ma part des détails que je réserve pour la description dès caractères du genre Sphérulite : il suffit à mon' but présent de dire que cet appareil , qui est double, puisque ebaque cône de la Birosirite est accompagné d'une de ses portions , repose sur un bourrelet pierreux que lâ : pétrification soude fréquemment près du point de jonction des deux valves. C'est ce bourrelet presque circulaire ■ {circulas J dont deux frag- niens , soudera la valve supérieure de la SphéruTite , ont fait dire par M. de Lamarck que la valve supérieure est munie, en sa face interne, de deux tub èrb site 's inégales , sub- coniques, courbées et en saillie. C'est aussi l'appareil accessoire dont je viens de parler , qui a fourni , en se bri- sant , :les fragmens qu'on remarque dans la figure i b entre les deux tubérosités coniques de la Sphérulite. C'est enfin ce. même appareil accessoire qui a laissé des tracés à droite et a gauebe de la carène intérieure dans la figure 3 b de la Radiolite turbinée. Je dois avouer que ce n'est paé d'après l'étude, des modèles de ces figures que je donne ces expli- cations. Je n'ai jamais vu 1 individu dé Sphérulite décrit par Lamarck, et la valve vide que je possède dé la Ra- diolite turbinée est fort incomplète. Mais les accidens variés que m'offrent les cassures diverses de mes échantillons , me présentent des exemples nombreux de ces caractères trom- peurs. Je passe maintenant à la seconde preuve de l'identité des genres Sphérulite et Radiolite. Cette preuve m'est fournie par la figure 3 a de la Radiolite turbinée ( loc. cit. ). Cette fi- gure représente la coupe verticale d'une valve inférieure de cette coquille , et nous la montre divisée dans sa longueur par des apparences de disons irrégulières qui coupent à angles ( m ) droits l'axe -de la coquille. Croirai-je pour cela que cette co- quille soit polyïhalame ? Non, sans doute : MM. de Férussac, Deshayes et d'Orbiguy ont trop bien prouvé que cette appa- rence de cloisons dans YHippurite avait induit M. de La- rnarck en erreur. Je vois donc avec grand plaisir, dans ces fausses cloisons de la Radiolite turbinée , une preuve nou- velle de la judicieuse sagesse avec laquelle ces savans ont re- tiré l'Hippurite de la classe des Céphalopodes pour la rappro- cher des Radiolites ou Sphérulites. J'aurai occasion de rap- peler des observations analogues , quand je parlerai avec détail de la structure des Sphérulites : leur noyau est très-sujet a se déliter horizontalement , et à laisser quelques-unes de ses couches séparées vers le sommet des valves, ou leurs bords se soudent en partie contre les parois du test. Ces fausses cloisons ne sont pas produites directement par l'animal , du moins dans certains cas , car leur substance et leur contexture n'ont rien d'analogue à celles du test ; sous ces rapports , elles sont parfaitement identiques avec le noyau. H y a des échan- tillons où le suc lapidifique s'est moulé , consolidé , puis délité dans une cavité étroite et longitudinale , resserrée entre le noyau , l'appareil accessoire et le test , de telle manière qu'on croirait voir un siphon droit, cloisonné dans toute sa longueur. C'est une simple apparence, je le sais, je le ré- pète; mais il n'est pas étonnant qu'on s'y soit trompé, tant qu'on n'avait pas sous les yeux un nombre d'échantillons assez grand pour apprécier la valeur et la cause de semblables accidens. Je viens de parler du noyau des Sphérulites , et d'en tirer des conséquences pour le rapprochement , en un seul et même genre, des Sphérulites et des Radiolites de Lamarck. Cela paraîtra peut-être étonnant ; mais tel est le troisième et dernier caractère que j'ai à présenter pour prouver la nécessité (3; ) de cette réunion. Les Radiolites, commes les Sphérulite», renferment toutes , à l'état parfait , un noyau composé de deux cônes , une vraie Birostrite de Lamarck. Pour rappeler à la fois et ce nom et la forme de l'objet, sans pourtant lui laisser une désinence générique , je donnerai au noyau dont il s'agit le nom de Birostre ( Birostrum) , que M. Jouannet a depuis long-temps employé pour le désigner. On remarquera peut-être que j'indique une étroite analogie entre les fausses cloisons de l'Hippurite et celles de mon genre Sphérulite : en effet, j'y trouve cette analogie. L'Hippurite doit avoir un Birostre, puisque la Sphérulite en a. Un ca- ractère aussi saillant, aussi insolite, aussi rigoureusement or- ganique , si j'ose m 'exprimer ainsi , pourrait-il n'être pas le trait distinctif de la famille entière ? Je m'efforcerai d'éclaircir cette question, lorsque j'exposerai ce que j'ai pu recueillir de positif ou de présumable sur l'organisation des genres Cal- céole et Hippurite. Dans ce moment, je me bornerai à présenter une réflexion qui me paraît de nature à faire approuver plus facilement la proposition que je fais de réunir les genres Sphérulite et Ra diolite. H y a, parmi les auteurs qui en ont parlé, une sorte de consentement universel pour leur rapprochement ou même pour leur identité. Par exemple , M. de Lamarck reconnaît que les Sphérulites ont des rapports évidens avec les Radiolites. Bruguière les réunissait dans son genre Acarde. M. Bosc , dans le nouveau Dictionnaire d'histoire natu- relle , représente la Sphérulite foliacée de Lamarck , copiée de la figure de l'Encyclopédie méthodique , sous le nom de Radiolite écailleuse ; et en effet , aux articles Sphérulite et Radiolite , il dit également que cette coquille est une Ra- diolite. Les noms d'Ostracites et d'Jcardes, anciennement donnés ( 38) à ces coquilles fossiles , se trouvant- détruits par l'ouvrage de M. de Lamarck, le genre unique qui les rassemble doit conserver le nom de Sphérulile , que l'auteur des Animaux sçins vertèbres a emprunt à M. de Lamétherie. § II. — Du genre Calcéole. La Calcéole, l'un des genres les plus naturels qu'il soit possible de rencontrer , est en même temps, par une singulière fatalité, l'un des plus imparfaitement connus. Figurée par Knorr (tom. III, SuppL, pi. 20 6, fig. 5,6), elle a été sé- parée du genre Anomie de Linné par M. de Lamarck, q& la placée dans la famille des Rudistes. Les années n'ont amené aucune augmentation de lumières sur cette singulière coquille. La figure de Knorr q été reproduite dans tous les ouvrages où il en a été question ; et les auteurs , faute de documens nou- veaux , ont répété plus ou moins exactement la description de Lamarck. Une seule espèce a été ajoutée , jusqu'à présent, à l'espèce unique qui formait le genre. C'est la Calcéole hétéroclite de M. Défiance , dont la description m'est in- connue , mais qui est figurée dans le Dictionnaire des sciences naturelles (25. e cabier , fig. 3-3 a, et 3 b). Elle a sans doute été découverte depuis l'impression de 1 article Calcéole du même ouvrage, car il n'en fait pas mention. L'ancienne espèce, Calceola sandalina de Lamarck, est rare, et n'a été trouvée qu'en Allemagne. J'en ai vu trois individus entiers, et neuf incomplets. Tous ont été apportés à Bordeaux par M. Ilœninghaus. Cette coquille paraît offrir quelques légères variétés de forme; mais je crois, que celles qui se font remarquer dans la charnière, ou plutôt dans Vapparence de charnière qu'elle présente, dépendent de l'état plus ou moins roulé de la co- quille, ce qui fait varier le nombre de u.nticulations visibles. 4 Je dis denticulations et non pas dents , parce qu'elles ne sont point semblables aux dents des Conchifères. Elles ne se répondent pas d'une valve à l'autre , de manière a ce qu'une dent entre dans une fossette opposée. Ici, les denticulations sériales de la petite valve sont tout-a-fait placées en son bord, et vont se loger dans une rainure qui sépare le bord de la grande valve de sa propre série de denticulations. Celles-ci vont se loger dans une rainure en arrière des dents de la petite valve. C'est donc un autre mode de charnière; et comme d'ailleurs il n'y a point de place pour un vrai ligament, et qu'il n'y a point d'impressions musculaires analogues à celles des Conchifères , la Calcéole ne peut , d'après toutes ces considérations, appartenir aux Conchifères. En outre, sont test, bien plus épais au sommet de la valve inférieure qu'auprès de son bord , l'inégalité extrême de ses valves , la forme operculaire et la position inclinée de la plus petite, et enfin la forme turbinée de la plus grande, m'avaient déjà fait penser que ce genre devait être conservé dans le voi- sinage des Sphérulites. Cependant j'ai voulu pousser plus loin la certitude , et si mes recherches ne m'ont pas conduit à l'évidence complète de ce que je désirais voir , je crois du moins que leur résultat paraîtra presqu 'entièrement concluant, comme il me l'a paru a moi-même. Les individus de Calcéole dont la valve supérieure manque, sont plus ou moins remplis , en général , d'une espèce de boue pétrifiée , très-dure , qui masque les caractères du fond de la valve inférieure. Lorsque cette boue ne remplit pas la cavité, celle-ci se laisse voir très-nettement, et n'offre au- cune trace d'un moule intérieur semblable à celui des Sphé- rulites. On n'y voit adhérer aucun fragment qui puisse avoir appartenu à un pareil noyau , ni à des pièces accessoires comme celles qui l'accompagnent dar ■* le genre Sphérulite. (4o) Je me suis donc décidé a sacrifier la seule Calcéole entière que je possédasse : je l'ai brisée, et je n'ai pas été assez heureux pour y trouver le moule distinct que j'espérais y voir. Cependant j'y ai vu des apparences qui me font supposer que dans d'autres individus moins agatliisés , moins cristallisés, on pourrait trouver quelque chose d'analogue. Il me semble du moins que ce caractère est tellement important , qu'il doit constituer une famille; et j'avoue que s'il n'existe décidément pas dans la Calcéole, ce serait une raison bien suffisante pour établir deux familles dans la classe que je vais proposer. Mais , puisque nous trouvons des analogies qui doivent nous faire présumer de grands rapports entre les genres dont nous nous occupons , il est plus prudent de ne pas multiplier les divisions, et de laisser la Calcéole dans la même famille que les Sphérulites , dont elle est si rapprochée par l'ensemble de ses caractères , jusqu'à ce que l'observation nous ait appris quelque chose de certain sur ce point encore litigieux. En attendant, voici ce que j'ai vu dans la Calcéole com- plète que j'ai brisée. Tout l'intérieur était tapissé de jolis cristaux de quartz, semblables à ceux que j'ai vus dans l'in- térieur du noyau de quelques Sphérulites du Périgord, lors- que ces noyaux se trouvent à l'état de géode quartzeuse. J ajoute à cela que , dans ma Calcéole , les cristaux ne tapis- sent pas positivement la paroi intérieure du test; ils sont portes sur une gangue quartzeuse brunâtre , mélangée de par- ties cristallines, et qui pourrait bien s'être déposée entre le test et le noyau cristallisé , si celui-ci a existé. Je le répète ; un seul individu ouvert n'a pu me donner de certitude à, cet égard : c'est un soupçon que j'expose ici; des expériences plus nombreuses doivent être attendue ■ .:; que l'opinion des naturalistes soit fixée. $i l'absence du noyau se trouvait ppvj lç : <-c caractère , (4* ) joint à la présence d' une fausse charnière denticulée, de- vrait, ce me semble, écarter la Calcéole de la famille qui renferme les Sphérulites , mais non de la classe que je pro- pose ; car elle en a le caractère essentiel , je veux parler des conc arriérations de l'épaisseur du test. Les individus de Calcéole que je possède sont trop agathisés pour montrer la forme précise et la longueur de ces concamérations : mais les stries saillantes qu'on remarque à la surface du test, cou- pées à angles droits par d'autres stries plus fines, sont de nature à faire juger qu'elles ne sont autre chose que le relief des cellules intérieures , dont la transparence du silex fait apercevoir la direction , quoiqu'elles soient remplies par le suc lapidifique. Ces cellules se montrent beaucoup mieux encore dans certaines cassures ou érosions de la surface du test, et alors on voit même de petites portions de leurs cavités. J'ai vu souvent des portions de test de Sphérulites , unifor- mément silicifîées, de sorte qu'on n'apercevait aucune cel- lule , tandis qu'elles étaient vides dans une autre portion de la même paroi. Des individus entiers sont quelquefois silici- fiés à ce point de compacité, tandis que d'autres montrent toutes leurs cellules. Il n'est donc pas déraisonnable de penser qu'il peut en être de même parmi les Calcéoles. La Calcéole a toujours paru fort difficile à classer ; je re- marque que parmi les auteurs qui l'ont citée et décrite , les uns n'ont pas osé se prononcer sur ses affinités , et les autres ont eu sur ce point des opinions très-divergentes. M. Bosc (Nouv. Dict, d'hist. nat. , tom, V, pag. 10 ) la décrit avec presqu'autant de détails que M. de Lamarck. Mais la figure i de la planche B i5 (même vol. , pag. 57 5 ) ne représente que fort imparfaitement cette coquille. M. Bosc pense quelle semble former un passage entre les Bivalves et les Univalves , par la forme et la situation de sa pe- ( 42 ) tite valve. II parait donc lui trouver des rapports avec les Hipponices de M. Défiance. J'avoue qu'elle a avec eux quel- ques ressemblances extérieures; mais son test non feuilleté, la natuce de ses stries, ses denticulations cardinales, l'absence d'impression musculaire arquée, etc. , l'en distinguent émi- nemment , et la placent , selon moi , à une énorme distance des Hipponices et des genres voisins. M. Duvernoy (Dict. des se. nat. , tom. VI, pag. 221 et 222 ) retranche beaucoup d'indications importantes conte- nues dans les descriptions de MM. de Lamarck et Bosc. Quant à la classification de ce genre, il dit simplement qu'il paraît avoir des rapports avec les Cranies et les Téré- bratules. Je suis très-éloigné de partager cette opinion ; les Térébratules et les Cranies sont subéquivalves : la Calcéole est inéquivaive^au plus haut degré. Leur test est feuilleté; le sien ne l'est pas. D'ailleurs, dans quel autre groupe que celui des Sphérulites^et des Calcéoles pourra-t-on découvrir -une Bivalve dont la valve inférieure soit turbinée, et où toutes les deux soient sans crochets ? M. Bory de Saint - Vincent ( Dict. class. d'hist. nat., tom. III , pag. 39 ) retranche aussi quelque chose a la des- cription de Lamarck. Non-seulement il ne se prononce pas sur les affinités de ce genre, mais même il ne dit pas un seul mot qui puisse laisser entrevoir dans quelle famille il voudrait le placer. Je n'aurai donc presque rien à ajouter aux caractères que les auteurs ont donnés à la Calcéole : mais la supposition , pavanai ogie , de l'existence de son noyau, et, j'ose le dire, du moins dans ma conviction, la cellulosité de l'épaisseur de son test, me font regarder comme inattaquable la position que M. de Lamarck lui a assignée auprès des Sphérulites. (43) §111. — Du genre Hippuritr.. Le genre Hippurite , bien plus riche en espèces que le genre Calcéole, n'était cependant naguère pas mieux connu que lui. Toutes les espèces qui le composaient, vues seule- ment a l'état de pétrification , mais laissant en même temps apercevoir certaines parties de leurs caractères intérieurs , induisirent M. de Larnarck en erreur, parce qu'il n'avait pas pu voir les caractères analogues dans ses Rudistes. Les Hip- purites lui parurent donc éminemment distinctes de cette fa- mille ; et cette première erreur , fortifiée par une certaine apparence de cloisons transvei ses et de siphons latéraux , fut la cause d'une classification vicieuse et opposée a toute ana- logie organique. Des deux législateurs de la zoologie des In- vertébrés, l'un, en 1817, M. le baron Cuvier ( Règn. anim., tom. II,pag. 373), n'a pas osé changer, sur de simples soupçons, la position assignée par l'autre, dans les Céphalo- podes, aux coquilles dont il s'agit; et cependant il témoigne qu'il inclinerait volontiers à les placer parmi les Bivalves , si toutefois il était prouvé que l'opercule n'est pas une véritable cloison. L'autre, M. de Larnarck, privé de revoir par lui- même les caractères sur lesquels il avait fondé ses anciennes classifications, privé par conséquent d'apprécier la valeur des doutes élevés par M. Cuvier, maintint, en 1822 [An. s. vert., tom. VII, pag. 59Ô), ce qu'il avait avancé dans ses ouvrages et ses cours antérieurs , et sembla laisser les Hippurites à jamais fixées parmi les Céphalopodes. Cette erreur, en appa- rence accréditée par les ouvrages de ces deux grands zoolo- gistes , a été enfin rectifiée assez récemment ; et cette recti- fication , qu'il m'eût été bien difficile , pour ne pas dire im- possible, d'opérer moi-même, à cause du manque de maté- riaux , m'a mis sur la voie et m'a donné les moyens de re- (44) connaître la véritable organisation du genre qui nous occupe. C'est donc à MM. d'Orbigny, de Férussac et Deshayes que je suis entièrement redevable de l'exacte connaissance de ce genre et de la possibilité où je me trouve d'y rapporter, avec certitude , une nouvelle et magnifique espèce , tout récem- ment découverte , en Périgord , par M. Jouannet. M. d'Orbigny avait depuis long-temps classé, dans sa col- lection , le genre Hippurite de Lamarck , sous le nom de Radiolite , et l'avait envoyé sous ce dernier nom au jardin du Roi. M. de Férussac ( Tableaux systématiques des animaux mollusques, etc., suivis d'un prodrome général, etc., pag. 8), frappé sans doute de la justesse des remarques de M. Cuvier, avait hésité à considérer les Hippurites comme de vrais Céphalopodes ; et , tout en les laissant dans cette classe, pour se conformer aux idées reçues, il montrait leurs rapports intimes avec les Radiolites , de manière à faire voir qu'il les regardait comme devant être portées dans les Bival- ves. San opinion fut enfin fixée par les observations de M. d'Orbigny d'abord, et de M. Deshayes ensuite ; et il recon-* mit définitivement les rapports réels de ces deux genres, dans V Introduction au Tableau méthodique de la classe des Céphalopodes de M. d'Orbigny {Annal, des se. nat. , tom. VII, pag. 1 13 ). N'ayant pas connaissance des observations particulières à M. d'Orbigny, je ne puis faire usage que de celles que M; Deshayes a insérées dans les Annales des sciences natu- relles (tom. V, pag. 2o5. Juin 1825. Quelques observa* lions sur les genres Hippurite et Radiolite). Elles ont été reproduites par l'auteur , dans l'article Hippurite du Dic- tionnaire classique d'histoire naturelle (tom. VIII, pag. 227), et analysées par M. le baron de Férussac dans le \ ^ ) Bulletin des sciences naturelles et de géologie (tom. Vf, pag. 297. N.° 326 ). Ces divers documens m'ont éclairé sur la véritable nature des Hinpurites, dont j'ai reconnu les caractères fondamen- taux dans les Rudistes qui font l'objet de mes études ; et j'ai enfin acquis de bien plus grandes lumières sur ce point , en examinant l'Hippurite nouvelle découverte par M. Jouannet, et dont l'état de pétrification non complète m'a permis des observations bien plus détaillées que celles de mes devanciers. Ici, je ne puis donner assez déloges à la sagesse et à la perspicacité profondément judicieuses avec lesquelles M. Deshayes a traité cette question dans son mémoire. Ignorant des faits essentiels que seul j'ai été à portée d'observer, il a pourtant deviné la vérité ; il a établi une théorie dans laquelle les faits plus récemment observés viennent se coordonner avec autant de facilité, de clarté et de régularité que s'il avait ré- digé cette théorie sous la dictée des faits eux-mêmes. 11 est nécessaire à l'exécution de mon plan de donner ici une idée des motifs qui déterminent M. Deshayes a retirer des Céphalopodes le genre Hippurite , et a le rapprocher des Radiolites. L'analyse succincte de ce mémoire, insérée par M. de Férussac dans le Bulletin des Sciences naturelles ( loc. cit. ) , en donne une idée suffisante : je ne puis donc rien faire de mieux que de la transcrire ici; mais je ne pré- tends point par là faire connaître à fond les excellentes obser- vations de M. Deshayes. J'en crois la lecture indispensable à ceux qui voudront arriver à une connaissance approfondie des Rudistes qui composent le genre Hippurite, et de ceux qui font l'objet spécial de mon mémoire. « M. Deshayes a cherché, dans la note qu'il pu- » blie , a déterminer la véritable structure de ces singulières » coquilles, et par conséquent leurs rapports naturels. Il ne ( 46 ) » voit, avec raison , dans les prétendues cloisons des Hip- » purites que des feuillets calcaires plus ou moins épais ,jfor- » mes par l'accroissement de. la coquille qui s'augmente » et s'agrandit à peu près comme dans les Huîtres; il montre » également que le prétendu siphon de ces coquilles n'a » qu'une analogie très-élôignée avec celui des coquilles poly- » thalames, et servait vraisemblablement à l'insertion des « muscles d'attache ; il fait observer que le prétendu opercule » des Hippuriles n'a nul rapport avec la pièce operculaire , » que les Céphalopodes en sont d'ailleurs privés, et que c'est » tout simplement la valve supérieure de ces coquilles ; enfin » il fait remarquer que leur adhérence constante éloigne tout » rapprochement avec ces derniers animaux. De toutes ces » observations M. Deshayes conclut, ainsi que nous l'avions » préjugé nous-mêmes (voy. notre prodr. ) , que les Hippu- » rites ont beaucoup de rapports avec les Sphérulites de M. » de Lamarck, et qu'elles doivent être placées près d'elles et » des Radiolites , dans l'ordre des Rudistes. » Déjà depuis long-temps M. d'Orbigny fils était arrivé » aux mêmes conclusions , et nous avait communiqué plu- » sieurs nouvelles espèces de Rudistes qui établissent ce fait » d'une manière incontestable. » Il me semble que M. le baron de Férussac n'a pas parfai- tement saisi la pensée de M. Deshayes relativement aux pré- tendues cloisons des Kippurites ; et c'est pour cette, raison que' j'ai soulign-, dans son anaîyse, les mots que je crois suscep- tibles de quelques explications. M. de Férussac s'exprime ainsi : des feuillets calcaires formés par l'accroisse- ment de la coquille. Ceci n'est vrai que dans un sens, parce qu'eu effet il y a accroissement de la coquille quand il y a accroissement de l'animal. Mais M. Deshayes avait dit que « ces fausses cloisons sont le résultat de l'accroissement (47 5 » de l'animal; et la nécessité où il se trouve d'aug mériter » d'un côté l'espace où il est compris , de laisser derrière lui » l'espace qui lui est devenu inutile, et de trouver néanmoins » dans la formation d'une nouvelle loge un point d'appui » qui lui est nécessaire , explique parfaitement } et par ana- » logie , la formation des cloisons irrégulières dans les » Hippurites. » Je crois l'énoncé de M. Deshayes plus exact, si toutefois il devient prouvé que les cloisons ont été construites du temps de la vie de l'animal ; car cela ne m'est par encore démontré, et il me paraît possible que des observations subsé- quentes fassent rapporter à l'époque de la fossilisation un phénomène qu'on attribue à la volonté de l'animal. Quoi qu'il en soit, et en raisonnant d'après l'hypothèse de M. Deshayes , comme je continuerai à le faire dans le cours de ce mémoire , la distinction que je réclame est fondée sur ce raisonnement : si ces feuillets calcaires étaient formés par l'accroissement de la coquille , leur contexture serait semblable à celle du test , et cela n'est pas , puisqu'il est celluleux , et que les fausses cloisons ne le sont pas. Ou peut donc tout concilier , en supposant que ces feuiihts sont dus à une sécrétion particulière de l'animal , destinée à recrépir, si j'ose me servir de cette expression , J'iftté- rieur de la coquille , mais non à reproduire des parties analogues au test. Cette sécrétion particulière et celle du test seraient bien toutes deux produites par l'animal ; mais elles seraient opérées probablement par des organes différons. Le genre Hippurite paraît devoir être augmenté de quel- ques espèces dont divers auteurs avaient fait des g L'individu que je viens de décrire est scié par le milieu. Le Birostre est adhérent à l'une des moitiés , sur laquelle il se détache en relief. — Mon cabinet. N.° 3. Fragment pétrifié de valve inférieure, dans lequel on voit que le sommet organique de la valve ( base de la coquille ) n'était pas percé d'un trou. — Mon cabinet. N.° 4- Valve inférieure incomplète , pétrifiée , lavée par la mer, dépourvue, en dessus, de toute gangue. On y voit sur les écailles, outre les rides grossières, des veines rayon- nantes , simples ou bifurquées , en creux. — 8 pouces de dia- mètre sur 3 pouces 6 lignes de haut. — Mon cabinet. N.° 5. Deux valves supérieures, détachées, cassées au sommet. — 2 pouces 6 lignes de diamètre. Profondeur pté- sumable, 2 pouces. — Je n'ai jamais trouvé la valve su- périeure adhérente à l'inférieure; mais les deux que je cite s'adaptent fort bien par leurs contours aux valves inférieures , ce qui m'a fait juger qu'elles appartiennent a la même es- pèce. La disposition des stries intérieures est la même. Ces valves supérieures ont deux caractères remarquables : i.° la présence d'une seule carène ou arête intérieure, différente, par sa forme, des carènes de la valve inférieure ; 2. l'iné- galité et la dépression de leurs parois latérales. — J'ai aussi un sommet, détaché, d'une valve supérieure. Il est com- primé , et extraordinairement aigu. La carène règne jusqu'au fond de la cavité, et n'est guère plus épaisse qu'un cheveu, quoiqu'elle soit très* visible. — Ges valves supérieures sont organisées de manière à ne pouvoir être prises pour les valves inférieures d'une espèce distincte. — Mon cabinet. N.° 6. Valve inférieure pétrifiée, de 10 pouces de diamètre sur 5 de haut. Birostre parfaitement libre, entier, mais sans appareil accessoire; portant des traces des lames anomales, présumées branchiales, que j'ai décrites au n.° 2. —Il était ( 99) engagé dans une gangue presque pulvérulente qui remplis- sait la cavité. Je l'ai nettoyée , et le Birostre est resté parfai- tement libre et mobile. Le grand cône du Birostre , mesuré depuis la carène du bourrelet , a 85 millimètres de long. Le petit cône, mesuré de même, a 70 millimètres. D'un sommet à, l'autre, il y a g5 millimètres. L'angle externe ( la carène du bourrelet formant le sommet de l'angle , et le côté exté- rieur de& cônes formant ses côtés ) est presque un angle droit. L'angle interne est d'environ 160 degrés (mesure sexagési- male). — J'envoie ce superbe individu au Muséum du Jar- din du Roi. 1 N.° 7. Valve inférieure très -grande, a peine pétrifiée, dont les cellules sont admirablement distinctes. Moule crayeux remplissant exactement la cavité. Cet exemplaire, d'une rare beauté, est fendu longitudinalement en deux parties égales. — Cabinet de M. Jouannet. ■ — Un individu à, peu près semblable, mais un peu moins gros , existe dans le cabinet de M. Hœninghaus , à Crefeld (Prusse). 2. Sph^rulites Jouannetii. Nob. Testa parva, orbiculari, globoso-dcpressd ; basi sub- angustatd? Squamis subcoalitis horizontalibus regulatini grossèque plicatis , plicis radiantibus ; cellulis minutis" simis , vix oculo nudo conspicuis. • — Valvd inferiore crassd; cavitate amplâ, sub-cylindricd, vix obliquatd; striis transversis approximatis ; carinis duabus obtusis , c rassis , remotis ; carind (sive linedj tertiâ JUiformi — Valvd superior.... Birostrum.... Lamellœ adventitiœ.... Habite Fossile, isolée, dans les champs du Périgord ( département de la Dordogne ) , où M. Jouanneb l'a décou- verte a Tétat siliceux. J'en ai retrouvé un individu incomplet et quelques fragmens dans le calcaire craj'eux de la Vache- ( 100 ) pendue , en Périgord. Elle paraît rare. J'en connais trois exemplaires à 1 état siliceux ; deux d'entre eux se trouvent dans les collections de MM. Jouannet et Hœninghaus . Le troisième et celui du calcaire crayeux sont dans mon cabinet. Cette espèce, très-voisine de la précédente, s'en distingue fortement par la régularité de ses plis , par la position hori- zontale de ses écailles , par la petitesse de ses cellules , par sa taille, qui ne dépasse pas 4 pouces de diamètre, et qui, très- probablement, ne pouvait pas dépasser une hauteur sem- blable, enfin par la troisième arête intérieure, linéaire, pres- que filiforme , qu'on trouve à une certaine distance des deux grosses. Je n'ai pas osé, sur cette seule observation , porter à trois le nombre des arêtes dans le genre Sphérulite , parce qu'attendu l'état de détérioration de mes deux exemplaires, je pourrais avoir été trompé par une fausse apparence. Les fragmens de Birostre qu'on trouve dans le petit nombre d'individus étudiés jusqu'à ce jour, sont trop brisés pour permettre d'apprécier les détails de sa forme. J'en possède un dont le petit cône n'est pas visible; le grand a 18 lignes de long, et environ i3 lignes de diamètre à sa base. Ce frag- ment est intéressant , en ce qu'il est enchâssé dans la moitié longitudinale de la grande valve , dont on voit parfaitement le sommet à l'intérieur. Ce sommet est parfaitement clos , sans apparence de trou. 3. Sphjerulites Jodamia. Nob. Jodamia Castri, Défiance. Dict. des se. nat., tom. XXIV, pag. 23o. Jodamie Duchâtel. PI. du Dict. des se. nat., 35. e cahier, fig. i a, i b, i c. Birostrites Duel Mollusques , tora. XXXII, pag. 3o6. ( loi ) Sphcerulites ? Deshayes. Dict. class. d'hisf. nat., tom. IX, pag. 82. Ne possédant pas cette espèce , qui d'ailleurs n'a été vue qu'en débris par M. Defrance, je ne puis en tracer la phrase spécifique avec une exactitude suffisante. Je me borne donc à copier la description qu'en donne cet auteur (loc. cit.) : « Cette espèce, dont je possède les valves en débris, pré- » sente un moule intérieur de 7 pouces de longueur, et » plus gros que le poing vers sa partie supérieure. On voit » à son extérieur des stries circulaires qui se trouvent dans *> l'intérieur des valves où il a été formé ; mais il est lisse à » l'endroit où se trouve l'applatissement qui devait répondre » à la carène. La partie du moule qui a été formée dans la » valve supérieure, est presque triangulaire; celle qui dépend » de la valve inférieure présente une courbure qui ne se » trouve pas dans l'espèce qui précède (/. Bilinguis. Deff .)» . Habite..... Fossile à Mirambeau (département de la Cha- rente-Inférieure ) , dans une couche qui , par la nature des fossiles d'origine marine qu'on y rencontre, paraît avoir une très-grande analogie avec oelle de la montagne de St. -Pierre de Maastricht , et par conséquent avec la formation crayeuse (Defrance , loc. cit., pag. 229. Cabinet de M. Defrance ). J'ajoute, d'après cet auteur (loc. cit., caract. gêner. ) , que les stries circulaires intérieures sont coupées , dans la valve inférieure , par une carène longitudinale ; et que le sommet de la valve supérieure est penché du côté de la carène. Ces deux caractères , joints à ceux que j'ai copiés ci-dessus , et que M. Defrance signale comme spécifiques , ne sont pas suffisans sans doute pour établir une différence tranchée entre cette espèce et toutes les miennes. Mais la figure du Dic- tionnaire des sciences naturelles (loc. cit. ) lève tous les ( 102 ,) doutes , et me donne l'assurance que je ne possède pas cette espèce, parce que je n'en ai aucune qui soit globuleuse, comme la figure citée la représente. Reste à savoir maintenant si, ne l'ayant vue qu'en débris, M. Defrance a pu saisir exac- tement sa forme. Ce savant a sans doute été induit en erreur par un état de .pétrification trop avancé,, lorsqu'il a dit que la contexture de ces coquilles est semblable à celles des Huîtres. Il est impos- sible qu'une coquille soit si identique avec le genre Sphéru- llte.j sans avoir la même contexture -celluleuse que lui. Il me paraît même que le dessinateur de la planche a aperçu des cellules dans les cassures : du moins , son dessin semble en indiquer. J'ai un Birostre de sept pouces de long, qui appartient à mon Sph. Hœninghausi ; mais je crois être certain de ne pas faire un double emploi en instituant cette espèce, parce que la forme et les proportions de la coquille ne sont. point celles que représente la figure de l'espèce de M. Défiance , et qu'au contraire , mon Birostre est tout à fait identique avec celui de son Jodamia Silinguis. M. de Blainville, en adoptant le genre Biroslrite de La- marck \loc. cit.) semblerait n'avoir point eu sous les yeux le Jodamia Castri, de M. Defrance, qu'il nomme Dirostrites Duchateli; et pourtant , il en cite la figure., qui était alors inédite. Il est difficile de concevoir comment, s'il avait vu cette espèce par lui-môme , et après avoir lu la description qu'en donne M. Defrance, il a pu établir, ainsi qu'il l'a fait, son -caractère générique. Dans l'exposé de ce caractère et des deux groupes qui constituent son genre, il ne parle que du Birostre , et cependant il cite comme synonyme -le genre Jodamiede M. Defrance, lequel porte sur le test comme sur le moule . Il dit que la coquille est épaisse et ostracée, ( xo3) ce qui semblerait prouver qu'il a connu le test : mais il dit aussi que les valves sont enfortne de cornes , ce qui semble prouver qu'il n'a vu ni le test , ni la figure , ni la descrip- tion contenue dans le tome XXIV e . J'avoue que je ne puis réussir à expliquer ces contradictions , à moins que M. de Blainville n'ait vu qu'un moule isolé, et n'ait jugé conjec- turalement que la forme du test devait suivre celle du moule. La description des Jodamies , par M. Defrance , est du. plus haut intérêt > et prouve quelle profonde sagacité ce savant célèbre a portée dans l'étude du peu de matériaux qu'il avait sous les yeux. Quoique l'existence du moule intérieur dans la Sphérulite fût alors un fait non publié , M. Defrance n'a pas laissé de reconnaître des rapports entre cette coquille et ses Jodamies. Il renvoie même , pour de plus amples dé- tails , à l'article Sphœrulites , qui n'a pas encore paru. M. Deshayes (loc. cit.) a partagé cette opinion. 4. Sphœrulites foliacea. Lamarck. An. s. vert. tom. VI. i. re partie, p. i3i. Sphérulite foliacée . PI. du Dict. des se. nat. 34- e cahier, i.-i.a.-i.b.-i.c. Sphérulite. Lamétherie. Journ. de Phys. (mess, à frim.), an i3, tom. LXI, pag. 396. Sphérulites agaHciformis . Blainville. Dict. des se. nat. art. Mollusques , tom. XXXII, pag. 3o5. Acardo. Bruguière. Encyclop. méthod, Vers. pi. 172, Radiolite. Bosc. Nouv. Dict. d'hist. nat. art. Sphérulite , tom. XXXII, pag. 17. Radiolite écailleuse. pi. P, fig. 1, du nouveau Dict. d'hist. nat. , tom. XXXI, pag. 373. Testa inœquivalvi, orbiculato-globosâ, supernè depres- siusculd , exths squamis magnis suhangularibus patulis ( io4 ) echinatâ: valvd superiore minoré, planulatd, operculari; valvd inferiorc majore , suhventrlcosd , extra marginem radlaùm squamosd ; cavitate oblique conicd ; interno margine hinc introrsùm replicato cristam sive carinam prominentem formante . Cavitatis paries interna trans- versïm striata. (Lamarck, loc. cit. p. 23i ). « Habite fossile de l'île d'Aix {Charente - Inférieure). » On eu voit un exemplaire bien conservé ( lé seul , selon y> M. Bosc , qui fut connu en 1819, et qui présentât ses » deux valves séparées ) , dans le cabinet de M. le mar- » quis de Drée. M. Fleuriau de Bellevue en a trouvé abon- » damment à l'île d'Aix. Il y en a de fort grandes , qui ont » dix pouces et plus en largeur. » {Lamarck, loc. cit. p. 232). En copiant, dans l'ouvrage de M. de Lamarck, la descrip- tion qu'on vient de lire, j'en ai retranché à dessein deux phrases. i.° En parlant de la valve supérieure, il dit qu'elle est inths tuberibus duobus inœqualibus, subconicis ,curvis r in cavitate prominenlibus instructa. Or, ces tubérosilés dont on a tant parlé , ne peuvent être que deux fragmens , soudés à la valve , de la partie libre du bourrelet , qui soutient ( les deux cônes de l'appareil accessoire , et qui est opposée au côté concave du Birostre. Aucune espèce quelconque de Sphé- rulite ne possède d'appendices intérieurs naturellement ad- hérens à ses valves. Donc, ce caractère étant fondé sur une erreur, j'ai dû le supprimer. 2. Cardo ignotus. La charnière étant réellement nulle dans toutes les, espèces, il était inutile que je laissasse sub- sister ce caractère. M. de Blainville {loc. cil.) n'a pas voulu voir les choses sous ce dernier point de vue. Il donne bien à ses Ru- ( io5) distes le caractère d'être sans charnière : cependant, en traçant les caractères génériques de la Sphérulite , il cherche à employer comme charnière les tubérosilés internes de Lamarck, dont il croit apercevoir un plus grand nombre. Il s'exprime ainsi : « Charnière ? non marginale , formée sur la valve infé- » rieure par quatre cavités non symétriques ,. deux internes » rapprochées et sillonnées , deux externes fort larges et pro- » fondes , correspondantes à quatre éminences ou dents ex- » trêmement fortes , linguiformes , de la valve supérieure » . Mais qu'est-ce qu'une Charnière non marginale ? Cela me paraît à peu près incompréhensible ; et je ne puis me rendre raison de ces apparences de caractères qu'en consultant les figures de ce célèbre exemplaire de Sphérulite. Sans doute , M. de Blainville n'aura pas vu la coquille, et il aura cherché à s'en former une idée d'après la figure, du reste assez mau- vaise, de l'Encyclopédie méthodique , exactement recopiée, en 1825, dans le Dictionnaire des sciences naturelles. J'ai eu ces deux planches sous les yeux, et j'espère qu'on me permettra d'avancer que les quatre dents ou éminences de la valve supérieure ne sont autre chose que des fragmens, peut- être mal représentés , du bourrelet et de l'appareil accessoire, lesquels fragmens ne répondent pas même exactement aux quatre cavités de la valve inférieure. Et d'ailleurs , sachant qu'entre les deux valves il existe un corps solide comme le Birostre, qui pourrait penser que des muscles d'attache ont pu s'élever perpendiculairement du fond d'une valve au som- met de l'autre ? Je viens maintenant à parler de la fig. 1 a. de la même planche , figure qui n'existe pas dans la planche de l'Ency- clopédie. Dans cet ouvrage, la fig. 7 répond à la fig. 1 du Dictionnaire des sciences naturelles , et représente la Sphé- ( io6 ) rulite entière. La fig. 8 représente l'intérieur de la valve in- férieure ; c'est la fig. i c. du Dictionnaire des Sciences na- turelles. — La fig. 9 représente l'intérieur de la valve supé- rieure, avec ses prétendues tubérosités : c'est la fig. i 6 du Dictionnaire. La fig. i a est donc nouvelle , dans ce dernier ouvrage , et représente le dessous de la valve inférieure , avec cet enfoncement ovalaire et médian que M. de Blainville et M. Bosc supposent avoir été un trou , et avoir donné passage à un ligament tendineux qui fixait la coquille aux corps sous- marins. J'ai expliqué plus haut pourquoi je ne crois point à l'existence de ce trou, qui ne pourrait guère exister dans une espèce sans se trouver aussi dans les autres. Je ne répéterai donc pas ici ce que j'ai déjà dit à ce sujet : mais je ferai re- marquer seulement que cette valve inférieure , sauf qu'elle est plane en-dessous , ou à peine concave , est construite ab- solument dans le mênie genre que la valve inférieure de mon Sph. crateriformis ; c'est-à-dire qu'elle est formée de lames qui se recouvrent l'une l'autre , et dont les supérieures sont les plus grandes. Donc, elle devait adhérer aux rochers par tout le bord de ces lames , et un pédicule tendineux lui était inutile. M. de Blainville a cru devoir changer le nom spécifique que M. de Lamarck avait donné à cette coquille. J'ignore quelle est la raison qui l'y a décidé : mais si le nom deyb- liacea ne lui semblait pas bien caractéristique , celui d 'aga- riciformis me paraît devoir donner une idée encore moins exacte de l'espèce à laquelle il l'applique. Je crois donc de- voir lui conserver le nom qu'elle a reçu de M. de Lamarck, qui a effectivement institué le genre. Le Sph. foliacé a diffère du Sph. crateriformis par sa base presque plate et non décidément concave , par la gran- deur , proportionnellement beaucoup plus considérable , de ( io 7 ) son ouverture; par sa valve supérieure plate et non conique, enfin par sa carène intérieure, unique, mince et tranchante. Ce dernier caractère semble le rapprocher du Sph. Jodamia ; mais la forme n'est plus la même, car cette dernière espèce a une cavité droite , exactement conique , et plus profonde ; d'ailleurs, elle a la valve supérieure conique , comme le Sph» crateriformis . Enfin, le Sph. Jbliacea , voisin du Sph. Jouannetii par ses écailles horizontales , en diffère parce qu'elles ne sont ;pas , comme dans cette espèce , ondulées régulièrement par de gros plis rayonnans. Birostre et appareil accessoire inconnus. Les figures citées n'expriment pas si les stries transverses intérieures sont ser- rées ou écartées. — Puisque cette espèce a été trouvée à l'île d'Aix, il est plus que probable qu'elle appartient à la for- mation crayeuse. B. Species Gylindroïdeae , basi non dilatatâ , squamis patulis undiquè echinatœ ; testa totius valvcr majoris crassitudine œquali ; valyd superiore horizont aliter positd ; Birostri conis valde inœqualibus. Espèces Çylindroïdes , à base non élargie, hérissées de toute parts d'écaillés horizontales. Epaisseur du test ù peu près égale dans toute la longueur de la grande valve. Valve supérieure reposant horizontalement sur l'ouverture. Cônes du Birostre très-inégaux. 5. SphjErulites cylindracea. Nob. Testa crassd . irregulariter cylindracea , posticè sub- curvatd , squamis patulis surshm deorsîimve spectanli~ bus undiquè echinatd ; cellulis parvis , ferè indistinctis. — Valvâ inferiore multb majore , prœlongd , hinc rotun- datd et squamis latioribus subplanis ; Mine depressd adhee rente que , squamis minoribus subundalis ; apetluvçL X io8) mediocri , rotundd ; carinâ interiori anticd , acutd , valdè prominente ; pariete interna ferè incognitâ. — Valvâ superiore incognitâ , sed certe subplanâ. — Bi- rostri cono majore prœlongo , retrorshm curvo ; minore hrevissimo , recto , anlerihs spec tante. Lamellœ adven- titiœ ferè ignotcc. Habite fossile, roulée et isolée, dans le ravin de la Vache pendue (Vallée de la Couze , département de la Dordogne). J'en possède un Birostre isolé, que je dois à 1 amitié de M. Jouannet , et qu'il a trouvé dans une autre partie de la Vallée de la Couze, à Beaumont. — Longueur de mon plus grand exemplaire, 5 pouces 6 lignes. Diamètre, 3 pouces 1 1 lignes. — Longueur du petit cône de mon Bi- rostre isolé , 3 centimètres. Longueur du grand cône, 7 cen- timètres. La distance du sommet du petit cône au sommet du grand est de 73 millimètres. L'angle intérieur est nul , parée que cette face des cônes forme un seul plan. c : C : : i : 1 */ 3 ou : : 8:7. Mes exemplaires sont dans un état très-voisin de l'état crayeux. M. Jouannet en a trouvé, à l'état siliceux, dans d'au- tres parties du département de la Dordogne. — Cabinet de M. Jouannet. — Mon cabinet. Je ne connais encore que cette espèce qui appartienne à la section des Cylindrdides . Elle semble former le passage des Sphérulites aux Hippurites , et je l'aurais peut-être fait entrer dans ce dernier genre , si trois caractères ne m'en avaient dé- tourné : 1 .° la longueur et la forme aiguë des cônes du Bi- rostre; 2. la petitesse des cellules; 3. p la présence des écail- les foliacées. Je n'ai pas dû non plus la mettre à la fin des Sphérulites , parce qu'elle me paraît mieux placée parmi celles dont la valve supérieure est horizontale, puisque les Calcéo- ( I0 9 ) liform.es , dont la valve supérieure est posée obliquement sur l'ouverture, forment, selon moi, la transition bien liée des Sphérulites aux Calcéoles. L'espèce que je décris me paraît peu commune. A en juger par un des fragmens que j'ai recueillis, les stries trans- versales de son intérieur devaient être très-écartées , du moins les principales. Les exemplaires entiers sont trop pétrifiés pour que j'aie pu espérer, en les sciant, de dégager la paroi intérieure. Cette espèce est l'une de celles qui m'ont fourni les no- tions les plus précises et les plus intéressantes sur la posi- tion relative des diverses parties du test et du noyau , parce que le Birostre isolé que M. Jouannet m'a donné est le plus complet et le plus parfait que j'aie vu dans aucune espèce. On me pardonnera, j'espère, d'entrer dans quelques détails sur cet objet. La valve inférieure présente une légère courbure lon- gitudinale , et les écailles de ce côté courbe sont beaucoup plus courtes , ondulées et un peu crépues , parce qu'elles servent de grapins , si je puis m'exprimer ainsi , pour fixer la coquille aux corps sous-marins : c'est donc là le côté de son adhérence. Du côté opposé , elle est libre , arrondie , un peu bombée , et là , les écailles acquièrent plus de dé- veloppement : tantôt elles sont inclinées vers la base , et tan- tôt vers le sommet ; souvent elles sont horizontales , et pres- que toujours celles de la partie inférieure sont irrégulière : s , parce qu'elles complètent les points d'appui que la coquille peut trouver sur les corps environnans. Le Birostre est placé dans la valve , de façon que la cour- bure du dos du grand cône suit la courbure de la paroi adhérente de la coquille. Le petit cône se dirige du côté opposé à cette courbure , c'est-à-dire vers la partie antérieure ( "0 ) et libre de la coquille. Cela est naturel , puisque cette partie antérieure porte l'orifice buccal de l'animal, qui doit néces- sairement être ouvert du côté où afflue le liquide nourricier. En avant de la bouche, se trouve , comme je l'ai dit, l'ap- pareil accessoire ou branchial , qui est ainsi placé au pre- mier rang pour recevoir l'eau de la mer. La position obli- que du petit cône du Birostre indique que la valve supérieure devait , par l'action des muscles représentés par ce cône , se soulever davantage du côté de la mer que du côté de l'ad- hérence , ce qui s'accorde fort bien avec la position de l'ap- pareil branchial. Je passe maintenant aux particularités du Birostre dans l'espèce dont je m'occupe. Le bourrelet est complet , et libre dans les trois quarts de son circuit , afin de laisser toute la liberté d'action possible aux muscles du petit cône du manteau. Vis-a-vis le sommet de ce petit cône , le bour- relet est fendu , et donne un étroit passage à la carène inté- rieure et aiguë de la valve inférieure. Cette carène se trouve ainsi opposée à la partie médiane de l'appareil branchial. Entre celui-ci et le corps du Birostre, il y a, dans l'état fossile , deux tuyaux testacés qui descendent perpendiculai- rement le long de la partie antérieure du grand cône. J'en ignore l'usage; peut-être servaient-ils d'étuis aux bras, dans l'état de repos. Ce qu'il y a de fort singulier dans cette espèce , c'est que l'orifice de ces deux trous se retrouve, plus ou moins distinct, plus ou moins profondément excavé, dans presque tous les exemplaires entiers dont la valve est empâtée par une infiltration uniforme de sucs lapidifiques. — Je suis loin de pouvoir expliquer tous ces caractères et ces phénomènes; je fais seulement remarquer , en finissant, que dans cette espèce , le petit cône de l'appareil acces- soire , fendu comme son grand cône, est réduit pour ainsi ( m ) dire à letat rudimentaire ; et je présume qu'il en doit être ainsi dans toutes les espèces dont la valve supérieure est très- applatie , parce qu'il n'y reste plus de place, au-dessus du bourrelet , pour le développement des lamelles supérieures des Branchies. On peut donc, lorsqu'on voit un Birostre dont le petit cône est très-court par rapport au grand , et dont l'angle extérieur du bourrelet ne dépasse pas de beaucoup 45 degrés , on peut , dis-je , en toute assurance , être convaincu que la valve supérieure était très-peu bombée. C. Species Duploconoïdeae, valvis conos binos basibus op- positos, vel basi communl opposilosformantibus ; valvd superiore horizontaliter positâ; testa exterihs radiaùm striatd, interihs parhm nota. (Radiolites. Lamarck). Espèces Duploconoïdes , dont les valves forment deux cônes opposés par leurs bases , ou deux cônes opposés à base commune. Valve supérieure reposant horizontalement sur l'ouverture. Extérieur strié longitudinalement. Inté- rieur peu connu. (Genre Radiolite de Lamarrk). 6. SPHiERULITES ROTULARIS. Nob. Radiolites rotularis. Lamarck, N.° i, An. s. vert. t. VI, i. re part. pag. 233. — Blainville. art. Mollusques. Dict. des Sç. nat. tom. XXXII, pag. 3o5. Radiolite angéo'ide. Bosc. Nouv. Dict. d'hist. nat. , pi. P. iS, fig. 2, tom. XXXI, pag. 373. Ostracite. Picot de la Peyrouse, monogr. des Orlhocéiat. tab. 12 , fîg. 4« Acardo. Bruguière , Encycl. méthod. Vers. pi. 172, «g.,. Testa conis opposais , breviusculis , subœquahlus. (Lamarck, loc. cit. ). { II2 ) Habité Fossile des Pyrénées. — Cabinet de M. de Lamarck , actuellement de M. le prince d'Essling. Cette espèce m'est inconnue , et je n'y rapporte même la Radiolite angéoïde de M. Bosc qu'à cause de la ressem- blance qui existe entre la figure du nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle et celle de l'Encyclopédie. M. Bosc , à l'article Radiolite du Dictionnaire , ne donne ni description spécifique ni synonymie. 7. SphjErulites ventricOsa. Nob. Radiolites ventricosa. Lamarck, N.° 3. Loc. cit. Testa valvâ inferiori majore , turbinatd, supernè ven- tricosa; operculo retuso. (Lamarck , loc. cil. ). Far. b. Ostracites . Picot delà Peyrouse, loc. cit., tab. i3, fig. 2. Acardo. Bruguière. Encycl. méth. Vers. pi. 172, fig. 6. Habite Fossile des Pyrénées. — Cabinet de M. le prince d'Essling. Cette espèce ne m'est connue que par la figure de l'Ency- clopédie , que je n'ai même plus sous les yeux. Ne possédant pas l'ouvrage de M. de la Peyrouse, je la cite uniquement d'après M. de Lamarck. 8 SpHjERULITES TURB1NATA. Nob. Radiolites turbinata. Lamarck, N.° 2, loc. cit. Radiolite turbinée. Pi. du Dict. des se. nat. , 35. e ca- hier, fig. 3. , entière. — fig. 3 a et 3 b. Deux valves infé- rieures vues intérieurement. Ostracite. Picot de la Peyrouse, loc. cit. , tab. 12, fig. 1. Acardo. Bruguière, Encycl. méth. Vers. pi. 172, fig. 2. Var. b. Lamarck, loc. cit. — Picot de la Peyrouse, loc. cit., tab. 12 , fig. 2. — Bruguière ? Encycl. méthod. pi. 172 , fig. 3. ( n3) Testa pari'd , tenui , inferne adhœrenie ; cellulls per* parvis , obsoletis. — Valvâ wjeriore multb majore , lur<- binatâ, basi attenuatâ aut truncatâ, radiaùm striatâ , striis prominenlibus subacutis , sulcis incrementalibus 2-3 transversis instructâ ; striis internis horizontalibus remolis ; carinis duabus obtusis validis , convergentibus , approximalis ; septis incrementalibus , horizontalibus te- nuibusque irre gulariter quandoquè divisa. — Valvâ su- periore conicâ, Icevi , striis concentricis subnotatâ. — Birostrum Lameilœ advenlitiœ H abite Fossile des Pyrénées. Mus. N.° — Ca- binet de M. le prince d'Essling. — Fossile siliceux du département de la Dordogne, où M. Jouannet l'a trouvé isolé, dans les champs, avec beaucoup d'autres fossiles du genre Spbérulite, et ou il paraît rare. —Mon cabinet. Cette espèce , que je décris d'après les figures citées du Dictionnaire des sciences naturelles , et d'après un exem- plaire très-incomplet que M. Jouannet a recueilli , et qu'il a eu la bonté de me donner, présente quelques caractères qu'on rencontre plus souvent dans les liippurites que dans les Sphé- rulites ; par exemple , les fausses cloisons transverses , les sillons transverses et écartés qui montrent à l'extérieur les diverses périodes d'accroissement de la coquille, et la dissi- militude de la valve supérieure. En effet, celle-ci, si la figure est exacte, est lisse et substriée concentriquement , au lieu d'être sillonnée longitudinalement comme la valve infé- rieure. Mais la présence des stries transversales dans l'in- térieur de cette valve , me décide à ne pas changer la place que tous les auteurs ont, d'un commun accord, laissée à cette coquille. D'ailleurs , son étroite analogie avec les deux espèces précédentes ne permettrait guère de l'en séparer. Le Birostre et l'appareil accessoire n'existent ni dans mon ( »4ï exemplaire ni dans la fig. 3 b dn Dictionnaire des ciences naturelles. Mon exemplaire est aussi privé de sa valve supé- rieure ; l'inférieure est incomplète, mais laisse voir en entier son sommet organique, atténué et déjeté sur le côté, parce que le point d'adhérence , qui est très-visible , et sous la forme d'une troncature irrégulière , occupe la partie du cône de la valve directement opposée à l'ouverture. La longueur de cette valve est de 1 5 lignes , et son plus grand diamètre de 1 1 lignes. C'est presque la mesure exacte de la fig. 3 du Dictionnaire des sciences naturelles. La fig. 3 b représente le point d'ahdérence très-près de la base de la coquille, et un peu sur le côté , au-dessus de la troncature. Obs. — M. de Lamarck , après avoir décrit ses trois espèces de Radiolites , indique qu'il en existe d'autres espèces non citées dans son ouvrage. En effet, la planche 172 de l'Ency- clopédie méthodique offre deux autres figures , N. os 4 et 5 , qui sont probablement d'espèces différentes que celles que je viens de mentionner. Mais je m'abstiens de les nommer, parce que je n'ai plus cette planche sous les yeux, et qu'elle ne peut d'ailleurs donner qu'une idée fort incomplète des objets qu'elle représente. D. Species Cunéiformes , posticè paulb depressœ et cur- vàtce ; squamiz exterioribus lune parvulis , tune fere nullis , haud inclinatis ; valvâ superiori valde depres- sd ; aperturâ subobliqud ; Birostri conis inœqualissi- rnis ; valvâ inferiorl latere postico adhœrenti. Espèces Cunéiformes , un peu déprimées et courbées du côté postérieur. Ecailles extérieures généralement pe- tites , quelquefois presque nulles, non inclinées. Valve su- périeure très-déprimée. Ouverture sub-oblique. Cônes du ( n5) Birostre très-inégaux. Valve inférieure adhérente par le côlé postérieur. 9. SPHiERULITES. CRISTATA. Nob. Radiolites cristata Cujusdam auctoris ? Testa squamis confertis , irregularibus , undatim angu-» laàmque plicatis undiquè echinatd; cellulis perparvis , elegantissimis. — Valvd injeriore multb majore , crassâ, — Valvd superiore convexd. — Aperturd rotundd. — In- terihs incognita. Habite Fossile du département du Var. Terrain Mon cabinet. — Longueur, 5 pouces ; diamètre, 3 pouces. — L'obliquité de l'ouverture est dirigée de manière que le bord est plus élevé du côté libre que du côté adhérent. ïo. Sph^erulites bioculata. Nob. Radiolites bioculata. Cujusdam auctoris ? — Non Hippu- rites bioculata. Defr. Testa squamis subnullis , transversè longitudinaliter- que grosse rugosd; cellulis inconspicuis . — Valvd infe- riore posticè compressa et trisulcatd, sulcis longitudinal libus. — Valvd superiore incognita , sed certè depressd. — Birostri cono majore prœlongo, cavitatem adœquante, posticè sulcis tribus profundissimè exarato. Cono minore parvulo. — Paries interna et Lame lice adventitiœ ignotce. Habite Fossile du département du Var. Terrain Mon cabinet. — Longueur, 6 pouces; diamètre, 4 pouces 3 lignes. Je ne puis donner la proportion relative des cônes , parce que, dans mon exemplaire, le petit cône est usé et réduit presque à rien ; mais je vois , par le diamètre de sa base , qu'il est extrêmement petit par rapport au grand , dont je vois le sommet à la cassure inférieure de la coquille. Les trois ( »6)" sillons extérieurs et longitudinaux de la valve inférieure ré- pondent aux trois énormes sillons longitudinaux de la face extérieure du grand cône. La proéminence des deux arêtes formées par ces trois sillons est sans doute la cause du nom qu'on a donné à cette espèce. J'ignore l'usage de ces sillons. La coquille est, comme la précédente, totalement pétrifiée ; l'obliquité de l'ouverture est dans le même sens. Le bourre- let de la base des cônes est très-grand. il. Spilerulites imbricata. Nob. Radiolites imbricata. Cujusdam auctoris ? Testa squamis subnullis , transversè rugosâ , rugis im- bricatis , subconfertis ; inter rugas longitudinaliter stria- tâ; cellulis mediocribus , subquadratis . • — Valva inferiore basi subplicatâ , posticè compressa et trisulcatâ, sulcis longitudinalibus . Valvâ superiore incognitâ , sed certè depressâ. — Birostri cono majore brevi , acuto , vix mediam cavitatis parlem superante , posticè sulcis tribus pro/undissimè exarato. Cono minore incognito. — Paries interna et Lamellœ adventitiœ ignota. Habite.... Fossile du département du Var. Terrain Mon cabinet. — Longueur , 5 pouces ; diamètre, 3 pouces 3 lignes. ■ L'exemplaire que je possède est scié longitudinalement, ce qui m'a permis de voir la longueur du grand cône , et d'en déduire les principales différences qui distinguent cette espèce de la précédente , dont elle est d'ailleurs très-voisine , par sa forme et par son aspect extérieur. Les cellules, que je n'ai pu apercevoir dans l'espèce précédente , se montrent assez bien ici. Le système des rugosités est aussi un peu différent. Le cône supérieur du Birostre et la valve supérieure sont totale- ( "7) ment usés dans mon exemplaire, en sorte que je ne puis connaître les proportions relatives des cônes. La section longitudinale de la coquille montre à découvert celle du grand cône , qui est très-aminci , n'occupe qu'une petite partie de la largeur de la cavité, et dépasse à peine la moitié de sa longueur. Il est à l'état calcaire , et la pute dont il est formé contient des débris de corps marins. Tout le reste de la cavité , c'est-à-dire sa très-majeure partie , est rempli d une pâte quartzeuse cristallisée , qui masque entièrement l'appareil accessoire. La pétrification est complète. L'ouver- ture , dirigée dans le même sens que celle des deux espèces précédentes , est cependant un peu moins oblique. Obs. — Les trois espèces que je viens de décrire m'ont été procurées par quelqu'un qui les avait reçues , étique- tées , du département du Var. Elles étaient sous le nom générique de Radiolites , et sous les noms spécifiques que je leur ai conservés. Mais j'ignore quel est le naturaliste qui les a nommées. — Elles sont fort pesantes , et se ressem- blent beaucoup par leur forme générale. Je ne suis pas parfaitement sûr que l'espèce suivante ap- partienne réellement à la section des Cunéiformes , plutôt qu'à celle des Cale éol ijbrmes ; mais n'ayant pu acquérir la certitude de la position inclinée de ses grandes écailles , je préfère la laisser dans la section dont je m'occupe en ce moment. < "8) 12. Sph^erulites IIeitinghausi. Nob. Ejusdem Nucleus. Birostrites inœquiloba. Lamarck. An. S. vert. tom. VI, i. re partie, p. 236. — Fèrussac, Dict. classique d'Hist. nat., tom. II, pag. 324. — Blain- ville. Art. Mollusques du Dicl. des se. nat. , t. XXXII, pag. 3o6. Jodamia bilinguis. Defrance , Dict. des se. nat., tom. XXIV, pag. a3o et pi. du même Dictionnaire, 35. c cahier, fig. 2. Ostracite de Barbezieux . Desmarest. Testa infundibuliformi , inferne attenuatd , squamis brevibus horizontalibus plus miniisve undatis echinalâ ; cellulls minimis , ferè indistinctis. — Valvâ inferiore majore, turbînatd ; posticè compressiusculâ , tenui et squamis parvis crispis undulatisque instructd ; anticè crassd et squamis patulis majorïbus subplanis armatâ ; aperturâ amplâ , subovali, subobliquâ. Striis interioribus transvers is aculissimis inferne remotis , supernè cor fer- tissimis. Carinâ unicd antied, acutissimâ , lamellas ad- ventitias et circulum baseos in lobos duos dividente , us- que ad Birostrum porrectâ. — F'alvâ superiore convexâ, irregulari , subcucullari , nec conicâ ; exterius squamis brevibus undulalo -crispis concentriez instructd; intics striis subconcenlricis acutissimis et prœcipue ad margi- nem confertissimis ordinatd. — Birostrum magnum , va- lidissimum , ad imas valvas attingens ; conis maxime inœqualibus , contrarie subcontortis ; cono majore subtri- quetro , anterius canaliculalo , prœlongo , basi hinc curvatdj hinc subgibbâ ; cono minora brevi, sublereti. — Lamellœ adventitiœ maximes , summitatem conorum at- tingentes. — Circulas baseos validissimus , anterius carinâ valvœ inférions Jissus. { m} Habite Fossile des falaises crayeuses de Royan et de Talmont , a l'embouchure de la Gironde ; de la craie , a Lanquais (Dordogne) ; et de la craie ? à Barbezieux (Dépar- tement de la Charente-Inférieure). — Pour cette dernière localité , Cabinet de M. Defrance. — Pour Lanquais , Royan et Talmont. — Mon cabinet. Longueur du plus grand Birostre que je possède , 7 pou- ces. Diamètre du bourrelet, et par conséquent de l'ouver- ture de la coquille, 5 pouces. Longueur du petit cône, 4 pouces 3 lignes. Angle extérieur de la base des cônes , pris à la carène du bourrelet, environ 70 degrés. Angle intérieur, i3t degrés ( divis. sexagés.). Distance du sommet d'un cône au sommet de l'autre, 7 pouces. c : C : : I : I 3 /4 ou : : 4 •' 7- Cette magnifique espèce est extrêmement abondante à Royan, principale localité où je l'ai recueillie; mais comme son test est, surtout d'un côté, fort peu épais comparative- ment à sa taille et à la grosseur du Birostre , il s'ensuit que c'est a peu près la plus fragile des espèces de cette localité. On la trouve empâtée de tous côtés dans la craie très-pure qui forme ces falaises. Mais cette craie, sans cesse baignée, dans ses parties découvertes, par l'eau salée , battue par les vents de mer, se pénètre d'acide muriatique, qui la rend très-friable. De plus, elle empâte une énorme quantité d'Os- trea biauriculata (Lam.), et à'Ostrea affinis {Mén. de la Groye ) , qui gênent le travail nécessaire pour décaper les Sphérulites. Il en résulte qu'il est très-facile d'en tirer de superbes Birostres , et qu'il est presque impossible de dégager le test sans le briser en fragmens méconnaissables. Celte es- pèce est donc , à la fois , la mieux connue de toutes par son Birostre et par son appareil accessoire , et la moins connue ( 120 ) par îa forme générale et les appendicesextérieurs Je son test. J'en possède un superbe tronçon , qui passe à la cristallisa- tion quartzeuse , et qui m'a permis de me former une idée un peu plus précise de la forme générale, que je n'aurais pu le faire d'après les exemplaires ordinaires. Elle paraît beau- coup plus rare à Lanquais , où elle est accompagnée des mêmes fossiles qu'à Royan. Le nom de Bilinguls . , que M. Defrance a donné à cette espèce , ne me paraît pas caractéristique dans un genre où il serait presque également applicable à toutes les espèces. Je dédie donc celle-ci a mon savant ami M. Hœninghaus , com- me une faible marque de ma reconnaissance pour les lumières dont je lui suis redevable relativement à l'organisation du test des Sphérulites , et par conséquent à leur place dans l'ordre naturel. Individus remarquables observés jusqu'à ce jour. JN.° i. Tronçon du test, passant à l'état quartzeux, mon- trant parfaitement la grande Capacité de la valve supérieure dont un fragment existe encore, et la forme ovalaire de l'ou- verture. Le Birostre, libre aux deux bouts, s'y trouve avec son appareil accessoire qui passe à l'état quartzeux. Ses lames sont longues et très-rapprocliées. Il paraît qu'elles se pro- longent un peu à droite et à gauche , le long de la base des cônes. Du côté de l'ouverture, le petit cône du Birostre est cassé. Sa première couche est quartzeuse , cristallisée ; le centre est crayeux. Le bourrelet ferme hermétiquement l'ou- verture. La carène se prolonge en une lame testacée qui coupe longitudinalement l'appareil accessoire et le bourrelet en deux parties. L'expansion testacée de cette lame paraît -enduire une cavité qui sépare l'appareil accessoire de la base intérieure et commune des cônes, où devait se trouver la bouche. — ]N.° 2. Individu entier, moins la valve supérieure, ( »1 ) ouvert aux deux bouts , tellement empâté dans la craie, qu'on ïie voit pas sa forme extérieure , et trop fragile , attendu son état crayeux, pour qu'on puisse essayer de l'ouvrir. La valve supérieure, cassée en décapant cet individu, est toute cou- verte, à l'intérieur, de concrétions calcaires pisiformes (chaux carbonatée global iforme, Haily). Cet accident se retrouve fréquemment dans la cavité des Sphérulites de la craie. La division de l'appareil accessoire par la carène se voit aussi très-bien , d'un côté , dans cet exemplaire , dont tout l'in- térieur est d'une belle couleur jaune-soufre , tandis que la craie qui l'entoure est très-blanche. — N.° 3. Birostre isolé, dont j'ai donné plus haut les dimensions. Il est d'un jaune légèrement ocreux. C'est celui qui porte les impressions mus- culaires les plus parfaitement distinctes. L'appareil accessoire s'y trouve aussi en grande partie. On voit un côté du bour- relet, entier jusqu'à la solution de continuité causée par l'in- troduction de la carène. Ce Birostre est presque entièrement couvert d'un réseau de mailles irrégulièrement anastomosées et saillantes. J'en ai parlé dans le chap. IV. e , § i. er , en ex- posant mes idées sur l'organisation de l'animal des Rudistes. Ces trois beaux exemplaires existent dans mon cabinet. E. Species Calceoîiformes , valvd inferiore turbinald , hinc omninb complanatd aut vix convexâ; latere com- planato scjuamis maximis , adpressis , imbricatis , Ice- vissimis instructo ; squamis surshm spectantibus. Aper- turâ transverse ovatd , peroblicjuâ. J^alvd superiore valdè depressd, sœpè omninb complanatd. Birostre conis valdè inœqualibus. Espèces Calceoîiformes , dont la valve inférieure , tur- binée , est ou. tout à fait plate, ou très-peu bombée d'un côté ; ce côté étant couvert do très-grandes écailles , diri- ( 122 ) gées de la base de la coquille vers l'ouverture, appliquées, imbriquées , recouvrantes , très-lisses. Ouverture transver- salement ovale, très-oblique. Valve supérieure très-dépri- mée, souvent plate. Cônes du Birostre très-inégaux. i3. Sphjerulites ingens. Nob. Testa maximà , crassissimâ ; cavitate subcylindricd . elongatd; cellulis magnis , dis tinc tissants. — Valvâ in- feriore ingenti, ponderosissimd ; hinc paulb convexd aut subpland, squamis crassissimis ingentibus adpressis im- bricatis instructd, hinc que fors an adhœrenti ; illinc squa- mis minoribus undatis ; carind interiori incognitd; striis interioribus transversis remotissimis ; aperlurd magnd , transversè ovatd , maxime obliqua. — Valvd superiore incognitd. — Birostrum maximum , ponde ro sum , utrin- què obtusum. — Lamellœ advenlitiœ incognitœ ; Lamel- lœ aliœ anomales , siphonif ormes , angustatœ , coni ma- joris latera utrinquè comitantur. Habite Fossile de Talmont et Royan, vers l'embou- chure de la Gironde. — Mon cabinet. Malgré les énormes proportions que supposent les six prin- cipaux fragmens que j'ai recueillis de cette espèce, et malgré la belle conservation de plusieurs de leurs parties , c'est cependant, parmi celles que je possède , l'espèce que je con- nais le plus imparfaitement , et sur laquelle je puis donner le moins de détails. Je suis premièrement en doute sur la taille précise des individus complets. J'ai recueilli trois fragmens du même in- dividu : je vais donner leurs mesures. — Birostre , tellement diminué par des délitemens successifs en hauteur, qu'il est absolument tronqué du côté du grand cône , et en outre , cassé du côté du petit : 5 pouces et demi. Diamètre réel , ( i»3) à la base du grand cône, 4 pouces. Longueur du plus grand morceau de la valve inférieure , lequel est cassé aux deu* bouts , 9 pouces , et certainement il n'approche pas de lu grandeur réelle. Epaisseur du test, en plusieurs endroits , 2 pouces et plus. Du coté applati de la coquille , les écail- les , ù en juger par l'extension de celles d'une moitié du test, devaient avoir plus d'un pied de largeur, et autant de longueur. Il s'ensuit que si ces lames eussent été étalées , comme dans la section des Cratérijbrmes , au lieu d'être appliquées contre l'axe de la coquille, cet individu aurait pu avoir environ deux pieds et demi de diamètre. -— Le poids des fragmens est énorme. Les autres fragmens que je possède appartiennent a des individus moins grands. 2.° Il est à présumer que cette espèce, comme toutes celles de la section des CalcéoliJ "ormes , adliérait par le côté qui porte les lames appliquées. Mais si cela est , pourquoi , dans tout ce groupe , l'ouverture est-elle si oblique du côté opposé ? Je crois apercevoir aussi une autre singularité dans ces espèces : c'est qu'autant que je puis juger de la direc- tion naturelle des cônes du Birostre, ce n'est précisément pas la partie postérieure de la coquille , mais bien un des côtés, où l'on trouve ces grandes écailles appliquées. Il est donc possible que l'animal , au Jieu d'avoir la bouche tour- née du côté de la mer, lui présentât le flanc, et que l'ac- tion naturelle de son petit cône tendît a ouvrir la coquille du côté de l'adhérence plus que du eôlé libre , et de manière à ce que l'eau y entrât par-dessus et non par devant. 3.° Dans l'espèce q-ui nous occupe, l'appareil accessoire ne se présente pas distinctement sous la forme ordinaire ; peut-être est-il détruit ou totalement déguisé par la pétri- fication. Mais ce que je vois distinctement dans chaque Birostre ( m ) libre 7 c'est une gouttière linéaire , plus ou moins large , creusée dans chacune des faces latérales du grand cône , et qui est remplie , soit par une pâte qui se délite en forme de fausses cloisons , comme dans les Hippurites , soit par des lames adnécs , assez semblables a celles des appareils acces- soires ordinaires. Comme je n'ai pas un seul Birostre en bon état, je ne sais si cette gouttière se prolonge jusqu'au sommet du grand cône , ni si elle existe sur le petit. Les cellules sont grandes et fort distinctes dans presque toutes les parties du test, malgré sa pétrification. J'ai deux fragmens de Birostre, couverts de belles cristallisations de chaux carbonatée et de quartz hyalin. Cette espèce est très-voisine ide la suivante. Cependant , ses énormes dimensions , l'extrême obliquité de l'ouverture , la disposition constante que montre le Birostre à devenir ob- tus par des délitemens successifs , et la présence des gout- tières latérales, dont je ne vois pas d'indice dans l'autre es- pèce, semblent m'autoriser suffisamment à l'en séparer. ï£. SPHJERULITES BoURNONII. Nob. Testa turbinato-compressd , inferne altenuatâ et sub- angustatd , supernè crassiore ; cellulis in quibusdam speciminibus magnisy in pluribus inconspicuis. — Valvd injeriore multb majore, sub-cjlindricd , hinc plus mi- nhsve complanatd, squamis magnis adpressis validis lœ- vibusque sursàm spectantibus instructd, et hinc adhœ- rente ; Mine rolundatd , squamis patulis brevibus , con- vertis j crispis ; undatis , costas 5-6 longitudinales regu- laresque formantibus ; testa valvœ inferius multb tenuio- re , superiàs et ad latera angustiora multb crassiore ; Jaciebus latioribus binis , antied scilicet et postied , tenuioribus ; aperturâ obliqua ; cavitate prœlongâ , co- ( i*5) nicdy strii? interioribus transversis remotis ; carinâ inte- riore nulld ? — Valvâ superiore convexâ , cucullari , vertice tenui depressissimo nec conico , extus sulcis con- centricis squamosis instructd , lateribus crassis. — Biros- Irum compressum , cono majore prœlongo , cavitatis Ion- gitudinem adœquante ; cono minore incognito. Lamelles adventitiœ ferè ignotœ. Habite.... i.° Fossile de localité inconnue, pour un indi- vidu complet, ù valves désunies, à l'état spathique compacte d'un gris sale, faisant partie de l'ancien Cabinet particulier de minéralogie de Sa Majesté , actuellement transporté au Jardin du Roi. — 2. Fossile des falaises crayeuses de Royan et Talmont, vers l'embouchure de la Gironde, pour un in- dividu presque complet qui fait partie de mon cabinet. — 3.° Fossile du ravin de la Vache pendue , vallée de la Couze, département de la Dordogne, où M. Jouannet l'a découverte; état crayeux. Cabinet de M. Jouannet. — Mon cabinet. — Longueur totale des plus grands individus , de 9 à 1 1 pouces. — Diamètre , 5 pouces a 6 pouces et demi. • — Quoique je ne connaisse pas le petit cône du Birostre , je crois cependant pouvoir l'estimer assez approximativement d'après la profondeur de la valve supérieure, que je possède complète. Je l'estime donc à 85 millimètres ( environ 3 pouces), pour un individu dont le grand cône, qui atteint le fond de la cavité, à 220 millimètres (environ 8 pouces). Le rapport est donc , à peu près. c : G : : I : 2 9 / 3 ou : : 3 : 8. En dédiant cette belle espèce à feu M. le comte de Bour- non, Directeur du Cabinet particulier de minéralogie de S. Î\T. Louis XVIII, j'offre un faible hommage de respect à la mé- moire d'un ami de mon père , d'un savant illustre qui ho- ( *to)\ nora mes premières éludes des encouragemens les plus bien- veillans. C'est à lui que je dois la connaissance de l'exem- plaire parfait que renferme la riche collection dont il fut jadis propriétaire , et dont il était alors Conservateur. Cette Sphé- vulite, confondue avec d'autres fossiles, fut reconnueparM.de Roissy, a qui M. de Bournon communiquait deux Sphéru- lites de Royan que je venais de lui adresser. Sachant que je m'occupais particulièrement de l'étude de ce genre, M. le comte de Bournon eut l'extrême bonté de m'adresser, le 8 Mars 18-24 •> h u *t dessins , faits par lui-même , et représentant cette Sphérulite et ses diverses parties, de grandeur naturelle, sous diiférens aspects. Ces précieux croquis étaient accom- pagnés d'une description parfaitement détaillée. L'été suivant , je vis l'exemplaire lui-même, chez M. de Bournon. Sa lon- gueur totale , les deux valves étant placées dans leur position naturelle , est de 1 1 pouces , dont 7 pour l'inférieure , et 4 pour la supérieure. Le plus grand diamètre supérieur est de près de 6 pouces. Diamètre inférieur, 4 pouces. La coquille est comprimée : le Birostre remplit presque toute la cavité. N'ayant plus l'individu sous les yeux, il me fut cependant facile, a l'aide de la description, dont l'exactitude et la con- formité ne laissent rien à désirer , et a l'aide des dessins , de reconnaître avec certitude l'espèce de la collection du Roi, dans l'exemplaire que je trouvai dans les falaises crayeuses de Royan ou de Talmont, et dans ceux que M. Jouannet et moi avons recueillis à la Vache pendue , en Périgord. , Cette espèce paraît très-rare à l'embouchure de la Gironde» Elle est au contraire excessivement abondante à la Vache pendue , où l'on voit qu'elle vivait par groupes très-considé- rables. Les individus ainsi groupés se soudent l'un à l'autre par leurs écailles postérieures, d'où il résulte que la forme primitive est souvent très-altérée. On ne peut guère compter, ( 127 ) sous ce rapport , que sur les exemplaires qu'on trouve isolés, et dont la partie postérieure est convexe. Le Birostre est comprimé, et très-sujet à se déliter par couches ou cornets conoïdaux, en sorte qu'il est assez rare d'en trouver qui se prolongent encore jusqu'au fond de la cavité. N'ayant pas pu voir la direction du petit cône , je ne suis pas sûr de la place que devait occuper l'appareil branchial. Il me paraît cependant, si j'en puis juger par quelques restes , qu'il était porté sur un des côtés, comme dans l'espèce pré- cédente. Alors , on peut présumer que l'orifice buccal , dans toutes les espèces Calcéoliformes , est sur le côté , et non vis-à-vis de la mer ; et par conséquent , que les coquilles de cette section adhèrent par une de leurs parois latérales , et non par leur paroi postérieure. L'obliquité de l'ouverture est dans le même sens que celle de l'espèce qui précède. Celle que je décris présente de petits individus qui pour- raient être confondus avec le Sph. Calceoloïdes , si l'on ne faisait attention a trois caractères qui me paraissent constans : i.° la valve supérieure du Sph. Bournonii est fortement con- vexe : celle du Sph. Calceoloïdes est plate; 2. le côté libre du Sph. Bournonii présente , par l'arrangement symétrique de ses écailles ondulées , cinq à six arêtes longitudinales : tan- dis que le même côté du 6^. Calceoloïdes n'en présente que trois, ; plus grossières et proportionnellement plus écartées; 3.° la valve supérieure et par conséquent l'ouverture du Sph. Bournonii sont transversalement ovales : celles du Sph. Cal- ceoloïdes sont distinctement triangulaires. o J'ai vu des valves inférieures dont la cavité était parfaite- ment dégagée de corps étrangers quelconques , et dont le Ui- rostre avait disparu. Je n'ai jamais pu y apercevoir la plus légère trace de l'existence de la carène intérieure. Je présume ( «8) que cela doit être attribué h la disparition de la lame lestacée qui enduisait l'intérieur de la valve. Mais s'il était vrai que la carène n'existât pas, ce serait un caractère exceptionnel bien remarquable. i5. SphjErulites dilatata. Nob. Non Hippurites dilatata. Défiance. Tesldmediocri, irregulari, conicd, subtriangulari, hinc complanatâ, hinc turbinatd; cellulis mediocribus, régula- ùm quadrangularibus . — Valvâ inferiore postice omninb plana, tenui, squamis tenuibus adprcssis lalissimis surshm spectantibus insiruclâ ; anticè rotundaid , squamis bre- vibus patulis rugosâ; adlatera argutè angulatd, scpiamis replie atis; aperiurd ampld ovato-triangulart, perobliqud, margine aniico subundato. Slriis interioribus transversis infernè remutis , supernè approximatis . Carinâ interiori Biroslri cireuhun lamellasque adveniitias dividenle. — Valvd superiore plana, aut vix centro prominuld , tenui, exths squamis tenuibus undatis brevibus concenlricè echi- natd, intiis concentricè striatd , striis remotis. — Biros- trurn conis inœqualibus , angulo interiori conorum nullo, cono majore cavitatem adœquante ,hinc exths subeurvo. Cono minore recto. — Lame lice adventitiœ magnœ , regu- lares , amborum conorum longitudinem mire adœquantes. Habite Fossile des falaises crayeuses deRoyan et Tal- mont, vers l'embouchure de la Gironde. Je crois qu'elle se trouve aussi à l'Ile d'Aix, mais je n'en ai pas la certitude. Cette espèce et le Sphcvrulites Hœninghausi forment la ma- jeure partie des Sphérulites de Talmont et de Royan. c : C : : i : I. '/s ou : : 5 : 7. Mesures de l'exemplaire parfait que je possède : Lon- ( 129 ) gueur du grand cône , 3 pouces 4 lignes. Longueur du petit cône , 2 pouces 6 lignes. Distance entre les sommets des deux cônes, 4 pouces 2 lignes. Profondeur totale de la cavité des deux valves, et longueur de l'appareil accessoire des deux cônes, dans sa position naturelle, L\ pouces 3 lignes. Épais- seur commune du test, 4 lignes. Ici. dans sa partie adhérente, qui est la plus mince , i ligne et demie. Cette espèce, dont il est bien difficile de se procurer le test parfaitement entier , parce qu'elle est sous l'influence des mêmes circonstances que le Sph. Hœninghausi , présente une foule de caractères qui la rendent extrêmement remar- quable et facile à distinguer, malgré l'irrégularité de son test. Je crois que cette irrégularité n'est, dans aucune espèce, poussée aussi loin , et il serait, je pense, bien difficile de trou- ver deux individus parfaitement semblables. Mais les caractè- res suivans sont des guides sûrs, dont un ou plusieurs doi- vent nécessairement se montrer, même dans des exemplaires imparfaits. î .° Cette espèce est la seule a ma connaissance ( à l'excep- tion du Sph. Cylindracea avec laquelle celle-ci ne peut être confondue) , dont les cônes du Birostre ne forment pas d'an- gle intérieur; c'est-à-dire que leurs faces intérieures sont sur le même plan. Il en résulte que l'appareil accessoire présente !a même rectitude dans ses deux parties , et que la cavité dans laquelle aboutit l'orifice buccal est réduite presque à rien. 2.° La face applatie de la coquille étant fort mince , surtout à l'extrémité inférieure , contre laquelle s'appuie le sommet du grand cône , on voit généralement ce sommet saillir pat la cassure qu'il cause ordinairement, et il a l'air placé à l'ex- trémité d'un grand toîtplat et incliné. Presque tous les indi- vidus se présentent sous cette forme. 3.° Les angles que forme, de chaque côté, la paroi adhé- 9 ( i3o) rente de la coquille , en se repliant pour former la partie li- bre , sont fort remarquables , et présentent chacun une carène plus ou moins aiguë , à laquelle est due la forme triangulaire de la coquille. 4-° La direction du Birostre prouve que la coquille était réellement attachée par le côté et non par sa face postérieure, car le sommet du petit cône est appuyé sur le côté gauche de la paroi adhérente, au sommet de l'obliquité de l'ouverture. Il s'en suit que la coquille devait, sans aucun doute, s'ouvrir davantage du côté de l'adhérence que du côté libre , et que l'eau y entrait par en haut, et par conséquent par derrière , et non par la partie antérieure et libre. Presque tous les exemplaires sont à l'état crayeux. Cepen- dant , M. le capitaine Broutet en a recueilli deux très-parfaits, dont le test passe à l'état quartzeux, et qui se trouvent, l'un dans le cabinet de M. Jouannet, l'autre dans mon cabinet. On trouve souvent des individus complets , mais très-fria- bles, de Sph. dilatata, beaucoup plus petits que celui dont j'ai donné les mesures. C'est à cette espèce que je rapporte aussi plusieurs individus extrêmement jeunes et non complets que j'ai trouvés à Royan et à Talmont. Cependant , je ne puis avoir ù cet égard une certitude bien positive. 16. Sphjerulites calceoloïdes. Nob. Testa mediocri , sœpihs parvâ, trique trd , turbinatâ, lateribus argutè angulatis , hinc costatâ , hinc plana ; cellulis exiguis subinconspicuis . — Valvâ inferiore multb majore postecè plana adheerentique , squamis adpressis , lads , lœvibus , surshm spectantibus instructâ ; antice tri- costatây squamis adpressis imbricatis , grossis , lœvibus , costas très argutas formantibus , costâ média valde pro- minulâ ; angulis lateralibus coslis similibas. Aperlurâ ( i3i ) rrab-obliquâ , triangulari; striis inieriorilus transversîs remotis. — Valvâ supcriore Iriangulari , inliis concavd^ cxtus omninb plana , squamis exiguis widatis triangula- tînt concentricis instructâ , cenlro tenui , lateribus cras- sis. — Birostrum compression, cono majore cavitatem, adœquante. — Cono minore incognito , certè brevissimo. — Lamellœ adventitiœ Jerè ignotce. Habite Fossile du ravin de la Vache pendue , vallée de la Couze , département de la Dordogne , où elle paraît rare. — Mon cabinet. Je ne connais cette espèce remarquable que par un exem- plaire entier , d'une conservation extérieure admirable , que j'ai découvert à la Vache pendue , et par trois exemplaires beaucoup moins complets , de la même localité. — Longueur de l'individu parfait , 4 pouces. — 'Largeur , prise à plat sur la valve supérieure , 4 pouces. — Epaisseur, i pouces et demi. — Posée sur sa face applatie , cette coquille est tout-à-fait triangulaire. Elle est susceptible d'acquérir de plus grandes dimensions, car j'ai un fragment dont le grand cône, fort usé a sa base , a encore 5 pouces de long. Le Birostre est remarquable par sa forme très-comprimée. Je ne connais l'ap- pareil accessoire que par un fragment qui porte une gouttière pleine de lames comme dans le Sph % In gens. Je présume donc que l'organisation et la position respective des parties intérieu- res devaient être semblables dans ces deux espèces. Il est impossible de voir une coquille qui ressemble plus exactement que celle dont je m'occupe , à une Calcéole ; et , surtout a cause de ses plis extérieurs, elle se rapproclie beau- coup de la Calcéole hétéroclite de M. Défiance , abstraction faite de 1 énorme disproportion de taille. C'est d'après cette ressemblance que je l'ai placée à la fin du genre Sphérulite , où elle sert de passage insensible au genre Calcéole. ( 132 ) Sphœrulites non scttis notée . N.° i. Une espèce, qui paraît peu volumineuse et voisine du Sph. dilatata. Elle se trouve dans un calcaire crayeux, souillé d'ocre , à Couze et à Lanquais, sur la rive gauche de la Dordogne (département de la Dordogne). Ce calcaire est fort dur, et le test de la coquille y a très-souvent disparu. La valve inférieure est pourvue de deux carènes intérieures, comprimées , extraordinairement fortes et proéminantes . C'est peut-être a de grands individus de cette espèce que devraient se rapporter les fragmens qu'on aperçoit dans les rochers qui bordent la rive gauche de la Dordogne, auprès des mêmes villages , et dont j'ai trouvé quelques-uns dans le vallon de Lanquais , dans le ravin de la Vache pendue , et auprès de la ferme de Mérignac , sur la rive droite de la Dordogne , vis-à-vis l'embouchure de la Couze. N.° i. Fragmens d'une grande espèce, qui pourrait être le Sph. Bournonii , à l'état de cristallisation spathique , et empâtés dans des blocs détachés , d'une sorte de tuf crayeux, coloré par le fer, et rempli de moules de coquilles. J'ai longtemps penché à croire que ce calcaire était tertiaire; mais il paraît que je me suis trompé. Vallon de Lanquais (département de la Dordogne). N.° 3. Un petit Birostre isolé, a cônes extrêmement inégaux, trouvé à Beaumont par M. Jouannet. Le grand cône a un pouce 4 lignes de long, et le petit 5 lignes, ce qui donne pour proportion approximative c : C : : i : 3 , plus une petite fraction. IN. 4- Un fragment parfaitement conservé , de la parc? libre d'une Sphérulite qui pourrait bien être Yingens. Il a été trouvé dans la terre , par M. le capitaine Broutet, sur les derrières de Talmont. Il passe a l'état siliceux. Ses écailles ( i33 ) imbriquées, irrégulières , montrent l'apparence que devait présenter la coquille vivante. Ce morceau est très-curieux. N.° 5. Diverses valves turbinées , très-petites, empâtées dans la craie de Talmout et de Royan. Ces valves sont à peu près de la taille du Sph. turbinata. Leur structure celluleuse est très-visible. Obs. — Le bassin de la Dordogne est , en général , rempli de fragmeus de Sphérulites , confondus et roulés avec les cailloux que les rivières ont charriés. Il m'est impossible , dans l'état actuel de mes connaissances, de rapporter avec quelque apparence de certitude , ces fragmens aux espèces que j'ai décrites, encore moins de m'en servir pour établir de nouvelles espèces. L'Isle a charrié beaucoup de ces fragmens ; j'en ai trouvé abondamment dans une excavation faite près de ses bords, dans le jardin du château de Bomale, appartenant à M. le baron de Rabar (commune de Saint-Denis de Piles). Ces fragmens de Sphérulites s'y trouvent pêle-mêle avec des Ostrea affinis et biaurlculata , silicifîées , semblables à celles qui sont si abondantes , dans la craie , avec les Sphéru- lites de Royan et de Talmont, et dans quelques blocs du cal- caire crayeux du vallon de Lanquais. Ce fait m'a paru assez remarquable pour être mentionné ; j'aurai occasion d'en citer d'analogues , lorsque je décrirai, dans le Bulletin d'histoire naturelle de la Société Linnéenne , les coquilles fossiles des terrains crayeux, que j'ai été dans le cas d'observer dans le département de la Gironde et dans l'arrondissement subsidiaire. ( i34) CALCEOLA. Lamarok. Férussac. Blainville. Bosc. Du- vernoy. Bory. Défiance , etc. Anomiœ spec. — Linn. Gmel, Conchyta. Hupsch. Mus. Charact. gêner, — Testa crassa, solida , subturbinala , symétrie a sive œquilateralis , valdè inœquivalvis. Testa? cellukc exiguœ , vix observatœ. Valva inferior superiori multb major, semi-sandalium œmulans , cucullata, mediocriter excavata , triangularis , lune complanata, hinc convexa, squamis exterioribus ca- rens. Apertura obliqua, marginibus acutis , altero recto subdentato , altero arcuato. Valva superior parva , opercularis , plana , semi-orbi- cularis , margine recto subdentato , cumque margine valvœ majoris subarticulato . Birôstrum Lamellae adventitise Adhœrentia ad latus complanatum ??? Caract. génér. — Coquille épaisse , solide , subturbinée , symétrique ou équilatérale , très-inéquivaîve. Cellules du test fort petites , peu observées . Valve inférieure beaucoup plus grande, en forme de demi-sandale, assez peu profondément creusée en capuchon, triangulaire, plate d'un côté, convexe de l'autre, non hé- rissée d'écaillés à l'extérieur. Ouverture oblique, à bords tranebans , l'un droit subdenté , l'autre arqué. Valve supérieure petite, operculaire , plate, semi-orbi- culaire, ayant son bord droit subdenté, et subarticulé avec celui de la grande valve. Birostre Appareil accessoire. ...... Adhérence du côté applati ? ? ? Obs. — Je me suis écaité du caractère générique donné par M. de Lan"»rH<; et nar les auteurs qui l'ont suivi , en ce ( i35 ) que je donne à la valve supérieure un bord droit subdenté et subarliculé avec celui de la valve inférieure-, tandis qu'ils y indiquent un tubercule de chaque côté d'une fossette médiane. En cela, je de'cris ce que je vois dans un exem- plaire entier, de Blankenheim, que je dois à l'amitié de M. Haeninghaus , et que j'ai brisé pour essayer d'en étudier l'in- térieur. Je n'y vois ni fossette, ni tubercules, mais bien de petites denticulations semblables à celles du bord de la valve inférieure, un peu obliques, alternant avec celles-ci , sans être' engrenées avec elles comme cela aurait lieu'dans un vrai Con- ckifère, susceptibles, lorsque la valve s'ouvre, de descendre dans une gouttière creusée entre les denticulations et le bord de la valve inférieure. C'est là ce que j'appelle la fausse char- nière. Existe-t'il une autre espèce, où cette partie soit con- formée différemment? C'est ce que je soupçonne, sans pou- voir éclairer la question, à cause de l'état de cristallisation de l'intérieur de mon exemplaire complet , qui ne me permet pas de le comparer avec l'intérieur des exemplaires incom- plets et vides que je possède. Je vois de plus , sur la face intérieure de la valve supé- rieure , une rainure , en arrière de ses denticulations ; dans cette rainure, je vois les marques du frottement des denticu- lations de la valve inférieure. Enfin , en deçà de cette rai- nure, j'aperçois le commencement d'un autre rang de den- ticulations , dirigées dans le même sens que les premières ; mais l'état de l'individu m'empêche de pousser plus loin cette observation. Quant à la fossette médiane et aux deux tubercules laté- raux dont parlent les auteurs , ils doivent avoir existé dans mes exemplaires vides , parce que la dent médiane est enfoncée et bordée de deux fossettes plus profondes qui indiquent la présence de deux tubercules sur l'autre valve. Mais , comme ( i36) cette disposition peut aussi se trouver dans la partie cachée de la fausse charnière de mon exemplaire complet, je ne puis tenter d'établir deux espèces sur des inductions aussi vagues. i. Calceola heteroclita. Défiance. PI. du Dict. des se. nat. , a5. e cahier, fig. 3 — 3 a — 3 b. — Blainville , art. Mollusques du même Dict., t. XXXII, p. 3o6. B. Testa pusilld, valvis costatis , dorso valvœ inferioris epstâ unicâ instructo ; marginibus anticis val de plicalis. Habite fossile de Longueur de l'individu figuré , 6 millimètres. Largeur, 7 millimètres, — Cabinet de M. Defrance ? Cette petite espèce, ayant probablement été découverte depuis la publication de l'article Calcéole du Dictionnaire des sciences naturelles, n'y est pas décrite. Je ne la connais que par la figure citée. Elle parait très-singulière , surtout a cause de la présence de la côte médiane et élevée qui se trouve sur sa partie postérieure. Est-ce bien une Calcéole ? 2. Calceola sandalwa. Lamarck, an. s. vert., t. VI, i. re partie, p. 235. — Blainville , art- Mollusques , Dict. des se. nat., t. XXXII, p. 3o6. — Calcéole. Duvernoy, Dict. des se. nat. , t. VI, p. 221. — Bory de Saint- Vin- cent, Dict. class. d'hist. nat., t. III, p. 3cj. — Bosc, nouv. Dict. d'hist. nat., t. V, p. 10 et pi. B i5 du même Dict. fig. 1 , vue en dessus et en dessous , même vol. , p. 575, ic. mal. Anomia sandalîum. Linn. , Gmel. , p. 3349* Conchyta Juliacensis. Hupsch. Mus. Knorr. Pétrif. , t. III , suppl. , pag. 206 , tab. IX , fig. d. f. 5-5. Testa sandaliformi) lœvi. Valvâ inferiore crassissimd , mediocriter excavatd , longitudinaliler substriatd , suivis ( i3 7 ) minimis transversis incrementalibus iuslructd. Cavitate longiludinaliter substriatd ; aperturd obliqua; pseudo- cardine ut in charact, gêner, et observ. indicatur. — Foveœ très in imd cavitate inœquales. Fovea quarla vagincrfoi-mis ad imam partent canalis usque ad iatera dentis mediani producti. — Valvd sùperiore semi-orbi- culari, plana ^ concentriez exths striatd; pseudo-cardine ut in charact. gêner, et observât, indicatur. Var. a.— Testa elongatd, infernè subcurvâ, ctcutissinid. Var. b. — Testa breviore , infernè minus curvald et acutâ. Habite fossile, à l'état quartzeux , de Blankénheim , au pays de Juliers ; sur les hauteurs de Bisfeld , en Westplia- lie; et dans quelques autres parties de l'Allemagne. (Bory). Elle est assez rare, et il l'est beaucoup plus encore de lu trouver pourvue de sa valve supérieure. — Longueur, en- viron un pouce. Largeur, environ 14 lignés. Le caractère des trois fossettes nues et de la fossette vagini- forme du fond de la cavité n'a pas encore été mentionné , à ma connaissance. J'ignore l'usage de ces cavités. Dans les exemplaires qui ne sont pas trop frustes , on voit des restés des bords de l'étui , qui se prolongent, en forme de carènes filiformes, jusqu'à la base de la dent médiane, et qui bor- dent le canal longitudinal qu'on remarque dans cette partie de la cavité. Il me semble que cet étui a quelque analogie avec les carènes intérieures des Sphérulitcs et des Rippurites. M. Bosc n'indique, au bord droit de l'ouverture, qu'une ou trois petites dents. M. Bory de Saint- Vincent en indique deux ou trois. Ces auteurs n'ont eu probablement à leur dis- position que des individus altérés dans leurs parties saillan- tes , car ces deuticulations me paraissent exister tout le long du bord droit. ( i38) HIPPURITES. Deshayes. (Rudista)— Lamarck , Cuvier, Bosc. ( Cephalopoda ). Hippurites. Batolites , Raphanistes. Denys de Montfort. (Cephalopod. ). Cornu-copiœ. Will. Thompson , Journ. de Physique, Ventôse an X, pi. II. Amplexus , Sowerby. Orthoceratites .Picot de la Peyrouse, Descript. de plu- sieurs nouvell. esp. d'Ostracites et d'Orthocératites , Nu- remberg, 1781, fol. Non Orthocératite. Encycl. (Dict. des scienc. ). Charact. gêner. — Birostrum lobis binis obtusissimis , inter valvam superiorem ultimumque pseudo-septum in- situm. Lamellae adventitise subignotœ. Testa maxime inœquivalvis , semper lamellis aut squa- mis horizontalibus carens , cylindracea , plus minusve elongata. Testa? cellulœ [inunicd specie cujus notœ sint), Sphœ- rulitum cellulis majores , longitudine latitudinem supe- rante ( tantum qubd à quodam impedimento depressœ aut coarctatœ sint) , subcylindricœ , scissurd longitudi- nali quadrangulares . Valva inferior cylindrica vel conica , apice naturali ( lestée basi ) , attenuata , recta , aut plus minusve ar- cuata , et in tubum producta , pariete laterali adhœrens ; nunqham inths transvase striata; extics rugis incremen- talibus instructa. — Cavitas pseudo-septis transversis divisa, haud porosis , eorumdem concavitate aperturam speclante. Flœc septa ab animali exsudata sunt , prout illi testant producendi opus erat , si/nul atque ejusdem partent inferiorem dercliquerit, • — Carinœ inieriores ob- ( >3 9 ) lusœ , parallelœ , convergentes , numéro 2-3 , parieli ad- natœ , unum duosve canales longitudinales lateralesque prœstantes. Qucuidoquè , carentibus carinis , sive etiàr/i iisdem exstantibus , pseudo-siphon quidam septis ( sicut testa ) divisas conspicitur . — Apertura horizontalis vel subobliqua. Valva superior plana , quandoquè centro subpromi- nula , nec conica , operculiformis , marginibus obliqué attenuatis. Caract. génér. — Birostre à deux lobes très-obtus , logé entre la valve supérieure et la dernière fausse-cloison formée par le mouvement progressif de l'animal dans la cavité de la valve inférieure. Appareil accessoire très-peu connu. Coquille excessivement inéquivalve , jamais hérissée de lames ou écailles horizontales, cylindracée, plus ou moins alongée. — Cellules du test (dans la seule espèce où elles aient été étudiées) , plus grandes que dans les Sphérulites, plus hautes que larges ( excepté quand leur développement est gêné par quelque obstacle ) , sub-cy lindriques , présentant une cassure longitudinale quadrangulaire. Falve inférieure cylindrique ou conique, atténuée, droite ou plus ou moins recourbée et prolongée en tuyau à son sommet organique ( partie inférieure de la coquille ) , adhé- rente par le côté ; jamais striée transversalement dans son intérieur ; présentant , à l'extérieur , des marques de son ac- croissement en hauteur , et h l'intérieur , de fausses-cloisons transverses , non poreuses , dont la concavité regarde l'ou- verture , et qui ont été sécrétées par l'animal à mesure qu'il a alongé sa coquille, et qu'il en a abandonné la partie infé- rieure. — Arêtes obtuses , parallèles et convergentes , au nombre de deux ou trois, appliquées contre la paroi, formant ( i4<> ) «ne ou deux gouttières longitudinales et latérales. Quelque- fois, à la place des arêtes, lorsqu'elles manquent, ou bien avec les arêtes , lorsqu'elles existent , une sorte de faux- siphon cloisonné comme la coquille. — Ouverture horizon- tale ou sub-oblique. Fictive supérieure plate ou quelquefois un peu bombée, non conique, operculiforme , dont les bords sont taillés en biseau. Obs. — N'ayant pu me procurer que deux espèces d'Hip- purites , ces deux espèces seront les seules sur lesquelles je pourrai donner quelques détails. Pour toutes les autres , je ne pourrai que répéter sommairement les caractères donnés par les auteurs , en changeant toutefois celles de leurs expres- sions qui pourraient être uniquement appropriées aux carac- tères des Céphalopodes , dans lesquels ces coquilles ont été comprises jusqu'à MM» d'Orbigny et Dcshayes. Il m'est impossible de disposer méthodiquement les espè- ces , puisque je ne les ai pas sous les yeux. Je vais donc dé- crire d'abord les deux seules que je possède ; puis je passerai à la citation de celles que je trouve indiquées dans les au- teurs , en y joignant les Batoliles , Raphanisles et Am- ple x -us , dont la description m'engage à les comprendre plu- tôt dans les Hippurites que dans les Sphérulites , ainsi que j'en ai expliqué les raisons dans le Chap. 3. me , § 3. me de ce Mémoire. Le genre Hippurite doit sans doute comprendre plusieurs espèces non citées ci-dessous , mais qui sont décrites et fi- gurées dans l'ouvrage de M. de la Pcyrouse , dont je n'ai pu me procurer la connaissance. h'Orthocé raiile ou Tuf nu recourbé , figurée dans l'En- cyclopédie (Dict. des se, pi. 8. Hist. nat. ) , et dans l'ou- Tiage de J. Iïiil ( History of fossils , pi. u), ne me paraît ( '4> ) point être une Hippurite. Je crois qu'elle appartient au genre Hamile. X. Hippuiutes radiosa. Nob. Testa lurbinatâ, crassâ, abbrevialâ ; cellulis incons- picuis. — Valvâ injeriore basi attenuatâ , hineque adliœ- rente , transverse rugis incrementalibus instructâ , lon- gitudinaliter striatà , hinc longitudinaliter trisulcatâ ; cariais interioribus tribus obtusis. — Valvâ superiore oland , radiaùm elegantissimèque striatâ, ad apices ca- rinarum interiorum emarginatâ. — Birostrum Lamellœ adventitiœ Habite. Fossile de Cendrieux, en Périgord, ou tyT. Jouannet l'a découverte , isolée dans les champs. Longueur du plus grand individu, 6 pouces. Diamètre, 4 pouces. Cette espèce , qui est à l'état siliceux , est remarquable par les échancrures de sa valve supérieure, qui laissent voir le point de départ des arêtes intérieures. On voit, dans l'in- térieur de mon exemplaire brisé , des cloisons accumulées et des restes de l'appareil accessoire , mais ceux-ci sont peu distincts. — Cette espèce est-elle réellement différente de Y H. resecta de M. Défiance ? — Cabinet de M. Jouannet. — Mon cabinet. 2. HlPPURITES CORNU PASTORIS. Nob. Testa cylindraceo-elongatâ , infernè attenuatâ , tubi- Jbrmi,plus minàsve curvatâ; cellulis maximis , longitu- dine latitudinem superante , scissurâ longitudinali qua- drangularibus . — Valvâ injeriore rugis incrementalibus transversis ordinatâ , longitudinaliter grosse argutèque régula àm costalâ , Jasciis longitudinalibus duabus inœ- qualibus e le ganter obtuse que regulaùm slriatis iirstructâ; pariete interna Icevi ,- cariais obtusis duabus duplicibus ( * ) (i. e . sulco exaralis), approximatifs. — Vah>â superiore subpland, lœvi, lune concentricè substriatd, tune radia' uni irregularitcr subplicald. — Birostrum lobis obtusis- simis , brevibus. — Lamellœ adventitiœ guandoauè lon- gissimœ videnlur. — Septa incrementalia tune desunt , lune rara , tenuia et decidua reperiuntur. Habite Fossile des Pyles , à trois lieues de Périgueux, sur la route de Limoges ( Département de laDordogne) , dans une carrière nommée Creuset , où elle a été découverte par M. Jouannet , dans la craie la plus pure. Les individus sont quelquefois entrelacés par la base très-atténuée de leur tuyau. Cette base est souvent recourbée comme les tuyaux des Ser- puîes. L'intérieur est ordinairement tapissé ou même rempli de superbes cristallisations confuses de chaux carbonatée de la plus éclatante blancheur. La valve inférieure, lorsqu'elle est vide, se divise facilement en cornets empilés l'un sur l'autre, comme on le voit dans la bouche de quelques Dau- phinules fossiles , ce qui laisse voir la construction intime de la valve. Elle est formée de couches superposées qui contien- nent les cellules dans leur intérieur, et qui sont marquées de sillons rayonnans , simples ou rameux , dans lesquels je pré- sume que des productions très-déliées du manteau pénétraient pour opérer la construction du test. Il est probable qu'à me- sure que ces productions du manteau se retiraient, elles sou- daient la fente en l'enduisant d'une couche testacée, uni- forme , qui recouvre toute la paroi interne de la grande valve , et qui même est assez épaisse. Le caractère le plus remarquable de cette espèce est dans la présence des deux bandes longitudinales à stries obtuses et fines, qui contrastent éminemment avec les côtes épaisses et carénées dont le reste de la grande valve est couvert. Ce caractère est parfaitement constant , même dans les individus ( i43 ) les plus déformés par le corps sous-marin auxquels ils ad* lieraient par l'un de leurs côtés. L'une de ces bandes est toujours plus large que l'autre ; la plus étroite est constam- ment dans la même position relativement à la grande , c'est- à-dire à sa gauche, l'ouverture des -valves étant tournée du côté de l'observateur. Longueur de mon plus grand exemplaire, qui n'est pas tout à fait entier, 6 pouces. Diamètre de l'exemplaire le plus épais , 2 pouces 9 lignes. — Cabinet de M. Jouannet. — - Mon cabinet. 3. Hippurites rugosa. Lamarck , an s. vert. , t. VII, p. 5g8. Testa cylindraceo-attenuatd y crassissimâ, transversïm, rugosa ; valvâ superiore plana ; foveâ duplici in margine valvae superioris Habite Fossile des Pyrénées. — Cabinet de M. le prince d'Essling. — Test pétrifié, fort pesant, cylindracé- conique, un peu courbé vers le sommet du cône, ridé trans- versalement , fort épais , et tronqué à sa base (oui est for- mée par la valve supérieure). On aperçoit, dans la face de cette troncature , deux ocelles ou espèces de fossettes ré- sultant de l'extrémité des deux arêtes latérales qui cons- tituent la gouttière. Celte coquille a 3 pouces 10 lignes de longueur. (Lam. ibid). 4. Hippurites curva. Lamarck, ibid. Testa conied, curva, rudi, valvâ superiore plana.... Habite Fossile des Pyrénées. — Cabinet de M. le prince d'Essling. — Celle-ci , pareillement pétrifiée , mais plus sensiblement conique et courbée que la précédente , en paraît bien distincte. Elle offre néanmoins , dans sa face tronquée, les mêmes caractères. Longueur, 3 pouces. (Lam. ibid). ( «44 ) 5. Hippurites RESEÇTà. Défiance, Dict. des se. nat. , tom. XXI, pag. 196. Testa cariais tribus interioribus ad imam cavitatem productis instructâ Habite....... Fossile de Saint-Paul-trois-Châteaux (Dép 1 ,. de la Drôme) , où elle se trouve en groupes, mais sans valve supérieure et sans fausses-cloisons. Longueur, 2 pouces. Diamètre de l'ouverture , un pouce. — Cabinet de M. De- france. G. Hippurites cornucopia. Defrance , ibid. — PI. du même Dict. , 3i. e cahier, fig. 1. - 1 a. - 1 b. - 1 c. Testa carinis duabus indivisis obtusis instructâ; septis interioribus crassis , deciduis Habite Fossile des environs de Naples , où on trouve les individus attachés les uns aux autres , et quelquefois placés immédiatement les uns au-dessus des autres, au point qu'on n'aperçoit ceux qui sont au-dessous qu'en les brisant. Lç test de la coquille a 6 lignes d'épaisseur. Longueur , 3 à 4 pouces. Diamètre , 2 pouces 6 lignes. — Cabinet de M. Defrance. 7. Hippurites striata. Defrance. Ibid. — Deshayes. Dict. class. d'hist. nat., tom. VIII, pag. 229. Orlhoceratites operculo gibboso. Picot de la Peyrousc. Descript. de plus. nouv. esp. d'Ostrac. et d'Oithocér. pi. 6, fig. 1,2, 3. Testa conied , exths striis obtusis longitudinalibus sulcatd; valvd superiore centro gibbosâ Habite Fossile de Mandach, dans le canton de Berne. La même espèce se trouve également , ainsi que les quatre suivantes , dans les montagnes près d'Alet , département de (i45) l'Aude. — Le test est très-dur, et généralement rempli d'un calcaire dur qui joint les deux valves. — Cabinet de M. JDefrance. 8. Hippurites sulcata. Défiance. Ibid. — PI. du même Dict, 3i. e cahier, fig. 3. — Deshayes. Dict. class. d'hist. nat. , tom. VIII, pag. 229. Orthoceratites . Picot de la Peyrouse. Loc. cit. , pi. 5. Testa extîts sulcis longitudinal ibus argutè carinatis instructd; valvâ superiore plana, reticulatâ , Reteporam œmulante Hab. ut suprà dict. — Longueur, 6 pouces. Diamètre, 1 pouce 6 lignes. — On pourrait peut-être rapporter à cette espèce certains individus qui ont jusqu'à 2 et 3 pieds de long. — - Cabinet de M. Defrance. 9. Hippurites dilatata. Defrance. Ibid., pag. 197. Orthoceratites. Picot de la Peyrouse. Loc. cit. , pi. 7, fig. 5. Testa abbreviatâ , extîis sulcata , valvd superiore complanatâ Hab. ut suprà dict. — Longueur, 1 pouce. Diamètre, 2 pouces. — il est difficile d'être assuré si cette espèce affecte toujours cette forme raccourcie , ou si on pourrait y rapporter certains individus qui ont quelquefois 1 pied de longueur sur 6 pouces de diamètre. — Cabinet de M. Defrance. 10. Hippurites bioculata. Lamarck. An. s. vert., édit. de 1801. — Defrance. Loc. cit. , pag. 197. — PI. du Dict. des se. nat., 3i. e cahier , fig. 2-2 a. Orthoceratites. Picot de la Peyrouse. Loc. cit., pi. G, fig. h, et pi. 7, fig. 1, 2, 3, 4- — Parkinson. Organ. rem., tom. III, pi. 8, fig. 1. ( "46 ) Testa extiis lœvi ; valvd superiore plana , punclis im~ pressis instructâ, propè margineni ad apices carinarum interiorum binarum periusâ Hàb. ut supra dict. — Longueur, 6 pouces. Diamètre, i pouce 6 lignes. — On les trouve collées contre des Hip- purites striées. — Cabinet de M. Defrance. ii. Hippurites fistules. Défiance, ibid. Orthocératite en tuyau d'orgue. Picot de la Peyrouse, Loc. cit. , pi. ii. Testa elongatâ , leviter longitudinaliterque striatâ ; septis interioribus coiifertissimis omninb ordinatâ Hab. ut supra dict. — M. Defrance en possède cinq qui sont collées ensemble dans toute leur longueur. Les fausses- cloisons laissent à peine une ligne d'intervalle entre chacune d'elles. — Cabinet de M. Defrance. 12. Hippurites organisans. Nob. Hippurites. Cuvier. Règn. anim. , tom. II, pag. 2^3. — Lamarck. — Defrance. Batolites organisans. Denys de Montfort. Conchyl., tom. I, pag. 334- Batolite. Férussac. Dict. class. d'hist. nat. , tom. II, pag. 224. — Blainville. Dict. des se. nat. , tom. IV. Suppl. , pag. 47* — Bosc. Nouv. Dict. d'hist. nat. , tom. III, pag. 324. Radiolites. A. d'Orbigny. Tabl. méthod. de la cl. des Céphalop. Annal, des se. nat., tom. VII, pag. 169. Orthocératite s . Picot de la Peyrouse. Loc. cit. — Knorr. Monum. , etc. , tom. II, sect. 2, pag. /{3 ; pi. i**,fig. 2. Description générique de Montfort. — « Coquille libiTj, ( *47 ) » adhérente ou vivant en famille, imivalve , cloisonnée, » droite et fistuleuse ; bouche arrondie, peu profonde, ou- » verte, horizontale; cloisons criblées et percées latéralement » de deux grands stigmates , répondant à deux arêtes paral- » lèles ou divergentes qui percent toutes les cloisons jusqu'au « sommet de la coquille. » Les Batolites de Monlfort comprenant probablement plu- sieurs espèces, je n'ai pu rédiger une phrase spécifique pour son Batolites organisans , qui, d'ailleurs, ne diifère peut- être pas de YHippurites Jîslulœ de M. Défiance. Je ne cite ici cette espèce que parce que M. Défiance ne l'a pas donnée pour synonyme de la sienne; et, n'ayant pas pu me procurer la Monographie de M. de la Peyrouse , je ne puis arriver à un éclaircissement positif sur ce point. Diamètre d'un fragment vu par Montfort dans le cabinet du marquis de Drée, 3 pouces ; d'où Montfort conclut que cette Batolite devait avoir 54 pieds de longueur. D'autres fragmens lui ont présenté 3 pieds de longueur , i pouce de diamètre a la base , et a peine i lignes au sommet , qui était tronqué. Ces corps paraissent; avoir été groupés , et ressemblent beaucoup a des Polypiers. On voit à l'extérieur les traces de l'accroissement successif. Selon Montfort, ils constituent à eux seuls des masses de rochers dans les Haules-Alpes : ils doivent, d'après cela, être regardés comme très-anciens parmi les fossiles organisés. (Férussac. Loc. cit.). i3. Hippurites ? Raphanistes. Nob. Radiolites. A. d'Orbigny. Tabl. méthod. de la cl. des Céphalop. Ann. des se. nat., tom. VII, pag. 169. Raphanistes. Dcnys de Montfort. — Bosc. Nouv. Dict* d'hist. nat., tom. XXIX, pag. 18. ( >48 ) Description générique de Monlfort. « Coquille libre , » univalve , cloisonnée, droite, a sommet obtus; ouverture » roude , évasée , horizontale ; cloisons évasées en cloche ; » siphon central. » Habite Fossile de la mine de fer de Montbard. Lon- gueur, quelquefois 6 lignes (Bosc, Loc. cit.). i4- Hippurites? Amplexus. Nob. Radiolites. A. d'Orbigny. Tabl. méthod. de la cl. des Céphalop. Ann. des se. nat. , tom. VII, pag. 169. Amplexus coralloïdes. Sowerby. Min. conchol. of Great Britain, tom. I, pag. i65, tab. 72. — PI. du Dict. des se. nat., 3o. e cahier, fig. 2.-2 a, 2 b. Orthoceras. Férussac. Dict. class. d'hist. nat., tom. I, pag. 3oo. Orthoceras ? Blainville. Art. Mollusques. Dict. des se. nat., tom. XXXII, pag. 192. — Defrance. Même Dict. , tom. II , Suppl. , pag. 29. N'ayant pas l'ouvrage de M. Sowerby , je ne puis donner ici les caractères qu'il assigne à son genre Amplexus. La seule espèce qu'il y rapporte se rapproche beaucoup , selon M. de Férussac (loc. cit.), de VOrlhocératile représentée par Breyn (Dissert. phys. de Polythal. , tab. VI, fig. 3, 4> 5 ) , et décrite par cet auteur , pag. 34 • Etc. , etc. BORDEAUX. Novembre 1826. = 49) \VVVVVVVVVVVVVVVVVVV\VVVVVVVVVVVVVVVVV^VVVVVVVV\V\^VVVVVVWVVVVVV\\VVVVVVV\\V\VV^^VVVVV EXPLICATION DES PLANCHES. (Toutes les figures sont de grandeur naturelle. Tous les indi- vidus figurés , dont je ne désigne pas le propriétaire , font partie de mon cabinet). Planche I. — Sph^rulites crateriformis. Nob. Individu décrit dans le Mémoire, sous le N.° 2 des individus remarquables observés jusqu'à ce jour. — Valve inférieure sciée verticalement , présentant le grand cône du Birostre en relief. À. Prolongement latéral de l'appareil accessoire* B. Le test, encroûté de craie. C. Craie, sciée. D. Craie, brisée par le marteau, lorsque l'échantillon fut suffisamment cerné par la scie. E. Base du petit cône du Birostre, lequel est détruit. Planche IL — Sph/erulites crateriformis. Nob. Individu décrit dans le Mémoire , sous le N.° 4 des individus remarquables observés jusqii a ce jour . — Valve inférieure vide , dépouillée de toute gan- gue ; on n'aperçoit plus les stries concentriques de l'intérieur. A. Cassure des couches supérieures du test. B. Carènes obtuses de l'intérieur de la cavité. ( i5o.) Planche Nf. — Sphéricités Jouanneth. Nob. Individu cité dans le Mémoire. ( Cabinet de M. Jouannet). — Valve inférieure, contenant une partie du Birostre. Fi g. i . — Vue en dessus. Fig. 2. — Vue de coté. A. Restes du petit cône du Birostre. B. Cassure du bas de la coquille. C Cassures des lames inférieures de la coquille, qui devaient être semblables aux supérieur! ■03 Planche IV. — Sph;erulites cylindracea. Nob. Fig. i . — Valve inférieure , cassée aux deux bouts , vue par le côté. Fig. i. — Birostre (décrit en détail dans le Mémoire). A. Cônes du Birostre. B. Bourrelet. Fig. 3. ■ — Le même Birostre , vu en dessus. A. Petit cône du Birostre. B. Bourrelet. C. Fissure antérieure du bourrelet , dans laquelle s'in- troduit la carène de la valve inférieure. D. Moules des canaux qui communiquaient de l'appareil branchial au corps de l'animal. Planche V. Sphjerulites bioculata. Nob. Valve inférieure , vue par le côté de son adhérence ■ — Individu décrit dans le Mémoire. A. Restes du petit cône du Birostre. (i5i ) B. Les trois siilons de la face postérieure du Birostre. C. Bourrelet. D. Cassure du bas de îa coquille. Planche VI. — Fig. i . — Birostre de Spiuerulites crate- riformis. Nob. {Cabinet de M. Grateloup). — N. a Mon cabinet renferme un Birostre absolument semblable à celui- ci , dans tous ses détails , mais seulement un peu plus petit. A. Bestes du bourrelet. B. Impressions musculaires. Fig. 2. — Tronçon de Sph^erulites ELeninghausi. Nob. Individu décrit dans le Mémoire, sous le N*° i des individus remarquables observés jusqu'à ce jour. — Il est représenté renversé , c'est-à-dire que le grand cône du Birostre est tourné vers le ciel. A. Le test. B. L'appareil accessoire, cassé vers son extrémité. C. Le grand cône du Birostre. Planche VII. — Birostre de Sph^erulites ILeninghausi. Nob. Décrit dans le Mémoire (Chap. 4 » § i ) ■> et sous le N.° 3 des individus remarquables observés jus- qu'à ce jour. A. Cônes du Birostre. B. Cônes de l'appareil accessoire, brisés à leurs extré- mités. C. Carène extérieure du bourrelet. D. Cassure du bourrelet. ( '52) E. Fissure antérieure du bourrelet, dans laquelle s'in- troduisait la carène de la valve inférieure*. Le bour- relet s étendait de nouveau depuis la Fissure E , jusqu'à la cassure D. F. Impression musculaire. G. Moule du canal qui communiquait de l'appareil bran- cbial au corps de l'animal. Planche VIII. — Sph^erulites dilatata. Nob. Individu complet, décrit dans le Mémoire. Fig. i. — Coquille fendue longitudinalement, renversée, c'est-à-dire que la valve supérieure est en bas. A. Le test. B. L'appareil accessoire, resté adbérent à la cavité, par l'effet de la pétrification. C. Fragmens du bourrelet. D. Cassure du test, à laquelle s'adapte le bord A de la fig. 2. E. Valve supérieure. F. Craie qui encroûte la valve supérieure. Fig. 2. — Fragment du test, pour faire voir les stries con- centriques de l'intérieur. Ce fragment s'adapte par ses points A, aux points D de la fig. i. Fig. 3. — Birostre du même individu. A. Impressions musculaires. B. Fragment du bourrelet. N. a Pour placer ce Birostre dans la coquille, et dans sa position naturelle , il faut placer son point C (sommet du petit cône) , au point c de la fig. i ; c'est-à-dire touchant le sommet du petit cône de l'aprcil accessoire ; et son point D { sommet du ( i53) grand cône) au point d de la fîg. i; c'es!-à- dire touchant le sommet du grand cône de l'ap- pareil accessoire. Par ce moyen ', la face CD du Birostre s'applique contre la face' B de l'appareil accessoire (fîg. i ).. Planche IX. — Fig. i. — Sph^erulites calceoloïdes. Nob, Individu parfait , décrit dans le Mémoire. Fig. 2. HlPPURITES RADIOSA. Nob. Individu parfait , du cabinet de M. Jouannet. A. Les trois sillons de la surface extérieure de la valve inférieure , répondant a trois légères échancrures du bord de la valve supérieure , lesquelles laissent \oir le point de départ des trois arêtes intérieures. B. Cassure du bas de la coquille, où se trouvait son point d'adhérence. Planche X. — Fig. i. — Valve inférieure] d'HipptjRiTES Cornu-pastoris. Nob. — Cabinet de M. Jouannet. N. a Les deux bandes longitudinales , à fines stries, qui caractérisent cette espèce , sont transposées , dans la figure, par l'effet de la lithographie. Dans la na- ture , la plus large de ces deux bandes est à la droite de l'observateur, lorsque l'ouverture de la valve est tournée vers lui. Fig. 2. — Tronçon de la même espèce, pour faire voir les deux carènes intérieures, et les impressions ramifiées de la surface des lames. ( i54) Fig. 3. — Coupe verticale d'un fragment de lame ou écaille extérieure de Sphzerulites ingens. Nob. , pour l'in- telligence de la contexture du test dans les Rudistcs. 3. A. Le même fragment , grossi. ( i55) TABLE DES MATIÈRES. Chap. I. cr Introduction. Pag. § i. er Coup -cV œil sur l'histoire du genre Sphérulite i 2. e Obstacles qui s'opposent a ce que le sujet soit traité d'une manière complète , et amené à une clas- sification définitive 6 3. e Plan de l'ouvrage \f\. Chap. II. e Examen de la famille des Rudistes, telle que Lamarck l'a établie. § i. cr Réflexions générales sur les Con- chifères de Lamarck 16 2. c Genres séparés des Rudistes de La- marck 23 Chap. III. e Formation d'une nouvelle classe, sous le nom de Rudistes , et d'une nouvelle fa- mille , sous le nom de Calcéolées. § i. cr Des genres Sphérulite et Radiolile de Lamarck . 28 2.° Du genre Calcéole 38 3. c Du genre Hippurite 43 4»° Proposition de la classe des Ru- distes , et de la famille des Cal- céolées 5 1 ( i56) Chap. IV. c Recherches sur la place que la classe des Rudistes doit occuper dans l'ordre na- turel. Pag. § i. er De l'animal des Rudistes 54 2. e De l'organisation du test dans les Rudistes. 67 3. e Des rapports de l'animal des Ru- distes avec son test 74 4- e Conclusions 82 Chap. V. e Tableau de la classe des Rudistes 85 i Sphérulite 91 Genres.... / Calcéole i34 ( Hippurite i38 Explication des Planches ». ï49 st) '^Cs^u^aiimutàù r ^■'K'-'B '.'■< . 1 ' H. il SfbotAAAJUUd Cuxtfti jxrtnuo. ÇnJ,) pi. m I WÊÈÈï W S^pnoiAM UAâa SouwvwieAAA,. ça .) * A l 't ém m r Hh n_ SWS.. t * vS JhovUAM\M CuL/Vuk*XXXOG O») II PI .y. PI I rj p W.1 tt l i teà _J J i o cm)u olàaxs. 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Les ailes infé- rieures sont semblables , en dessous , à celles du mâle ; mais elles en diffèrent , en dessus , en ce qu'elles n'ont pas de raies -blanchâtres et en ce que, indépendamment de la Jaohe anale , on y voit trois anneaux rouges , dont le troi- sième , ou le plus éloigné du bord interne , moins marqué .que les précédens, est suivi d'un point rouge. D. y a en outre une bande rouge longitudinale , souvent lavée de blanc , parallèle au bord interne et qui , partant de la tache des ailes supérieures, atteint le bord postérieur, où elle se confond avec l'anneau rouge qui suit Je cercle anal ; cette bande est quelquefois rétrécie dans son milieu , et chez quelques individus elle est fortement interrompue. Nota. Je possède plusieurs individus du papillon qu'on a pris pour la femelle du Floridor. Ces ^individus , ainsi que quelques autres qui m'ont passé sous les yeux , étant tous semblables entr'eux , je n'ai pas cru que l'on pût les considé r rer comme variétés de cette femelle , et j'en ai fait , dans ma ( i58) collection , une espèce distincte , quoique le mâle ne m'en soit pas connu. Je l'ai nommé Pap. ° Descûmbii , en recon- naissance de toutes les peines que s'est données pour moi , mon ami , M. Descombes , a qui je suis redevable dune multitude d'insectes des Philippines , du Chili et du Pérou. Papillon Eurydamas. Pap.° alis suprà viridi-nigris ; fasciâ laid maculari and" carumflavâ , posticarum viridi-pallidà ; posticis subtïis nigris , lined maculdque basi viridibus , lunulis margi- nalibus septem flexuosis rubris. Ce papillon , très-voisin du Polydamas et peut-être con- fondu jusqu a présent avec lui -, me semble devoir constituer une nouvelle espèce. Je ne sais s'il se trouve ailleurs qu'à la Martinique ; tout ce que je peux dire , c'est que je ne l'ai jamais reçu que de cette île , d'où le véritable Polydamas ne m'est pas encore venu, quoique ce dernier soit très- abondant dans les aunes Antilles ainsi que dans presque toute l'Amérique méridionale. U Eurydamas se distingne du Polydamas : i.° par la bande qui traverse les ailes , cette bande étant beaucoup plus large , d'un jaune plus vif sur les ailes supérieures et d'un vert pâle sur les inférieures ; 2. par le dessous des ailes in- férieures , qui , dans le Polydamas , est brun et plus clair dans toute la moitié antérieure , tandis que dans l'espèce qui nous occupe , il est d'une teinte uniforme d'un beau noir changeant en vert bronzé ; on y voit , en outre , à la nais- sance du bord antérieur , une ligne et une tache oblongue formées par des atomes verts ; enfin les taches marginales y sont plus larges, plus flexueuses et d'un rouge fauve plus foncé, changeant en violet sous certains aspects. ( ï5 9 ) Papillon Bias* Pap.° alîs supra virescenti-fu.scis ,fasàd maculariflavâ ; posticis dentatis , his subtàs flmis , lunulis submargi- nalibus Jlexuosis fulvis , septem argenteis adjectis. Cette nouvelle espèce que j'ai reçue du Chili, est encore très-voisine du Polydamas. Elle lui ressemble en dessus, si ce n'est que les échancrures des ailes , surtout celles des ailes inférieures, sont plus prononcées et plus largement liserées de jaune; ce qui au premier aspect, fait croire que les ailes sont très-dentées. La bande des ailes supérieures se reproduit en -dessous ; mais ici, elle est beaucoup plus large, et se con- fond presque partout avec le jaune des échancrures. Le des- sous des ailes inférieures est jaune , avec les nervuresnoires et une teinte rousse à l'extrémité inférieure de la cellule dis— coïdale ; les sept taches fïexueuses d'un rouge-fauve que l'on voit dans le Polydamas , se retrouvent ici , mais plus pâles et plus éloignées du bord ; elles sont accompagnées d'autant de taches argentées longitudinales , dont la première , tou- chant le bord d'en haut , et les trois dernières sont linéaires , tandis que les trois autres sont grandes et triangulaires. Ces taches sont précédées , en dedans , par une bande inégale d'atomes noirâtres , et elles sont entièrement enveloppées , en dehors , par une ligne noire très-prononcée formant un zigzag dont les angles intérieurs touchent les taches fauves , tandis que les angles extérieurs s'appuient sur le bord. Papillon Pirithous. Pap.° alîs ni gris , fascid marginali flavd , poslicarum externe bidentatâ. Posticis subtits discà macidis duabus Jerrugineis striatâque flexuosâ e maculis cœruleis. Ce papillon , qui est de la troisième taille , est d'un brun presque noir. Ses ailes offrent une bande marginale macu- ( i6o ) iaire d'un jaune d'ocre , plus pale sur les supérieures. Les taches qui composent cette bande sont plus rapprochées sur les inférieures , où elles ne sont séparées que par de fines nervures noires ; elles y sont aussi échancrées en dehors , gui-tout les deux intermédiaires qui le sont profondément, ce qui fait que la bande est bidentée ; à l'angle anal , on voit line tache noire réniforme , surmontée d'une tache ferrugi-r neuse orbiculaire , au-dessus de laquelle on aperçoit à peine quelques petits atomes bleus. Le dessous des quatre ailes est semblable au dessus ; mais les inférieures offrent , outre la tache ferrugineuse anale , deux taches de la même couleur , dont la supérieure est la plus petite , et qui , étant placées à l'extrémité de la cellule discoïdale , sont séparées de la bande jaune par une ligne flexueuse de lunules bleues. On voit aussi , vers les deux tiers de la côte des premières ailes , une petite ligne jaune suivie d'un point de la même couleur qui se reproduit faiblement en dessus. Les ailes inférieures ont une queue linéaire et des dents obtuses ; les sinus sont légèrement bordés de jaune. Le corps et les antennes sont entièrement noirs , avec deux petits points % peine distincts sur le devant du corselet , deux lignes suf îa poitrine et les palpes rougeâtres. Ce papillon habite l'île de Cuba, d'où il ne m'en est yenia (qu'un seul individu,, Papillon Laïus. Pap,° ails atrls concoloribus , anticis puncto h.asi rubrp macula que tripartita alhâ ; postlcls lunulis marginal libus bideiitatis rubiis.. Il est voisin du Lysùhous.. Son corps est noir ainsi que ses ailes ; les supérieures ont un point rouge gt h base et uri£ ( i6i ) taché blanche assez grande placée un peu au-delà du milieu du bord interne et divisée en trois par deux nervures paral« lèles assez éloignées l'une de l'autre. Les ailes inférieures ont des dents obtuses bien moins prononcées que celles du Lysithoiïs , une queue en forme de spatule de médiocre lon- gueur, et les sinus blancs de part et d'autre. Ces ailes sont d'un beau noir lustré ; elles ont une bande marginale , com« posée de sept taches rouges , dont l'anale est la plus grande } les trois suivantes fortement bidentées en dehors et sinuées en dedans , les trois supérieures , diminuant de grandeur , à peu près triangulaires. Le dessous des quatre ailes est sem- blable ail dessus , mais moins foiicé ; la base de la côte des Supérieures est rouge , et l'on voit a la base des inférieures i trois points de cette couleur et une ligne qui règne depuis Ces points jusqua la tâche anale , qu'elle n'atteint paâ tout-à-fait» Ce papillon est du Brésil* Papillon PlW. Pap.° alis supra fuscis > fasciis duabus Jïavis ; posticis subtàs jlavo- palliais , macula discoidali latâ ferrugined lanulâque magna albidâ. Cette nouvelle espèce vient du Chili. Elle a de très^grands rapports .avec le Thoas ; mais elle est beaucoup plus petite , et s'en distingue par le dessous des secondes ailes , qui pré- sente une tache discoïdale ferrugineuse plus étendue , et sur le milieu de laquelle on voit une grande lunule blanchâtre y ou d'un gris jaunâtre , bordée en dedans et en dehors par deux petits traits noirs. La tache ferrugineuse s'appuie sur une rangée de lunules grisâtres , formant une ligne flexueuse , terminée à chacune de ses extrémités par une tache noire ( i6a) orbiculaire dont le milieu est saupoudre de bleu. Les échan- crures , de part et d'autre , sont largement bordées de jaune , surtout celle du côté interne de la queue. Dans le Thoas , la queue est en spatule et marquée d une tache longitudinale jaune , oblongue , tandis que dans le Péon la queue est li- néaire et sans tache. Th.™ Roger. Note sur TAscalaphe italique. Comme YAscalaphe italique , encore rare dans le centre et le nord de la France , a été prise plusieurs fois dans le département de la Gironde , nous croyons devoir annoncer que nous avons trouvé ce joli Néyroptere principalement dans les lieux marécageux , entre la Garonne et la Dordogne. H paraît que cet insecte , qui , comme tous les individus de cette famille , aime les lieux humides , a passé de l'Italie sous le beau ciel de la Provence , où il est maintenant très- commun , et est arrivé ensuite dans nos contrées en suivant le canal , car on ne le rencontre pas dans l'intérieur des terres. A. Blanchard. INSTRUCTIONS h l'usage des personnes qui voudraient s'occuper à recueillir des insectes pour les cabinets d'histoire naturelle; par M. Th. Roger. Règles ge'nerales. — Le but d'un entomologiste étant de connaître toutes les espèces d'insectes qui peuvent exister , quelles que soient leur forme , leur grandeur 7 leur couleur, ( x63 ) on doit se défendre de la prévention qui porte assez naturel- lement à considérer comme le plus pi'écieux, l'insecte dont la forme est grande ou bizarre et les couleurs éclatantes. Les montagnes nourrissent des insectes dont la majeure partie diffère de ceux des plaines environnantes. Les terrains de nature différente produisent aussi des espèces différentes. Ainsi , si l'on veut recueillir le plus grand nombre possible des insectes d'un pays , on doit tâcher d'en parcourir tous les sites , depuis les plus arides , jusqu'à ceux couverts de la plus riche végétation. Il est cependant à remarquer que dans ces derniers , on trouvera une bien plus grande variété d'es- pèces , et en général ces espèces beaucoup plus abondantes. Il faudra donc y diriger plus souvent ses recherches. Les mœurs et les habitudes des insectes sont aussi très- variées. Les uns se tiennent sur les fleurs ; d'autres sur les troncs d'arbres ou sous leur écorce , et plus particulièrement sous lecorce des vieux arbres abattus et cariés ; certaines es- pèces se tiennent sous les pierres et dans la terre au pied des arbres , surtout dans les lieux humides qui avoisinent les ri- vières et les eaux stagnantes. H en est encore qui vivent en grand nombre dans les bouses , dans les fumiers , dans le terreau et dans tous les débris de végétaux ou d'animaux en putréfaction ; quelques espèces vivent dans les champignons ; enfin les eaux stagnantes aussi en nourrissent un assez grand nombre. Les insectes sont généralement si fragiles qu'il est très-aisé de les dégrader lorsqu'on les prend. Cependant pour la faci- lité de leur classification dans une collection , il est indispen- sable qu'ils soient entiers et que leurs couleurs ne soient pas effacées ; car les caractères qui servent à leur assigner une place sont toujours tirés de la forme de leurs pattes , de ( m) èelîè de leurs antennes , du nombre ctes articulations d£ leurs tarses , enfin de leurs couleurs. Or, toutes ces choses étant précisément celles qui sont les plus sujettes a être bri- sées oU altérées , un chasseUr ne saurait user de trop de pré- cautions lorsqu'il prend un insecte. Les papillons sont, de tous les insectes , ceux qui exigent le plus d'adresse. L'ex- trême fragilité de leurs ailes , le peU d'adhérence des couleurs qui les décorent j exposent le chasseur- à les déchirer s'il les manié trop brusquement , et a les décolorer s'il touche les àilës avec les doigts i j'ajouterai , enfin , que celui qui voudrait faire un objet! cte spéculation du produit de ses chasses , verrait ses espé- rances déçues si ses insectes n'étaient pas bien conservés. Plus lé nombre des amateurs de collections augmente , plus ils deviennent exigeans relativement a là parfaite conservation des insectes qu'on leur présente \ acheter. Ils ne voudraient a aucun prix des choses dégradées; Instrumens de chasse, — Un chasseUr doit être muni Bés ustensiles suivans : Nt° i . D'un filet de gaze ; 1. De raquettes en gazé \ 3. D'une ombrelle ; 4- D'une petite truelle ; 5. D'une nasse en crin ou ert canevas ; 6. D'une boîte de fer-blanc ; 7. D'une boîte en bois doublée de liège ; 8. D'une certaine quantité de triangles de papier \ 9. D'épingles de plusieurs grosseurs ; io. De flacons à large goulot. ( «65 ) N.° i . Le filet est formé d'un morceau dé gros fil de fer que l'on plie en cercle de 9 pouces de diamètre et dont les deux bouts réunis sont fixés dans une douille en fer-blanc, Cette douille doit avoir 3 pouces de long. Elle sera un peu conique de manière à ce que l'on puisse y assujettir une canne ou un manche quelconque plus ou moins long. On attache au cercle de fer les bords d'une poche de gaze de vingt pouces de profondeur; Ce filet sert pour prendre au vol toutes sortes d'insectes et plus particulièrement les papillons. H s'emploie aussi à une autre chasse qui consiste à le pro- mener sur lés sommités des plantés flexibles , telles que les grandes herbes des prairies. Les insectes posés sur ces plantes tombent au fond du filet , et le chasseur trouve de cette ma- nière une grande quantité de petites espèces qui auraient échappé à sa vue. N:° 2. Les raquettes peuvent être comparées aux pinces prenantes qu'emploient les chirurgiens $ ou à des ciseaux dont chaque branche serait terminée par un losange garni d'une gaze bien tendue , de façon que les pinces étant fer- mées , lés deux losanges s'appliquent parfaitement l'un contre l'autre. Cet instrument , le plus utile pour la chasse aux insectes de quelque espèce qu'ils soient , est celui qui exige le plus d'adresse; Ce n'est même que par suite d'une assez longue habitude j que l'on parvient à s'en servir avec succès. Le chasseur inhabile en déchirera souvent la gaze , et plus sou- vent encore il manquera l'insecte qu'il aura voulu prendre , bien que cet insecte soit posé. Mais si les raquettes ont d'abord cet inconvénient , quand on saura les manier habilement, \Blles auront de grands avantages sur le filet. Premièrement > ( i66) un papillon pris dans les raquettes ne sera jamais dégrade' , attendu que , pressé entre les deux gazes , il ne peut en au- cune manière se débattre ; secondement , le chasseur , au moyen des raquettes , n'aura rien à redouter de certains in- sectes , tels que les guêpes , les abeilles , les frelons , etc. , dont il ne pourrait éviter les piqûres douloureuses , s'il se hasardait à les saisir avec les doigts. N.° 3. L'ombrelle ( ou a défaut une nappe ) est employée à chasser de la manière suivante : on la tient sous une haie , sous des arbustes , ou enfin sous des plantes touffues , et l'on bat avec un bâton les rameaux qui sont au-dessus de l'om- brelle. Tous les insectes qui sont sur ces rameaux et que l'on ne peut apercevoir tombent dans l'ombrelle. On peut trouver , par ce moyen , beaucoup d'espèces qui , ne volant que la nuit , se tiennent cachées le jour. N.° 4- La truelle , qui est absolument semblable à celles dont se servent les plâtriers , sert à creuser la terre au pied des arbres , à enlever les écorces, à fouiller dans les bouses , etc. On trouve ainsi beaucoup de coléoptères et de chrysalides. N.° 5. La nasse est faite à peu près comme le filet , si ce n'est que le fil de fer , au heu d'être pliée en cercle , doit avoir la forme d'une pelle dont le côté droit est opposée à la douille. La poche dont on garnit le fer doit être en crin ou en canevas et sa profondeur sera de six pouces. Pour chasser avec la nasse , il s'agit de la passer parmi les plantes aquatiques , d'enlever même celles qui sont à la sur- face de l'eau. L'eau s'écoule , et parmi les plantes qui restent dans la nasse, on trouve souvent beaucoup d'insectes. N.° 6. La boîte enfer-blanc , pour la chasse , doit avoir la forme d'une grande tabatière. Au milieu du couvercle est pratiqué un trou assez grand pour donner passage à un ( i6 7 ) coléoptère de moyenne taille : ( un hanneton par exemple). Ce trou s'ouvre et se ferme a volonté , au moyen d'une petite plaque en fer-blanc qui doit glisser en tous sens sur le cou- vercle , n'y étant fixé que par un seul point autour duquel elle peut se mouvoir. On remplit a moitié cette boîte avec de la sciure de bois , sur laquelle on verse quelques goûtes d'essence de térében- thine. L'essence n'étant que pour donner une forte odeur à la boîte , on ne doit pas en mettre une quantité telle que la sciure en devienne gluante. La sciure de bois doit avoir été préalablement passée dans un gros tamis , afin de la purger de toute la poussière 1 qu'elle aurait pu contenir. On n'emploie que ce qui reste dans le tamis. N.° 7. La boite en bois ( ou en carton ) doit être aussi portative. Elle peut avoir la forme d'un livre de format in-8.° Son épaisseur doit être de deux pouces au moins. Le fond est garni de liège ou , à défaut , d'une substance assez tendre pour qu'une épingle puisse y être enfoncée avec facilité ; comme , par exemple , de la moelle de sureau ou de certaines plantes des pays chauds. On pourrait encore employer de la cire vierge que l'on ferait fondre et à laquelle on mêlerait une très-petite quantité d'huile de térébenthine , la cire seule devenant trop sèche et trop cassante. Il faut que le liège soit fin et qu'il ait au moins deux lignes et demie d'épaisseur. La cire , ayant plus de ténacité , une couche d'une ligne et demie à deux lignes suffirait. La moelle au contraire , retenant moins l'épingle , doit avoir plus d'é- paisseur. N.° 8. Les triangles de papier étant destinés principa- lement a contenir des papillons , il y en aura de plusieurs ( i6é) grandeurs. Voici comment on les prépare : on coitpe àei carrés de papier que l'on plie d'abord dans le sens de la dia- 1 gonale , ensuite on ferme , par un double pli , l'un des petits côtés du triangle. Le troisième côté ne se ferme qu a la chasse lorsqu'on a mis un papillon dans le triangle. Si au lieu de replier les petits côtés j on pouvait les fermer avec de la colle , cela vaudrait mieux encore» Il ne serait pas mal de se munir d'une boîte à deux compar- timens , dont l'un serait destiné à contenir les triangles dans lesquels on aurait mis les papillons , et l'autre les triangles vides. Pour mettre les papillons a l'abri des insectes destructeurs qui percent facilement le papier , on devrait , s'il était pos- sible avant de faire les triangles, passer les feuilles dans l'eau saturée d'alun. N.° 9. Lès épingles que l'on emploie pour la chasse aux insectes doivent être de différentes grosseurs. Il en faut dé très-fines. La longueur de ces épingles doit être au moins de 1 2 à 14 lignes; Elles sont connues chez les marchands ^ sous le nom d'épingles à dentelle. D. est bien de se munir d'une pelote dans laquelle on enfoncera les épingles en séparant lés différentes grosseurs ; afin de n'être pas obligé de chercher long- temps celle qui convient a l'insecte que l'on veut piquer. On sentira bien que pour piquer une petite mouche , on ne peut employer une épingle aussi grosse que celle qu'il faudrait pour piquer un cerf-volant. C'est dégrader uii insecte que de le piquer avec une trop grosse épingle* Manière de prendre lès insectes: — Les coléoptères n'étant pas venimeux , on peut hardiment les saisir avec la main sans courir aucun risque. Néanmoins quelques grosses espèces sont armées de fortes mandibules > au moyen des-» quelles elles pourraient pincer le chasseur. Mais s'il a là { ^9 ) précaution de les saisir avec deux doigts par les deux côtés du corps, vers la naissance des élytres , il n'a absolument jrien à redouter. Les coléoptères, pour la plupart, volent çeu ; il leur est surtout difficile de prendre le vol , ce qui fait que l'on peut s'en emparer sans le secours du filet ou ,des raquettes. Peu d'espèces nécessitent l'emploi de ces instmmens,, Les orthopthères , comme les précédens , n'ont pas de venin ; on peut donc les toucher impunément ; mais comme leur vol est plus facile et qu'ils sont presque tous doués de la faculté de sauter à de grandes distances , on sera obligé de se servir du filet ou des raquettes pour pouvoir les prendre. Tout le monde connaît trop bien les sauterelles , les grill- ions , etc., pour que j'en parle plus longuement. Les névroptères volent encore mieux que les précédens et ils sont dénués de tout venin. Si l'on ne peut les joindre avec les raquettes , lorsqu'ils sont posés on les prend avec le filet. Les dejnoiselles font partie de cet ordre. Les hyménoptères ( abeilles , guêpes, etc. ) sont pour la plupart venimeux. C'est toujours de l'extrémité de leur ab~ domen qu'ils dardent l'aiguillon perfide qui fait des blessures profondes , presque toujours suivies ,d inflammation , de dou- leurs aiguës et quelquefois d'accès de fièvre. Leur abdomen .est attaché à l'extrémité inférieure du corselet, seulement par Vin pédicule plus pu moins long en forme de fil. Il est si mobile , qu'ils peuvent en ramener l'extrémité sur toutes les parties de leur corps. On doit donc bien se garder de les prendre avec les doigts. Les espèces d'hyménoptères dont l'abdomen , peu mobile 9 ( est uni au corselet dans toute sa largeur , ne sont pas yeniy penses : on les reconnaît facilement. ( i7° ) Les hémiptères n'offrent pas d'espèces venimeuses ; mais ils sont presque tous armes d'un bec assez long , et quelques- uns l'ont si acéré et si dur qu'ils peuvent faire des piqûres très-douloureuses. J'engagerai donc le chasseur à les prendre avec les raquettes plutôt qu'avec les doigts. Ils exhalent d'ailleurs une odeur désagréable analogue à celle de la punaise des lits , ce qui leur a valu les noms vul- gaires de punaises des bois , punaises des jardins , etc. Les lépidoptères , c'esfca-dire , les papillons , soit de jour, soit de nuit , ne doivent inspirer aucune crainte au chasseur , mais il est si facile de les déchirer ou de les décolorer , qu'il ne faut jamais les saisir avec les doigts. S'ils volent , c'est avec le filet qu'on tâche de s'en emparer. S'ils sont posés et qu'ils se laissent approcher facilement, on doit préférer l'emploi des raquettes dans lesquelles il ne peuvent se débattre. Les papillons de nuit commencent a paraître une demi-heure après le coucher du soleil. Le chèvre-feuille, le lilas , l'onagre, les belles de nuit, la saponaire , etc., sont , dans les jardins, les plantes qu'ils affectionnent et autour desquelles on les voit voltiger en assez grand nombre , quand les soirées sont belles. Dans la campagne, c'est sur les valérianes, le laurier de St- Antoine, la vipérine, etc., qu'on les trouve. Cette chasse ayant lieu a la lueur du crépuscule , elle dure ne guère qu'une demi-heure. Si l'on voulait la continuer plus long-temps, il faudrait se munir d'une lanterne dont la clarté Sert non-seulement a faire apercevoir les papillons, mais encore a les attirer. Il arrivera quelquefois au chasseur d'apercevoir les papil- lons de nuit appliqués contre les murailles , sur les troncs •d'arbres, sur les rebords des toits peu élevés, etc. Ces es- pèces sont plongées dans un tel engourdissement , qu'on les approche sans qu'elles fassent le moindre mouvement. La ( ip ) meilleure manière de les prendre, c'est de les piquer sur place avec une épingle dont on leur traverse le corselet f et cela sans qu'on ait besoin de se presser ; car souvent ils» ne commencent à se réveiller et à battre des ailes , que lors- qu'on les enlève de l'endroit où ils étaient poses. Un excellent moyen de se procurer des papillons d'une parfaite conservation , c'est d'élever des chenilles. Les per- sonnes qui voudraient en prendre la peine seraient bien dé- dommagées par les observations curieuses, instructives et amusantes qu'elles auraient l'occasion de faire. Il s'agit pour cela de prendre les différentes espèces de chenilles que l'on trouvera pendant la chasse. On a pour les recueillir une boîte à peu près de la grandeur de celle indiquée sous le N.° 7 , ( instrument de chasse ) dans laquelle on met quelques petits rameaux des plantes sur lesquelles on a rencontré les che- nilles. De retour chez soi , on place les chenilles dans une boîte spacieuse dont les côtés , au lieu d'être en bois , sont en gaze. Beaucoup d'espèces de chenilles s'enfoncant dans la terre pour s'y transformer en chrysalide , on doit mettre au fond de la boîte une couche de terre légère de deux à trois pouces d'épaisseur. Afin que les chenilles ne puissent dépérir faute de nourriture , il faut, les entretenir de plantes fraîches. Il ne sera pas nécessaire de changer souvent les plantes , si l'on a la précaution de mettre leur tige dans un vase plein d'eau, comme cela se pratique pour conserver pendant plu- sieurs jours des fleurs dans un appartement. On place le vase sur la terre au milieu de la boîte. Il doit être fermé par un couvercle percé de trous. Ces trous étant bouchés par les tiges des plantes , les chenilles ne pourront se noyer : c'est ce qui arriverait souvent si le vase était découvert. Les chenilles , parvenues a leur plus grand accroissement , feront leur chrysalide , et au bout d'un temps plus ou moins long, on verra éclore les papillons. ( r 7 2 ) .On évitera de manier les chrysalides : cela pourrait les faire mourir. On pourra mettre dans la boîte , les chrysalides prises % la chasse , soit par le moyen de la truelle , soit de toute autre manière. Une chrysalide qui aurait été blessée doit être abandonnée , car elle ne réussirait jamais. Les lépidoptères dont les chenilles se suspendent pour se transformer, éclosent communément au bout de 1 5 jours au moins , et de 3o jours au plus. Ceux dont les chenilles se renferment dans une coque ? restent un temps plus iong en chrysalide. Généralement la consistance de la coque est proportionnée a la durée de cç temps qui est très-variable. Il est de ces lépidoptères qui .éclosent au bout d'un mois ; d'autres au bout de deux ou trois mois ; enfin il en est qui demeurent un an et plus en chrysalide. Les espèces qui s'enfoncent dans la terre , se font aussi at T tendre depuis un mois jusqu'à un an. Je ne terminerai pas cet article sans prémunir le chasseur contre des préjugés d'enfance qui pourraient lui inspirer du dégoût , de l'horreur même , pour les chenilles. Elles ne sont pas plus dangereuses que les papillons qui en proviennent. Cependant , s'il lui arrivait de rencontrer dans les bois et paiv ticulièrement au pied des chênes , de ces gros nids de che- nilles tout remplis de dépouilles desséchées , il doit s'en ap- procher avec précaution : les poils , que le vent enverrait sur sa peau , lui occasionneraient de vives démangeaisons. Les diptères ( dont les mouches font partie ) ne sont nul r lement dangereux. Tous peuvent être saisis avec les mains ; mais comme ils sont très-agiles , il n'est guère possible de s' en emparer sans le secours du filet ou des raquettes. ( »73) Lépidoptère exotique pris à Bordeaux , dans la ville , sur un platane. On a piis à Bordeaux , dans un enclos intrh muros y sur un platane , au mois de Juin , un lépidoptère exotique dont nous allons faire la description : il est de la famille des diur- nes , et du genre Satjrus. Les ailes sont entières , de moyenne grandeur ; le corps grêle , velu , brun ; les palpes saillans , comprimés , hérissés sur le bord antérieur ; les antennes annelées de blanc et de noir , terminées par un bouton fauve ; quatre jambes mobiles , les antérieures en palatine. Le dessus des ailes est brun noirâtre , d'une seule teinte ; les premières offrent près du bord extérieur deux points noirs très-peu sensibles ; les secondes deux taches noires , arron- dies , plus marquées , assez près l'une de l'autre , répondant k des taches oculaires qu'on voit en dessous. Il y a quelque apparence d'une autre tache ronde dans la partie du bord antérieur des secondes ailes qui est recouverte par les pre- mières. Le dessous des ailes est également d'une seule teinte, brun jaunâtre, formée d'un fond brun, finement ponctué de jaune pâle. Sur tout le contour il règne une douhle lisière de deux lignes , l'une fauve et l'autre argentée : celle-ci , qui est la plus intérieure , est un peu sinueuse. Près de ces lignes, sur les deux ailes , il y a une rangée de taches oculaires , noires , à prunelle blanche , a iris jaune mât ; les premières ailes en ont quatre sans prunelle , contiguës , graduellement plus grandes d'avant en arrière. Les secondes ailes en ont six iné- gales, dont une isolée, sur le milieu du bord antérieur ; les autres contiguës sur une même ligne parallèle au bord exté- rieur } a l'exception de la première, plus petite que les autres, ( «74 ) qui incline en dedans. De cette première tache il part \ine ligne argentée , arcuale , qui , longeant de près le côté interne des autres taches , vient s'unir a la ligne du bord ex- térieur, en face du grand angle. Les taches des premières ailes sont accompagnées en dedans d'un semblable trait , mais qui n'est pas argenté. Ce lépidoptère est peint dans Habuer , sous le nom de Pilargus. \J Encyclopédie le nomme Satyrus OEdipus ; c'est le Geticus d'Esper, et Yfphigenus de Herbst. — On a observé que dans quelques individus mâles il n'y avait que deux taches , ou point du tout , aux premières ailes ; que la ligne argentée , qui accompagne les taches des secondes ailes, manquait entièrement, et que les unes et les autres ne res- sortaient point sur la face supérieure. La chenille de ce lépidoptère n'est point connue ; on le trouve en Russie , en Hongrie et dans le Piémont , au mois de Juin. Comment est-il venu a Bordeaux ? C'est un problême assez difficile à. résoudre. On peut conjecturer que sa chrysa- lide y a été transportée avec quelque pièce de bois du Nord , ou quelque denrée des pays, dont il est originaire. L'abbé Lalanne. ZOOPHYTES. Description d'un genre nouveau de la classe des AcalÈphes , Cuv. ; par M. Sang , correspondant. Il est une classe d'animaux qui , bien qu'elle ait toujours intéressé les naturalistes par la singularité des genres qu'elle renferme , par la variété et l'élégance de leurs formes , la richesse de leur parure , leurs mœurs paisibles , et surtout par la simplicité de leur organisation , n'a pot rtant point { *75) attiré dune manière spéciale l'attention des maîtres de la science : cette classe est celle des Acalèphes. Peu alimentée par les recherches des voyageurs , elle est toujours restée en arrière des autres , et ses matériaux épars dans beaucoup de relations , seraient bien loin de suffire pour l'élever jusqu'à leur niveau. Un voile obscur dérobe à nos yeux la connais- sance physiologique de ces animaux extraordinaires , il semble que le génie de l'homme , si pénétrant devant les grandes productions que la nature a placées à la tête de l'échelle des êtres , soit insuffisant dans l'examen de ceux qui , bornés dans la possession des sens , des fonctions , et plus encore dans les organes qui en sont les instrumens , n'en occupent que les derniers échellons , et paraissent par cette diminution ap- parente de la vie se rapprocher de ceux qui végètent à la surface du sol. Tels sont les animaux dont nous voulons parler. Mais il est juste de dire que , si leur connaissance n'a pas été encore aussi approfondie que celle des autres classes de l'histoire naturelle , cela vient en partie de la difficulté qu'il y a a les observer , le plus grand nombre n'habitant que les hautes mers , sous les feux de la zone torride , ou dans les régions glacées du cercle polaire. A quoi se réduiraient encore ces connaissances , si le savant anatomiste auquel il est donné de fixer les bases de toutes les branches de la zoologie , de prescrire des limites et des divisions que les vains efforts de quelques auteurs systéma- tiques ne pourront jamais détruire complètement, n'avait formé cette classe de zoophytes et éclairé par de savans aper- çus , la marche des naturalistes qui cherchaient à l'enrichir ? La classe des Acalèphes au perfectionnement de laquelle nous consacrons une partie de nos recherches , a fait aussi quelques heureuses acquisitions par les soins de nos modernes voyageurs. Mais ce serait un tort de croire que les mers loin- ( 176) taines ont seules le dépôt de ces productions ; on les ren- contre encore sur nos côtes , quoiqu'en moins grand nombre ; plusieurs leur appartiennent , d'autres y sont entraînées par les courans on poussées par le choc des tempêtes : nous les recommandons à ceux de nos collègues de la Société Lin- néenne de Bordeaux qui consacrent quelques instans à l'étude des animaux marins. Quant à nous , qui par devoir fré- quentons davantage les hautes mers, nous y trouverons toujours un champ fertile en richesses de ce genre , et c'est à les faire counaître que nous destinerons quelques articles dans les pages de ces annales. Genre OCYROÉ. Nos. Corps libre , gélatineux , transparent ' , vertical ; muni Supérieurement de deux lobes musculoso-membraneux , bifides , épais , larges , amincis sur les bords et ornés de deux côtes ciliées; bouche inférieure et centrale ; quatre bras également ciliés , de même que les bords intermédiaires des deux lobes. La cavité de l'estomac est comme dans les Béroés ; c'est un sac dont l'entrée , très-susceptible de contraction , sert à la fois de bouche et d'anus. Les ovaires occupent le fond de ce sac. Les quatre bras , qui prennent naissance à la base supérieure du corps , peuvent s'étendre jusqu'à l'orifice de la bouche. Les côtes ciliées sont , comme dans tous les animaux de cette famille ( i ) , les organes locomoteurs. Par un mouve- ( i ) Dans un travail sur les Acalèphes, nous proposons, sous le nom de famille des Iriptères , la réunion des genres Béroê , Ceste , Callianire , Ocyroé et Eunomie , qui tous offrent dans des dispo- sitions analogues les mêmes organes locomoteurs , du moins pour ce qui est des côtes ciliées. ( *77 ) ment alternatif et rapide , les cils dont elles sont garnies , lui impriment une marche lente mais égale. Ces orgaties locomoteurs sont ici compliqués par un ap- pareil particulier qui facilite singulièrement les mouvemens de ce zoophyte j et que je crois un exemple unique dans l'organisation animale. Cet appareil consiste dans les lobes. Nous avons dit déjà qu'ils étaient munis chacun de deux côtes ciliées. Lorsque l'Ocyroé veut s'élever à la surface de la mer , elle abaisse ces deux lobes , de manière à maintenir les côtes ciliées dans un plan vertical ; alors les cils agissent comme nous l'avons in- diqué , et le zoophyte suit cette verticale ; mais lorsqu'il a atteint son but , et que son action ne doit plus se faire que dans le plan horizontal , il relève ses lobes horizontalement , et les cils agissant tous dans un même sens , le promènent à la surface des eaux. Si l'Ocyroé veut rester immobile , elle cesse l'action de ses cils, et ses lobes étendus suffisent pour la maintenir suspendue ; si , au contraire , elle veut s'enfoncer dans les profondeurs des eaux , eEe abaisse ses lobes , en en- veloppe son corps , se contracte pour diminuer son volume , et s'abandonne aux lois de la pesanteur. Pendant ces divers mouvemens , les bras , qui sont égale- ment bordés de cils natatoires , prennent une direction con- venable a l'action générale et aident encore la marche. Peut- être servent-ils à gouverner le zoophyte dans sa direction. Cette organisation simple et ingénieuse donne aux Ocyroés un avantage sur les Béroés , les Callianires et les Eunomies , c'est de pouvoir se porter dans toutes les directions en main- tenant toujours leur corps dans un plan vertical , faculté qui leur est nécessaire pour que l'ouverture du sac de nutrition soit le plus convenablement disposée a recevoir les petits poissons ou crustacés qui viennent s'y précipiter et dont elles font leur proie. (i 7 8) Nous avons observé trois espèces de ce genre , dont deux fiont bien distinctes. i. re Espèce. Ocyroé* cristalline, O. cristallina. N. Incolore , extrêmement diaphane , le corps court ainsi que les bras ; les lobes , plus étroits à proportion que dans V espèce suivante , et moins visiblement striés ; les côtes peu irisées. Longueur , 2 pouces à 1 pouces et demi. Habite , sous V équateur , par les 32° de longitude 0. ; Saison, mois d'Avril. Observation. Il pourrait se faire que cette espèce ne fût qu'une variété de la suivante , ou bien la même , mais beau- coup plus jeune. 2. me Espèce. Ocyroé* brune, O. fusca. N. D'un brun jaunâtre uniforme ; les côtes ciliées peu irisées ; les lobes minces , très-grands et striés transver- salement, le corps conique , peu long; les quatre bras de la même couleur , mais plus transparens. Longueur, 6 a 8 pouces. Habite , l'Océan atlantique , dans le voisinage des îles du Cap-Vert. Saison, mois de Mars. 3. me Espèce ■. Ocyroé tachée, O. maculatà.. N. (Planche ci-jointe ). Beaucoup plus grande que les précédentes , extrême- ment diaphane et incolore; le corps plus alongé , les lobes plus grands et plus épais , plus fortement striés , et m ; ( '79 ) portant quatre grandes taches brimes foncées symétrie quement placées sur chaque lobe ; les côtes vivement irisées , les bras assez longs. Longueur, 10 à 12 pouces. Habite , la mer des Antilles , où elle est très-commune au mois de Juin. Les espèces de ce genre, comme tous les Acalèphes , sont plus ou moins phosphoriques pendant la nuit ; l'Ocy- roé tachée surtout jette un grand éclat, semblable à une masse arrondie d'un feu bleuâtre , et qui devient d'autant plus vaste , mais moins vif , que ce zoophyte s'éloigne da- vantage de la surface de la mer. — -* o ~ — ERPÉTOLOGIE. — Aucun membre de la Société Linnéenne de Bordeaux , ne s 'étant encore adonné à l'étude des reptiles de notre département , je crois devoir signaler ici quelques espèces que le hasard m'a fait rencontrer dans mes courses botaniques. Mes études ne s'étant nullement portées sur les animaux vertébrés, je ne pourrais garantir la justesse de leur détermi- nation, si l'exactitude des figures et des descriptions conte- nues dans les ouvrages que j'ai consultés ,. ne m'avait permis de reconnaître , sans aucun doute , ces espèces plus rares , parmi les reptiles communs que le Département nous offre* 1 .° La Tortue jaune , Bosc , nouv. dict. dliist. nat. , tom. 34, pag. 261 , fig. dans la planche r. 6. du même dict., tom. 36, pag. 98, fig. 2. — Testudô orbicularis* Linn. — T. Europœa. Schneider. — ■ Schaepf. , pi. 1. — 7\ punctata. Gothwald. — Tortue tutélaire. Marsigli. — • La verte et jaune. Lacépède. — Tortue d'eau douce d 'Europe. Cuvier , Règn. anim. , tom. 2 > pag. 10. Du sous- genre Emys (Brongn.J. (f 180 ) La même espèce , dans son jeune âge : T. rotunda. lirai. y Lacépède, Daubenton, etc. — Monente Cl. Daudin. — Cette espèce se trouve dans les marais d'eau douce du Bas- Médoc ( Gironde ). Elle est surtout très-abondante aux envi- rons du village de Soulac , où on la prend assez facilement lorsqu'elle dort appuyée sur les morceaux de bois ou les herbes qui flottent à la surface de l'eau. Il faut s'en approcher avec précaution, parce qu'elle se laisse tomber comme une pierre au fond de l'eau , dès qu'elle s'aperçoit de quelque mouvement ou de quelque bruit. On ne peut la trouver que lorsque le soleil est très-ardent ; si le temps est couvert , on n'en aperçoit aucune. La ponte a lieu en Juin. Les œufs dont l'enveloppe est calcaire et assez forte , sont a peu-près gros comme des œufs de pigeon ;, mais leur forme est très-différente. Ils sont généralement si elliptiques , que , dans le plus grand nombre , il est presque impossible de distinguer le gros bout du petit. Ils sont en outre très-peu bombés dans leur milieu , de sorte qu'en ce sens ils sont presque cylindriques. En un mot , ils rappellent absolument la forme des œufs de croco- dile. Leur surface est très-lisse. — L'an dernier, au mois de Juin, j'apportai, par eau, dans un panier, une paire de ces tortues adultes , de Soulac a Bordeaux. La femelle pon- dit , pendant le trajet , cinq œufs , qui ne furent point brisés , quoiqu'il n'y eût point de paille dans le panier , et malgré les mouvemens presque continuels de ces animaux. Cette espèce est une de celles dont les mouvemens sont le plus vifs , à terre , car elle nage lentement. J'en mis cinq , grandes ou petites , dans le bassin du jardin botanique. Elles se sont toutes échappées. M. le comte de Raymond, qui en avait mis une quinzaine dans un vivier, les aurait déjà toutes perdues , si les paysans n'avaient le soin de les lui rapporter , quand on les rencontre dans les champs et ( 181 ) dans les vignes , à une distance souvent fort grande du vivier. On peut presque dire qu'elles cornent au lieu de marcher. Leur queue , qui est toute noire , très-mince et excessivement longue , est toujours étendue quand elles mar- chent. Ce n'est que lorsqu'elles se renferment sous leur carapace qu'elles y rappellent aussi leur queue. J'en ai de jeunes qui sont glandes au plus comme une de nos an- ciennes pièces de douze sols. Elles sont alors tout-a-fait rondes. La carapace est brune , bordée de jaune , et toute granuleuse ; les yeux excessivement gros et saillans , et la queue plus longue que la carapace. A cette époque , on peut déjà les dessécher et les vernir ; mais la carapace se gripe un peu , et perd sa forme également bombée , pour paraître fortement carénée au milieu. Dans un âge plus avancé , lorsque la tortue a atteint 1 5 a 1 8 lignes de long , la dessication n'altère plus sa forme. C'est alors qu'on voit paraître les lignes jaunes rayonnantes qui partent dû centre granuleux des écailles , et qui ne se voient que sur leur partie lisse , c'est-à-dire , sur les accroissemens successifs. La partie rudimentaire , celle qui couvrait seule le jeune animal à la sortie de l'œuf, reste toujours granuleuse. Je possède un individu de deux pouces de long , dont la ca- rapace , encore presque ronde , est chargée de 1 4 écailles au heu de 1 3 , 4 sur chaque côté , et 6 en longueur. Les autres individus , à la .vérité plus jeunes , ne m'offrent pas cette i4' me plaque, qui est à peu-près eptagonale , et se trouve entre la i. re et la 2. me en partant de la queue. Je n'ai pas en ce moment d'individus adultes sous les yeux , de sorte que je ne puis voir si cette i\.™ e plaque se re- trouve fréquemment. La queue de l'animal adulte est proportionnellement moins longue que dans son jeune âge \ elle n'a plus que ( i8a ) la moitié de la longueur de la carapace. Celle-ci , a me- sure que l'animal vieillit, perd sa forme ronde pour de- venir elliptique. On ne peut donner aucune description bien précise de la couleur de la carapace. Elle varie dans les individus de même âge et de même taille. En général, elle noircit en vieillissant ; d'autres fois elle est dîme couleur olivâtre foncée, avec ou sans mélange de jaune. M. de Raymond a observé qu'a Soulac , où le fond du terrain est bour- beux , ces tortues sont généralement noires ; et qu'au Ver- don , où il est sablonneux , leur couleur tire davantage sur le brun et le jaune. Nous avons , M. de Raymond et moi , conservé long- temps de jeunes tortues de cette espèce dans des bocaux à poissons rouges. Elles dormaient presque continuellement en hiver , et se tenaient a la surface de l'eau , les pattes , la tête et la queue étendues. J'en ai gardé une pendant six mois sans pouvoir réussir a la faire manger ; elle est morte au bout de N ce temps sans avoir grossi. Elle se remuait très-peu , même lorsque les poissons rouges essayeaint de mordre ses pattes , sa queue ou son museau. Une de celles de M. de Raymond était au contraire très-active et très- éveillée. Dès que les froids cessèrent, elle commença à manger avidement les mouches qu'on jetait sur l'eau après les avoir froissées pour leur ôter la liberté de voler. Elle prenait une sorte d'élan , en se reculant un peu , et les saisissait d'un air vorace. Quand la mouche n'entrait pas toute .entière dans sa gueule , elle cherchait à se débarrasser des ailes et des pattes au moyen de ses griffes. Cinq a six mouches formaient pour elle un repas très-copieux ; mais elle les refusait quand elles étaient mortes depuis un certain temps. Cette petite tortue a péri par accident, au bout de ( iÔ3 ) neuf mois , sans avoir grossi. M. de Raymond n'a pas essayé de lui faire manger du pain , ni de la salade ; mais elle allait rapidement chercher au fond de l'eau les petits morceaux de viande bouillie ou rôtie qu'on lui jetait. Elle paraissait douée d'une certaine intelligence , et susceptible d'une sorte d'édu- cation : dès qu'elle voyait M. de Raymond s'approcher du bocal en tenant une mouche , elle relevait la tête , et se mettait comme en arrêt pour saisir sa proie aussitôt qu'elle serait tombée dans le vase. Les plus gros individus que nous ayons trouvés , n'avaient guère que 7 pouces de long. Les plaques marginales sont toujours au nombre de 25. Nota. Il est possible que la Tortue bourbeuse, la plus commune de celle d'Europe , se trouve dans les marais qui séparent la rive droite de la Gironde de la Seudre , et par conséquent dans l'arrondissement subsidiaire des études de la Société Linnéenne. J'en ai vu à la Rochelle plusieurs individus pris à Marennes. 2.° La Grenouille ponctuée. Bory de St-Vincent, dict. class. dliist. nat. , tom. 7, pag. 497 • — Rana punctata , Daudin. — Cette espèce , décrite comme rare , et trouvée dans les environs de Paris par M. Defrance , me paraît fort rare à Bordeaux ; du moins je n'en ai observé qu'un seul in- dividu dans les sablières de Terre-Nègre 7 près de l'ancien cimetière romain , dans l'enceinte même de Bordeaux. Ce terrain est extrêmement sec ; mais il y a dans les bas-fonds quelques petites mares qui se dessèchent en été. — Je l'ai rencontrée au mois de Mai. On la reconnaît facilement à sa peau d'un gris cendré , parsemée de verrues d'un vert d'éme- raude , plus foncées dans leur milieu. Elle est très-agile. 3.° Le Crapaud sonnant ou pluvial. Bory de St.-Vin- cent, dict. class. dliist. nat., tom. 5, pag. 28. — Bufo ( i84) hombinus. Daudin, pi. 26, f. i-3. — Crapaud h ventre jaune. Cuvier, Règn. anim. , tom. 2, pag. 96. — ■ Bufo igneus. Laurenti, Amph. n.° i3. — Crapaud couleur de feu. Encycl., rept. , pag. i3 , pi. 6 , fig. 5-6. — Rana Bom- bina. Gmelin. Cette jolie espèce , décrite , par M. Bory de St.-Vincent comme très-commune dans nos Landes , me paraît ne pas se trouver très-fréquemment dans les autres parties du Dépar- tement. Je l'ai rencontrée dans le fond , un peu marécageux , d'une sablière , à la Roque-d'Arvayres , près Libourne , au bord de la nouvelle grande route de Bordeaux à Paris. Je l'ai retrouvée aussi dans les petites mares, en Périgord. L'agilité de ce petit animal , et les belles couleurs dont la partie inférieure de son corps est ornée , suffisent pour le dis- tinguer , a la première vue de tous nos autres crapauds. JJ est décrit avec la plus parfaite exactitude par M. Bory de St- Vincent. 4-° Pendant l'impression de cet article , un hasard aussi heureux qu'imprévu a mis la Société Linnéenne à même d'ajouter une nouvelUe annonce à celles des raretés erpéto- logiques du département. Le 9 Juin 1826, entre 7 et 8 heures du soir, l'équipage d'une petite chaloupe a harponné avec autant de bonheur gué de hardiesse, mie tortue luth, Testudo coriacea, Linn., enti'e la tour de Cordouan et la pointe de la Coubre ( dépar- tement de la Charente-Inférieure ). Cette espèce^, qui habite la Méditerranée et l'Océan atlantique , n'a été trouvée que très-rarement sur les côtes occidentales de la France, fin en cite un individu pris, en 1772 , dans la rivière de Nantes. Celui qui nous occupe offre , pour ainsi dire , les plus belles proportions de son espèce. Elles ont été mesurées avec le plus grand soin par notre zélé collègue , M. Alfred de Boislandry. ( i85.) Cette tortue , lorsqu'elle eut été blessée une première fois , s'échappa en plongeant. Une demi-heure après , elle reparut vers l'avant de la chaloupe , et fut attaquée de nouveau. Le harpon lui perça le cou de part en paît. Pendant qu'on la hissait a bord , elle se débattait, au moyen de sa queue et des nageoires , avec une telle force , que les matelots crai- gnaient qu'elle ne brisât les bordages. Ses mouvemens conti- nuèrent , sur le pont , avec mie telle violence , que les mate- lots essayèrent de l'assommer , en la frappant sur le crâne. Ils ne purent y réussir complètement , car elle ne mourut que le dimanche soir , après avoir mugi effroyablement depuis sa blessure. On a remarqué aussi que sa bouche exhalait alors une odeur fétide , comme le dit M. Bosc , d'après Lafont. La description de cette espèce, donnée par M. Bosc dans \e nouveau dictionnaire d'histoire naturelle , t. 34, p. 267, convient parfaitement à notre individu , sauf l'omission d'un caractère remarquable. Toute sa partie inférieure (plastron, ^orge , queue et nageoires ) est marbrée de blanc et denoir , à peu-près comme la peau d'un serpent. La figure qui accom- pagne la description de M. Bosc, ( pi. r. 8, fig. 3), ne donne qu'une idée très-inexacte de cette espèce remarquable. L'individu qui nous occupe a été apporté à Bordeaux ; la Société Linnéenhe souhaiterait vivement que l'administration du Musée ne laissât pas échapper l'occasion , peut - être unique d'ajouter a la collection de la ville un objet aussi rare et aussi précieux. Poids de l'individu , de 6 a 700 kil. (12a 1 4 cents livres ). Longueur totale, du bout du museau à l'extrémité de la queue , 2 m. 28 cent. ( 7 pieds. ) Longueur de la carapace , y compris son prolongement , I. m. 48 c. (4- p- 6. p. 6 1.). Longueur de la tête et du col, o m. 47 c. ( 1 p. 5 p. 4 !-)• ( i86) Longueur de la queue , o m. 46 c. ( i. p. 5 p.). Longueur de la nageoire antérieure, i m. 09c. (3. p. 4 p- 31.) Longueur de la nageoire postérieure, ora. 67 c. (2 p. op. 9I.). Circonférence totale , 2 m. 32 c. (7 p. 1 p. 8 1. ). Circonférence de la gorge , 1 m. (3 p. o p. 1 1 1. ). Ch. Des Moulins. MAMMALOGIE. Notice en réfutation de la non existence de la Licorne ( 1 ). L'homme est naturellement porté a révoquer en doute ce qu'il ne peut concevoir , parce que son esprit , humilié de la sphère étroite de ses connaissances , voudrait voir les bornes de la puissance créatrice , la où sont les limites rapprochées de la faiblesse humaine ; puis tirant de ce faux principe des con- séquences analogues , aussitôt qu'il a douté , il a décidé , aussitôt qu'il a décidé , il n'écoute plus , et tant est grande son erreur que bientôt il se fait une gloire de s'écarter de ( 1 ) Il y avait déjà plusieurs années que j'avais écrit cette notice à laquelle je ne pensais plus , lorsque quelques articles publiés dans les journaux et communiqués à la Société Liunéenne par quelques-uns de mes honorables collègues, renouvelèrent mon attention sur la Li- corne , et me rappelèrent celte même notice dont je donnai lecture dans la séance du 8 Juillet dernier. Contre mon attente , l'impression en fut demandée. Je dois dire qu'en me rendant à ce vœu j'ai cru ne devoir rien changer à mon article , écrit bien antérieurement à ceux que l'on vient de publier , et que , par cette raison , je n'ai pas dû citer, bien que plusieurs eussent fourni des preuves en fa veur de mon opinion. J.-F. Laterrade. ( »8 7 ) la vérité si elle est vulgaire , de la raison si elle n'est d'accord avec son orgueil, de tous ses semblables s'ils sont d'une opinion contraire à ce qu'il croit être le fruit de son génie. Et de la, des disputes littéraires, des assertions hardies, des négations mille fois plus pernicieuses a la science que le doute ; de là cette incrédulité , en histoire naturelle , qui fait nier l'existence des espèces qui ne sont pas parvenues jusqu a nous , et particulièrement celle d'un quadrupède dont nous allons nous occuper. Dire qu'il est possible qu'il y ait ou du moins qu'il y ait eu une Licorne terrestre , c'est vouloir s'écarter des connais- sances acquises , accréditer une fable absurde , en un mot se singulariser. Cependant si l'on parvient à démontrer que la description de cet animal n'a rien qui s'éloigne des lois ordi- naires de la nature , que plusieurs auteurs en ont fait men- tion, et qu'on n'a trouvé aucune preuve qui puisse dé- truire les idées que l'on s'en forme , on prouve l'existence de cet animal. Entreprenons d'éclaircir notre triple proposition. i.° La description de la Licorne n'a rien de fabuleux. Écoutons ses ennemis eux-mêmes. « On dit ( Dictionnaire des sciences ) que cet animal craintif, habitant le fond des forêts , portant au front une corne blanche de cinq pal- mes , de la taille du cheval , est d'un poil brun tirant sur le noir. » La difficulté ne peut tomber que sur cette longue corne dont est armé le front de notre quadrupède. Sa direction ho- rizontale , sa position , sa solitude , la forme de l'animal qui la porte , voilà , dira-t-on , ce qui n'est pas naturel. Mais alors la défense du narval , qui a jusqu'à quatorze pieds de long , qui a une direction horizontale , qui part de la mâchoire su- périeure , qui enfin appartient à un habitant des ondes , est bien moins naturelle encore. C'est cependant un cétacé sur l'existence duquel il n'y a plus de doute et qui est nombreux ( i88) dans les mers du Nord ; et le renard armé qu'a fait connaître M. Duhamel , d'après M. de Mannevillette , offre encore un phénomène non moins extraordinaire , puisqu'il a une corne petite à la vérité , mais placée sur le derrière de la tête : ca- ractère unique et tout-a-fait particulier a cette espèce. 2.° Plusieurs auteurs ont parlé de la Licorne. D'abord, si nous ouvrons les Livres Saints , nous verrons que David et les prophètes l'ont également connue ; mais comme les com- mentaires :\e parlent de cet animal que par rapport aux figu- res , ne s 'arrêtant nullement a ce qui appartient a l'histoire naturelle , nous respectons leur silence , nous négligeons une preuve qui seule suffirait peut-être a notre sujet. Il nous suffit de savoir qu'ils en ont fait mention. Pline , qu'on ne soupçonnera point de connivence avec les auteurs sacrés , donne une description de la Licorne dans son huitième h Nie , et ajoute qu'on ne peut la prendre vivante. Suivant Hyeronimus Lupus et Bathasar Tellez on trouve, en Abyssinie , un quadrupède de la taille du cheval et dont le front est armé d'une corne. Enfin le respectable Leibnitz annonce dans son Protogée , et d'après le témoignage du célèbre Othon Guérike , qu'en i633 on tira d'une carrière de pierres à chaux de la mon- tagne de Zeuniqueslbert, dans le territoire deQuedelimbourg, le squellette d'un quadrupède terrestre , accroupi sur les parties de derrière , mais dont la tête était élevée et qui portait au front une corne d'environ dix pieds , et terminée en pointe. Ce squelette fut cassé par les ouvriers , cependant la tête et quelques côtes furent envoyées a la princesse Abbesse. Ces détails sont accompagnés de la gravure {Pro- togea, pag. 63 et 64). 3.° On n'a trouvé encore aucune preuve suffisante de la lion-existence de la Licorne. Sa description n'a rien de fabu- ( 1% ) - leux, et nombre d'auteurs , en différens temps et chez différens peuples , en ont fait mention d'une manière positive comme nous venons de le voir. Qu'a-t on donc objecté encore ? Que les anciens ont accordé a la corne de notre quadrupède des pro^- priétés si extraordinaires et si ridicules que tout ce qui le con- cerne ne peut être qu'une fable. Quoi! il suffirait donc que le mensonge ou l'ignorance ajoutassent aux faits réels pour qu'ils ne fussent plus que des contes ; il suffirait que la malice ré- pandît le noir venin de la calomnie Sur l'auguste vérité pour qu'elle n'eût plus désormais aucun attrait ! Où en serions- nous alors ? Mais , sans nous écarter de notre sujet, quel est l'animal un peu extraordinaire sur lequel on n'a pas eu des soupçons , lorsque la nuit des temps l'a eu un peu éloigné de nous ? La Giraffe en est un exemple aussi sensible que récent ; le Mammouth , dont on a trouvé les restes , a détruit bien des raisonnemens , et les coquillages , dont on n'a pu encore déterminer leshabitans, nous disent avec une éloquence muette , mais irrésistible , que la nature perd en vieillissant. D'ailleurs les bézoards , auxquels on a attribué des propriétés pour le moins aussi peu véridiques qu'à la corne de la Li- corne , n'existent-ils pas ? N'en trouve-t-on pas encore , tous les jours , dans, les animaux qui habitent ces contrées brû- lantes oîi la chaleur donne au suc végétal une force qu'il n'a point dans les régions tempérées? Cependant il ne faut pas se le dissimuler , ce serait en vain que toute l'antiquité dé- poserait en faveur de cette production singulière , ce serait en vain que les cabinets l'offriraient aux amateurs , ces récits seraient faux , ces pierres seraient l'ouvrage d'un art impos- teur , si le fait ne se répétait encore ou si notre faiblesse n'eût pu l'apercevoir ! Objectera-t-on que les modernes n'ont point vu cet ani- mal ? Hé combien d'autres espèces qu'ils n'ont pas observées ! i3 ( i9° ) Les nouvelles découvertes le prouvent assez. D'ailleurs l'ha- bitation de la Licorne est l'intérieur de l'Afrique , et c'est précisément cette partie que nous ne connaissons pas ; et comme l'Afrique , de la même manière que les autres ré- gions , a vu s'augmenter chez elle le nombre des individus de l'espèce humaine , certains animaux ont bien pu paraître au- trefois jusques sur les côtes et s'être relégués ensuite dans le centre des forêts. Une multitude innombrable de faits sem- blables , assez connus , nous dispensent de nous appesantir sur celui-ci. Abrégeons , et sans nous arrêter à des discussions peu essentielles , abordons la grande preuve de la non-existence de la Licorne ; examinons attentivement et jugeons avec im- partialité. Depuis long-temps on montrait une défense de la nature de l'ivoire , blanche et cannelée , d'une longueur assez con- sidérable et terminée en pointe. On soutenait que c'était îa corne d'un quadrupède. Malgré toutes les recherches , on ne pouvait rien découvrir ; de jour en jour les défenses devenaient plus nombreuses , sans qu'aucune partie de l'ani- mal y fût jointe ; enfin on apporta à Wormius la tête du Narwal ; alors la question fut décidée , et parce que quel- ques personnes trop crédules avaient dit que ia dent d'un cétacée était la corne d'un quadrupède , on en conclut , mal- gré tous les autres témoignages, que la Licorne n'avait jamais «xisté ; et dès lors elle ne fut plus qu'un animal fabuleux , dont Kamper démontra mécaniquement la non-existence, ■Quoi qu'il en soit de la célébrité de ce grand anatomiste , nous ne citons pas sa démonstration, persuadé que les beautés de la nature et ses secrets admirables ne peuvent s'expliquer par les seules lois de la mécanique. Cependant on ne remarque pas que Wormius , prudent dans ses conséquences , est toujours dans le doute f qu'il ( *9* ) parle de la Licorne d'après la description qu'il en a en- tendu faire devant le roi de Qanemarck , par un ambas- sadeur du Congo ; que Gmelin n'est pas sûr que la LV corne fossile (Unicorne fossile ) , qu'on trouve quelquefois dans le sein de la terre , soit la défense du Narwal ; qu'enfin si le Narwal n'a été connu pour ainsi dire que depuis peu , la Licorne peut bien , après avoir été aperçue des anciens , /l'être pas encore parvenue jusqu'à nous. Enfin, n'est-ce pas le comble de l'erreur et de l'aveu- glement que de soutenir la non-existence de notre qua- drupède par l'existence du Narwal ? H faut avouer que c'est bien se cUssimuler la marche de la nature , qui semble se plaire à répéter dans chaque classe les animaux singuliers ? et que c'est regarder comme favorable à une opinion ce qui suffit presque pour la détruire. En effet, de même que l'Autruche chez les oiseaux, le Goffre bossu .parmi les ha- bitans des mers sont le représentant du Chameau , que le Zèbre poisson l'est du Zèbre quadrupède, ainsi la Licorne de mer prouve l'existence de la Licorne terrestre. Concluons donc , jusqu a ce que nous ayons des données plus certaines , que du moins cet animal a pu exister , qu'il est possible qu'il existe encore , et tenninons en disant avec l'immortel Buffon : « Ce n'est point en resserrant la sphère de la nature et » en la renfermant dans un cercle étroit qu'on pourra la » connaître ; ce n'est point en la faisant agir par des vues » particulières qu'on saura la juger, ni qu'on pourra la » deviner; et ce n'est point en lui prêtant nos idées » qu'on approfondira les desseins de son auteur ; au heu » de resserrer les limites de sa puissance , il faut les re- » culer ? les étendre jusque dans l'immensité: il ne faut ( !9 2 ) » rien voir d'impossible , s'attendre à tout , et supposer » que tout ce qui peut être, est. » (Bujfon, hist. nat., tom. 5 , pag. 102, édit. in-^. ^- AVIS. La Société Linnéenne a accrédité, dans sa séance publique du 29 Juin 1 826 , les collections suivantes : Entomologie , N.° 1 . M. Th. Roger , a Bordeaux. Conchyliologie , N.° 1. M. Ch. Des Moulins, vice-pré- sident , à Bordeaux. Ornithologie du Département , N.° x . M. H. le de Rabar, au château de Bomale , près Libourne. Anatomie comparée des Mammifères , N.° 1 . M. Billaudel , a Bordeaux. Les possesseurs de ces quatre collections ont été délégués y chacun pour la branche de la Zoologie à laquelle sa collection se rapporte , par acte de M. le Directeur , en date du 8 Juil- let 1826. B. d Teulere , secrétaire. GEOLOGIE. Découverte d'ossemens fossiles. Dans le mois de Janvier 1 826 , on a découvert au milieu des carrières en exploitation sur les bords de la Garonne , auprès de St.-Macaire, dans des bancs de calcaire grossier, une petite caverne remplie d'ossemens fossiles empâtés dans une terre argilo-sablonneuse. Nous avons reconnu dans ces ossemens, les débris de plusieurs hyènes, d'un blaireau, de ( i93 ) chevaux , de bœufs et d'autres animaux ; et nous nous pro- posons d'insérer un mémoire , accompagné de planches , sur ces produits géologiques , dans l'un des prochains numéros de ce Bulletin. BlLLAUDEL. Essai sur la détermination de quelques ossemens fossiles trouvés dans le département de la Gironde , et sur les conséquences de cette découverte ^ Les différentes branches de l'histoire naturelle ne peuvent faire de progrès que par le concours d'un grand nombre de co opérateurs. U n'est pas donné à tous les observateurs de se placer à la tête de la science , de l'embrasser dans son ensemble , et de porter le flambeau dans le dédale des temps d'ignorance. Quelques hommes distingués par une grande facilité de conception , par l'étendue de leurs vues , par la force de leur persévérance, joignant a des dons si rares le talent, peut-être plus rare , de savoir mettre a profit un concours de circons- tances favorables , sont appelés à ouvrir la marche. Sachons honorer ces bienfaiteurs de l'humanité. Quiconque a répandu de nouvelles lumières sur les sciences , contribue à l'amélioration de notre condition sociale. Tout s'enchaîne dans le domaine de l'intelligence ; les sciences spéculatives , quand elles ne seraient considérées que comme une exercice de raisonnement , auraient encore la plus grande part au bien-être de l'humanité. Mais il s'en faut que les sciences naturelles soient de purs délassemens pour l'esprit. Elles sont devenues le flambeau des arts ; elles découvrent et propagent des procédés utiles , et dans les lois organiques , dans les admirables mécanismes qui président à la vie végétale et animale , elles nous offrent ( *94) des modèles de tous les genres d'industrie et de perfection*» nement..On ne saurait trop le redire, nous n'inventons rien; nous parvenons à reconnaître , a noter, l'existence d'un phé- nomène, d'un agent naturel, nous l'imitons : nous sur- prenons une loi de la matière ou du mouvement , nous en faisons une application utile. La se bornent toutes nos créa- tions. Nous nous exerçons sur dès copies, mais combien nous demeurons loin de la perfection des originaux ! On ne peut plus désormais séparer l 'instruction littéraire de l'étude des sciences naturelles et de leurs principes géné- raux. Il n'y a pas ^ j'ose le dire , d'enseignement plus reb> gieux ; il n'y en a pas de plus propre a élever l'ame , à iexercër le jugement , à nourrir l'imagination , et a former le goût qui n'est en tout que l'appréciation des convenances et des justes proportions. Le constructeur, le mécanicien se préparent a leurs tra- vaux en acquérant dès connaissances théoriques. Mais la théo- rie est encore d'une application rare. La nature dans ses tfeuvres nous présente des séries d'exemples dont la succession comprend tous les cas et comme une Chaîne expérimentale non interrompue. J'avoue que je ne lis point les traités de physiologie ou d'anatomie comparée , sans être frappé de l'état d'imper- fection de nos arts auprès des moyens simples , complets ^ infaillibles , qui ont été mis en usage par le Créateur pour arriver à ses fins; Par exemple , M. Cuvier , dans son traité d'anatomie Corn*- parée ^ élèvera un monument que nos ingénieurs pourront , en tout temps consulter avec fruit. Ces rapports constans entre les organes internes et externes , entre les destinations des familles et les instrumens d'attaque et de défense dont lee individus sont pourvus ; cette proportion si parfaite qui fait ( »9*> que, par la seule inspection d'un os, d'une dent , ou parvient à reconnaître l'ordre , le genre , l'espèce , l'âge , la taille , les habitudes d'un animal, sont des résultats auxquels nos théo- ries de mécanique ne nous ont pas accoutumés. Nous ne serons en effet parvenus à quelque perfectibnv dans nos arts , que lorsque nous pourrons déterminer à priori les proportions exactes de nos machines et de nos construc- tions , lorsqu'au seul aspect du fragment d'un instrument ou de la pièce d'une mécanique , on pourra en reconnaître l'objet, la destination, ou la quantité de force motrice, la quantité d'action , et l'application. J'avais besoin de commencer par ces réflexions , la note que je viens soumettre à l'attention de mes Lecteurs. A quel titre osé-je les entretenir de géologie et d'anatomie Com- parée ? Est-ce k un constructeur qu'il appartient d'explorer les secrets de la nature ? Je prends la parole en homme qui sent son insuffisance , mais qui croit de son devoir d'étendre son instruction, et de faire part a la société des fait& qui peuvent l'intéresser. Humble ouvrier , je viens déposer le tribut de mon travail dans les mains de mes maîtres : ils le jugeront et l'utilise- ront s'ils le croient bon à quelque chose. Etranger à l'étude de l'anatomie , on voudra bien me par- donner les expressions impropres, les périphrases, les termes techniques détournés de leur véritable signification. Je § n ai pas l'ambition de paraître savoir ce que j'ignore ; mon seul but est de ne pas laisser périr , entre mes mains , des ma- tériaux qui , un jour peut-être , serviront à l'histoire de la géologie de cette contrée. Il est temps que chacun de nous s'applique à ces re- cherches. Notre Europe, jeune de science, est déjà vieille de sa vie sociale et physique. Combien de fouilles souter- ( "96 ) raines, de mines exploitées, de carrières épuisées, qui auraient fourni des matériaux à des observateurs éclairés , ont été ouvertes sans utilité dans nos longs siècles d'igno- rance ( i ) ! Quel avantage n'ont pas sur nous les habitans actuels de l'Amérique? Ils sont arrivés avec nos arts sur une terre vierge , et la rendent à la fois féconde en pro- ductions utiles et en découvertes scientifiques. Chez nous tout est altéré , modifié , métamorphosé , la nature ani- male , végétale , minérale. Nos antiquités ont disparu, nos monumens s'effacent, sans que nous ayons pris la peine même d'inscrire tant de précieux souvenirs dans nos fastes. Au reste , mon travail ne peut trouver son apologie que dans ses résultats. Si mes observations sont utiles , si mes conjectures sont justes , elles entreront dans le domaine de la science. Si elles sont fausses , on les redressera , j'ac- querrai de nouvelles lumières ; et dans l'un et l'autre cas , il sera résulté quelque avantage de mon travail. Mes essais, naïvement exposés , feront voir en quoi la marche expé- rimentale peut aider tous les observateurs ; mais aussi ils montreront combien les ressources scientifiques manquent en province , et ce qu'il serait à désirer que le gouver- nement et les administrateurs fissent pour le progrès des sciences dans les départemens , et par suite dans la ca- pitale. Coup -d'oeil sur la géologie de la Gironde. — La ( t ) Il y a à peine 60 ans que Voltaire attribuait à des pèlerins les coquilles que l'on trouve sur les plus hautes montagnes , et il n'y en a pas ^o , qu'à l'Académie royale des sciences on traitait de fables, les chûtes de pierres météoriques. Enfin, même après les travaux anatomiques de M. Cuvier , il se rencontre encore des hom- mes , d'ailleurs instruits ,. qui ajoutent foi anx os fossiles d'une raes de géants. .' ■ ( »97 ) géologie du département de la Gironde est un sujet neuf encore et qui mérite d'occuper l'attention des naturalistes. M. Ami Boue a donné , dans les Annales des sciences naturelles , une esquisse rapide de la distribution des roches dans la partie Sud-Ouest de la France ( Annales des sciences naturelles , tom. 2 et 3 ). M. Basterot a publié , dans un mémoire lu a l'Académie des sciences , la description d'une partie des coquilles fossiles qui se trouvent aux environ* de Bordeaux. M. Jouannet , dans le recueil de l'Académie des sciences de Bordeaux; , année 1 822 , a décrit quelques produits de la contrée appelée Landes de Bordeaux. Il a indiqué les princi- paux gisemens de coquilles fossiles , savoir : Saucats , Mar- tillac, Léognan, Mérignao, Illac, Saint-Médard , etc. M. Guilland , dans deux mémoires, l'un sur les minerais de fer des Landes , l'autre sur la géologie des environs de Castelnau de Même , arrondissement de Bazas , a abordé quelques-uns des points de la minéralogie et de la géologie du département. Les fouilles faites chez M. le duc Decazes , dans son do- maine de la Grave , près de Liboume , ont procuré des dé- bris de Paléothérium décrits dans les recherches sur les osse- mens fossiles par M. Cuvier. Les cabinets des naturalistes de Bordeaux , de MM. Jouan- net, Dargelas , Des Moulins, etc. renferment de précieuses collections de roches et de fossiles trouvés dans le département. Nous devons espérer qu'ils feront jouir le public de la des- cription de leurs richesses géologiques. Plusieurs autres naturalistes ou amateurs ont recueilli des productions minérales remarquables. Ainsi les carrières de Barsac et Saint-Macaire présentent souvent des côtes de cétacées, des dents de squales , des nau- tiles pétrifiés. ( i9$ ) On a découvert a Salles dans les Landes , outre lés coquille* fet les os de cétacées, une tête dont la famille et le genre mériteraient bien d'être étudiés et publiés par les curieux- dans les mains de qui elle est tombée. , Les grandes huîtres à bec , de Saint- Aubin , ( Entre-deux- Mers)y deBazas, etc. , les carapaces de tortue de Léognan, les sphérulites de Tahnont doivent être d'une autre époque géologique que la dent d'éléphant découverte cette année par M. Jouannet dans la sablière de Terre-Nègre , et décrite dans le recueil de l'Académie qui doit paraître en 1826. M. Guilland , capitaine d'artillerie , publiera sans doute les découvertes de fossiles qu'il a faites en différens lieux , tels qu'une dent de Pachyderme non ruminant ( de mastodonte ou de rhinocéros ) aux environs de Castelnau de Même , des ossemens de mammifères et de vertébrés ovipares dans le même gisement , d'autres ossemens également découverts par lui dans le ruisseau du Thus , au milieu des Landes-, entre Castelnau et Baulac» Enfin , des cornes de cerf ont été recueillies en différens points du département , entr 'autres dans les fouilles du canal qui a servi au dessèchement du marais de Rey cheville sur la Gironde. L'espèce de recensement que nous venons de présenter, a pour objet de faire voir combien les recherches pourraient être productives dans ce département. Comme il se trouve placé sur les derniers versans des Pyrénées , on y voit paraître , sous les terrains meubles d'aï- luvion qui renferment les fossiles , les terrains de formation secondaire. Les molasses se montrent à découvert a Tonneins , dans le département de Lot-et-Garonne et même jusqu'à la Réole , dans la Gironde et la Grave , près de Libourne. ( »99) ... &ur la rive gauche du bassin de l'a Garonne , on trouvé la chaux sulfatée a Tillet ; plus bas en descendant vers Bordeaux,, se présente à Saucats le caleaire d'eau douce alternant avec le calcaire grossier coquilles; A Salles , au-dessous du cal- caire grossier, se montre le lignite avec grès ; cette formation se retrouve à Fronsac et à Libourne , ainsi que l'annonce M. Ami Boue ( i ). Toute la rive droite de la Garonne dans le département de la Gironde , est composée de roches de calcaire grossier coquiller , qui s'exploite en matériaux pour les constructions publiques. Quoique ces bancs diffèrent beaucoup par la qua- lité et la résistance de la pierre qui les compose , on recon- naît qu'ils appartiennent a la même formation , quand on a égard aux espèces nombreuses de coquilles dont ils semblent entièrement formés ; ce sont des univalves , des bivalves j des ampullaires , des vis , des cônes , des turritelles , des céri- thes , des cardites , des cythérées , des donaces , des péton- 4 clés , des crassatelles , des ostracites , des madrépores , des oursins, etc. C'est par-dessus la formation du calcaire grossier, que s'ob^ servent les terrains d'alluvion ou de transport. ïïs sont com- posés sur les deux rives de la Garonne , de productions mi- nérales très-diverses et comme maniées ensemble par un courant puissant qu'accompagnaient des remous ou contre courans derrière les caps saulans , ( Voyez les cartes de la France par Cassini). Ainsi les couches qui ont été mises à nu par des tranchées de 20 a 25 pieds de hauteur , dans la con- trée appelée Entre-deux-Mers , comprise entre Bordeaux et ( 1 )Si nous avions parcouru la série dès roches , en commençant pat- tes plus anciennes ou les plus inférieures , nous aurions placé d'abord sous les yeux, la craie qui se trouve dans la Saintonge et se montre jusqu'au littoral de la Gironde , entre Talmont et Royan. ( 200 ) Libourne , sont un mélange indéfinissable de terres argileuses, de cailloux calcaires , crayeux , siliceux ; ici , de menu sable, là , d'une terre ocreuse ou marneuse , et de blocs de calcaire grossier dispersés dans ces masses , évidemment détachés de la formation à laquelle ils appartenaient , et roulés par les eaux. Au milieu de cette espèce de chaos dans lequel il serait difficile de distinguer les causes locales qui agissaient sur le grand courant , on saisit cependant des résultats qui paraissent provenir d'une influence plus générale et plus ma- nifeste. Ainsi on peut remarquer que sur la Dordogne , à partir de Libourne , et sur la Garonne , à partir de Langon , les amas de cailloux siliceux roulés se sont principalement formés sur la rive gauche des deux fleuves. Les gravières de Vayres qui ont jusqu'à 3o pieds de hauteur , celles de St- Loubès et d'Ambarès , d'une part ; d'autre part , le sol gra- veleux de Barsac , les sablières de Bordeaux et les mamelons à cailloux siliceux du Médoc , sont dans une situation qui vient à l'appui de notre assertion. Par une disposition in- verse , c'est la rive droite des deux fleuves sur laquelle sem- ble s'être accumulée et élevée la formation du calcaire grossier , et c'est la que sont placées , en effet , toutes les carrières de pierre à bâtir , depuis Fronsac jusqu'à Blaye , et depuis la Réole jusqu'à Cambes. C'est aussi sur la rive gauche de la Garonne que se ren- contrent les dépôts de coquilles fossiles mentionnés par M. Jouannet, et en partie décrits par M. Basterot. Mais c'est à la rive droite de la Dordogne qu'appartiennent les curieux débris de mammifères trouvés dans le domaine de M. le duc Decazes. Et c'est aussi sur la rive droite de la Garonne , que l'on a découvert les ossemens fossiles qui font l'objet de cette notice. En mentionnant la hauteur a laquelle ils étaient enfouis , nous la comparerons avec celle des dépôts coquillers ( 201 ) de la rive gauche , sans prétendre pourtant en tirer des con- séquences bien rigoureuses. On conçoit que les dépôts for- més dans un lac profond ou dans un vaste cornant peuvent provenir de la même cause , quoique correspondans a des nivaux divers qui représentaient l'état variable du fond, au moment de leur formation. Gisement. — Les carrières ouvertes dans les bancs de ce calcaire grossier coquiller , que M. Ami Boue compare à celui de Paris , ont , comme l'annonce ce naturaliste , jusqu'à 20 et 24 pieds de hauteur. La pierre y est disposée par lits à peu près horizontaux, à S.t-Macaire, à Langon, à Barsac, sur la rive droite et la rive gauche de la Garonne. Ces lits ont de o , 3o c à o , 4o c d'épaisseur. Ils sont séparés par des couches de pierres moins dures , plus altérables à l'air , et présentent dans leur stratification des lacunes , cavités ou petites cavernes rem- plies d'amas de terre argileuse plus ou moins mêlée de sable siliceux. Le lit supérieur , ou ciel de la carrière , est un rocher de même nature , mais plus divisible et décomposé en feuillets minces ainsi que nous l'avons déjà dit. Il semble qu'au mo- ment de la fusion générale de la roche , la pâte qui était plus voisine du dehors ait été plutôt refroidie , ou qu étant moins chargée à cause du retrait d'une partie des eaux , elle ait pris moins de force de cohésion. Sous la formation du calcaire gros- sier, au fond de la carrière, on rencontre ordinairement une couche de sable , au contact de laquelle se découvrent le plus souvent les restes fossiles des ce lacées . Là commence sans doute la formation de molasse , ainsi que l'expose M. Ami Boue. En Janvier 1 826 , les ouvriers ayant ouvert un chantier d'exploitation au milieu du rocher , au pied de l'ancien ma- noir de l'Avison, près de S.MVIacaire , à 25 m environ, au- dessus des basses eaux de la Garonne , commençaient à atta- quer les parties latérales de cette tranchée. En levant un bloc ( 202 ) àe pierre placé a l'Ouest de la carrière , ils découvrirent un« cavité remplie de terre et dossemens tellement enveloppés et pressés par cette gangue terreuse , qu'on ne put vider cette petite caverne qu'en y ouvrant une fouille à coup de pioche. Les ossemens se sont ainsi trouvés en partie brisés , et jetés confusément avec les débris de pierre de la carrière, La cavité était recouverte d'un banc de rocher, d'environ 70 e d'épaisseur; par dessus reposent les lames de pierres ap- pçléesfeuillards sur i m de hauteur; et sur le tout, de 60 à 80 e d'épaisseur d'une terre meuble ou végétale dans laquelle croît la vigne. La caverne était de forme irrégulière , ayant 2 m à2 m 35 e (Je longueur, environ i m de largeur au milieu, et seulement o m 5o c à. son ouverture dirigée vers l'est, c 'est- a-dire vers l'origine du bassin de la Garonne , et a l'opposé du courant de cette rivière. Cette cavité se rétrécissait sur le derrière , de manière à n'avoir plus que o, 20 e de largeur. Elle était accompagnée de deux espèces de petites chambres ou fissures latérale? de 20 ou 3o c de largeur au plus avec des renfoncemens uri peu plus évasés. La hauteur de la caverne était également irrégulière , de 80 e sur le devant et environ de 2 m à son ex- trémité postérieure,. Tout l'espace vide dont nous venons de parler (la chambre principale et les deux cavités latérales ) était rempli et d'osse?» jnens et d'une terre rousse très.-compacte. Etat fossile. — Les os paraissent y avoir été confusément ;niêlés lors de l'introduction de la terre , car les parties conti- giïes du même animai ou d'animaux semblables , telles que les mâchoires supérieure et inférieure , se trouvaient indis- tinctement placées , ou à l'entrée ou dans les chambres laté- rales de la caverne , dans le bas ou vers le haut. (203) : Les ossemens étaient presque tous brisés. Cependant noua avons recueilli de volumineux fémurs et humérus (de bœuf) encore entiers. En les rompant, leur canal méduiaire s'est trouvé vide, avec toutes les cellules bien conservées. Dans les , os fracturés dès l'origine , ce canal a été rempli par la gangue terreuse ; elle s'est infiltrée dans les racines des dents , autour des os maxillaires , dans les cavités du crâne , etc. Des dents très-petites (blaireau) , des os plus délicats encore sont restés sans altération. Leurs extrémités n'auraient pu manquer de s'arrondir et de s'émousser , si ces os avaient été roulés long- temps par les eaux. Nous examinerons plus loin la question de «avoir s'ils ont été surpris en place par une inondation qui aurait rempli d'un limon sablonneux la caverne , ainsi que semble l'indiquer l'éclat, la parfaite conservation et la viva- cité des arêtes des dents , figurées planche i. re , de H i ai Les dents et les os des mâchoires ont en général pris une teinte légèrement jaunâtre ; cependant celles de H i a H 7 ont conservé leur blancheur. Les os de carnivores semblent avoir éprouvé moins d'altération que les os d'herbivores. La plupart de ceux-ci ont leurs têtes , leurs condyles , et en général leurs masses celluleuses et leurs arêtes presque tou-* jours usées , altérées , émoussées. Cet état peut tenir a plu- sieurs causes que nous n'entreprenons pas de rechercher en ce moment. Soumise à l'action du feu sur des charbons ardens , la ma- tière de ces os a développé une odeur animale prononcée et s'est noircie; placée dans de l'acide nitrique étendu d'eau, une partie du phosphate de chaux dissous a laissé a nu une substance gélatineuse assez abondante , autant que nous erç avons pu juger par comparaison avec des os frais. On sait 4'aûlfiurs que les fabricans de noir animal ne dédaignent pa« (204) les os qui sont restés plusieurs années enfouis dans la terre ( i ) , et que la partie animale s'y conserve pendant un laps de temps dont les ossemens fossiles n'ont pas même permis d'entrevoir le terme. Quoique pourvue encore de matière animale , la substance des os est fragile : dans quelques-uns , ( qui paraissent avoir été placés plus près de l'ouverture ) , elle a pris une teinte grisâtre , et s'est couverte de quelques filamens de crypto- games. Enfin , certaines parties ont pris plus de dureté , comme si elles avaient été pénétrées de sucs lapidifiques. La gangue terreuse est rousse ; elle fait une effervescence abon- dante avec l'acide nitrique , et donne un résidu de grains siliceux qui va jusqu'aux deux tiers de son volume. Elle contient , mais rarement , des cailloux de la grosseur d'un grain de poivre et d'une noisette , et ça et là on y rencontre quelques galettes de calcaire coquiller qui semblent avoir été introduits avec elles dans les eaux. Sur des charbons incan- descens, elle n'a donné ni odeur animale , ni résidu noirâtre, etne contient par conséquent aucun reste de matière animale. Description des ossemens, et classification des es- pèces d'animaux. — Les premiers ossemens qui me furent envoyés , consistaient dans une portion de mâchoire (fig. H 1) et dans un fémur très-volumineux. ( i ) J'ai recueilli dans les sablières de Terre- Nègre , des ossemens humains provenant des antiques sépultures des Bituriges-Vivisques. Suivant les observations de M. Jouannet, ces tombeaux datent durè- gne d'Adrien, etc. , et remontent par conséquent à 17 siècles envi- ron. Les os couverts de sable et gravier, enfouis à 4 ou 5 pieds sous le sol actuel , étaient jaunâtres , légers , poreux , les dents intactes et brillantes dans leur émail . La matière de ces os s'est comportée comme celle de nos fossiles. Sur des charbons incandescens, elle a noirci et a développé l'odeuranimale. Dans l'acide nitrique, elle alaissé paraître la gélatine avec autant d'abondance que les fossiles de St.-Macaire, ( 205 ) A quels animaux appartenaient ces ossemens, a quelle épo- que fallait-il les rapporter ? Les questions se pressaient en foule. Sort-ce bien , me disait-on , des ossemens fossiles ? La question pouvait embarrasser mon ignorance. Mais il était fa- cile de juger que ce netait qu'une discussion de mots qui de- vait s'évanouir a la simple lecture des ouvrages de géologie. En effet , dans le Dictionnaire des sciences naturelles , publié par les professeurs du Jardin des plantes en 1820 et 1821 , on trouve la définition suivante du fossile : « On donne en général le nom de fossile aux substances » qui se trouvent dans le sein de la terre. Mais cette défini- » tion ne s'entend ici que des corps qui ont vécu a différentes » époques , tellement éloignées de nous , que nous n'avons » aucune donnée pour en connaître l'ancienneté. » Les ossemens recueillis étaient donc de vrais fossiles ; il est vrai qu'en considérant la troncature de toutes les dents qui appartiennent a la mâchoire figure H 1 , on insistait en m'ob- servant qu'elle aurait pu appartenir à un animal qui aurait été dompté par l'homme et privé de ses armes les plus dan- gereuses , tel qu'une hyène. Mais d'abord il est évident qu'il ne suffirait pas de limer l'extrémité des dents d'une hyène pour être à l'abri de ses morsures et de la vigoureuse attaque de ses mâchoires , qui ont une telle force , que l'hyène ne lâche jamais prise. Delà s'est établi chez les Arabes , selon M. Cuvier , un proverbe dans lequel on compare un opiniâtre a une tête d'hyène. Au reste , l'usure des dents elle-même avec le temps , et d'autres causes pouvaient avoir opéré cette troncature , et devaient éloigner tout-a-fait l'idée qu'elle fût le résultat des précautions prises par l'homme contre un animal qu'on avait voulu dompter , a une époque où les Romains , par exemple , 4 < 206 ) se plaisaient à faire paraître dans leurs jeux, les bêtes les plus -féroces et les plus extraordinaires. Il faut observer , en effet , que les dents , surtout celles des animaux carnivores , s'usent moins par l'application et le frottement des supérieures contre les inférieures , que par les efforts que fait l'animal pour la trituration des alimens et par la corrosion qu'exerce sur leur éaiail le contact des os qu'il broie. Voila pourquoi les petites dents , telles que les pre- mières molaires qui se touchent à peine de leurs pointes ien avoir amené ce résultat, Il ne m'était pas difficile , avec l'ouvrage si méthodique et si clair de M. Cuvier sur le Règne animal , de reconnaître dans cette mâchoire ( fig» H 1 ) le caractère d'un carnassier camivore digitigrade. Avec quelques têtes de chats et de chiens que je m'étais procurées , je trouvai bientôt que le { 1 } J'ai eu souvent occasion de remarquer un effet semblable h Bordeaux, dans les manivelles enfer des puits dont les axes sont usas jusqu'à moitié de leur diamètre par le seul frottement des main*. ( 20 7 ) genre de l'animal inconnu n'appartenait ni à l'un ni a l'autre de ceux-ci. Pour m'en assurer davantage, j'examinai avec soin les dents des tigres et des lions exposés dans le cabinet d'histoire naturelle de Bordeaux , même celles des têtes en plâtre qui figurent dans le Musée de sculpture et de peinture de la ville. En effet , les artistes qui aspirent à se distinguer par leurs œuvres ne négligent dans leurs compositions aucun détail , et savent qu'avant tout il faut être vrai et imiter fidè- lement la nature. De ces premières études j'arrivai aux com-r paraisons avec les planches consignées dans l'ouvrage de M. Cuvier , intitulé : Recherches sur les ossemens fossiles , i. re édition , 181 2. Cet exemplaire , le seul qui se trouve a la bibliothèque de la ville ( et qui , par les soins et la bien- veillance de M. Monbalon , bibliothécaire , a été mis a ma disposition ) , renferme , tom. 4 •> 4* e partie , mémoires 2 et 3, deux planches où sont représentés des fragmens de mâchoire inférieure d'hyène fossile , quelques dents et os du même animal , et enfin un crâne complet de l'espèce d'hyène vi* vante, appelée hyène du Levant. Ayant reçu dans deux envois successifs de nouveaux pro- duits fossiles de la caverne que j'avais pris le soin de visiter et de reconnaître , je distinguai des espèces appartenant a deux classes d'animaux bien différentes et par leurs proportions et par leurs habitudes , savoir , des carnassiers et des pachy- dermes.. Si on compare les débris figurés dans les planches de M. Cuvier avec ceux qui sont représentés dans les figures H i , H 2 , H 3 , #4 , H 5 , H 6 , H 7 , H 8 , de la planche i,« jointe à -ce mémoire , on sera convaincu de l'identité par- faite de ces fragmens avec ceux des hyènes fossiles trouvées dans les cavernes de Gaylenruth, Muggendorf, Canstadt { en Allemagne ) , Fouvent près Gray ( en France ) , dont ( 2o8 ) 1M. Cuvier donne la description et les dessins. Notre figure H i , mise à côté de la figure i . re de M. Cuvier qui repré- sente la tête d'hyène vivante , dispose à reconnaître avec ce savant et profond naturaliste , que la mâchoire de l'hyène fossile était plus camuse que celle de l'hyène vivante. En effet , le bord antérieur de l'orbite de l'oeil correspond à l'a- plomb du milieu de la 3. c fausse molaire environ , tandis que dans l'hyène vivante il semble être un peu en arrière de cette ligne. La figure H 4 est évidemment la 3. e fausse molaire a droite de la mâchoire supérieure ; la figure // 7 pourrait être la 2. e fausse molaire dune mâchoire inférieure a gauche, et la figure H 6 celle d'une 3. e fausse molaire de la mâchoire supérieure aussi à gauche. Nous aurions donc des dents qui auraient appartenu à une autre mâchoire supérieure que celle qui se trouve H i . Les figures H 2 , H 3 , qui appartiennent toutes deux d'ail- leurs à des fragmens de mâchoire inférieure gauche , prou- vent suffisamment qu'il y avait dans la caverne des portions du squelette de deux hyènes au moins ; l'une d'elles ( figure H i , H 2 , H 5 ) était beaucoup plus forte que l'autre ( H 3 ). La mâchoire H % a de hauteur au-dessous du collet de la seconde molaire.. o, o43. La mâchoire H 3 n'a que. o, 028. La mâchoire d'hyène vivante au même point d'a- près le dessin de M. Cuvier, a 0,024. Enfin celle d'hyène fossile représentée par le mê- me auteur, fig. i. re (3. e mémoire,) n'a que o,o38. L'hyène de la figure H 2 devait donc avoir des propor- tions considérables. Pour en juger, prenons encore le rap- port de la longueur de ses dents avec celles des hyènes vivantes et fossiles de Gaylenruht. ( 2°9 ) DENTS. HYÈNE TlViBTI. Hyène fossile DE Ga ylenruth . HYÈNE DE la fig #3. HYÈNE DE la fig. //a. Longueur de la dem. molaire. , 02a. , o35. » » Idem de la pé- nultième O, 022. , 026. 0,023 */ a 0, 026. Idem de l'anté- pénultième... O, 020. 0, 022. O, 023. O , 023. Idem delapre- O, Ol5. 0, 017. O, Ol8. 0,018. Ce rapprochement montre déjà que nos hyènes fossiles sont de la même espèce que celle que décrit M. Cuvier , et bien plus grandes que l'espèce vivante. Tout porte à croire que le fragment H 3 est d'un individu qui n'avait pas encore pris toute sa croissance , comme on peut en juger soit par la hauteur de la mâchoire , soit par le peu de développe- ment qu'avaient reçu la i. re et la 3. e fausses molaires, tandis que la 2. e était déjà très-forte ; soit encore par l'intégrité de l'extrémité de ses dents et la conservation plus parfaite de leur émail et de la substance de l'os maxillaire , qui dans la mâchoire de la figure H 2 ont moins de lustre et sont plus fendillés. La longueur totale des trois premières molaires est dans la figure H 3 de o, °58. Et dans la figure H 2 de.... o, o63. La même dimension prise sur les deux figures de mâchoire fossile selon M. Cuvier est d'une part , fi- gure 1 4 ( mémoire 2. e ),de '. o, o58. Figure i ; re (mémoire 3. e ), environ o, o5g. Ainsi notre hyène fossile de la figure H 2 était a tous égards plus forte que celle que M. Cuvier trouve bien supérieure % l'hyène vivante. (310) Cet âutettf p rôtivé que l'hyène fossile , si elle pouvait êtte comparée à l'une des hyènes vivantes , a son type j non dans* l'hyène du Levant 1 mais dans lliyène du Cap. Comme dans cette hyène , les fausses molaires ( figures H i , H 2 , H 3 ) sont grosses , uniques! , et n'ont pas c'es lobes latéraux qui tes alongent dans l'hyène vulgaire ou l'hyène du Levant. Ajoutons avec M. Cuvier que la ressemblance des dents ne prouvé pas identité parfaite d'espèces , qu'il peut y avoir des différences dans le squelette et dans les tégumens. La figure H 8 offre une dent dont 1 email , la forme , l'état de conservation et la troncature se rapportent exactement avec toutes les parties des mâchoires d'hyène. Mais quelle est cette dent ? A sa racine droite on juge qu'elle a dû être implantée dans une alvéole profonde et dans une mâchoire épaisse* Elle aurait pu faire partie des incisives. Cependant elle ne ressemble pas a la dent h 5 qui nous a paru être la première incisive supérieure droite de l'hyène* Serait-ce la première incisive dépendante de la mâchoire inférieure a droite ? Nous sommes portés a le croire ; seules ment la tête de chat que nous avons sous les yeux a des proportions trop petites , pour servir d'objet de comparaison. Elle appartient d'ailleurs à un autre genre. Nous laissons donc aux anatomistes à décider ce point. ( 1 ). ( 1 ) Un plus ample examen m'a convaincu que cette dent est la i. r « incisive inférieure à droite ,• ainsi que je l'ai supposé. Sa racine de forme triangulaire , droite et forte , devait être implantée dans un os épais ; or, des deux mâchoires , la supérieure présente moins de pro- fondeur en ligne droite , à raison de la proximité des fosses nasales. On reconnaît cette différence en mettant en regard"*, suivant leuf profil, les os maxillaires supérieur et inférieur. Une autre preuve directe m 'a été fournie par une pâte molle qui, étant introduite dans l'alvéole de la première incisive inférieure d'une mâchoire de chien {211 ) La figure H 5 est celle d'une canine tronquée qui pouvait appartenu - a l'alvéole à droite de la mâchoire figure H i . Nous nous en sommes assurés en la rapprochant et la collant contre la parois de cette alvéole , de manière à connaître la corres- pondance de ses formes et de ses parties avec celle de la dent i ( figure H \ ). La petite dent h 7 est évidemment la symétrique de celle qui porte la lettre k , figure H 1 ; elle formait la première molaire a droite d'une mâchoire supérieure. Les dents représentées figures h 1 , /& 2 , /* 3 , A 4 ? A 5', h 6 , h 7 , ont leur émail frais , leur substance osseuse blan- che et point jaunâtre comme celles que nous venons d'exa- miner. Leurs pointes sont entières , toutes leurs arêtes vives, leurs formes nettement dessinées. Les parties des racines brisées font voir que l'épaisseur de la partie osseuse n'a que */3 de millimètre d'épaisseur ou moins encore. Toute la cavité des dents se trouve remplie par la gangue terreuse. Le» formes si bien conservées de ces organes m'avaient d'abord persuadé qu'ils n'appartenaient point à la même espèce ni au même genre que ceux retrouvés dans les figures de H I à H 8. J étais même demeuré quelque temps dans la pensée que ces débris provenaient d'un animal du genre chat (J'élis); mais il m'a été facile de me détromper aussitôt que j'ai pu avoir communication de l'ouvrage de M. Guvier et consulter ses figures. Il suffit, en effet, de comparer la dent figure h 1 avec celle dont la dent manquait, m'a rapporté les formes droites et triangu- laires de la racine H 8. Mes doutes se sont enfin dissipés en visitant le cabinet d'histoire naturelle, où les premières incisives inférieures du loup, du tigre du lion, se sont trouvées de forme semblable à celle-ci, quoique beaucoup moins fortes qu'elle. ( 212 ) de la figure 5, planche i. re (mémoire 3. e de M. Cuvier), pour reconnaître leur identité et voir quelles appartiennent toutes deux au même animal y c'est-à-dire , a l'hyène. Le lobe postérieur est dans l'un et dans l'autre également émoussé ou tronqué obliquement, tandis que dans les Je lis il forme une pointe proéminente , comme cela se voit d'ailleurs à l'inspec- tion de la mâchoire supérieure du chat domestique. De même la dent h 4 vue en dedans, n'est autre chose que la 3. e fausse molaire inférieure a gauche de l'hyène ; c'est la même dent que l'on voit extérieurement en b figure H i et en a figure H 3. Les dents des figures h i , h 3 , sont les deux canines supérieures ( ou plutôt inférieures , à raison de leur courbure) de droite et de gauche. La dent h 5 est la première incisive supérieure à droite du même animal. La dent h 6 est sans doute ime de ses incisives , et la dent h 7 est la première fausse molaire supérieure à droite. Nous avons désigné par la lettre k toutes ces dents que nous croyons appartenir au même animal, pour les distinguer, à raison de leur parfaite conservation, de la similitude et de l'éclat de leur émail, de la vivacité de leurs arêtes , des dents gui appartiennent aux figures de la lettre //. Peut-être la dent de la figure 116 devrait-elle être rangée dans la même catégorie ; car elle a aussi ses formes bien tranchées , sa sub- stance osseuse mince , le noyau creux et rempli de terre ; elle ne diffère de celles de la lettre h que par une couleur un peu plus jaunâtre qui paraît provenir de la gangue argileuse dans laquelle elle était probablement plus particulièrement plongée , tandis que sur d'autres points cette gangue est sablonneuse et par conséquent moins pénétrante. Cette dent a sa substance osseuse d'une épaisseur moindre de l L ou de '/ 5 de niillimètre vers les parties a a ( fig. H 6. ) ( ai3 ) Ainsi , en récapitulant , nous possédons d'une mâchoire supérieure d'hyène en un ou plusieurs fragmens : Les six molaires supérieures ; Une carnassière entière h i de la même mâchoire , un fragment ( a figure H \ ) de la carnassière correspondante ; Deux fragmens de mâchoire inférieure qui ont appartenu à des individus d'âge et de force bien différens , les deux ca- nines d'une mâchoire inférieure , sa première incisive ; enfin II 4 unc autre dent qui appartenait à un troisième individu , puisqu'elle devait occuper la place de deux dents que nous voyons déjà ( figures S 2 , H 3: ) La portion de mâchoire inférieure ( figure Si), même planche , appartenait aussi à un carnassier Carnivore. Ses quatre fausses molaires , sa carnassière extrêmement tuber- culeuse sur le derrière , excluent les putois , les mouffettes et les loutres , et pourraient le ranger parmi les martes pro- prement dites. Nous aurions pu incliner à le placer parmi les civettes , « qui ont , dit M. Cuvier , quatre fausses molaires » en bas et deux tubercules saillans au côté interne de leur » carnassière inférieure en avant ; le reste de cette dent étant » plus ou moins tuberculeux. » Mais les blaireaux ont aussi quatre fausses molaires inférieures et unc carnassière pour- vue a son bord interne de deux tubercules aussi élevés que son tranchant. L'incertitude aurait été difficilement levée par vin étudiant sans un secours étranger , si , dans son ouvrage sur les ossemens fossiles , M. Cuvier n'avait donné les figures publiées par M. Frédéric Cuvier pour la distinction des car- nivores d'après leurs mâchoires. De toutes ces figures , celle qui se rapproche le plus de la figure B 1 appartient au blaireau ; on en voit d'ailleurs un débris fossile semblable au nôtre dans la planche de M.' Cuvier, qui représente les fossiles des environs de Paris. ( «4 ) DEUXIÈME PARTIE. Dans la première partie de ce mémoire , nous avons fait en sorte de donner la preuve du soin avec lequel nous avons procédé a la détermination des os fossiles qui y sont décrits. Nous nous sommes aidés de la comparaison avec les descriptions publiées par M. Cuvier, et nous avons accompagné notre texte de quelques figures, afin de rendre les rapprochemens plus faciles et moins équivoques. Mais la grande quantité d'ossemens que nous avons ex- traite de la caverne de Saint-Macaire à différentes reprises , nous obligerait à des détails longs et hors de leur place , s'il fallait discuter ici la désignation spécifique de chaque pièce. Le lecteur trouvera bon que nous présentions seulement d'une manière sommaire dans le tableau suivant , tous les moyens de comparaison sur lesquels nous avons établi notre conviction ( i ). Ênumération des ossemens fossiles recueillis dans la caverne de l'Avison, près Saint-Macaire , en Janvier 1826. ( Consultez les planches I et II ). Genre Taupe. — Deux portions d'os maxillaire inférieur , et d'humérus. Preuves. — Comparaison directe avec les os pareils d'une taupe commune. Ressemblance parfaite dans les formes, et égalité dans les proportions. Malgré la conviction que ce rap- prochement a dû porter dans notre esprit , nous avons hésité- ( 1 ) On verra que l'ouvrage de M Buckland intitulé : Reliquice Diluvianœ ( dont nous devons la communication à la bienveillance d'un ami) nous a été d'un grand secours dans cette seconde partie. Nous y avons puisé sans réserve tous les faits qui nous ont para propres à éclairer le sujet dont nous n'avions pu tracer qu'une faible esquisse. quelque temps a nommer ces débris , parce qu'il n'est pas Venu a notre connaissance qu'on ait trouvé ailleurs des restes du genre taupe parmi les ossemens fossiles. Il est vrai que la faiblesse de la mâchoire et la vigueur de l'humérus, sont les deux caractères les plus saillans du squelette de la taupe. Genre Blaireau. — Les deux os de la mâchoire infé- rieure , dont un entier ( planche i . re , figure B i ). Un frag- ment du tibia ?.... Une portion du cubitus, du pubis, etc. Taille du blaireau commun. Preuves. — La détermination des dents de blaireau s'est faite au moyen de la planche relative aux dents des mammi- fères en général , contenue dans la i . re édition des Recher- ches sur les ossemens fossiles , par M. Cuvier. On ne pré- sente la spécification des autres os que d'une manière dou- teuse et seulement d'après l'analogie des proportions. Genre Chien ou Hyène. — La seconde fausse molaire de la mâchoire inférieure ( Voy. pi. II , fig. 5 ). Taille du loup commun. Preuves. — Cette dent a de la ressemblance avec celle du chien et du loup ; mais il se pourrait aussi qu'elle fût une molaire de très- jeune hyène , car elle a beaucoup de rapport avec celle de la fig. i5, pi. 6, de M. Bucklandf Reliquiœ diluvianœ ). Peut-être faudra-t-il supprimer le genre chien de nos os fossiles. Genre Hyène — Mâchoire supérieure ( pi. I, fig. 77 i ). Trois os maxillaires inférieurs renfermant des fausses molaires ( H i , H 3 ). Un os maxillaire inférieur avec sa carnassière ; trois carnassières inférieures détachées ; une carnassière su- périeure détachée ; une autre qui n'était pas encore sortie de ( *l6) son os maxillaire. Plusieurs canines et fausses molaires sé- parées ( pi. 1 ) ; les deux tiers d'un fémur ; un tibia presque entier ; quatre portions d'humérus ; un radius entier ; la tête d'un cubitus ; un calcanéum ? un pubis ? La taille de ces animaux est inférieure et supérieure a celle des hyènes décrites par M. Cuvier ; leurs proportions parais- sent dépendre de l'âge respectif des individus. Pi*euves. — La détermination des dents d? hyène s a eu lieu au moyen des descriptions et des planches consignées dans les ouvrages de M. Cuvier , et par le rapprochement avec les dents des autres animaux carnivores qui se voient au cabinet d'histoire naturelle de Bordeaux. On a eu soin de s'aider de la comparaison avec des têtes de chiens et de chats. Les os ont été déterminés au moyen du squelette entier d'une louve qu'on avait préparé a cet effet. Genre Chat ou Hyène. — Une boîte crânienne compre- nant les os pariétaux et temporaux de la proportion de celle d'un loup au-dessus de la taille ordinaire (voy. pi. II , fig. I et 2). L'hyène est l'animal dont nous retrouvons les parties les plus intactes et les plus variées. Nous avons lieu de croire que le squelette d'une jeune hyène a été enfoui en entier dans la grotte. C'est a cet individu qu'aurait appartenu cette boîte crânienne. En effet , les os élémentaires s'y trouvent désunis , leurs sutures ne sont point formées , et leur substance osseuse est encore cellulcuse et très-légère, comme cela se remarque dans tous les animaux qui n'onfpas pris leur crois- sance entière. Preuves. — On donne comme très-douteuse la spécifica- tion des parties attribuées aux genres chien et chat. Afin que la question puisse être résolue par les savons, on a représenté { 2i7 ) (pi. II , fig. i , 2 et 5 ) la dent supposée du chien et la boîtç crânienne rapportée a un grand chat. Tous nos doutes au- raient été prévenus probablement, si nous avions pu recueillir les ossemens en grand nombre que l'ignorance des ouvriers a mis à la disposition d'un fabricant de noir animal. Genre Campagnol. — Nombre de petites dents molaires; fragmens de mâchoires avec leurs mâchelières et leurs inci- sives. Un cubitus et quantité de fragmens d'os , d'âge diffé- rent, car il en est dont le canal médullaire est presqu 'obstrué, Deux espèces. Tailles du rat d'eau et du campagnol ordinaire. Preuves. — Comparaison avec des squelettes de rongeurs ( lapins , rats , souris ) , et conformité avec des ossemens frais de mêmes tailles et de mêmes genres. Dents mâchelières formées de 5 ou 6 prismes triangulaires à couronne plate , placés alternativement sur deux lignes. On verra plus bas comment s'explique le mélange des débris de ces animaux avec ceux des hyènes. Genre Cochon. — Deux grosses mâchelières a couronne tuberculeuse appartenant à un sanglier, et une portion de l'os maxillaire inférieur avec des dents incisives. Taille du cochon commun. Preuves. — Pour connaître le genre auquel appartenaient ces dents , on les a rapprochées de celles d'une mâchoire de cochon , et cette comparaison a donné aussitôt les moyens de détermination les plus précis. Genre Cheval. — Des dents molaires et incisives. Pro- portions de notre cheval. Preuves. — Pour nous assurer de l'exactitude de la dé- termination des dents de cheval, nous nous sommes aidés < «»> de la comparaison directe , et des lumières de M. Olivcau , artiste vétérinaire à Bordeaux , à qui nous adressons ici l'ex- pression de nos remercîmens. Nous devons aussi le même témoignage à l'obligeance de M. Lassobe , dont le magasin d'os pour la fabrication du noir animal a été pour nous comme xm cabinet d'anatomie comparée , qui a singulièrement facilité nos recherches. Genre Cerf. — Plusieurs dents molaires appartenant à différentes espèces. Preuves. — Déterminées par la ressemblance parfaite aveo les fig. i3 , i4 , pL 8 , et fig. i , 2 , pL g , de l'ouvrage de M. Buckland ( Reliquiœ diluvianœ J, Genre Bœuf. — Des dents molaires et incisives , des frag- mens d'os maxillaires armés de leurs dents , plusieurs hu- mérus , un fémur entier ; un grand nombre d'astragales , des vertèbres , deux omoplates , des radius , des cubitus , des paiiies de côtes ; divers os du carpe et du métacarpe , du tarse et du métatarse. Proportions identiques avec celles de notre boeuf. Preuves. — La détermination des dents de bœuf s'est faite par les moyens indiqués à l'article cheval. Nous ajouterons que le premier humérus qui était tombé dans nos mains nous ayant paru appartenir à l'espèce de cet animal que nous pouvions observer chaque jour sur le port de Bordeaux, nous en avons obtenu bientôt une démonstration satisfai- sante. Vhumérus ayant été présenté dans un abattoir, on nous a fait voir aussitôt un humérus de bœuf, frais , par- faitement semblable et égal à celui qui avait été enfoui dans la terre depuis des milliers d'années. A la même espè6e°se rapportent, dit-on , les os fossiles des tourbières ( Nouveau dictionnaire des sciences naturelles ), ( 219 ) Même genre. — Bes dents de lait. Un astragale? Preuves. — Enfin c'est par la même voie de comparaison directe que nous avons établi la présence de dents prove- nant d'un jeune bœuf ou d'un veau. Nous en avons fait préparer une tête , et nous avons reconnu que les dents por- taient les lames saillantes internes qui nous avaient d'abord frappé dans les dents fossiles. Oiseaux. — Un fémur intact, appartenant à un oiseau de la grosseur d'une caille ( voj. pi. II , fîg. 4 )• Preuves. — Comparaison par ressemblance avec le fémur A f? />->. Ws: s 6. S ; ri ' i A-7- „ l,»iJUi & è- WLc f ■ * S _ ~ X, v/6 : 4l/ '-h: ( 235 ) Ossemetîs fossiles de Saint-Macaire. Planche 2. me Fig. i et 2. Tête d'une assez grande espèce de chat? de grandeur naturelle , vue par derrière et de côté. Il se pourrait que ce crâne eût appartenu à une jeune hyène . L'instinct carnassier de ces animaux n'est pas moindre de celui du genre chat , et la pièce anatomique qui est sous nos yeux a tous ses os élémentaires séparés et d'une substance très-celluleuse comme dans le premier âge. Fig. 4- Fémur d'oiseau de grandeur naturelle , distingué de celui des quadrupèdes , parce que le condjle externe a porte une gorge ou gouttière qui le bifurque. Fig. 5. Dent molaire appartenant à une espèce du genre chien? de grandeur naturelle. Peut-être la 2.* fausse molaire gauche ? Cette dent a beaucoup de ressemblance avec celle qui se voit fig. 1 5 , 'pi. 6 de l'ouvrage de M. Buckland ( Reliquiœ diluvianœ ). Elle aurait été l'une des molaires de Yhyène très-jeune dont le crâne est représenté ici fig. i et 2. Fig. 6 et 7. Mâchoire supérieure d'un campagnol , vue de côté et en plan, de grandeur naturelle. Proportions du rat d'eau. On ne voit que deux molaires de part et d'autre , la 3. e manquait à ce débris. Fig. 8. Plan de la couronne de la première molaire de la mâchoire précédente grossie dans la proportion de cinq fois ses dimensions naturelles, a devant, h derrière. Fig. Q. Plan de la 1 . re molaire d'une mâchoire inférieure de campagnol , de la taille dune souris , grossie à raison de cinq fois ses dimensions naturelles. a devant , b derrière. ( a36 ) Fîg. io. Plan de la grotte ou caverne dans laquelle étaient enfouis les ossemens fossiles et dont l'ouverture est tournée vers l'est, aa , petite chambre latérale et fissure. Echelle de o m 01 pour un mette. Fig. 1 1 . Coupe locale du rocher de calcaire grossier coquiller dans lequel la grotte était creusée naturellement. Échelle de o m 01 pour mètre. A sable marin. BB couche de calcaire grossier compact. C cal- caire grossier plus friable qui se divise en lames et que les ouvriers , par cette raison , appellent feuillard. D terrain d'alluvion composé de galets , de sable siliceux mêlé d'une terre argilo- sabloneuse , et planté de vignes. E coupe de la grotte dont on voit le plan fîg. i o. Fig. 3. Coupe de la vallée de la Garonne entre les villes de Saint-Macaire et de Langon , sur laquelle on a rapporté hypothétiquement les différentes for- mations ou dépôts qui s'observent dans le dépar- tement de la Gironde , et qui ont été signalés par MM. Jouannet , Des Moulins , Ami Boue , Guil- land, etc. A a. Craie. Se montre à Talmont et Royan , rive droite de la Gironde près de son embouchure a la mer. Ne reparaît plus qu'au pied des Pyrénées , sur la rive gauche de l'Adour. Corps organiques : sphé- rulites , madrépores , orthocératites , huîtres , peignes , oursins , nummulites. Bb. Lignite de Yargile plastique observée B sous la molasse à la Grave , près Liboume ; et b sous le grès à Béliet et Salles , dans les Landes. Ce. Molasse. Reconnue a Blaye et à la Grave avec os- ( 23 7 ) semens de quadrupèdes (i) {patœotherium, etc.), de crocodiles et de tortues. Représentée dans les landes c par les blocs de grès au milieu d'une couche arénacée. Dd, Calcaire grossier coquillier. En évidence a la Roque de-Tau et sur toute la rive droite de la Garonne et de la Dordogne , dans le Département de la Gironde. Caractérisé par les coquilles marines et par les débris de cétacés , les dents de squales, etc. , qui se trouvent le plus ordinairement dans la cou- che de contact du calcaire et de la molasse, d se voit a Saint-Médard en Jalle , et surtout a Salles , avec une abondance extraordinaire de coquilles et d'ossemens de cétacés mal cimentés. JE. Calcaire d'eau douce de Bazas , de Saucats, etc., avec bulimes , lymnées , piano rbes , etc. F. Couche gypseuse des environs de Castel - Jaloux .( Lot-et-Garonne ). G. Marne d'eau douce superposée au gypse. H h . Diluvium . Alluvions formées de galets , sables, etc . , provenant sans doute du cataclysme qui a englouti les ossemens de l'Avison , de Castelnau de Même , de Terre-Nègre (hyènes, éléphans, rhinocéros, bœufs, chevaux, cerfs, blaireaux, rats, etc. ). C'est au-dessous de cette couche et au-dessus du calcaire grossier qu'est le dépôt dejalun à co- quilles marines , ( Saucats , Mérignac , l'hôpital du Ha , Terre-Nègre ) les bancs d'huîtres de Bazas, Saint- Aubin, Sainte-Croix-du-Mont, Beauséjour près la Réole , etc. (i) Selon M. Ami Boue , An. des se. nat. , tom. 4> P a g- I2 ^. Ce gisement mérite un nouvel examen. 16 ( 2 38) K. Alluvium. Alluvions modernes dont est formé le sol de la plaine. Elles se composent d'un mélange d'argile et de sable , et recèlent des couches de bois carbonisé , des cornes de cerf, etc. (à Bey- chevelle sur la Gironde , dans la vallée de l'Isle , etc. ). O. Caverne ou grotte de l'Avison , a 1 5 m d'élévation au- dessus des plus hautes eaux connues du fleuve , et à 6o m environ de hauteur au-dessus du niveau moyen de l'Océan sur les côtes du golfe de Gas- cogne , et dont les marées se font sentir précisé- ment jusqu'au lieu où a été prise la coupe de la vallée représentée dans cette figure. M. Niveau des eaux ordinaires de la Garonne. N. Niveau des plus hautes crues connues de la Garonne. P. Niveau qu'a dû atteindre au moins le courant qui a englouti les ossemeus fossiles. O KK. Est la ligne de la rive droite du fleuve. Nota. Les masses de rochers semblent s'être appuyées sur la rive droite du bassin et plonger sous la rive gauche , exem- ple : les bancs de calcaire grossier dans la Gironde , et de molasse dans le Lot-et-Garonne; a la vérité, devant Langon on voit , sur la rive gauche , un promontoire saillant de cal- caire grossier qui semble être le résultat dune érosion. Dans cette figure 3 , l'échelle des largeurs est d'un centi- mètre pour 2oo m , et l'échelle des hauteurs d'un centimètre pour 10 mètres. ERRATUM. L'explication de la planche i. re ( 6g. h 6 ) donne pour une incisive une denl qui est parfaitement semblable à celle de la Cg. ig, pi. 6 de M. Buckland. Or , cet auteur la présente comme une canine de très- jeune hyène. Il faut en conséquence rectifier notre désignation. e l'Ianrhe II tifr / 9. >/ GhastLi. tfWiw** fa&éVt 3\M^ IM.hicIk- II. (23 9 ) Notice géologique sur le terrain de Saucats ( dépar- tement de la Gironde ) ; par M. Guilland, correspon- dant. Le village de Saucats , près de Bordeaux , est devenu célèbre en géologie par ses belles coquilles fossiles. Le ter- rain de ce village est d'ailleurs remarquable par la succession des coquilles marines et des coquilles d'eau douce dans les couches qui le composent , et surtout par le mélange de ces deux classes de coquilles dans quelques-unes de ces couches. Je m'étais proposé , en conséquence , de décrire ce terrain dans les plus grands détails , et j'avais déjà pris quelques notes , lorsque j'ai été obligé de quitter Bordeaux. N'espé- rant pas pouvoir achever mon travail , je donne ici ces notes tout incomplètes qu'elles sont , parce que j'ai remarqué que, dans les descriptions qu'on a déjà données du terrain qui en est l'objet , on a omis les deux couches supérieures qui sont cependant fort remarquables. Saucats est situé sur un petit ruisseau à quatre lieues au Sud de Bordeaux. Les couches du terrain, depuis celle qui est a la superficie jusqu'aux plus profondes qu'aient mises à découvert les eaux du ruisseau, et les différentes excavations qu'on y a pratiquées , appartiennent à cette classe qu'on a appelée terrain tertiaire , et elles peuvent se grouper en deux systèmes bien distincts. Le plus inférieur est composé du calcaire grossier coquil- lier , et le supérieur d'un calcaire plus ou moins marneux , divisé en couches alternativement a coquilles d'eau douce et à coquilles marines. Le premier système peut se subdiviser en trois parties principales. ( *4<> ) l.° La plus inférieure est un calcaire dur et grenu, dans lequel les coquilles sont toutes marines et si nombreuses , qu'on pourrait le regarder comme composé de coquilles ag- glutinées par un ciment calcaire. On le trouve près du ruisseau , sur la rive gauche , au-dessus du village , a l'en- droit qu'on nomme , je crois , le Moulin du Château» 2.° La partie qui est au-dessus est une marne friable mêlée d'une assez grande quantité de sable , et dans la- quelle on trouve une multitude de coquilles toutes marines très-bien conservées. On la voit sur la rive droite du ruis- seau, presque vis-à-vis du gisement que je viens d'indi- quer pour la partie inférieure ; et il est facile de recon- naître sa position sur cette partie soit en cet endroit , soit plus bas sur les bords du ruisseau. 3.° Enfin, la partie supérieure est une marne blanche plus consistante et plus dure que la précédente , et qui contient une immense quantité de coquilles fossiles toutes maxùnes très-bien conservées et dont quelques-unes ont en- core leur éclat nacré. Le nouveau réservoir de M. Piot a été creusé dans ce falun , et les déblais qu'on en a tirés , ont servi à l'engrais des champs voisins. Je crois cette partie supérieure à la seconde , quoique je ne l'aie vue nulle part reposer directement sur elle. Au reste, je crois qu'elles passent de l'une a l'autre et ne font qu'un seul groupe : une marne calcaire friable , toujours placée sur le cal- caire dur qui en forme une autre. Je ne fais qu'indiquer ce premier système que je n'ai pas étudié dans ses détails, et j'arrive au système supérieur. On a reconnu ce système sur les deux rives du ruisseau , à vingt ou trente pieds au-dessus du fond de son lit , sur une assez grande étendue près du moulin de l'église. (2/fl ) On voit en plusieurs endroits sa superposition sur le sys- tème inférieur. La roche sur laquelle il repose , est mêlée d'une grande quantité de coquilles marines : c'est une marne sablonneuse assez dure , qui me paraît appartenir à la partie inférieure du premier système ( voy. N.° i ). Dans une carrière située sur la rive droite du ruisseau et un peu au-dessus du moulin , ce système supérieur est com- posé des couches suivantes : i ,° La plus inférieure est un calcaire assez dur , gris brcchitique , ou plutôt porphyrique , à noyaux noirs géné- ralement irréguliers , plus ou moins petits , quelquefois très- gros ; plus ou moins nombreux , et formant quelquefois la partie principale de la roche ; donnant enfin une couleur tigrée a l'ensemble de la couche. La partie inférieure de cette couche renferme des amas de coquilles marines dont un grand nombre n'a plus que le moule intérieur. La partie supérieure contient des planorbes à test blan- châtre. Quelquefois cette partie paraît comme composée d'une multitude de grains ou petits nodules à moitié for- més, très-durs, compactes, noirâtres ou jaunâtres , et agglu- tinés ensemble ; mais cette roche est néanmoins simple dans sa composition , et l'aspect qu'elle présente peut être regardé comme dû à la tendance qu'avait la matière qui la compose à se former en grains isolés. C'est comme une for- mation en grains restée imparfaite. Rarement les coquilles d'eau douce sont tout-à-fait mê- lées aux coquilles marines. Cette couche est terminée supérieurement par un mince lit d'un calcaire dur , compacte , remarquable par la série des zones de différentes couleurs , quoique de même nature , qu'il présente à sa cassure. Son épaisseur est de deux lignes environ. (MO Cette couche forme le fond de la carrière ; elle s'élève cependant au-dessus d'environ un pied. 2. La couche qui vient ensuite est un calcaire que j'ap- pelle grume lé , parce qu'il est entièrement composé de petits grains ou nodules peu adhérens ensemble. Sa couleur est un gris bleuâtre , mêlé de taches jaunes. II contient des planorbes a test blanchâtre assez grands. Quelquefois dans la longueur de la couche ce calcaire se change en une masse Verdâtre non grumelée. D'autres fois , il passe a une roche très-dure , uniforme dans sa structure, un vrai calcaire compacte. Cette dernière roche prend elle-même parfois une texture bréchitique ou plutôt porphyrique , contenant des noyaux noirâtres qui lui donnent un aspect tigré. Mais lorsque la couche contient beaucoup de coquilles , sa structure est uniforme , et sa couleur d'un gris bleuâtre sans taches. Elle est percée de petites cavités irrégulières , dont la surface est recouverte d'un enduit rougeâtre. Elle répand , quand on la casse , une odeur un peu fétide. Son épaisseur est de 9 a 10 pouces. Elle est terminée supérieurement par un calcaire dur com- pacte et zôné , comme celui qui termine la couche précé- dente , mais il forme ici une couche d'environ deux pouces. Il est dur , d'une couleur grise , fendillé et tendant à se diviser en fragmens , coloré en j aune-rouge âtre sur les fissures. 3.° La couche placée au-dessus de celle que je viens de décrire est essentiellement composée d'une argile noirâtre , d'un aspect bitumineux et semblable à un limon desséché. Cette argile occupe la partie supérieure de la couche , et passe insensiblement de haut en bas à une marne argileuse gru- melée , contenant des nodules ou grumaux jaunes ou (243) blancs ; ces derniers sont souvent géodiques , mais pleins ou vides : ils sont toujours plus argileux que les jaunes. Cette marne passe souvent dans la longueur de la couche à une marne très-tendre , contenant des parties plus dures , irrégulièrement arrondies. Lepaisseur totale de la couche est un' pied et demi. Quelquefois la marne grumelée manque entièrement ; mais on remarque une dégradation de haut en bas dans l'intensité de la teinte de l'argile noirâtre qui n'a alors que 9 pouces d'épaisseur. Cette argile contient aussi des nodules ( ou pièces séparées) assez gros , durs , de couleur foncée , brune ou violette. J'y ai trouvé un planorbe; mais les coquilles y sont très- rares. 4-° La couche la plus supérieure est une marne calcaire , presque toujours friable , contenant de petites cérithes en immense quantité. La manie semble n'être là que comme un ciment qui lie les cérithes et d'autres coquilles marines qui se trouvent également dans cette couche , telles que quelques espèces de cythérées et de petites bivalves de la famille des Vénus. Son épaisseur n'est en général que de 6 à 7 pouces. Il existait en 1825 (la dernière fois que je visitai Saucats) une autre carrière beaucoup moins étendue , une simple excavation , sur la rive gauche du ruisseau , tout près du moulin , à peu-près vis-à-vis celle que je viens de décrire , et environ à la même hauteur. i.° La couche la plus inférieure est une brèche calcaire dure , grise , on jaunâtre , à gros fragmens ( ou parties se— parées ) et contenant des noyaux noirs , ou d'un brun foncé , dont la grosseur est très-variable ; tantôt ils sont gros et irré- guliers , tantôt très-petits , arrondis et plus rapprochés , et donnant quelquefois à la roche une couleur tigrée. ( ^44) Cette couche , qui forme le fond de l'excavation , s'élève encore au-dessus d'un pied et demi environ. Le calcaire dont elle est composée paraît être le même que celui qui forme la partie supérieure de la première couche et la partie infé- rieure de la deuxième , dans la carrière précédente. 2.° La couche qui lui est superposée est une argile noirâ- tre , semblable à un limon desséché ; elle est absolument identique avec la partie supérieure de la troisième couche de la première carrière. Hauteur : deux a trois pieds. 3.° Celle qui vient ensuite est une marne calcaire , con- tenant une multitude de petites cérithes avec des espèces de cythérées assez grandes et d'autres bivalves d'un genre voisin. Cette couche est absolument la même que la quatrième de la première carrière ; mais la , elle forme la couche superfi- cielle , tandis que dans l'excavation que je décris elle est re- couverte par deux autres. 4-° La première est une marne argileuse peu dure , ten- dant à se diviser en fragmens rhomboïdaux , contenant çà et la quelques géodes ou nodules plus argileux que le reste , et mêlée de petites coquilles turriculées comme celles de Cas- telnau etdeBazas, et qui sont, je crois, des bulimes ou des paludines. On y trouve encore des planorbes et de très-petits moules qui y sont assez abondans , que je n'ai vus que la et qui caractérisent bien cette couche. Toutes ces coquilles ont un test blanchâtre. J'ai trouvé aussi une cérithe dans le bas de cette couche» 5.° Enfin la dernière couche est un sable argileux , jau- nâtre , meuble , contenant des coquilles marines , principale- ment des univalves , peu nombreuses , mais très-bien conser- vées. J'y ai surtout remarqué de très-beaux casques. La hauteur de cette couche est de deux à trois pieds. (^45) Telles sont les deux couches qui manquent dans la car- rière de la rive droite et que je n'ai vues décrites nulle part. Elles sont cependant.rernarquables par la différence des co- quilles qu'elles contiennent. La plus inférieure , posée sur une marne marine , ne contient que des coquilles d'eau douce , et on ne trouve dans celle qui est au-dessus que des coquilles marines ; de telle sorte qu'en rapprochant le terrain des deux carrières , on trouve sur une hauteur de quelques pieds : Une couche marine ; Une couche d'eau douce ; Une couche marine ; Une couche d'eau douce ; Une couche marine. Néanmoins , je comprendrai dans une seule formation ( que j'appellerai lacustre ) ces diverses couches, quoiqu'elles soient alternativement mêlées ds coquilles marines et d'eau douce , parce que le nombre de ces alternats et la faible épaisseur des couches me paraissent annoncer une espèce de périodicité , et par conséquent indiquer qu'une même cause a dû ramener après un certain temps les couches ana- logues ( i ). En conséquence , en résumant ce que j'ai dit et en sui- vant les couches du haut en bas , nous aurons : Système supérieur , on formation lacustre. Sable argileux , jaunâtre , à coquilles marines. Épaisseur : deux a trois pieds. ( i ) N. B. Je ne prétends ici qu'indiquer le motif qui m'a fait réunir les couches en une seule formation, et non pas celui qui m'a fait donner à cette formation le nom de lacustre, nom qui ne ser- vira, si l'on veut, qu'à rappeler qu'elle contient des coquilles d'eau douce, tandis que celle qui est au-dessous n'eu contient pas- ( ap ) Manie argileuse , blanchâtre , mêlée de bulimes ou palu- dines , planorbes et d'une espèce de moules qui caractérise cette formation. Epaisseur : deux pieds. Marne calcaire mêlée d'une multitude de petites cérithes. Epaisseur : de six pouces à un pied. Argile noirâtre semblable à un limon desséché, sans coquilles. Au-dessous : marne argileuse , grumelée , blanchâtre. Epaisseur : de un a trois pieds. Calcaire zôné , dur et compacte. Au-dessous : calcaire grumelé passant tantôt a un cal- caire compacte , tantôt à un calcaire porphyrique. Epais- seur : neuf a dix pouces. Calcaire bréchitique ou porphyrique a noyaux noirs, sou- vent très-nombreux , contenant des coquilles d'eau douce et des coquilles marines quelquefois mêlées ensemble , mais ordinairement séparées ; les coquilles d'eau douce dans le haut et les marines dans le bas. Système inférieur, ou formation marine. Marne très-blanche , douce et consistante , contenant une immense quantité de coquilles fossiles. Marne friable , mêlée de beaucoup de sable , contenant également de nombreuses coquilles. Calcaire grossier coquillier, dur et grenu, agglutinant une très- grande quantité de coquilles. (47 ) BOTANIQUE Mémoire sur les proportions relatives des espèces de plantes découvertes dans le rayon de la Flore Bor- delaise , et groupées en familles naturelles. L'observation physiologique et anatomique des êtres en apparence les moins parfaits , ne peut manquer de nous pé- nétrer d'une religieuse admiration. Il faudrait être dépourvu de toute intelligence , pour ne pas rapporter à une providence supérieure l'établissement des lois qui président à la con- servation des individus et a la multiplication des espèces. Cependant on est loin d'avoir épuisé l'étude des lois natu- relles , quand on s'est borné à l'examen approfondi de cha- cune des parties de ce vaste emsemble. D'autres lois aussi propres a exciter notre étonnement , se manifestent dans le rapport des êtres entr'eux. On sait tout le parti que l'on a tiré pour le perfectionne- ment des sciences économiques etpolitiqncs , des tableaux de naissances et de mortalité. Ces tableaux ont aussi présenté des faits curieux qu'on n'a point expliqués , tels que la supé- riorité numérique des garçons sur les filles , etc. , etc. C'est à des investigations de cette nature , que les bran- ches multipliées de la physique ont dû leur origine. Ainsi, dans la chimie , dans la théorie de l'électricité , de la lu- mière , de la chaleur , la plus légère attention a fait aperce- voir des rapports qui se présentaient régulièrement. C'est en multipliant et rapprochant de pareilles observations qu'on s'est convaincu de la permanence ou de la périodicité des causes et des lois qui en dérivent. (^48) On doit donc être certain que les corps organisés sont soumis a des effets analogues , et même d'un ordre supérieur a ceux qui se découvrent dans la nature inorganique. Il ne faut pas beaucoup d'attention pour distinguer entre les animaux qui se nourrissent des végétaux et ceux qui sont carnivores , des rapports nécessaires de co-exsitence , de telle sorte que l'absence ou la présence, la multiplication ou la diminution des espèces d'une famille , produisent ou ont produit originairement des effets semblables ou contraire^ dans une autre famille naturelle. Cet enchaînement des êtres de la vie animale est incontestable. H ne repose pas seu- lement sur les conditions actuelles de conservation et de mul- tiplication dans les individus. Il dépend de causes d'une autre nature qui paraissent avoir présidé à la création , et dont les résultats n'ont été qu'aperçus dans ces derniers temps. M. de Humboldt , dans un savant mémoire lu a l'Institut le 16 Février 1821 , a démontré que sous les zones tempé- rées , boréale et australe , le nombre des espèces d'oiseaux est égal a cinq fois le nombre des espèces des mammifères , et li treize fois celui des espèces de reptiles. Cette dernière famille acquiert une prépondérance numérique , en allant du pôle vers 1 equateur. Cette observation, pour le dire en passant, fournira peut- être un jour de précieux matériaux pour l'histoire physique du globe. S'il était bien démontré que les températures moyennes sont , ou ont été le principal élément de la mul- tiplication des espèces, on pourrait se faire une idée de la température a la surface de la terre , aux différentes époques marquées par l'enfouissement des animaux qui se retrouvent à l'état fossile. La science serait redevable de ce nouveau service aux travaux d'anatomie comparée , mis en honneur par le célèbre Cuvier. ( ^9 ) L'étude des plantes fossiles répandra aussi un grande lu- mière sur ces antiques révolutions. M. de Humboldt peut être considéré comme le fondateur de cette science qui consiste à profiter de la classification tion naturelle des végétaux , pour déterminer le rapport nu- mérique des groupes entr'eux. Ce savant a lu a l'Institut , en 1 8 1 6 , un mémoire sur les lois que l'on observe dans la distribution des formes végé- tales. Il a fait voir que sous des latitudes correspondantes , jouissant d'une température moyenne à peu-près égale , les différentes familles de plantes sont tellement balancées , qu'il existe un rapport constant entre le nombre des espèces de chaque famille et le nombre total des plantes phanérogames dans chaque contrée. M. de Humboldt a démontré que cer- taines familles ont leur climat de prédilection ; de manière que le rapport numérique de leur supériorité croît ou dé- croît, en allant de l'équateur au pôle. Les recherches de M. de Humboldt , soumises pendant le laps de cinq années a la critique sévère et à l'examen appro- fondi des plus savans Botanistes de l'Europe , ont reçu de ce concours de travaux un nouveau caractère de certitude. L'auteur a profité des remarques et des corrections qui lui ont été fournies ; et il a pu , en 1821 , présenter a l'Institut, un tableau des rapports numériques des familles , d'après les Flores les plus étendues qui aient été publiées jusqu a ce jour. Pour faire connaître le principe de ces recherches aux personnes qui n'auraient pas lu le mémoire de cet illustre naturaliste , je viens mettre sous leurs yeux , les résultats de l'application de cette méthode a la Flore de la Gironde. Les élémens de ces calculs sont pris dans la seconde édition de la Flore Bordelaise , publiée par- le zéié et infatigable Di- recteur de la Société Linnéenne (Voyez le Tableau N.° 1 ). ( a5o ) Ce tableau confirme avec une approximation surprenante , les rapports déduits par M. de Humboldt de toutes les flores Connues. La divergence la plus forte se remarque dans la famille des malvacées ; mais on verra plus bas, que cette différence se trouve en partie effacée par la découverte de deux nouvelles espèces dans le rayon de la Flore Bordelaise. Les graminées , les amentacées , les conifères , les cypéra- cées et les joncacées se trouvent en nombres supérieurs à ceux qui seraient déduits des formules de M. de Humboldt. Pour les cypéracées et les joncacées , on peut croire que la prédominance est due a la position basse et marécageuse des environs de Bordeaux. Quant aux graminées et surtout aux amentacées , ces fa- milles renferment beaucoup de plantes usuelles , dont les espèces sont répandues dans toute la zone tempérée par les travaux de l'industrie agricole. Il est a croire, par exemple, que nous avons dans cette contrée beaucoup de plantes four- ragères qui ne lui appartenaient pas originairement , et qui se trouvent , par la , communes aux différentes régions de la France. La plupart des ormes , des bouleaux , des platanes , des peupliers , ont dû être primitivement exotiques. Ainsi peut se rétablir l'unité du plan originairement tracé par la nature , et que modifient journellement la main et l'industrie de l'homme. Ces observations sont encore vraies à l'égard de la famille des légumineuses. Il est donc probable que le complément de la Flore Bordelaise contiendra plusieurs espèces qui ont échappé aux recherches ( Voyez le Tableau N.° 2 ). La Flore Bordelaise a été jusqua ce jour circonscrite dans un rayon très-étroit , et n'a guère embrassé que les environs 018. w Monoeotylédo- nées. =■ °i 228. = 0, ai» ==» O, 25. Dîcotylédonées °? 766. = °i 79- = 0, 75. Composées. = °) 109. = 0, i35.= O, 125. Glumacées. = °> i3i5. — 0, 127.== 0, 141. Graminées. = O) 088. = 0, 077.= 0, 077. Légumineuses . =» °> o658. — 0, o63.=> 0, o56. Crucifères. sf «2 o45. — 0, o52.=- 0, o56. Ombellifères. = °» o433. = , 048.== o, 046. Labiées. = °) 039. — > 0, 042.== 0, o38. Cypéracées (seules. ) => o, 3o8. «=1 0, 037.= 0, o56. Amentacées. = °J 0241. = 0, 020.= 0, 025. Orchidées. == °J 026. — 0, 023.= 0, oi5. Borraginées. = °> 016. = 0, 014.= 0, 01 4. Rubiacées. — °î 016. — i 0, 014. ==- 0, 014. Euphorbiacées. — o, 017. — 0, 014.=- 0, 010. Joncacées. ==» o> oi3. = 0, 012. ==■ 0, ou. Ericinées. «== o, oo58. — , 008.= 0, ou. Malvacées. = °> oo5. = 0, 007.= 0, 004. Conifères. =• °> oo5. = 0, 007.= 0, 004. Latitude en me- sure sexagési- male. ==» 44c 5c »==» 47° 49 5o s Température moyenne. (centigrade).— i3 7 5 _. 12° 5o = io° 5o. (a5 7 ) Observations. I .° Dans le tableau ci-contre , les fractions décimales re- présentent le rapport du nombre des espèces de chaque fa- mille au nombre total des phanérogames. Le nombre total des phanérogames de la Flore Bordelaise , en 1821 , s'est trouvé être de 1200. Celui des composées par exemple , étant 1 3 1 , leur rapport donne la fraction décimale o , 1 09 à peu-près équivalente à l / 9 e , et ainsi des autres groupes ; 2. Suivant les observations de M. de Humboldt , les aga- mes , monocotylédonées , glumacées , joncacées 7 cvpé- racées , graminées , éricinées , amentacées , vont en augmen- tant de l'équateur au pôle. Les dicotylédonées , les fougères , légumineuses , rubia- cées , euphorbiacées , malvacées , vont en diminuant de l'é- quateur au pôle. Les composées , labiées , ombellifères et crucifères , ont la zone tempérée pour patrie ; elles diminuent en allant vers l'équateur et vers le pôle ; 3.° Il reste à découvrir dans la Flore Bordelaise beaucoup d'espèces d'agames , attendu que le nombre qui les représente ici , a'été accru d'une centaine d'espèces non décrites. ( Puc- cinia , Uredo , Tricliia et Reticularia ). Les glumacées , graminées , cypéracées et joncacées ( et par conséquent les monocotylédonées ) ont dans la Flore Bordelaise une supériorité prononcée. Le nombre des composées et des légumineuses dans cette Flore , paraît faible ; il en reste sans doute à découvrir. Les malvacées surtout , sont en nombre tellement infé- rieur , que l'on devra en découvrir encore quelques-unes dans le département de la Gironde. La supériorité des amentacées provient sans doute de l'industrie de l'homme , qui a acclimaté dans presque toute la France ces utiles espèces de plantes. -( 258 ) II. e TABLEAU. — Rapports avec le nombre total des Phanérogames. Familles. — Flore Bordelaise. — Française. — ■ Allemande. Monocotylédo- nées. ==- °i 24. — Dicotylédonées. o, 76. •=- Composées. ==» °' 107. — 0, i35.=- 0, 125. Glumacées. = o» l52. = °> 127.= 0, 141. Graminées. = °) 094. — °> 077.= 0, 077. Légumineuses . == °> 071. = °.J o63.=. , o56. Crucifères. ■= °i 049. = O) o52.= 0, o56. Ombellifères. «= °, o4o. = 0, 048.= 0, 046. Labiées. == °j o3 9 . «= o> 042.= , o38. Cypéracées seules. => ?> 041. = °, 037.= , o56. Amentacées. = o, 022. = «) 020.= , 025. Orchidées. =» °> 022. _ °7 oi5.= 0, 023, Borraginées. ==> °> 014. = °> 014.= 0, 014. Rubiacées. = ®, 014. = °, 0,4.== 0, 014. Euphorbiacées . =• °, 017. = °> 014.= 0, 010. Joncacées. ■=■ o, 016. =, °, 012.== 0, on. Ericinées. ■= o, oo58. = 0, 008.= , on. Malvacées. = °» oo58. = °> 008.= 0, 004. Conifères. ■== °> oo43. —• o» 007.= , 004. Latitude en me- sure sexagési- male. = 44c 5o'= 470 49° 5 * : Température moyenne. ( centigiade. )- i3° 75 » 12° 5o=. io» 5o ( s5 9 ) Observations. i .° Les nombres qui ont servi à former ce tableau , sont extraits de la Flore Bordelaise publiée en 1 82 1 , augmentée du supplément, donné par M. Laterrade , en 1826. On n'y a pas rapporté les agames et les fougères , parce que cette partie du supplément n'est pas encore publiée. Le nombre total des phanérogrames dans la Flore Borde- laise se trouve maintenant porté à 1369. Les familles ont reçu des accroissemens divers ; celle des malvacées entr 'autres s'est augmentée d'un tiers. En consultant ce tableau , il faut avoir toujours présentes les latitudes et les températures moyennes qu'on a eu soin de rapporter au bas des colonnes ;. 2. En comparant les trois colonnes de rapports , on voit en général que ceux de la Flore Bordelaise diffèrent peu de ceux de la Flore Française. Cependant les glumacées comprenant les graminées , les cypéracées et les joncacées., ont une supériorité décidée , et qui caractérise le site humide de notre département. Les composées et les malvacées sont toujours en nombre trop faible , et doivent appeler l'attention des observateurs sur la recherche des espèces de ces deux familles ; 3.° B résulte de ces rapprochemens que si les causes lo- cales , telles que le voisinage et la stagnation des eaux , peu- vent favoriser le développement de certaines familles , cepen- dans les rapports généraux qui paraissent dépendre des in- fluences de la température , présentent une analogie surpre- nante dans la comparaison des Flores de contrées bien dispro- portionnées , telles que la France entière et le département de la Gironde. ( zéo ) 4. 6 LèS nombres qhè présentent les graminées , les amèri-* tacées et les légumineuses , ont une supériorité qu'il faut at- tribuer sans doute à la dissémination de ces espèces par l'in- dustrie agricole. Mais on doit remarquer que quelqu 'active que soit cette industrie , elle ne modifie pas la végétatiort spontanée d'une manière bien sensible * Nota. Il est entendu que la Flore Bordelaise ne contient qtie les noms des espèces qui croissent spontanément dans la Contrée , ou qui s'y trouvent naturalisées depuis une époque assez reculée pour qu'on ne retrouve aucune trace de leur origine , et qu'on doive les supposer indigènes. EXPLICATION DE LA PLANCHÉ h ( EUPHORBIA MlLIIi Nobi )< Wig. i . ËamuL florifer ; magft; nat; à 2 i Flos cèhtralis 25 auct.~ a Ihvôlucella ferè exsiccafou b Involucrum^ — c Append. glandulos. — d La- cin. calicin; — e Flor. masc. — yUmbellae ra* muli florifer. * £. Flos sùmmus ; cc-aùct. — a InvolucelL — b Involucmm i quasi in vaginâ immersum. * 4* Lacin. calicini cum i. append. glandulos, ac^-aucts » 5. Flos masc * antè faecundationem ; cc^auct. a 6. Flos masc; cum pedicell. post fœcund. ; co-auct* fc J» Perinulséj ôb-auct; j* 8; Capsul» jmii cc-auct. — a Styli , ad med. part* Coadunati. — b Commissura. — c CalicuL — » Û PedieelL — ë Fragmentum discii ELl^ a icpor&y* L^.^?//^ '-- /u/t'c ^4cS. fffJttu* (*6i ) t)EsciUPfiON d'une nouvelle espèce d'Euphorbe» EUPHORBIA MlLII , Nob. Cette belle et très-rare espèce, originaire de Madagascar, paraît avoir été apportée pour la première fois en France , en 1821 , par M. le baron Milius , alors gouverneur et administrateur pour le Roi , à l'île de Bourbon. Il en donna trois individus vivans, au Jardin botanique de Bordeaux. Cette plante y fleurit , en série tempérée , pendant la plus grande partie de l'année , en sorte que j'ai eu tout le loisir de l'étudier. Malheureusement la fructification ne peut pas s'y développer, et l'involucre s'y dessèche avant que la jeune capsule ait pu s'en dégager ♦ La floraison de cette belle plante a été annoncée dans l'annuaire de la Société Linnéenne de Bordeaux, en 1823, pag. 12. — Au commencement de i8a5, j'en ai envoyé un rameau vivant et fleuri a M. Roëper , jeune savant à qui nous devons déjà une excellente monographie des euphor- bes d'Allemagne et de Hongrie , et à qui nous devrons un jour un ouvrage bien plus important , la monographie com- plète du genre euphorbe. En attendant cette intéressante publication , la Société Linnéenne de Bordeaux remplit un devoir de reconnaissance , en publiant , dans la première livraison de son Bulletin d'Histoire naturelle , la superbe plante dont M. le baron Milius a enrichi l'école de botani- que de cette ville , et en la décorant du nom du donateur. h'Euphorbia Milii doit rentrer dans la seconde section du genre , tel qu'il est distribué dans le Synopsis de Persoon. ( Caule uniformi frutescente erécto , jloribus sparsis aut aggregatis , nec ùmbellato^involucratis ). — Elle pa- raît voisine des E. Laurifolia et Pyrifolia , que je ne con- nais que par leurs descriptions , mais dont elle diffère par ( 2Ô2 ) des caractères importans. Sa phrase spécifique , un peu plus détaillée que dans le Synopsis , serait : E. Fruticosa , erecta , ramosa ; spinis geminatis hor- rida , valde lactescens ;foliis alternis sub-carnosis spa- thulato - mucronatis , superioribus subovatis ; umbellis axillaribus 3 — sub ifidis ; bracteis exiguis membrana- ceis ; pedicellis valde viscidis ; involucellis cordatis ; splendidissimè coccineis ; appendicibus exiguis , lucidis , intense luteis. — Capsula triangulari ? (Voy. laplanch. I.) Cette description , insuffisante d'ailleurs dans une mono- graphie , devra aussi être modifiée par M. Roëper , d'après les caractères généraux qu'il donnera au groupe dans lequel il placera l'espèce qui nous occupe. Ainsi , je suis loin de la considérer comme définitive. En voici maintenant la description détaillée : Tige unique , ligneuse , obscurément quadrangulaire , ir- régulièrement rameuse dès la base , haute de 20 pouces en- riron dans le plus grand de nos individus , qui a 5 ans , épi- neuse dans toute sa longueur. — Le lait est très-abondant , épais et visqueux, d'un beau blanc. — L'écorce est mince , lisse , brunâtre , recouverte d'un épiderme blanc , fendillé , très-mince. — Les épines sont longues , au plus , de 6 à 7 lignes ; droites , minces , persistantes , de la même couleur que la tige , cassantes , a peu-près égales. Celles des rameaux de l'année sont d'un pourpre foncé, et ces rameaux sont d'un vert rougeâtre. Elles naissent deux à deux , placées unique- ment et constamment a droite et à gauche de chaque feuille. A leur base , on en voit quelquefois une beaucoup plus petite. * — Les rameaux sont axillaires. Ceux qui avortent laissent sur la tige, au-dessus de la cicatrice de la feuille tombée, une cicatrice verticalement ovale , tandis que la cicatrice de la feuille est transversalement ovale. H résulte de la , que les ( 263 ) rameaux sont comprimes sur les côtés , et que les pétioles le sont dans le sens contraire. Feuilles. Elles ne persistent que sur les rameaux de l'an- née précédente ; le reste de la tige n'est garni que d'épines. Les feuilles sont spatulées , charnues , fermes , parfaitement glabres , lisses et entières , d'un très-beau vert foncé qui rougit en vieillissant , rétrécies à la base en un pétiole court et charnu. Elles sont toujours mucronées , et les plus grandes sent très-obtuses ou tronquées au sommet , très-planes , blanchâtres en dessous , traversées par une seule nervure lon- gitudinale , verte , applatie , dont le mucrone est le prolon- gement , très-visible en dessous , presque indistincte en dessus. Les feuilles supérieures qui sont les plus petites et les plus caduques , sont plutôt obovées que spatulées. Pédicelles florifères. Axillaires , solitaires , filiformes, nus , très-visqueux , rougeâtres , longs d'un pouce environ , naissant sur les rameaux de l'année précédente. Le pédicelle est bi ou trifurqué , et perte à la base de ses rameaux autant de bractées membraneuses , petites , cymbiformes , jaunâtres , subbifides. Lorsque l'inflorescence se développe bien, chaque rameau de cette petite ombelle est lui-même bifurqué. Mais ses bractées , qui sont alors de vrais involucelles floraux , puisqu'il y a une fleur centrale , ne sont plus semblables à celles de la première division de l'ombelle. Invollucelles floraux . Ils forment un godet jaunâtre qui enveloppe exactement l'involucre dans toute sa hauteur, et qui s'élève même un peu au-dessus ; la , ils se réfléchissent en dehors , s'étalent , et présentent la forme d'un cœur : chacun d'eux est beaucoup plus grand que l'involucre. Toute la partie qui ne forme pas le godet , est , en dessus , d'un écarlate magnifique , veiné de pourpre plus foncé. Le dessous est plus pâle. Us portent une nervure longitudinale , dont le prolongement forme un petit mucrone écarlate» titvolucre. Sessile, ovale, ventru, parfaitement glabre en dehors comme en dedans , d'un jaune rougeâtre. Appendices glanduleux. Petits , transversalement oblongs , entiers , charnus , luisans et comme vernisses , d'un jaune d'œuf intense , et tirant légèrement sur le rouge. Lanières calicinales. Membraneuses , redressées , très- larges et très-visibles, d'un pourpre vif , parfaitement gla- bres des deux côtés , bordées de dents nombreuses et iné- gales. Fleurs mâles. Environ 20 fertiles. — Pédicelle et filet glabres. Après la chute du filet, le pédicelle dépasse un peu l'involucre. — Anthère a deux loges d'abord ovales globu- leuses transverses , portant leur fente verticale au côté externe. Lorsque celle-ci s'est ouverte , la lanière qui la fermait se redresse , et forme un mucrone au sommet de la loge , qui devient alors ovale globuleuse verticale. — Pen-> nules , (Bractées paléacées d'A. de Jussieuj ; fleurs mâles avortées ( Selon moi ) , très-nombreuses , simples ou ra- meuses , en faisceaux , un peu ciliées vers leur sommet. Fleur femelle . Elle a avorté dans tous les individus qui ont fleuri à Bordeaux. Je l'ai trouvée , a l'état presque rudi- mentaire , au fond de l'involucre. La capsule , parfaitement glabre , triangulaire à faces planes , et en forme de bouteille r était à peine pédicellée, et son calicule m'a paru trilobé» Les styles forment une colonne soudée jusqu'à la moitié de leur longueur. Il m'a été impossible de distinguer la bifissure des stigmates y qui m'ont para simples, globuleux , et pro- portionnellement assez gros. — Graines inconnues. Charles Des Moulins» ( 265 ) Notice sur le Lychnis corsica et autres plantes méridio- nales y trouvées dans le département de la Gironde. Dans une grande excursion que fit, au mois de Mai 1824, M. Laterrade , directeur de la Société Linnéenne , et auteur de la Flore Bordelaise , il découvrit à Ares , sur les bords du Bassin d'Arcachon, le Lychnis corsica (Loisel. not. 78. —DC. fl. fr. T. VI. p. 6o>j.~DC. Prodr. T. I. p. 387 . ) Il l'apporta vivant à Bordeaux , et l'ayant comparé avec les échantillons que j'ai reçus de la Corse , ne conserva plus aucun doute sur son identité. Un des plus savans bo- tanistes de Paris , à qui j'envoyai un échantillon de cette plante intéressante , avec un échantillon provenant de Corse, reconnut l'authenticité de l'un et de l'autre. L'année suivante ( Juin 1825 ) , je parcourus le littoral de la Gironde et des Landes. Je fus chargé par M. Laterrade de chercher avec soin le Lychnis corsica dans toutes les po- sitions analogues a celle dans laquelle il l'avait rencontré , et d'examiner attentivement la nature du terrain et des plantes qui l'accompagnent. Je ne pus , malgré toutes mes recher- ches , le retrouver qu a Ares , au lieu même où M. Laterrade l'avait découvert. Ares est un bourg situé dans le département de la Gironde, à 12 lieues de Bordeaux, sur le bord et au N. E. du bassin d'Arcachon. De vastes plaines marécageuses s'étendent entre le village et les dunes , larges d'environ une lieue , qui bor- dent la mer. Le village est à 3 grandes lieues du pied des du- nes. C'est dans ces plaines , à une demi-lieue d'Ares , et a quelques centaines de toises du bassin , qu'on trouve , en immense quantité , le Lychnis corsica . ïl commence à fleu- rir vers le i5 Mai ; et vers le i5 Juin, lorsque les chaleurs sont précoces , il est presque impossible de le retrouver en ( 266 ) fleurs. Les beaux individus sont à peu-près de la taille de ceux de Corse , mais le collet de leur racine est moins ligneux, leur tige est plus droite et plus herbacée ; légères différences qu'on rencontre fréquemment dans les plantes qui croissent dans un pays moins chaud et moins sec. Entre Ares et la partie de la plaine où l'on recueille le Lychnis , il y a des portions de terrain vraiment littoral , qu'on appelle prés salés , et où se trouvent les plantes ma- ritimes qui veulent un sol imprégné de sel , du moins jusqu a un certain point. Cependant , il n'y a point de marais sa- lans , proprement dits , à Ares , mais on m'a assuré que c'est uniquement parce que l'industrie des habitans se porte sur d'autres objets , et non parce que la nature du sol s'y oppose. Les plantes maritimes dont je parle sont principalement : Kœleria c ris ta ta , Glaux maritima , Rottbolla erecta, Triglochin maritimum , Triglochin Barrelieri, Statice limonium , Statice armeria, var. E. DC. fl. fr. T. VI. (St. linearifolia . Laterr. Fl. Bord. ) Juncus marilimus. Il paraît que la nature du terrain change après avoir passé un petit ruisseau, ou plutôt une petite ravine où se trouvent d'étroites lagunes ; car , dans l'endroit où croît le Lychnis corsica , je n'ai plus retrouvé , en plantes littorales ou de marais salans , que le Juncus maritimus. La nuit m'empêcha de chercher long-temps si je n'en trouverais point quelque autre , et toutes celles que j'aperçus appartiennent aux ma- rais tourbeux des Landes ou a leurs parties sablonneuses. En voici la liste. Juncus Bujbnius, conglomerqtus , ejfusus , lampocar- pos , Ehrh. acutiflorus , Ehrh. supinus ; Erica Scopa- ria ; Myrica gale. Plantago coronopus ; Hydrocotyle vul- garis; Anagallis tenella ; Linum radiola ; Ranunculus jlammula; Lotus corniculatus , .( var. palustris tenui- ( 267 ) Jblia ) ; Danthonia decumbens . Scirpus tenuifolîus , seta- ûeus , paluslris , multicaulis ; Alisma repens ; Saginct procumhens ; Exacum filiforme ; Carexfulva; Samolus Kalerandi , etc. , etc. Un botaniste célèbre de la capitale , a qui notre Lychnis fut communiqué , désirait le décrire comme espèce nouvelle, sous le nom de Lychnis Burdigalensis. Mais, outre qu'il nous a paru impossible d'établir des différences vraiment caractéristiques entre notre plante et celle de Corse , nous présumons qu'on devra plutôt détruire une ancienne espèce qu'en créer une nouvelle ; en voici la raison : M. de Candolle décrit , dans son Prodrom (t. i , p. 38y ) , le Lychnis lœta, Ait. hort. kew. i. p. 118. éd. 2. v. 3 , p. 1 34- (L. palus tris , Brot. fl. lus. 2. p. nii.phyl. lus. Jase. 1. ex fl. lus.); cette plante croît en Portugal, dans les marais , puisque Brotero lui donne le nom de palus tris, M. de Candolle ne l'a vue ni sèche , ni vivante, û décrit, immédiatement après, le Lychnis corsica, qu'il a reçu , dessé- ché, de M. Robert ; et il ajoute a sa description cette obser- vation dubitative , an diversa a L. lœta ? Dans le supplé- ment a la Flore Française, il dit que le L. corsica croît dans les champs , auprès d'Ajaccio : par conséquent, c'est au moins une plante sub-littorale. Or , qu'on réfléchisse a la position respective des trois plantes qui nous occupent : à 4 ou 5 dégrés près , leur latitude est la même , et la nôtre est presque intermédiaire , quant a la distance. U serait donc a désirer qu'on pût faire , sur les plantes qui accompagnent les Lychnis de Corse et de Portugal , les mêmes observations que j'ai faites a Ares ; et si le résultat s'accordait avec celui que j'ai obtenu , peut-être jugerait-on nécessaire de réunir les trois plantes sous le nom commun de L. lœta , qui doit être le plus ancien. ( 268 ) La découverte du L. corsica a été publiée par M. Later- rade , dans Y Addenda prima Florœ Burdigal, Prima séries ( Ami des Champs , tome III, 1825 , page 332 ). Le Lychnis corsica n'est pas la seule plante méridionale que nous offre la végétation du département de la Gironde et de la rive droite du fleuve. Il ne sera peut-être pas sans inté-r rêt pour la géographie botanique , de donner ici la liste de celles que nous avons trouvées jusqu'à ce moment. Osyris alla , Convolvulus cantabrica , Catananche cœrulea , Smyrnium olusastrum ( qui se trouve aussi en Belgique ) ; Melica ciliata ( qui se trouve dans l'Est de la France ) ; Echinops ritro , var. b. polycephalus , Gouan. Illust. dont on pourrait peut-être faire une espèce ; Melilo- tus parvijlora , Mortagne , Royan * ; Melilotus sulcata , Mortagne * ; Inula squarrosa , Mortagne , Royan * ; hiula salicina ; Mgilops ovata , Rottbolla erecta , Erica medi-> terranea , Teucrium polium , Cynanchum monspe^ liacum , Royan * ; Dorycnium sujfruticosum , Echium pyrenaïcum , Galactites tomentosa, Tulipa clusiana , Triglochin Barre lieri, Althœa cannftbina , Malva ni™ cceensis , Erodium malacoïdes , Momordica elaterium t Tribulus terras tris , Xeranthemum inapertum. Charles Des Moulas, { 1%) Plorula Littoraus Aquitanica , seu Elenchus Planta» rwn insigniorum , spontè nascentium , in littoribus Oceani Aquitanici vel Tarbelliani , à Bayonâ usquè ad Caput-Boïos ( vulgb La Teste de Buch ) , juxtà or- dinem Jussiœanum dispositarum f curante J, P. S, Grateloup, Doc tore Medîco, Littiis aquitanicnm spatiosam regionem , hine arenosarn Iiudamque , illinc sylvestrcra nemorosam , semperyiridem , lpngè latèque a Bayonâ usquè ad Caput-Boïos , ostendit, Lougis teniporibus ipsani maritimam partitionem botanicè «xploravi. Haec Florula igitur onines stirpes insigniores , spontè crescentes in littoribus , secùs mare , vel in collibus calcarejs circà Bayonam , vel in argilosjs, ferrpgincjs , ulw ginosis , sylvisque pinorum et ericitis siceis , sterilibus et aquaticispropè Marisinum , ( vulgo Mare nsin ) complectitur, Juxta naturalem methodum eeleb. Jussisei gênera disposui : verb species ferè omnes nominibus à clarissimo Candollio iin^ positis, appellavi. Ali qui .eharaeteres essentiales, aliquando specifici, ex calycibus, cprollis , seminibus , foliis , radici- busque excerpti , nec non plantarum florescentiae tempus , sequè ac natales sta1jon.es , sedulb indicantur. Stirpium ëtv&iïitr jjum durationes Linnaeanis Signis notantur. Ihdè abbrevia- tioncs sequentes in hacce parvulâ florà usitatae s @ Planta annua ; çf Biennis ; % Perennis ; ï) Lignosa > arboi* yel frutex; C. planta communis, seu frequens ; C C. niagis communis vel frequentjssima ; R. rara ; R, R. rarior , rarissima ; D C- De Candolle, Flore Française et Synops. Plan- tai" ; Des M. Des Moulins ; L. Linnaei Species Plantarum; Lat. Laterrade , Flore Bordelaise ; Lk. Lam.arck, Flore Française ; Lap. JLapeyrouse , Hist. des Plantes des 1.8 ( 27° ) Pyréh. Lois. Loiseleur des Longchamps , Flora Gallica ; Th. Thore , Chloris des Landes ; W. Willdenow , Spe- cies Plantarum. MONOCOTYLEDONES CRYPTOGAME. FlLÏCES. I. Adianthtjm Capillus-Veneris . D C. i4oo. pinnulis basi cuneatis. — in rupib. marit. Biarrits , Bidart , Boucau. Junio ad Septemb. If — C. a. Pteris Aquilina. D C. i4<)3. fol. solitar. 3. pinnatis. var. b. altissima. N. — frond. altiss. 3-8 ped. rubente. — ■ ïnpinetis secùs Oceanum , Caslels , Vignac , S. l ~ Julien , Vieux-Boucau. — Jun. ad Sept. If — G. C. 3. Blechnum Spicant. D C. i4o5. pinnis confluentib. in- tegerr. — Iii umbros. humidiuscul. ubiquè. If — C. 4- Asplenium Marinum. D C. i^\i. pinnis altem. obtuse dentat. In fissuiis rup. marit. Biarrits , Bidart, circà Bayonam. Maio ad Julium. If — C. 5. » Lanceolatum. D C. i4i4 a « pinnul. altem. sub-ovatis. — In umbros. humidisque propè Bayon. Notre-Dame d'Arcachon (Later. ) Julio. If — R. 6. Athyrium Filix-Fœmina. D C. 1416. pinnul. inciso- subpinnatif. dentat. — In sylvat. et umbros. humen- tib. circà Bayon. Julio. % — C. 7. Polystichum Filix-mas . D C. 1419- pinnulis obtus. dentat. — In collib. umbros. prop. Bayon. 'if — R. » Âbbreviatum. D G. 1420. pinnulis paucio- rib. latioribusque. — In sylvaticis circà Bayon. Julio j Aug.o lf-RR. g. » Aeuleatum. D C. i423. pinnul. lanceolato- lunulat. dentat. var. b. Bifurcata. N. frond. ad apic. furc. — Secùs vias ad margin. agror. sylvar. que. — Julio -, Aug.° 5f-RR. {'■*?• ) 10. » Thelipteris. D C. i4" 2 7« puinul. obtus, sub-integerrim. — In aquat. turfosisque prop. Biar- rits.- — Junio , Julio. — If C. 11. Poiapodium Fïdgare. D C. i4 2 9- vai "« b. major N. fronde pinnatifido-dentat. — Ad radiées et truncos Querc. prop. Bayon. et Mai isinum.- Julio. %-K. R. 12. Ceteracii Officinarum. D C. i433. var. b. Bayo- nensis. N. fronde latissimâ undiq. squamosissimâ. ad muros antiq. circa Bayonam.- Julio , Aug.° If. -R. R. 13. Osmunda Regalis. D G. i436. Foliis 2. pinnat. radi- calib. — In sylv. ac rivul. umbros. circa Bayon. — Junio ad Aug.° If. — G. C. 14. Oprioglosstjm Lusitanicum. D C. i438. a Folio lanceo- lato. oblongo.-In arenos. pratisque secus Oceanum. Bayonâ. — Aprili. Tf. — R. Lycopodiace*. j5. Lycopodium Inutidatum. D C. i444* Spicâ terminali sessili. — In ericetis aquaticis ac paludib. seciis Ma- risinum. — Autumnali tempore. If — C. C. 16. Isoetes Lacustris. D C. i44^ Radice tuberosâ capsu- liferâ. — In fundo lacuum secùs Océan. — St.-Julien. Julio, Augusto. If — R. R. Rhizospermje . 17. Pilularia Globulifera. D C. i449- Fol. filiform. sub- fascicul. — In aquat. et inundat. propè Bayon. Junio , Julio. If— C. 18. Marsilea Quadrifolia. D C. i45o. Caul. natante , fol. quaternis. — In aq. stagnantib. puriss. circa Bayon. Junio ad Aug. -If — R. 19. Salvevu Natans. D C. i45i. Fol. ovat. basi sub-cor- ( 272 ) dat. punctat. — In aq. quiet, prop. La Teste. — Julio. Jul.o If. — R. Equisetace^e. 20. Equisetum Hyemale. D. C. 1^1. Caul. aspero sulcato aphyllo.- In sjlv. paludos. cire. Bayon. Martio.- If R. 21. » Arvense. D C. 1 453. Gaule aphyllo spitha- meo. — In prat. humid. cire. Bayon. Julio. If — C. G. 22. » Telmateya. D C. 1 4^4* Fol» 4* angul. verticillat. — In humid. etumbros. Bayonâ. — Junio, Julio. If — R. 23. » Fluviatile. D G. i455. Fol. numerosissim. "verticllat. — In palustrib. ac ripis Aturi cire. Bayon. Maio , Junio 'if — C. C. a4« » Limosum. D G. i^56. Vagin, dentat. den- tib. nigricantib. Var. b. Equis. semifoliosum. Thor. In aquat. paludosisque. Bayonâ. — Maio. If — C. G. a5. » Ramosum. D C. 14^7. b Gaule è basi ra- moso. — Ad ripas Aturi. — Junio. If — R. R. Naïades. 26. Chara Tomentosa. D C. 1460. Caule subtomentoso. In aq. stagnant, prop. Bayon. — Julio. @ — R. 27. » Flexilis. D C. 1 463. Gaule flexili diaphano.— - In aq. pigris. Bayonâ. @ — Julio. — C. 28. » De'lic-atula ? Desv. inLois. not. i3y.nanafruct. glomeratis. — In aq. stagn. de Cazaux , la Teste. — (Des Moul. ). (§) Julio. —R. 29. Nayas Monosperma. W. 4* P- i3i. N. major. D C. i466. — In paludib. submers. cire. Bayon. (g)— R. 30. » Minor. DC. 1467. N. subulata. Thuil.— In lacub. prop. Bayon. (§> — August. — R. ( *7* > 3i Lemna Minor. D C. 1469- Fol. pïanïs. — Ad superfie: aquar. quiet, ubiq. — Junio. 'if — C. C. 32. » Gibba. DC. i47°- Fol. subtîis convexis.-- In aq. quiet, prop. Bayon. Junio. If — G. 33. » Polyrhiza ? D C. ify]t> Infemè atro-purpureâ. ad superfie. aq. quiet. Bayon. — Junio. © — C. 34. » Arhiza. D C. i47 2 * Fol. subrot. geminis. — Ad superfie. aq. quietar. Bayon. — Junio. % — C. MONOCOTYLEDONES PHANEROGAME Gramine^e. 35. Alopecurus Bulbosus.' D G i479« Radiée bulbosâ. — In locis subsaisis secùs Oceanum. — Junio. 'if — C» 36. Polypogon Monspeliense. D C. 1480. var. b. — Glu- mis apice fissis, margine cibatis. — In arenos. ac hu- mid. marit. — Capbreton , Vieux-Boucau ; inpratis subsaisis, La Teste , ( Des M. ).— If Julio.— C. C* 37. » Maritirnum. D C. i48o a . Glumis ad me- diam partem fissis. — In arenos. marit. secùs Ocea- num. — Vieux-Bouc au. Ares. (Lat. ) La Teste? — If Julio, Augusto. — R. R. 38. Phalaris Arenaria. D G. i486. Glumis calycinis ci- liatis. — In arenâ mobili Océan. Tarbell. — St-Julien ( Thor. ), La Teste ( Des M. ).— (§) Junio, Julio. — C. 39. Phalaris Paradoxa. D C. 1492. Glum. calycin. uni- dentat. — Ad littora Oceani Tarbell.— Mimizan.-— • Julio. — R. 4<5. Tragus Racemosus. D C. ifo$- Fol. ciliat. glumâ uni- valvi scaberrimâ. — In arenos. marit. — Vieux - Boucau. — (8) Julio. — R. ( 274 ) 4i. Agrostis Pungens. D C. i5i3. Fol. bif«&riis seirulat. rigidis. — In arenos. marit. — Vieux-Boucau. — If Julio. R. /J2. » Maritima. D C. i524« var. a. Glum. cari- natis. — In arenos. marit. — If Junio. — R. Var. b. subrepens. Caule. prostrat. repente. — La Teste (Des M. ). — C. 43. Çalamagrostis Arenaria. D C. i525. Fol. glauc. in- volut. pungentib. — In arenos. marit. — If Junio. — C. C. 44- Stipa Pennata. D C. i53o. Aristis lanatis. — In saxosis. La Teste ( Lat. ). — If Junio. — R. R. 45. » Juncea. D C. 1 53 1. Aristis nudis. — In collib. arid. secùs Océan. ( Thor. ). — If Junio. — R. R. 46. Saccharum Çylindricum. D C. 1 535. — Peduncul. unifions. — In arenâ mobili Oceanicâ. — St.-Julien (Thor. ). — % Junio.— R. R. 47. Meuca Baulùni. D C. 1542. Fol. involutis. — In col- lib. calcareis circa Bayon. — ïf Junio. — R. 48. Avejva Fragilis. D C. i556. Calycib. 4- Aor. — In col- lib. marit. Biarrils. — % Junio. — C. C. 4g. » Flavesçens. D C. i56o. Calycib. 3. floris. — In pratis arenos. propè Bayon. — If Junio. — C. C. 5o. » Longifolia. Thor. prom. — Calycib. 2. flor. flore alterno mutico. — In agrestib. ac. collib. prop. Bayon. — If Junio , Julio. — C. C. 5i. Aira Canescens. D C. i56g,. Fol. setaceis ; aristis cla- vatis. — In ericetis arenosis secùs Oceanum. — (g) Julio. — C. 62. » Prcecox. D C. 1 $70. — Vaginis angulatis ; aristis filiformib. — In ericetis siccisj Marensin. — @ Aprili. — C. (* 7 5) 53. Festuca Maritima. D C. 1575. — Spiculis. 6-8. flor. — In arenos. inarit. a Bayonâ ad Caput-Boïos. % Julio. — C. 54. » Arenaria. Àsk. in Roem. et Schult. — Spi- culis villosis , 7-8. floris. — Festuca Dumetorum. var. b. Lk. Dict. — In arenos. secùs Océan. Tarb. — St. -Julien, Capbreton, La Teste. — 1£ Junio. — C. C. 55. » Strie ta. Host. Gaud. 1 , p. 237. — Spiculis subquadriflor ; fol. rigidiuscul. — Festuca cinerea. var. a. D C. i585. — In arenosis sylvestrib. — 1£ Julio. — R. 56. » Rubra.DG. i583. — Spiculis 6. floris ans-» tatis. — In collib. arid. prop. Bayon. — % Junio , Julio» — C. C. 57. Koeleria Villosa. D C. 1597. Fol. spiculisque pubes- centibus* — In arenos. marit. Biarrits. — % Julio. — G. C. 58. » Cri s ta ta. D C. i597 a . — Aira cristata. L. spiculis glab. albo-viridi-argenteo vaiiegatis. — In arenos. ac pratis subsaisis. La Teste. ( Des M. ). — C. 59. Poa Maritima. D C. 1601. — Spiculis multiflor. sub- violaceis. — In arenos. seciis mare. Ares ( Lat. ). La Teste ( Des M. ). — % Julio. — C. C. 60. » Aquatica. D G. i6o3. Spiculis 6-8. floris ; fol. latissimis. — In fossis aquat. ac ripis Aturi propè Bayonam. — If Julio. — C. 61. Poa Kœleri. D C. 1607*. Synops. — Poa trivialis* Kœl. — Spicul. 3~4« floris, basi pubescentibus. — In pratis circà Bayon. — If Julio. — R» R. 62. » Liltoralis . D C. 1 61 8. Foliis distichis , rigidis» — • Ad littora Oceanica. — % Julio. — R. 63* * Àgr*o s iicîc a. D d 1619*; Syri. p. iSa. Spicuïis 2. floris , subtrmïcatis. -*■ IiscL lacis. VieuX-Boucaxl. — Julio. — R. 64» Bromus Squàrrostis. D G. i632. var. b. mafitima.— • Aristis divaricatis. -^ Ad littora TaibelKana. — <§■ Julio. — C, 65,s » Madfitehsis . D C. 1640. — Spiculis lineari- bus. — In siccis propè St. -Jean-de-Luz< — @ Julio. — R. IL 66i Dactylis Hispanica. D C* 1642°, t. 6, p. 278. Glauca j foL laevib. — Floi\ ciliatis. — In arenos* secits Océan* TarbélL — Julio, — G. 67* Cynosurus Echinatus. D G. 1646* — Involucellis ala- tis , longé barbato-spinosis. — In arenos. marit, circa Bayon. — If Julio. — C* 68. SésLeriA Cœfulea. D C* 1647. — Spiculis" 2-3. floris* fol. latiusculis. — In pratis propè Bayonam. — Tf Julio. — C. 69. N ardus Strie ta. D C. i65i. — - Spicâ fectâ, secundâ» —Incollib. siccisaCericetis sabulosis.— >Tf. Junio.— R< 70* Rottbolla tncurvata. D C. i653* — Spicâ subulatâ, incurvatâ* — In pascuis marit. arenos. circa Bayo- nam ; ac pratis subsaisis*, La Teste ( Des M. ) — <§; Junio. C. jii » Erecta, D C. i653\ t, 6, p. 280.— Spicâ erectâ ; glutnis post inflorescentiam patulis* — In pas- cuis marit. Boucau» La Teste. ( Des M. ). — @ Ju- hioi — C. 72; IriticuM Rottbolla. D C. 1669. — =- Rachi flexuosâ. — • In arenos. secùs Oceanum* Biarrits , La Teste. (Des Mi).— (§> Junio.— C. 53» » Fesiuca* D C. 1670* Tiït. unilatérale. Lk. ( 277 ) ^-Spicuiis 5-7. floris. — Ad littora tarbellica. Pîeuoè Bouc au , Capbreton. — @ Junio , Julio. — R. ^4. » Nardus. D C. 167 1. — Calycib. 4- floris. In ericetis siccis , circà Bayonam. — ® Junio. — R< ^5* » Juncèum. D G. 1662. — Calycib, 5 floris, truncatis. — In arenos. secùs mare tarbell. — Ma* rensin , La Tester — @ Junio. — C. C. 76* » Maritimum. L. sp. 128* — Calycib. multifl. In littorib. Oceani. Tarbell. Bia frits. (Thor. ). — © Junio, — C* 77. Trachynotia Alternifolia. D C. i643 a . t. 6. Spartina alternifolia. Lois. — Paniculâ subramosâ , erectâ. — In pratis limosis circà Bayonam. (D C. ) et ad ri- pas Aturi. (Lois.). — % Junio , Julio. — C. 78. » Strie ta. D G. i643. Dactylis stricta, Ait. -— Spicis subgeminis , rigid. erectis. — In pratis ma- rit. circà Bayonam. — % Julio.— C. C, 79. Loliim Perenne. D C. 1674. — Spiculis 6-12. floris muticis. — In dunis puris. La Teste. (Des M.). — ■ R. R. 80. Elymus Arenarius. D C. 1678* — Spicâ erectâ. lu pascuis marit. secùs Océan. La Teste. (Thor). — % Junio. — R. 8i. Hokdeûm Maritimum. D C. 1686. Hord. Genicula- tum , Allion. — Involucris scabris. — In littorib. Oceani, Boucau ; in paludibus subsaisis. (Des M.). — <§> If Junio. — C. G. CyPERACEjE. 82. Carex Arenaria. D C. 1702. — Fructib. ovatis mar^ gine scabris. — In arenos. marit. à Bayonâ ad Caput- Boïos. — - % Julio. — C. G. 83. » Ovalis. D. C. 1 718. — Fructib. ovat. bidentatis, — In pratis udis circà Bayonam. — If Julio. - — C. 84. » Stellulata. D C. 1722. — Fructib. acuminat. margine ciliatis. — Inpalustrib. Marensin, Boucau, La Teste. ( Des M. ). — If. Julio. — C. C. 85. Carex Trinervis. D C. 1730°. — Glauca ; capsulis 3. nervib. — In littorib. Oceani Aquit. — Bayonâ , Boucau, La Teste. (Des M.).— If Julio. — C. C. 86. » &deri. Ehrh. non Retz. — Carex flava. v. a. D C. 1745. Caule humili ; spiculis condensatis. — Inpaludib. maritimis. — If Augusto. — C. 87. » Extensa. Smith. D C. i745 a . — Radiée fibrosâ rubrâ. — In pratis subsulsis. La Teste. ( Des M. ). — « If Junio , Julio. — C. 88. » Fulva. D G. 1755. Spicis fœmin. 3. oblongis. — In pratis ac paludib. Biarrits , La Teste. — If Julio , Augusto. — C. 89. » Limosa. D C. 1757. Spicis fœmin. binis ovatis. In aquaticis turfosisque propè Bayonam. — If Junio. — R. 90. Eriophorum Angustifolium. D C. 1768. Fol. 3. quetris — In paludib. Biarrits. — If Aprili, Maio. — G. 91. » Inter médium. D C. 1769^ t. 6, Bast. — >• Glumis , longis , apice obtusiusculis. — Inpaludos. ac turfosis, Biarrits. — If Aprili. — R. 92. » Latifolium. Lap. 28. Gulmis 3. gonis. — > Iisdem locis. — If Maio. — C. 93. Eriophorum Vaginatum. DC. 1770. Culmis vaginatis. — In palud. marit. Biarrits. — If Aprili. — R. 94. Scirpus Reptans. Thuil. 22. S. Palustris. var. b. D C. 1773. Radice reptante. — In paludib. La, Teste. (Des M.).— % Junio. ( 2 79 ) g5. » Ovatus. D C. 1 774* Florib. 2. andris. — In. palustiïb. circa Bayon. Biarrits. — % Julio. — C. 96. » Bœothryon. D C. 1776. Spicâ bivalvi. — In. turfos. Biarrits. — % Junio. — R. 97. » Tenuifolius . D C. 1 777- b *• 6. — Spicâ su- bunicâ, ovatâ, sessili; glumis 3. dentatis. — In pa- ludos. maritim. La Teste. — Junio (Des M.), Sep- tcmb. (DC). 98. » Romanus. D C. 1789. Bracteâ reflexâ. — In maritim. aquaticis. Biarrits , Bouc au. — 2f Julio. — G. 99. » Michelianus. D C. 1790. Capitulo globoso. In arenosis ad ripas Aturi. Bayonâ. — # Aug ;.° — C. 100 » Maritimus. D G. 1782. — In littorib. Oceani. — % Julio. — C. C. 101. Schoenus Ferrugineus. D C. 1793. Spicâ duplici. — In locis udis ac turfosis. Bayonâ. Marensin. %> — Junio. — C. 102. » Fuscus. D C. 1795. Spiculis subfasciculatis. — In paludib. turfosisque circâ Bayonam. — ^ Junio. — C. io3. Cyperus Flavescens. D C. 1800. Umbellâ 3. phyllâ. — In pratis et paludosis circa Bayonam. — '§) Julio. — R. ïo4- » Monti. D C. 1804. Umbellâ paniculatâ. — In inundatis ad ripas Aturi , circa Bayonam (Lois. ).-—% Julio. — R. Typhace/E. lo5. Typha Angustifolia. D C. 1806. Fol. canalicul. an- gust. — In fossis et stagnantib. Marensin. — 3f Junio. — C. ( 280 > to6* Sparganïttiw Ramosum. D C. 1808. Fol. basi 3. que- tris, caule rumoso. — In fossis ad ripas Aturi propè Bayonam. — If Junio, Julio. — G. ton. » Nataits. D C. 1810. Fol. decumbentib. planis. — în puludib. Marensin. Etang de Cazaux (Lat.). — If. Junio. — R. Aroide;e. 108. Zostèra Marina. D G. 1817. Fol. linearib. infemè vaginantib. — In Oceano Aquitanico. Ad littora de- jecta. — Circa Bayonam , La Teste ( Lat. ). — If Maio. — R. R. 109. » Mediterranea. D C 1818. Floribus dioïcis. — Ad littora Aquitanica. La Teste. — % Maio. — R.R. J U N C E JE. 110. Câmusu Oeeanlca. D C. 1819. Zost. Oceanica. L. ■ — Caule infemè squammato. — In Oceano Aquita- nico. Bayonâ. La Teste. — %. Martio. — R. m. Acorus Calamus. D C. 1820. Spadice laterali. — In aquaticis maritimis. La Teste ( Thor. ). — If Julio — R. R. 112. Luzula Maxima. D C. 1826. Corymbo decomposito. — In collib. ac sylvaticis propè Bayonam. — If Ju- lio. — C. C. Ii3. Juucus Maritimus. D C. i83o. Capsul. subrotund. — In arenos. marit. Bayonâ. — ")f Julio , Aug.° — C. C. ti4» Juncus Acutus. D C. i83i. Capsul. oblong. maximis. — In aquaticis marit. Biarrits. — Aug.° — If C. C. Ïi5. » Conglomérats . D C. 1 832. Capsul. obtusis, brevibus. — In paludos. ckcà Bayonam. — 'if Julio. — C. (28l ) ji6. » EJfusus. D C. i833. Capsiil. obtusis. — In pascuis humid. Bayonâ ( Lois. ). — If Julio. — C. ii r j. » Glaucus. D C. 1 834- <- apsul.ellinticis, acutis. — In aquaticis. Bayonâ (Lois. ). — % Julio. — R. il 8. » Ericetorum. DC i836. Capitulo terminali , subrotundo. — In ericetis aquaticis. Fïgnac , La Teste (Des M. ). — % Julio , Augusto. — C C. Iig. » Tri fi dus. D C. i83y. Florib. 3. terminalib. — In glareosis circà Bayonam. — % Julio. — C. 120. » Triglumis. DC 1 84 1 • * apsulisovato-oblongis. — In collib. et pratis cire a Bayonam. — % Julio. — R. I2i. » Pygmœus. D C. i845. Capsulis 3. angularib. — In humidis marit. La Teste (Des M ). Hourtins (Lat.). — % Julio.— R. 122. » Lampocarpos. Ehrh. Capsulis nitidissimis. — > In fundis inter dunas arenosas. La Teste ( Des M.). — Julio. — R. AsPARAGE JE. 123. Asparagus Acutifolius, D C. i855. Fol. aciformib. rigidulis. — In sepibus et-calcareis maritimis. Biar- rits , Bouc au propè Bayonam. — If Aug.° — R. 124. Smilax Aspera. D C. 1864. var. angustifolia. Pluck. — Ad sepes. propè Bayonam , Ondres ; collibus, Biarrits (Lois.) , Boucau. — I> Julio. — R. Alismaceje. 125. Zanichellia Palustris. D C 1869. Antheris 4« locul. seminibus. denticulatis. — In rivulis ac.fossis aquat. propè Bayonam. — % Maio , Junio. — C. 126. Ruppia Maritima. DC 1870. Nucibus monospermis longé pedicellatis. — In stagnis maritim. secùs Ocea^ ( 282 ) num ; in ripis, La Teste (Des M.) — ® % iEsti- vali temp. — R. 127. Potamogeton Gramineum. D C. 1874. Foliis lineari- lanceolatis. — In stagnantib. maritimis propè Bayo- nam. — % Junio. 128. » Perfoliatum. D C. 1876. Fol. amplexi- caul. — In Aturo circà Bayonam. — If Junio. — C. 129. » MarinUm. D C> 1882. Fol. lineaxibus, vaginantibus. — In marinis propè Bayonam. — % Junio , Julio. — C. 130. » Variifolium. Thor. 47* ^ C. 1872. Foliis natantib. ovalib. petiolatis. — Inrivulis, Ma- rensin , Castets , FUgnac- — 3f Junio ad Julium. — R. R. i3i. Ausma Natans. D C. 1887. Capsulis striatis. — lac rivulis propè Bayonam ; étang de Cazaux (Des M. ). — % Julio. — R. i32. » Ranunculoides D C. 1888. Capsulis 5, gonis= — In paludos. inundatis. circà Bayonam. — @ Ju- nio — C. i33. » Repens. D C. 1889. Lois. 1, p. 218. Caule decumbente radicante. — In ai'enos. humentib. propè Bayonam (Lois. ). La Teste (Des M. ). — % Junio. — C.C. i34- Triglochin Palustre. D C. 1892. Capsul. 3. locular. — In paludib. maritim. Biarrits , Bouc au. — cf C.C. i35. Triglochin Maritimum. D C. 1893. Capsul. 6. locu~ lar. — In maritimis et pratis subsaisis , Biarrits , Boucau, La Teste ( Des M. ). — If. Maio, Junio. — C. C. i36. » Barrelieri. D C. 1892. t. 6. Radice bul- ( *83) bosâ, capsul. 3. locul. — In pascuis maritimis, La Teste ( Des M. ). — IL Junio , Julio. — R. CoLCHICACE/E. 137. Colchicum Autumnale. D C. 1897. Bulbo sub-mul- tiflor.— In collinis umbrosis ac humidis propè Bayo- nam. — % Autumnali tempore. — R. i38. Erytrronium Dens-Canis. DC. 1902. Flore nutante dilutè purpureo. — In collib. propè Bayonam ( Lois. ). — TL Maio. R. Liliace;e. i3g. Tulipa Sylvestris. D C. 1903. Flore subnutante flavo. — In pratis circà Bayonam. — Aprili. — R. i4o. Fritillaria Meleagris. D C. 1907. Flore purpur. quadiïs-cantibus variegato. — In pratis humidis propè Bayonam. — IL Aprili. — R. i4i. Asphodelus Ramosus. D C. 191 7. Caule ramoso. — In collib. sterilib. propè Bayonam. — 3£ Maio , Julio. — C. C. 142. » Albus. D C. 1918. Caule simplici. — In collibus et sylvaticis propè Bayonam, Marensin. — IL Maio. — C. C. i43. Hemerocallis Fulva. D C. 1919. Perigonii nervis ex- terioribus , ramosis. — In pratis propè Bayonam ( Lois. ). - — If Junio, Julio. — R. i44« Phalangium Bicolor. D C. 1929. Foliis planis. — In ericetis circà Bayon. — *)L Maio ad Julium. — C. C. 145. Phalangium Planifolium. W. var. b. N. Folistortilib. sub-canalicidatis. — In ericetis siccis circà Marensin. — IL Maio , Junio. — C. 146. » Ramosum.'DC. 1930. Caule ramoso. — In ericetis siccis , inter Helianth. Alyssoides. Maren- sin , Bayonâ, — IL Maio , Junio. — R. ( 284) »47* Antherictjm Ossifragum. L. 44^- Abama ossifraga. D C. Synops. i852. — Floiib. spicatis luteis. — In paludosis ; Marensin, St. Geonrs (Thor. ). Pa- rentis ( Des M. ). — % Junio , Julio. — C. i48. Scilla Amœna. D C. 1737. Scapo angulato. — Irç ericetis arenosisque propè Marensin (D C. ) Bayonâ, ( Lois. ) — ^ Maio.— R. i49« » Umbellata, Ramond. — D C. 1938, Florib. umbellatis caeruleis. — In umbrosis , montosis circà Bayonam. — %■ Martio ad Maium. C. ï5o. » Lilio-Hyacinthus. D C. 1939. Florib. race- mos. dilutè caeruleis. — In collib. umbrosis propè Bayonam. (Lois.) — ip Aprili. — R. i5i. Allium Moly. D C. 1964. Floribus luteis. — In pratis circa Bayonam. — % Maio. — R. R. i52. » Ursinum. D C. 1966. Foliis petiolatis. — In pratis ac collib. propè Bayonam. — %> Maio. — R. i53. » Flavum. DC 1970. Foliis semi-teretibus.— In sepibus circa Bayonam. — % Maio. — R. 154. » Ambiguum. D C, 1955. Al. ericetorum. Ther, var. a. floribus spureo-albis. — In ericetis siccis et pinetis, Marensin. — 3£ Septemb. — ■ C. î 55. Pancratixjm Marilimum . D C. 1978. Spatha multi-< floia. — In littorib. et arenosis maritimis , Boucan propè Bayonam. La Teste. — % Julio , Aug.° — C. i56. Narcissus Bulbocodium. D C. 1981. Flore luteo , fimbriato. — In collib. propè Biarrits , Bayonam ( Lois. ). — % Martio , Aprili. — R. 157. Narcissus Intermedius. D C. 1983*. Spatha mulfci^ flora. Nectario campanulato. — In collib. circa Ba- yonam (Lois.). — %• Martio , Aprili. — R. i58. y» Bicolor, L- ^iS. ' 2J, Moschatus, var. b. ( 285) bicolor. D C. 1979 e . t. 6. petalis albis, nectario lu- teo. — In sylvaticis hyeme iuundatis ad ripas Aturi, propè Bayonam. — If Aprili. — - C. ÏRIDEjE. 159. Gladiolus Commuais. D C. 1999. Flore subringente purpureo. — Inter segetes circà Bayonam. — If Maio , Junio. — C. 160. Ixta Bulbocodium. D C. 2000. Flore violaceo , un- gnibus luteis. — Var. a. Flore magno. — Var. b. Flore minimo cœrulco. — In ericetis siccis circà Marensin. — 'if Prima vere. — C. C. 161. Crocus Multijidus . D C. 2002. Flore aphyllo , styg- mat. multilidis. — In collib. sylvaticis propè Bayo- nam ( Lois. ). — If Septembri. — R. R. 162. » Luteus? Lk. IU. — Flore luteo. — In ericetis siccis , Lanton (Thor. ex lîde Bory ). — If Autum- nali tempoi'e. — R. R. nundùm vidi. Orchidée. i63. Orchis Bifolia. D C. 20o5. Labello lineari obtuso. — In sylvaticis ac pratis circa Bayonam. —* IL Maio , Junio. — C. 164. » Laxiflora. D C. 201 1. Labello tripartito. — In pratis humid. umbrosisque circà Bayonam. — If Maio. — R. i65. Orchis Mililaris. D C. 201 3. Labello 4- fîdo , punc- tat. scabris. — In pratis umbrosis. — If Maio. — R. 166. » Simia. D C. 2016. Labello 4- partito, — In nemoribus propè Bayonam. — If Maio , Junio. — R. R. 167. Ophrys Monorehis . D C 2028. Caule nudo , labello l 9 ( 2 86 ) 3» partito. — In collibus umbrosis circa Bayonain. — If Junio. — C- ï68. » Antropophora. D C. 2o3o. Caule folioso , la- bello indiviso. — In pratis montosis humidisque. Bayonâ. — % Junio. — C. 169. » Myodes. D C. 2o3i. Labello 3. partito, pu- bescente. — In pascuis Marensin , Soustons. — % Maio , Junio. — Pi. 170. » Aranifera. D C. 2o3i a . Labello villoso. — In pascuis glaveosis propè Bayonam. — %. Junio. — R. 171. » Apifera. D C. 2o32 a . Labello villoso 3. lobo. — In pascuis umbrosis propè Bayonam. — % Maio, — B. 172. Serapias Lingua. DC. 2o33. Labello 3. partito; lacin. glabris. — In sylvaticis propre Bayon. et pratis ad ripas Atari, — Tf. Maio. — C. C. 1^3. » Corcligera. D C. 2o34- Labello 3. partito, laciniis pilosis. — In pratis bumidis propè Bayonam, Marensin, Soustons, La Teste. — % Maio, Junio. — C. C. 174* Epipactis Ensifolia. D C. 2040. Foliis lanceolato- subdistichis. — In arenosis maritimis. Pïeux-Bou- cau , Capbreton. — % Maio. — R. 1^5. » Latijblia. D C. 2039. Fol. ovatis , amplexi- caulib. ■ — In pascuis , Marensin , Soustons. — % Junio. — C. 176. Epipactis Nidus-Avis. D C. 2o43. Caule aphyllo va- ghiato. — In ericetis ac sylvaticis , Marensin. — If. Maio , Junio. — R. HydrocharidejE. 177. Hydrocharis Morsus-Ranœ . D C. 2o5i. Foliis cor- dato-orbiculatis. — Var. a. fol. maximis. Var. b. ( ^8 7 ) fol* minimis , crassis. -^— In rivnlis et aquis puris , propè Marensin , Vignac , Cas têts. — ?f Junio , Julio. — G. G. 178. Vallisneria Spiralis. D C. 2o53. Pedunculis fœmi- neis longissimis , spiralibus. — In lacubus , Ma- rensin, Caslets ( Thor. ). — % tf Julio. — R. R. Dicotylédones. — Incompletae. CoNIFERJE. Ï79. Pinus Sylvestris. D C. 2o54- Strobilis longitudine foliorum. — In ericetis arenosis propè Bayonam. Garosse ( Thor. ). — !> Maio. — R. R. 180. » Mariiima. D C. 2057. Strobilis foliis brevio- ribus. — In arenosis ad littus Tai'bellicum. — |) Maio , Julio. C. C. 181. Juniperus Communis. D C. 2o65. Amentis axillaribus, — Incollib. aridis circa Rayon. — f> Aprili. — R. 182. Ephepra Dis tac hy a. D C. 2070. Amentis binis ter- nisve. — In arenosis maritim. circa Bayonam. — La Teste (Later. ). — ï> Maio. — R. AmentacejE . i83. Salix Triandra. D C. 2074. Frutex, foliis oblong. lanceol. serratis. — In arenosis secùs Aturum propè Bayonam. — ï> Maio. — C. 184. Salix Aurigerana. D C. 2084. h t. 6. In aquaticis. La Teste ( D C. ). — Maio. — . R. i85. » Aurita. D C. 2o85. Frutex. fol. obovatis subtùs villosis. — Ad scpes locis umbrosis. Bayonâ. — I) If. Maio. — R. 186. » Depressa. D C. 2093. Suppl. p. 346. S. De- ( 288 ) pressa, et Arenama. D C. 2092 et 2093. Arbus- cula, fol. ovato-oblongis integerrimis subtùs pubes- centibus. — In arenos. propè Bayonam. La Teste ( Des M. ). — ï, Maio. — C. C. 187. Mvrica Gale. D C. 2io5. Caule fruticoso. în aquaticis turfosisoue à Bayonâ ad Caput-Boïos, secùs Mari- sinum. — f> Apiïli, Maio. — C. C. 188. Quercus Suber. D G. 2122. Cortice rimoso fungoso. — In pinetis ad littus Oceanicum. — ï) Junio. — G. V R T I C & M' . 189. Xantrium Spinosum. D C. 2i4-0. Foliis trilobis spi- nosis. — In arenosis ad ostium Atari circà Bayonam. Allées marines ( Ducasse ). — % Julio. — R. B. Eu phorbiace;e 190. Euphorbia Chamœsyce. D C. 2i44- Dichotoma pro- cumbens, seminibus 4- gonis. — In arenosis circà Bayonam. — @ Julio. — C. C. 191. » Peplis. D C. 2i45. Dichotoma procum- bcns seminibus ovatis. — in arenosis maritimis circà Bayonam , Biarrits , Boucau. — @ Augusto. — R. 192. » Exigua. D C. 2148. Seminib. sub. 4. gonis transversè sulcatis. — In arvis propè Bayonam. — H Augusto. — G. C. 193. » Paralias. D C. 21 53. Seminib. ovatis lae- vib. rufo maculatis. — In âren'â mobili secùs Ocea- num. Biarrits , Vieux-Boucau. La Teste. — If Junio , Julio. — GC. 194. EurnoRBiA Segetalis. D C. 21 54- Seminib. ovatis reticulatis. — In arvis inter segetes , Marensin, Baj r onâ. — © Augusto. — C. (289) ig5. » Pilosa. D C. 2166. Fol. Innceol. pîlosis. var. a. D C. t. 6, p. 364- — Ad ripas Afcuri propè Bayonam. — - If Maio. — R. 196. » Purpurata. D C. 2168. Capsulis gl abris verrucosis. — Insylvaticis circà Bayonam . — IL Ver- nali tempore. — R. R. 197. » Paniculata. D C. 2172*. t. 6. capsulis verrucosis. — Secîis vias propè Bayonam (D C. Lois.). — 'if Maio , Augusto. — R. R. 198. » Illyrica. Lois, suppl. 728. Capsulis pîlosis. — Euph. Pilosa. var. b. D C. 2166. t. 6 , p. 364- Secus vias circà Bayonam ( Lois. ). — If Maio , Ju- nio. — R. R. Aristolochi^e . 199. Aristolochia Clematitis. D C. 2182. Floribus luteo- virentibus. — In arvis sabulosis , Mare ns in. — 'if Junio. — R. 200. Cytinus Hypocistis. D C. 2184. Florib. luteo-ru- bent. ut planta. — Ad radiées cisti alyssoidis , circà Marisinum in pinetis. — 1£ Julio. — R. R. E L OE A G N E .E . 201. Thesium Humifusum. D C. 2i85 a . t. 6. Caule humi- fuso subramoso. — In ericetis sic cis propè Bayonam. — % iEstivali tcmporc. — R. 202. » Linophyllum. D. C. 2i85. Caule erecto. — ■ In eriçetis circà Bayonam. — If Julio. — R. R. 203. Hippopuae Rhamnoides. D C. 2188. Foliis lanceolatis. — In arenà mobili ad littus Tarbellicum. — |> Ver- nali tempore. — R. R. 204. Osyris Alba. D C. 2187. Foliis lineari-lanceolat. — -> In umbrosis arenosis sec us Oceanum. — ï> Maio , Junio. — R. R. ( 290 ) ThYMELEjE . 2o5. Daphne Cneorum. D C. 2195. Floribus purpureis ter- minalibus. — In ericetis arenosis Aguitaniœ; MureiL- sin. — ï) Maio. — C. Po LYGONEiE 206. Polygonum Pusilliun. D C 2207. Foliis lanceol. Ii- nearibus. — In aquaticis ad ripas Aturi circa Bayo- nam. — (§) Julio. — C. 207. » Maritimum. D C. 2212. Caule surfruticoso procumbente. — In arenosis maritimis ad littus Tar- bellicum. — % |> Junio. — C. C. 208. Pojmex Maritimus. D C. 2228. Foliis planis ; valvarum dentibus prselongis. — In pratis maritimis Bayon. Vieux-Bouc au. — 1jG Junio, Julio. — C. 209. » Palus tris. D C. 2228°. Ru/n. maritimus. var. b. — Valvar. dentib. sublongissetifonn. Inpaludos. marit. Biarrits. — 2/! Julio. — R. 210. » Scutatus. D C. 2234. Fol. cordato-hastatis. — In pratis maritim. propè Bayonam. — % Maio , Ju- nio. — R. Chenopode£. 211. Beta Maritima. D C. 2240. Caul^basi prostrato. — In pratis subsaisis , La Teste (Des M. ). — tf Junio. — C. 212. Atriplex Portulaeoïdes. D G. 2245. Caule fruticaso , foliis oppositis. — In arenosis ad littus Tarbellic. Bayonâ. Marensin , Lit Teste. — î> Julio. — C. 2i3. Atrjplex Glauca. D C. 2246. Caule fruticoso , foliis alternis. — In arenosis maritimis. Biarrits. — ï> C. ( 2 9 T ) ai/f- » Rosea. D C. 2248. Gaule herbaceo patulo. — In arenâ mobili ad littus Oceanicum , Bassin. d'Arcachon. (Des M.). — (§> Junio , Julio. — R. 21 5. Chenopodium Botrys. D C. 2262. Foliis oblongis si- nuatis. — In arenosis ad ripas Aturi propè Bayo- nam. — «§) Julio. — C. 216. » Maritimum . D C. 2268. Foliis subula- lis. — In paludib. submaritim. La Teste (Later.) . — (%) Julio , Auguste. — C.C. 217. » Frulieosum. D C. 2269. Foliis camosis teretibus obtusis. — In litteribus Oceani Tarbell. La Teste (Thor. ).— (§) Junio. — R. 218. Salsola Soda. D C. 22^3. Foliis inermibus. — la arenosis et paludosis maritira. propè Bayonam. — % Julio. — C. 219. » Tragus. D C 2274 • Foliis subulatis, spi- nosis , lsevibus. — Ad littora Tarbellica. Boucau, La Teste. — @ Julio , Auguste. — C. 220. . » Kali* D G. 2275. Foliis subulatis spinos. In paludos. et arenosis submarithnis. La Teste. — Julio , Auguste. — R. ( 292 ) Amaranthaceje. 324. Amaranthus Alhus. D C. 2282*. t. 3, p. 726. Gaule erecto ramosissimo. — In arenosis argilosis subma- ritimis propè Bayonam ; Biarrits. — @ Junio , Julio. — R. 225. » Prostratus. D C. 2283*. t. 3 , p. 727. Caule prostrato , rubente , ramoso. — In pratis argi- losis et, aquaticis circà Bayonam'. — (§;. Julio. — R. 226. Herniaria Glabra. D C. 2292. Glomerulis multifloris. — In arenosis arvisque argilosis propè Bayonam , La Teste. — % Julio. — C. G. PlAKTAGIKEjE . 227. Plantago Lanceolata. var. z DC. 2299.» t. 6. Foliis sublanuginosis. spieis ovatis. PI. Lanceol. var. n. fol. sublanugin. spieis cylindricis. In pratis siccis et argil. propè Bayonam (D C. ). Boucau. — % Julio — R. 228. » Maritima. D C. 23o6. Foliis semi-cylin- drieis integerrimis carnos. — In pascuis et collibus Biarrits. In arenos. pratisque submaritimis propè Bayonam, Boucau, Certes (Later. ), La Teste (Des M. )..— '.% Junio , Julio. — C. C. 229. » Alpina. D C. 23o8. Fol. lineari-lanceolatis planis glabris. — In collib. calcareis submaritimis , Biarrits (Tbor. ). — % Junio — R. R. 230. » Subulata. DC. 23 12. Fol. linearibus subu- latis duris. — In arenosis argilosisque ad littus Ocea- nicum. Marensin. — IL Jum'o. — R. 23 1. Plantago Arenaria. D C. 23 1 5. Fouis linearibus pu- bescentibus viscidis. — In arenâ mobili secùs mare Oeeanic. — <% Junio , Julio. — C. ( 2 9 3 ) 232. Littorella Lacustris. D C. 2J17. Staminibus 4- prœ- longis. — In palustribus propè Bayonarn ad ripas stagnor. — If Junio ad August. — R. PLUMBAGINEiE. 233. Statice Armeria. var. d. tenuifolia. D C. 23i8. a t. 6. Foliis angustissimis subangulosis. Stat. Linearifo- lia ? Lois. — In collib. calcar. marit. Biarrits , Boucan. — 'if Junio ad August. — C. 234- » Plautaginea. D C. 23 19. Foliis oblongo- lanceolatis nervosis. — In pvatis arenosis submari- timis. Vieux-Boucau. — If Junio. — R. 235. » Limonium. D C. 232 1 . Foliis margine undu- latis oblongis obtusis. — In paludosis argilosis . are- nosisque maiitimis. Biarrits , Bouc au , La Teste. — % Julio , Auguste. — C.C. 236. » Linearifolia (Later. fl. ). 1. p. 182. Foliis linea- ribus obtusis. — In pratis argilosis arenosisque sub- maritimis propè Bayonarn (Lois. ■). ha Teste(hater. ). — If Maio , Junio. — C. 237. » Echioides. D C. 2324. Foliis tuberculato-le- prosis. — In arenosis ac paludosis maritirn. Boucau. — rf Julio. — R. 238. » Diffusa. D C. 2327. Fouis linearibus glabris , caducis. — In stagnantibus maritimis. Boucau, La Teste ( Later. ). — If Junio , Julio. — C. 23g. » Oleœfolia. D C. 2326. Foliis lanceolatis mu- cronato-cuspidatis. — In stagnis submaritim. Biar- rits, Boucau, propè Bayonarn.- If Junio, Julio.- R. 240. Plumbago Europœa. D C. 233o. Foliis amplexicau- libus lanceolatis scabris. — In sepibus maritimis ac collibus calcareis. Biarrits , Boucau, propè Bayo- narn. — Junio , Julio. — R. R. ( »94 ) Primulaceje. a4i. Anagaixis Tenella. D C. 2342. Caule prostrato. In paludos. argilos. turfosisque circà Bayonam , et Marisinum. — ^Maio ad Julium. — C. G. 242. WoiTomxPaluslris. D C. 235o. Foliis pectinatis ver- ticiilatis. — In stagnantib. ad ripas Aturi propè Bayonam. — ■ If Maio , Junio. C. — a43. Primula Officinalis. D C. 2367. Pedunculomultifloro. — In sylvis ac collib. umbrosis propè Bayonam. — % Martio. — R. R. 244* Cyclamen Europœum. D C. 2379. Foliis cordatis , crenatis , venosis. — In sylvaticis. La Teste. ( Thor. ). — % Septemb. R. R. 245. Samolus Nanus. Tbor. prom. 298. Subsimplex nana. »S*. Valerandi. var. b. nana. D C. 238i. — In pra- tis submaritimis circa Bayonam. ( D C. ) et rupib. calcar. maritimis. Biarrits. ( Thor») — ■ çf Julio, Auguste — R. Rhinanthaceye . 246. Polygala Amara. D C. 2383. Foliis obtusis. florib. alb. vel roseis. — In collib. mai.it. Biarrits , Bou- cau, propè Bayonam. — 3f Aprili , Maio. — C. 247 • Veronica Triphyllos. D C 240 5. Foliis digitato-par- titis. — In arenos. propè Bayonam. — <% Maio. — R. 248. » Serpillifolia. D C. 2416. Foliis ovatis sub- crenatis glabris. — In arvis arenosis propè Bayo- nam. — If Aprili , Maio. — C. 249. Sibthorpia. Europœa. D G. 2417. Gaule repente fili- fonni. — In umbrosis humi disque circa Bayonam. — If ^state. — R. R. 250. Bartsu Fiscosa. D G. 243o. Caule recto hksuto. — (295) In pratis circà Marisinum ( Thor. ) et locis sabu- losis humidis La Teste. ( Des M. ). — <§) Julio , Au- guste — R. R. 25i. Rhinanthus Glabra. D C. ifi\. Calycib. glab. — In pratis circa Bayonam. — @ Maio , Junio. — R, a52. » Hirsuta. D C. 2432. Calycib. villosi?. — In pratis et arvis , Marensin ( Thor. ). — @ Junio. — R. R. 253. Pedicularis Sylvatica. D C. 2434. Calycib. inflatis 5 fidis. — In paludosis ac ericetis turfosis circa Bayonam. — @ Aprili ad Julium. — C. 254. Melampyrum Arvense. D C. i^/fô. Corollis purpureis clausis. — Ad marginem agror. sylvarumque propè Bayonam. — @ Junio. — C. a55. » Nemorosurn. D C. 244#- Corollis luteis secundis. — Innemorib. ac collibus umbrosis propè Bayonam. — % Maio , Junio. — C. 256. » Sylvalicum. D C: 245o. Floribus luteis axillaribus. — In colîib. umbrosis propè Bayonam. — @ Maio , Junio. — C. 257. Orobanche Ramosa. D C. 2458. Caule subramoso. — In arenosis collibusque siccis propè Bayonam. — ip JEstate. — R. 258. » Caryophyllea. Smith. Brit. O. Vulgaris. D C. 2453. — Odore caryophylieo. — In arenâ mobili ad littus Tarbellicum. Vleux-Boucau. — If ÎEstivali tempore. — R. 25g. Lathroea Claude s tina. D C. 245q. Floribus magnis violaceis. — In sylvis humidis ac ripis umbrosis propè Bayonam. — If Aprili, Maio. — R. •260. » Squammaria. D C. 2460. Floribus nutan- ( 2 9 6 ) tibus âlb. -purpuras. — In sylvaticis "frigidis ac hu- mentibus. Bayonâ. — If Maio. — R. JaSMINE/E. 261. Phillyrea Angustifolia. D C. 2469. Floribus albi- cantibus. — In pinorum sylvis secùs Oceanum. — I) Vere, — R. 262. Jasminum Fruticans. D C. 2471. Floribus luteis. — In sepibuscircà#/d«rt propè Bayonam. — ï) Maio. — R. R. Labuts. 263. Salvia Sylvestris. D C. 2482. Foliis subcordatis, bi- serratis. — In vineis ac pratis circa Bayonam. — % JEstate. — R. 264. » Prœcox. Lois. not. p. 6. S. Clandestina. D C. 2488.» Corollâ calyce duplb longiorc. — Secùs vias propè Bayonam. — If JEstiv. tempore. — C. 265. Stachys Hirla. D C. 2572. Floribus luteis.— In siccis arcnosisque circa Bayonam ( Lois. ). Biarrits. — @ Junio , Julio. — C. 266. Scutellaria Galericulata. D C. 261 5. Florib. cœru- leis. ad ripas Àturi propè Bayonam, Biarrits. — % Julio. — C. 2S7 • » Minor. D C. 26 1 6. S. Hastifolia ? Thor. Florib. minimis rubro-punctatis. — In ripis um- brosis et aquaticis , Bayonâ. Parentis. ( Des M. ).— % Augusto. — C. Personat.e. 268. Pinguicula Lusitanica. D C. 262 1*. P. Alp Thor. Florib. spurco albis , fauce luteâ. — In tu ma. ( 297 ) * Fosis uliginosisquc. Biarrits , Bayonâ , Marensin. ■ — @ Maio, Junio. — C. 269. Limosella Aqiiatica. D G. 2622. Foliis lanceolato- spatulatis. — In stagnantib. inter plantas. Bayonâ, Biarrits. — If. Junio ad August. — C. 270. Lindernia Pyxidaria. D C. 2623. Corollâ ringente. — In inundatis ad ripas Aturi circà Bayonam. — ■ (g) Junio. — B.. 271. Scrophularia Multijîda. Lk. 2. p. 336. Scroph. Canina. D C. 2632. In arenosis secîis Aturum. Bayonâ. — @ Junio , Julio. ■ — R. 272. Linaria Cymbalaria. D C. 2634. Foliis cordatis 5. lobis. Ad muros antiq. cire a Bayonam. — If Junio. — R. 273. » Triphylla. D C. 2639. Foliis ternis ovatis tri- nerviis. — In arenos. maritim Boticau. — (g) Junio. — R. 2^4« » Thymifolia. D C. 2642. Fol. ternatis ovali- busque glabris. — In arenos. maritim. propè Bayo- nam (D C. ) Biarrits , Vieux -Bouc au. — ® Maio , Junio. — C. 2^5. » Maritima. D C. 2644 • b Foliis verticillatis li- ncaribus glaucis. — In arenâ mobili ad littora Tar- bellian. Vieux-Boucau. — If Junio. — R. 276. » Juncea. D C. 2646.* t. 3 , p. 729. Foliis li- nearibus carnosis. — In arvis sabulosis inter messes propè Bayonam, Marensin. — If. Maio, Junio. — C. C. 277. » Supina. D C. 2644« Foliis subquatem. linea- ribus. ■ — In arenosis maritimis. Biarrits. — # Maio ad Augustum. — C. nu- < 298) SoLANEiE. $78. Verbascum Phlomoides. D G. 2671 . Foliis ovat. utri — R. 283. Echium Violaceum. D C. 2709. Corollâ maxim. viol. — In argilos. secùs Aturum. Bayonâ. — % Julio ad Sept. — R. 284. Lithospermum Prostratum. D C. i r ]i r j. A Caule pros- trato , llorib. cœruleo-purpur. — In siccis arenos. sterilibusque propè Bayonam. Biarrits. — ï> Maio. — C. C. 285. » Fruticosum. D C. 2717. Foliis linea- ribus hispid. floribus violaceis. — In aridis et colli- bus siccis , circà Bayonam ( D C. ). — I> Augusto. — C. 286. Pulmonaria Angustifolia. D C. 2720. Foliis lanceol. scabriusculis. — In sylvis ac collib. circa Bayonam. — If Aprili, Maio. — G. ( 2 99 ) 187. Anchusa Sempervirens . D C. 2^33. Pedunculis di- phyllis capitatis. — In arvis arenosis , Marensin , St.-Julien ( Thor. ). — If. Junio. — R. 288. Cynoglossum Pictum. D C. 2^38. Corollis dilutè cre- ruleo-venosis. — In ruderatis secîis vias propè Bayo- nam. — a* Junio. — C. C. CoNVOLVULACE/E. 289. Convolvulus Sepium. var. b, marit. DC. 2744.* t. 6. Foliis hastatis camosis. — In arenos. marit. < — , If, Junio. — C. 290. Convolvulus Siculus. D C. 2746. Fol. cordato-ovatis. — In arenâ mobili seciis Oceanum. La Teste. (Thor. ). — # Julio. — R. 291. » Soldanella. D C. 2748. Fol. reniformib, — In arenos. ad littus Tarbellic. La Teste , Biar- rits , Boucau, etc. — If Junio, Julio. — C. C. Gentiane. e. 292. MeNyanthes Trifoliata. D C. 2757. Fol. ternatis. -— In rivulis ac palustrib. Bayonensibus ; Parentis. — % Maio. — C. C. 293. Chlora Sessilifolia. D C. 2759.° Gaule filiforme pau- cifloro ; fol. sessilib. — In arenos. maritim. Bayonâ. Vieux-Boucau , La Teste (Des M. ). — <§) Julio. — R. 294. Chironia Pulchella. D C. 278i.Florib. pedicellat. corymbosis. — In arenos. marit. Bayonâ , Pieux- Bouc au , La Teste , Ste Eulalie. — «§> Julio. — C. C. 295. » Marilima. D C. 2782. Florib. digynis lu- teis. Ch. Occidentalis . D C. 2782. a ? — In arenâ mobili ad littus Tarbellic. ( Thor. ) Bayonâ ( Brong. ). la Teste ( Later. ). — <§> Julio. — C. ( 3oo ) 296. » Spicata. Willd. Sp. 1 , p. 1069. DC - 2 7&3. Floribus spicatis roseis sessilib. — In pascuis sub- maritimis , La Teste ( Dumolin ). — @ Junio , Julio. — TA. 297. Exacum Filiforme. D C. 2784. Corol. 4- fid. luleâ. — In uliginosis circà Bayonam. — (§| Junio , Julio. — ce. APOC YNEiE . 298. Asclepias Nigra. D C. 2791. Caul. supernè subvolu- bili. — In collib. siccis circà Bayonam. — 'if Julio. — R. Ericace^. 299. Erica Tetralix. D C. 2801. Fol. quaternis cilintis. — In ericet. aquaticis. — Marensiti. — £ Maio , Julio. — R. 300. » Arborea. D C. 2802. Fol. ternis ; corol. cara- panulat. — In arenos. maritimis. — Bassin d' Ar- cachon ( Thore ). — ^ Maio. — R. 3oi. » Ciliaris. D C. 2804. Fol. ternis quaternisve ciliatis. — In ericet. sabulos. propè Bayonam. — K Junio. — C. 302. » Scoparia. D C. 28o5. Florib. sub-viridib. — ■ In ericet. arenos. Marensiti , ubiquè. — fy Junio. — ■ C. C. 303. Erica Vagans. D C. 2806. Fol. quaternis quinisve ; florib. purpur. — In sylvaticis circà Bayonam. — J) Junio, Julio. — C. G. 304. » Multiflora. D C. 28o6. a t. 6 (E. Fagans , var. b. ) In ericet. ac sylvis Bayonse. — î) Junio. — C. 305. àrbutus Unedo. D C. 2810. Caule arboreo. — In pinetis ad littus Oceanicum. — £ Autumnali tem- porc. — C. ( 3oi ) 3©6. Menziezia Polifolîa, Pers. i , p. 4 r 9- {M. Dabeoci. D C. 2799 ). — In collib. calcareis propè Bayonam ( Lapeyr. ). — ï) Maio. — R. R. CiMPAKULACEiE. 307. Campanula Patula. D C. 2836. Florib. maxim. cœrul. — Ad sepes propè Bayonam. — tf If, Maio ad Ju- lium. — C. C. 308. » Rapunculus. D C. 2837. Florib. coerul. interdùm albis. — In arvis et sylvaticis ; Bayonne. — O* Junio. — - R. 309. Lobelia Dortmanna. D C. 2869. Fol. lînearib. bilo- cularib. — Ad littora Oceani Tarbelliani. Etang de Cazaux ( Later. testante Thore ). — If. Julio. — R. 3 10. » Urens. D C. 2870. Fol. super, lanceol. ser- ratis. — In ericet. humid. et arenos. circà Bayo- nam. — (§) Junio ad Septemb. — C. C. Composite. Chicorage*. 3ii. Lampsau a Minima. D C. 2874. Scapo sub-trifloro. — In arvis sabulos. Marensin. — @ Junio. — R. 3 12. Chondrilla Muralis. D C. 2885. Fol. lyrato-pinna- tifidis. — Ad murosantiq. Bayonae. — (§|) Julio. — R. 3i3. Sonchus Maritimus . D C. 28g3. Fol. amplexicaulib. lanceol. — In pascuis submaritimis circà Bayonam. — 'if Biarrits. — Junio , Julio. — C. 3i4- » Palustris. D C. 2897. Fol. runcinatis basi sagittatis. — In fossis aquat. circà Bayonam. — % Julio. — C. 3i5. Hieracium Eriophorum. D C. 2909. Caul. erecto cum foliis dense lanato. — In arenosis maritimis circà 20 ( 3o2 ) Bayonam ( Lois. ). In dunis puris , La Teste ( La» (ter. ). — %. Junio , Julio. — C. 3i6. » Prostratum* D C. 2909. a t. 6. ( H. Erio- phor. var. b. Caul. prostrato ). Circa Bayonam ad ostinm Aturi , et arenosis marit. Boucau ( Dec. ). Biarrits. ( Lois. ). — % Julio ad Sept. — C. 317. Andryala Integrifolia. D C. 2938. Caule erecto co- rymboso. — In collib. apricis propè Bayonam. — % Julio. ~ B. 3 18» Thrincia Hirta, var. b k D C. 2966. Involucro glabro. — In arenos. secùs vias Bayonœ — - ty Julio , Au- gusto. — B. 319. Leontodum Bulbosum. Lin. ( Prœnanthes Bulbos. D C. 2883 ). — In arenâ mobili Oceani ; Biarrits (Lapylaie ). Julio. — R. CïNAROCEPHAL.E. 320. Serratula Tinctoria. D C. 3os6. Fol. subpinnatifidis seiTatis. — In ericetis Marensin. — If Julio , Augusto. — B. 321 . Centaurea Cyanus* D C. 3o45. Involucris cylindricis , ciliatis. — Inter segetes in arvis arenosis , Maren- sin. — @ Junio. — C. 322. » Salmantica. D C. 3o65. Involucris glo- bosis glabris. — In pratis submaritimis circa Bayo- nam. — % Junio. — B. B. 323. Carlina Corymbosa. D C. 3 100. Caule corymboso multifloro. — In collib. aridis calcareis secîis Atu- rum» — % Junio , Julio. B. C O R Y M B I F E R JE . 324. Xeranthemum Inapertum. D C. 3 1 09. Squamis acutis , membranaceis. — In arvis arenosis; Marensin. — @ iEstivali tempore. B. ( 3o3 ) 325. Elychrysum Stœchas. var. b. D C. 3i 12. Foliis linea- ribus angust. — In arenos. ac collib. submaritim. Blarrits ; in dunis Boïorum ( Des M. ). — f) Junio. — G. C. 326. » Arenarium. D C. 3n3. Foliis radicalib. spatnlat. lanceolat. incanis. — In arenos. maritim. circà Bayonam ; Boucau. (Lois. ). — fr Junio, Julio. — C. C. 327. Gnaphalium Montanum. D C. 3 121. Caule herbaceo ? subdichotomo. — Ad colles calcar. circa Bayonam. — <§> Julio. R. R. 3a8. Conyza Squarrosa. D C. 3 126. Foliis scabris ; invo- lucris squarrosis. — In siccis et calcareis secùs vias propè Bayonam. — o* Julio ad August. — R. 329. Chrysocoma Linosyris. D C. 3i3o. Herbacea , invo- lucris Iaxis. — In pratis maritim. circa Bayonam. — % Augusto. — R. ( Thore ). 330. » Tripollicaris. Vill. Dauph. 3 , p. 188. ( Linosyris. var. b. D C. ). In collib. calcar. ac pratis submaritim. Biarrits ( Thore ). — Julio , Aug.° — R. 33 1. Erigeron Canadense. D C. 3i34« Floribus panicu- latis hirtis. — In collib. siccis , calcareis propè Bayo- nam ; in dunis puris , La Teste. ( Des M. ). — <§> Augusto. — C. 332. Aster Tripolium. DC. 3i37- Fol. lineari-lanceclatis, trinerviis , glabris. — In paludos. submaritim. ad cstium Atmï , propè Bayonam (Allées marines )* La Teste ( Later. ). — % Aug.° Septemb. — C. C. 333. Inula Crithmoides. DC. 3 157. Foliis linearibus tricus- pidatis carnosis . — In paludosis maritim . propè Bayo- nam. — ^ Julio. — C. C. 334- Solidago Graveolens . D C. 3 162. Foliis lanccol. sub- serrat. hirsut. viscosis. — In sepibus circa Bayonam. — If. Augusto. — G. ( 3o4 ) 335. Senecio Sylvaticus. D C. 3 1 70. Foliis pinnatifidis dèn- ticulatis. — In arvis ac sabulosis maritimis propè Bayonam. — % Junio. — R. 336. » Aquaticus. D C. 3 174. Foliis lyratis serrato- glabris. — In aquaticis arenosisque submaritimis ad littus oceanic. — Julio. R. 337. Cineraria Palus tris. D C. 3187. Caule villoso ; florib. corymbosis. — In paludosis circa Bayonam ( Lois. ). Junio , Julio. — R. 338. Chrysanthemum Maximum. DC. 32o5. Fol. carnosis , superiorib. linearibus. — In collibus calcareis sub- maritim. Biarrits , Boucan. — If. Julio. — R. 33g. Matricaria Maritima. Lin. 1256 ( Pyrethr. Mari- tim. D G. 32i6. a ). Fol. bipinnatifidis camos. gla- bris. — In arenos. maritim. ad littus Tarbellic. — % Julio. — R. R. 34o. Tanacetum Vulgare. DC. 3225. Foliis bipinnatifidis, inciso-scrratis. — In raderatis sepibusque , Maren- sin. — % Junio, Augusto. — C. C. 34i. Artemisia Campestris. D C. 3235. Caule procum- bente ramoso. — In arenosis ad littus oceanicum ; Boucau, La Teste. — % Jul. ad August. — C. C. 342. Artemisia Crithmifolia. D C. 3235. a t. 6 ( an A. Campestris? var. b. ). In arenâ mobili secùsOcea- num Tarbellicum. Bayonâ ( D C. ). La Teste. ( Des M. ). — If Julio, August. — C. C. 343. Diotis Candidissima. D C. 325 1. Pedunculis corym- bosis , florib. luteis. — In arenosis maritimis circà Bayonam ; Boucau. — % Julio , Augusto. — C. 344- Anacyclus Radia tus. Lois. — D C. 32.52. a t. 6. ( Anthémis Valentina ? Lap. 533 ). Radiis luteis „ majoribus. — In arenosis marit. Boucau , Bayonne , aux Allées marines. — % Maio ad Julium. — R. ( 3o5 ) 345. Bidens Minima. Lin. 1 165 ( Bidens cerntta. var. b. D C. 3288 ). Involucri foliis flori aequalibus. — In lacubus maritimis , secùs Oceanum.- ® Aug.° - R. Dipsace/E. 346. Scabiosa Integrifolia. D G. 33o4- Foliis radicalib. spathulatis subpinnatifidis. — In sylvaticis pratisque humidis pvopè Bayonam. — @ Junio. — C. Valérianes . 347. Valeriana Tripteris. D C. 33 18. Foliis radie, cor- dato-dentatis. In aquatieis propè Bayonam. — % Junio , Julio. — R. R. 348. » Heterophylla ? Lois. 1 , p. 21. {V. Glo- bulariœfolia. D G. 332 i. a ). Fol. radie, ovatis in- tegris obtusis. Propè Bayonam. — % Julio.— R. R. 349. » Dioica. D C. 3325. Floribus dioicis. — In paludib. humi disque , circà Bayonam. — j£ Maio , Junio. — C. 350. Centranthus Ruber. D C. 3327. Fol. ovato-lanceo- latis. — Ad muros antiq. Bayonae. — If Julio. — C. Id. var. b. Florib. albis. 35i. » Angustifolius . D C. 3328. Fol. angus- tatis. Iisdem locis. — Julio. — C. RUBIACE/E. 352. Asperula Oynanchica. D C. 3343. Caule erecto, firmo ; florib. albid. — In ericetis ac arenosis propè Bayonam. — If Junio , Julio. — C. 353. » Rubeola. Nob. Caule decumbent. Florib. corymbos. ex albo-purpureis. — In arenâ mobili secùs Oceanum Tarbellicum. Biarrlts , Bouc au , Vieux-Boucau. — % ^stivali tempore. — C. C. 354. Galium Arenarium. Lois. i,p. 85.DC. 335o. a Gai. hierosolymitanum. Thor. — Florib. luteis subum- ( 3o6 ) bellatis. — In arenâ mobili dunaram. Biarrits , Boucau neuf et vieux ; Ste .-Eulalie , La Teste ( Des M.). — If Maio, Julio. — C. C. 355. Galium Sjlvaticum. D C. 3356. Foliis octonis ellip- ticis. — In collib. calcar. et umbrosis sylvaticisque circa Bayonam. — 'if Julio. — R. 356. Rubia Peregrina. D C. 338g. Foliis subsenis. — Ad sepes propè Bayonam ; La Teste ( Des M. ). — 'if Junio, Auguste — C.C. Umi ELLIFER^;. 35y. Pimpevella Dissecta. D C. 34i3. Foliis pinnatis. — In arenosis , dunisque umbrosis. Vieux-Boucau. — If Junio. — R. 358. Seseli Tortuosum. D C. 34ig. Caule divaricato, ra- mosissimo. — In ericetis , Marensin ( Thor. ). — If Julio. — R. R. 35g. Scandix Pecten Feneris. D C. 3432. Foliolis multi- fidis. — Inter segetes circà Bayonam. — % Junio. — R. R. 36o. QEnanthe Fistulosa. — D C. 344°- Petiolis flstulosis. — In aquaticis prope Ba} r onam. — If Julio t R. R. 36i. » Crocata. D C. 3444- Foliis cuneatis multi- fidis. — Ad ripas Aturi , propè Bayonam. — If Julio. — R. R. 362. Sium Repens. D C. 3449* Caule repente. — Inhumi- dis et littoribus propè Bayonam. If — R. 363. » Inlermedium. D C. 3453. Caule procumbente. — In stagnis Marensin. — % — R. R. 364. » Inundalum. D C. 3454- Foliis inferioribus ca- pillaceis. — In paludib. maritim. inter. dunas. La Teste ( Des M. }. — # Maio. — R. 365. Crithmum Maritunum. D C. 3480. Foliis lanceolat. ( 3<>7 ) camosis. — In collibus calcareis maritim. propè Bayonam. Biarriîs , Boitcau. In dunis, La Testa ( Later. ). — % Augusto. — C. C. 366. Ammi Glaucifolium, D C. 3498.$Umbellâ patulâ , foliolis inferiorib. linearib. — In pratis ari disque. Marensin. @ — R. 367. Caucalïs Grandiflora. D C. 35o4- Petalis albis , exte- rioribus maximis. In arvis circà Bayonam. @ — R. R. 368. » Dauco'ides. D C. 35o8. Involucro nullo. ^— In arenôsis, La Teste. (§) — R. 369. Apium Graveolens. var. a. D C. 3522. Umbellis sub- sessilibus. — In pascuis maritimis secîis Oceanum. cT — ( Thore ). R. "fr^o. Eryngium Marilimum. D C. 355 1. Foliis piicatis spi- nosis. — In arenôsis maritimis propè Bayonam ; Boucau, La Teste ( Des M. ).— % Julio C.C. Cr ASSULACEfi 371. Tilloea Muscosa. D C. 36o3. Floribus rubris. — In ericetis sabulosis , Marensin. — @ C. 372. Sedum Stellatum. D C. 36o8. Floribus sessilib. soli- tariis. — In mûris veterib. propè Bayonam. — "Jp ® — R. PûRTULACEjE. 373. Tatmark Gallica. DC. 3633. Floribus pentandris. — - In pratis marit. et ad sepes propè Bayonam , Biar- rits , La Teste. — ï) Maio, Junio. — C. C. 374. » Germanica. D C 3634. Floribus decandris. — In arenôsis secùs Oceanum Tarbellicum. I) -R. S ALIC ARIiE . 375. Glaux Maridma. D C. 365o. Foliis eliipticis oppo- ( 3o8 ) sitis. — In arenâ mobili Oceani Tarbellici. Boucau, Fieux-Boucau , La Teste. (Later. ). — @ If Maio. — C. Onagrari^ . 376. Hippuris Fulgaris. D C. 3657. Foliis verticillatis. — In fossis aquaticis secîis mare. If — C. 377. Epilobium Palustre. D C. 3669. Fructu pubescente. AdlittusTarbellicum. Vieux- Boucau. — If Maio. 378. » Intermedium. Boiy. In locis maritimis. ( Later. ex Bory ).— %. Maio.— R. Rosaces. 379. Rosa Pimpinellifolia. D C. 3697. Aculeis rectis. — In collib. calcareis submaritim. Biarrits. — £ Maio. — R. 380. » Rubiginosa. D C. 37 ïo. Aculeis rccurvis. — In sylvis submaritimis. La Teste. ( Des M. ) — I) Maio.— R. 38i. » Moschata. DC. 3^15. Floribus subcorymbosis albis. — In sepibus propè Bayonam. — £ Junio , Julio. — R. 382. Potentilla Nitida. D C. 3758. Caule prostrato. — • Ad margines agror. circà Bayonam. — If Septem- bre — C. 383. » Splendens. D C. 3757. Subacaul. sericea; fol. tcrnatis. — In sylvis colhnisque circà Bayonam. — If Aprili, Maio. — C. 384- Prunus Domestica. var. b. sylvestris. D C. 3790. Ramis demùm spinosis. — In sylvis pinorum. La Teste ( Des M. ).— f) Aprili, Maio.— C. (La suite au second volume. ) TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE PREMIER VOLUME. ZOOLOGIE. Page. Essai sur les Sphérulites , etc.; par M. Charles Des Moulins i Description de plusieurs espèces nouvelles du genre Papillon -, par M. Th. Roger 1 57 Note sur / J Ascalaphe italique; par M. A. Blanchard.. 162 Instructions à l'usage des personnes qui voudraient s'occuper à recueillir des insectes pour les cabi- nets d'histoire naturelle ; par M. Th. Roger i63 Lépidoptère exotique pris à Bordeaux, dans la ville y sur un platane ; par M. l'Abbé Lalanne .. 173 Description d'un genre nouveau de la classe des Acalèphes, Cuv.; par M. Rang, correspondant .. 174 Erpétologie; par M. Ch. Des Moulins 179 Notice en réfutation de la non-existence de la Licorne ; par M. J.-F, Laterrade 186 Avis 192 GÉOLOGIE. Découverte d'ossemens fossiles Ibid. Essai sur la détermination de quelques ossemens fossiles trouvés dans le département de la Gi- ronde , et sur les conséquence de cette décou- verte; par M. Billaudel 193 <3io) Notice géologique sur le terrain de Saucats (dé- partement de la Gironde ) ; par M. Guilland , correspondant 239 BOTANIQUE. Mémoire sur les proportions relatives des espèces de plantes découvertes dans le rayon de la Flore Bordelaise , et groupées en famille natu- relles; par M. Billatjdel » 247 Description d'une espèce nouvelle d 'Euphorbe , Eu- phorbia Milii, Nob. ; par M. Ch. Des Moulins 261 Notice sur le Lychnis corsica et autres plantes mé- ridionales , trouvées dans le département de la Gironde ; par M. Ch. Des Moulins 2Ô5 Florula Littoralis Aquitanica , seu Elenchus Plan- tarum insigniorum , spontè nascentium , in litto- ribus Oceani Aquitanici vel Tarbelliani , à Ba- yonâ usquè ad Caput-Boïos ( vulgb La Teste de Buch ) , justà ordinem Jussiœanum dispositarum ; par M. J. P. S. Grateloup 269 FIN DE LA TABLE. 1 ■T? iH "^§ «