Qo & qoVI HARVARD UNIVERSITY LIBRARY MUSEUM OF COMPARATIVE ZOOLOGY 7-13-7 -4 (Jbfr u, I d'une Baleine, en 1831, aux environs de l'île Tristan d'Acunha (1) Squelette d'adulte au Muséum de Paris; squelettes de Baleineaux dans les Musées de Paris , Londres et Leyde ; tètes de divers âges dans les Musées de Berlin , Brest , Leyde , Londres et Louvain. (2) La tête de foetus de Baleine australe, figurée par Van Beneden (Bull. del'Acad. roy. de Belgique, 2 e série, t. XXVI, p. 89), d'après un dessin de Werner, se rap- porte selon notre supposition , au Balœna anlipodum de la Nouvelle-Zélande , dont un fœtus a été envoyé au Muséum de Paris. Tome XXVII. (3 e Série : T. VIL — l re Livraison.) 1 V ( 6) » (Océan Atlantique), en présence de M. Roussel de Vauzème , méde- » cin à bord du Massachussetls du Havre. » Forme, à peu-près celle d'une Baleine adulte. — Sexe , féminin. » — Age, deux mois et demi. — Poids, quinze livres. — Longueur, » deux pieds huit pouces, ou la vingt-et-unième partie de celle de la » mère qui était de cinquante-sept pieds et dont le tissu adipeux sous- » cutané a donné pour produit 20,000 livres d'huile ou 100 barils. — » Couleur , teinte d'ardoise légèrement rosée. » Donné par la Société Linnéenne au nom de M. le docteur Barbe, y> membre correspondant. — (A Avril 183-4). » Ce modèle avait été antérieurement présenté à l'Institut par M. Roussel de Vauzème (1), qui compléta sa présentation, en publiant ses Recher- ches analomiques sur un fœtus de Baleine (2). J'ai pu, grâce à la complaisance de mon ami M. le docteur Souverbie, examiner le moulage du Musée de Bordeaux et en recevoir un dessin très-exact. DIMENSIONS Longueur totale m 85 c De l'extrémité de la mâchoire supérieure à l'évent 13 — — — à l'œil 20 De l'extrémité de la mâchoire inférieure à la commissure labiale. . 47 De l'extrémité de la mâchoire inférieure à la naissance des nageoi- res pectorales 24 De l'extrémité de la mâchoire inférieure au cordon ombilical .... 42 Longueur des nageoires pectorales 11 Largeur de la queue ( d'une pointe à l'autre) 20 Du cordon ombilical à la fente vulvaire 42 Si l'on admet que la distance de l'extrémité de la mâchoire inférieure à la naissance de la pectorale représente la longueur de la tête, le rapport de celle-ci à la longueur totale est à peu près de 3/10 c , c'est-à- dire, un peu moins du 1/3. En étudiant ce foetus on est frappé par la conformation de l'extrémité du rostre qui est camus , obtus et dilaté en spatule. Je retrouve une disposition semblable dans un modèle du Balœna antipodum Gray, (1) Journal l'Institut, p. 106 (1833). (2) Annales des sciences naturelles, 2" série , t. II , p 125 (1851 ). Note communi- quée a l'Institut, t« r Septembre 1854 . ( 7 ) exécuté d'après un individu adulte capturé dans la baie d'Akaroa en 1856, par M. Méryon, enseigne de vaisseau (Muséum d'histoire naturelle de Paris). Le dessin de Werner, publié par M. Van Beneden (1), et qui me paraît être celui d'un fœtus de Baleine de la Nouvelle-Zélande (Balœna anlipodum Gray) , montre un rostre assez large à sa base, diminuant graduellement de largeur jusque vers son extrémité antérieure, où il se dilate en spatule. Néanmoins , ce rostre est comparativement plus allongé que celui du fœtus de Tristan d'Acunha. Cette conformation s'explique quand on voit le squelette du Baleineau du Cap , rapporté par Delalande au Muséum de Paris. Les intermaxillai- res sont assez fortement coudés près de l'extrémité du rostre; chez l'adulte la courbure de la mâchoire supérieure est moins marquée. La dilatation spatuliforme du rostre est recouverte chez les Baleines australes par le bonnet, excroissance épidermique, et déjà visible chez les fœtus. § II. — Les caractères du fœtus de la Baleine australe deviennent plus saillants, comparés à ceux du fœtus de la Beleine du Groenland ( Balœna mysticelus ) . Camper (2) a donné une bonne figure d'un fœtus de Baleine du Nord. (Voir notre pi. I, fig. 2.) Diniwisioxs Longueur totale , 0™ 470"»'i De l'extrémité de la mâchoire supérieure à l'évent 080 — — à l'œil 125 De l'extrémité de la mâchoire inférieure à la commissure labiale. 125 De l'extrémité de la mâchoire inférieure à la naissance des nageoi- res pectorales 165 De l'extrémité de la mâchoire inférieure au cordon ombilical. ... 260 Longueur des nageoires pectorales 070 Largeur de la queue (d'une pointe à l'autre) 115 On remarque , dans ce dessin , la longueur de la tête , l'étroitesse et l'acuité de la mâchoire supérieure vers son extrémité. Le rostre n'est pas camus et spatuliforme , mais mince , conique, à peine courbé. La distance de l'extrémité de la mâchoire inférieure à la naissance de (1) Van Beneden , loc. cit. (2) Observations analomiques sur la structure des cétacés, pi. I (1820). ( 8) la pectorale (qui représente à peu près la longueur de la tête) , est à la longueur totale dans le rapport de 1/3, au lieu de 3/10 e , chiffre que nous avons indiqué pour la Baleine australe. On sait d'ailleurs que chez le nouveau-né, aussi bien que chez l'adulte, la tête du Balœna mysti- celus forme le tiers de la longueur totale. J'ai trouvé au Muséum d'histoire naturelle de Paris un très-beau moulage de fœtus de Balœna mijslicelus, exécuté d'après un exemplaire conservé à Peterhead (Ecosse), et rapporté par les naturalistes du voyage du prince Napoléon en Islande. Longueur totale 0™ 49e De l'extrémité de la mâchoire supérieure à l'évent 85 De l'extrémité de la mâchoire supérieure à l'œil 4 3 De l'extrémité de la mâchoire inférieure à la commissure labiale. 13 Longueur des nageoires pectorales r 05 L'œil est peu saillant; la mâchoire supérieure, très-mince, dépasse sensiblement la mâchoire inférieure qui est très-large. Le rostre n'est pas courbé. Ce modèle ne diffère pas, par ses dimensions, de la figure de Camper. §111.— S'il est difficile de déterminer l'âge du fœtus moulé par M. Rous- sel de Vauzème, qui lui attribue deux mois , d'après l'assertion des Ba- leiniers , nous possédons cependant quelques documents sur la taille du fœtus à terme et du nouveau-né. Le Baleineau, envoyé du Cap par Delalande, et figuré par feu Ant. Desmoulins (1) (Voir pi. II, fig. l re ), mesurait 17 pieds (5 m 44 e ). Dela- lande avance que les petits ont à leur naissance 12 à 15 pieds de long (3 m 84 e à 4 m 80 e ); ils prennent de suite la tétine. A. Smilh (2) donne une longueur plus considérable au fœtus à terme de Baleine australe; il en a vu quelques-uns de 19 pieds anglais (5 m 77 e ) contenus encore dans l'utérus. Warwick (3) a dépouillé un Baleineau qu'il supposait né depuis huit ou dix jours environ et atteignant la taille de 20 pieds anglais (6 m ). Le nouveau-né du Balœna myslicelus est toujours plus petit; d'après (t) Dictionnaire classique d'histoire naturelle, article Baleine. (2) South Afric. Quart. Journ., p. 150. (5) Cité par Gray, Catal. of seals and whales, Brit. Mus. 2° éd. p. 93 (1866). (9 ) Scoresby (1), il ne dépasse pas 13 pieds anglais (3 m 95 e ) ; son rostre est plus aplati et la courbure des lippes plus prononcée. Le rapport de la longueur de la tête à celle du corps est 1/4 pour le nouveau-né de Baleine australe et 1/3 pour celui de la Baleine du Groen- land. Quant aux adultes , la Baleine du Cap paraît dépasser en longueur celle du Nord; la femelle rapportée par Delalande avait 75 pieds de long (24 m ) ; Warwick a vu une femelle de False-Bay longue de 68 pieds anglais (20 m 67 e ) ; la femelle prise à l'île Tristan d'Acunha , par Roussel de Vauzème, mesurait 57 pieds (18 m 24 e ). La Baleine du Groenland, d'après Scoresby (2), varie entre 50 et 65 pieds anglais de longueur (15 m 20 à 19 m 76 e ). § IV. — Les, migrations des Baleines australes sont signalées depuis que la pêche est pratiquée activement. Ces Baleines, dit Delalande, arri- vent du 10 au 20 juin dans les baies d'Algoa, du Cap et de Limons, où elles sont chassées par la violence du vent de N. 0. Elles parlent à la fin d'août et au milieu de septembre, après avoir mis bas (3). Elles paraissent à la côte E. de l'Amérique méridionale sur une lati- tude de 36° à 48° Sud , de novembre à janvier, et à 48° seulement de février en avril ; de là , elles se dirigent vers la côte 0. d'Afrique (4). On fait la pêche de cette Baleine pendant quatre mois dans les para- ges des îles Tristan d'Acunha, peu aux îles Malouines et au Brazil- Bank. Les îles Tristan d'Acunha sont situées dans l'Océan Atlantique par 37° 5' de latitude S. et 13° 4' de longitude 0. il. SUR LES MOUSTACHES DES DAUPHINS (PI. II, fig. 2. a, b.) § Y.— L'existence de moustaches chez les fœtus de Dauphins est admise depuis longtemps. Le fondateur de l'Ichlhyologie, Pierre Belon, ayant disséqué une femelle de l'Oudre ou Grand Marsouin (Delphinus lursio), (1) An account of tua arctic régions. T. 2, pi. XII, fig 2 (1820 . (2) Loc. cit. , pi. XII , fig. i. (3) Ant. Desmoulins , loc. cil. (4) Capitaine Day, cité par Van Dcneden ( les Baleines cl leur dislribulwn geo graphique). Cuil. Acad. Roy. de Belgique, t. 23, p. 16(1868). ( 10) a trouvé dans l'utérus un foetus muni de quatre moustaches. Je cite textuellement le passage de Belon (1) : « Ce qui a esté dict au Daulphin , peult aussi convenir à l'Oudre ; » ainsi que nous avons veu par la dissection de ce poisson, par laquelle « avons trouvé que le petit avait comme des barbes en la lèvre d'en » hault; quatre de chasque costé qui se perdent et consomment ainsi » qu'il devient grand. » P. Camper (2) les a signalées sur le nouveau-né du Marsouin ordi- naire, mais il n'a reconnu de chaque côté du rostre que deux poils; E. Rousseau (3) s'est borné à annoncer que le caractère était constant chez les Dauphins et les Marsouins, sans entrer dans aucun détail rela- tif au nombre et à la disposition des poils. Gray (4) a figuré plusieurs fœtus de Dauphins, tous pourvus de moustaches; ainsi, le Sleno fusais Gray (5) porte de chaque côté quatre poils recourbés; le Delphimis del- phis L. (6) en présente sept; le Lagenorhynchus leucopleurus Rasch (7) six ou sept, et le Lagenorhynchus albirostris Gray (8) six. Enfin, Van Beneden (0) a trouvé quatre poils de chaque côté du rostre chez le fœtus du Globiceps. Voici ce que j'ai remarqué sur quelques fœtus de Dauphins : 1° Fœtus de Delphimis delphis (?) long de G2 centimètres (Musée d'Arcnchon). Ce fœtus mâle, probablement à terme, était très-gras; la saillie grais- seuse de la base du rostre est bien développée. A la face supérieure du rostre on trouve, à gauche, sept poils et six à droite, longs de 5 à 10 millimètres, assez gros et durs , quoique légèrement contour- (1) La nature et diversité des poissons. Livre J , p. 13. Paris (1535). (2) Observations anatomiques sur la structure des Cétacés, pi. XLV, LI et LU (1820). (3) Sur l'existence de moustaches chez le fœtus de Dauphins et de Marsouins, Ann. des se. nat., t. XXI, p. 351 (1830). (4) Zool. Voy. Erehus and Terror (1846). (5) Gray, toc cit. , pi. XXVI, fig. 1. (6) Gray, îoc. cil , pi. XXVI, fig. 2. (7) Gray, loc. cit., pi. VI, fig. 3. (8) Gray, loc. cil. — Fœtus non figuré. Eschricht en a vu huit sur le môme Dau- phin. (9) Recherches sur la Faune littorale de Belgique. (Mémoires de l'Acad. roy. de Belg., t. XXXII , 1861). — Eschricht a vu trois poils de chaque côté sur un fœtus de la même espèce. ( 11 ) nés, implantés sur deux lignes dirigées obliquement d'arrière en avant et de dehors en dedans, parallèles aux sutures des os maxillaires et inter- maxillaires. Le renflement graisseux de la base du rostre dépasse en avant les points d'implantation des derniers poils postérieurs. Les cryptes des bulbes sont visibles et paraissent profonds. 2° Fœtus de Delphinus delphis (?) long de 56 centimètres (Musée de Bordeaux). (Voir pi. Il , fig. 2, a, b), individu femelle. Je n'ai noté que bien peu de différence entre ce fœtus et le précédent. Les cryptes des bulbes des moustaches sont disposés dans le même ordre ; on en voit cinq de chaque côté; les poils étaient tombés avec une partie de l'épi- derme , par suite de l'altération de la liqueur préservatrice. 3° Nouveau-né de Delphinus lursio , long de l m 22 e (Musée d'Arca- chon). Ce nouveau-né est empaillé ; les dents sont recouvertes par les gen- cives. J'ai vu distinctement les cryptes des moustaches , mais en très- petit nombre. 4° Fœtus de Phocœna communis, long de 20 centimètres (Musée de l'École de médecine de Rochefort). Les cryptes pileux, alignés de la même façon que chez les Dauphins, sont au nombre de six de chaque côté; il est impossible de les mécon- naître, et je m'étonne que Camper n'en ait vu que deux sur ses Mar- souins. § VI. — En résumé , les Dauphins et les Marsouins, à l'état fœtal ou nouveau-nés, présentent une disposition spéciale des moustaches dont les poils, rares et espacés, sont implantés de chaque côté sur une seule ligne longiludinalement oblique. Le sexe n'a pas d'influence sur la production de ces organes, puisque je les ai indiqués sur les fœtus mâle et femelle du Delphinus delphis (?). Six genres de Delphinidœ en sont pourvus : Delphinus, Tursiops, Sténo, Lagenorhynchus, Globicephalus, Phocœna; il est donc probable que ce fait est général ; cependant, Stannius dit avoir vainement cherché les poils sur un fœtus de Narwhal (1), et Eschricht n'a pu les découvrir chez les fœtus du Béluga. — Par contre, les Inia ont le museau barbu, surtout à l'état jeune. Les moustaches des fœtus de Baleines ont été décrites par Eschricht (2) chez les Balœnoptera roslrala Fabricius, et Kuphobalœna longimana (1) Manuel d'Anatomie comparée, t. II, p. -405 (1850). (2)K. Danskc Vid. Sclskabs Afii. I8i5, XI, lab. 5, fig 1, tab. 1 et 2. ( 12 ) Rudolphi.-M Gervais a même vu des poils sur le corps d'une jeune Baleine. La présence de moustaches dans les deux grandes divisions des Cétacés étant mise hors de doute, acquiert une certaine importance au point de vue de la classification. Avant qu'on les eût remarquées , les Cétacés semblaient constituer une exception parmi les mammifères, et par suite, le mot de Pilifères proposé par Blainville, pour désigner ceux-ci, n'était pas à l'abri de toute objection. Quant à leur utilité, elle paraît devoir être nulle chez les Cétacés. Les poils disparaissant de bonne heure, ne se montrent chez le fœtus que pour relier en quelque sorte, par un chaînon de plus , les Cétacés aux autres mammifères. III. DESCRIPTION D'UNE MACHOIRE INFÉRIEURE DE SQUALODON GRATELOUPI. (PI. Il.fig. 3 a, d,)(i) § VII. — L'histoire du singulier cétacé décrit parGrateloup sous le nom de Squalodon a présenté de telles difficultés, qu'il est utile de faire con- naître les pièces inédiles qui s'y rapportent. De ce nombre est une belle mâchoire inférieure droite , découverte récemment par M. Delfortrie à Léognan , dans le gisement même de la première pièce signalée dans le Sud-Ouest de la France. Celle demi-mâchoire n'est pas complète ; son exlrémilé antérieure ainsi que l'apophyse coronoïde manquent; dans cet étal, elle mesure 60 centimètres de longueur et 17 (?) centimètres de hauteur au niveau de l'apophyse coronoïde (fracturée vers le sommet); la hauteur de la portion symphysée n'est que de 4-2 millimètres. La surface externe du maxillaire en avant du condyle est bombée; la surface articulaire de celui-ci est étendue (54- millimètres de hauteur), et se trouve placée vers la moitié du bord postérieur de la mâchoire; mais en tenant compte de la hauteur présumée de l'apophyse coronoïde, elle se rapprocherait peut-être du bord supérieur. (1) Ces figures sont renversées par erreur du dessinateur; par conséquent le maxil; laire du côté droit est représenté comme s'il appartenait au côté gauche. ( 13) On voit en dehors six ou sept, trous nourriciers dirigés obliquement d'arrière en avant et de haut en bas. Le maxillaire subit un léger changement dans sa direction vers la troisième molaire; à partir de ce point, son bord alvéolaire s'incline progressivement en dehors et l'épaisseur de l'os s'accroît de plus en plus et atteint de 32 à 35 millimètres dans sa portion symphysée; au niveau de la troisième molaire, l'épaisseur n'est que de 22 millimètres. Le bord supérieur du maxillaire porte douze alvéoles; les cinq anté- rieures ont une longueur moyenne de 18 millimètres; elles sont sensi- blement ovalaires et dirigées d'arrière en avant; les sept postérieures allongées, étranglées vers leur centre, correspondent à des dents à double racine ou didymes , et représentent par conséquent les vraies molaires. Leur longueur respective est de : Alvéole de la première molaire 49 millimètres. — — deuxième — 20 — — — troisième — 25 — — — quatrième — 27 — — — cinquième — 25 — — — sixième — 22 — — — septième — 22 — La longueur des alvéoles augmente donc de la première à la qua- trième, et décroît ensuite jusqu'à la septième. Les alvéoles des quatre dernières molaires se touchent presque ; celles des trois premières, ainsi que celles des prémolaires, sont plus écartées. Deqx dents restent enchâssées dans leur alvéole : la deuxième et la cinquième molaires (4). La deuxième molaire (fracturée à sa pointe), (pi. II, fig. 3 c), dépasse de 28 millimètres le bord alvéolaire , elle est assez étroite, surtout en comparaison de la cinquième, triangulaire, comprimée latéralement; son bord antérieur (fracturé dans presque toute sa longueur), ne permet d'apercevoir qu'un tubercule à sa base; son bord postérieur est muni inférieurement de trois petites dentelures bien marquées suivies de fines denticulalions clans le reste de son étendue; l'émail est rucueux et irré- (1) Ces dents, ainsi que le maxillaire, sont figurées d'après un moule envoyé par M. Delforlrie; mais la description des dents est faite d'après la pièce originale et sur les notes qne M. Souverbic m'a adressées. ( 14) gulièrement strié en long. Largeur de la dent au collet , 22 millimètres. La cinquième molaire (pi. II, fig. 3 d), plus large , dépasse de 28 millimètres le bord alvéolaire; sa couronne est triangulaire, à angle plus ouvert que celui de la deuxième molaire ; le bord antérieur, peu convexe, porte deux dentelures obtuses, peu détachées, qui le rendent ondulé; le bord postérieur, presque droit, est pour ainsi dire denté en scie par trois tubercules verticaux bien détachés à leur pointe du reste de la dent; un autre tubercule existe à la base; le sommet était pourvu éga- lement d'une pointe. La disposition de l'émail ne diffère pas de celle que j'ai indiquée pour la deuxième molaire. Largeur de la dent au col- let, 27 millimètres. Les caractères de la mâchoire découverte par M. Delfortrie concordent avec ceux de la mâchoire supérieure décrite par Graleloup (1). ■ Celle-ci est constituée par une portion du maxillaire et de l'interma- xillaire gauches. Elle présente dix alvéoles; les trois antérieures sont simples, obliques d'avant en arrière; les sept dernières annoncent des dents didymes. Les alvéoles des deux premières molaires sont remplies de terre ; celle de la troisième porte une dent saillante de 38 millimè- tres ; la quatrième a perdu la sienne ; les trois dernières molaires sont en place; la cinquième est saillante de 27 millimètres; la sixième et la septième de 23 millimètres. Les alvéoles des cinq dernières molaires se touchent presque , le bord postérieur de la dent placée en avant recouvrant le bord antérieur de celle qui suit. Ces dents sont plus aiguës, et paraissent moins usées que celles de la mâchoire inférieure trouvée par M. Delfortrie. En réunissant les données fournies par ces deux pièces, on obtient pour la dentition du Squalodon de Léognan , la formule suivante: 7- molaires didymes. — 3 prémolaires; 7 molaires didymes. — 5 prémolaires; mais les deux mâchoires étant incomplètes en avant, cette notation n'a de valeur que par rapport au nombre des molaires. (1) Description d'un fragment de mâchoire fossile d'un genre nouveau de reptile, (Saurien) de taille gigantesque , voisin de Y Iguanodon , trouvé dans le grès marin de Léognan près Bordeaux. (Actes de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux. 2 e année, ISiO). — Gervais, Zoologie et Paléontologie française, pi. 41, fis. 5.— ( 15) Une autre pièce nous aidera peut-être à établir la formule dentaire des Squalodon ; c'est un beau fragment de mâchoire inférieure droite avec la portion symphysée du côté gauche, trouvée à Léognan par M. Arnozan et donnée par lui à Graleloup , qui en a fait faire un mou- lage. Celle mâchoire a été décrite par Pédroni (1) , qui la rapportait au même cétacé que le Squalodon, sous le nom de Delphinoides Gralelupi; plus tard, M. Gervais (2) l'a figurée en l'identifiant avec le Delphinus macrogenius ou Dauphin à longue symphyse de Cuvier (3), dont le type provient de Sort (Landes) , et qui ne me paraît pas appartenir au genre Squalodon. La demi-mandibule droite paraît complète dans sa portion alvéolaire; cependant l'extrémité antérieure est fracturée; sa longueur est de 61 centimètres et sa hauteur â l'apophyse coronoïde (incomplète) de 16 centimètres. Sa forme diffère de celle de la mâchoire inférieure trouvée par M. Delfortrie; elle est plus grêle, plus contournée; les alvéoles des molaires semblent plus obliques en dedans , et celles des prémo- laires plus obliques en dehors ; l'apophyse coronoïde est plus vertica- lement ascendante, et en restituant par la pensée la portion qui man- que, on doit arriver à une hauteur en ce point supérieure à 16 centi- mètres. Aucune dent ne reste, et l'interprétation de la. formule dentaire est très-difficile; les dents antérieures, à racine simple, étaient au nombre de dix ; les trois premières alvéoles des molaires présentent chacune deux excavations, les quatre suivantes sont simples et peuvent être con- sidérées soit comme les alvéoles de deux dents didymes, disposition qui existe sur le maxillaire du Squalodon d'Anvers , soit comme les al- véoles de quatre dents aune racine; la formule dentaire inférieure serait : 5 molaires didymes, 10 prémolaires, canine et incisives ou 7 molaires dont 3 didymes , 10 prémolaires, canine et incisives. Dans les deux cas, la dentition de cette pièce diffère beaucoup de celle que j'ai indiquée pour la mâchoire inférieure du Squalodon de M. Del- (1) Ossements fossiles de la Gironde. (Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, tome XIV, p. 109. 1845). (2) Zool. etpaléonl. française, pi. 41, fig. 7. (renversée), (5) Recherches sur les ossements fossiles, 4 e édition . pi. 22.4, fig, 4, 5, 9. 10, 11. ( 46 ) foi ti ie. Ces différences sont-elles spécifiques ou individuelles? Il est im- possible de répondre actuellement à cette question , à cause du petit nombre d'ossements connus des Squalodon. On a trouvé encore à Léognan une portion de mâchoire inférieure gauche du même genre. Ce fragment appartenant autrefois comme au- jourd'hui encore, à M. H. Arnozan, directeur de l'Asile départemental des aliénés de la Charente-Inférieure. Il a été signalé parPédroni (1), comme pièce de Squalodon -, M. Gervais (2) l'a figuré et décrit sous le nom de Delphinus (Champsodelphis ) Bordœ. Sa longueur est de 48 cen- timètres ; sa hauteur, au niveau de l'apophyse coronoïde (incomplète) est de 13 centimètres ; les alvéoles sont privées de dents , mais remplies par la roche; néanmoins je crois reconnaître avec quelque certitude des alvéoles de dents didymes; ce qui permet d'affirmer que le Delphinus Bordœ est un Squalodon. et suivant toute probabilité le Squalodon Gralcloupi Tels sont les éléments recueillis jusqu'à présent à Léognan; mais quel- ques autres localités de la Gironde ont fourni des pièces intéressantes de Squalodon. Je citerai d'abord la dent caniniforme figurée par M. Gervais (3), sous le nom de Smilocamptus Burgueli, d'après l'exemplaire du Musée de Iîordeaux. Elle est longue de 55 et large de 14 millimètres. Elle pro- vient de Salles. M.Tournouër m'a communiqué deux dents qu'il a recueillies à Sainl- Médard-en-Jalle, près Bordeaux; la première est une dent aune racine, probablement une prémolaire; elle est allongée, étroite, conique; la coupe de sa racine donne une ellipse; la couronne est aplatie laté- ralement, aiguë ; ses deux bords forment des arêtes finement denticu- lées; l'émail porte sept ou huit rides longitudinales. Au collet, la direc- tion de la dent change ; la couronne est un peu tordue sur son axe. Longueur, 4G millimètres; largeur au collet, 43 millimètres; mais la racine étant fracturée, il est probable que cette dent atteignait 10 milli- mètres de plus. La seconde est une molaire didyme , probablement la première mo laire; elle rappelle beaucoup, par la forme de sa couronne , une den (1) Loc, cit., p. 107, où il l'identifie avec sou Dclphinoides Gralelupi. •2) Loc. cil., pi. 41, lig 8 (renversée). (3) Loc cit., pi. il, fig. 4 [mala). ( n ; du Squalodon de Linfz, figurée par M. Van Beneden (1). Sa couronne est aplatie, triangulaire, aiguë au sommet; elle porte, en dehors comme en dedans, une dizaine de rides longitudinales. Ses bords sont minces, aigus, finement denticulés dans toute leur longueur, sans apparence des tubercules caractéristiques des Squalodon. Les deux racines creu- ses, sont reliées par une lame distincte; leurs extrémités sont brisées. Longueur de la dent (incomplète), 42 millimètres; largeur au collet, 19 millimètres. D'après la structure de cette dent, il est évident , si du moins nous avons bien interprété sa position relative, que la première molaire du Squalodon serait privée de tubercules à ses bords. Enfin, un atlas provenant de Salles (Gironde), et faisant partie du cabinet de Grateloup , a été figuré par M. Van Beneden (2) ; il est de forme annulaire; les apophyses transverses sont massives, larges à la base, peu saillantes; l'arc supérieur mince, ne porte pas d'apophyse épineuse bien marquée; les surfaces articulaires antérieures sont très- grandes, peu profondes, séparées en bas par un espace de 1 centi- mètre; les postérieures sont plus grandes, et leurs facettes se confon- dent en bas avec le corps de la vertèbre. Le trou vertébral a la forme d'un 8 de chiffre. Dimensions : diamètre bilatéral d'une apophyse trans- verse à l'autre 160; hauteur 110; diamètre antéro-postérieur du corps ou épaisseur 30; hauteur du trou vertébral 70; plus petit diamètre transverse du trou vertébral 35 millimètres. M. Van Beneden n'hésite pas à rapporter cet atlas au Squalodon; il remarque que ces facettes articulaires antérieures correspondent aux facettes occipitales du crâne du Squalodon de Barie, décrit par M. Jour- dan. Je n'oserais être aussi aflirmatif; il existe, en effet, dans les gise- ments tertiaires du sud-ouest de la France, plusieurs autres Cétacés de taille égale, sinon supérieure à celle du Squalodon, et rien ne prouve que l'Atlas de Salles ait appartenu au Squalodon plutôt qu'au Dauphin à longue symphyse de Cuvier, dont nous ne connaissons pas les vertèbres. Dans tous les cas, celte pièce offre un grand intérêt; elle est libre et non soudée avec la deuxième vertèbre ou les autres cervicales , comme on le voit chez la plupart des Cétacés; on ne trouve guère d'atlas libre que dans les genres Balœnoptera, Physekr, Béluga, Mono don. Nous (1; Recherches sur les ossements provenant du Crag d'Anvers. Squalodon. (Méni. de l'Acad. roy. des sciences de Belgique , p. 51. 1865.) 2) Loc cit., pi. III, Dg. i. ( *8 ) ne possédons malheureusement pas les vertèbres cervicales des Dau- phins actuels à longue symphyse (Inia, Sleno), à l'exception du Plata- niste , dont la première cervicale est libre. Une autre considération me permettra encore de faire des réserves au sujet de l'opinion de M. Van Beneden, sur la détermination de l'atlas de Salles. Les mollasses de Sort (Landes), Monlfort (Landes) , gisements des Dauphins à longue symphyse, sont au niveau slraligraphique du falun de Salles ; mais celui-ci est supérieur aux faluns de Léognan et de Saint-Médard-en-Jalle , gisements ordinaires des Squalodon (1), dont il est même séparé par les dernières couches du falun de Sauçais, d'après les travaux de MM. Mayer et Tournouër. Une dent de Léognan, décrite et figurée par M. Gervais sous le nom de Phoca Pedronii (2), est également assimilée aux Squalodori par M. Van Beneden ; ce rapprochement me paraît douteux , et je trouve quelque affinité entre la dent de Léognan et celles du Dauphin à longue sym- physe de Cuvier. Quant à cette dernière espèce , les figures de Cuvier l'éloignent radi- calement des Squalodon ; sur une des mâchoires incomplète, on compte dix-huit dents courtes, coniques, écartées; les alvéoles sont simples. Plusieurs des dents sont pourvues d'une sorte de tubercule mousse, analogue à celui des dents de YJnia. § VIII. — En dehors de l'Aquitaine, les Squalodon se trouvent dans plusieurs localités tertiaires. Les premières dents connues sont figurées dans l'ouvrage de Scilla [De corporib. mar., pi. XII, fig. 1); elles pro- venaient de l'île de Malte. M. Agassiz leur a imposé le nom générique de Vhocodon. Sous le nom de Iihizoprion (3), M. Jourdan a décrit une tête pres- que complète de Squalodon, découverte en 185-4 à Barie (Drôme); la partie antérieure des mâchoires fait défaut. Les molaires sont au nom- bre de \ ; les prémolaires « au nombre de 24 à 26 de chaque côté et à a chaque mâchoire. » Cette formule dentaire est trop étrange pour être (1) Nous connaissons cependant une dent de Squalodon de Salles; c'est le Smilo- camplus Burgueli. (2) Gervais, loc. cit., pi. XLI, lig. 1. (3) Jourdan. — Description de restes fossiles de deux grands mammifères consti- tuant deux genres, l'un le genre Rhizoprion de l'ordre des Cétacés et du groupe des Delpbinoïdcs, l'autre le genre Dinocyon, etc. (Comptes-rendus de l'Ac des se. 1801. ( 19 ) exacte, et l'on doit supposer que les chiffres 24 ou 26 représentent le nombre total des dents à une racine, ce qui donnerait alors : M. 7. — Prémol. 6 ou 7. M. 6. — Prémol. 6 ou 7. M. Jourdan a constaté que les orifices supérieurs des fosses nasales sont placés de la même façon que chez les Dauphins; mais tout en recon- naissant les affinités de son Rhizoprion avec le Squalodon, il n'a pu s'empêcher de créer un nouveau nom générique. L'extrémité du rostre du Rhizoprion de Barie n'a été connue qu'un an après la publication de M. Jourdan , par une lettre de M. Gervais (1) , adressée à M. Van Beneden, et accompagnée d'une planche. Dès-lors, l'histoire des Squalodon a fait un grand pas , et l'on a pu se rendre compte de la série complète des dents. Les prémolaires , canine et inci- ves, sont au nombre de 8 ; en y ajoutant 6 ou 7 molaires, on a un chiffre total de 14 ou 15 dents. La découverte de nombreux fragments de Squalodon, à Anvers, a en- gagé M. Van Beneden à étudier ces Cétacés (2). Il est arrivé a donner la formule dentaire suivante : Incis. 3. — Can. 1. — Prémol. 4. —Mol. 7. =15. Incis. 3. — Can. 1. — Prémol. 4. — Mol. 7. = 15. L'espèce d'Anvers est décrite comme nouvelle sous le nom de Squa- lodon Anlverpiensis ; le nom de Squalodon Gervaisi est donné à une dent, figurée par M. Gervais (3), provenant de Saint- Jean-de-Védas ; sa racine paraît trilobée; enfin, le Squalodon de Linlz ( Autriche ), est également nouveau et reçoit le nom de Squalodon Ehrlichi. En Amérique, les restes de Squalodon sont assez abondants dans les terrains tertiaires. Confondus d'abord avec des Phoques, ils ont été dé- crits sous les noms génériques de Cynoroa , Colophonodon , Macro- phoca. M. le docteur Cope a donné la liste et la description des cinq espèces américaines (4) (1) Gervais. — Sur les Squalodon. Bull, de l'Ac. roy. de Belgique, p. 162 (1862). (2) Van Beneden, loc. cit. (3) Gervais, loc. cil., pi. VIII, fig. 11. (4) Voir pour les Squalodon américains les ouvrages suivants : Lcidy, Procccd. Acad. nat. se. of. Pliiladclphia, p. 577 (1853), 220, 265 (1856); — Wyman, Amer. Journ. se. arts, p. 230-232, lig. i-7 (1850); — Copc, Procecd. Acad. nat. se. of Pliiladclphia, p. 150-15-i (1867). ( 20) § IX. — Le groupe des Cétacés Squalodonlesest donc aujourd'hui Irès- riche eu e&pèces. Voici leur synopsis : Genre SQUALODON Grateloup, Crenidelphinus Laurillard, Delphinoides Pédroni, Phocodon Agassiz , Champsodelphis (pars) Gervais, Rtiizoprion Jourdan , Macrophoca Leidy, Cynorca Cope, Colophonodon Leidy, Smilocamplus Gervais. 1. SqualodonGraleloupi H. de Meyer. Foss. miocène moyen (Bordeaux). 2. Squalodon macrogenius, Gervais (1) (Champsodelphis). non Cuvier. Foss. miocène moyen (Bordeaux). 3. Squalodon Bordœ , Gervais (Champsodelphis). Foss. miocène moyen (Bordeaux), \. Squalodon Burgueti, Gervais (Smilocamplus). Foss. miocène supérieur (Salles). 5. Squalodon Bariensis, Jourdan (Rhizoprion). Foss. miocène (Bariej. 6. Squalodon Scillœ , Fischer (2). Foss. miocène (Malte). 1. Squalodon Antverpiensis , VanBeneden. Foss. Crag (Anvers). 8. Squalodon Gervaisi, Van Beneden. Foss. miocène (Saint-Jean-de-Védas). 9. Squalodon Ehrlichi, Van Beneden. Foss. miocène (Linlz). iO. Squalodon prolcrvus , Cope. Foss. miocène (Etats-Unis). 41. Squalodon Wymani, Leidy. Foss. miocène (Etats-Unis). 12. Squalodon mento , Cope. Foss. miocène (Etats-Unis). 13. Squalodon debilis Leidy. Foss. pliocène (États-Unis:. 14. Squalodon Holmesi , Leidy. Foss. pliocène (États-Unis). (1) Gervais, loc. cit , pi. XLI, lif?. 7. (2) Dent figurée par Scilla. (21 ) 15. Squalodon atlanticus , Leidy. Foss. miocène (Etats-Unis). 16. Squalodon Wilkinsoni, Mac-Coy. Fossile de Castle Cove , Cap Olway, côte de Victoria (Australie) (miocène). 06s. Cette nouvelle espèce est établie sur une molaire portant deux tuber- cules en avant et trois en arrière; l'émail est rugueux; la racine est didyme, recourbée en arrière. Elle a été découverte dans les couches à Trigonies rapportées au terrain tertiaire moyen. Je renvoie, pour plus de détails, à la note de M. Frédéric Mac-Coy : On the occurence of the genus S(jualodo?i in the tertiary strata of Victoria (The geological magazine n° XXXI V, p. U5, pi, VIJI, fig. \, 1867). Quant à la valeur de toutes ces espèces , elle me parait très-contesta- blé. Nous n'avons pas assez de pièces pour décider du nombre absolu des dents; si le nombre des molaires n'est pas fixe, les Squalodon Gra- teloupi, Bariensis, macrogenius, Bordœ devront être réunis. En effet, la formule dentaire des Cétacés varie dans des limites assez larges. En outre, les caractères des dents permettront de réunir au Squalodon Grateloupi le Squalodon Gervaisi, cette dernière espèce ne me paraissant pas avoir trois racines. Les espèces américaines ne sont peut-'être pas toutes justifiées. Le Squalodon prolervus est établi sur une seule canine, le S. Wymani sur trois prémolaires, le S. menlo sur quatre prémolaires; les S. dcbilis et Holmesi sont à peine connus; le S. atlanticus seul est représenté par des pièces importantes; son affinité avec le S. Anlverpiensis est très- grande.. § X. — Il me resterait à parler des rapports zoologiques des Squalo- don; mais cette question m'entraînerait trop loin. Je ne puis qu'indiquer une analogie qui m'a frappé ; la conformation des mâchoires , la forme de la symphyse, les granulations de l'émail des Squalodon me rappellent singulièrement ce que l'on voit sur les crânes de l'Inia de Bolivie (Inia Boliviensis d'Orbigny), dont les molaires ont une structure spéciale. Mais ce qui distingue encore les Squalodon de tous les Célacésj est l'im- plantation de trois dents de chaque côté sur les intermaxillaires. Ordi- nairement une seule dent est portée par l'intermaxillaire (1) ; chez Y Inia, 11) Fischer, sur la dentition du Marsouin [Phocœna communia). — Bull. soc. Pliil. , _. . . r ■ . de grandeur naturelle. — — oac, inquieme molaire vue par sa face interne ; ) (j) Sur une mâchoire inférieure de Dauphin fossile, envoyée par M. Thorc , de Dax (Comptes-rendus de l'Institut, t. LIV, p. 778, l8C2,i. Actes de la Société lirméeTuie de Borde Tome XXVII. ?l a c U ~u~- 1. Ealaena australis Desmoalins . fœtus 2 - S mjstlcettlS Liane . foetus. -Bnp ..Bectru.et l J?a.Tis , Actes delà Société Linné enne de Bordeaux. Tome XXVII. PL. 2. 1. Baigna aiistralis DesmouLns _LTouveau-né . 2. DelpLlTlUS delpLis Linné? foetus. 3. ScjUâlodon GTateloupi H. deMeyer. Iiap ._3ecauet,J'ciris . ÉMERSION DES FONDS DE LA MER SUR LES COTES DE GASCOGNE A UNE ÉPOQUE QUI PARAIT ÊTRE RELATIVEMENT RÉCENTE ET QU'IL SEMBLE PERMIS DE POUVOIR PRÉCISER. ÉPOQUE DE FABRICATION DES POINTES DE FLECHES EN SILEX DES LANDES Par M. E. DELFOBTRIE Père, titulaire L'archéologie et la géologie sont deux sœurs inséparables; comment fouiller le sol, en effet, sans demander aux roches leur dernier mot, sans lire le texte écrit sur ces feuillets du grand livre de la nature? En 4867, lors de la découverte de la cité pré-historique de Bordeaux (Mém. de la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux , tome V, 3 e cahier, 1867), la fouille de l'égout collecteur nous fournis- sait les coupes géologiques suivantes , de haut en bas : RUE DES TROIS CONILS 4° Sol et sous-sol récent i 50 2° Terramare de l'époque gallo-romaine 4 30 3° Couche argilo- sableuse, marine, avec Oslrœa echilis, Peclen maximus, mylilus edulis, Venus decussata, Cardium edîile, Maclra solida , Turbo neriloïdes, Trochus cinerarius » 1 4° Couche sableuse avec ossements travaillés et silex ouvrés de l'épo- que anté- historique, et Oslrœa » 20 5° Sables et galets » 30 6° Argile » 60 4 00 | 4 » ( 24 ) RUE ROUAN 4° Sol et sous-sol actuel 2° Terramare de l'époque gallo-romaine 3° Dépôt argilo-sableux marin, avec les mêmes coquilles que celles désignées dans le n° 3 delà coupe ci-dessus » 10 4° Tourbe » 50 5° Lit de cendres, avec os travaillés et silex de l'époque pré-histori- que, écailles d'huîtres » 50 6° Sable lacustre » 45 7° Tourbe 4 55 7 10 PLACE ROUAN 4° Sol et sous-sol actuel 4 2° Terramare de l'époque gallo-romaine. 3° Dépôt marin argilo-sableux, avec les mêmes coquilles que celles indiquées dans les couches n" 3 des coupes ci-dessus » 20 4° Argile sableuse, avec os travaillés et silex taillés de l'époque anté- historique, Ostrœa » 50 5° Argile et galets '. » 20 6° Sable lacustre » 40 7° Argile et galets » 4 8° Sable et argile, avec Oslrœa ahdis, Venus decussata , Mytilus rdulis, Peclen varius » 50 9" Sable blanc jaunâtre • » 30 4 0" Argile • 4 19 Les couches portant le n° 3 dans chacune de ces coupes étaient par- faitement stratifiées, renfermaient les mêmes espèces marines mêlées à des graviers et galels, et particularité surtout à noter, contenaient un nombre considérable de rognons de silex roulés, paraissant provenir de la craie, variant en grosseur depuis celle du poing jusqu'à celle d'un très-gros boulet. Ces trois dépôts parfaitement semblables , bien que distants les uns des autres, à 3 m 27 d'altitude, rue des Trois-Conils, et à 2 m place et rue Rohan , présentaient un faciès qui ne pouvait échapper à l'observation. Ces amas réguliers de coquilles marines, édules pour la plupart, doi- (25 ) vent-ils être considérés comme un dépôt alimentaire du fait de l'homme ? Nous ne le pensons pas et déduisons ainsi nos raisons : 1° Si ce banc renferme des espèces édules , il en est aussi dans le nombre qui ne sont pas comestibles; et parmi les édules, il s'en trouve aussi de trop petite dimension pour avoir pu être consommées. Quoi qu'il en soit, admettons pour un instant qu'édules et non comestibles soient le fruit d'une même pêche, reste à expliquer la présence des graviers, galets et silex roulés; évidemment ce n'est pas le filet qui les a ramenés: il faut donc chercher une autre cause. 2° Il paraît matériellement impossible que ce dépôt coquiller soit du fait de l'homme, puisque, ainsi que l'indique la coupe prise rueRohan, un lit de tourbe de m 50 e sépare le banc coquiller de celui renfermant les restes de l'industrie humaine. C'est en nous appuyant de ces raisons que nous nous crûmes autorisés à dire dans la Notice plus haut rappelée que ces dépôts étaient d'origine marine. Dans cette même Notice, qui était purement archéologique, nous nous bornâmes à constater simplement le fait, renvoyant à plus tard l'examen de la question au point de vue géologique, dans l'espoir de pouvoir un jour reconnaître la présence de ce même banc marin sur d'autres points, et c'est en effet ce qu'il nous a été permis de constater. Au mois d'avril 48G8, trois tranchées profondes étaient ouvertes sur le port de Bordeaux, à une distance de A0 m du fleuve , en face de l'En- trepôt, pour les travaux de soutènement du Quai vertical. Ces tranchées donnaient les coupes suivantes : 4" Sol et sous-sol actuel 1 » 2° Sable lacustre, avec Unio, Paludine, etc » 50 3° Lit marin, avec graviers, galets, Oslrœa cduUs, Trochus, Turbo, Cardium, Mylilus, Palella, et gros silex roulés provenant de la craie 2 20 1° Graviers, avec Oslrœa et os travaillés de l'époque pré-lrisiorique. A une distance de 1,4-00 m des points précédemment, indiqués, c'est-à- dire des rues des Trois-Conils et Rohan, le banc marin se montrait donc de nouveau, exactement dans les mêmes conditions , ainsi que l'indique le n° 3 de cette dernière coupe; l'accès des tranchées étant facile devant l'Entrepôt, nous pûmes y recueillir quantité de coquilles et y observer surtout un nombre considérable de silex roulés, provenant de la craie, mêlés aux graviers. ( 20 ) Enfin, à 1,000 mètres de l'Entrepôt, c'est-à-dire à 2,400 m de la rue Rohan, encore sur les quais, au lieu dit à l'Estey-Crebat , quartier des Charlrons , le banc marin composé des mêmes espèces que dessus y a été observé "par notre collègue, M. Dumont, ingénieur civil, dans les tranchées profondes creusées pour la reconstruction de l'égout. Voilà bien des raisons qui tendent à démontrer l'existence de ce banc marin que nous signalions lors de la découverte de la cité pré-histori- que de Bordeaux. A ces témoignages recueillis sur place viennent se joindre aussi des renseignements d'une grande valeur, car ils émanent de Jouannet , savant aussi modeste qu'éclairé. Il écrivait dans sa Statistique de la Gironde (1837), tome I", p. 10 : « Dans les alluvions qui bordent la Gironde, depuis Caslillon jusqu'au » Verdon, les canaux creusés le long de la digue traversent des alter- j> nats de terre de marais et de lits de coquilles marines déjà trés- t> altérées. » Tome I er , p. 105 : c Entre Saint-Vivien et Jau , il existe des faluns dont l'origine est » toute récente, niais qui méritent d'être remarqués comme fournissant » une preuve des révolutions auxquelles celte partie du territoire est » exposée, les canaux ouverts le long de la digue ont mis à découvert » des couches horizontales de faluns alternant régulièrement acec des » couches tourbeuses £ environ 0™ 48 e ; le sol est peu élevé au-dessus » de la mer voisine, et ce sont les coquilles de celle mer que renfer- * ment les faluns , mais elles y sont beaucoup plus nombreuses que sur le » littoral. * Jouannet, cet observateur judicieux, signalait donc, lui aussi, l'exis- tence de bancs marins; il ne constatait, c'est vrai , que l'effet ; plus tard, il nous en eût expliqué les véritables causes. Je dois aussi à la bienveillance de M. Paulin , notre éminent professeur de géologie à la Faculté, l'indication suivante : a Sur le chemin de Talmont à Mes chers , à 1 kit. au N. de Talmont, et à 1/2 kil. de la côte , au fond des fossés d'une prairie , à une profon- deur de 2 ou 3 m , c'est-à-dire au niveau moyen de la mer, s'observe un lit do coquilles marines parmi lesquelles quantité de lulraires ou pôtri- coles, Cardium edule. » En présence de toutes ces observations, nous nous demandons s'il est bien possible encore d'attribuer au fait de l'homme la nappe de coquilles ( 27 ) marines édules ou non qui se trouve sur les rives de la Gironde inférieure et jusque dans Bordeaux, elle eût été bien considérable en vérité; je ne dirai pas celle tribu, mais bien cette population de l'âge pré-historique , qui nous eût laissé les traces de son alimentation le long des rives de noire fleuve, sur une longueur de 100 kil. ; en vérité, la chose est diffi- cile à admettre. Il semble donc qu'il est aujourd'hui permis d'avancer qu'une émersion des fonds de la mer a eu lieu et que l'effet s'en est fait ressentir sur les rives de la Garonne jusque devant Bordeaux; cette révolution, qui se serait produite dans la géographie physique de la contrée, constitue un fait géologique d'une haute importance; un phénomène semblable a été observé depuis longtemps, il est vrai , sur les côtes du Portugal , de la Suède , de la Norwége et du Danemark, ainsi que dans la Méditerranée ; mais pour la première fois aujourd'hui, il est signalé pour les rives de la Garonne Nous avons dit plus haut qu'il paraissait possible de pouvoir détermi- ner l'époque à laquelle ce grand mouvement des eaux se serait fait res- sentir; celle date ne semble-t-elle pas en effet être écrite sur le sol? le dépôt marin que nous appellerons aujourd'hui émersion des fonds de l'Océan , recouvre la cité pré-historique de Bordeaux qui appartient au premier âge de la pierre polie, il recouvre également les ossements sciés et striés au silex, recueillis devant l'Entrepôt , qui , eux aussi , sont du même âge; ce serait donc à une époque relativement récente et posté- rieurement à l'occupation de notre pays par l'homme des lemps pré- historiques que ce grand mouvement géologique se serait accompli. Nous allons plus loin et disons qu'il est possible de préciser encore davantage l'époque de cette révolution; en effet», comme vient de l'ob- server M. de Chasteigner (Séance de l'Académie des sciences du 25 mai dernier), sur les bords de l'Océan, le long de la forêt du Flamand, un grand nombre de silex roulés sont mêlés aux galets ; ce gisement de silex nous paraît devoir fournir une nouvelle preuve de l'émersion ; au Fla- mand , comme devant l'Entrepôt , comme rue Rolian , le dépôt de silex accuse l'effet d'une seule et même cause; mais cette cause qu'elle est- elle? Nous l'expliquons ainsi : arrachés lors de la dénudation des roches crétacées . ces silex allèrent d'abord se mêler aux galets et gra- viers du lit de la Dordogue , de celui de la Gironde et des bas-fonds des côtes de l'Océan , et c'est seulement au moment de Pémersion que le lit sur lequel ils reposaient étant soulevé , ils furent avec la masse ( 28 ) entière de ce même lit composé de coquilles, graviers et galets, déposés dans l'estuaire, où nous les observons aujourd'hui à l'état de bancs stratifiés; la couche épaisse d'énormes silex roulés trouvée devant l'En- trepôt explique à elle seule le phénomène du soulèvement. Il est possi- ble, du reste, de se faire une juste idée de ce qu'a dû être ce grand mouvement des eaux en se reportant au cataclysme qui vient de couvrir de ruines le Férou, l'Equateur et la côte occidentale de l'Amérique, sur le Pacifique. M. de Chasteigner ajoute que la mer seule a fourni aux premiers habi- tants des Landes la matière pour la fabrication de leurs flèches ; cette opinion nous la partageons. Il ressort donc de la théorie que nous ve- nons d'exposer que l'émersion aurait eu lieu antérieurement à l'époque de fabrication de ces flèches. — Nous résumant , nous concluons : que l'émersion des fonds de l'Océan , sur nos côtes aurait été postérieure à la cité palustre de Bordeaux, et antérieure à l'époque de fabrication des flèches en silex des Landes. A propos de ces flèches, disons aussi qu'il est possible de déterminer l'époque de leur fabricalion. En effet, d'abord ces armes recueillies en grand nombre, sont carac- térisées par un fini, une délicatesse de travail tels, que quelques-unes d'entr'elles semblent être dues à la main exercée de nos habiles lapi- daires. Ensuite , fait bien caractéristique aussi , c'est qu'il y a dans les Lan- des absence presque absolue de couteaux, grattoirs et haches en silex; on n'y rencontre, en un mot. que pointes de flèches; d'où celte consé- quence, que ces couteaux, haches et grattoirs n'étaient plus en usage lors de la fabricalion des flèches ; en un mot , qu'alors la période de l'âge dit de la pierre polie était expirée. Tous ces indices n'accusent-ils pas une civilisation déjà avancée et ne sont-ils pas suffisants pour démontrer que ces flèches sont de l'époque des tumuli, qu'on rencontre encore aujourd'hui en si grand nombre dans les Landes, c'est-à-dire qu'elles appartiennent à l'âge du bronze? Septembre 18G8. MELANGES MALACOLOGIQUES Par M. C. RÉCLUZ, correspondant. I. TABLEAU DE LA CLASSIFICATION DES MOLLUSQUES LAMELLIBRANCHES. Je viens soumetlre à l'appréciation des zoologistes l'exposé de la méthode que je suis pour la classification des mollusques lamellibran- ches. Je suivais autrefois la méthode de Lamarck; mais m'étanl aperçu que, par suite de la pénurie des observations des animaux de cette classe, cet illustre maître s'était plutôt servi des caractères de la coquille que de ceux du mollusque lui-même, je résolus de concentrer mes recherches sur l'étude de ceux-ci. A mesure que j'augmentais le nombre de mes obser- vations , je m'apercevais de la généralisation de certains caractères dont les auteurs de classifications avaient négligé de tenir compte dans celte sorte de travail. Il en fut de même d'un autre caractère reconnu parBlain- ville sur la face interne des valves, et également négligé par lui et autres dans l'arrangement des familles. Prévoyant le parti avantageux qu'en pouvait retirer la méthode, j'essayai de m'en servir dans ce but, et c'est le résultat de cette combinaison de caractères généraux, dont je fais usage depuis longtemps, que je viens exposer dans le tableau sui- vant. Mais avant, je dois expliquer ce que ces études m'ont principalement démontré comme caractères généraux utiles à la classification des Lamel- libranches relativement aux particularités du manteau de ces animaux et à l'attache des siphons chez ceux qui sont pourvus de ces organes. Le Ma7ileau des Lamellibranches présente à l'observation trois formes particulières, savoir : 4° la présence de deux siphons, soit libres ou réunis en un seul tube : je donne à cette forme le nom de Manteau disi- Tome XXVII. 3 (30) phoniphore; 2° soil un seul siphon ou trachée, le plus souvent accompa- gné d'un simulacre de siphon branchial , résultant d'une contraction du manteau, mais dépourvu de bride et imitant une fausse trachée, comme dans les Moules, par exemple : à celte seconde forme, j'applique le nom de Manteau monosiplioniphore ; 3> enfin, d'autres n'en montrent aucune trace : les lobes du manteau , dans ceux-ci , sont désunis dans tout leur contour, excepté vers le bord dorsal. Je donne à cette troisième modifi- cation de cet organe le nom de Manteau asiphoniphore. D'autres observations m'ont fait connaître que les siphons s'attachent aux lobes du manteau de deux manières différentes : 1° soil à leur extré- mité par la face interne des muscles rétracleurs, ce qui a fait croire, comme l'ont écrit plusieurs auteurs, que les siphons de ces mollusques n'étaient qu'un prolongement de leur manteau. Ce mode d'attache n'obstruant pas l'intérieur de la cavité palléale, je donne aux mollus- ques qui en sont pourvus le nom de Craléromonaires , ou n'ayant qu'une seule cavité palléale; 2° soit les siphons fixés à la partie postérieure d'une cloison verticale formée par ces mêmes muscles rétracteurs, rentrés plus ou moins profondément dans la cavité du manteau, dirigés en travers de ceux-ci (au lien d'être prolongés horizontalement, selon l'étendue de ranimai d'avant en arrière), croisés en X, et sondés aux lobes par leur contour seule nt. Cette disposition verticale des muscles en forme de cloison, sépare la cavité palléale en deoi loges, l'une antérieure pour le corps du mollusque, et l'autre postérieure pour servir de refuge aux siphons dans leur contraction. Pour cette seconde modification du man- teau , je réserve le nom de Cralérodinaires aux Lamellibranches qui en sont dotés. — Celte particularité d'une double cavité au manteau, par suite de la cloison des siphons, est plus commune dans les disiphoni- phores que dans les monosiphoniphores, où, jusqu'à présent, je n'en ai observé qu'un seul exemple, — chez les Vénéricardes de Lamarck. Blainville avait proposé de réunir celles-ci aux Cardites, opinion partagée par quelques auteurs Bur sa simple autorité, mais à tort selon mes observations. Les Cardites sont toutes pourvues d'un byssus; bur manteau porte, comme les autres genres de la tribu , un siphon anal et un faux siphon ; les Vénéricardes manquent de byssus et de siphon anal , mais elles sont pourvues d'une cloison palléale verticale, singulière, obeordiforme dont la base , divisée en deux lobes bordés de tentacules parlant d'un centre commun , la contournent pour s'arrêter à la hauteur de leur point (31 ) de départ. De ces caractères différentiels résulte la séparation de ces deux genres, et la preuve que celui des Vénéricardes doit être conservé dans la méthode, contrairement à l'opinion de Blainville. A celte observation , je sens le besoin d'enjoindre une autre qui mérite d'être connue. Il y a des mollusques disiphoniphores qui ont deux si- phons à l'état de vie et qui n'en montrent plus aucune trace après la mort de l'animal , de sorte qu'ils présentent alors le caractère du man- teau des asiphortiphores , parce que, dans cet état , les brides limitant les trachées se dessoudent de façon à ne plus laisser reconnaître la place qu'occupaient celles-ci. Tel est le cas observé et décrit par M. Deshayes, relativement au Gale&mma Turlonii de Sowerby. Ceci me paraît d'au- tant plus précieux à noter ici que , s'il arrivait qu'un autre zoologiste vînt à analyser les caractères du même animal mort, et quUl ignorât la remarque faite par le savant observateur cité, il pourrait s'imaginer que l'on s'est trompé dans le classement du Galcomma dans la méthode. Un autre caractère général résulte de l'inspection des valves des coquilles des Disiphoniphores. En considérant l'empreinte que laissent les muscles circulaires des lobes du manteau sur les valves et souvent aussi les muscles rélracteurs des siphons , on observe que celle des pre- miers est marquée sous forme d'une ligne continue d'un muscle adduc- teur à l'autre et sans déviation dans le circuit qu'elle parcourt; mais que, chez d'autres, celte empreinte est compliquée de celle des muscles rélracteurs des siphons et forme alors une sinuosité plus ou moins ren- trée ou profonde. Ces faits, observés et décrits pour la première fois par le savant professeur de Blainville , n'ont été employés par lui que dans la caractéristique des genres et désignés par les termes d'impres- sions palléales simples et sinueuses; il n'en a tenu aucun compte pour la classification des familles de mollusques qui les comportent. M'étant aperçu qu'ils se généralisent, je m'en suis servi pour la distribution des Disiphoniphores, et je donne aux divisions qu'elles produisent les noms de Scoliéphores à celle désignant l'impression sinueuse, et A'Ascolié- phoresà celle qui est dépourvue de sinuosité sur les valves. Enfin , j'ai profité des caractères tirés du nombre des muscles adduc- teurs et dont l'empreinte se montre sur les valves , caractères proposés par Adanson et adoptés par Lamarck, sous les noms de mono et dimyai- res, ainsi que de ceux résultant de la régularité ou de V irrégularité des valves, de la position interne ou externe du ligament qui relie celles-ci entr'elles, comme l'a faitLamarcK\ ( 32 ) Je ne dois pas passer sous silence que -j'ai profilé des travaux des autres classificateurs, Cuvier, Blainville, Lalreille, Rang, Dcshayes , Gray et autres zoologistes, toutes les fois qu'il m'a été possible d'en prendre connaissance. Mes idées , quant à la composition et à l'ordina- tion des familles, concordent le plus souvent avec celles de M. Deshaves. Ma classification , à part les divisions primordiales énoncées ci-dessus , se rapproche beaucoup de la sienne. Toutefois, on y remarquera quel- ques différences; ainsi : 1° Je rejette la famille des Lilhophages, instituée par Lamarck et maintenue par M. Deshaves, parce qu'elle est artificielle, les genres qui la composent appartenant à d'autres familles, savoir : les Saxiraves à celle des Panopides t le Petricola ochroleuca et sa variété Psammotea tarenlina aux Tellinides, les Vénérupes et les autres Pélricoles à la famille des Tapesidœ, ainsi que je l'ai fait observer en 1846 dans la Revue zoologi^ue , p. il 5. 2° Je sépare le genre Lavignon des Âmphidesmidœ Dcshayes, parce que le manteau est cloisonné dan- ce genre et ne l*esl pas dans 1rs Si/mlns;- mya, ni probablement dani Impbidesme el Cumingie, ci j'en fais le type d'une nouvelle famille, celle des LavignonUke. 3° Je remplace le nom à'Osteodesmida par celui A'Anatinidœ, pro- posé par M. Gray, qui me parait mieux approprié, parce que les genres Cochlodeitna, Rupicola t Colcat 1 à 8. Philippi, Âbild. Conch. pi. I, fig. 17-19. An Turbo liltoreus Lamk.? IIak. Nos côtes de l'Océan. Très-commun à Brest (Gray). C'est, je crois, l'espèce que Ton nomme Litlorina littorea en France, et que Lamarck a confondue avec la précédente. 3. Littoiuna rodis Maton. Turbo rudis Maton, Western Counties, vol. 1, 277. Chemnitz, Conch. 5, pi. LXXXV, fig. 1853. — Donovan, Brit. Shells, pi. CLXXXV, fig. 3.- Maton et Rack., p. 159, pi. IV, fig. 12-13. —Lamk. 7, p. 49, n» 20. — Gould, Invert. Mass. p. 257, fig. 175.— Delessert, Rec. Coq. Lk. pi. XXXVII, fig. 5. Litlorina rudis Philippi, Abild. Conch., pi. I, fig. 13-16. (45 ) Hàb. Nos côtes de la Manche. Très-varié dans sa coloration. C'est le Turbo obligatus Say, Journ. Acad. nat. se. Philadelph., t. II, p. 241. La var. couleur de chair est le Litlorina incarnala Lovèn. L'animal est jaunâtre, sans taches, ni raies; deux tentacules sétacés de même couleur, mais plus ordinairement marqués d'une ligne longi- tudinale grise à l'extérieur. 4. Littorina jugosa (Turbo) Monlagu. Test. Brit. p. 586, pi. XX , fig. 2. — Maton et Rack., p. 191 , pi. IV, fig. 7. Turbo oblusalus Pult. Dorset Catal., p. 45, pi. XIX, fig. 1. Littorina jugosa Philippi, Abild. Conch., pi. VII, fig. 23. Hab. Nos côtes du département de la Manche, près de Granville à Saint-Germain-sur- Ay, sur les rochers. M. Macgillivray considère cette espèce comme n'étant qu'une variété du Turbo rudis de Maton. Le Littorina (Turbo) saxalilis, Bean, Johns- lon, Bervick Transact. , t. III, p. 268, que j'ai reçu de Granville , cà coquille presque aussi haute que large, à spire égalant le tiers du der- nier tour, d'un rouge un peu brun uniforme , fortement sillonnée en travers, à ouverture arrondie et assez grande, me semble n'être qu'une variété du Litlorina jugosa, néanmoins toujours assez petite. Elle est aussi jaunâtre avec des lignes noires entrelacées. 5. Littorina neritoidf.s (Turbo) Linné, Syst. n° 12, p. 1332. Turbo saxalilis Olivi, Zool. Adriat. 1702. Hélix pclrœa Montagu, Test. Brit., p. 403. Turbo cœrulescens Lk. 7, p. 40 , n° 32. Littorina Basterolii Payr., Cat., p. 115, pi. V, fig. 10-20. Rissoa elegans Risso., Hist. 4, p-. 119, fig. 46, aucta. Paludina glabrata Ziegler. — Pfeiffer, 3, p. 46, pi. VIII, f. 9-10. Hab. La Manche, l'Océan, principalement à l'île de Noirmoulicrs, et nos côtes de la Méditerranée à Cette, sur les rochers dont elle couvre quelquefois toute la surface. Faujas de St-Fond est le premier qui l'ait signalée dans celte localité. M. Philippi a donné les caractères de son mollusque dans le 1 er volume de la Faune de Sicile. Les Littorina patolà Tliorpe, Brit. mar. et Littorina tenebrosa Montagu (Turbo), sont de bonnes espèces, bien caractérisées, également des mers de France, et vivent sur les côtes du Morbihan. Tome XXVII 4 2 e Sous-genre : NERITREMA Récluz. G. Littorina obtusata Linné (Turbo), S. N. 42, p. 4230, n° 605. Turbo retusus Lamk. 7, p. 48, n° 28 syn. excluso. Blainville, Faune fr., p. 299, n° 6. " Var. ^ subglobosa, lœvigata ; spira semisphœrica. Nerita littoralis Montagu, T. Brit., p. 467. Maton et Rack. Lin. tr. 8 , p. 226, pi. V, fig. 15. (non Linné, nec Fabricius.) Turbo neriloides Lamk. 1. c. n° 27. Philippi, Moll. sicil. 4, p. 489. Chemnitz, Conch. 5, pi. CLXXXV, iig. 18, n os 4 à 44. Geve ou Gevens , Essai récréât, sur l'hist. nat , pi. XXVIII, f. 319 à 327. IIab. Toutes nos côtes de la Manche. Très-commun. La var. a est comprimée latéralement et a la spire aplatie. La var. b est globuleuse, ventrue circulaircment, avec la spire demi-sphérique; ses tries transversales sont à peine marquées et plus imprimées dans la première. Lamarck en avait fait deux espèces. Mon- tagu veut que cette espèce soit la môme que le Nerita littoralis Linné, qui est la variété plus petite et marine du Nerita fluvialilis de Linné, variété commune sur les côtes de la Baltique (Nerita halophila Klet), et 0. Fabricius a attribué le même nom à une Litlorine (L. arclica Moller), fort commune sur les côtes du Groenland et d'Islande, d'où je me la suis procurée. Celle-ci est plus grande, plus mince et à ouverture espacée. Gève et Chemnitz ont publié un grand nombre de variétés de colo- ration de la var. /3. 7. Littorina palliât a Say (Turbo). Turbo pallialus Say, Journ. Acad. se. nat. Philadelphie, t. II, p. 340. Littorina palliata Gould, Invent. Massachussetls, p. 2G4, (ig. 476. Philippi, Abild. p. 62, pi. VII, fig. 27-29. Hab. Le littoral de la Manche, d'où je l'ai reçue; l'Océan à Bayonne (Largilliert, — Philippi). Celle-ci ressemble à la précédente var. /3, mais est d'un tiers plus petite et autrement colorée. (47 ) 8. Littorina vittata Philippi , Abild. Conch., p. 58, pi. VII, fig. 11 oplima. Turbo obtusalus Lamk. 7, p. 48, n° 30 (non Linné). Lillorina obtusala Férussac ; Littorina bizonalis Nobis , in litleris. Hab. Nos côtes de la Manche , peu commune ; espèce fort jolie et qui se différencie parfaitement des précédentes ; elle est toujours fasciée de deux grandes zones brun-marron. Les Lillorina arclica Moller, LUI. fabalis Turton (L. Beaniana Mac- gillivray), et Lilt. mespilum Philippi, appartiennent à ce groupe. Paris, 1854 (resté inédit, et adressé par l'auteur à la Société Linnéenne en Novembre 4 868). m. DESCRIPTION DU SOULEYETIA, NOUVEAU GENRE DE COQUILLE BIVALVE. Il y a plus de vingt ans que je reçus de M. Le Guillou, ancien chirur- gien major de la marine militaire, à son retour du voyage de circumna- vigation avec feu Dumont d'Urville, deux exemplaires d'une jolie et inté- ressante espèce de coquille bivalve, dont je traçai alors la description. Tombé malade peu de temps après, je perdis de vue l'une et l'autre. Ce n'est guère que depuis quelques jours qu'en mettant en ordre plusieurs boites de coquilles, je les retrouvai. M'étant convaincu, par de nou- velles recherches, que celle coquille était restée inconnue jusqu'à pré- sent, je l'ai soumise à un nouvel examen et confrontée avec les autres genres à cuillerons ligamentaires intérieurs détachés du bord cardinal. Celte étude m'a démontré qu'on ne pouvait la confondre avec les Ana- tines, Cochlodesmes, Analinelles, Piupicoles, Calcarœa, ni autres; effec- tivement elle n'a pas les sommets fendus des deux premiers , ni la côte en faux des Anatines, et pas davantage les deux côles submarginales obliques des Cochlodesmes; ni de dents cardinales, comme les Anali- nelles; ni les cuillerons verticaux des Piupicoles qui sont en oulre per- forants ; enfin qu'elle se différencie des Calcarœa par ses cuillerons tour- nés vers le côté postérieur et non vers le côté antérieur ; de plus, elle est inéquilalérale et non équilatérale, etc. Ne voyant donc aucun genre â (48) moi connu avec lequel elle puisse être associée, j'en fais le type d'un nou- veau, que je dédie à la mémoire de mon très-regrettable et excellent ami Souleyet. Souleyet, de Brignolles (Var) , auteur de la partie zoologique du Voyage de \a Bonite autour du monde , sous les ordres de M. Vaillant, alors capitaine de vaisseau, était un naturaliste des plus distingues et a fait preuve d'un talent analomique hors ligne. Les planches des mollusques de Souleyet étaient estimées l'équivalent d'un chef-d'œuvre; Blainville en faisait le plus grand cas, et après les avoir examinées l'une après l'autre en répétant très-bien ! très-bien! les lui rendait ensuite en lui disant : Ceci restera comme un monument impérissable ! Blainville l'avait en si grande amitié, que Souleyet se trouvant atteint d'une fluxion de poitrine, l'illustre savant lui procura un médecin, membre de l'Institut, et mit à son service son temps précieux, son linge, sa bourse et son argenterie ! ! Je suis heureux de faire connaître ce trait de l'histoire du professeur célèbre du Jardin des Pianles de Paris, parce qu'il honore autant le maître que l'élève. Genus SOULEYETIA, Récluz. Animal ignotum. Testa transversa, œquivalvis, inœquilateralis, oblonga, postice parum hiuns, sinegue culicula ; apices aculi , parvi , opposili; cardo angustus, cum força cochleariformi, minima, obliqua rclrorsum producla ; dentés cardifiis nulli; Ligamenlum carlilagineum inlcrnum foveis affixum ; Impressiones musculares remolœ : antica ovala, poslica oblonga ; sinus palliaris magnus, trigonus, antice oblique truncatus. Animal inconnu. Coquille transverse, cquivalve, inéquilalérale, oblongue, non épider- mée, à peine béante au colé postérieur (qui est le plus long); sommets petits, aigus, opposés. Charnière à bord étroit, linéaire, sans dents sous- apiciales, ni latérales, portant, sur chaque valve, un chondrophore en cuilleron très-petit, obliquement saillant et tourné en arrière; liga- ment cartilagineux, interne, fixé dans les cuillerons; impressions mus- culaires écartées : l'antérieure ovale, la postérieure oblongue; sinus palléal grand, triangulaire, profond et obliquement tronqué en avant. Bien que son mollusque soit inconnu, ce genre me semble devoir prendre rang dans les Anatinides, section dépourvue d'osselet cardinal, ( 49 ) parce qu'il est dimyaire, disiphoniphore (à deux siphons) , scoliéphore (à sinuosité palléale à l'intérieur des valves) ; mais j'ignore s'il appar- tient à la tribu des cratéromonaires (à une seule cavité palléale) ou cra- térodimaire (a deux cavités palléales) parce qu'il se pourrait, vu sa grande excavation de l'impression du manteau, que son manteau fut cloisonné par le diaphragme portant les siphons, comme dans les Mésodesmes, Lavignons, Lédas, Tellines , Fragilies , Donaces , Psammabies , Tapes, Vénérupes, Pelricoles et la famille des Veneridœ. La connaissance de son mollusque, une fois examiné dans son caractère, viendra nous éclairer sur ce fait intéressant, et décidera son classement définitif dans la mé- thode naturelle. SOULEYETIA MOULINSII, Récluz. (PI. III, 5g. 10, M, 12). S. Testa elliptica, postice anguslata, tenui, nilida, alba scu parum vilrea, sub lente transversim exiguë striata, inlus argule striis radiata; marginibus aculis , lenuissimis. Altitudo 11, longiïudo 18 , crassitudo 6 millim. Hab. Recueillie en deux exemplaires sur la plage de l'île Bornéo. Les exemplaires plus jeunes sont presque vitreux. L'intérieur de cette intéressante espèce, dépourvue d'épiderme, est brillant, très-lisse et comme poli, et néanmoins, sous le triple foyer d'une bonne loupe, pré- sente des stries d'accroissement très-fines, exiguës; son bord cardinal très-étroit, linéaire, porte un chondrophore ligamentaire en cuilleron très-petit, étroit, tourné vers le côté postérieur sur chaque valve ; son dis- que interne semble rayonné de stries très-fines. Ses impressions sont difficiles à voir. Cette espèce, qui parait très-rare, me procure le plaisir d'en faire un hommage nominal au savant Président de la Société Linnéenne de Bor- deaux, qui y reconnaîtra une nouvelle preuve de ma vive affection. (Paiis, décembre 1868. ) DESCRIPTION DE DEUX NOUVELLES ESPECES DE LAVIGNONS. i Avant de passer à. la description des espèces, je liens à expliquer pourquoi je préfère adopter le nom de Lavignon, comme terme généri- que, à ceux de Trigonellu, Scrobicularia et de Listera, (50) D'après ce que j'ai enlenclu dire par R. Lesson et A. d'Orbigny, ce nom de Lavignon était donné autrefois, par les riverains de nos côtes du golfe de Gascogne, aux coquilles bivalves pourvues d'une fossette liga- mentifère interne. C'est de là, sans doute, que Réaumur l'a reçu, et qu'il en a fait l'application à une espèce dans les mémoires de l'Académie des sciences en 1 7 10, de même qu'Adanson en donnant ce nom à un sous- genre de ses Cames. Il n'est pas sans intérêt pour l'histoire du genre Lavignon, de rappor- ter ici ce passage d'Adanson : « Les coquillages que les anciens ont appelé du nom de Cames sont » assez faciles à reconnaître par leurs figures et leurs descriptions. Ils en » ont fait plusieurs genres à raison de la forme plus ou moins allongée » de leur coquille, de la rudesse ou du poli de leur surface. Mais je crois » que, sans avoir égard à ce dernier point, on peut les diviser en ron- » des, en ovales régulières et>en ovales irrégulières : j'entends par ces » dernières celles dont un des bords de la coquille est onde ou comme » replié. Les premières sont les vraies Cames (1);on appelle les secondes » Palourdes (2) et Lavignons les troisièmes. Toutes ont les deux pièces aies et parfaitement semblables; il y en a de minces et d'épaisses, » de renflées et de plates, de rudes et de lisses indistinctement dans » chacune des trois formes sous lesquelles je les considère. Il est com- » miin à toutes de vivre enfoncées de quelques pouces dans les sables, j» et elles s'y enfoncent d'autant plus, que leurs trachées ont plus de lon- > gueur. » (Adanson, Ilist. du Sénégal, t. I, Coq., p. 216 [1757]). Adanson fait connaître plus loin les espèces qu'il range dans son sous-genre Came, et qui sont le Lisor, le Falan et la Calcinelle. An Lisor (Mûrira Lisor Desli.), Adanson dit : « Elle est de celles qu'on » appelle T. alignons, qui se distinguent des autres Cames, parce que » les deux tuyaux du manteau sont presque aussi longs que leur » coquille et que leurs battons (valves) ne ferment jamais exactement. » A ses Cames Falan et Calcinelle , il ajoute que « la charnière et le liga- » ment ressemblent à ceux du Lisor, » c'est-à-dire, qu'entre les dents de y> la charnière il y a une grande cavité dans laquelle est renfermé le » ligament. i> (I) Cythérées , Vénus, Codokies, de, dont Linné a composé son genre Venus. [2 Vénus, Tapes (4« section du genre Vertus Linné) et autres de genres différents. (51 ) Ainsi, les Lavignons forment une section ou sous-genre des Cames, constitué par une coquille équivalve, régulière , à bord (cardinal) onde et comme replié (en cuilleron ligamenlifère), à battants (valves), ne fer- mant jamais exactement (béanls), à ligament renfermé dans une grande cavité , entre les dents de la charnière, sîir chaque battant , et à manteau de ranimai pourvu de deux tuyaux presque aussi longs que la coquille. Ces caractères ne peuvent s'appliquer en entier à aucun autre sous- genre de ses Cames. Linné qui, dans sa 10 e édition du Systema naturœ, a classé les Mactres qu'il connut dans son genre Cardium, éclairé sans doute par l'ouvrage d'Adanson qu'il cite, constitue avec elles, dans sa 42 e édi- tion, un genre Mactre, réunissant tous les caractères donnés par Adan- son à ses Lavignons. La règle généralement suivie parles zoologistes modernes est que, lorsqu'un genre a besoin d'être réformé par suite de la découverte de caractères différentiels, le nom qu'il a reçu doit être réservé aux espèces les plus nombreuses et qui offrent le mieux les caractères génériques proposés par les auteurs ; quant aux autres espèces, elles doivent être groupées sous un titre générique nouveau. Si Linné eût mis cette règle en pratique, il eût conservé le nom de Lavignon au sous-genre institué par Adanson. Mais, ici, Linné a tran- cbé la question autrement qu'on l'entend aujourd'hui. S'ensuit-il que le nom de Lavignon doive devenir synonyme de celui de Mactre , et n'est- il pas naturel et de toute justice de réserver ce nom à titre générique à la Calcinelle? C'est ce qu'a pensé Cuvier, et ce qu'ont admis Férussac et Michaud. Da Costa a rejeté le nom de Maclra et inventé celui de Trigonella qu'il jugeait plus convenable, s'étant aperçu que toutes les espèces avaient une forme triangulaire et nullement celle d'un pétrin, ce que signifie le mot Mactre ; mais sa manière de voir n'a pas été adoptée par les Conchyliologues qui ont admis en principe qu'il fallait, pour s'enten- dre, prendre comme point de départ la 10 e édition du Systema naturœ et autres ouvrages de Linné, dans lesquels il avait fait usage de la nomen- clature binaire. En rapportant donc au genre Maclra celles de ses espèces qui lui doivent appartenir, il reste son Trigonella plana ou Calcinelle d'Adanson , auquel M. Deshayes propose de réserver le titre générique de Trigonella, par les mêmes motifs cités plus haut. Mais le genre Mactre a été divisé en plusieurs autres, et celles de nos eûtes en cons- / ( 52 ) tiluent deux , selon la manière de voir de M. Gray, son réformateur. Cet auteur réserve ce nom de Mactra aux espèces qui ont les dents latérales minces et unies (Mactra stullorum, M. helvacea), et impose celui de Spi- sala à celles des espèces à dents latérales robustes et sillonnées régu- lièrement dans le sens transversal. Or, si l'on suit la règle préconisée par les zoologistes, il est évident qu'en réformant ce genre, le nom de Trigonella doit appartenir plutôt aux Spisules de M. Gray qu'au Trigo- nella plana, puisque Da Costa en a décrit plusieurs, et que celte der- nière reste seule. M. Deshayes semble avoir pressenti que le nom donné par Da Costa ne serait pas reçu , et à ce sujet, il a ajouté : a Si le nom proposé par Da Costa est rejeté, nous pensons que celui de Lavignon, consacré déjà par les observations de Réaumur et par son introduction dans la mélliode par Cuvier, devra prévaloir. En 1817, Cuvier et Schumacher ont proposé chacun un genre nouveau pour le même mollusque; le premier dans son Règne animal, sous le nom de Lavignon , et le second dans son ouvrage intitulé Essai d'un nouveau système de vers testacês, sous le titre de Serobicularia. Celui-ci l'a caractérisé seulement d'après la coquille; Cuvier en a donné une caractéristique plus complète, en joignant aui caractères de la coquille un des principaux de l'animal. ESl bonne justice, les zoologistes doivent préférer le nom donné par Cuvier, aon-seulemeni parce que son genre est plus complètement caractérisé, mais encore en ce qu'il rappelle les travaux d'Adanson. Comme nous l'avons dit plus haut, Férussac et M. Michaud sont de celte opinion, ainsi que M. Deshayes. « Si l'on avait à choisir, dit encore H. Deshayes, entre ces deux noms qui oui paru à la même époque, il faudrait cependant préférer celui de Cuvier, puisque noire grand zoologiste a ajouté au genre un caractère essentiel de l'anima] (et qui en complète la caractéristique), ce que per- sonne n'avait fait avant lui. » (Deshayes, Éléments de Conchyliologie , t. I er , 2 8 partie, p. 334.) Tels sont les motifs qui me font préférer ce nom de Lavignon aux au- tres, non-seulement parce qu'il est justifié, mais aussi parce que ce nom rappelle son ancienneté , les travaux de Réaumur et le sous-genre Lavi- gnon d'Adanson. Ce genre se compose, quant à présent, de trois espèces : 1. Lavignon Calcinella Adanson (Chaîna, Lavignon, Calcinelle). Voy. au Sénégal , Coq. 1, p. 232, pi. XVII, fis- 18. Lister, Conch , p. 253, lig. 88 (Pectunculus lalus). ( 53 ) Trigonella plana Da Costa, Brit. Conch. 1. p. 200, pi. XIII, fig. 1. Mactra compressa Monlagu. Lulraria compressa Lk. 5, p. 469 , n° 4, etc. L. Testa rotundatolrigona , laleribus rolundalis, compressa, subo- paca, squalide rufescente, striis transversis parum irregularibus ; coch- learibus crassiusculis , magnis, laliusculis ; nymphis majusculis. Dimensions : Hauteur, 34-47; longueur, 40-57; épaisseur, 14 à 18 millimètres. Hab. Les côtes du Sénégal, de l'Espagne , du Portugal , de France , principalement dans le golfe de Gascogne, où il est très-commun, et sur celles d'Angleterre. — C'est le Lavignon le plus grand de nos côtes; il est ordinairement de couleur roussàtre sale, parfois jaunâtre ou grisâtre. 2. Lavignon piperatus Belon (Chaîna). Mactra piperala Poiret, Voy. en Barbarie, II, p. 15. Solen callosus Oliv., zool. Ad., p. 98, pi. IV, fig. 1. Lulraria piperala Lk. 5, p. 4G9, n° 5. L. Testa ovala, neutiquam Irigona, laleribus rotundatis, tcnui, fragili, alba , slriis transversis sœpius inœqualibus ; cochlcaribus tenuiculis , minoribus ac brevibus; nymphis subprominulis. Dimensions : Hauteur, 29-34; longueur, 38-43 ; épaisseur, 10 mill. Hab. Les côtes de la Méditerranée; je ne le connais particulièrement que de l'étang salé de Vias (à une lieue d'Agde), dit clôt (trou), reste d'un ancien port formé autrefois par une branche de l'Hérault. Celte espèce que les Concliyliologues confondent avec la précédente, à titre de variété locale, en diffère par sa forme constante, la fragilité de ses valves, sa blancheur, sa translucidilé et les autres caractères énoncés dans sa diagnose; on en trouve une variété dont les valves sont comme ondées par des plis ou sillons transverses. 3. Lavignon lacteus Lamk. (Amphidesma), An. s. vert. 5. p. 491, n° 3, syn. excluso (1818). (Voir pi. IV du présent volume, fig. 5, G, 7). Lulraria Collardii Payr. Cat. annel. et moll. Corse , 1826, p. 18, n a 35, pi. I , fig. 1 et 2 pro cardine. L. Testa orbiculalo-trigona, convexo-depressa, pellucida, sub cuticula ttraminea alba, transversim inœqualiler tenue striala, anlice rotan- data, postice angulaia ; cochlcaribus anguslis. Dimensions : Hauteur, 20 à 20; longueur, 25 à 31; épaisseur, 7 à 8 millimètres. (54) IIad. L'île de Corse (Payraudeau); j'ai eu mon exemplaire de l'étang de Thau , près de Celte ; j'en ai vu un autre des côtes de la Provence. Celui dont je joins ici la figure est moins adulte que celui qu'a figuré Payraudeau , mais il est identiquement semblable , pour les proportions, à celui de Lamarck. Lorsque je vis, autrefois, celte espèce dans la collection de Lamarck, sous le nom d'Amphidesma lactea, écrit manu propria , voulant m'assurer des caractères de sa charnière, je fus très-étonné d'y reconnaître celle d'un Lavignon. J'ai mentionné ce fait dans la Revue zoologique de M. Gué- rin, 1843, p. 293, ligne 33, et reconnu son identité avec le Ltilraria Collardii Payraudeau , après avoir confronté les deux coquilles (1). A ces trois espèces anciennement connues, je propose de joindre les deux suivantes, que je dédie à deux savants pour lesquels je professe la (I) On a prétendu , par simple supposition , que Lamarck ;i\;iii décrit sous le litre générique A'AtnpMâema , et sous la docblb dénomination d'Ampli, lucinaUs et iVAmph. lactea , la même coquille qu'il nomme ailleurs Lueina laclea', c'est une erreur que je saisis l'occasion de détruire, ayant vu les types de ces trois espèces dans la collection de U0tK célèbre naturaliste. Le Lueina laclea Lamk. est la même espèce que le Telltna lactea Uonlagu, Maton et Rackelt, très-commun sur m^ côtes de la Prance et qui n'a de commun avec le Tt'ilina lactea Linné que d'appartenu* au même genre luetna et au même bous- genre Loripet. L'espèce de Lamarck ne Baurail ■! -, en bonne nomenclature, conser- ver ce nom spécifique lactea, comme j'en ;d rail depuis longtemps l'observation dans la Revue soologique, en lui Imposant alors le nom 'le- Lueina antiquata , parce que j'ignorais qu'une autre espèce fossile du même genre eût reçu le même a deSowerby. Depuis lors, je l'ai changé en lu In i <<■ i vtlU t, en laveur d'un savant conchyliologue de Valognes (Manche). UAmphtdeeina luctnalii Lk. se composait, en l.sir,, sur le carton de sa collection , d'un exemplaire entier, bien conservé «lu IrUinu lactea Poli NOM Linné ) variété blanche, dont Payraudeau a fait son Lueina Desmareslii, et de quelques valves dépa- reillées et salies de boue, à fond coloré de rougealre. Ce n'est donc pas la môme que son Lueina laclea ! Quant à VAmphidcsma lactea, je viens, en le décrivant sur un exemplaire identi- que de ma collection, de démontrer que c'est un Lavignon et non une Lucine. De ce qui précède résulte la preuve que Lamarck n'a pas décrit sous trois noms diffé- rents la même espèce de Lutine, et que M. Philippi en énonçant cette supposition était complètement dans l'erreur, ainsi que tous ceux qui s'en sont rapportés à son dire. Le Tcllina laclea, Linné, est l'espèce nommée depuis lui Loripes gibbosus Scacchi, Lueina fragilis Philippi, Faun. moll. Sicil. Celte espèce doit, en benne nomencla- ture, porterie nom de Lueina (Loripes) laclea Linné (Tcllina) , parce qu'elle appartient au sous-genre Loripes. - ( 55 ) plus profonde estime pour leurs conseils et l'appui qu'ils ont bien voulu me prêter; M. Deshayes, que je considère comme mon maître en mala- cologie, et M. Charles Des Moulins, dont les écrits dans les cinq pre- miers volumes des Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, ont décidé ma carrière en histoire naturelle. Si , par mes travaux en mala- cologie , j'ai pu rendre quelques services à cette science , c'est à ces deux savants naturalistes qu'il faudra en rapporter tout le mérite. 4. Lavignon Deshayesii Récluz (pi. III, fig. 4, 5, 6). L. Testa elliplica, parva, depressa, antice subrotunda, postice suban- gulata, sub cuticula dilate fulva, albo-vitrea, pelhicida, valida, delica- tissime striata; inius fere margariiacea , obsoleteque radianter striaia; cochlearibus latiusculis , crassis , brevibus. Dimensions : Hauteur, 14; longueur, 20; épaisseur, 5 millimètres. Hab. Les côtes du golfe de Saint-Tropès, en Provence. J'ai pu m'en procurer plusieurs exemplaires entiers et dépareillés. Cette espèce vit en compagnie du Pandora flexuosa Sowerby, qui se rapporte au Tellina inœquivalvis Linné. 5. Lavignon Moulins» Récluz (pi. III, fig. 1, 2, 3). L. Testa rolundato-trigoim^œquilatera, crassiuscula, subopaca, con- depressa, antice rolundalo , postice aiigulata, sub cuticula jlaves- cente nilidissiiim , dilate fulva, obscurala , concenlrice striata, infernc ruguhsa ; cochlearibus majusculis; apicibus acutis. Dimensions : Hauteur, 23-27; longueur, 2G-34; épaisseur, iS mil!. Hab. Les eûtes du Languedoc, principalement celles d'Aigues-Morles (Gard) et de Maguelonne (Agathopolis, Hérault). Deux exemplaires de cette intéressante espèce est tout ce que j'en ai pu me procurer jusqu'à présent. En réunissant dans celte notice toutes les espèces de Iravignons qui me sont connues, j'ai eu pour but d'en faire ressortir les différences, et, en même temps, d'en rétablir quelques-unes mal appréciées dans les ouvrages. Paris, décembre 18G8. ( 56 ) VI. QU'EST-CE QUE LE TURBO CLATHRUS de Linné et le VENUS DECUSSATA du même auteur? Ces deux questions pourront exciter l'étonnement île quelques con- chyliologues et provoquer de leur part cette réplique : Est-ce que le consensus omnium n'a" pas répondu depuis longtemps? Et d'ailleurs cui Oono? — Je les prie de suspendre un instant leur jugement et de faire trêve à leur étonnement , en faveur de ce que je vais leur dire. Les conchyliologues savent depuis longtemps combien il est souvent difficile de rapporter à nos espèces actuellement connues , celles décri- tes par Linné, l 9 Parce que ses descriptions trop succinctes et sa synonymie em- brouillée embarrassent les auteurs; 2° Qu'elles s'appliquent souvent à plusieurs espèces, comme par exemple pour les Nalica canrena , Natica glaucina du Syst. nat. etc., ; 3° Que Linné ne considérait pas certaines particularités comme des caractères constants; 4-° Que les auteurs n'ont pas tenu un compte suffisant de ['habitat qu'il indique, inattention qui a fait donner le nom de Venus paphia à une espèce des Antilles fort différente de celle que Linné indique in Oceano lusitanien, si commune sur nos côtes et dont le nom a été changé en Venus fasciala. Lorsque je décrivais en 1844, 181"), etc. , dans la Revue zoologique, un certain nombre de Notices, Nérites elNavicelles, il meparutque plu- sieurs espèces portant des noms linnéens , ne se rapportaient pas aux espèces décrites par ce célèbre naturaliste, et que d'autres, considérées comme nouvelles, avaient été connues et décrites par Linné ; j'ai appris depuis lors, de mon honorable maître et ami M. Deshayes, que M. llanley (qui a publié un travail remarquable sur les espèces de la collection de Linné existante en Angleterre) avait été frappé d'admiration sur la jus- tesse de mes remarques. Encouragé par un témoignage aussi flatteur, je me suis appliqué à n'admettre les espèces linnéennes qu'après m'être livré à un examen minutieux, tenant compte des particularités énoncées par lui dans les corollaires, de Y habitai, et n'admettant des synonymes qu'autant qu'ils se rapportaient à ses descriptions, ou qu'ils indiquaient des variétés du type. ( 57 ) Voici donc le résultai de deux de mes recherches nouvelles : I Qu'est-ce que le Turbo clathrus de Linné? Tous les auteurs ont attribué ce nom de Turbo clalhrus à l'espèce que Lamarcka nommée, depuis lors, ScaBria communis. M. Scacchiest d'un avis contraire; qui a raison ? Le savant italien paraît être dans le vrai, en s'appuyant sur cette phrase de Linné, Syst. naturce, n° 131 : : « Son aspect est celui d'une Venus decussata allongée et comme tronquée antérieurement (postérieurement); elle est jaune ou dorée intérieurement. » Jl me semble que ces rapports sont sul'lisants pour confondre les deux espèces ensemble ou le nom imposa par Linné. Si l'on admet mon opinion, il y aurait lieu d'écrire ; 1° Tapes decussata Linné, (Venus). Venus truncata, Lamk. hab. in Oc. tndico. 2° Venus reticulata Da Costa, (Peclunculus) Brit. conch., p. 202, pi. H, f. 4. Chaîna fusca, Lister, conch., pi. 423, f. 271.— Venus vel Tapes decussala auctorum , non Linné, hab. in Oceano europœo. Paris, décembre 18G8. ) ( 59 ) VII. OBSERVATIONS SUR UONCHID1UM CELTICUM de Cuvier. MM. Audouin et Milne Edwards, en parcourant nos côtes de l'Ouest, rencontrèrent à Saint-Malo, dans le portdeSolidor, qui assèche à chaque marée, et que l'eau recouvre chaque jour à deux reprises différentes, pendant quatre à cinq heures, une espèce de mollusque qui l'habite en grand nombre. Ce mollusque, qui ne s'est présenté à eux dans aucune autre localité, est regardé par ces savants naturalistes comme" étant pro- bablement la même espèce désignée par Cuvier sous le nom à'Onchi- diiim celticum. (Règne animal, éd. XII, vol. 14, p. 46, in nota). Cette espèce, que Cuvier n'a décrite nulle part, a été observée par ces savants zoologistes, qui ont fait connaître quelques-uns de ses carac- tères essentiels et ses mœurs : « Sa couleur est d'un vert-olive et la face supérieure de son corps est convexe et tuberculeuse, comme celle de plusieurs. Boris. Ces animaux rampent sur le sol et se déplacent ainsi avec assez de facilité. Lorsqu'on les inquiète, ils se contractent avec force, se roulent incomplètement en boule et se laissent tomber, comme le font les Sphérosomes et quelque- fois les Oscabrions. » La découverte de cette Onciiidie a permis aux auteurs sus-nommés de constater une particularité singulière. « Ainsi que Péron l'avait observé sur une première espèce qui habite la Nouvelle-Hollande, ces mollus- ques, bien qu'ils soient pourvus de poumons, vivent dans l'eau; mais ce que Péron n'a pas remarqué, c'est qu'ils ne sauraient y séjourner, et qu'ils ont besoin de respirer l'air pendant longtemps sans interruption, et peut-être à des intervalles réguliers. En effet, on ne les trouve que dans les endroits que la mer abandonne à chaque marée ; et, lorsque, pour les mieux étudier, nous en placions dans un grand bocal à moitié rempli d'eau de mer, ils ne lardaient pas à s'élever au-dessus du liquide, en rampant le long des parois du vase ; si on les détachait, ils se lais- saient tomber, sans jamais nager, et bientôt on les voyait monter de nouveau le long des parois du flacon pour respirer l'air atmosphérique.» (Voyez: Uecltenhes pour servir à lliisloire des côtes de la France. Paris, 1830). ( 60) Une variété de coloration a été découverte et décrite complètement par M. Philippe in Fauna moll. SiciL, t, 2, p. 101, et figurée pi. 20, f. 6, et dont voici la traduction : Animal très- petit, long de trois lignes (8 millimètres), large de 1 ligne 2/3 (3 millim. 1/2) , revêtu d'un manteau ovale, d'un brun-noir en dessus, jaunâtre en dessous, portant sur le dos un grand nombre de verrues blanches, dont six bordent, de chaque côté, le manteau. Celui-ci est un peu réfléchi en arrière et montre là une ouverture assez grande conduisant à la cavité respiratoire. Tète jaunâtre, pourvue de deux lèvres ou lobes presque sécuriformes, entre lesquels est l'ouverture de la bou- che; tentacules courts et oculés au sommet, comme dans les Limaces et les Hélices. Pied plus court que le manteau et beaucoup plus étroit et de couleur jaunâtre. Buchan établit, en 1800, un genre Onchidium adopté par Lamarck en 1801, pour un mollusque pulmoné terrestre , pourvu d'une cuirasse générale prolongée en une sorte de capuchon où la tète peut se retirer, laquelle est munie d'une mâchoire supérieure et porte quatre tentacules, deux supérieurs allongés et oculés et deux intérieurs courts et comme palmés ou bifurques ; avec la cavité pulmonaire vers le milieu du corps, ayant un orifice en arrière. Férussac réunil quelques espèces sous le nom de Vaginula auquel Dlainvillc donna le litre de Véronicelle, genres reconnus par Rang comme ne différant en rien de celui institué par Buchan. Cuvier, à son tour, sépara en 1805 en une section distincte les espèces marines qu'on y avait réunies el lui maintint le nom d'Onrltidium ; mais Férus.sic, dans ses tableaux systématiques, changea ce nom en 1821 en celui à'Onchide (Onchis), et Blainville, en 1825, le nomma Péronée (I'eronia); il l'accompagna d'um; bonne caractéristique, ce que Férussac n'avait pas fait, et détermina Graj à accepter cette dénomination. Huel que soit le nom adopté, cette séparation était nécessaire par suite des caractères différentiels qu'elle présente. En effet, les Péronies digè- rent des Onchides en ce qu'elles ont une bouche dépourvue de mâchoires el entourée d'un bourrelet ou d'appendices différemment conformés; une télé munie seulement de deu.v tentacules oculés et d'appendices charnus plus ou moins dilatés; la cavité pulmonaire occupant la partie posté- rieure de la cuirasse cl s'ouvranl par un orifice arrondi el médian, toul-à-fail'en arrière, sur le rebord du manteau, etc. Il semblerait que l'histoire de notre espèce des côtes de la France dût (61 ) être terminée ici ; néanmoins, nous avons encore quelque chose à y ajouter : M. Gray, loc. cit. (p. 117, Fam. -4) , zoologiste très-distingué, a remar- qué que les espèces de Péronies pouvaient se diviser par la présence ou l'absence d'un caractère particulier, et s'en est servi pour en former deux genres. Il réserve le nom de Peronia h celles dont le cou est orné de processus rayonnants, telles que : 1. Peronia matiritiana Blainv. Malac. pi. XLVI, f. 7. Onchidium Peronii Cuvier, Anat. moll. 2. Peronia punctala Quoy, (Onchidium). Voy. Astrolabe, Zool. pi, XXVI, f. 1. 3. Peronia Tungensis Quoy, (Onchidium). Ibid., pi. XXV. f. 17, 18. 4. Peronia Savignii Nobis, Savigny, Descr. de l'Egypte, pi. II, f. 1-5. et il applique celui à? Onchidella (Gray) aux suivantes, dépourvues de processus : 1. Onchidella nigricans Quoy (Onchidium), 1. c. pi. XV, f. 24. 2. Onchidella pafelloidea Quoy (Onchidium) 1. c. 3. Onchidella granulosa Lellioz (Onchidium). Voy. Coquille, pi. XIV, f. 2. 4. Onchidella cellica Cuvier (Onchidium). Onchidium celticum Aud. et M. Edw. (Vide supra). Onchidium nanum Philippi, ibid,, etc. Il reste à savoir: 1° si l'absence de processus influe en quelque chose sur le reste de l'organisation de ces mollusques, ou si ce caractère est unique. En comparant les caractères du Peronia cellica avec ceux de la caractéristique du genre Peronia, nous ne voyons guère que la présence du processus qui fasse exception ; dès-lors notre sentiment est que ce signe ne peut, étant l'unique différence, donner lieu à une séparation générique. En conséquence, la somme des ressemblances étant géné- rale, nous concluons contre l'opinion de M. Gray et ne formons du genre Onchidella Gray qu'une section du Peronia de Blainville. L'Onchidium celticum de Cuvier sera le Peronia (Onchidella) cellica Cuvier (Onchi- dium). 2 U Si le nom spécifique de cellica doit rester à ce mollusque ou s'il convient mieux d'accepter le nom de nana, proposé par M. Philippi. — Cuvier, en 1805, a donné l'anatomie d'un Peronia sous le nom de Onchi- Tome XXVII 5 ( 02 ) dium Peronii , dans son Anatomie des mollusques, nom que Blainville a changé en celui de Peronia mauritiana } en transformant le nom spécifique donné par Cuvier en générique. Cuvier a ajouté en noie et sans descrip- tion, le nom d'une autre espèce qu'il a désignée par celte appellation Onchidium cellicum, c'est-à-dire habitant nos côtes celtiques. Cette espèce a été retrouvée sur les côtes de Saint-Malo par MM. Audouin et Milne Edwards, et elle concorde avec les caractères des Onchides marines ou Péronies; il est évident qu'étant la seule qui vit sur la partie de nos côtes habitées autrefois par les Celtes, c'est bien elle que Cuvier a dési- gnée par ce nom spécifique. Les savants français qui l'ont de nouveau découverte et fait connaître par des caractères physiques, quoique incomplets, et par ses mœurs, ont rendu ce nom acceptable et il doit lui rester en toute justice. On ne peut disconvenir que M. Phiiippi ait décrit complètement la même espèce ou tout au moins une variété de coloration, et qu'il en ait publié une bonne figure; mais s'il fallait attribuer à cet auteur le nom que l'espèce doit porter à l'avenir, il n'y aurait pas de raison pour effa- cer de nos ouvrages les noms donnés à des espèces incomplètement dia- gnosées et les remplacer par ceux qui leur ont été imposés par des au- teurs qui les ont fait mieux connaître, et alors le chaos renaîtrait là où l'on s'est efforcé de le faire disparaître. Si donc Cuvier n'est pas l'auteur du Peronia celtica, on ne peut, sans injustice, ne pas admettre que MM. Audouin et Milne Edwards n'en soient les parrains, et que le nom spécifique celtica ne revienne à celle espèce de Peronia. Donc, en définitive, le Peronia celtica est une espèce à ajouter au Catalogue des mollusques marins de la faune malacologique des côtes de la France, découverte à Saint-Malo par MM. Audouin et Milne Edwards. ( Paris, décembre 1868. ) ( 63 ) VIII. EXTRAIT D'UNE LETTRE DE M. RÉCLUZ correspondant , A M. CH. DES MOULINS, PRÉSIDENT. Paris, 13 novembre 1868. Si vous aviez encore l'intention de donner une nouvelle édition de votre Mémoire de 1832 sur les Solens, voici quelques additions et rec- tifications que vous pourriez y joindre : l ro Section. — Vrais Solens. 1. Solen abbreviatus Philippi , Abild. Conch., pi. IV, fig. 1. (1842- 1850). Testa lineari, recta; exlremilate antica oblique truncata; anguloinfero aculo , margine aculo, netttiquam sulcalo; extremilale poslica sensim arigustata, rolundata. — Rumph. Mus., pi. XLV, f. M. Solen vagina, var. /3. abbreciala Lk. Had. Amboine. 2. Solen tuuncatus Sowerby, Gen. of Shclls, 13 e livr. (1831). Testa lineari, recta, exlremitate antica oblique, poslica recle trun- cata; margine anlico exlàs obsolète sulcalo, inlus incrassalo. — Reeve, Conch ., pi. XX, fig. 1. —Philippi, Abild. Conch. , pi. IV, fig. 2. — Récluz , Act. Soc. Linn. Bordeaux, t. XXVII (pi. III, fig. 7, 8, 9). Hab. Sénégal. 3. Solen vaginoides Lamk. Philippi. Abild. Conch., pi. IV, fig, 3. Haï.. . ' ( 04) 4. SûLEN 1NTERMEDIUS Kocll. Testa lineari, recta; extremitate ulraque truncata, antica margine aculo, extus neutiquam sulcato. — Philippi, Abild. Conch., pi. IV, fig. 5. — Solen vagina, var. a Lamk. (synon. exclusis) , non Linné. — — Chemnitz, Conch. 6, pi- V, fig. 28. — Solen Lamarckii Récluz, olim mss. Hab. Amérique. 5. Solen vagina Linné. Testa lim-ari, recta, postice paulo altiore ; extremitate utraquc truncata, antica sulco profundomarginala. — Philippi, Abild. Conch. pi. IV, fig. 4. — Solen marginatus Pulleney, Dorset Cal., non Koch. Hab. Europe. 6. Solen marginatus Koch , non Pulleney. Testa lineari, recta : extremitate postica angustiore rotundata, antica truncata, sulco marginata. — Philippi, Abild. Conch., pi. IV, fig. 6. Hab. Afrique. 7. Solen curtus Ch. Des Moulins, Act. Soc. Linn. Bordeaux, t. V, (1832) , p. 113, n ' 23 (exclus, synonym.) , (pi. IV du présent volume, f. 1-4). Testa lineari, recta; extremitate antica oblique truncata, extus obso- lète sulcata, iu/us valde incrassatà ; extremitate postica angustiore , subobliqur rotundata. Altitwl. uniirii, 10 millim., postica (ubi incipit incurvatio marginis), 18 millim.; longitud. ad mediam altitudinis partent emensa , 80 millim.; crassitud., 12 millim. Hab. Sitis (vulgo Celte) divisionis Arausii (Hérault). Nota. La charnière esi la même dans ces 7 espèces, composée d'une seule dent à l'extrémité de la valve. Cette espèce ne peut cire comparée aux Solen truncalns Sow., S. va- gina Lin. ; S. vaginoides Lamk., qui, tous, ont les deux bords tronqués ; elle ne se rapproche, un peu, des Solen abbrevialus Philipp. et S. mar- ginatus Koch (non Pulleney), que parce que le côté postérieur de ces deux derniers est arrondi. Toutefois elle se différencie du S. abbrevialus , 1° par son angle infé- rieur obtus et non aigu ; 2° par une dépression plane de ce même bord antérieur, figurant un sillon plane et non creux , dans la majeure partie (65) de son étendue , et à peine concave à son extrémité inférieure ; 3° par la forte callosité marginale , au-dessous et en dedans de la dépression externe ; 4° par son extrémité postérieure subarrondie. On la séparera du Solen marginatus Koch , 1° par son côté antérieur obliquement tronqué ; 2° par la dépression superficielle de sa marge antérieure qui ne peut être comparée au sillon profond du Solen marginatus ; 3° par la callosité marginale interne non linéaire, mais large dans le centre, étroite aux extrémités, et droit ement tronquée sur son milieu postérieur ; 4° par son extrémité postérieure , non tout-à- fait arrondie, mais un peu moins , et d'ailleurs presque obliquement obtuse. A ces descriptions et comparaisons différentielles, il convient de joindre , comme complément , la reproduction des détails donnés sur le Solen curlus par son auteur, dans les Actes de la Société Linnéenne de 1832. Ils compléteront la diagnose, ils expliqueront les figures que nous publions aujourd'hui , et assureront à M. Des Moulins la propriété primitive de l'espèce , dans le cas où il en aurait été publié une descrip- tion, après cette date, dans quelque ouvrage à nous inconnu. Le nom de Solen curlus appartient incontestablement à l'espèce par la description que l'auteur en a faite, mais qui , faute de diagnose latine, pouvait laisser la question indécise en présence de la jalousie et du mauvais vouloir que quelques savants étrangers laissent percer par fois à l'égard des travaux français; j'en ai vu de trop fréquents exemples. Voici ces détails primitifs sur les caractères du Solen curlus : «Son tiA est d'un violet clair en dedans, d'un fauve rosâtre en » dehors ^comme le Cijlherea Chione). Elle est courte et un peu plus » haute proportionnellement que le vrai S. vagina. Comme celui-ci , » elle a une dent sur chaque valve et un bourrelet intérieur au bord an- » térieur; mais il n'y a pas, à l'extérieur, de sillon creux qui réponde à » celui-ci. Le caractère réellement important existe dans l'impression » palléale qui, au lieu de partir d'un point plus reculé de l'impression » musculaire antérieure, comme dans le S. vagina, part de son coin » antérieur et descend en droite ligne en côtoyant étroitement le bour- » relet, sans laisser entr'elle et lui le triangle scalène qu'on remarque » dans le S. vagina. Dans le reste de son étendue, elle est conformée de » la même manière dans les deux espèces. Enfin, dans le S. curtus , le ( M ) » boni postérieur de la coquille est presque arrondi cl non pas mani- » feslemenl tronqué (1). » Toutes ces espèces appartiennent à la l rc section de Lamarck, leur charnière n'ayant qu'une seule dent sur chaque valve. 2 e Section. — {G. Siliqua Megerle. — Machœ.ra Gould). Y joindre l'espèce nouvelle ci-après : Solen (Siliqua) SerresïANUS Nobis, mss. moll., mar. mediterr. divi- sionis Arausii (Hérault). Testa lineari, recta, sub cuticula grisea alba, immaculata, cardi- nibus unidentatis a margine milieu parum remotis. Longil., 65 mill. ; 1 a t ., 10. Solm corneus M de Serrée , coll. IIad. La cùle de Celte, rare. La charnière de cette espèce est éloignée du bord cardinal de 10 à 1 I inilliin. Le Solcn cornent Lk. a sa charnière continue au bord antérieur; il provient de Java ; ce qui différencie cette espèce de celle de M 1 de Serres. J'ajoute (|ue M. Thorret a dragué, dans la rade de Toulon, \e Solen Tagal d'Adanson avec ranimai. Sa coquille était recouverte d'un épiderme brun. - H. Graj a rail de ce Solen le type d'un nouveau genre nommé Tagehu I au lieu de Tagalut u SoLECURTUS COAfiCTATUS liincliii. p. 3227, D I 6. Cliciniiitz, CoDCh. f), pi. V, r. 35. Solen antiquatus Montago, Test. Brit. — Lk. 5, p. 454, n° t5. Soteu euitriius Pennant, Brit. sool. i, pi. MAI , f. ï~>. FoMMiiiH. Solen coarctatus Brocchi, Conch. subappen. "1, p. 407. — Lamk. 1. c, 455, n° 17. Hab. Les eûtes d'Angleterre à Scaiborongh, et celles de la France, à Celte, Agde, Sérignan (Hérault), Vendrea (Aude), etc. Coq. ovale-oblongue, un peu comprimée dans sa partie moyenne, por- tant sur les côtés et à sa base des stries sublamelleuses ; blanche, sous un épiderme jaune citron (à l'état frais) ou roux plus ou moins foncé (l)Ch. Des Moulins, Notice sur la répartition des espèces dans les genres Solen, Solécurte, Sanguinolaire et Solétellino de M. de Blainvilk ; in Act. Soc. Linn. Dord. t. Vj i» 109, n 2~, livraison du 15 niar^ Ih",2, p, "1 du tirage à part. (67 ) (après quelque temps d'exposition à l'air) ; on aperçoit fréquemment trois à quatre côtes qui, partant des crochets, divergent sur les côtés, mais peu apparentes; charnière variable : tantôt deux dents sur chaque valve, souvent deux sur l'une et une seule sur l'autre, plus rarement trois à quatre denticulalions sur l'une des valves. On s'accorde généralement à comprendre cette espèce parmi les Sole- curies, mais Leach l'avait prise pour type d'un nouveau genre qu'il nom- mait Azor et que M. Gray adopte ; Turton en avait fait une Psam- jnobie. Dans les Solécurtes, les stries ne rayonnent que d'un seul côté ; elles sont onduleuses et constantes; le bâillement des valves est grand. Dans le Solen coarclatus, les rayons sont ou rares ou nuls, directs quand ils se montrent, et divergents à droite et à gauche ; le bâillement des valves est étroit et presque semblable à celui de plusieurs Tellines et Psam- mobies. La charnière des Solécurtes se borne à deux dents sur une valve et à une sur l'autre ; dans le Solru coarctatus, le nombre de ces dents, assez variable, s'élève quelquefois jusqu'à quatre sur une valve. Ces différences assez tranchées, mais qu'on ne peut malheureusement constater que sur la coquille, l'animal étant inconnu, militent en faveur d'une séparation sous-générique. Je propose donc, en attendant la con- naissance des caractères du mollusque, d'en faire une division dans le genre Solécurle, ainsi caractérisée : 2° Section (ou s. -genre.) Coq. moins béante, à rayons nuls ou, quand ils existent, non ondulés ; charnière variable, parfois trois à quatre dents sur une valve : Azonmus. {Azor, Leach, Gray.) C. Récluz. NOTE ADDITIONNELLE DE M. CH. DES MOULINS relative W SOLEN CURTUS M. Hécluz m avait écrit , au commencement de novembre 18G8 : «Je crois que le Solen truncatus Sowerby est le môme que votre )len curttu, du moins d'après votre description. Je serais bien aise ( 08 ) » qu'en confrontant ceux que je vous envoie avec le vôtre, vous me » disiez si je ne me trompe pas. » Je me suis empressé de procéder à la comparaison demandée par mon savant collègue, et malgré une notable différence dans la taille des coquilles et aussi quelque différence dans leur coloration, je dois avouer que la parfaite similitude de forme de la dent cardinale dans l'une et dans l'autre m'a séduit de prime abord au point que j'ai cru à leur identité spécifique, et que je me suis trop hâté de l'annoncer à H. Récluz. Mais, peu de jours après, lorsque je plaçai ces deux formes sous les yeux de M. le docteur Souverbie, conservateur du Musée d'histoire naturelle de la ville de Bordeaux , cet excellent ami et collègue ne fut pas du tout de mon avis, et j'ai dû baisser pavillon devant l'incontesta- ble solidité de ses arguments. M. le docteur Souverbie était d'autant mieux placé pour combattre avec avantage mon assimilation trop précipitée, qu'il est possesseur, au Musée, île deux échantillons (sans aom spécifique), absolument identi- ques à l'individu qui m'a servi de type pour mon S. curttu de 1832, tandis que je n'avais pu établir ma comparaison que sur ce dernier tout seul. Le savant conservateur me lit remarquer que si la dent cardinale était exactement la même dans les deux , cela prouvait uniquement qu'elles appartiennent toutes deux a la même Bection, aux praif Solens , et que cela laissait intactes leurs différences ipécifiques, qu'il a bien voulu prendre la peine de formuler comparativement, ainsi qu'il suit : ROTÉ DE M. LE D r 801 M.i'.iai.. Soi.en coRTua Cb. Des M., Notice sur Solbn pbonc4tos Sowerby, •■••n. or les genres Soten, etc., -oc. Sbells, 43« livraison (4834). I.inn. Bord., t. V. page 143, D (4832). 4° Son extrémité antérieure est cou- 4° Son extrémité antérieure ne pré- pee très-Obliquement suivant une sente pas la même disposition, et elle direction remarquablement recliligne est sensiblement marginée, à l'exlc- et presque sans dépression marginale, rieur, par une petite dépression. celle-ci étant plus appréciable par le tact qu'à la vue. (69) 2° Les bords dorsal et ventral des 2° Les bords dorsal et ventral sont valves ne sont point parallèles, en presque parallèles, en sorte que la sorte que la coquille est 'sensiblement coquille est presque aussi large en ar- plus large en avant qu'en arrière. rière qu'en avant. 3° Le diamètre que j'appelle bilatéral 3° Le diamètre bilatéral est presque (épaisseur de la coquille), est presque le même aux deux extrémités, le double à l'extrémité antérieure, de ce qu'il est à l'extrémité postérieure, en raison du défaut de parallélisme, qui facilite la disposition cunéiforme de la coquille. 4° L'accroissement du test, vers 4° L'accroissement du test, à cet en- l'extrémité postérieure des valves, se droit, se fait, non suivant des cour- fait suivant des ligues courbes (para- bes , mais suivant des troncatures boliques) très-visibles et qui se succè- coupées carrément, à angles à peine dent en s'emboilant l'une dans l'autre arrondis, et disposées de la môme comme les imbrications d'une série manière. Cette différence très-saillante de tuiles. est due à l'égalité de largeur des val- ves, due au parallélisme de leurs bords. 5° (Sans grande importance). Colora- o° (Id. ) Coloration blanchâtre et tion blanche et rose. rosc-bleudlre ou violâtre. 6° Coquille relativement /j/ms/om^mc 6° Coquille relativement plus large par rapport à sa largeur, que clans l'au- par rapport à sa longueur, tre espèce. De l'observation de ces différences résulterait, suivant moi, pour le S. curhis, la caractéristique suivante : Testa lineari recta, striis incre- mentalibuë fasciculatim coarctatis numerosis, posticis arcuatis sub epi- dermide tenuipallide olivaceo-alba , zonis concenlricis roscolo-corneo- lis maeulata ; exlremilate jiuslica angustiore , ovala , anlica valde oblique uculeque Iruncata, submarginata ; apertura subcordiformis. D r S. -M. SOUYERBIE. Tout en reconnaissant la précision des observalions de M. le docteur Souverbie et la nécessité, par conséquent, de considérer définitivement le S. cvrlus comme espèce distincte de toutes les autres de la même section (voir ci-dessus, n° 7), M. Iiécluz se décida pour une simple diagnose rigoureusement comparative h l'égard de celles qu'il a insérées dans la Lettre qu'on vient de lir*e, diagnose à laquelle viennent en aide toutes les observalions descriptives et comparatives dont on la fait Tome XXVII. 6 1 «0 ) suivre, et surtout les figures, laites avec soin et intelligence, qu'on y peut joindre. Ce savant malacologiste a bien voulu se charger, avec la plus extrême obligeance, de diriger lui-même notre habile dessinateur, M. Lackerbaiier, dans l'exécution delà pi. IV de ce volume, pour laquelle j'ai mis à la disposition de ces deux Messieurs mon unique échantillon- type de l'espèce. Je profile de celle occasion pour dire que, me trouvant au Muséum de Paris le 3 août 1 8 40, j'ai bien cru reconnaître dans les vitrines de ce grand établissement national , mon espèce , avec l'indication de la pro- venance de l'échantillon ( Sénégal), mais sans nom spécifique, de mémo que presque tontes les autre Charles Des Moui ins. EXPLICATION DES PLANCHES. m. I iVIGNOH M04 1 IHSI1 1!' 'lu/. i vMi.Mts Di suayi 6ii Réel riz, i . m tu fk Don, i dm '• ■■' dsd ■ SOI EN n:i m \n - & '.iil.y ' l.tmen nu. 1 M n\ MOI î ISSU Ri ClUS. Il et a . vu en '''•'■ IV. SOLBK I , vu en dehort 1 3, vu en dedans', flg l, l'ouverture de va ./. ■ i ■ Laticnon lactbos I • i vu ' » rit /('">, Bg. 6 cl 7, i ERRATA Ligne. 30, — 23, ' : ( rali rodimai 35, 9, F — / il. — 12, Littorina Menke, PbUippi, etc., — Wortna Ueuke, Pbilippi , etc. H, — dernière, lAltorina , — Litortna. 15, — If, Ut. — fef. î>7, — 23. Scalaria iCOla — ScaUwia pseude-scalarii Soc. liim. de Bordeaux. T.XXVII. PL. III. 11 i -vidnon Moulinsii Deshay : Fié. 7.8. 9. Solen truncatus ( ( ; ) Fié.-' '' linsii ( > oc. linn. de Bordeaux. T. XXVII, PI. IV. 4- I Lackerbauer ad nat.lith. Imp .}i eccj-uet . Pari s . Fié. 1.2 3 4 Solen curtus ( Ch. d" 7. oiilacteus, (Lam.j; ampli i de s m a CR. FAUNE GONGIIYLIOLOGIQUE MARINE DU DÉPARTEMENT DE LA GIRONDE ET DES COTES DU SUD -OUEST DE LA FRANCE SUPPLÉMENT Par le D^ p au i FISCHER , Membre correspondant. Mars 1869 AVANT-PROPOS. Depuis la publication de la Faune conchyliologiquë marine de la Gironde , des recherches assidues ont été pratiquées sur le littoral du sud-ouest de la France; aussi, ce supplément renferme-t-il presque autant d'espèces que le Catalogue de 1865. La Société scientifique d'Arcachon a compris toute l'importance des investigations relatives à l'histoire naturelle de nos côtes. C'est, grâce à son initiative, qu'une magnifique collection locale a pu être recueillie en grande partie par mon ami M. A. Lafont , qui vient récemment de publier une liste très-étendue des animaux marins du bassin d'Arcachon (1). Les draguages des bateaux de pêche , qui vont jeter leurs chaluts en dehors du bassin et à des distances assez considérables, nous ont fait connaître des espèces fort rares dont la présence n'était pas même soupçonnée. D'un autre côté, M. de Folin, commandant du port de Bayonne, a réuni une collection très-précieuse de sondages et de draguages du golfe de Gascogne, depuis le parallèle de Noirmoutiers jusqu'à la côte (1) Noie pour servir à la Faune de la Gironde, contenant la liste des animaux marins dont la présence a été constatée pendant les années 1867 et 1868, par A. Lafont, (Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, t. XXVI. Septembre 1868.) ( 72 ) d'Espagne. Ces sondages ont été pris au large par des profondeurs de 15 à 80 brasses; ils m'ont offert un grand nombre d'espèces intéressantes et nouvelles pour notre Faune (1). Je me suis décidé à comprendre sous les mêmes numéros d'ordre les mollusques des départements de la Vendée , de la Charente-Inférieure , des Landes et des Basses-Pyrénées, qu'on n'a pas trouvés jusqu'à présent dans la Gironde. Cet ouvrage deviendra ainsi un véritable Catalogue conchyliologique du sud -ouest de la France (2). Dans ce but, j'ai vérifié à La Rochelle quelques espèces qui me paraissaient douteuses; j'ai trouvé là un modèle de Musée départemental, le Musée Fleuriau , où sont déposées toutes les richesses zoologiques et paléonlologiques de la Charente-Inférieure. Les mollusques nus n'étaient pas compris à dessein dans mon pre- mier Catalogue ; je ne les avais pas alors étudiés suffisamment ; mais celte lacune a été comblée, et, d'après le nombre des espèces que nous connaissons, on peut prévoir combien cette partie recevra d'additions importantes dans l'avenir (3). CHAPITRE I". LITTORAL DU SUD-OUEST DE LA FRANCE. Les courants jouent un certain rôle dans la distribution géographique des mollusques; or, on signale dans le golfe de Gascogne deux courants qu'il est important de connaître et sur lesquels je donnerai les détails suivants : (1) Fischer : Résultais zoologiyues des draguages exécutés dans le golfe de Gas- cogne. (Comptes-rendus de l'Institut, t. LVII , p. 1004. 1868.) (2) Les principaux documents sur les Faunes conchyliologiques du Sud-Ouest non cités dans mon Catalogue sont : Recherches topographiques , statistiques cl histori- ques sur iile de Noirmouiiers , par F Piet et J. Piet. 1863. — Faune vivante du département de la Charente- Inférieure , par E. Beltrémieux , 1 e " - Supplément. 1868. — Faune malacologiquc marine de l'ouest de la France , par Taslé père. 1868. (5) Les Nudibranches du Sud-Ouest sont décrits dans les publications suivantes : Mémoire sur des espèces et des genres nouveaux de l'ordre des Nudibranches , observes sur les côtes de la France, par A. d"Orbigny. ( Magasin de zoologie. 1834.) — Catalogue des Nudibranches el Céphalopodes des côtes océaniques de la France, par P. Fischer. Journal de conchyl., t. XV, p. 5, 1867. — Supplément, Journal de conchyl., t. XVII, p. S. 1869. ( 13) Le courant littoral, depuis Saint-Sébastien jusqu'à Brest, longe la côte en allant au Nord ; il s'étend jusqu'à plus de 30 milles au large entre Bayonne et la Gironde. Sa vitesse, avec des vents de S. de S.-Ë. et d'E., atteint 3 milles à l'heure; avec des vents de N. et de N.-O., il devient étale, renverse quelquefois si la brise est très-fraîche et dure longtemps, mais le renversement est toujours très-faible. Ce courant doit porter le nom de Rennel , qui l'avait indiqué comme s'étendant de la côte d'Espagne à la Gironde; on a pu vérifier, par un millier d'observations, que sa vitesse ne diminuait pas jusqu'au Penmarch (Finistère). Plus au large , sur une ligne qui partirait du milieu de la Manche pour aller à 50 lieues environ en dehors du Cap Finistère (Espagne), un autre courant se dirige vers le S.-O., en formant, avec le premier, un immense tourbillon; on y rencontre presque toujours des débris de na- vires, auxquels la mer, en brisant, donne l'aspect de rochers. A terre, c'est-à-dire, le long de la côte , le phénomène se complique du jeu des marées et de l'effet propre des lames qui , se transformant de lames de fond en brisants , développent l'impulsion qu'elles ont em- pruntée au vent. Depuis l'embouchure de l'Adour jusqu'au phare d'Hourtins, la lame, sous l'influence des vents généraux qui soufflent de l'O.-N.-O au N.-O,, chasse au Sud , en produisant un mince courant qui entraîne le sable dans celte direction. Du phare d'Hourtins à la Pointe de la Négade, le courant de Ilot qui porte au Nord, contrebalance l'effet produit par le vent; enfin, de la Pointe de la Négade à la Pointe-de-Grave, le courant général porte au Nord. La Pointe-de-Grave est, comme on s'en est assuré, refoulée vers la Gironde (1). En résumé, il existe sur nos côtes : 1° un courant S. -N. qui nous apporte des espèces des Faunes espagnole et lusitanienne; c'est le cou- rant de Rennel ; 2° un mince contre-courant littoral qui dévie les cours d'eaux des Landes du N. au S., et pousse les sables dans cette direction ; 3" un grand courant du golfe dirigé en sens contraire du Rennel , et qui peut jeter sur le rivage des espèces des mers d'Angleterre. (1) H. Caudéran. — Noie sur une formation d'eau douce, dans la falaise sableuse du rivage océanique au Vieux-Soulac (Gironde). Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux , t. XXV, p. 461. 1865. ( U) Ces circonstances nous expliquent les mélanges de Faunes observés sur les côtes de l'Océan en dehors du bassin d'Arcachon. Ainsi , au poste de douane de la Garonne , on a ramassé sur la plage les espèces suivantes : Fusus antiquus, gracilis, Jeffrey sianus , Berni- ciensis, Mangelia Trevelyana, Cyprina Islandica, etc., formes boréa- les, et Fusas conlrarius , Turbo rugosus, Solarium conulus , Cassis saburon, Cassidaria thijrrena, Ranella gigantea, Purpura hœmas- loma, etc., formes lusitaniennes, dont plusieurs cependant sont prises vivantes au large. J'ai indiqué brièvement l'existence d'une large terrasse sous-marine le long du littoral duS.-O. Elle s'incline en pente douce vers l'Ouest; sa profondeur est , à sa partie moyenne , de 45 à 60 brasses , et à sa limite 0. , de 90 à 100 brasses; puis , sa pente devient très-rapide et elle dé- passe 200 brasses (1). Vis-à-vis de Noirmoutiers, elle se termine entre 7° et 8° long. 0.; vis-à-vis de la Pointe N. de l'île d'Oléron, entre 6° et 7°; vis-à-vis de l'embouchure de la Gironde, entre 7° et 5°; vis-à-vis du bassin d'Arca- chon , entre 5° et A ; puis elle se rapproche sensiblement de Biarritz et des côtes d'Espagne (2). Tous nos draguages ont été faits à des profondeurs de 5 à 80 brasses; nous ne connaissons donc pas les grands fonds. Dans la fosse du Cap Breton (231 brasses), très-rapprochée du rivage, on a recueilli des Poly- piers (Desmophyllum , Dendrophyllia) , mais pas de mollusques, et cependant on doit trouver sur ces Polypiers des Brachiopodes et toute la Faune des grandes profondeurs. Mais, à part la fosse du Cap Breton , les grands fonds sont trop éloi- gnés des côtes pour qu'on ait pu les explorer. Ainsi s'explique la pau- vreté apparente du Sud-Ouest en espèces draguées abondamment dans les mers des îles britanniques, des côtes d'Espagne et dans la Méditer- ranée. Sur la terrasse se trouvent quelques agglomérations de mollusques. La plus intéressante est le grand banc d'Avicules, qu'on rencontre à (i) La brasse française représente 1 mètre 6. (2) Voir sur cette question : Carte particulière des sondes d'atterrage des côtes occi dentales de France, depuis l'île d'Yeu jusqu'à l'embouchure de la Bidassoa et des côtes septentrionales d'Espagne, faites en 1828 et 1829, par M. Le Saulnier de Vaubello. 1831. — Dépôt général de la Marine. ( 75) 4 lieues au large environ de l'entrée du bassin d'Arcachon , par des pro- fondeurs de 40 à 60 brasses; ce banc se prolonge au Sud jusque vis-à- vis le feu de Mimizan (Landes); au N., il existe encore sur le parallèle de Hourtins (Gironde); sa longueur dépasserait donc 25 lieues; sa largeur est évaluée à une lieue. Il n'est pas parfaitement continu, et, çà et là , on y remarque des interruptions. Des pêcheurs de La Rochelle prétendent qu'on peut le suivre plus au N. jusqu'au plateau sous-marin de Rochebonne , par le travers de l'île de Ré. Beaucoup de poissons s'approchent du banc d'Avicules ; aussi les pê- cheurs au chalut y jettent-ils leurs filets aussi près que possible ; mais il est arrivé maintes fois qu'ils ont dû les abandonner, par suite de leur surcharge de ce mollusque, ou qu'ils en ont rempli leurs bateaux. La formation de bancs étendus est un fait spécial aux mollusques bys- sifères (Mytilus , Meleagrina , Dreissena, etc.); la force du byssus des Avicules explique leurs adhérences réciproques et la cohésion de leurs colonies. CHAPITRE II. OSTRÉICULTURE DANS LE DÉPARTEMENT DE LA GIRONDE. Il est intéressant de suivre les progrès des parcs (1) et leur repeuple- ment ; or, les parcs impériaux du bassin d'Arcachon , créés et dirigés par M. Chaumel , lieutenant de vaisseau , semblent promettre à l'industrie huîlrière le plus brillant avenir. Les trois établissements de l'Etal sont : 1° Crastorbe, au nord-est de l'île aux Oiseaux, 12 hectares de superficie; 2° Grand-Ces, en face de Crastorbe , 10 hectares ; 3° La Hillon , sur un crassat de 3 kilomètres (1) Ajouter à la Bibliographie les ouvrages suivants sur l'ostréiculture: Lafon (P.O.) Réponse aux assertions du Journal d'Arcachon sur l'ostréiculture. Bordeaux. 186t. — Lafon: Situation du bassin d' Arcachon ; précautions à prendre pour la con- servation de sa belle prospérité huîlrière. Bordeaux. 1853. — Lafon . Question huîlrière; moyens à prendre pour le rétablissement de nos pêcheries sur les côtes de France. Bordeaux. 1864. — Lafon : Le bassin d'Arcachon; sa prospérité. Bordeaux. 1864. — Soubeiran : Rapport sur l'ostréiculture à Arcachon. (Bull, de la Soc. Imp. d'acclimatation). Paris. 1866. — Hément (F.) : Visite aux parcs d'Arcachon (Petit Journal , 29 août.) Paris. 1865. — De La Blancbère : Culture des plages maritimes , Paris. 1866. — J. Cloquet : Du repeuplement des huîtres sur le littoral de l Océan et de la Méditerranée. (Bull. Soc. d'acclimat, t. VIII , p. 75.) Paris. 1861 . ( 76 ) de long sur 140 mètres de large ; le parc n'a que 4 hectares de super- ficie. Quand le parc de Craslorbe a été établi , en 1860, il contenait 400,000 huîtres; celui de Grand-Ces en renfermait 600,000; on en a ajouté un million , et l'on a réparti 197 collecteurs. Résultat : on a enlevé sur le parc de Crastorbe (d'avril 1862 à mars 1865), 4.464,890 huîtres, et sur celui du Grand-Ces, dans la même période, 3,186,212; total, 7,651,102 huîtres. Il reste dans les parcs, 14,063,160 huîtres. En ajoutant ce dernier chiffre à celui des huîtres enlevées, on a le total de la production : 21,714,262 huîtres, qui ont couvert des parcs où il n'en existait, en 1860, que 200,000. Le parc de La Hillon a été installé en 1864, sur un terrain qui ne contenait pas une seule huître vivante. En juin 1864, on a semé 178,000 huîtres-mères ; en février 1865, on en a semé 322,000 ; en tout, 500,000. Or, en septembre 1865, le recensement du parc donnait 5 millions 185,248 huîtres jeunes de l'année, 500,000 huîtres-mères et 1,000,000 d'huîtres nées en 1864; total, 6,685,248 (1). En 1866, on a vendu les 500,000 huîtres-mères de La Hillon , et il restait de 5 à 6,000,000 d'huîtres (2). Dans la saison de 1865-66, l'exportation totale du bassin a été de 7,000,000 d'huîtres , au prix moyen de 40 francs le millier ; soit-280,000 francs, chiffre notablement inférieur à celui de la vente dans les années précédentes (3). En résumé, les parcs du gouvernement ont prospéré; les établisse- ments particuliers, au contraire, ont souffert. Les propriétaires de parcs se plaignent de l'insuffisance de la reproduction durant ces der- nières années; leurs appareils collecteurs ont généralement échoué (4). De son côté, le Directeur des parcs impériaux attribue les succès qu'il a obtenus à La Hillon, Crastorbe et Grand-Ces, aux travaux de dévasement; l'accumulation des vases et des Zostères est fatale au bout d'un certain temps et cause la ruine des parcs les plus riches. La question de la reproduction sur place est jugée à ses yeux ; le naissain ne peut provenir (1) Soubeiran : Rapport sur l'ostréiculture à Arcachon. Supr. cit. (2) Chaumel : Communication verbale. (5) Communication verbale du commissaire de la Marine à La Teste. (4) V. Moureau : Renseignements sur les pêches pratiquées dans le quartier mari- time de La Teste. 1868. (Manuscrit ) ( 77 ) dés chenaux voisins de ces parcs, puisque le draguage opéré dans le bassin d'Arcachon, en décembre 1865, a donné les résultats suivants : chenaux de Lanton , Certes et Germanan , 28,800 huîtres; chenal d'Ey- rnc , 12 huîtres ; chenal de Teychau , 5 huîtres. Ce petit nombre d'huî- tres-mères indigènes n'est pas en rapport avec la reproduction observée sur les parcs (1). Le dommage causé par les cormaillots ou perceurs (Murex crinaceus), est toujours aussi considérable. Un fait suffira pour démontrer leur prodigieuse multiplication. En une seule marée du mois de mars , douze marins de l'aviso Le Léger, employés pendant deux heures, ont recueilli 14,600 cormaillots sur le crassat de La Hillon (4 hectares)! Les Murex se réunissent pour l'accouplement à la fin de mars et au commencement d'avril; c'est à ce moment qu'on doit les détruire; en septembre , les jeunes atteignent le volume d'îïn grain de blé à un pois. Placés sur des valves d'huîtres garnies de 15 à 20 naissains, ils les per- cent l'un après l'autre et ne les quittent qu'après avoir achevé le dernier. M. Chaume! avance qu'il leur suffit d'une demi-heure pour percer une huître d'un mois; les adultes passeraient 8 heures pour en perforer une de 3 ans (2) ; je crois que ce dernier chiffre est un peu exagéré. Les Crabes vulgaires (Carcinus mœnas L.) sont réputés ennemis des huîtres; je ne les ai pas vus quand ils commettent leurs dégâts dans les parcs ; mais , d'après ce que M. Lafont et moi avons observé relative- ment à un autre crustacé brachyure, l'Etrille (Porlunus puber L.), je pense que les propriétaires de parcs agissent sagement en détruisant les Crabes. On avait placé dans un compartiment de l'Aquarium d'Arcachon un jeune Crabe étrille et une tuile, provenant des collecteurs de La Hillon, chargée d'huîtres de six mois. Chaque jour, le crustacé détachait une huître avec ses pinces , en brisait la coquille et mangeait la chair qu'il disputait à un petit poisson du genre Blennie , non moins amateur d'huî- tres. L'Étrille est assez rare, heureusement pour les parqueurs ; mais une autre espèce de Portunus , le P. arcitatus Leach , est très-com- mune dans le bassin d'Arcachon; des observations ultérieures nous feront savoir si elle est positivement dangereuse. (1) Soubeiran : Loc. cil. (2) Soubeiran : Loc. cit. ( 78) CHAPITRE III. OSTRÉICULTURE DANS LE DÉPARTEMENT DE LA CHARENTE-INFÉRIEURE. L'île de Ré , après avoir possédé pendant longtemps un riche banc d'huî- tres devant Saint-Martin , principal centre de population, était épuisée en 4857. Le 5 février 1858, un habitant de Rivedoux, nommé Hyacinthe Bœuf, obtint une concession de 1800 mètres de terrain émergent. Il établit un parc recouvert de branchage et de pierres, afin de rendre le sol moins mobile, et entouré d'un mur de calcaire ou banche tiré de la côte. Au mois de juillet, le mur était tapissé de naissain, quoique le parc ne ren- fermât pas une seule huître. L'ostréiculteur démolit son mur et en éten- dit les pierres sur le parcjnême. On comptait environ 15 jeunes huîtres par pied carré. Les mollusques se développèrent très-bien, et le succès de l'habitant de Rivedoux engagea un grand nombre de riverains à solli- citer des concessions qui furent accordées (1). J'ai déjà donné un aperçu de l'état de celte industrie en 1863; elle n'a cessé de progresser. En 1864, on comptait 3,040 parqueurs et 837 clarayeurs , dont les établissements occupent une étendue de 203 hec- ares. Les parcs créés en 1858 , entre Rivedoux et le fort Laprée (1 kilomètre 1/2 de côtes), ont vendu, en 1860, pour 3,150 francs; en 1861, pour 8,027 francs; en 1862, pour 32,892 francs; en 1863, pour 53,000 francs, non compris la vente de l'automne et la valeur d'un million d'huîtres déposées dans les claires. L'activité imprimée à l'ostréiculture , dans l'île de Ré , est due prin- cipalement à la liberté des concessions de plages maritimes. L'observa- tion du décret du 4 juillet 1853, qui n'accorde de concessions qu'aux marins inscrits, repoussait l'initiative particulière ; aussi , l'administra- tion semble-t-elle adopter de nouveaux errements. Sur le rocher d'Air, près de la Pointe de Chapus, au nord de Marennes, sont établis environ 400 parcs d'huîtres; mais l'envasement menaçait ces plages de stérilité malgré des travaux onéreux. Pour ramener la pro- duction, le Ministre de la Marine a fait procéder, en 1866 , à la répar- (l)Gillet de Grandmont : Ostréiculture à Vile de Ré. (Bull. Soc. Imp. d'acclim.) Avril 1864 (2) Gillet de Grandmont : Loc. cit. ( ™) lition , par le système de lotissements , des emplacements affectés à l'élevage des huîtres. Le jour où cette mesure deviendra générale , le sort de l'ostréiculture sera définitivement assuré. CHAPITRE IV. OSTRÉICULTURE DANS LE DÉPARTEMENT DE LA VENDÉE. (Ile de Noirmoutiers). L'île de Noirmoutiers, placée dans la baie de Bourgneuf, a été long- temps très-riche en huîtres indigènes; mais les bancs ont été épuisés par la cupidité et l'imprévoyance des propriétaires. L'exploitation des huîtres, à Noirmoutiers, date de 4816; à celte époque , un négociant nommé Richer, relâcha au Port-Louis et se mit en rapport avec un sieur Joli , armateur; ils sondèrent ensemble quel- ques bancs d'huîtres, et M. Joli établit un parc à l'extrémité du Fort- Larron. Cette même année, il exporta plusieurs cargaisons d'huîtres (1). Les parcs se multiplièrent rapidement; aujourd'hui, les principaux sont dans la baie de Bourgneuf: les bancs de l'Atelier, du Bois-de-la- Chaise, Rond, des Courseaux-Verts, de La Goude ou de La Bernerie, de Dormion, de Riberge, de Morin. Le prix des huîtres était minime; on ne les payait, que 4 à 6 fr. la barrique (de 2,000 à 2,500 huîtres), suivant leur grosseur; elles étaient expédiées principalement à Camaret et à La Hogue. D'août 1816 à mai 1818, quatre-vingt-treize bâtiments français et anglais ont exporté 25,160 milliers d'huîtres, qui ont coûté de premier achat 75,800 francs. L'exploitation des bancs a continué longtemps sans que la production ait sensiblement baissé. De 1854 à 1860, les huîtrières ont fourni 26,239 barriques, contenant 131,195 milliers d'huîtres, vendues 894,635 francs , ce qui donne , en moyenne et par an , 18,742 milliers d'huîtres et 127,807 francs, sans compter celles vendues et consom- mées dans l'île et les localités voisines (2). (1) Recherches topographiques, statistiques et historiques sur l'île de Noirmou- tiers, par F. Piet et J. Piel. Nantes. 1863, p. 346 et suiv. (2) Piet : Loc. cit. ( 80) En 1860, le prix élevé des huîtres et l'épuisement de Marennes et de La Tremblade engagèrent quelques industriels à demander des conces- sions pour placer des appareils collecteurs. Des parcs furent créés dans le nord de l'île, à l'Anse du Vieil et à l'Anse de la Claire; on a établi également des claires où les huîtres verdissent dans des conditions con- venables (1). La plus grande partie des huîtres de Noirmoutiers sont aujourd'hui exportées dans les parcs de la Charente-Inférieure; les prix ont subi une progession rapide; en 1862 , la barrique se vendait 90 francs ; en 1866, elle a atteint le chiffre inouï de 150 francs, et rien ne fait prévoir la fin de la hausse ; mais on doit craindre que ce haut prix ne soit la cause de la ruine des bancs de Noirmoutiers. CHAPITRE V. tentatives d'acclimatation de mollusques exotiques dans le bassin d'arcachon (1866 et 1868.) Lamarck a décrit sous le nom de Gryphœa angulala (Hist. nat. anim. s. vert. l re édit. , t. VI, p. 198 ; — Delessert. , Rec. Coq. Lamarck, pi. XX, fig. 3), une huître qui lui avait été communiquée par Hwass et qui lui paraissait être le seul représentant à l'état vivant du genre Gryphée. Le type de Lamarck resta longtemps rarissime, c'est cependant l'huître qui couvre tous les fonds de l'embouchure du Tage. Elle est très-variable dans sa forme; à l'état adulte elle porte trois ou quatre gros plis principaux (quelquefois plus) rayonnants, qui lui don- nent de la ressemblance avec une espèce fossile de la mollasse (Oslrea undata Lamarck). Le talon est allongé, triangulaire, étroit, à canal pro- fond, compris entre deux rebords élevés; sa direction n'a rien de cons- tant, et les individus à type gryphée ou exogyre ne sont pas plus com- muns que ceux à talon droit. L'intérieur des valves est blanc , avec l'impression musculaire violette ou bleue ; à l'extérieur les valves sont blanches avec de larges taches ou rayons d'un bleu violacé. Les grands exemplaires du Portugal sont allongés et ont des rapports de forme avec YOstrea Virginica Lamarck. (1) Mémoire sur les établissements huîtriers de M. Denis Guillet, à Noirmoutiers. Juin 1866. (Manuscrit.) ( 81 ) Cette huître est tellement abondante à l'embouchure du Tage, qu'on peut l'obtenir à Lisbonne au prix de 20 à 30 fr. le mètre cube ; mais les frais «le transport augmentent sa valeur : on l'achète à Arcachon 20 fr. le mille. Le 25 décembre 1866 arriva à Arcachon le premier chargement d'huî- tres de Lisbonne. Les expéditions continuèrent depuis cette époque, et au 12 septembre 1868, on avait introduit 3,343,000 huîtres , du moins d'après le tableau des entrées que j'ai consulté à la Douane. Ces huîtres arrivaient en quelque sorte à l'état de monceaux de boue, leur taille moyenne était de 4 à 8 centimètres, mais dans le nombre on trouvait quelques vieilles huîtres, très-allongées. Elles furent nettoyées avec soin et parquées dans le centre du bassin d'Arcachon. Là, elles ont engraissé, leur coquille s'est rapidement et régulièrement accrue , et il semble que leur forme tende à se modifier. A l'intérieur la coquille s'est épaissie et les chambres à air, qui témoignent d'un accroissement irrégulier, ont disparu. Leur goût , d'abord mauvais, se modifie tous les jours. L'huître du Portugal possède une qualité précieuse qu'elle doit à la profondeur de sa valve inférieure : elle renferme beaucoup d'eau et la conserve plus longtemps que nos huîtres natives ; aussi supporte-t-elle mieux les voyages en se maintenant vivante et fraîche. Les manipula- tions ne lui font pas éprouver de dommages. Placée dans de mauvaises conditions, elle a résisté au rude hiver de 1867-68 et n'a pas gelé. Enfin l'épaisseur de ses valves sera peut-être un préservatif contre l'attaque des cormaillots {Murex erinaceus). On a commencé à expédier ces huîtres sur les marchés de Bordeaux etdans quelques villes du Midi de la France. Leur prix, fixé d'abord à 3fr. 80 centimes le cent en 1867, s'est élevé à 4 fr. et 4 fr. 50 centimes, à Bordeaux. Si celle exploitation se maintient pendant quelques années, il n'est pas douteux que l'huître du Portugal soit améliorée par son séjour dans les parcs d'Arcachon. Jusqu'à présent on n'est pas sûr qu'elle se soit reproduite sur nos plages, mais elle s'y développe admirablement. Outre YOslrea angulata, nos parqueurs ont fait venir d'autres huîtres du Portugal : mais ces dernières appartiennent à l'espèce vulgaire et dif- fèrent très-peu de l'huître d'Arcachon. (82 ) CHAPITRE VI. ADDITIONS AU CATALOGUE DES MOLLUSQUES MARINS DU SUD-OUEST de la France. (Voir t. XXV, p. 257). BRACH1GP0DA. Je n'ai pas mentionné de Brachiopodes sur les côtes du sud-ouest de la France; cependant M. Piet (Recherches sur l'île de Noirmoutiers , 2 e édit , 1863), annonce que le Megerlia truncala Linné vit à Noirmou- tiers (Vendée) entre le Cob et le Tambourin. — J'ai vu un exemplaire de la même espèce trouvé sur le rivage du Morbihan ; et Collard des Cherres l'indique dans le déparlement du Finistère ; il est donc proba- ble que de nouvelles recherches permettront de recueillir ailleurs cette rare coquille. M. Hidalgo cite , au nord de l'Espagne et près de notre frontière, le Megerlia truncala, en compagnie de deux autres Brachiopodes : les Tere- bratulina capul serpentis Linné, et Argiope aperta Blainville. ACEPIIALA. TEREDO Linné. 178. Teredo mavalis Linné , Syst. nat., p. 1267.— B. M., pi. 1, fig. 7.8. — Petit , Cat. J. C, t. II, p. 278. Hab. Bassin d'Arcachon. — Côtes de la Charente-Inférieure (Laurent). Obs. Cette espèce se distingue nettement de ses congénères par ses palettes bicornes. Les valves sont un peu moins hautes que larges, l'aréa antérieure porte 42 à 45 stries. Le pédoncule des palettes est cylindrique et se prolonge sous forme de nervure médiane sur leurs deux faces. La face interne est lisse et plane ; la face externe bombée vers son centre, et calleuse à l'endroit où elle se bifurque en deux pointes aiguës. L'intervalle qui sépare ces deux pointes (83) est quelquefois rempli par une matière organique (résultat de la dé- composition du mollusque) qui communique à la palette une teinte noirâtre. Chez les jeunes individus, le pédoncule est très-long, la pa- lette large et fortement bifurquée. Tube mince. J'ai figuré le véritable Teredo navalis (1) d'après des individus pro- venant des digues de Hollande ; ce n'est que récemment que je l'ai trouvé dans le bassin d'Arcachon , où il est très-rare. Je ne l'ai pas vu sur les côtes des Basses-Pyrénées , où abondent les Teredo norvagica et pedi- cellata. 479. T. hiiiemiata Turton, A conchol. dict. of British Islands, p. 184, fig. 38-40. -B. M., pi. 4, fig. 9-11. — Petit, Cat. J. C , t. VI, p. 353. Hab. Trouvé dans une épave jetée sur le rivage de Saint-Paul-de-Mi- mizan (Landes). Obs. 1. Celte espèce de Taret a ses palettes articulées ; elles atteignent une longueur considérable. Le Teredo bipennata habite-t-il nos mers ? Il est difficile de répondre à cette question; mais on remarquera que sa présence y est en quelque sorte exceptionnelle. Néanmoins, nous connaissons déjà plusieurs points des mers d'Europe où il a été recueilli : sur les côtes de la Loire-Infé- rieure (Cailliaud ) ; à Cherbourg (Manche ) ; Guernesey ( Jeffreys ) , etc. Je crois à l'identité des Teredo bipennata Turton et pennatifera Blain- ville. — Néanmoins, il serait à souhaiter que l'on possédât un exem- plaire complet et authentique, pourvu de ses valves et de ses palettes. Plusieurs espèces de Tarets peuvent vivre dans la même pièce de bois, et l'on a peut-être attribué les palettes de l'une aux valves de l'autre. . L'exemplaire pris sur la côte des Landes et conservé au Musée de Bor- deaux, n'est représenté que par ses palettes. Celles-ci sont longues, en forme de plume, composées d'une vingtaine de godets allongés, étroits, comprimés, épineux à leur bord inférieur, et prolongés latéralement sous forme de longues épines quelquefois recourbées. Pédicule aussi long et quelquefois plus long que la partie articulée, le plus souvent un peu arqué, cylindrique, blanc. Longueur des palettes, 4 à 5 centimètres. Les valves ressemblent à celle du Teredo malleolus; mais je n'ai vu (1) Mélanges conchyliologiques , p. 8. pi. \, fig. 11-15 et 18-19 (Act. Soc. Linn. de Bordeaux, 1855). ( 84 ) que les valves qui accompagnent les palettes prises à Cherbourg, et ne suis pas absolument certain de leur authenticité. — M. Jeffreys trouve, au contraire, que les valves se rapprochent de celles du Teredo mego- tara; il est très-difficile de se prononcer si l'on ne possède pas l'animal. Obs. 2. M. Piel (Recherches sur Vile de Noirmouliers, édit. 2) annonce que D'Orbigny père a trouvé le Teredo carinata Blainville dans un mor- ceau d'acajou , sur la plage de Noirmouliers. Cette espèce , très-mal connue , est rapportée par quelques auteurs au Teredo pennatifera de Blainville ; elle en différerait par ses palettes. PHOLADIDEA Leach. 180. Pholadidea papyracea Turton, Dithyra, p. 2, tab. 1, fig. 1-4 (Pholas). — B M., pi. 5, fig. 3-6, pi. 2, fig. 1. — La- font , Note sur la Faune de la Gironde , N° 4. Hab. Dans le calcaire jurassique , au large, vis-à-vis l'île de Ré (Bel- trémieux). — Dragué en dehors du bassin d'Arcachon (Lafont). Obs. A l'état jeune, le Pholadidea papijracea est semblable aux vrais Pholades et a été décrit comme une espèce distincte par Turton, sous le nom de Pholas lamellata. Le Pholadidea papyracea n'a pas, en France, d'autres stations con- nues que celles indiquées ci-dessus. XYLOPHAGA Turton. 181. Xyloplsaga dorsalia Turton, Conch. Dict., p. 185 (Teredo). - B. M., pi. 2, fig. 3-4. — Petit , Cat. J. C, t. VI , p. 354. Hab. Dans les pièces de bois recueillies au large en dehors du bassin d'Arcachon (Lafont). — La Rochelle (Charente-Inférieure). Obs. 1. On ne connaissait, jusqu'à présent, qu'une seule localité, sur les côtes océaniques de France, où ce mollusque eût été recueilli ; M. Daniel l'a découvert dans la rade de Brest, où il perfore les bois des ancres perdues , à une assez grande profondeur. Obs. 2. Le Pholas crispata Linné est mentionné, dans le Catalogue des mollusques de la Charente-Inférieure, par M. Àucapitaine; mais celte coquille manque dans les collections de La Rochelle, et je crois qu'elle a été introduite par erreur au nombre des mollusques indigènes du Sud- Ouest. Elle ne dépasse pas, au Sud, le département du Finistère. ( 85) SOLECURTUS Blainville. 182. Soleeuptus antiquatus Pulteney , Cat. Dors., p. 28, pi. 4, fig. 5 (Solen). - B. M., pi. 15, fig. 3. — Petit, Cal. J. C, t. II, p. 280. Hab. Banc-Blanc, dans le bassin d'Arcachon. R. ( Lafont). MYA Linné. 183. Mysa tt-MBieata Linné, Syst. nat. éd. 12% p. 1,112. — B. M. pi. 10, fig. 1-3. — Petit, Cat. J. C, t. II, pi. 281. Hab La Rochelle, île de Ré (Charente-Inférieure) , d'après MM. Auca- pitaine, Beltrémieux et Le Marié* Obs. Le Mya truncala est rare dans le département de la Loire- Inférieure où on ne le recueille que dans la partie N. ; il doit être encore plus rare dans la Charente-Inférieure, et je le considère comme une espèce douteuse du sud-ouest de la France. Le Mya arenaria vit au-dessous du bassin d'Arcachon , à Saint- Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). LYONSIA Tcrton. 184. liyowsia Œorvegiea Chemnitz, Conchyl. Cab. t. X , p. 345, tab. 170, fig. 1647-48 (Mya). — B. M., pi. 8, fig. 6-9. - Petit, Cat J. C, t. VI, p. 356. Hab. Ile de Ré (Charente-Inférieure). — Noirmouliers (Vendée). Obs. Ce mollusque s'étend du nord de la Scandinavie jusqu'à Madère. M. Mac Andrew l'indique au nord de l'Espagne. NEŒRA Gray. 185. ISTeœra costellata Deshayes , Expéd. scient. Morée , p. 86, pi. 7, fig. 1-3 (Corbula). — B. M., pi. 7, fig. 8-9. — Weinkauff, Conchyl. des Mittelm., p. 29. Hab. Dragué au large, dans le golfe de Gascogne, par 20 à 60 brasses (de Folin). Obs. 1. Coquille qui n'a pas été encore signalée sur nos côtes de l'At- lantique. Sa distribution géographique est très-étendue : depuis les côtes de Norvège et de la Grande-Bretagne jusqu'à la mer Egée et Madère. Tome XXVII 7 ( 86) Obs. 2. M. Beltrémieux mentionne, à La Rochelle, le Thracia pubes- cens Pulleney ; mais les exemplaires ainsi désignés dans le Musée Fleu- riau se rapportent au Thracia phaseolina. — Je n'ai pas trouvé dans le même Musée un seul exemplaire du Thracia corbuloides Deshayes , cité par M. Aucapitaine, dans sa liste des Mollusques de la Charente-Infé- rieure; cette espèce est franchement méditerranéenne. SYNDESMYA Récluz. 186. SymilesEny» imterBEsedia Thompson, Ann.jsat. hist., t.. XV, p. 318, pi. 19, fig. 6. (Amphidesma). — B. M., pi. 17, fig. 9-10. - Petit, Cat. J. C, t. VIII, p. 236. Hab. En dehors du bassin d'Arcachon, dragué au large. R. (Lafont). 187. S. «enuîs Montagu , Test. Brit., suppl. , p. 572, tab. 17, fig, 7 (Maclra). - B. M., pi. 17 , fig. 11. — Petit, Cat. J. C , t. II, p. 286. Hab. Bassin d'Arcachon, dans les crassats. C. Obs. Cette espèce a les mêmes mœurs et les mêmes stations que les Syndesmya alba et Scrobicularia piperala. Elle est très-répandue sur les plages du bassin , mais elle reste toujours petite. 188. S. segmentum Récluz , Rev. zool., p. 367 (1843). — Fischer, J. C, t. XV, pi. 295, pi. 9, fig. 2. Hab. Marais salants du Verdon, à l'embouchure de la Gironde (Des Moulins). Bassin d'Arcachon (Lafont), Obs. Coquille qu'on retrouve dans les marais salants de la Loire-Infé- rieure et du Morbihan. Elle est plus rostrée que le Syndesmya tenuis. 189. S. prisanatica Montagu , Test. Brit. , suppl. , p. 23, tab. 26, fig. 3. (Ligula). — ,B. M., pi. 17, fig. 15. — Petit, Cat. J. C, MI, p. 226. Hab. Dragué en dehors du bassin d'Arcachon. R (Lafont.) TELLINA Linné. 190. Teïliraa pusilla Philippi, Enum. Mol!. Sic, t. I, p. 29 , tab. 3 , fig. 9, a. b. — B. M., pi. 19, fig. 6-7. — Petit, Cat. J. C, t. VIII, p. 238. Hab. Dragué au large, en dehors du bassin d'Arcachon (Gironde) , et de l'embouchure de la Gironde. R. ( 87 ) PSAMMOBIA Lamarck. 191. Psammofaia costulata Turton , Conch. Dith., p. 87 , lab. 6 , fig. 8. — B. M., pi. 19, fîg. h. Hab. Dragué au large, dans le golfe de Gascogne (de Folin). C. Obs. Il est étrange que cette espèce n'ait pas été encore signalée sur nos côtes océaniques. Les auteurs étrangers l'ont recueillie , au Nord , sur les rivages de Norvège, de la Grande-Bretagne, des îles Shetland; et au Midi , à Gibraltar, Madère, Canaries , Mogador et dans toute la Mé- diterranée. DONAX Linné. 192. Donax nolitus Poli, Testacea utriusque Siciliœ, t. I, p. 44, tab. 21, fig. 14-15, (Tellina). — B. M., pi. 21, fig. 7. — Petit, Cat. J. C., t. II, p. 294. Hab. Bassin d'Arcachon , au Grand -Banc, Muscla du Nord, etc. (Lafont). Obs. Coquille commune dans la Manche, et qui devient rare sur notre littoral. VENUS Linné. 193. Venus casina Linné, Syst. nat., p. 1130.— B. M., pi. 24, fig. 1, 5, 6. - Petit, Cat. J. C, t. II, p. 299. Hab. Côtes de la Charente-Inférieure et de la Gironde. B. Obs. Espèce très-rare sur tout le littoral océanique de la France. Elle a été trouvée dans la Manche, le Finistère, le Morbihan et la Loire-Infé- rieure. DIPLODONTA Bronn. 194. BiploïïOBBta rotusidata Montagu, Test. Brit., p. 71, pi. 2, fig. 3. (Tellina), - B. M., pi. 35, fig. 6. — Cailliaud, Cat. Loire- Inférieure, p. 93. Hab. Ile de Ré (Charente-Inférieure). — Côtes de la Gironde, trouvé vivant au Banc-Blanc (Bassin d'Arcachon), à Eyrac, (id.) , etc. — Golfe de Gascogne par 20 brasses. C, ( 88 ) CARDIUM Linné. 195. Cardium imucicostaium Sowerby, Proceed. of zool. Soc. 1840, p. 10G. — Reeve, Conchologia Iconica, Cardium, pi. 4, fig. 18. — Petit, Cat. J. C, t. II, p. 374. Hab. Littoral de la Charente-Inférieure, de la Gironde et des Landes. Commun. Obs. Coquille que Ton pourrait confondre avec les jeunes du Cardium aculealiiîn Linné, mais qui en diffère par ses côtes moins nombreuses, (15-16 au lieu de 22) , ses épines courtes, éloignées, rudimenlaires. On l'a appelé longtemps Cardium ciliare; mais le vrai Cardium ciliare de Linné est encore inconnu des nomenclateurs ; le Cardium ciliare de Montagu est un jeune Cardium aculealum; celui de Pennant un jeune Cardium echinalum ; celui de Donovan un jeune Cardium tuberculalum. Le Cardium ciliare des malacologistes méditerranéens se rapporte seul à noire espèce, et il est convenable, pour éclairer la synonymie, d'adop- ter le nom créé par Sowerby. M. Mac Andrew indique notre espèce au nord de l'Espagne. 196. c. pamillosuna Poli, Testaceautriusque Siciliœ, t. Il, p. 56, pi. 16, fig. 2-4.— Jeffreys, B. C. t. II, p. 275.— Petit, Cat. J. C, t. II, p. 374. Hab. Banc-Blanc, Bassin d'Arcachon (Gironde). 197. C roseum Lamarck, Hist. nat. des anim. s. vertèbres , l re édit . , t. VI, p. 14. - B. M., pi. 32, fig. 7. - Petit, Cat. J. C, t. II , p. 375. Hab. Avec l'espèce précédente. 198. C. minimum Philippi, Enum. moll. Sicil. , 1. 1, p. 51 , pi. 14, fig. 18. — B. M., pi. 32, fig. 6. — Cailliaud, Cat. Loire-Infér. , p. 90. Hab. Dragué au large, dans le golfe de Gascogne, par 15 à 60 brasse g (deFolin). Obs. MM. Cailliaud et Taslé citent cette petite espèce sur les côtes de Bretagne où elle est rare. 199. C. ffasaeiatum Montagu , [Test. Brit., suppl., p. 30. — B. M., pi. 32, fig. 5. — Cailliaud, Cat. Loire-Infér., p. 90. Hab Avec l'espèce précédente. ( 80 ) CYPRINA Lamaiick. 200. Cyprina Islanilica Linné, Syst. nat., p. 1131, {Venus). — I). M., pi. 29. — Petit, Cat. J. C, t. II, p. 205. ILvn. Le rivage en dehors du Bassin d'Arcachon. Obs. On trouve souvent sur la plage des valves roulées de celle espèce, et les pêcheurs assurent qu'elle vit au large. Néanmoins, le golfe de Gas- cogne est probablement la limite extrême au S. de la Cyprine, coquille essentiellement boréale. Sur les côtes de France, elle a été indiquée à Boulogne (Bouchard), à Cherbourg (Macé), et dans le golfe du Morbihan (Taslé). C1RCE Schumacher. 201. Circe niinintsa Montagu, Test. Brit., p. 121, pi. 3, fig. 3, (Venus). — B. M., pi. 26. fig. 4-6. - Cailliaud, Cat. Loire-Infé- rieure, p. 86. Hab. Dragué au large dans le golfe de Gascogne (de Folin). R. ASTARTE Sowerby. 202. Astarte triangularis Montagu, Test. Brit., p. 99, tab. 3, fig. 5 (Mactra). - B. M., pi. 30, fig. 4. — Cailliaud. Cal. Loire- Infér., p. 87. Hab. Dragué au large, dans le golfe de Gascogne (de Folin). Obs. Coquille qui n'est pas rare, mais qu'on ne signale qu'exception- nellement sur nos côtes. M. Récluz l'indique à Granville; M. Cailliaud au Croisic ; j'en ai vu des exemplaires provenant de Belle-Ile (Morbihan) , et dragués à peu de profondeur. 203. A. suteata Da Costa, Brit. Conch., p. 192 , ( Pcctunculus). — B. M., pi. 30, fig. 5-6. -'Hidalgo, Cat. Moll. testacés d'Espa- gne, p. 46. Hab. Golfe de Gascogne, par 40 à 80 brasses (de Folin). Obs. La drague n'a rapporté que des individus très-jeunes de ce mol- lusque, qui paraît fort rare sur notre littoral. Il a été trouvé au nord de l'Espagne par Mac Andrew et Hidalgo. CYAMIUM Philippi. 204. Cyamium minutuni Fabricius, Fauna Groenl., p. 412, (Ve- nus). - B. M., pi. 18, fig. 7. — Petit- Cat. J. C, t. II, p, 285. (90) Hab. Sables de fond pris dans le voisinage de l'île de Ré (Charente- Inférieure) ; — de l'île de Noirmoutiers (Vendée) ; — et en dehors delà Pointe-de-Grave (Gironde). LEPTON Turton. 205. Lepton nitidiim Turton, Conch. Dith., p. 63. — B. M., pi. 36, fig. 3-4. — Jeffreys , Brit. Conch., t. II, p. 198. Hab. Dragué au large dans le golfe de Gascogne (de Folin). Obs. Petite espèce peu répandue et qui semblait propre aux îles Bri- tanniques. Cependant M. Jeffreys l'a recueillie sur les côtes du Piémont. Elle est commune à Guernesey. GALEOMMA Turton. 206. Galeomma Turtoni Sowerby, Zool. journ., t. II, p. 301, tab. 13, fig. 4. — B. M., pi. 35, fig. 11.— Petit, Cat. J. C, t. II, p. 288. Hab. Ile Noirmoutiers (Vendée). R., (d'Orbigny). Obs. Coquille rare sur les côtes de France; elle n'a été retrouvée qu'à l'îlot du Four (Cailliaud). — M. Mac Andrew l'indique au nord de l'Espagne. PORONIA Récluz. 207. Poronia rubra Montagu , Test. Brit., p v 71. tab. 2", fig. 3, (Cardium). - B. M., pi. 36, fig. 5-7. — Petit, Cat J. C, t. II, p. 285. Hab. Biarritz (Basses- Pyrénées), dans les trous des rochers. R. — Bassin d'Arcachon (Gironde). — Ile de Ré (Charente-Inférieure). — Golfe de Gascogne. Obs, Les exemplaires d'Arcachon sont décolorés. ERYCINA Lamarck. 208. Erycina biiScntafa Montagu, Test. Brit., p. 44, tab. 26, fig. 5, (Mya). — B. M., pi. 18, fig. 6. — Petit, Cat. J. C, t. VI, p. 359. Hab. Bassin d'Arcachon , à Eyrac (Gironde), au Banc-Blanc, dans les crassats. — Dragué dans le golfe de Gascogne. C. Obs. J'ai retrouvé YErycina bidenlala sur tous les rivages du dépar- tement du Calvados; à Trouville, Villers, Houlgate, Cabourg, etc. ( 91 ) 209. E. fferrugimosa Montagu, Test. Brit. , p. 44, lab. 26. fig. 5, (Mija). — B. M., pi. 18, fig. 5. - Petit, Gat. J. C, t. II , p. 286. Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde), au Banc-Blanc. Obs. M. Lafonta dragué récemment plusieurs exemplaires de grande taille en dehors du Bassin d'Arcachon. 210 E. substriata Montagu, Test. Brit. , suppl. , p. 25, (Ligula). — B. M., pi. 18, fig. 8.— Petit, Cat. J. C., t. II, p. 285. Hab. En dehors du Bassin d'Arcachon, entre les épines des Spatangus (Lafont). Obs. Tous les mollusques parasites vivent sur les Échinodermes. Ainsi les Stylifer se trouvent sur les Oursins et les Astéries; les Eulima, sur les Comatules et les Holothuries; les Enloconcha dans l'intérieur des Synaptes, etc. KELLIA Tcrton. 211. H.ellia Mac- Indrewi Fischer, Journal de Conchyliologie, t. XV, p. 194, pi. 9, fig. 1. (1867.) - Mac Andrew, Report on the marine leslaceous mollusca, 1856, p. 141, (Pythina). — Hidalgo, Cat. Moll. Espagne, p. 45. Hab. Dragué en dehors du Bassin d'Arcachon. R. — Banc-Blanc en dedans du Bassin. (Lafont.) Obs. M. Mac Andrew considère cette espèce comme un Pythina, mais je ne puis admettre son opinion. Les Pythina ont un têt très-épais chargé de côtes rayonnantes; notre espèce a un têt mince, lisse, mais son épiderme porte des rayons squammeux qui lui donnent l'apparence d'un Pythina. Du reste, la charnière ne diffère pas de celle du Kellia corbuloides de la Méditerranée. Cette espèce, rare, a été d'abord draguée au nord de l'Espagne et sur les côtes du Portugal ; elle se retrouve au sud de l'Espagne (Gibraltar) et à Mogador (Maroc). Il est probable qu'on la signalera dans la Mé- diterranée. LUCINA Bruguière. 212. Iiiieina radula Lamarck , Hist. nat. anim. s. vert., l re éd., t. V, p. 541. — B. M., pi. 35, fig. 5. — Petit, Cat. J. C, t. II, p. 292. Hab. Les côtes, en dehors du Bassin, à La Garonne. (Gironde). R. (92) 213. ïi. flexuQga Moktagu, Test. Brit., p. 72 (Tellina). — B. M., pi. 35, fig. 4. - Petit, Cat. J. C, t. II, p. 293. Hab. En dehors du Bassin, dragué au large, vis-à-vis Hourtins. R. (Gironde). 214. Ii. spinifera Montagu, Test. Brit., p. 577, pi. 17, fig. 1 (Venus). - B. M., pi. 35, fig. 1.— Petit, Cat, t. VI, p. 362. Hab. Avec, l'espèce précédente. (Lafonl). 215. Ii. reticulata Poli, Testacea utriusque Sicilise, pi. 20, fig. 14 (Tellina). — Cailliaud, Cat. Loire-Inférieure, p. 93. — Petit, Cat. J. C, t. II, p. 293. Hab. Plages océaniques de la Gironde, roulée. 216. Ii. divaricata Linné , Sysl. nat., éd. 12 a , p. 1120 ( Tellina). - B. M., pi. 35, fig. 3. — Petit, Cat. J. C, t. II, p. 292. Hab. Le Banc-Blanc, à l'entrée du Bassin d'Arcachon. C. — Côtes de la Charente-Inférieure. LEDA Schumacher. 217. lieda temiis Philippi , Enumer. Moll. Sicil., t. I, p. 65, pi. 5, fig. 9. (Nuculà). — B. M., pi. 47, fig. 10. - Weinkauff, Conchyl., Mittelni., t. I , p. 210. Hab. Golfe de Gascogne, par 40 à 80 brasses (de Folin). Obs. M. de Folin a dragué plusieurs exemplaires de cette espèce dont la distribution géographique présente quelques lacunes. Elle est signalée par la plupart des naturalistes du Nord, sur les côtes du Groenland, de Norvège, d'Ecosse; puis ne se retrouve plus que dans la baie deNaples. Le golfe de Gascogne est donc une de ses stations intermédiaires, et nous constaterons le même fait au sujet d'autres espèces dont la répartition offrait des anomalies apparentes, Le Nucula tennis de Philippi, qui est notre espèce, n'a aucun rapport avec le Nucula tennis Montagu qui reste dans le genre Nucule. 218. Ii. cosnsmitata Philippi , Zeilschrift fur Malak., p. 101, (Nu- cula). (1844). — Brocchi, Conchiol. foss. subap., tab 11, fig. 4. - Petit, Cat. J. C, t. IX, p. 240. Hab. Dragué vivant, au large, en dehors du Bassin d'Arcachon, (Lafonl) , et dans le golfe de Gascogne (de Folin). ( 93) Obs. Ce mollusque, assez répandu dans la Méditerranée, n'a été recueilli dans l'Océan que près du cap Trafalgar (Mac Andrew). Sa syno- nymie est assez embrouillée; Brocchi l'a décrit et figuré pour la pre- mière fois en le rapportant à YArca minuta de Miïller, espèce boréale ; Philippi, Forbes, Mac-Andrew l'ont identifié avec une espèce fossile du Bassin de Paris, le Nucula slriata Lamarck ; enfin Philippi a jugé néces- saire de lui imposer un nouveau nom qui doit être définitivement conservé. NUCULA Lamarck. 219. RTucula sulcata Bronn, Italiens' Tertiargebilde, p. 109. n° 633. — B. M., pi. 47, fig. 1-3. - Petit, Cat. J. C, t. VI, p. 363. Hab. Dragué au large, en dehors du Bassin d'Arcachon. (Lafont.) Obs. On connaît généralement cette coquille sous le nom de Nucula decassata Sowerby. Le Nucula radiala Forbes et Hanley, a été trouvé sur nos côtes de la Gironde; mais on s'accorde à le considérer comme une variété du N. nucleus Linné. ARCA Linné. 220. irca pectunculoicîes Scacchi, Ann. civ. di due Si cil'. VI, p. 82. — B, M., pi. 45, fig. 8. — Weinkauff, Conchyl. Mittelm., t. I, p. 201. Hab. Dragué au large , dans le golfe de Gascogne, par 60 brasses (de Folin). Obs. Voici encore une des stations intermédiaires de celte rare espèce qui habite, d'une part, les mers Glaciales, la Norvège, les îles Shetland ; et d'autre part, Gibraltar et la mer Egée. CRENELLA Brown. 221. Crenella costulata Risso , Hist. nat. de l'Eur. Méridion. , t. IV, p. 324; fig. 165, (Modiolus). — B. M., pi. 45, fig. 1. — Cailliaud, Cat. Loire-Infér., p. 111. Hab. Bassin d'Arcachon, à Eyrac, C. — Biarritz (Basses-Pyrénées). 222. C. Pctagnae Scacchi , Lettera 1832, [Modiola). —Philippi, Enumer. moll. Sicil., t. I, lab. 5, fig. 11 , t. II, p. 51. — Cail- liaud, Cal. Loire-Infér., p. 109. (94) Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde). — Biarritz, Hendaye (Basses- Pyrénées). R. Obs. Coquille méridionale, qui n'a été observée au nord de l'Aqui- taine, que sur le plateau du Four, par M. Cailliaud. LITHODOMUS Cuvier. 223. Iiitliodomus caudigerais Lamarck, Hist. nat. anim. s. vert., l re édit., t. VI, p. 116. (Modiola).— Adanson, Sénégal], p. 267, pi. 19. — Fischer, J. C, t. XIII, p. 127. Hab. Biarritz, Guétary (Basses-Pyrénées), dans les roches immer- gées qui ne découvrent qu'aux plus basses marées. Obs. M. Mac-Andrew a découvert ceLithodome sur les côtes du nord de l'Espagne et du Portugal; sa patrie véritable semble être l'Afrique du nord (Algérie) et de l'ouest (Sénégal). Adanson l'a appelé Ropan. MODIOLA Lamarck. 224. Modiola pliaseoliiBa Philippi, Enum. mollusc. Sicil., t. II, p. 5, lab. 15, fig. 14. - B. M., pi. 44, fig. 3. — Cailliaud, Cat. Loire-Infér., p. 109. Hab. Bassin d'Arcachon, sur les bouées, parmi les Avicules, etc. Obs. Le Modiola phaseolina diffère du M. barbata par ses poils non denticulés sur leurs bords et sa taille plus petite. M. Cailliaud l'a recueilli sur le plateau du Four, à l'embouchure de la Loire, et M. Taslé à Quiberon. MYTILUS Linné. 78. (1) Mytilws edulis Linné- Obs. Quelques-unes des variétés du Mylilus edulis sont considérées comme des espèces distinctes. Nous citerons : p Mylilus incurvalus Pennant , British zool.,4 e éd., t. III, pi. 64, fig. 74. — Petit, Cat. J. C, t. II, p. 384. Hab. Biarritz, Saint-Jean-de-Luz , etc., C. L'incurvation est extrême- ment marquée sur quelques exemplaires; elle est probablement due à la (4) Les numéros non concordants à ceux du présent mémoire se rapportent à ceux de mon précédent, sur le même sujet. (Act. Soc. Lin. de Bordeaux , t. XXV, p. 237), auquel ils servent ici de complément. ( 95) gêne qu'éprouve ce mollusque fixé dans des trous à la première période de son existence. 7 Mylilus imgulatus Linné, Syst. nat., p. 1157. Hab. Bassin d'Arcachon , sur les bouées ; ainsi que je l'ai dit précé- demment, j'y ai recueilli des exemplaires longs de 10 centimètres. — M. Cailliaud en a trouvé de plus grands (12 centimètres) sur les bouées placées au N, de l'îlôt du Four (Loire-Inférieure). 225. M. minimum Poli, Testacea utriusque Sicilise, p. 209, tab. 32', fig. 1. — Deshayes in Lamarck, Anim. s. vert., t. VII, p. 49. — Weinkauff, Conchyl. des Mittelm., p. 229. Hab. Bassin d'Arcachon, sur les pierres du débarcadère. — Biarritz, Guétary, Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). C. Obs. Nos exemplaires appartiennent bien à l'espèce de Poli; ils sont nacrés à l'intérieur et leur bord dorsal est chargé de denticulations, à sa face interne. — M. Cailliaud signale le Mylilus minimns sur les côtes de la Loire-Inférieure; mais l'espèce n'arrive pas jusqu'aux rivages de l'Angleterre. LIMA Bruguière. 226. liinaa subaurieiilata Montagu, Test. Brit., suppl., p. 63, tab. 29, fig. 2 (Pecten).'— Jeffreys, Brit. Conch., t. II, p. 82. — Petit, Cat. J. C, t. VIII, p. 241. Hab. Dragué au large, en dehors du bassin d'Arcachon (Gironde). R, ; — et recueilli dans du sable de fond, à la profondeur de 50 brasses, dans le golfe de Gascogne (de Folin). C. 227. Ii. Iioscombei Sowerby , Gênera of shells (Lima), fig. 4. — B. M., pi. 53, fig. 1-3 — Cailliaud, Cat. Loire-Inférieure, p. 118. Hab A l'entrée du Bassin d'Arcachon, sur les bancs qui ne décou- vrent qu'aux plus basses marées, (Musée d'Arcachon). — Hendaye, Saint- Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). — Dragué au large, dans le golfe de Gascogne. Obs. Espèce rare sur nos côtes. 228. ïi. Itians Gmelin, Syst. nat., éd. 13 a , p. 3332 (Oslrea). — B. M., pi. 52, fig. 3-5. — Petit, Cat. J. C, t. VI, p. 364. Hab. La Garonne, en dehors du Bassin d'Arcachon ; Vieux-Soulac (Gironde). — Littoral des Basses-Pyrénées. R. (Des Moulins). ( 06 ) Obs. Outre ces trois espèces, j'ai vu , dans le Musée d'Arcachon , une valve du Lima squamosa Lamarck, recueillie sur la côte extérieure du Bassin, à la Garonne. Avant d'inscrire ce nom sur nos listes, j'attendrai de nouvelles recherches. Le Lima squamosa paraît jusqu'à présent pro- pre à la Méditerranée. PECTEN Bruguière. 229. Pecten similis Laskey , Mém. Wern., Soc. 1, p. 387, tab 8, fig. 8. - B. M., pi. 52, fig. 16. — Petit, Cat. J. C, t. VIII, p. 241. Hab. Dragué en dehors du Bassin d'Arcachon et dans le golfe de Gascogne. C. Obs. Je ne trouve le Pecten similis dans aucun des Catalogues de nos mollusques marins océaniques. M. Mac-Andrew l'a dragué au nord de l'Espagne. 230. P. tigrinus Muller, Zool. Dan. Prodr., p.248,n°2993.- B.M., pi. 51, fig. 8-11. - Petit, Cat. J. C, L II, p. 389. Hab. Avec le précédent C. 231. P. Testse Bivona, in Philippi, Enumer. Moll. Sicil., 1. 1, p. 81, tab. 5, fig. 17. — Jeffreys, Brit. Conch., t. II, p. 65. — Petit, Cat, J. C, t. II, p. 389. Hab. Golfe de Gascogne, dragué par 75 brasses. R. (de Folin). Obs. Ce n'est que depuis peu d'années que le Pecten Testœ a été observé dans les mers du nord de l'Europe (Norvège, Grande-Bretagne). M. Cailliaud le signale sur les côtes de la Loire-Inférieure , et M. Taslé sur celles du Morbihan. ANOMIA Linné. 232. AnoBftiia pateïliformis Linné , Syst. nat., éd. 12 a , p. 1151. — B. M., pi. 56, fig. 5-6. — Petit, Cat. J. C, t. II, p. 392. Hab. Grand-Banc (Bassin d'Arcachon). R, 233. A. acaileatm Muller, Zool. Dan., Prodrom., p. 249. — B. M., pi. 55. fig. 4.— Petit, Cat. J. C, t. II, p. 392. Hab. A l'entrée du Bassin d'Arcachon (Gironde). Obs. Quoique la plupart des auteurs identifient cette Anomie avec VA. ephippium, je la maintiens provisoirement sous un nom distinct à cause de ses caractères remarquables. (97 ) OSTREA Linné. 234. Ostrea cochlear Poli. Test. ulr. Sicil., lab. 28, fig. 28. — Weinkauff, Conchyl. des Miltelm., p. 277. — Hidalgo, Cat. moll. marins d'Espagne, p. 70. Hab. Dragué au large , en dehors du Bassin d'Arcachon, par 65 bras- ses , sur les Avicules (Lafont). — Cap Breton (Landes). Obs. Les exemplaires de cette espèce sont grands et bien caractéri- sés; leurs valves blanches prennent une teinte rosée vers les crochets, plus prononcée sur la valve inférieure ; le test est plus épais que chez YOslrea cochlear de la Méditerranée. L'animal serait de couleur jaune- orange. VOstrea cochlear paraissait propre à la Méditerranée où on la recueille par de grands fonds. Sa seule localité océanique connue était Cadix, où elle avait été trouvée par M. Paz (Hidalgo). Obs. 2. UOstrea angulata ( Gryphœa) Lamarck est importé dans le Bassin d'Arcachon. On trouve à Saint-Jean-de-Luz, une Huître qui semble intermédiaire entre cette espèce et YOstrea cdulift. Elle n'a pas les gros plis de YOslrea angulala, mais la charnière est semblable, et l'impression musculaire est teintée de violet. Obs. 3. h'Ôstrea spondyloides d'Orbigny père, cité par Beltrémieux (Faune de la Charente-Inférieure, p. 80),- est un véritable Ostrea edulis. GASIEROPODA. DENTALIUM Linné. 235. Dentalium novemcoetalum Lamarck, Hist. nat. anim. s. verL, l"éd., t. V, p. 344. - Sow., Thés., fig. 24-27. — Petit, Cat. J. C, t. VIII, p 245. Hab. La Rochelle , île de Ré (Charente-Inférieure). — Saint-Jean- de-Luz (Basses-Pyrénées). — Côtes de la Gironde. Obs. Le Dentalium novemcoslatum de Lamarck est probablement le véritable Dentalium dentalis Linné. — Il est très-distinct du Dentalium, Tarentinum par ses grosses côtes variant de 9 à 12. (98) Les échantillons qui ont servi à caractériser le type de Lamarck pro- venaient de La Rochelle. CADULUS Philippi. 236. Cadulus gadeis Montagu, Test. Brit., t. II, p. 496, pi. 14, fig. 7 (Dentalium). — Cantraine , Malac. méditer. , pi. 1 , fig. 8 b. Hab. Dragué en dehors du Bassin d'Arcachon. R. Obs. D'après les recherches récentes de M. Sars (Vid. Selsk Forh., Chrisliana 1864), un certain nombre de Dentales que l'on plaçait au nombre des Dilrupa et par conséquent des Annélides, doivent être réin- tégrés dans l'embranchement des Mollusques , sous le titre de Siphono- dentalium. M. Jeffreys admet deux coupes parmi les Siphonodenlalium; la première, qui conserve le nom proposé par Sars, a pour titre le S. Lofo- tenseSars; la seconde, rapportée au genre Cadulus Philippi , comprend les Cadulus gadus Montagu , subfusiformis Sars, ovulum Philippi, etc. Le Cadulus gadus est probablement identique avec le Dentalium coarctalum Lamarck, (Deshayes, Monogr. Dent., p. 51, pi. 4, fig. 18). M. Deshayes admet , pour les Dentales de ce groupe , le genre Gadus (Coq. foss. de Paris, suppl., t. II, p. 217) ; mais Rang, qui a proposé ce nom générique, ne l'a pas caractérisé et le considérait comme un Mol- lusque Pléropode voisin des Creseis. DORIS Cuvier. 237. Doris tuherculata Cuvier, Annales du Muséum, t. IV, p. 469 , pi. 2 , fig. 5. — A. et H. , pi. 3. - Fischer, Cat. J. C. I. XV, p. 6. Hab. La Rochelle, île de Ré (Charente-Inférieure). Obs. Cuvier a établi cette espèce d'après un exemplaire provenant de l'île de Ré , et conservé dans la collection du Muséum de Paris. M. Au- eapitaine, dans son Catalogue de la Charente-Inférieure , l'appelle Doris ar go. 238. ©. aîerelicta Fischer , Catalogue des Nudibranches des côtes océaniques de la France. Journ. de Conchyl. , t. XV, p. 7. — Taslé, Faune Mal. ouest de la France, p. 71. Hab. Bassin d'Arcachon, îlot de Cordouan (Gironde). — Royan , La Rochelle (Charente-Inférieure). ( 99 ) Obs. Celte belle espèce de Boris appartient à la faune méditerranéenne, et a été rapportée , par erreur, au Boris vemtcosa de Cuvier, mollusque de la mer des Indes. Elle n'est pas rare sur nos côtes; l'animal pond en juillet et août; il paraît assez actif et nage à la surface de l'eau, comme les Eolis et les Limnées ; sa coloration est un jaune plus ou moins foncé. Les branchies sont au nombre de 12 à 16 , le corps est couvert de très- gros tubercules. Les catalogues de la Charente-Inférieure mentionnent le Boris derelicla sous le nom de Boris luberculata. 239. ». riBbra D'Orbigny, Mag. de Zoologie, t. VII, pi. 1&2 (1837). — A. et H., pi. 7. — Fischer, Cat. J. C, t. XV, p. 6. Hab. Pointe des Minimes, près La Rochelle (Charente-Inférieure). — Arcachon (Gironde). Obs. A. D'Orbigny a découvert son Boris rubra à La Rochelle; la même espèce est figurée par Aider et Hancock sous le nom de Boris coccinea , loc. supr. ciL 240. ». pilosa Muller, Zool. Danica, t. III, p. 7, pi. 85, fig, 5-8.? — A. et H., pi. 15. — Fischer, Cat. J. C, t. XV, p. 6. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure); — Arcachon (Gironde). Obs. Cuvier avait reçu de Fleuriau plusieurs Boris que nous rappor- tons au Boris pilosa Muller; mais le savant zoologiste crut trouver des caractères distinctifs dans quelques exemplaires, et décrivit : un Boris stellata à neuf branchies ; un Boris pilosa et un Boris tomenlosa , à sept branchies. Quoique ces trois espèces ne soient pas établies d'après les animaux vivants, et qu'elles semblent devoir être confondues en une seule, il serait utile d'étudier encore, à La Rochelle, les Boris de ce groupe. Le Boris pilosa de Muller n'est certainement pas le Boris pilosa d'Aider et Hancock; l'espèce du sud-ouest de la France est celle d'Aider et Hancock , qui devra changer de nom. 241. ». depressa Alder et Hancock , Ann. nat. hist. , t. IX, p. 32. — A. et H., pi. 12. - Fischer, Cat. J. C, t. XV, p. 7. Hab. Pointe du Chez, près La Rochelle (Charente-Inférieure). Obs. D'Orbigny a créé pour cette espèce le genre Villersia, et l'a nommée V. scutigera (Mag. zool. , t. VII, pi. 109). Il a méconnu les véritables branchies, et figuré, comme organes de la respiration, deux ( 100 ) capsules ovigères d'un crustacé parasite. Le genre Villersia ne saurait être maintenu. 242. ». inconspictia, Alder et Hancock, Nudibranch. Mollusca, fam. 4, pi. 42, fig. 9-46. - Fischer, Cat. J. C, t. XVII, p. 5. Hab. Arcacbon (Lafonl) , Septembre 4867. 2-43. ©. «foIiiBstons Alder et Hancock, Nudibranch. Mollusca, fam. 1, pi. 5. — Fischer, Cat. J. C, t. XVII, p. 6. Hab. Arcachon, dans les pierres du débarcadère. Dragué par 5 ou 6 brasses. (Septembre 4868). Obs. Je ne suis pas absolument certain de l'identité des exemplaires que j'ai examinés avec le Boris Johnsloni, mais je crois que les diffé- rences légères que j'ai notées proviennent peut-être de l'âge peu avancé de mes Doris. Leur coloration est d'un gris jaunâtre clair, avec des taches obscures disséminées à la surface du manteau. Celui-ci est très-large, surtout à sa partie antérieure, où il dépasse le pied de beaucoup; il est finement tomenleux , comme une étoffe de velours. Pied assez étroit , queue trian- gulaire, blanche; lobes buccaux arrondis; tentacules supérieurs trans- parents , courts et lamelleux; leur cavité est bordée de petits tubercules blancs. Branchies blanches, transparentes, assez courtes, ne dépassant pas le manteau en arrière, composées de 42 feuillets; anus à leur centre, saillant sous forme de tube. Longueur, 44-15 millimètres. POLYCERA Cuvier. 244. Polycera liessoni D'Orbigny, Mag. de zoologie, t. VII, pi. 405 % (1837). — A. et H., pi. 24. —Fischer, Cat. J. C. t. XV, p. 9. Hab. Pointe du Plomb et Pointe de Chef de Baie, près La Rochelle (Charente-Inférieure). R. Obs. J'ai vu , à La Rochelle, plusieurs exemplaires , conservés dans l'alcool , d'un Nudibranche qui m'a paru se rapporter au Dendronolas arborescens Cuvier. DOTO Oken. 245. S9olo eoi'onsita Gmelin , Syst. nat., éd. 13 a , p. 3405 (Doris) — A. et H. pi. 6. — Fischer, Cat. J. C, t. XV, p. 9. ( 101 ) Hab. Pointe du Plomb, près La Rochelle (Charente-Inférieure). — Biarritz (Basses-Pyrénées). Obs. D'Orbigny, le premier, a indiqué ce Nudibranche sur nos côtes du Sud-Ouest, en le plaçant dans le genre Tergipes, ainsi que le suivant. 246. ». affinis D'Orbigny, Mag. de zoologie, t. VII, pi. 104 (Tergi- pes). — Fischer, Cat. J. C, t. XV, p. 9. Hab. Pointe du Plomb , près La Rochelle (Charente-Inférieure). Obs. Espèce très-remarquable, et qui n'a pas été revue depuis la publication du mémoire d'A. d'Orbigny. Elle diffère des véritables Dolo, par ses papilles simples; M. Gray a proposé pour elle le genre Gellina (Guide to the syst. distrib. of mollusca , p. 221, 1857). EOLIS Cuvier. 247. Eolis papillosa Linné, Syst. nat., éd. 12 a , p. 1082 (Umax). — A. et H., pi. 9. — Fischer, Cat. J. C, t. XV, p. 9. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure), commun sur la digue de Richelieu. Obs. Ce Nudibranche est plus connu sous le nom REolis Ctwieri Lamarck. 248. E. Drumntondl Thompson, Report British assoc. for 1843, p. 250. — A. et H., pi. 13. — Fischer, Cat. J. C, t. XV, p. 10. Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde), sur les piles du débarcadère. Août, septembre. — La Rochelle. Obs. J'ai recueilli souvent cette jolie Eolide ; elle se conserve long- temps dans les bocaux ; ses allures sont vives. La coloration varie sensi- blement, les papilles dorsales, disposées en cinq faisceaux, sont le plus souvent d'un rouge vif, l'extrémité seule restant blanche; mais la teinte rouge est remplacée quelquefois par le rose, le brun , le gris. Voici la succession des couleurs d'une papille (de la base à la pointe) chez un individu que j'ai observé en 1866 : brun-rouge, bleu-azur, gris de lin foncé, gris de lin pâle, rouge-brun , blanc. Les tentacules inférieurs sont très-longs et d'un rose-de-chair; les tentacules supérieurs sont lamelleux et orangés , le corps est blanc ; entre les yeux , on aperçoit une tache rouge longitudinale. Longueur moyenne : 10 à 12 millimètres. L'Eolis Vrummondi est voisin de YEolis coronata Forbes ; mais cette Tome XXVII. 8 ( 102 ) dernière espèce est encore plus belle, comme j'ai pu m'en assurer en l'examinant sur les côtes de la Manche. 249. E. Iiandshsirgi Alder et Hancock. Ânn. of nal. liist vol. XVIII, p. 294. — A. et H., pi. 20. — Fischer, Cat. J. C , t. XVII, p. 6. Hab. Bassin d'Arcachon , sur les huîtres et les pierres, par 5 à 6 bras- ses. Septembre 1868. C. — La Rochelle (Charente-Inférieure). Obs. Cette Eolide est extrêmement élégante par sa forme et sa colora- tion. Le corps est d'un violet tendre et les papilles d'un rouge marron à extrémité blanche, tentacules non lamelleux, queue très-effilée. Le pied porte à sa partie antérieure deux longs tentacules. Les papilles dorsales sont disposées en six rangées composées chacune, d'avant en arrière, de 8,5,4,3,3,4 papilles. Longueur, 13 à 15 millimètres. Animal très-vivace ; l'un d'eux, coupé en travers entre la première et la deuxième rangées de papilles, a survécu près de 48 heures et n'a pas cessé de promener sa tôle. 250. E. jmratloxa Quatrefages Ann. des Se. nat., 2 e série, t. XIX, p. 274, pli. 11 (Eolidina). — k. et H., pi. 23, - Fischer, Cat. J. C.,t. XV, p. 10. Hab. Bassin d'Arcachon , avec la précédente. Septembre 1868. Obs. L'Eolidine paradoxale de Quatrefages est VEolis angulata d'Aider et Hancock. Cette espèce se distingue par la largeur du pied tronqué en avant et l'allongement de ses angles externes ; la queue , transparente, est triangu- laire, assez large; tentacules inférieurs transparents, à pointe jaune clair; tentacules supérieurs pâles, non lamelleux. Dessus du corps jaune-orange pâle; papilles dorsales assez grosses, rapprochées les unes des autres, marbrées de gris de lin et de blanc, disposées en 8 ou 9 faisceaux. Longueur, 14 à 15 millimètres. 251. E. grossularia Fischer, Calai, des Nudibr. et Céphal. J. C, t. XVII, p. 6. Hab. Bassin d'Arcachon. Septembre 1868. 252. E. conspersa Fischer , Calai, des Nudibr. et Céphal. J. C, t. XVII, p. 7; Hab. Bassin d'Arcachon. C. Septembre 1868. Obs. Je crois que l'on doit rapporter à celte espèce un dessin publié dans Le Monde de la Mer, par Frédol , pi. 11, fig. 7 (1865), sous le ( 103 ) nom iVEolis Alderiana Deshayes. Toutes les figures de la planche 11 ont été communiquées par M. Deshayes et représentent des Nudibranches de l'Algérie. VEolis Alderiana n'a jamais été décrit. ELYSIA Risso. 253. Eiysia viridis Montagu, Trans. Linn Soc, t. VII, p. 76, pi. 7, fig. 1 (Aplysîa). - B. M. , pi. CCC, fig. 3. — Fischer, Cat. J. C, t. XV, p. 11. Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde). R. Obs. L'EIysie a été découverte à Arcachon par mon ami H. Crosse; elle vit sur les Zoslères des crassats et vient nager à la surface de l'eau comme les Eolis. DIPHYLLIDIA Cuvier. 254. Diphyllidia pustulosa Schultz , in Philippi , Enumer. Moll. Sicil., t. I , p. 106 ; t II , p. 82 , pi. 19 , fig. 12. — Vérany, Cal. J. C, t. IV, p. 389. — Fischer, Cat. J. C, t. XVII, p. 8. Hab. Bassin d'Arcachon. R. Obs. J'ai déterminé ce remarquable mollusque après l'examen de deux individus faisant partie du Musée d'Arcachon. Le Diphyllidia pus- tulosa paraissait confiné dans la Méditerranée. Philippi lui donne pour synonyme le Diphyllidia verrucosa Cantraine , qui me paraît en différer par sa taille, sa coloration et ses tubercules dorsaux. Longueur, 9-10 centimètres. 255. D. lineata Otto , Nov. act. Acad. Leop. nat. cur, vol. X, p. 121 , pi. 7, fig. 1. — Vérany, Cat. J. C, t. IV, p. 389. — Fischer, Cat. J. C, t. XVII, p. 8. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure). R. Obs. Un seul exemplaire, mais encore vivant, a été apporté à M. Bel- trémieux, qui l'a placé dans le Musée Fleuriau où j'ai pu l'examiner. Le Diphyllidia lineala est assez abondant dans la Méditerranée. Il a été cité sur les côtes de Norvvége et de la Grande-Bretagne par Loven, Forbes et Hanley, mais on considère l'espèce du Nord comme distincte, sous le nom de Diphyllidia Loveni Bergh. PLEUROBRANCHUS Cuvier. 256. Plcurobranchus plumnla Montagu, Test. Brit. , p. 214, pi. 15, fig. 9 (Bulla). — B. M., pi. 1U F, fig. 6-7.— Petit, Cat. J. C, t. VIII, p. 245. ( 104 ) Hab. Ile de Noirmouliers (Vendée). — Ile de Ré (Charente-Inférieure). Obs. Je soupçonne que M. Aucapitaine a désigné cette espèce sous le nom de Pleurobranchus auranliacus M. Gailliaud indique dans la bais de Bourgneuf, vis-à-vis de l'île de Noirmouliers, un Pleurobranchus Forskalii Délie Chiaje, forme médi- terranéenne très-intéressante et qu'on devra sans doute retrouver dans le golfe de Gascogne. APLYSIA Linné. 257. Aplysia marinorata Blainville , Journ. de phys., t. XCVI, p. 286, fig. 3-4, 1823. - Rang, Aplysiens, pi. 12, fig. G-9. Hab. Biarritz (Basses-Pyrénées). — Royan , La Rochelle (Charente- Inférieure). Obs. 1 . Je n'ai pas trouvé celte espèce, mais elle a été figurée par Rang, d'après des exemplaires de l'ouest de la France. Elle est plus petite que VAplysia depilans ; sa couleur est d'un vert obscur marbré de noir. Obs. 2. Blainville cite, des environs de Bayonne, une nouvelle espèce d'Aplysie qu'il appelle Aplysia unicolor (Journ. de phys., t. XCVI, p. 287). Rang suppose que c'est un jeune individu, décoloré, d'une autre espèce de nos côtes. J'ai vu , dans le bassin d'Arcachou , une Aplysie se rapportant à VAply- sia punclala de Cuvier, Rang, etc. ; mais n'en ayant pas fait un examen approfondi, je ne puis l'inscrire sous ce nom. Elle est indiquée, par MM. Aucapitaine et Beltrémieux, sur les côtes de la Charente-Infé- rieure. M. Mac-Andrew a trouvé , sur les côtes du nord de l'Espagne et du Portugal , un Aplysia Paltersoni qui m'est inconnu , mais dont la coquille se rapproche beaucoup de celle de VAplysia fasciala> quoique moins large. Elle est de même taille. BULLŒA Lamabck. 258. Bullœa scaforaO. Muller, Zool. Dan., vol. II, pi. 71, fig. 11-12 (Bulla). - B. M., pi. 114 E, fig. 4-5. — Taslé, Cat. Morbihan, 2 e éd., p. 44. Hab. Dragué au large, en dehors du bassin d'Arcachon (Gironde). Obs. Coquille très-élégante et dont la distribution géographique est irès-élendue. Aucun auteur français ne l'a signalée sur notre littoral, à l'exception de M. Taslé. ( 105 ) 259. B, calena Montagu, Test. Brit., p. 215, pi. 7, fig. 7 (Bulla). — B. M. , pi. 114 E, fig. 6-7. - Cailliaud, Cat. Loire-Infér., p. 194. Hab. Avec l'espèce précédenle. — Golfe de Gascogne. Obs. Cette Bullée a été recueillie dans le Morbihan (Taslé) et la Loire- Inférieure (Cailliaud). M. Mac-Andrew ne l'a draguée que dans la Manche. BULLA Linné. 260. Bulla nitidula Loven , Index Moll. scand., p. 10 (Cylichna). — B. M., pi. 114 c, fig. 6. — Taslé, Faune mal. mar. sud-ouest France, p. 66. Hab. Golfe de Gascogne (de Folin) R. Obs. Espèce boréale, Irès-rare jusqu'à présent sur les côtes de France. Elle vient d'être récemment trouvée dans la Méditerranée. 261 . B. umMlicata Montagu , Test. Brit., p. 222, lab. 7, fig. 4. — B, M., pi. 114 C, fig. 8-9. — Cailliaud, Cat. Loire-Infér., p. 191. Hab. Dragué au large, dans le golfe de Gascogne, par 15 à 80 brasses (de Folin), et en dehors du bassin d'Arcachon. (Lafont). 262. B. mamillata Philippi, Enum. Moll. Sicil., t. I, p. 122, tab. 7, fig. 20. - B. M., pi. 114 C, fig. 4-5. - Cailliaud, Cat. Loire-Infér., p. 191. Hab. Avec l'espèce précédente. R. 263. B. acuminata Bruguière, Encyclop. Méth. Vers., t. VI, p. 376, n° 9. — B. M., pi. 114 B, fig. 3.— Petit, Cat. J. C, t. VIII, p. 258. Hab. Dragué au large (de Folin et Lafont). Obs. Coquille très-rare sur les côtes de France, où elle n'a été re- cueillie que par M. Taslé à Quiberon. 264. B. cylindracea Pennant , British zool., 4 e éd. , t. IV, p. 117 , pi. 70, fig. 85. — B. M., pi. 114 B, fig. 6. — Petit, Cat. J. C, t. IV, p. 429. Hab. Dragué en dehors du bassin d'Arcachon et dans tous les sables de fond du golfe de Gascogne. — Ile de Noirmoutiers (Vendée). ( 100 ) 205. ». elegans Leach, A synopsis of Ihe Mollusca of greal Bri- tain, p. 42 (llaminea). — Sowerby, B. S., pi. 20, fig. 19. — Taslé, Cat. Moll. Morbihan, 2 e éd., p. 42. Hab. Côtes de la Charente-Inférieure. II. Obs. Cette espèce a été considérée par la plupart des auteurs français comme le véritable BullahydatisL. dont ils distinguaient, à tort, le Bttlla cornea Lk. On s'accorde maintenant à identifier les Bulla hydalis L. et cornea Lk., et notre coquille est rapportée à ['Haminea elcgans Leach. Elle diffère du Bulla hydatis par ses dimensions beaucoup moindres, son test plus solide, plus étroit, sa bouche moins dilatée, son bord droit plus épais, etc. Le Bulla t-legans habite toutes les côtes de l'ouest de la France , et quelques exemplaires ont été recueillis sur les rivages des îles anglo- normandes; il est commun dans la Méditerranée où il paraît avoir été décrit comme une nouvelle espèce sous le nom de Bulla folliculus Menke. 266. 15. «lilatata Leach, A synopsis of ihe Mollusca of great Bri- lain . p. 42 (Hatninea). — Jeiïrevs , B. Conch., t. IV, p. 439. — Cailliaud, Cat. Loire-Infér. , p. 193. Hab. Ile d'Aix, île de Ré (Charente-Inférieure). — Bassin d'Arcaçhon. Obs. M. Jeiïrevs , le premier , a indiqué le Bulla dilatala à l'île de Ré; depuis celle époque, M. Le Bahezre l'a retrouvé à l'île d'Aix; M. Cailliaud l'avait signalé au Croisic (Loire-Inférieure). Forbes el Hanlej ne l'admettent pas comme une forme spécifique et croient que cette coquille est un état accidentel ou une monstruosité du Bulla hydalis L. 207. 15. satirii'Mlws BROCCHI, Concliiol. foss. subapenn., t. I, p. 633, lab. 1, fig. a b. - B. M., pi. 114 D, fig. 8-9. Hab. Dragué en dehors du bassin d'Arcaçhon. Obs. On connaît généralement cette espèce sous le nom de Bulla Cran- chii Leach , mais l'appellation de Brocchi s'y applique certainement et doit être préférée. JANTHÏN.4 Lamarck. 208. Janflnir.a exicjua Lamarck, Hist. nat. anim. sans vert , l re éd., ». YI, p. 200. — B. M., pi. 09, fig. 8-9. —Cailliaud, Cat. Loire- Inf., p. 144. ( 107 ) Hab. Côtes de Ja Gironde, poussé par les vents d'Ouest. R. — Cha- rente-Inférieure. 269. J. nitens Menke, Syn., p. 84 (1828). — Payraudeau, pi. 6, fig. 1. - Petit, Cat. J. G., t. III, p. 93. Hab. Rivages de la Charente-Inférieure. (Aucapilaine). Obs. Je cite cette espèce sous toutes réserves, ne l'ayant jamais re- cueillie; mais je l'ai vue dans le Musée Fleuriau de La Rochelle. Les auteurs qui ont traité de notre Faune occidentale admettent tous la présence du Janthina prolongata Blainville; c'est sous ce nom que M. Aucapitaine a indiqué l'espèce précitée; mais on confond générale- ment le véritable Janthina prolongata de Blainville (Janthina globosa Swainson) avec le Janthina prolongata de Payraudeau (Janthina nitens Menke). Je crois donc qu'il est préférable de réserver le nom de nitens à l'espèce de nos côtes. 270. S. Britannica Leacii, mss. in Forbes et Hanley, British Mol- lusca, t. IV, p. 260, pi. 133, (i^. 1. — Jeffreys, British Conchol., t. IV, p. 186. — Sowerby, B. S., pi. 12, fig. 2. Hab. Embouchure de la Gironde, a Royan (Charente-Inférieure). Obs. 1. Plusieurs exemplaires ramassés sur la plage de Royan, par M. Souverbie, sont absolument semblables aux types de Forbes et Hanley et de Sowerby. Obs. 2. Notre Janthina communia (n° 102) est bien figuré dans l'Index de Sowerby, pi. 12, fig. 1. Il vient s'échouer sur nos côtes , à la suite des vents d'O. En 1867 , les plages de la Gironde , des Landes et des Basses-Pyrénées en ont été couvertes pendant les mois de juin et juillet. L*;s Janthina exigua, Britannica et communis étaient pourvus de leur.-, mollusques vivants lorsqu'on les a ramassés sur le rivage. CHITON Linné. 271. Cliito» fulvns Wood, General Conchology, p. 7, pi. 1. fig, 2. — Reeve, Conch. Icon., pi. 7, fig. 39. — Lafont, Notes sur la Faune de la Gironde, n° 60. Hab- Poinle-de-Courbey , au sud-ouest de l'île aux Oiseaux, dans le bassin d'Àrcachon (Gironde). — M. Lafont. Obs. Cette belle et rare espèce n'a été indiquée jusqu'à présent qu'au nord de l'Espagne et sur les côles du Portugal. ( 108 ) M. Mac-Andrew a remarqué que ce mollusque était très-vif dans ses mouvements; M. Petit de la Saussaye confirme cette assertion d'après des renseignements communiqués par le commandant Laurencin , qui a observé le Chiton fulvus à la Corogne. Je l'ai reçu de Cadix. PATELLA Linné. 105. l'a u» fia vulgata Linné, Syst. nat., éd. 12 a , p. 1258. — B M., pi. 61, fig. 5-6. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 73. Hab. Ilôt de Cordouan ; bassin d'Arcachon sur les pierres du débar- cadère (Gironde). — Royan, La Rochelle (Charente-Inférieure). — Biar- ritz, Saint-Jean-de-Luz (Basses Pyrénées). Obs. Les Patelles sont édules, on les appelle jambes ou bemicles sur les côtes de le Charente-Inférieure , et lapa sur celles des Basses-Pyrénées et du nord de l'Espagne : ce terme de lapa rappelle \eLepas des anciens. La forme que j'ai inscrite (n° 106) sous le nom de Palella athletica Bean, doit être considérée comme une variété du Palella vulgata. Elle est pe- tite, plus ou moins imbriquée et conique, ornée à l'intérieur de cou- leurs très-vives et d'une tache centrale rouge ou jaune; les bords sont rayés de noir. M. Jeffreys (British Conchology), décrit cette variété sous le nom de Var. inlermedia ; elle relie, en effet, le Palella vulgata à l'espèce suivante. 272. P. Tarenfina Lamarck, Hist. nat. anim. s. vert., 4 re éd. t. VI p. 332. — Delessert, Rec. coq., pi. 23, fig. 7. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 74. Hab. Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Guélary (Basses-Pyrénées). C. Obs. On ne trouve cette Patelle qu'au niveau des plus basses marées ; elle est souvent immergée complètement ; son polymorphisme est remar- quable , et je rangerai ses principales variétés sous quelques titres connus : « (Palella Tarentina Lamarck;. Test assez aplati, ovale, côtes longitu- dinales colorées; interstices des côtes finement striés, bord subdenté; intérieur jaune ou blanchâtre, avec des rayons bruns. ê {Palella Bonnardi Payraudeau). Coquille un peu plus élevée que la précédente, côtes plus aiguës, coloration interne rouge au centre. y {Palella alhlelica Bean). Coquille déprimée , côtes subimbriquées , pourtour subovalaire. o (Palella aspera Philippi). Test déprimé, côtes très-élevées, 'larges, ( 109 ) écailleuses; couleur d'un jaune pâle ou blanc à l'intérieur; contour anguleux, subpentagonal. e (Palella scutellaris Philippi). Coquille mince, très-déprimée, vive- ment colorée, portant de 5 à 8 côtes; contour très-anguleux, irrégu- lièrement pentagonal ; sommet au tiers de la longueur. Ces variétés se confondent et donnent des intermédiaires à tous les degrés; on trouve également des passages presque insensibles, reliant le Patella Tarentina aux Patella vulgata et Lusitanica. 273. P. Imsiianica Gmelin, Syst. nat., éd. 43, p. 3715. — Payrau- deau. (Pal. punclata), pi. 3, fig. 6-8. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 74. Hab. Biarritz, Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). Obs. Mollusque très-commun sur les rochers du rivage et s'élevant plus haut que les autres Patelles ; il n'est humecté qu'à la pleine-mer, On le trouve en compagnie du Littorina cœrulescens. 'TECTURA Cuvieb. 274. Tectura vircjinea Mulleb, Prodrom. zool. Dan.,, p. 237 (Pa- tella).— B. M., pi. 61, fig. 1-2.— Petit, Cat. J. C, t. III, p. 75. Hab. Biarritz (Basses-Pyrénées), sur les rochers. R. EMARGINULA Lamabck. 275. Emarglnula fissura Linné, Syst. nat., éd. 12\ p. 1261 (Pa- tella). — B. M., pi. 63, fig. 1. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 77. Hab. Côtes de la Charente-Inférieure. 276. E. rosea Bell. Zool. Journ. 1, p. 52, pi. 4, fig. 1. — B. M., pi. 63, fig. 3. - Petit, Cat. J. C, t. VIII, p. 246. Hab. Avec le précédent. Obs. Ces deux espèces sont communes sur les rivages du nord-ouest de la France et du nord de l'Espagne. SCISSURELLA d'Obbigny. 277. Scissurella crispata Fleming, Mém. Wern. Soc, t. VI, p. 385, pi. 6, fig. 3. — B. M., pi. 63, fig. 6. ( no ) Hab. Golfe de Gascogne, par 40 à 80 brasses, (de Folin). Obs. M. de Folin m'a envoyé six exemplaires de Scissurelle. Ils se rap- portent au 5. crispata , à l'exception d'un seul , de taille plus grande et déforme plus élancée, qui ressemble au S. aspcra Philippi. Cette der- nière espèce, dont j'ai vu plusieurs individus fossiles, de Rhodes, n'offre pas, à mon avis, de caractères suffisants pour être séparée du S. cris- pata. Les coquilles très-fraîches sont d'un blanc transparent un peu irides- cent, mais non nacrées. La présence de la nacre se constate quand les couches les plus superficielles sont enlevées. TROCHUS Linné. 278. TrooSiu« cjranulatiis Born , Index Mus. Cœs. Vindob. , p. 434. — R. M., pi. 07, fig. 7, pi. 68, fig. 3. - Petit , Cat. J. C, t. III, p. 177. _ Hab. En dehors du bassin d'Arcachon , ^dragué vivant au large. (Lafonl). — Côtes de la Charente-Inférieure (Bellrémieux). R. Obs. Magnifique coquille, qui dépasse par sa taille tous les Trochus de nos côtes. 279. T. tumiduB Montagu, Test. Brit., p. 280, lab. 10, fig. 4. — B. M., pi, 05, fig. 8-0. — Petit, Cat, J. C, t. III, p. 181. Hab. Dragué au large ,, en dehors du bassin d'Arcachon. (Lafonl). — Biarritz (Basses-Pyrénées). — Golfe de Gascogne. 280. T. fflontagiai WûOD, Index Testaceol. Suppl., pi. 0, ûg. 43. — B. M., pi. 05, fig. 10-11. — Petit, Cat. .1. C, I. IV, p. 431. Hab. Arec le précédent (Lafont , de Folin). 281 . T. millegranu» PniUPPl, Knum. Moll. Sicil., t. I, p. 783, lab. X, fig. 25. - B. M., pi. 00, fig. 0-10. — Petit, Cal. J. C, t. VIII, p. 252. Hab. Dragué au large dans le golfe de Gascogne (de Folin). B. Obs. Nos individus ont été pris vivants , mais non adultes. TURBO Linné. 282. Turbo rugoeug Gmelin, Syst. nat., éd. 13% p. 3592. — Jef- freys , Brit. Conch., t. III, p. 341. — Petit, Cat. J. C , t. III, p. 182. ( 111 ) Hab. Côtes de la Gironde , des Landes, roulé ; mais vivant à Biarritz (Basses-Pyrénées) Obs. M. Mac-Andrew l'a dragué sur le rivage des Asluries ; il est très- commun à Sanlander. D'après un catalogue manuscrit, de M. Gand de Lorienl , cité par M. Taslé , le Turbo rugosus aurait été recueilli dans le département du Morbihan. Enfin, M. Jeffreys rappelle que la même espèce a été indiquée par le Capitaine Laskey, sur les côtes 0. de l'Angleterre. Quoique ce Turbo ne soit pas plus indigène dans les Landes, la Gironde, le Morbihan que dans la Grande-Bretagne, il est intéressant de voir à quelle dislance de son habitat naturel, une coquille peut être transportée. Deux exemplaires vivants, provenant de Biarritz, ont été placés dans l'Aquarium d'Arcachon, en 1867 : le dessous du pied est rose-orangé; le imiffle et les côtés du corps sont couverts de raies d'un brun noirâtre très-foncé sur un fond rose; les tentacules sont d'un rouge-acajou, leur surface est lisse ; les filaments du manteau sont de couleur blanche. Ani- mal lent, montant au-dessus du niveau de l'eau, comme la plupart des Trochus. CYCLOSTREMA Mauhyat. 283. Cyclostrema striatumPuruppi, Enumer. MolluscorumSicil., t. I, p. 14-7, lab. 9, fig. 3 (Valvata). - Jeffreys, Brit. Conch., t. III, p. 315. - Taslé, Cal. Morbihan, 2« éd., p. 36. Hab. La plage en dehors du bassin d'Arcachon , à la Garonne ; Banc- Blanc, à l'intérieur du bassin (Gironde). Obs. M. Lafonl a découvert cette rare coquille, dont les caractères génériques sont très-ambigus. Décrite d'abord par M. Philippi , sous le nom de Valvata slriala, elle fut, plus tard , appelée Delphimda Duminyi par Requien , et Adeorbis striata par S. Wood. Son opercule est cepen- dant très-différent de celui des Adeorbis et ressemble à celui des Tro- chus. — M. Jeffreys l'a rapportée à ce dernier genre, mais il m'est impossible d'accepter ce classement, notre espèce n'étant jamais nacrée à l'intérieur. Le Cycloslrema slrialum habite la Méditerranée; il n'a été signalé sur les côtes d'Angleterre que très-récemment par M. Jeffreys. Aucun auteur ne l'indique en France, à l'exception de M. Taslé, qui l'a recueilli sur les côtes du Morbihan. ( lis ) 284. C. «erpuloides Montagu, Test. Uni. Suppl., p. 147, tab. 21» fig. 3. (Hélix). — B. M., pi. 74, fig. 4-6. - Cailliaud, Cat. Loire-Infér., p. 159. Hab. Golfe de Gascogne; dragué au large par 40 à 80 brasses (deFolin). R. 285. c. niteus Philippi, Enumer. Moll. Sicil-, t. II, p. 146, pi. 25, fig. 4 (Delphinula). — B. M., pi. 73, fig. 3-4. — Jeffreys, Brit. Conch., t. III, p. 289. Hab. Avec le précédent. TRUNCATELLA Risso. 286. Truneatella truneata Montagu, Test. Brit., t. II, p. 300, P l. 10, fig. 7. — B. IL, pi. 10, fig. 7. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 88. Hab. La Poinle-de-Grave (Gironde) ; le bassin d'Arcachon , au Phare, à Picquey (Lafont). — Charente-Inférieure. Obs. M. Gassies m'a signalé la présence du Truneatella sur nos côtes; M. Cailliaud l'a trouvé au Croisic (Loire-Inférieure). RISS0A Frémintille. 287. RiMMon vitrea Montagu, Test. Brit., t. II, p. 321, pl. 12, fig. 3 (Turbo). — B. M., pl. 75, fig. 5-6. — Taslé, Cat. Morbihan, 2- éd., p. 34. Hab. Golfe de Gascogne (de Folin). R. Obs. Coquille que l'on trouve rarement vivante. En France, elle n'a été recueillie, a ma connaissance, que sur les côtes de la Manche (Macé) et du Morbihan (Taslé). — M. Mac-Andrew l'indique au nord de l'Espagne. 288. R. erenulata Michaud, Descript. de plus. esp. de coq. du genre Rissoa, Act. Soc. Linn, Lyon. p. 15, fig. 1-2. — B. M., pl. 79, fig. 1-2. - Petit, Cat. J. C, t. III, p. 85. Hab. Plages océaniques de la Gironde et de la Charente-Inférieure. 289. R. abyssicola Forbes et Hanley, British Mollusca, t. III, p. 86, pl. 78, fig. 1-2. — Jeffreys, Brit. Conch., t. IV, p. 19. Hab. Dragué au large, et par des profondeurs de 40 à 75 brasses, dans le Golfe de Gascogne (de Folin). ( H3) Obs. Celle espèce n'esl pas rare à une certaine profondeur; on l'a trouvée associée aux Arca pectunculoides, Lima subaariculata , etc. 290. R. reticulata Montagu, Test. Brit , p. 322, tab. 21, fig. 1. (Turbo). — B. M., pi. 79, fig. 5-6. Hab. Dragué au large, par 60 à 80 brasses (de Folin). C. Obs. D'après M. Jeffreys , le Rissoa Beani de Forbes et Hanley est synonyme du Turbo reticulalus Montagu, 291. R. soluta Forbes et Hanley , British Mollusca , t. III , p. 131 , pi. 75 , fig. 3-4. — Sowerby, B. S. , pi. 14 , fig. 2. — Jeffreys, British Conch., t IV, p. 45. Hab. Dans les sables recueillis par 40 à 80 brasses, dans toute l'éten- due du golfe de Gascogne (de Folin). C. Obs. La comparaison de mes exemplaires avec ceux des mers d'An- gleterre ne me laisse aucun doute au sujet de leur identité. Cette espèce, d'ailleurs, a des caractères tranchés, tels que sa petite taille, sa forme, ses stries transverses, son ombilic, etc. Mais il ne m'est pas démontré que le Rissoa soluta des auteurs anglais soit le Rissoa soluta de Phi- lippe Enumer. Moll. Sicil. , t. II, p. 130, pi. 23, fig. 18), dont la forme est plus élancée, les tours plus convexes, etc. Le Rissoa paludinoides Calcara , se rapproche beaucoup de notre soluta; malheureusement, je n'ai pu me procurer la description origi- nale de Calcara, et je ne connais l'espèce que d'après les exemplaires de quelques collections de Paris. Je laisse donc, provisoirement, notre Rissoa sous le nom de soluta, en attendant que de nouvelles recherches éclairassent sa synonymie. 292. R. lartea Michaud, Descript. de plus. esp. de coq. du genre Rissoa, p. 9, fig. 11-12. — B. M., pi. 79, fig. 3-4. — Petit, Cat. J. C, t. III, p 85. Hab. Plages océaniques de la Charente-Inférieure (Aucapitaine). 293. B. eingillus Montagu, Test. Brit., pi. 12, fig. 7 (Turbo). — B. M., pi. 79, fig. 9-10. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 86. Hab. Biarritz (Basses-Pyrénées). — Recueilli par M. Ch. Des Moulins. 294. R. inconspictta Alder, Ann. and Mag. nat. Hist. , vol. XIII, p. 328, pi. 8, fig. 6-7. - B. M., pi. 82, fig. 7-9. — Petit, Cat. J. C, t. VIII, p 247. ( "4 ) Har. Dragué au large, clans le Golfe île Gascogne (de Folin). 295. R internipta Adams , Trans. Linn. Soc , t. V, pi. 1, Gg 10 I7< — B. M., pi. 8-2, Gg. 2-4. — Pelit , Cat. .T. G., I. ill, p. 87. Hab. Bassin d'Àrcachon, sur les Zosières. C. Obs. Les Rissoa inlerritpta el parca sont très-communs sur nos ri- vages, mais ils varient tellement, qu'il est presque impossible de fixer des limites à chaque espèce. On trouve des passages entre les formes les plus extrêmes. "206. K. semistriata MONTAGD, Teslacea Brit., suppl., p. 130, pi. 21, fig. 5 (Turbo . - B. H. , pi. 80 , Gg. 1 et 7. — Cadliaud, Cal. Loire-Inférieure, p. 158. IIar. Bassin d'Arcachon, vis-à-vis la chapelle (Lafonl ). 297. K. Guerini RéCLDZ, Rcv. /ool par la Soi- Cuvier., p 7, 1843. — Schwarlz v. Mohrenslern , Rissoa, p. 43, pi. 3, Gg. 34. Haïî. Biarritz, parmi les algues. C. — Arcachon. — Noirnmuliers. Obs. Très-jolie coquille qui vil dans la Manche , à Boulogne, Cher- bourg el Sainl-Malo (Rècluz ). IiAlil.KKIA Ci.m.k. 298. Barleeia rul»ra Ahams , Trans. Linn. Soc, t. III, pi. 13, flg. 15( Turbo ). - B. M., pi. 80, fig. 3. — Pelil , Cat. J. C. , t. Ill, p. 80. Hab. Biarritz (Basses- Pyrénées). CC. — La Rochelle (Charente-In- férieure). Ce mollusque est extrêmement abondant parmi les algues. AS5IMINEA Leach. 2 ( J9. Agginiinea littorina Délie Chiaje, Klein, an. senz. vert. ISapol., t. II, p. 135, pi. 71, fig. 3G-38 (//('/ù').— B. M., pi. 81 , fig. 0-7. — I'hilippi , Enum. Moll. SiciL, t. II, p. 133, pi. 24, fig. 2. Hab. Bassin d'Arcachon , dans les crassals (Lafonl). LACUNA Tiuton. 300. Lacuna putcolus Turton, Conch. Diclionn., p. 493, fig. 90-91 (Turbo). — B. M., pi. 72, fig. 7-9. — Pelit, Cat. J. C, t. VIII, p. 255. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure). ( 1*5 ) . SKENEA Fleming. 301 . Sknaea planorbis Fabricius , Fauna Groenl., p. 394 (Turbo). — B. M ., pi. 74, fig. 4-3. — Petit , Cat. J. C, t. VIII, p. 254. Hab. Biarritz (Bjsses-Pyrénées), parmi les algues. ADE0RBIS S. Wood. 302. Adeorbis subcarinafus Montagu. Test. Bril., p. 438, tab. 7, fig. 9 (Hélix). - B. M., pi. 68, fig. 6-8. —Petit, Cat. J. C. , t. VIII, p. 251. IIab. Dragué au large, par 20 à 40 brasses (De Folin). Obs. Le genre Solarium sera trouvé probablement sur nos cotes. Les Solarium cowMJwsWeinkauff(S. luteum Auct. non Lamarck) et sira- mineum Gmelin, vivent sur les rivages du nord de l'Espagne (Mac- Andrew). SC AL ARIA Lamarck. 303. Sealaria Trevelyana Leach, in Thompson, Ann. Nat. Hist. , vol. V, p. 245. — B. M., pi. 70,. fig. 7-8. — Lafont, Note sur la faune de la Gironde , n° 70. Hab. Dragué au large, en dehors du bassin d'Arcachon (Lafont). — Golfe de Gascogne (de Folin). Obs. Coquille encore peu commune, à côtes étroites se prolongeant sous forme de crête au niveau des sutures. Coloration d'un fauve-rosé. EGLISIA Gray. 304. Eglisia subiiectissata Cantbaine , Opusc. de zool. et d'anat. comp., p. 43. 4 837 (Sealaria). — Canlraine, Mal. méd., pi. 6, fig. 24. — Hidalgo, Cat. Moll. lest. Espagne, p. 430. Hab. Dragué, en dehors du bassin d'Arcachon, plusieurs exemplaires vivants (Lafont ). Obs. Coquille à caractères très-ambigus ; les premiers tours portent des indices de côtes longitudinales; l'ouverture est assez analogue à celle des Chemnilzia ; l'opercule est paucispiré avec un nucléus latéral , comme celui des Sealaria et Liltorina. M. Canlraine a placé son espèce dans le genre Sealaria; M. Benoît l'a signalée sous le nom de Ccrilhium Piragni; M. A. Adams l'appelle Mesalia striala, ainsi que M. Hidalgo. ( no ) Celle coquille, depuis que j'en ai vu l'opercule, ne doit pas rester dans le genre Turritella , dont l'opercule est concentrique comme celui des Trochus. Sur aucun des exemplaires mis à ma disposition, je n'ai aperçu le nucléus apical qui pourrait la rapprocher des Clwmnilzia, Mathilda, etc. Je crois donc qu'on l'inscrira sans inconvénient dans le genre Eglisia, dont elle se rapproche par sa coloration. VEglisia decussala a été indiqué en Sardaigne, en Sicile, au sud del'Espagne et à Madère. EULIMA Risso*. 305. Eulima distorta Philippi, Enumer Moll. Sicil., t. I, p. 158, pi. 9, fig. 10 (Melania). — B. M. , pi. 92, fig. 4-6. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 89. Hab Bassin d'Arcachon, à Eyrac (Lafont). — Golfe de Gascogne. 306. E. Bubnlata Donovan , British Shells , vol. V, p. 17:2 ( Turbo ). — B M., pi. 92, fig. 7-8. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 89. Hab. Dragué au large, en dehors du bassin d'Arcachon (Lafont). 307. E. polita Linné, Syst. Nat., éd. 12\ p. 1241 (Ilrlix). - B. M., pi. 92, fig. 1-3. — Petit, Cat. J. C, t. III , p. 89. Hab. Avec le précédent (Lafont). 308. E. bilineata Aldeii , in Fobbes et Hanley , Brit. Moll. , t. III , p. 237, pi. 92, fig. 9-10. — Jeffreys, British Conch., t. IV, p. 210. Hab. Rapporté dans des sables de fond pris sur les côtes du départe- ment de la Gironde, à une profondeur de 50 à (30 brasses (De Folin). Obs. Coquille voisine de V Eulima subulala , et qui n'a pas encore été indiquée dans les eaux de notre littoral. M. Jeffreys la cile à Jersey et aux Shelland, Lovén sur les côtes de Norvège, et Martin dans le golfe du Lion. 309. E. intermedia Cantbaine , Malac. Médit., suppl. , p. 14. — Philippi, Enum. Moll. Sicil., t. I, p. 157, pi. 9, fig. 17.— Taslé , Faune Mal. mar. de l'ouest de la France , p. 60. Hab. Golfe de Gascogne, par 60 à 80 hrasses ( de Folin). R. Obs. M. Taslé cile cette Eulime sur les côtes du Morbihan, où elle oaraîl rare. Philippi l'a figurée sous le nom de Melania nitida Lamarck. ( in ) LAMELLARIA Montagu. 310 Laniellaria perspicua Linné , Syst. Nat., éd. 12 a , p. 1250 (Hélix). — B. M., pi. 99, fig. 8-9. —Petit, Cat. J. C, t. IV, p. 430. Hab. Ile de Noirmouliers (Vendée). —Ile d'Oléron (Charente-Infé- rieure). VELUTINA Blainville. 314. Velutina capuloidea Blainville , Man. Malac, pi, 42, fig. 8. — B. M., pi. 99, fig. 4-5. - Petit , Cat. J. C, t. III, p. 92. Hab. Près de La Rochelle (Charente-Inférieure). Obs. Ce mollusque, abondant dans les mers polaires , descend le long des côtes occidentales de l'Europe jusqu'à la Méditerranée, où il semble s'éteindre. CŒCUM Fleming. 312. Coecum tracliea Montagu , Test. Brit. , t. II, p. 497, pi. 14, fig. \0(Dentaliwn). — B. M., pi. 69, fig. 4. —Petit, Cat. J. C, t. VIII, p. 246. Hab. Dans les sables de fond , pris au large près de l'île de Ré (Cha- rente-Inférieure). — Entre l'île Dieu et l'île de Noirmouliers (Vendée). 313. C. glalirum Montage, Test. Brit., I. II, p. 497 (Dentalmm). — B. M., pi. 69, fig. 5. — Petit, Cat. J. C, t. VIII, p. 246. Hab. Avec l'espèce précédente; moins rare. — Côtes du département de la Gironde , dans les sables de fond, pris par 50 à 60 brasses de profondeur (De Folin). — Côtes du déparlement des Landes, vis-à-vis le Cap-Breton. Obs. Les individus de nos côtes sont plus petits que ceux des mers d'Angleterre. Le septum est très-variable ; entre la forme d'une demi- sphère jusqu'à celle d'une lentille à peine convexe, on trouve tous les intermédiaires. Epiderme fauve très-clair (de Folin). ODOSTOMIA Fleming. 314. Oriostomia spiralis Montagu, Test. Brit., t. II, p. 323, tab. 12, fig. 9 (Turbo). — B. M., pi. 9,, fig. 2. - Cailliaud, Cat. Loi^e-Inférieure, p. 170. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure). Obs. Cette espèce est indiquée par M Jeffreys à La Rochelle, où elle a Tome XXVII. 9 ( M ) été découverte par D'Orbigny père. M. Cailliaud l'a recueillie sur le Pla- teau du Four, dans les touffes de Corallina officinalis. 315. O. exravata Philippi , Enum. Moll. Sicil., 1. 1, p. 154, tab. 10, fig. 6 (Rissoa). — B. M., pi. 97, fig. 3-4. — Cailliaud, Cat. Loire-Infér., p. 170. Hab. Dragué au large, dans le Golfe de Gascogne ( de Folin). R. Obs. Coquille rare, trouvée par M. Cailliaud sur le Plateau du Four. 316. O. insculpta Montagu, Test. Brit., suppl., p. 129. — B. M., pi. 96, fig. 6. — Cailliaud , Cat. Loire-Infér., p. 170. Hab. Avec le précédent, par 60 à 80 brasses (de Folin). R. Obs. M. Cailliaud cite celte rare espèce au Croisic, et M. Taslé à Quiberon. 317. ©. acuta Jeffbeys , Ann. and Mag, of nal. Ilist., 2° sér., t. II, p. 338. — B. M. , pi. 97 , fig. 8-9. — Cailliaud , Cat. Loire-In- férieure, p. 169. Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde) , golfe de Gascogne. CHEMNITZIA D'Orbigny. 318. Client ni tzia ru fa Philippi, Enumer. Moll. Sicil., t. I, p. 156 , pi 9, fig. 7 (Melania). — B. M., pi. 93, fig. 3-4. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 90. Hab. Golfe de Gascogne, au large. R. 319. C. fenesfrata Jeffbeys , Ann. nat. Ilist., t. II, p. 345 (Odosto- mia). — B. M., pi. 93, fig. 6-7. — Cailliaud, Cat. Loire-Infé- rieure, p. 167. Hab. Bassin d'Arcachon. C. 320. C. eleganlissint» Montagu, Test. Brit., t. II, p. 298 , pi. 10, fig. 2 (Turbo). - B. M. , pi. 93 , fig. 1-2. — Petit , Cat. J. C. , t. III, p. 90. Hab. Bassin d'Arcachon. R. EULIMELLA Forbes. 321. Enlimeiia acicula Philippi, Enum. Moll, Sicil., t. I, p. 158 (Melania). — B. M., pi. 98, fig. 7. — Jeffreys , Brit. Conch., t. IV, p. 171. ( 119 ) Hab. Golfe de Gascogne, dragué au large (de Folin). — Bassin d'Ar- cachon , à Moulleau (Lafont). Obs. Nos exemplaires se rapportent à la variété venlricosa de M. Jef- freys , considérée par Forbes et Hanley comme une espèce distincte sous le nom tfEulimella affinis (non Philippi). 322. E. nitidiBsima Montagu, Test. Brit. , p. 299, tab. 12, fig. 1 (Turbo). — B. M. , pi. 90, fig. 6-7. — Cailliaud, Cat. Loire- Inférieure , p. 165. Hab. ,A,vec l'espèce précédente. Obs. Les auteurs anglais ont longtemps corrsidéré celte espèce comme un véritable Aclis ; M. Jeffreys la classe dans la section Eulimella de ses Odoslomia. 323. e. Scillse Scacchi , Nolizie int. aile Conch., p. 51, n° 147 (Me- lania). — B. M., pi. 98, fig. 5-6. —Cailliaud , Cat. Loire-Infé- rieure, p. 172. Hab. Avec les précédents , par 40 à 80 brasses. R. ACLIS Lovén. 324. Aclis ascaris Turton , Conch, Dict., p. 127 (Turbo). — B. M., pi. 88, fig. 8. — Cailliaud, Cat. Loire-Inférieure, p. 164. Hab. Dragué au large dans le golfe de Gascogne (de Folin). Obs. Cette petite coquille paraît rare sur nos côtes : M Cailliaud l'a draguée sur les côtes de la Loire-Inférieure; M. Taslé à Quiberon , et M. Macé à Quinéville , près Cherbourg. 325. Jk- unica Montagu, Test. Brit., p. 299, pi. 12, fig. 2 (Turbo). — B. M., pi. 90, fig. 4-5.— Cailliaud, Cat. Loire-Infér,, p. 165. Hab. Bassin d'Arcachon , à Eyrac. R. Obs. Quelques exemplaires ont été recueillis sur les côtes du Morbihan et de la Loire-Inférieure. MANGELIA Leagh. 326. Mangelia attenuata Montagu, Test. Brit., p. 266, pi. 9, fig. 6 (Murex), — B. M., pi. 113, fig. 8-9 - Petit, Cat. J. C, t. III, p. 187. ( 120 ) Hab. Dragué en dehors du bassin d'Àrcaehon C. (Lafont). — Banc- Blanc, Lagune du Sud, en dedans du bassin. 327. M. striolata Scacchi, Cat. Conch. Neapol. 1836, p. 12 (Pleu- roloma). — B. M., pi. 114 a, fig. 1-2. — Cailliaud, Cal. Loire- Infér., p. 186. Hab. Avec le précédent (Lafont). 328. M. costulata Risso, Hist. nat. de l'Europe mérid,, t. IV, p. 219, — Kiener sp., pi. 25, fig. 2. — Petit, Cat. J. C/, t. III, p. 188. Hab. Dragué en dehors de l'entrée du bassin d'Arcaehon (Lafont). Obs. Je crois que notre espèce, très-bien représentée dans l'ouvrage de Kiener, est peut-être une forme allongée du Mangelia nebula Mon- tagu. 329. ML Hevigata Philippi, Enum. Mollusc. Siciliae , t. I, p. 199, pi. 11, fig. 17 (Pleuroloma). — Sowerby,IIl. Ind., pi. 19, fig. 15. — Petit, Cat. J. C, t. VIII, p. 256. Hab. Ave.c le précédent (Lafont). 330. ML nuperrimaTiBERi, Descrizione di alcuni nuovi lestacei vivent nel Mediterraneo, p. 14, pi. 2, fig. 9 (Pleuroloma). — Lafont, Note sur la Faune de la Gironde, n° 94. Hab. Avec les précédents. Obs. Belle espèce, encore peu répandue, caractérisée par ses côtes aiguës. M. Jeffreys la rapproche, à tort, du Mangelia atlcnuala. 331. ML gracilis Montagu, Test. Brit., t. I, p. 267, pi. 15, fig. 5 (Murex). — B. M., pi. 114, fig. 4. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 188. Hab. En dehors des passes du bassin d'Arcaehon (Lafont). 332 II. reticulata Pienieri, Tav. alf. Conch. Adriat., p. 2 (Murex). — B. M., pi. 113, fig. 5. - Petit, Cat. J. C, t III, p. 187. Hab. Avec le précédent. Obs. M. Lafont (Note sur la Faune de la Gironde) , indique sur nos côtes deux espèces, M. reticulata et M. cancellata Sowerby, qui , pour moi , doivent être réunies sous un même nom. ( 121 ) 150 M. Philberti Michaud , Act Soc. Linn. Bord., t. III, p. 261, fig. 2-3 (Pleuroloma). — Kiener, sp. Pleur., pi. 24. fig. 4. — Lafont, Note sur la Faune de la Gironde, n° 96. Hab. Lagune du Sud, Grand-Banc (bassin d'Arcachon). Obs. Cette coquille ne constitue qu'une variété assez remarquable du M. purpurea Montagu. 333. M. borealis Lovén, Index Moll. lit. Scand. occid. habit., p. 14 (Pleuroloma). — B. M., pi. 113, fig. 1-2. Hab. Dragué au large, en dehors du bassin d'Arcachon R. — Golfe de Gascogne, par 40 à 80 brasses. Obs. La plupart des auteurs ont confondu le Pleuroloma borealis de Lovén avec le Pleuroloma teres de Forbes , découvert dans la Méditerra- née et figuré par Reeve (Conch. Icon. Pleuroloma n° 164). Le Pleuro- loma teres est remarquable par son canal grêle §t allongé ; la même par- lie est courte chez le Pleuroloma borealis, comme Lovén l'avait fait re- marquer. Il faut donc adopter pour la coquille figurée par Forbes , Hanley et Sowerby, le nom proposé par Lovén, à l'exclusion de celui de Forbes, édile antérieurement, mais appliqué à une coquille diffé- rente. Le Mangelia borealis a lout-à-fait l'aspect d'un véritable Pleurotome et se distingue ainsi de la plupart des Mangelia et Defrancia. 334. M. elegans Scacchi, Notizie, p. 43, n° 129, lab. 1. fig. 18 (Pleuroloma). — Philippi, Enum. Moll. Sicil., t. II, p. 168, pi. 26, fig. 5. Hab. Dragué vivant au large, dans le golfe de Gascogne (de Folin). Obs. 1. M. Mac-Andrew a recueilli cette espèce remarquable dans les parages des Asturies, de la Corogne et de la baie de Vigo. Obs. 2. Le Mangelia turricula Montagu, a été trouvé , roulé , sur les côtes de la Gironde, au poste de la Garonne, par M. Lafont. Celle espèce est septentrionale. et ne dépasse guère, au Sud, le littoral de la Manche. Je ne puis cependant m'empêcher de la mentionner, à cause du nombre relativement considérable d'espèces du Nord, qui s'étendent jusque sur nos rivages. Obs. 3. A l'exemple de Forbes et Hanley, j'ai classé tous les Pleuro- tomes de nos côtes dans le genre Mangelia. Cependant , il serait utile de les grouper en plusieurs sous-genres: 1° Defrancia: D. gracilis , ( 122 ) rcticulata, linearis, purpurea; 2« Mangelia : M. altenuala, striolala, coslulata, lœvigata, nuperrima, septangularis , coslata, brackysloma ; 3° Bêla : B. rufa; 4°, et 5° groupes à créer pour les Mangelia elegans et borealis. NASSA Lamarck. 335. RTaasa corniculum Olivi, Zool. Adriat., p. 144 (Buccinum). — Kiener sp., pi. 17, fig. 61-62.— Petit, Cat. J. C, t. III, p. 200. Hab. Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées), dans les rochers au-des- sous du fort Sainte-Barbe (Mabille). Obs. M. Mac-Andrew a rapporté le N. corniculum, du nord de l'Espagne. 1G0. HT. trifanciata A. Adams, Proceed. Zool. Soc. London, p. 113 (1851). — Fischer, Journ. Conchyl , t. X, p. 37, et t. XI, p. 82, pi. 2, fig. (Var. Gallandianà). Hab. En dehors du bassin d'Arcachon, dragué vivant (Lafonl). Obs. Nous possédons une douzaine d'exemplaires, en très-bon élat, de cette belle espèce, découverte sur les côtes du Portugal par M. Mac- Andrew. Elle a été retrouvée au nord et au sud de l'Espagne et à Mogador. La comparaison d'un grand nombre d'individus avec le Nassa Gallan- dianà Fischer, m'a convaincu de leur identité spécifique. Le Nassa tri- fasciala est plus globuleux, sa coloration est plus foncée, sa spire un peu plus courte; le Nassa Gallandianà est plus élancé et pourvu de zones d'un fauve-pâle sur un fond blanc. On pourra inscrire cette dernière forme sous le titre de variété. Le Nassa Irifasciata appartient au groupe du Nassa corniculum et s'y relie par des intermédiaires très-remarquables. Je le considère comme identique au Nassa semislriata Brocchi sp., coquille très-commune dans les sables pliocènes et les faluns qui, si cette hypothèse est acceptée, devra prendre définitivement le nom proposé par Brocchi. 157. v nitioBa Jeffreys, Brilish Conchology , vol. IV, p. 349. — Cailliaud, Cat. Loire-Infér., p. 181. — Taslé, Faune mal. mar. de l'ouest de la France, p. 87. Hab. Bassin d'Arcachon. C. C. ( 123 ) Obs. M. Jeffreys a créé récemment un nouveau nom pour les Nassa reticulata à côtes longitudinales moins nombreuses, à ouverture viola- cée, à surface lisse et brillante, etc. Le Nassa nilida vit seul à l'inté- rieur du bassin d'Arcachon ; le vrai Nassa reticulata est dragué en dehors du bassin ; je crois donc que la nouvelle espèce n'est qu'une va- riété toute locale. M. Cailliaud la cite dans son Catalogue, sous le titre de N. prismalica; mais cette dernière espèce est bien différente et ne vit que dans la Méditerranée. FUSUS Lamarck. 336. Fusus graciliis Alder, Moll. Northumb. and Durh., p. 63. — B. M., pi. 103, fig. 3. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 189. Hab. Plages océaniques de la Gironde. Obs. On trouve assez souvent cette coquille sur nos rivages, mais je ne l'ai pas vue pourvue de son animal. Elle a été longtemps confondue avec le Fusus Islandicus Chemnilz, grande et rare espèce des mers les plus froides de l'Europe Elle est allongée, et sa spire forme une sorte de boulon comparable au mamelon spiral des Volutes. 162. F. JciTreysiamis Fischer, Journ. de Conchyl., t. XVI, p. 57. — Jeffreys, British Conchol., t. IV, p. 340.— Taslé, Faune mal mar. de l'ouest de la France, p. 81. Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la Fiance, depuis l'embouchure de la Loire jusqu'à l'Espagne. C. Obs. 1. M. Jeffreys a décrit cette coquille en la rapportant au Fusîis buccinalus de Lamarck, qui est une forme sénégalaise bien distincte. Je l'avais moi-même confondue avec le Fusus propinquus dont elle se j'approche à quelques égards. Le Fusus Jeffrey siau us a été dragué vivant en dehors du bassin d'Arca- chon; M. Cailliaud le signale entre Belle-Ile et le Plateau du Four; et il n'est pas rare sur le littoral de l'Irlande. Obs. 2. M. Lafont a ramassé sur la plage de la Garonne (poste de douane, situé sur l'Océan, au nord du Cap Ferrel), un exemplaire du Fusus Berniciensis King, coquille très-rare du nord de l'Ecosse. La même espèce aurait été draguée à Port-Louis (Morbihan), d'après une communication inédite de M. Taslé. Il est donc probable qu'elle sera, plus tard, inscrite au nombre des mollusques indigènes de la France. ( 124 ) MUREX Linné. 337. Mures Esïwavsi Pàyraudeau , Catalogue Descr. et Mélh. des Annélides et des Mollusques de l'île de Corse, p. 155, pi. 7. fig. 19-20 (Purpura). — Kiener sp., pi. -46, fig. 4. — Petit, Cat. J. C. ; t. III, p. 193. Hab. Le littoral des Basses-Pyrénées, dans les rochers, à Biarritz, Guétary, Saint-Jean-de-Luz (Souverbie). — Roulé sur les eôtes de la Gironde, à Vieux-Soulac (Des Moulins). Obs. Mollusque très-commun dans le fond du golfe de Gascogne ; M. Mac-Andrew l'a trouvé au nord de l'Espagne (Asturies). 338. M. aciculatus Lamaîick, Hist. nat. anim. s. vert., l re éd., t. VII, p. 176.— B. M., pi. 102, fig. 5-6. — Petit, Cat. J. C, t. III, p. 191. Hab. Biarritz (Basses-Pyrénées). Obs. Le Murex aciculalus de Lamarck est synonyme de Murex coral- linus Scacchi (Philippi , t. II, p. 178, pi. 25, fig. 29). — Il a été trouvé sur les côtes du Finistère (Collard) , du Morbihan (Taslé) et de la Man- che (Macé). — Le type de Lamarck provient du Morbihan. TROPHON Montfort. 339. TfopïaoQB stauricatus Montagu, Testacea Brit., vol. I, p. 262, pi. 9, fig. 2 (Murex). — B. M., pi. 111, fig. 3-4. - Petit, Cat. (Fusus)l C, t. IV, p. 431. Hab. Plages océaniques de la Gironde. Roulé. Obs. M. Cailliaud l'a dragué vivant sur le rocher du Four, à l'embou- chure de la Loire. CEPIIALOPODA SEPIA Linné. 340. Sepia Filliouxi Lafont, Bulletin de l'Ass. scient, de France, n° 81. 1868. — Vérany Céphal. de la Médit., pi. 25. — Fischer, Cat. J. C, t. XVII, p. 9. Hab. Bassin d'Arcachon. C. C. Obs. Grande et belle espèce de Sèche dont l'animal et le sépion se rapprochent du Sepia officinalis. Le sépion s'en distingue par les ( 1°25 ) caractères de sa face ventrale. Il est moins bombé, et les tries trans- versales ondulées, concentriques à la pointe, commencent en avant de la moitié de sa longueur totale. — Elle arrive au printemps dans le bassin d'Arcachon , tandis que le véritable Sepia officinalis paraît en automne. Outre la figure citée de Forbes et Hanley, le Sepia officinalis est bien représenté dans Férussac et d'Orbigny, Céphalopodes, pi. 2, fig. 4-5 ; Cuvier, règne animal, édition Deshayes, Mollusques pi. V, fig. 1. Les différences précitées entre les deux espèces persistent sur les sépions des nicàles et des femelles. Pour plus de détails, je renvoie à la note de M. Lafont (Journ. de Conchyl., t. XVII-, p. 11. 1869). Le Sepia Filliouxi a été signalé cà Boulogne-sur-Mer (Lafont) , dans le bassin d'Arcachon (Lafont), et dans la Méditerranée (Vérany). 341. s. Orbignyana Férussac. in d'Orbigny, Tabl. Méth. Cépbal. Ann. se. nat., p. 66 (1826). — Férussac et d'Orbigny, Hist. nat. Céphal. pi. 5, fig. 1-2. — Fischer, Cat. J. C, t. XV, p. 14. Hab. Ile de Noirmouliers (Vendée) — Ile de Ré, La Rochelle (Charente- Inférieure. — Vieux-Soulac, la Garonne (Gironde). — Biarritz, Saint- Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). C. Oiîs. Cette espèce, si abondante sur tous les rivages du sud-ouest de la France, est commune dans la Méditerranée; Vérany l'a nommée Sepia elegans, (Céph Méd., pi. 26, fig. a-c), en attribuant ce nom spécifique à Blainville; mais il n'est pas démontré que le Sepia elegans Blainville (1827), soit le Sepia elegans d'Orbigny (1826) ; aussi, me semble-t-il préférable d'adopter le nom proposé par Férussac. Le Sepia Orbignyana a été indiqué sur les côtes de la Loire-Infé- rieure et du Morbihan. Quoique les sépions soient abondants sur notre littoral , je n'ai jamais vu l'animal; d'Orbigny l'a observé, vivant, à La Rochelle. 342. S. rupellaria d'Orbigny, in Férussac, Hist. nat. génér. et part. des Céphal. acélabul., p. 274, pi. 3, fig. 11-13. — B. M., pi. P, P, P, fig. 2. — Fischer, Cat. J. C, t. XV, p. 14. Hab. Ile de Noirmoutiers (Vendée). — La Rochelle (Charente-Infé- rieure). — La Garonne (Gironde). R. Obs. 1. Petite Sèche qui me paraît bien distincte, par son sépion, de la précédente. Je ne l'ai pas observée vivante, mais je suis persuadé de son identité avec le Sepia biserialis de Vérany (Céphal. Méd., pi. 26, fig f-k) , cl peut-être avec le Sepia elegans d'Orbigny non Vérany. ( 126 ) Le nom de Sepia biserialis est attribué à Montfort par suite d'une erreur de Vérany. Montfort n'a jamais décrit de Sepia biserialis, mais Lamarck a établi une variété /3 de son Sepia officinalis, ainsi caracté- risée • . 4. Calcaire oolithique avec pointes de Cidaris encrinus et Polypiers, 5 m . 5. Banc compacte très -dur à surface perforée, usée et couverte d'Oslrea, 50 e . 6. Marne bleue oolithique de l'étage Foulonien. Le contact de ces deux étages s'observe encore très-bien entre la borne kilométrique n° 19 et la borne n° 18, le long du même canal. § XXII. — Dans la Moselle , ce terrain comprend aussi deux assises : T.XXV11 PI. 7. % f — 4- ' 5 L,. ^N. A l ii^i_! — ^ "y-^ — V\VYW^.e"Wte3Ji)!. 1j«\»\=,\, ta\ . ( ^51 ) l'inférieure ferrugineuse, la supérieure compacte avec Polypiers. Sa puissance moyenne, d'après M. Hébert, 50 m . On y retrouve les mêmes zones qu'aux environs de Nancy. § XXIII. — Résumé sur l'oolilhe inférieure. — Depuis quelques années, cet étage a été l'objet de l'attention des géologues; et Guibal , dans sa Statistique, y classait l'oolithe ferrugineuse à Ammonites aalen- sis, voyant dans cette zone le correspondant minéralogique de l'oolilhe de Bayeux , tandis que le lias à Ammonites primordialis de Normandie est le correspondant véritable. Les couches à spongiaires et à polypiers sont les équivalents de l'ooli- the blanche. Le dépôt de l'oolithe inférieure s'est fait dans une période assez calme, et les eaux, de profondeur moyenne, ont favorisé le déve- loppement des Brachiopodes , qui manquent complètement dans les marnes infraoolilhiques. Le conglomérat marque une séparation nette entre ces deux étages. L'oolilhe supérieure est surmontée directement par les assises du fullers , sans discordance autre que la ligne d'usure et de perforation visible au point de contact de ces deux étages. La prochaine note pour servir à l'étude des étages jurassiques aux environs de Nancy, comprendra les étages Fouloniens (fullers Earth), et Bathonien (grande oolilhe). Bordeaux, 20 Avril 1869. MÉMOIRE SUR QUELQUES ESPÈCES de STATICE Du groupe LIMONIUM Sous-Section . EULIMONIUM DC. Prodr. — Section: LIMONIUM Gb. et Godu. Par M. Alexandre LAFONT, titulaire ( Voyez PI. VIII et IX de ce vol. ) Depuis longtemps j'avais constaté qu'il existe, dans les immenses prés-salés qui bordent le bassin d'Arcachon , plusieurs Stalicc voisins du S. Limonium L. ; mais le manque d'échantillons authentiques d'au- tres localités m'avait empêché de pousser plus loin ces observations : aujourd'hui, grâce à l'aide obligeante de MM. Du Rieu, Des Moulins, Lespinasse et Cosson , qui m'ont communiqué les Slalice de leurs her- biers , j'ai pu donner à mes études une marche plus assurée , reconnaître les espèces déjà décrites et constater que quelques-unes des formes, qui avaient appelé mon attention sur ce genre, constituaient des espèces nouvelles et complètement inédites. En outre, l'étude que j'ai été forcé de faire des Slalice européens de cette section, m'a conduit à donner un peu plus d'extension à ce travail , qui deviendra dès-lors une sorte de monographie comprenant presque tous les Slalice de ce groupe, qui croissent en Europe et dans le bassin méditerranéen. Enfin, je ferai suivre la nomenclature et la description de ces plantes de quelques réflexions inspirées par la presque-conligiiilê des espèces du genre Slalice. Genre : STATICE Willd. Section : LIMONIUM G. et G., Flore de Fr., t. II, p. 739. 1. S. Bahusiensis Fries, Nova mant. 1, p. 12! exclusa var. Danica. S. Bahusiensis Fries, v. Borealis. (loc. cit.) S. Bahusiensis Boiss.! inDC. Prod. 12, p. 644 (pro part,); non S. rarijlora Droj.! NEqRchb. Exsicc. 2200! ( 153) Fleurs en panicule rameuse non corymbiforrne, à rameaux étalés, dressés , Irès-gréles pour leur longueur ; épillets uni-biflores , très- écartés les uns des autres , formant de longs épis lâches et droits , ou à peine arqués; bractée externe égalant presque la moyenne, large, suborbiculaire , un peu mucronée, carénée, verte sur le dos, fauve sur le bord; bractée interne presque double de l'externe, fendue, très-obtuse, largement scarieuse et fauve ou rougeâtre au sommet; calice à tube presque cylindrique, très- velu sur les nervures, double du limbe, qui est divisé en lobes aigus et peu profonds. Feuilles obovées oblongues, atténuées vers le pétiole , terminées par une pointe qui naît au-dessous du sommet, scapes dressés, anguleux, rameux dès leurs tiers inférieur. Plante de 2 à 4 décimètres, fleurs grandes (7 à 9 mill.). (Voyez la pi. VIII, fig. 1). Hab. La Suède ! ( ex spec. à clar. Lange missis. Herb. Lespinasse et Des Moulins. 2. S. rariflora Drejer! FI. Hafn., p. 121! 1838; S. Bahusiensis , v. Danica Fries! Sum. veg., p. 200; S. Bahusiensis Boiss. ! (parte) in DC; G. G. ! FI. de France, 2, p. 740! ; le. Engl. bot. 291 7 ! Le Gall ! FI. Morbihan, p. 470 ; Lloyd ! FI. de l'Ouest , p. 373; non Fries ; S.pseudo-Limonium Rchb. Cent. VIII, t. 959, non Rchb.Exsicc. 2200 ! S. Limonium v. Caroliana J. B. Blacke, Exsicc. Americ. in herb. Cossonis. non Boiss!. Fleurs en panicule rameuse, corymbiforrne, à rameaux étalés, dres- sés , courts , souvent flexueux ; épillets uni-biflores, écartés, souvent alternes, formant des épis droits, souvent arqués; bractée externe courte, largement ovale, mucronée, carénée, verte sur le dos , fauve-scarieuse sur les bords ; bractée interne triple de V externe très-obtuse, non fen- due, scarieuse et fauve, ou rougeâtre au sommet; calice à tube conique un peu plus long que le limbe , velu inférieurement , lobes du limbe ovales lancéolés. Feuilles oblongues ou oblongues lancéolées assez étroites, terminées par une pointe toujours terminale; scapes dressés, un peu anguleux. Plante de 1 à 3 décimètres, fleurs petites (4 à 6 mil.). Hab. Le Danemark ! Brest et Vannes ! l'Angleterre , le Groenland , l'Amérique du Nord! d'où elle a été envoyée à M. Cosson, sous le nom de S. Limonium v. Caroliana, par M. J. Blacke. Obs. Cette espèce se distingue du S. Bahusiensis par ses rameaux plus courts, réunis en corymbe, ses fleurs plus petites , souvent altcr- ( 154 ) nés, ses feuilles plus étroites, où lemucron est terminal par son calice évasé et non cylindrique, contracté sous le limbe. Le S. Caroliana Boiss. s'en distingue à première vue par son calice court et très-évasé. Le Statice que M. Lespinasse possède dans son herbier, et qui fait partie des Exsiccata de Reichembach, n° 2200, sous le nom de S. rari- flora Drej. est un échantillon très-jeune du S. Behen Drej. 3. S. Behen Drejer, FI. Hafn., p. 122; Fries, Summ . p. 200! Koch. Syn. 684; Rchb., FI. Excurs., t. 89!; non Cent. VIII, t. 959!; Rchb. Exsicc., n° 2200! (sub S. rariflora Drej.), n° 963 (sub S. pseudo-lÂmonium Rchb., n° 1516 ! (sub S. scopariaWiM.) ; S. Limonium auctorum septent. etG. G. FI. deFrance, 2, p. 739 ! Fleurs en panicule très-rameuse, corymbiforme, à rameaux trapus dressés, portant des épillets uni-biflores formant des épis denses, serrés à l'extrémité des rameaux; bractée externe lancéolée dans le jeune âge, ovale plus tard , mucronée , verte et herbacée sur le dos , scarieuse sur les bords, égalant à-peu-près la moyenne; bractée interne large her- bacée; embrassant lâchement les fleurs par l'extrémité de ses bords , à peine double de l'externe; calice conique, très-évasé , souvent plissé, à lobes largement triangulaires , mutiques ou apiculés. Pétales spatules entiers ou émarginés; loges des anthères ovales , jaunes; feuilles molles elliptiques ou obovées , scapes dressés , arrondis. Plante de 1 à 5 dé- cimètres glabre, herbacée. (Voir la pi. VIII, fig. 2.) Hab. Le nord et l'ouest de l'Europe , mer Noire , Rosloch (Kùhlevein). Juillet, août. Cette espèce se caractérise par sa consistance herbacée, ses bractées lâches et molles, très-larges, et par son calice très-évasé. Obs. Le S, pseudo-Limonium et Scoparia Rchb. Exsicc, n° 963 et 1516, ne sont qu'un élattrès-jenne et peu ramifié du S. Behen, prenant par la dessiccation une teinte noirâtre , qui donne un faciès particulier, que l'on reproduit très-bien en prenant des échantillons peu avancés. 4. S. serotina Rchb! Icon. , 8, p. 21, f. 997 et 998, et FI. exe, p. 191, Exsic. n° 964; G. G. FI. de France, 2, p. 748; S, Li- monium et Genuina Boiss! in DC. prod., 12, p. 644. S. inler- media Guss !. S. Limonium auct. merid. Fleurs en panicule subcorymbiforme, formée de rameaux peu serrés, dressés ou flexueux , courts ou peu allongés; épillets uni-biflores for- ( 155 ) mant des épis peu compactes; bractée externe ovale-lancéolée, mucro- née, scarieuse sur les bords, de même longueur que la moyenne ; bractée interne double de l'externe, coriace, scarieuse sur les bords ; entière ou échancrée au sommet, embrassant étroitement les fleurs; calice à tube conique, légèrement évasé, à lobes triangulaires aigus ; pétales spatules, loges des anthères, ovales, atténuées à la base; feuilles minces, coriaces d'un vert glauque, oblongues, obovées ou lancéo- lées, atténuées en un pétiole assez court; scapes dressés, arrondis, subligneux. Plante de 1 à 5 décimètres glabre. (Voir la pi. VIII , fig. 3.) Hab. Europe occidentale et méridionale , Tanger, Arcachon, Bayonne, Montpellier, Sicile Italie, Céphalonie. (Coll. W. Schimper et B T Wiest, ocl. et nov. 1S34, sans nom d'espèce) ; c'est la localité la plus orientale que j'aie pu constater. Juillet à septembre. Obs. Le S. Behen et le S. serolina varient à l'infini, selon la nature du sol sur lequel on les rencontre ; toutes ces formes se relient les unes aux autres pour chaque espèce par des passages insensibles , quelquefois sur la même souche ; il est donc impossible d'en faire des variétés, et j'ai dû renoncer même à les décrire. 5. S. nigricans Nob. Fleurs en panicule , rameuse , lâche , à rameaux dressés , flexueux , épillets uni-biflores un peu écartés , formant des épis minces allongés , dressés ou scorpioïdes, bractée externe ovale et lancéolée; mucronée, largement scarieuse sur les bords égalant presque la moyenne , bractée interne double de l'externe, arrondie ou bilobée au sommet, embrassant étroitement les fleurs; calice conique, grêle à la base, contracté sous le limbe, muni sur les nervures de poils longs et effilés; lobes du calice triangulaires ; mutiques ou apiculés plissés. Feuilles coriaces d'un vert clair, ovales spatulées , décurrentes sur un» long pétiole flexueux égal à la moitié du limbe ; scapes dressés arrondis. Plante de 3 à 5 décimètres; FI. Juillet, août. Hab. Certes (Gironde), Palerme (Todaro in Herb. Coss.), Bonifacio (Kralik , pi. Cors., n° 750, sur (S. Limonium v. macroclada ibid.) Étang deBiguglia. (Soleirol, PI. de Cors., n° 3553 ibid. (Voir la pi. VIII, fig. 4.) Obs. Cette espèce a d'intimes rapports avec le S. serolina Rchb.; elle s'en distingue cependant par ses rameaux grêles et allongés, ses bractées plus étroites , plus scarieuses ; son calice plus conique à lobes plissés et beaucoup plus larges à la base que dans le S. serolina, et enfin par ses feuilles très-longuement pétiolées. ( 156 ) J'ai trouvé dans l'herbier de M. Cosson un Slalice, envoyé par Wel- witseh (plantœ Lusilanœ in extremis saisis prope Jacavem ), très-rap- proché de cette forme que je viens de décrire , et qui , mieux étudié sur des échantillons frais , pourrait bien constituer une espèce distincte. 6. S. Lespinassi Nob. (Voir la pi. VIII, fig. 5.) Fleurs en panicule lâche, subcorymbiforme , formée de rameaux dressés , étalés et arqués ; épillets uni-biflores serrés formant paquet à l'extrémité des rameaux , bractée inférieure un peu plus courte que la moyenne, mucronée, bractée interne double de l'externe à sommet arrondi ; calice conique à dents aiguës, mucronées, garni de poils sur les angles , corolle étalée , pétales spatules , entiers , loges des anthères atté- nuées aux deux extrémités, ovaire muriqué. Feuilles étroites, lancéolées, longuement décurrentes, pliées, fortement ondulées sur les bords, munies d'un mucron naissant de l'extrémité de la fronde par le prolongement de la nervure médiane. FI. juin, juillet. Hab. Iles aux Oiseaux , Ares (Gironde), Les Sablettes, près Toulon (Auzende, herb. Coss.). Je dédie cette espèce à mon ami et collègue M. Lespinasse , dont l'her- bier et la riche bibliothèque sont ouverts si généreusement à tous les botanistes girondins. 7. S. longidentata Nob. (Voir la pi. VIII , fig. 6.) Fleurs en panicule oblongue , formée de rameaux allongés , dressés , portant des épillets uni-biflores, peu serrés; bractée interne, petite mu- cronée , presque aussi large que longue , bordée , ainsi que l'interne d'une membrale scarieuse rousse ; celle-ci double de l'externe , arrondie au sommet; calice à tube conique, légèrement ovale; limbe divisé en cinq lobes aigus et étroits entre lesquels on aperçoit cinq petites dents ; pétales spatules , loges des anthères ovales. Feuilles minces coriaces , dressées, oblongues, lancéolées, atténuées en un pétiole assez long. Plante de 3 à 5 décimètres à scapes dressés , arrondis. FI. juin , juillet. Hab. Ares (Durieu), Andernos (Gironde). La forme du calice dislingue nettement cette plante de ses congénères. 8. S. Boissieri Nob. (Voir la pi. IX, fig. 7.) S. Limonium, v. y. macroclada Boiss. ! in DC. Prod. 12, p. 645; de Heldreich , Herb. grsecum normale, n° 495! ; Balansa, pi. d'Orient, n° 282; Marlins père, pi. d'Egypte !. ( 157 ) Fleurs en panicule très-rameuse, grande, à rameaux très-étalés, dressés, raides, portant à leur extrémité des épillets uni-biflores , médio- crement serrés; bractée externe petite , complètement scarieuse, mucro- née, fresque aussi large que longue; bractée interne double de l'externe, obtuse, scarieuse sur les bords ; calice court, divisé en lobes peu pro- noncés , plissés , surtout avant l'épanouissement des fleurs, ce qui le fait paraître seulement denticulé. Feuilles coriaces, ovales-oblongues, rétrécies en un pétiole assez court et ferme ; scapes robustes , dressés , arrondis , très-rameux dès leur tiers inférieur. Racine très-ligneuse. FI. juillet et août. Hab. Phalère (de Heldreich), Asie-Mineure, Egypte (Martins père). Obs. Cette plante ne peut être confondue avec le S. serolina Rchb, dont elle diffère par son calice court, à peine lobé; ce caractère suffit également pour la distinguer de toutes ces congénères. J'ai cru devoir dédier cette espèce à l'illustre auteur des Plumbagi- nées du Prodrome. 9. S. Meyeri Boiss. in DC. Prod. 12, p. 645! Fleurs en panicule très-rameuse, à rameaux très-étalés, recourbés , portant à leur extrémité des épillets distiques , contenant deux à trois fleurs, assez serrés; bractée externe scarieuse sur les bords, carénée, mucronée ; bractée interne double de l'externe , presque ronde , caré- née , fendue au sommet; calice court, à limbe divisé en lobes aigus et peu profonds non plissés. Feuilles coriaces, grandes, atténuées en un pétiole très-court ; scapes rameux dès la base. Juillet. Hab. Russie méridionale. (Herb. Cosson.) 10. S. tomentella Boiss , in DC. Prod. 12, p. 645. Becker, Exsic.l non Hohemacker; S. Gmelini « genuina. D r Kûhlevein, Vunder- lich! Exsiccata, non Boiss. ! Fleurs en panicule peu rameuse , rameaux couverts d'un duvet court, portant des épillets composés de deux ou trois fleurs , formant des épis allongés et serrés ; bractées rougeâtres , l'extérieure ovale-triangulaire , petite, complètement scarieuse, mucronée, carénée ; l'intérieure double de l'externe, très-obtuse, membraneuse sur les bords; tube du calice large à la base, conique, couvert de poils jusque sous le limbe; celui-ci divisé en lobes très-courts, larges et arrondis. Feuilles oblongues , lancéolées, atténuées en pétiole court, uninerviées, couvertes sur la nervure infé- rieure d'un duvet serré ; scapes ronds et grêles. (Voir la pi. IX, fig. 11 .) Tome XXVII. 12 ( 158 ) Hab. Embouchure du Volga. (Herb. Lespinasse.) 11. S. Sareptana Becker. Exsiccata! S. lomenlellaEA. Hohenacker Exsic. pi. Yolgse inf., n° 44 ! non Boiss. ! Fleurs en panicule peu rameuse, à rameaux étalés , dressés, portant des épillels uniflorcs ou sub-uniflores , formant des épis allongés, lâches; bractées herbacées sur le dos, scarieuses sur les bords, Y externe courte, moitié de la moyenne, obtuse, l'interne double de l'externe , allongée, fendue au sommet; calice conique pédicellé , velu seulement sur les nervures , à limbe divisé assez profondément en lobes triangulai- res aigus. Feuilles ovales, obtuses, atténuées assez brusquement en un pétiole de même longueur que la fronde, très-obscurément nerviées sur la face supérieure, à nervures saillantes en dessous et couvertes sur les deux faces d'un duvet court et serré. (Voir la pi. IX, fig. 42.) Hab. Sarepta. (Herb. Lespinasse), Puissie méridionale, embouchure du Volga ! 12. S. Gaillardoti Nob. S. Limonium, v. macroclada Gaillardot, Plantes de Syrie, non Boiss.! Fleurs en panicule peu rameuse, à rameaux courts et dressés , por- tant des épillets biflores formant des épis courts; bractée externe large, complètement scarieuse, obtuse; bractée interne large, arrondie, lar- gement scarieuse sur les bords ; calice petit , conique à limbe évasé et divisé en lobes aigus, assez profonds. Feuilles obovées formant une rosette bien marquée, obtuses; pétiole très-court; scapes nus, rameux dans leur partie supérieure seulement. (Voir la pi. IX, fig. 9.) Hab. Les rochers près de Saïda. (H. Lespinasse.) Obs. Cette plante a les feuilles de même forme que celle du S. Gme- lini , mais plus petites et un peu plus longuement pétiolées ; sa tige complètement nue et rameuse seulement au sommet; son calice plus petit et de forme différente suffisent pour l'en distinguer. 13. S. Gmelini Willd. Sp. 1, 2 e partie p. 1524! Turzaninow, Flora Baï- calensi Dahurise 3, p. 7 ! Hohenacker Exsic. (parte) non Boiss. ! inDC. Prod. 12, p. 645! nec Rchb. Exsic, n° 1516; nec Koch. Syn., p. 684, nec Hohenacker, Herb. Petropol., n°93. S. sco- pariaVatt. et Willd! non Rchb. Exsic. 964! S. glauca Willd. Fleurs en panicule très-rameuse, à rameaux allongés, dressés ou recourbés , portant des épillets uni-biflores , formant des épis assez ( 159 ) courts; bractée externe scarieusc , ovale lancéolée , mucronéc, presque aussi longue que la moyenne; bractée interne double de l'externe, ovale, arrondie au sommet; calice petit, conique, un peu évasé, à limbe divisé en lobes obtus, muliques ou apiculés , portant quelquefois entf eux de petites dents triangulaires mousses. Feuilles très-larges, obovées, sessiles ou sub-sessiles , très-obtuses , glabres; scapes dressés , ronds, très-rameux, à rameaux grêles , fermes, effilés, qui lui ont valu le nom imposé par Pallas. (Wild. loc. cit. nomen triviale ob scaporum usum dédit illustr. Pallas.) Juillet, août? (Voir la pi. IX, fig. 8.) Hab. Russie méridionale, mer Caspienne, Hongrie, etc. Jardin des Plantes de Paris ! 44. S. MICRANTHA Nob. S. Gmelini Boiss. in DC. Prod. 12, p. 645! Hohenacker, Exsic. Herb. Petrop., n°93! Fleurs en panicule rameuse, à rameaux allongés, portant des épillets uni-biflores, formant des épis assez allongés; bractée externe complète- ment scarieuse, arrondie, presque aussi large que longue, plus courts que la moyenne; bractée interne très-large, arrondie au sommet, fen- due, portant quelques poils courts; calice très-petit, conique, à limbe divisé en cinq lobes arrondis entre lesquels surgissent cinq dents arron- dies et presque aussi longues qu'eux. Corolle grande (pour le calice). Feuilles ovales, arrondies à pétiole court; scapes ronds, rameux. Hab. Asie mineure. Il est évident que la description du Prodrome s'applique parfaitement à la plante que nous venons de décrire, surtout pour la forme si carac- téristique du calice. D'un autre côté , les nombreux échantillons des environs de la mer Caspienne , de la mer Noire et de Hongrie, que nous avons pu examiner dans les herbiers de MM. Cosson et Lespinasse nous ayant toujours présenté la même forme , nous avons dû en conclure que les échantillons de la localité classique indiquée par Pallas , Willdenow et M. Boissier devaient seuls conserver le nom de S. Gmelini, et que la description du S. Gmelini du Prodrome avait dû être faite par mégarde sur les échantillons appartenant à l'espèce nouvelle que nous avons appelée S. micrantha ; cette espèce , en effet , se distingue nettement du S Gmelini par ses feuilles moins larges, ses rameaux plus grêles et bien plus effilés , ses fleurs bien plus petites , et enfin par la forme complète- ment différente de son calice et de ses bractées. (Voir pi. IX, fig. 10.) ( 160 ) 15 S. effusa Boiss. ! Prod. 12, p. 646. Fleurs en panicule excessivement rameuse , à rameaux allongés et très-ramifiés, portant des épillets biflores, formant des épis très-éeartés à l'extrémité des rameaux; bractée externe complètement scarieuse, ovale, allongée, aiguë; bractée interne trois fois plus longue que l'ex- terne, obtuse, entière ou fendue; calice conique, très-velu à la base, à limbe divisé en dix lobes peu profonds, plissé. Feuilles glauques, très-larges , atténuées en un pétiole court et large ; scapes élevés. Plante de deux à trois pieds formant un buisson arrondi , couvert de fleurs. Hab. Asie-Mineure (Herb. Lespinasse) ; Jardin-des-Plantes de Bordeaux. 16. S. Balans^e Boiss. ! Voyage en Orient. 17. S. lilacina Boiss. et Balansa. Voyage en Orient. Je ne puis que renvoyer â la description donnée par M. Boissier de ces deux espèces , qui n'existent dans aucun des herbiers que j'ai pu consulter. Les espèces que je viens de décrire sont quelquefois tellement rappro- chées, que j'ai souvent hésité, et que bien souvent aussi je me suis demandé s'il ne fallait pas les considérer comme autant de formes d'un même type, se transformant lentement et graduellement selon les lois de la théorie de Darwin, et s'il n'eût pas mieux valu les réunir sous un même nom. Il est bien évident qu'une pareille hésitation n'eût pas été possible si la science actuelle avait possédé une définition précise de l'es- pèce , de la race et de la variété. Or, il n'en est pas ainsi ; tout le monde sait que toutes ces définitions sont loin d'être acceptées par tous les naturalistes, et qu'elles sont faites, la plupart du temps, d'après des idées préconçues, si je puis m'exprimer ainsi. Dans cet état de choses, j'ai dû me borner à décrire et à nommer les formes qui m'ont paru assez différentes et assez stables pour constituer des types, en laissant à chacun la faculté de les considérer soit comme des espèces légitimes , soit comme des races, soit même comme des variétés du S. Limonium de Linné. Arcachon, 16 Juin 1869. ERRATA. Page 155, ligne 11, après sommet, mettez point et virgule. — — 27, après externe , mettez une virgule. — — 50, au lieu de oblongues lancéosées, lisez : oblongues ■ lancéolées . 154 — 17, après large, mettez une virgule. — — 18, après bacée, mettez un point au lieu de point et virgule. — — 21, après molle , mettez une virgule. — — 22, après obovées, mettez point et virgule. — — 28, au lieu de Scoparia , lisez : scoparia. — — 57, après uni-biflores. mettez une virgule. lux T XXVI I PI Vii ? - . 'M ,4..:- - "' L F. o a i F 4 - F. 5 B ) - ÈàMKUm\ \AY\a«>s,U. SoG.Lmn. deBordeaux. T.XXVi: PI IX F. 7. X F. 8 fcm A F. 9 (i ■! : U d F. 10 " (' I r '^~ X |V\ "Vv \] ' 1 m u F. 11 « / U ■ "V r/ v~V1 F.12 V" ■M^'i i \\\&\\)&Wi UVû.Aaw&ç, , ( 161 ) Page 155 , ligtic 3, après bords, mettez une virgule. — — 5, après conique , supprimez le point. — — 6, après spatules , mettez point et virgule. — , — — après anthères , supprimez la virgule. — — 11, après Italie , mettez une virgule. — — 20 , après panicule , supprimez la virgule. — — — après flexueux , mettez point et virgule. — — 21 , après minces , mettez une virgule. — — 22 , après scorpioïde , mettez point et virgule — — — après lancéolée, mettez virgule seulement. — — 25 , après bords , mettez une virgule. — — — après moyenne ,' mettez point et virgule. — — 21, après triangulaires, mettez virgule setilement. — — 29 , après dressés, mettez une virgule. — — 36, après scarieuses, mettez virgule seulement. 156 — 7 , après serrés, mettez une virgule. — — 8 , après rameaux , mettez point et virgule. — — — au lieu de inférieure , lisez : externe. — — 9 , après mucronée , mettez point et virgule. — — — après externe , mettez une virgule. — — 23 , au lieu de interne, lisez : externe, et supprimez la virgule en la transportant après petite — — 25 , au lieu de membrale , lisez : membrane. — — 28 , après minces , mettez une virgule. — — 30, après décimètres , mettez une virgule. — — 31 , au lieu de (Durieu) , lisez : Du Rieu. EXPLICATION DES FIGURES Nota. — Dans toutes les figures, les mêmes lettres désignent les mêmes organes. Planche VIII. F. 5. S. Lespinassi. F. 1.5. Bahusiensis. F. 6. S. longidentala. a Bractée externe. Planche IX b Bractée moyenne. F. 7. S. Boissieri. c Bractée interne. F. 8. S. Gmelini. e Étamine. F. 9. S. Gaillardoti. d Calice. F. 10. 5. micrantha. F. 2. S. Behen. F. 11.5. tomenlella. F. 3. S. serolina. F. 12.5. Sareplana. F. 4. 5 nigricans. SUR LES EPINES DES ÉCHINOCIMRITES Par M. Ch. DES MOULINS , président. On a beaucoup étudié les radioles (épines , piquants , baguettes) des Échinides fossiles , mais on s'est peu occupé de eeux des Echinides vivants. Les radioles, en effet, qui, chez ces derniers, acquièrent une taille considérable, ont nécessairement frappé tous les observateurs et sont demeurés inséparables de l'étude et de la description des espèces dont ils décorent le test d'une façon si remarquable et souvent si singu- lière. Mais, quant à ceux de petite dimension, tels qu'on les trouve sans mélange de grosses baguettes, dans tout le groupe du grand genre Echinus et des genres les plus voisins , leur uniformité d'aspect est portée si loin que, sauf quelques différences dans la longueur et l'épais- seur, on serait tenté, au premier coup-d'œil, de s'imaginer que la des- cription des épines d'une seule espèce peut servir pour une ou deux centaines d'espèces analogues. Et cependant , à considérer d'un peu haut cette question , il serait souverainement déraisonnable de croire que , si les radioles des fossiles offrent des particularités suffisantes pour servir, à eux seuls , à caracté- riser une multitude d'entités spécifiques dont nous ne connaissons pas le test, les radioles en apparence si uniformes des Echinus vivants par exem- ple, demeureront insuffisants pour jouer un rôle dans la spécification certaine et complète des espèces si nombreuses à l'époque actuelle. La Création ne ressemble en rien à ces entreprises de pacotille où les spé- culateurs cherchent quelque lucre dans l'économie et dans l'absence de soin qu'ils font présider à la confection de leurs produits. L'Au- teur de la nature, qui répand avec tant de profusion le charme de la variété combinée avec l'efficace simplicité des moyens dans l'organisa- tion de cette fourmilière d'êtres animés , dont la science humaine ne ( 163 ) saurait parvenir à nombrer exactement les formes, — l'Auteur de la nature, dis-je, ne répète pas servilement ici ce qu'il a fait là : il atteint son but par des moyens nuancés ou même très-divers , et il s'ensuit très-logiquement, ce me semble, qu'on se trompe lorsqu'on dit d'une espèce dont on a découvert le caractère diagnostique essentiel : Cœtera ut in Je suis convaincu que cela n'est jamais véritablement vrai quand les deux espèces dont on trace la diagnose sorit de bonnes espèces. Deux bonnes espèces , ce sont deux entités différentes de tous points , deux natures différentes. Elles peuvent être très-voisines et se ressem- bler beaucoup ; leurs différences peuvent être petites , difficiles â saisir, plus difficiles — impossibles peut-être à bien décrire; mais elles exis- tent, et c'est là une des choses dont on peut dire scientifiquement, philosophiquement « je ne le sais pas , mais je l'affirme ; » toutes les études rigoureusement faites nous amènent à cette conclusion. Ceci posé, cherchons un exemple, — cherchons un petit fait (comme dirait notre savant ami M. Durieu), qui justifie une assertion fort expo- sée, je l'avoue, à être taxée d'exagération par des naturalistes superfi- ciels, par des fabricants d'espèces à la grosse. Parmi les Echinides réguliers, l'un des groupes les plus distincts, les plus isolés, pourrait-on dire, c'est mon genre Echinocidaris, mais tel que je l'ai fait, et non pas encombré des espèces à'Arbacia du natu- raliste anglais Gray, qu'on y avait malencontreusement annexées , et que M. Agassiz en a si judicieusement et si solidement séparées. Ce genre Echinocidaris parfaitement naturel, parfaitement caractérisé et distingué de tous les autres par son périprocte à quatre plaques (ni plus ni moins!) par ses mâchoires et par l'uniformité extérieure des caractères de son test et de. ses radioles, présente nécessairement l'inconvénient inhérent à tous les genres rigoureusement naturels : ses espèces sont fort difficiles à distinguer entr'elles d'une manière certaine, et c'est là une difficulté que, de longtemps peut-être, il ne nous sera pas donné de vaincre sans conteste. Lorsque, pour mon Prodrome des Echinides, publié en 1835, je dressai mes descriptions génériques, je regardai un peu à tout, mais je laissai â-peu-près de côté l'étude trop souvent microscopique des radioles toujours petits et de forme si simple et si vulgaire. Je ne con- naissais alors que ceux d'une seule espèce iï Echinocidaris , et j'eus la bonne fortune de découvrir sur un petit nombre des plus grands de mon individu unique, qu'ils se terminaient par une sorte d'appendice de ( 164 ) forme et consistance différentes de celles du reste de la lige Je crus cet appendice très-caduc; mais je reconnais maintenant qu'il ne l'est que parce que la tige qui le porte est très-cassante dans les espèces où le radiole a peu de diamètre et de solidité. Je fis une très-brève mention de cet appendice dans la caractéristique générique , et aussi dans les Tableaux synonymiques , à l'article de YE. loculata. Personne ne fit attention à ce petit fait , et aucune observation ne lui fut ajoutée jusqu'au jour où , à la même date et à la même heure où j'écris (20 juillet 1840), je vis — et vis probablement assez mal à travers les verres protecteurs des vitrines du Muséum de Paris, un Agariles d'Agas- siz (c'est ainsi qu'il appelait alors mes Echinocidaris), étiqueté de sa main en 1839 et sans nom spécifique , comme la plupart, au reste, des coquilles tant soit peu récemment connues. Cet Echinide, rapporté de Lima par Alcide d'Orbigny, laissait voir au bout de ses plus grandes épines, un appendice analogue à celui de mon E. loculata et venait évi- demment, par là , se ranger dans ce genre. J'ignore si l'appendice a été signalé dans ce texte et dans les planches du Voyage de la Vénus dont , plus tard, feu M. Valenciennes a déterminé et nommé les coquilles; mais les noms spécifiques donnés par ce savant ont été repris, en 1847, par MM. Agassiz et Desor, dans leur Catalogue raisonné , pages 49 et 50, où les détails de la diagnose générique sont, d'ailleurs, exposés brièvement et avec peu de précision. Deux ans avant cette publication, en 1845, j'avais envoyé en commu- nication à M. Agassiz mon échantillon unique à' Echinocidaris loculata, péché à La Rochelle par le vénérable Charles d'Orbigny père , chef et modèle de ce que j'appellerai volontiers la vaillante et laborieuse dynas- tie de ce nom. L'année suivante (novembre 1846), M. Agassiz me retourna l'échan- tillon unique (qu'il numérota 8), en y joignant généreusement un deuxième échantillon spinigère avec ces mots de sa main : appartient au n*> 8; sur quelques-unes de ses plus grandes épines , je retrouvai l'appendice. J^à ne se borna pas la générosité de l'illustre naturaliste : en me retour- nant les autres Echinocidaris (sans épines) que je lui avais communi- qués, il me fit un riche envoi de diverses espèces , spinifères ou non, de ce genre, et chaque échantillon était soigneusement étiqueté ou numé- roté de sa main. Après tant d'années écoulées , le nettoyage et l'arrangement général ( 165 ) de ma collection m'ont ramené tout récemment à l'étude de ce lot si précieux, et je viens non-seulement dire à mes collègues ce que j'ai appris dans cette étude, mais encore leur indiquer la somme (bien plus forte) de ce que je voudrais avoir pu y apprendre. En leur présentant une note dont Y introduction est forcément plus longue que le texte, je dési- rerais appeler l'attention des naturalistes sur un sujet minutieux et dont l'étude fatigante et difficile m'offrirait beaucoup d'attrait , si j'avais encore mes yeux d'autrefois; mais ils se montrent chaque jour plus enclins à taxer d'indiscrétion la demande que je suis toujours tenté de leur faire de nouveaux services. Je me borne donc à faire des vœux pour qu'un jeune naturaliste , pourvu de bons yeux sans lesquels on ne peut rien faire, et du don d'observation à la fois intelligente et synthétique sans laquelle on ne fait guère rien de bon , veuille bien consacrer dix années de sa vie à pâlir sur les menus radioles des Échinides vivants. Je lui promets qu'il aura de la besogne pour tout ce temps-là et que les fruits qu'il obtiendra de son obscur labeur pour les progrès de la classification , surtout spé- cifique, lui apporteront, dans l'avenir, une ample et honorable récom- pense. Tous les sculpteurs ne peuvent être des Phidias, ni tous les architectes des Michel-Ange, ni tous les naturalistes des Cuvier ; il est utile, il est nécessaire qu'une armée ne se compose pas exclusivement de généraux. Tel qu'il est, actuellement et qu'il doit être circonscrit, le genre Echinocidaris se compose, dans le Catalogue raisonné de MM. Agassiz et Desor (je ne connais pas d'ouvrage général plus récent) de neuf espèces seulement, toutes vivantes. Sur ces neuf espèces , ma collection en renferme six. Sur ces six espèces , il en est une dont je ne connais pas les épines. Je me suis donc trouvé réduit à travailler sur la moitié plus une (5) des espèces cataloguées. m Les épines, dans ce genre , sont peu longues et peu pointues, cylin- driques, finement striées (Agassiz et Desor, l. c, p. -49). Ces stries ne sont pas lisses, mais plus ou moins âpres sous le doigt qu'on y promène à rebrousse-poil. Je parle ici des grandes pour chaque espèce. Le plus grand nombre en est plus ou moins rapproché de la forme pointue et d'une structure uniforme dans toute leur longueur. Le plus petit nom- bre, parfois très-petit proportionnellement, se termine par un appen- dice luisant et comme vernissé, de forme et de structure différentes, Tome XXVII. • 13 ( 166 ) sinon dans toutes , du moins dans les espèces bien évidemment distinctes. D'autres épines sont plus courtes, proportionnellement plus obtuses si elles sont épaisses , plus aiguës si elles sont plus fines : d'autres encore , plus minces et plus courtes, rapprochées de la région buccale, tendent plus ou moins à la forme en spatule. Enfin, une sorte de duvet, de jarre, composée de très -abondantes , très-courtes et très-fines épines piliformes, répond à un sablé presque microscopique de tubercules qu'on oserait à peine nommer miliaires, et ne se détache que difficilement et sous l'action de l'eau ou sous l'effort de la brosse , du test dont ces poils forment comme le vêtement le plus immédiatement voisin de la peau. Cette dernière sorte d'épines est d'un blanc jaunâtre , tandis que toutes les autres sont de couleur foncée, brun-noirâtre, violet-noirâtre, vert- pâle ou noirâtre , ou enfin rougeâtre. Les dessins (planches X et XI du présent volume), auraient dû être faits par moi-même : je l'ai tenté , et je n'ai pas réussi. Il fallait le mis- croscope pour tout voir et venir en aide à mon inhabileté artistique Par bonheur, un très-intelligent et zélé collègue linnéen, M. E. Benoist, a bien voulu me faire l'aumône de son temps, de ses jeunes yeux, de son habile crayon et du secours énergique d'un bon instrument de Lere- bours , et la reproduction de ces élégantes figures , confiée au talent et à l'expérience éclairée d'un spécialiste éminent , M. Lackerbaner , ne lais- sera rien à désirer à ceux qui voudront faire connaissance avec ce ca- pricieux ornement des Échinocidarites. Ce n'est pas sans raison que j'appelle capricieux cet ornement si sin- gulier. Non-seulement les appendices n'existent pas sur toutes les épines; mais encore ils ne sont pas réguliers ni d'une forme pure et fixe; au contraire, leurs détails sont variables sur chacune des épines qu'on étudie, et il s'agit bien plus de montrer la physionomie d'ensemble de l'objet , — ce qu'on appelle Yespril de la chose , — que de reproduire fidèlement telle ou telle de ces épines; et je dois des remerciements tout particuliers à M. Benoist pour le soin qu'il a mis à saisir et à exécuter mon plan. Les planches jointes à la présente note représentent, sous un grossi- sement très-considérable, deu£ différentes épines de chacune des quatre espèces que j'ai pu faire figurer. La plus compliquée (pour les détails de ses caractères) représentée uniformément sous quatre aspects : De face, de dos , de profil et son sommet vu en dessus , ce qui fait 16 figures. La moins compliquée n'est représentée que de face et de dos, ce qui fait . 8 figures. Total pour les deux planches. . 24. ( 167 ) Le numéro seul montre la face de l'épine. La lettre a ajoutée au numéro montre son dos. — b — — profil. — c — — sommet. Les appendices que je décris ne sont point des raccommodages d'épines cassées! Quand une épine ordinaire se casse, elle a la propriété de se refaire une pointe ; mais celle-ci est d'un diamètre moindre que celui de la tige primitive , ou du moins elle n'arrive que plus tard à égaler ce diamètre. Voici, sous forme de tableau, le résultat de mes observations, pour les espèces que je possède : Sur les neuf espèces admises en 1 847 dans le genre Echinocidaris , je ne puis , sous le rapport des épines , en décrire avec certitude que quatre, une de moins que la moitié du total. Mais les formes de l'ap- pendice, dans ces quatre espèces, sont si nettement caractérisées que je ne crois pas trop me hasarder en supposant à priori que chaque bonne espèce doit offrir une forme distincte pour cet appendice. C'est à l'expé- rience à prononcer sur la valeur de mon hypothèse. Je termine en en présentant une autre , et bien entendu , sous toutes réserves : Dans la vaste série des Échinides, le genre Echinocidaris serait-il le seul dont les radioles soient surmontées d'un appendice? — Je suis bien disposé à présumer le contraire, et je suis conduit à cette supposition par les formes si variées de radioles fossiles figurées en 1856 par M. De- sor, dans son beau Synopsis des Echinides non connus à l'état vivant. Parmi ces figures , il en est un bon nombre chez lesquelles l'extrémité du radiole se présente sous des formes auxquelle il semble manquer quelque chose comme couronnement, soit que les types de ces figures aient leur bout brisé, soit qu'ils laissent de la place en apparence pré- parée pour ïajoutemenl d'une pièce terminale de forme différente. — Encore ici, c'est aux observations ultérieures à décider sur une suppo- sition qui ne me paraît pas dépourvue de quelque vraisemblance analo- gique. Tout ce que je puis dire , c'est que , dans le nombre considérable d'espèces vivantes d'Echinides que j'ai examinées sous ce rapport , je n'ai jamais rien trouvé de semblable. Les grandes épines à'Acrocladia offrent souvent un amortissement subspatuliforme, anguleux, relevé d'une ou plusieurs côles irrégulières ; mais elles n'ont jamais d'appen- dice , puisque les stries de la tige se continuent toujours > uniformément régulières, jusqu'au sommet. Bordeaux, 21 Juillet 1869. Charles Des Moulins. TABLEAU SYNOPTIQUE disposé dans l'ordre du N° I. — Echinocidaris pimctulata Ch. Des Moul., 4 837. — Agass. et Des., Cat. rais. p. 49, 4 847. (Antilles, Sénégal.) Echinus punctulalus Lam., An. s. v., n° 18. 2 individus, n cs 12 et 13, dont l'un avec épines, mâchoires, dents et autres! osselets buccaux. t. — E. stellata Ch. Des Moul. — Agass- et Des., p. 49. (Iles Gallopagos. ) Echinus slellatus Blainv. 3. — E. Dufresnii Ch. Des Moul. — Agass. et Des., p. 49. ( Cumana. ) Echinus Dufresnii Blainv. (Terre-Neuve.)??? 4. — E. spatuligera Agass., Cat. rais., p. 49. (Coquimbo.) 5. — E. loculata Ch. Des Moul., 1835. — Agass. et Des., Cat. rais., p. 49. ( Manche » La Rochelle.) Echinus loculalus Blainv., Dict. Se. Nat., t. 37, p. 75 (1825). — Cidaris puslulosa Klein, pi. XI, f. D. (ex Blainv.) à me non visa. 2 individus complets, n° 8, péché à La Rochelle par C. d'Orbigny père, et donné par feu S. Rang; n° 8 bis, envoyé par M. Agassiz en 1846. 6. — E. nigra Agass., 1846, Cat. rais., p. 50. (Coquimbo, Païto) 1847. Echinus niger Molina , Hist. nat. du Chili, p. 173. E. purpurascens Val., Voy. Vénus, Zool., pi. V, flg. 1 . E. pustulosus Ch. Des Moul., non Lara. ( ex Agass. et Des. 1. c.) Arbacia pustulosa Gray. 1 gros individu sans épines, donné par M. Agassiz, n° 10. 1 bel individu sans épines, n°23, acheté à Bordeaux. (Pérou, selon le vendeur.) 1 individu moyen , sans épines, n° 24 (localité inconnue) , donné par feu le D r Mahieu, médecin militaire. 1 petit individu sans épines, n° 11, acheté à Bordeaux. (Pérou, selon le vendeur.) 1 individu exlrêmementjeune, n° 33 (localité inconnue), donné par feu Requien. 1 bel individu avec épines, mâchoires, dents et autres osselets buccaux, donné par M. Agassiz, et dont l'étiquette s'est perdue, n° 21 a , appartenant évi- demment à cette espèce par lous les caractères de son test et de ses épines. 1 individu complet comme le précédent, n° 9, ), „ . „ „ ,. . . , , c 1 très-jeune individu sans épines, n° 9 bis) j^nnes par M. Agass.z en 1846. Ces 8 individus viennent donc de M. Agassiz ou ont été nommés par lui; parmi ces derniers, quelques-uns avaient élé attribués par moi à des espèces voisines. 7. — E. aequitunerculata Ch. Des Moul., 1837. — Agass. etJDes., Cat. rais., p. 50. (Palerme et Algérie. ) Echinus œquiluberculalus Blainv., Dict. Se. nat. , t. XXXVII, p. 76 (1 825). 1 très-bel individu complet, n° 29, envoyé par M. Agassiz en 1846. 1 très-bel individu sans épines ni mâchoires, n° 32, envoyé par M. Agassiz en 1846. (Palerme.) E. pustulosa Agass., 1847, Cat. rais , p. 50. (Brésil.) Echinus pustulosus Lam., n° 24; Blainv., Dict. Se. nat., 1825, t. XXXVII, p. 75 (descript. optima). — Cidaris puslulosa Klein, Leske, pi. XI, f. D. tanlùm (médiocre); non Ch. Des Moul., Tabl. synon., 1837. 2 individus sans épines ni mâchoires, n os 30 et 31, achetés à Bordeaux. (Pérou, suivant le vendeur.) E. gi'amliiiosa Agass., 1847, Cat. rais., p. 50. (Carthagène d'Amérique, Pérou.) Echinus grandinosusVdi\. Voy. Venus, Zool. pi. XI, fig. 1. 2 individus sans épines ni mâchoires, n os 25, achetés à Bordeaux (Pérou, d'après le vendeur), déterminés par M. Agassiz. 2 très-jeunes individus dans ce même état, n" s 27, envoyés par M. Agassiz en 1846. 1 individu complet, n°26, un peu plus grand que ceux n° 27, mais encore fort jeune, envoyé par M. Agassiz en 1846. — Ce n'est que d'après cet individu, n° 26, que je puis parler des épines , et l'on verra ci-contre pourquoi je conserve des doutes graves sur sa détermination. Catalogue raisonné de MM. Agassiz et Desor, 1847. PI. X, fig. 4, 2. — Épines longues (atteignant jusqu'à 32 millim.), grêles, cassantes, assez pointues; un nombre assez considérable offrant un appendice vertical, subspatuli forme, relevé d'une à trois côtes saillantes, sans compter un bourrelet marginal visible surtout de face, et aussi long que lui, atteignant ou dépassant le quart de la longueur de la tige du radiole. J'ai vu deux fois un et deux fois deux rudiments de côte sur le dos de l'appendice; il descend toujours plus bas sur la face que sur le dos. Cette règle est sans exception pour toutes les espèces décrites ici. e ne le possède pas. e ne le possède pas. — La localité présumée par Blainville est fort improbable. je ne le possède pas. — Il n'y a rien de caractéristique dans la courte phrase du Cat. rais. Tou- tes les espèces que jeconnais ont des radioles spatuliformes autour de la bouche, et il faut bien qu'il en soit ainsi : des animaux forcés de s'appuyer et de progresser sur les radioles de cette partie de leur enveloppe, n'auraient jamais pu les conserver entiers s'ils eussent été pointus. '1. X, flg. 3, 4. — Épines proportionnellement courtes (au plus 13 millim.), fortes, probable- ment presque aiguës quand elles sont entières; un petit nombre offrant, à l'extrémité de la lige, un appendice vertical en fer de pique obtus ou à peine mucroné, relevé sur sa face d'une seule grosse côte saillante, accompagné de rudiments de côtes ou cannelures qui re- vêtent seuls le dos de l'appendice. Celui-ci est très-court, atteignant une longueur à peine égale au sixième de la longueur de la lige du radiole (1 millim. 1/2 sur 4 3.) I. XI, fig. 7, 8. — Épines fortes, courtes, peu ou courtement pointues, ne dépassant jamais, que je sache, 20 à 21 millimètres de lige; un nombre ( plus considérable que dans les autres espèces) d'entre elles offre, à l'extrémité du radiole, un appendice obliquement assis sur cette extrémité, ovale, marginé en dessous par la présence d'un petit bourrelet saillant. Le disque ovale de cet appendice, qui semble posé comme une calotte de 4 millim., au plus, de grand diamètre, sur une troncature oblique ou parfois presque horizontale, est relevé de plusieurs rides ( 3 à 7) irrégulières, interrompues et parfois anastomosées, parallèles, se dirigeant de la base vers le sommet du disque, auquel elles donnent un aspect madré- poriforme ressemblant à celui du corps madréporiforme de l'appareil apicial des Astérides. Les épines pourvues de leur appendice sont proportionnellement moins nombreuses chez l'échantillon n° 9 que chez le 24 a . Cette espèce est la seule des quatre ici décrites, qui n'offre que d'une manière obscure, et seulement dans les interstices profonds qui séparent ses rides, un semé très-fin et plus ou moins serré de points saillants répandus sur toutes les surfaces lisses de l'appendice. Je n'ai jamais vu cette poncticulalion si délicate : le microscope, qui n'est pas, hélas! de mon régime, a pu seul la révélera M. Benoist. . XI, fig. 5, 6. — Épines fortes et assez pointues, de longueur moyenne (20 à 25 millim. au plus); un nombre assez considérable offrant un appendice terminal vertical, court, ne dépas- sant pas, je crois, le septième de la longueur : j'en ai vu un seul de 3 millim. sur 21 . Il res- semble beaucoup à celui de l' Echinocidafis loculala, mais en diffère en ce qu'il est beau- coup plus court sur le dos qu'il encapuchonné à peine, et en ce que sa face est marginée d'un gros bourrelet ouvert ou fermé à sa base. Cet appendice n'a qu'une grosse côte, mé- diane, entière ou divisée en deux par un sillon. — Celle espèce a donné lieu de ma part , et de celle aussi de M. Agassiz, avant 4847, à des mélanges erronés que son magnifique exemplaire complet de 1846 rend désormais impossibles. ne possède que le test, sans épines et sans mâchoires. M. Agassiz et moi avions confondu cette espèce avec VE. œquiluberculata , qui en est très-voisin; mais, en outre des tubercules moins saillants du pustulosa, celui-ci a Vapex marqué d'une jolie étoile, courte et privée de tubercules, qui ne permet pas de le laisser confondu avec le précédent. n'en possède pas d'épines authentiques. — Celles que je possède sont fortes, courtes, peu pointues; un très-petit nombre d'entre elles offrant un appendice terminal presque rudimen- taire, mais évidemment semblable à celui de VE. nigra. — L'ensemble des caractères que m'offre cet unique individu spinifère et encore fort jeune n° 26, dont les ambulacres ne sont pas saillants ni en forme de côtes comme ceux de mes deux individus adultes n os 25, et surtout l'appendice semblable à celui du nigra, me donnent lieu de craindre que les épines du vrai E. grandinosa ne me soient pas encore connues; c'est pourquoi je ne donne pas de figure sous ce nom. ( 170 ) EXPLICATION DES PLANCHES X et XI du présent article PLANCHE X. ECHINOCIDARIS PCNCTULATA. Fig. 1 sommet d'épine , vu de face; 1 a id. — de dos; 1 6 id. — de profil; 1 c id. — en dessus. Fig. 2 , autre épine , vue de face ; 2 a id. — de dos. E LOCULATA. Fig. 3 sommet d'épine, vu de face; 3 a id. — de dos; 3 b id. — de profil ; 3 c id. — en dessus. Fig. 4 , autre épine, vue de face ; 4 a id. — de dos. PLANCHE XI. ECHINOCIDARIS ^QUITUBERCULATA . Fig 5 sommet d'épine, vu de face; 5 a id. — de dos; 3 ft id. — de profil; 3 c id. — en dessus. Fig. 6, autre épine, vue de face; 6 a id. — de dos. E. NIGRA. Fig. 7 sommet d'épine, vu de face; 7 a id. — de dos; 7 b id. — de profil; 7 cid. — en dessus. Fig. 8, autre épine, vue de face ; 8 a id. — de dos. Nota.— Los ligures de ces deux planches sont au grossissement de 20 diamètres Actes delà Soclnm. de Bordeaux. : 3: ; • ■ ! : |: [ /ôt ainat del. Seccniet, ctiinocidaris punctulata. Z , 4. E loculata. P. X aclterb a.uer litk. [a - '■(.' i ! ;' tsatmm i * i ' ' i *'-:• » a,-'-* -"'' /. - v - %v* ■> ■**■■* ■^«!««â* ,MiÊm Ji ,H> enoi st adxiat. del . jmp ..'BecqaeL Utis'i;"'' P.Lackerbauec litk. , 6. Echmocidaris aâcniitiiberculata, , S. E niera APERÇU ANALYTIQUE DES PRINCIPAUX TRAVAUX GÉOLOGIQUES ET MINÉRALOGIQUES De M!. Al. LEYMJSIITJE. Un grand nombre de travaux géologiques étant journellement publiés sur la partie méridionale de la France, il a paru intéressant et utile d'en donner un aperçu aux lecteurs des Actes. Notre correspondant M. Leymerie, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse, qui s'occupe depuis près de 30 ans de la géologie des Pyré- nées et de l'Aquitaine orientale, ayant eu l'idée d'imprimer le Catalogue de ses travaux géologiques et minéralogiques publiés jusqu'en 1870, une première occasion s'est offerte. La Société, avec l'assentiment de l'au- teur, en a profilé pour extraire de cette publication la partie réellement substantielle, en négligeant ce qui aurait pu passer pour trop personnel. Les mémoires sont divisés en deux catégories suivant qu'ils sont géo- logiques ou minéralogiques; mais au lieu d'être énumérés d'après les recueils dans lesquels ils ont été publiés et par ordre de dates, la classi- fication méthodique suivante par ordre de matières a été préférée. A. GÉOLOGIE. 4° Pyrénées en général — (4 mémoire). 2° Pyrénées. — Localités diverses (9 mémoires). 3° Pyrénées. — Terrains de transition (4 mémoires). 4° Pyrénées. — Terrain jurassique (1 mémoire). 5° Pyrénées. — Terrain crétacé (8 mémoires). 6° Pyrénées. — Terrain à nummulites (2 mémoires). 7° Pyrénées. — Échinodermes, Ophite, Sel. ( 4 mémoires). 8° Aquitaine orientale. — Terrain tertiaire (4 mémoires). 9° Pyrénées et Aquitaine. — Terrains diluviens (7 mémoires)'. 40° Plateau central. — Aveyron (1 mémoire). 41° Plateau central. — Lyonnais (6 mémoires). 42° Provence. — (1 mémoire). 13° Bassin de Paris. — Aube et Yonne (4 mémoires et ouvrages). 4 4° Géologie générale. — (5 mémoires ou ouvrages). B. MINÉRALOGIE. (7 mémoires ou ouvrages). Nota. — Les numéros en parenthèse sont ceux du Catalogue de M. Leyuierie. Y. R. ( «32. ) A. GÉOLOGIE. 1° PYRÉNÉES EN GÉNÉRAL. (N° 107). APERÇU DES PYRÉNÉES ; PRODROME D'UNE DESCRIPTION et d'une CARTE GÉOGNOSTIQUE DE CES MONTAGNES. Ce travail est destiné à offrir aux géologues une rapide esquisse de la chaîne des Pyrénées, telle qu'elle doit être considérée eu égard aux faits nouveaux introduits en grande partie dans l'histoire de ces montagnes par mes observations. Cette esquisse, dont j'avais envoyé la première édition manuscrite à l'Académie des sciences de Paris , se trouve résumée dans le tome XL des Comptes-rendus (1855). Depuis, elle a été refondue et est encore inédite; elle forme la matière d'une brochure in-8° de 120 à 130 pages. Cette esquisse, résultat de longues et persévérantes observations dans toutes les parties de la chaîne, contient les éléments d'un remaniement de la Carte géologique des Pyrénées, et je la considère comme un de mes principaux titres scientifiques. 2° PYRÉNÉES. - LOCALITÉS DIVERSES. (N° 96). ESQUISSE GÉOGNOSTIQUE DE LA VALLÉE d'aSPE. 24 pages , Académie des Sciences de Toulouse, 6 e série , t. IV, page 101) (1866). J'ai suivi dans la rédaction de ce travail l'ordre que j'avais adopté pour l'Ariége. Je prends la vallée d'Aspe à son origine au Somport, et j'en décris successivement les différentes parties en descendant jusqu'à Oloron, où elle se réunit à la vallée d'Ossau. Un des résultats les plus utiles de cette étude consiste dans l'observa- tion que la couleur rouge du haut de la vallée , qui avait fait croire à l'existence du grès rouge pyrénéen , était réellement due à des schistes et calschistes dévoniens. — Au moment d'entrer dans le système secon- daire qui commence par le lias , accompagné de dolomies à l'extrémité nord du bassin de Bédous, je signale le magnifique développement de ( 1^3) l'ophile tout autour de cet évasement, et j'arrive vers le bas de la vallée au calcaire cà dicérales (caprotines) , et aux assises noires schistoïdes d'apparence aptienne qui s'y trouvent intercalées , ensemble qui consti- tue l'étage inférieur du terrain crétacé que j'appelle grès vert. Je montre la montagne de Binet . dernière crête de calcaire à caprotines formant à la sortie des montagnes une partie du mur au pied duquel s'abaisse tout le Bas-Béarn , constitué par la craie que représentent les schistes à fucoïdes. (N° 62). VOYAGE AU MARBORÉ ET AU MONT- PERDU. Note : C-R. de l'Ac. des Se., t. XXIX, page 308 (1849). Ce petit écrit, qui renferme d'importants résultats est le prodrome d'une relation détaillée que des travaux plus pressés m'ont forcé d'in- terrompre; il contient en effet la substance des observations que j'ai eu l'occasion de faire, en août 1849, dans une ascension au sommet du Mont-Perdu, par la brèche de Rolland. Je venais à cette époque de dé- couvrir la véritable craie à la base des Pyrénées centrales et de la sépa- rer du système à nummuliles, et ce fut sans difficulté , mais non sans une grande satisfaction , que je reconnus le premier type , c'est-à-dire la craie supérieure avec ses ananchytes, ses orbilolites et principalement YOslrea larva , dans les gradins du cirque de Gavarnie, et le terrain num- mulilique dans la muraille du Marboré et surtout dans le massif du Mont-Perdu , où la petite nummulile dominante signalée par Ramond n'est autre chose que l'espèce d'Aurignac (Haute-Garonne), désignée par M. d'Archiac par le nom de N. Leymerii. On sait que M. Dufrénoy, qui cependant avait bien reconnu ce gise- ment nummulitique, avait colorié, sans distinction, toute cette région en vert, teinte représentative du terrain crétacé inférieur. Je suis revenu à Gèdre , mon point de départ, par le port de La Canau et Héas, en passant par la corniche du Mont-Perdu et sur les rochers escarpés qui couronnent le cirque de Garganlas. Ce cirque est séparé de la vallée de la Cinca supérieure par une haute muraille d'où l'on ne peut descendre à cette vallée que par les fissures d'une paroi presque verti- cale d'une hauteur immense (Las Parels). Pour arriver, de l'autre côté, au port de La Canau , il faut gravir un autre escarpement moins abrupte et cependant très-haut et très-fatigant. En descendant à Héas au milieu d'une épaisse brume qui me cachait le cirque de Troumouse , j'ai eu la Tome XXVII. 14 ( 174) bonne fortune de distinguer, au petit cirque de l'eau de Maillet, un cal- caire crétacé pétri de rudistes , déjà indiqué par Ramond. (N° 86). ESQUISSE GÉOGÎN'OSTIQUE DES PYRÉNÉES DE LA HAUTE- GARONNE. Brochure in-8° de 105 pages. Revue de Toulouse (1851). Cet ouvrage, qui a paru par articles dans la Revue de Toulouse, doit être regardé comme le prodrome de la description géologique du dé- partement de la Haute-Garonne , dont j'achève en ce moment la ré- daction. Cette esquisse de la géologie de la Haute-Garonne est précédée d'un préambule où j'indique les deux phases par lesquelles a passé la géolo- gie des Pyrénées avant d'arriver à celle qui est marquée par mes obser- vations. — A la première se rattachent les noms vénérés des Palassou , Ramond, Charpentier ; la seconde résulte des observations de Dufrénoy. J'entre dans mon sujet par un coup-d'œil général sur la topographie de nos montagnes et sur leur constitution géognoslique. Cette partie comprend un rapide aperçu des types que j'ai été conduit à adopter pour toute la chaîne. J'arrive ensuite à la description abrégée des terrains de la Haute- Garonne, dont je rassemble préalablement les types dans un tableau auquel j'ai dû faire subir quelques modifications que j'indiquerai ci- après. Voici le résumé de ce tableau : TABLEAU DES TERRAINS DE LA HAUTE-GARONNE TERRAINS POST-PYRÉNÉENS. supérieur. Terrain diluvien. Terrain tertiaire. moyen. TERRAINS PYRÉNÉENS Terrain tertiaire inférieur. Grès rouge pyrénéen (Trias). r dévonien. Igarumnien. i rr„ ... .,- ) silurien super, senomen. I errain de transition) , . silurien infer. grès vert. / [ ou cambrien. [ proprement dit. Terrain jurassique A Terrain granitique. Roches hors série : granité, euriie, ophite. Matériaux advenlifs : gypse, sel gemme, lignite. ( 1^5) Je n'entrerai ici dans aucun détail sur les terrains compris dans ce tableau; mais on me permettra de profiter de l'occasion que je trouve ici pour faire connaître les modifications ci-dessus annoncées. Elles se réduisent à deux qui ont une certaine importance. La première porte sur la partie supérieure de la série des terrains pyrénéens qui, dans mon esquisse, se trouve fondue avec les couches supé- rieures de la craie sous le nom à'épicrélacé. De nouvelles observations m'ayant permis de tracer entre la craie et le terrain à nummulites (éocène) une ligne de démarcation tranchée, celte expression qui indi- quait une transition doit disparaître. Le calcaire lithographique et la colonie que je comprenais dans ce groupe doivent être réunis aux argiles et sables à lignites à cyrènes , qui formaient la partie supérieure de la craie , pour constituer un étage crétacé supérieur à la craie à orbitolites ethemipneustes, étage que j'appelle garumnien : le terrain à milliolites et à nummulites restant seuls dans l'étage pyrénéen tout-à-fait supé- rieur qui correspond à l'éocène. La seconde modification porte sur les couches à Nérinées et antres que je rapportais alors au terrain jurassique moyen, et qui devront main- tenant être annexées à l'étage inférieur du terrain crétacé. (Voir le n° 47.) — Il va sans dire d'après cela que le calcaire à dicérates de Dufrénoy reste tout entier dans ce même étage dont j'avais cru devoir le faire sortir pour l'associer en partie à la formation jurassique. (N° 108). CARTE GÉOLOGIQUE DE LA HAUTE-GARONNE. Cette carte, qui a été présentée au comité des Sociétés savantes en novembre 1867 comme un spécimen détaillé de la carte générale des Pyrénées, à laquelle je travaille, est encore inédite. Elle peut être consi- dérée comme offrant aux yeux un résumé et une preuve de l'efficacité et de la vérité des observations que j'ai faites dans toute la chaîne des Pyrénées depuis 1843 jusqu'à ce jour. — La minute exécutée d'abord sur la carte de Cassini vient d'être transportée, par mes soins, sur celle du dépôt de la guerre. (N° 69). LETTRE A M. CORDIER SUR UNE ASCENSION AU SOMMET DE LA MALADETTA (PIC DE NÉTHOU) ET SUR LES GRANITES DES PYRÉNÉES DE LA HAUTE-GARONNE. C.-R. de l'Ae. des Se, t. XL VII, page 129 (1858). C'est le 1 er septembre 1857 que je montai au sommet de la Maladella (pic de Nélhou) en compagnie de MM. Lembron et Lezat et d'autres ( 170 ) personnes. Nous couchâmes à la Rencluse, à la base de la montagoe et sur la limite du calcaire silurien el du massif granitique qui se trouve là en contact avec le terrain stratifié purement et simplement sans qu'il y ait rien qui puisse indiquer une influence quelconque de l'un sur l'autre. La roche de la Maladelta est donc un granité passif probablement soulevé à l'état solide des profondeurs de la terre. C'est un granité normal, vif et homogène; seulement, il est entrecoupé çà et là par quelques bandes d'une sorte d'eurile compacte quelquefois porphyroïde. Le sommet du Néthou , comme toutes les hautes cimes composées de roches massives ou compactes , est formé par des blocs accumulés. Ayant examiné ces blocs, j'ai reconnu, à ma grande surprise, qu'ils n'étaient pas de granité ordinaire, mais que leur matière consistait en un elvan graniloïde à cristaux étroits et peu étendus de feldspath souvent rose , roche qui n'est peut-être qu'une variété de l'eurite éruptive dont nous venons de parler. Dans la lettre où je fais part de ces faits à M. Cordier, je parle d'un granité porphyroïde gris à grands cristaux qui, associé à un granité gru- melé et quelquefois réticulé, constitue la région des lacs supérieurs d'Oo. Le caractère éruptif de ces roches est manifeste, car on les voit pénétrer le gneiss, dont ils empâtent d'énprmes fragments et des assises entières, fait qui apparaît d'une manière frappante au pic Quairat, aux Spijols, etc. J'appelais en conséquence ce granité aclif ; mais je lui an- nexais les roches granitiques essentiellement feldspathiques de Luchon et de Cierp, qui ne sont jamais porphyroïdes et dont l'extrême variabi- lité m'a suggéré le nom de proléiques, par lequel j'ai cru devoir les dis- tinguer récemment. Celte lettre contient enfin la mention de quelques granités à gros éléments qui affleurent vers la base de la chaîne, comme celui des mon- tagnes du Labourd , dans l'arrondissement de Bayonne, et celui de Lou- crup et de Yisquer, près Monlgaillard , au nord de Bagnères-de-Bigorre, qui semble avoir poussé des filons au sein de schistes terreux qu'on rapporte à la craie. (N° 40). COMPTE-RENDU DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE A SAINT-GAUDENS 75 pages avec carte coloriée, coupes et vignettes. Bulletin de la Société géologique de France, 2 e série, t. XIX, page 1089, (1862.) Les courses qui ont été relatées dans ce rapport, qui renferme toute- fois des notes de MM. Hébert, Gaudry et Collomb, forment deux séries ( 177 ) distinctes. L'une se compose de celles qui ont eu lieu dans les basses montagnes qui préludent pour ainsi dire aux Pyrénées; l'autre série comprend les excursions dans les hautes montagnes, qui ont eu pour point de départ Bagnères-de-Luchon. Les courses de la première série ont amené la Société sur les terrains supérieurs des Pyrénées. Elle les a étudiés d'abord dans le petit massif d'Ausseing, dont le soulèvement anticlinal a misées terrains au jour, et de l'autre côté de la Garonne, dans les environs d'Aurignac. Les étages observés consistent dans la craie proprement dite , l'étage garwnnien et le terrain à nummulites, terrains qui forment . à la base des hautes montagnes, des zones parallèles qui se trouvent représentées sur la carte coloriée annexée au rapport , et dont la composition est accusée dans un certain nombre de coupes formant une planche. La Société a pu voir, de ses yeux, dans les deux régions partout où je l'avais indiqué , le nouveau type crétacé (garwnnien) , intercalé entre la craie de Maëstricht et le calcaire à milliolites qui , partout, constitue le premier terme de la série nummulitique. Celle série comprend encore une excursion à Salies, où la Société a pu reconnaître l'ophiie et les curieux effets de l'éruption de celle roche. Celte excursion a été relatée par M. Hébert. Nous devons d'ailleurs à M. Gaudry deux notes annexées à cette partie de notre travail : l'une sur la grotte d'Aurignac, l'autre sur le Dinotherium , énorme proboscidien , dont de nombreux individus ont habité le pied des Pyrénées à l'époque miocène. Les courses de la seconde série ont eu lieu dans les hautes montagnes sur les terrains anciens. Elles ont fait reconnaître à nos confrères les schistes cristallisés, puis les schistes carbures et les calcaires cristallins des environs de Luchon , où ces terrains ont été soulevés par un typhon granitique au bord duquel sourdent les eaux sulfureuses de cette célèbre station thermale. La vallée d'Oueil leur a montré les calschistes et les calcaires amygdalins de la période dévonienne. — Dans une excursion au port de Yenasque , dont le compte- rendu a été fait par M. Hébert, on a traversé les mêmes schistes anciens déjà reconnus à Luchon , et nos confrères ont pu jouir, en atteignant le port, du spectacle splendide du massif granitique de la Maladetta et de son glacier. Celui-ci qui avait été exploré antérieurement par M. Collomb , a été l'objet d'une noie spé- ciale de cet honorable confrère qui a tant étudié cette partie intéressante de la science géologique. ( 1W ) Enfin, une dernière et longue excursion dans la partie inférieure des vallées de la Pique et d'Aran, amis la réunion en présence des calcaires dévoniens et des autres assises de Cierp et du calcaire silurien à Orlho- cères de Marignac et de Lez ; elle a vu avec intérêt à Lez le grès rouge pyrénéen séparé par un soulèvement ophitique des montagnes de marbre de Saint-Béat. Enfin, elle a pu jeter un coup-d'œil sur le curieux sou- lèvement du Pic-du-Gar, qui semble avoir arraché des entrailles de la terre le terrain granitique et le terrain de transition couronné par le grès rouge surmonté d'une épaisse masse de calcaire jurassique. Au moment de prononcer la clôture de la réunion , j'ai cru devoir résumer toutes les observations de cette campagne géologique dans une coupe générale des Pyrénées de la Haute-Garonne, qui se trouve figu- rée et décrite à la fin de mon travail. (N° 41). — ESQUISSE GÉOf.XOSTIQUE DE LA VALLÉE DE l'aRIÉGE. 16 pages, avec coupes figurées Bull, de la Soc. géol. de Fr. , 2 e série , t. XX , p. -lili i. J863. ) J'ai voulu, en rédigeant celle esquisse, utiliser les observations que j'avais faites à diverses époques dans la vallée de PAriége. J'y décris d'abord la vallée de fracture ou de montagne que je fais commencer au pont de Cerda, un peu au-dessus de l'Ilospitalet et qui se termine à Saint- Jean-de-Verges. Je m'occupe ensuite de la vallée d'érosion ou de la plaine et aussi d'une partie intermédiaire , sorte de transition comprise entre Saint-Jean et Varilbes. Cette description est à la fois lopograpliique et géologique. Je commence naturellement par les terrains cristallins, en grande partie granitiques, qui constituent la haute vallée entre l'Hospilalet et Ax, et par des schistes de transition et descalschistes amygdalins, quileursuc- cèdent; puis, après avoir jeté un regard sur les ophites de la région de Lordat, je passe en revue les calcaires secondaires d'Ussat et ceux de Bédeillac auxquels j'ai étendu à tort la qualification de jurassique qui ne doit appartenir qu'aux premiers. — Passé Tarascon se présentent de nouveau les terrains anciens. Après avoir parlé de ces terrains et des gypses qui leur sont en quelque sorte associés, je m'occupe des calcaires, des grès et des schistes terreux du vallon de Saint-Paul. J'indique au sud de ce village, sur le coteau, un membre du lias; mais je laisse peut- être un peu trop soupçonner mes incertitudes à l'égard des grès et schistes ( 179 ) de Celles et du calcaire de Mont-Gaillard que je reconnais maintenant pour être crétacés. Enfin la belle série d'assises qui se développe d'une manière si normale au nord de la montagne de Saint-Sauveur et du Pech de Foix, m'a offert au-dessus du grès vert de ces montagnes que je n'avais qu'imparfaite- ment étudié et que je considérais alors comme exclusivement céno- manien (1) , d'abord le sénonien dans le grès de La Barre, puis le ga- rumnien et enfin le calcaire à Millioliles dans la crête de Saint-Jean , au nord de laquelle se trouve le gîte des Nummulites dans une dépression à laquelle succède la montagne de Crampagna constituée principalement par le poudingue de Palassou. Je montre enfin ce poudingue à éléments calcaires passant avec une inclinaison marquée sous le Pech deVarilhes, où commence la formation horizontale dont le dépôt a eu lieu , à l'époque miocène, après le grand soulèvement pyrénéen. Je termine en donnant une description de la vallée d'érosion ou de la plaine et du dépôt de comblement (diluvium) qui en constitue le fond. (N° 48). — récit d'une exploration géologique dans la vallée DE LA SÈGRE. Avec une planche de coupes et vignettes, Bull, do la Soc- géol. de Fr., 2 e série, . t. XXVI (1869.) Le petit voyage dont je donne la relation détaillée dans le Mémoire dont il s'agit, avec une coupe générale et quelques coupes particulières, avait pour principal objet de reconnaître par moi-même jusqu'à quel degré s'élevait la symétrie et la correspondance des terrains entre les deux versants de la chaîne des Pyrénées, considérés à-peu-près dans une même ligne méridienne. Après avoir étudié le bassin de la Cerdagne, qui n'est autre chose que le fond d'un ancien lac entouré de montagnes schisteuses, j'ai suc- cessivement porté mes observations sur les divers terrains qui se sont présentés à moi en descendant la vallée qui n'est réellement qu'une lon- gue gorge interrompue en quelques points par des évasements ou petits bassins , dont le principal est celui d'Urgel. Jusqu'à cette ville, et même un peu plus loin, règne le terrain de transition principalement dévonien. — Puis , vient le terrain secondaire (1 ) J'y ai reconnu depuis le néocomien (urgo-aptien) et même le gaull (albien) que je regarde toutefois connue local et advcntil'. ( 180 ) qui est représenté là d'une manière très-inléressante par deux séries, l'une normale, l'autre renversée. La première que caractérise une inclinaison générale au Sud, conforme au versant de ce côté de la chaîne, comprend le grès rouge pyrénéen , le lias et le grès vert consistant principalement en un massif calcaire de couleur sombre qui, dans les gorges d'Organya, offre un pendant exagéré des défilés qui, dans la vallée de l'Aude , sont connus sous les noms de Pierrelis et de Saint-Georges. La série renversée où domine le plongement Nord contraire à la pente du versant espagnol, séparée de la précédente par une faille au col de Nargo, commence brusquement par le terrain garumnien, qui d'abord rutilant à faciès lacustre, offre à sa partie inférieure des dalles à lignites avec huîtres et cyrènes comme dans la Haute-Garonne. Sous ce système qui butte contre le grès vert de la première série, passe en parfaite concordance un puissant étage sénonien, puis le calcaire à hip- purites sous lequel plonge le lias, et enfin le trias principalement com- posé par un poudingue rougeâtre d'une grande puissance. Au-delà de ces poudingues , le bassin d'Oliana sépare les véritables montagnes d'une région mamelonnée de grès , d'argiles et de poudin- gues éocènes qui offrent la plus grande analogie avec les terrains des environs de Carcassonne. Ce Mémoire, assez étendu, dont un extrait a été inséré dans le compte-rendu de l'Académie des Sciences de Paris (voir le n° 81), a été communiqué à la Société géologique et sera imprimé dans son Bulletin. (N° 83). NOTE GÉOGNOSÏIQl'E SUR AMÉLIE-LES-BAINS (PyrénéeS- Orientales). 15 pages, Act. Soc. Linn. de Bordeaux, 5 e série, t. XXIII, p 445(1861). Ce travail , dont le sujet se trouve circonscrit dans une petite région de la vallée du Tech (Pyrénées-Orientales), a pu néanmoins jeter un peu de lumière sur la géologie de cette partie extrême de la chaîne pyrénéenne, principalement par la détermination du grès rouge et de l'assise calcaire qui traversent la vallée à Amélie même, en passant sous un étage reconnu comme crétacé. Je crois avoir prouvé dans cette Notice que ce grès rouge et ce calcaire, sur l'âge desquels on était fort incertain et que plusieurs géologues étaient disposés à considérer comme crétacés, appartenaient, le premier au trias, et l'autre au lias, manière de voir qui a été confirmée depuis par les observations de M. de Verneuil sur ( 181 ) le revers opposé en Catalogne et par celles que je viens de faire dans la vallée de la Sègre. La présence à Amélie d'un porphyre quartzifère éruplif particulier, qui avait été regardé comme du granité jusqu'à mes observations, peut encore être signalé comme un des faits curieux que renferme cette notice. 3° PYRÉNÉES. — TERRAINS DE TRANSITION. (N° 32). LETTRE À M. DE VERNEUIL SUR LE TERRAIN DE TRANSITION SUPÉRIEUR DE LA HAUTE-GARONNE. 1 1 pages avec figures, Bull. Soc. géol Fr., 2 e série , t. VII , page 210 (1850). Cette lettre est le point de départ de l'introduction, dans les Pyré- nées, des systèmes dévonien et silurien. — Elle contient une coupe fondamentale de la vallée d'Aran , en amont de Saint-Béat, où l'on voit dans leurs véritables relations géognostiques : 1° le grès rouge pyrénéen (trias) ; 2° les schistes et calcaires glanduleux vivement colorés, à gonia- iites , orlhocères, encrines, etc. (Dévoniens); 3° les calcaires noirs à orlhocères et particulièrement Orlfwceras Bohemica, Cardiola interrupla, etc., avec dolomies reposant sur une puissante série d'ardoises et de schistes ou calschisles rubanés. Cette même coupe offre en aval le cal- caire marmoréen (jurassique modifié) de Saint-Béat, percé à la tour de Lèz par une masse d'ophile. (N°67). LETTRE A M. ÉLIE DE REAUMONT SUR LE TERRAIN DE TRANSITION DE LA VALLÉE DE LA PIQUE. C.-R. Acad. des Se, t. XLVI , p. 636 (1858) J'y fais part à mon illustre maître des premiers résultats de mes observations sur les terrains anciens de la Haute-Garonne, dans celle vallée, particulièrement aux environs deLuchon. Ces résultats consistent dans la reconnaissance , dans cet ensemble peu connu, de trois groupes découches bien distincls, savoir : deux étages siluriens, dont l'un, le plus ancien, qu'on pourrait appeler aussi Cambrien , repose sur le gra- nité de Ludion qui l'a soulevé. Il consiste en un gneiss schisteux et en des schistes phylladiens plus ou moins brillants qui se développent avec des caractères variés au voisinage de la crête. Cet étage azoïque est limité en haut par un horizon noir formé par des schistes carbures et des calcaires où l'on trouve en certaines places des fossiles du terrain silu- ( 482 ) rien supérieur. — Le troisième groupe (dévonien) est principalement caractérisé par des calschistes amygdalins à goniatites qui s'étendent sur la vallée d'Oueil et sur celle de Barousse, et qui sont remarquablement ondulés et courbés en voûte à Cierp , où le grès rouge pyrénéen leur est immédiatement superposé. (n° 92). observations sur le peu de probabilité de l'existence dans les contrées pyrénéennes , soit de la houille , soit d'aucun dépôt considérable de tout autre com- bustible FOSSILE. 12 pages, Académie de Toulouse, 3 e série, t. VI, page 217 (1850). Je commence par mettre, en quelques pages , le lecteur au courant de la constitution géologique des Pyrénées et des principaux éléments qui les composent. J'entre ensuite dans le sujet spécial. Je fais voir que dans toutes les vallées françaises, le grès rouge (triasique ou permien), premier terme, dans tous les cas, de la série secondaire, repose d'une manière immédiate sur le terrain de transition , le plus souvent repré- senté par son étage supérieur (dévonien). Il n'y a rien entre ces deux terrains qui puisse être supposé appartenir à la formation houillère qui, cependant , devrait se trouver à cette place si elle existait. Je mentionne toutefois, dans les Corbières, deux petits bassins houil- lers très-pauvres. J'ajoute ici que postérieurement à la date déjà assez ancienne de la publication dont il s'agit (1850), j'ai eu l'occasion de re- connaître un second gîte également très-restreint, mais bien caractérisé par les empreintes végétales qui s'y trouvent, au sud de Sare, derrière la montagne de la Rhune, tout-à-fait à l'extrémité occidentale de la chaîne. Ces exceptions qui , chose remarquable ! se montrent aux points extrêmes des Pyrénées, ne font que confirmer la règle qui reste bien établie pour l'ensemble. Je parle ensuite des dépôts de lignites que l'on a reconnus en un assez grand nombre de points à la base des montagnes, dépôts que je croyais alors de l'âge du terrain à nummulites, tandis qu'ils appartiennent pres- que tous en réalité au terrain crétacé.— Je ne connaissais pas, à l'épo- que où j'écrivais ce petit travail, le gîte d'Orignac, près Bagnères-de- Bigorre , qui paraît faire partie de l'étage moyen du terrain tertiaire. J'ai émis l'opinion que ces gîtes étaient généralement pauvres et que c'était à tort que beaucoup de personnes s'obstinaient à y voir l'indice de dépôts beaucoup plus riches dans la profondeur. J'ai indiqué parlicu- ( 483 ) lièrement le peu de fondement des espérances que l'on avait conçues à l'égard de la mine alors exploitée de Saint-Lon, dans les Landes, au sein d'un calcaire que j'ai reconnu plus tard comme identique à celui de Sainte-Suzanne, près Orthèz (terrain crétacé inférieur). \N° 82). SUR LA NON-EXISTENCE DU TERRAIN HOUILLER DANS LES PYRÉNÉES FRANÇAISES, ENTRE LES GITES EXTRÊMES DES CORBIÈRES ET DE LA RHUNE. C.-R de l'Acad. des Se, t. LXVIH, page 1040 (1869) Je reviens dans cette note sur un sujet que j'avais déjà traité. J'ai pu , dans ce nouveau travail , utiliser les nombreuses observations que j'ai eu l'occasion de faire dans toutes les vallées des Pyrénées, et dont un certain nombre sont postérieures à la date de la publication du premier travail. J'insiste surtout ici sur la superposition immédiate du grès rouge à des terrains de transition antérieurs à la bouille. 4° PYRÉNÉES. — TERRAIN JURASSIQUE. (N° 49). MÉMOIKE SUR LE TERRAIN JURASSIQUE DANS LES PYRÉNÉES FRANÇAISES. 18 pages, d'Archiac, Histoire des progrès de la Géologie, t. VI, p. b41(1856) Les coupes figurées de ce mémoire ont été insérées dans le Bulletin de la Société géologique , 2 e série , t. XIII (1856).— (Voir le no 39). Ce travail a été rédigé à la demande du savant auteur des progrès de la géologie pour être inséré dans cet ouvrage. Il contient une première ébauche de la description du terrain jurassique si développé et si em- brouillé dans les Pyrénées. J'y esquisse le lias , j'y indique l'existence d'un étage supérieur principalement représenté par le calcaire à néri- nées et l'incorporation du calcaire à dicérates. L'étage supérieur au lias , y compris le calcaire à dicérates intercalé , que je considérais alors comme jurassique, a été récemment rattaché à la formation crétacée et décrit comme tel dans un travail encore inédit (voir le n° 47). Ce Mémoire est accompagné de coupes figurées qui ont reçu l'hospitalité dans le Bulletin de la Société géologique, l'ouvrage de M. d'Archiac ne comportant pas de figures. ( 184 ) 5° PYRÉNÉES. — TERRAIN CRÉTACÉ. (N° 68). LETTRE A M. d'aRCHIAC SUR LE CALCAIRE A DICÉRATES DES PYRÉNÉES. C.-R. de l'Acad. des Se, t. XLVI, page 848 (1858). Je ne dirai que quelques mots de celte lettre écrite en faveur d'une opinion à laquelle j'ai renoncé. Je me croyais fondé alors à distinguer dans les Pyrénées deux calcaires à dicérates, dont l'un était jurassi- que. Cette manière de voir était appuyée sur des faits bien propres à induire en erreur et principalement sur la présence au sein de calcaires considérés jusqu'alors comme de l'âge du Jura, d'un calcaire à capro- tines très-caraclérisé. On peut voir au n° 47 que j'ai été amené par de nouvelles observations à ranger dans le terrain crétacé inférieur tous ces calcaires et les couches à dicérates (caprotines) qui s'y trouvent com- pris. — Ces oscillations, au reste, n'étonneront pas les personnes qui connaissent la difficulté de la question , surtout en ce moment où les géologues allemands semblent vouloir se servir, pour se tirer d'affaire à cet égard, d'un véritable expédient qui consiste dans la création d'un type jurà-crélacé qu'ils appellent tithoniqtie. (n° 74). — note slr la découverte de l etage aptien aux environs d'orthèz. C.-R. de i'Acad. des Se , t. LIV, p. 085 (1862). Après avoir signalé , vers l'extrémité occidentale des Pyrénées , la présence d'un calcaire à Caprina adversa et Sphœrulites agariciformis qui forme de ce côté de l'Aquitaine un pendant aux couches cénoma- niennes des Charenles, caractérisées par les mêmes fossiles, je fais con- naître dans celle courte communication la découverte à Sainte-Suzanne près Orthèz, d'une assise argileuse dont la détermination comme aptienne ne peut être mise en doute, puisqu'on y trouve en abondance Exogyra sinuata, Toxaslcr Collegnii, etc. — C'était alors le seul exemple qui fût connu de cette assise dans nos montagnes, en dehors des Corbières et de la Clape. Ces couches argileuses sont venues au jour par l'effet d'un relèvement particulier. Elles semblent supporter un calcaire bitumineux noirâtre à Caprolina ( 185 ) Lonsdalei qui renferme aussi de petites orbitolines conoïdes. Ces calcai- res eux-mêmes passent sous un puissant étage de couleur blanche cons- tituant le coteau qui, au nord d'Orthèz , monte au plateau tertiaire où commencent les landes, étage dont la plus grande partie appartient à la craie , et dans lequel cependant on a trouvé des caprinelles incontesta- bles. J'ai émis dans la même note l'opinion que le calcaire bitumineux à caprotines se prolongeait souterrainement jusqu'à Vinport, au bord de l'Adour, où il venait affleurer, après avoir passé sous Sainl-Lon (Landes), où l'on exploitait naguère un combustible qui gisait très-probablement dans ce même calcaire. (N° 47). MÉMOIRE POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DE L ETAGE INFÉRIEUR DU TERRAIN CRÉTACÉ DES PYRÉNÉES. Avec vignettes, une planche de coupes et une de fossiles, Bulletin de la Société géologique de France , t. XXVI (1869). La question du terrain crétacé inférieur des Pyrénées est une des plus difficiles qui se soient présentées à moi dans ma carrière de géolo- gue actif, tant à cause des caractères particuliers et des anomalies des calcaires secondaires supérieurs au lias, que des analogies qu'ils offrent à la fois avec le terrain crétacé et avec la formation jurassique. Après maintes oscillations , j'ai fini par m'établir dans une manière de voir radi- cale qui consiste à comprendre tous ces calcaires dans le terrain crétacé. C'est cette solution que je cherche à motiver et à soutenir dans le Mémoire dont il s'agit. J'y prouve que le calcaire à dicérales de Dufiénoy, caractérisé par Gaprotina Lonsdalei ; se présente plusieurs fois dans la série secondaire, au-dessous de la craie proprement dite, où il alterne avec des assises dont les unes ont une faune aplienne et les autres renferment des néri- nées à faciès jurassique. Je montre toutes ces couches formant un grand ensemble urgo-aptieîi, que j'ai été conduit à désigner par le nom plus vague et plus général de grès vert, en considération des fossiles albiens et même cénomanïens qui s'y introduisent en certaines places. Je distingue dans ce puissant système trois faciès : 1° un faciès urgo- nien qui consiste dans le calcaire à dicérates; 2° un faciès aptien ordi- nairement argileux ou marneux, principalement caractérisé par Exogyra sinnala ou Aquilq ; 3° un faciès mixte, accusé surtout à Foïx (Ariége) ( 186 ) et à Vinport (Landes), où il renferme de nombreuses orbitolines conoï- des de pelite taille, (Orbit. conoïdea et discoïdea Albin Gras) des téré- bratules néocomiennes , des rhynconelles, la plupart nouvelles, et une espèce particulière de térébratelle, Terebralella crassicosta Nobis. Ce Mémoire est d'ailleurs accompagné d'une grande planche de coupes et d'une autre planche où se trouvent figurées les espèces nouvelles de brachiopodes qui jouent un rôle important dans le terrain dont il s'agit et dont je donne la description à la fin du Mémoire où j'ai introduit également quelques vignettes indispensables. Ce travail est terminé par un tableau où j'essaie de montrer l'état actuel de nos connaissances à l'égard du terrain crétacé des Pyrénées considéré d'une manière générale. (N° 89). COUPES DES COLLINES COMPRISES ENTRE MANCIOUX ET L'ESCALÈRE , PRÈS SAINT-MARTORY. 16 pages, avec une coupe figurée , Acad. des Se. de Toulouse, t. II, page 289 (1846). Le voyageur qui se rendrait de Toulouse aux Pyrénées par la vallée de la Garonne, en suivant la route impériale qui longe le fleuve sur sa rive gauche , se trouverait, après avoir dépassé Martres , entre Mancioux et Saint-Martory, et plus loin jusqu'à L'Escalère, en présence d'une coupe naturelle de collines pittoresques constituées par le terrain crétacé supé- rieur et le terrain nummulitique. Ces rochers , dont Dufrénoy a parlé dans son Mémoire sur le terrain crétacé du midi de la France, porte des traces de relèvement et même de renversement et de dislocation très - marquées. — Le milieu est occupé par un calcaire nankin sénonien qui, évidemment, est descendu des hauteurs dont il est actuellement séparé par une faille. C'est contre ce calcaire que sont appuyées les maisons de Saint-Martory. De part et d'autre, c'est-à-dire au nord des ruines de Montpezac et un peu au sud de Saint-Martory, se trouve l'étage garumnien avec sa colonie, puis le calcaire à milliolites où commence le terrain nummulitique qui se ter- mine enfin à Mancioux et à L'Escalère par le poudingue de Palassou. Il est remarquable que ce poudingue est renversé soit à une extrémité, soit à l'autre, et que du côté Sud les autres parties de la coupe partagent ce renversement. Tel est le véritable état des choses que je n'ai reconnu que depuis une dizaine d'années. Ce n'est pas ainsi que les faits sont expliqués dans ( 187 ) la notice qui fait l'objet de cet article. A l'époque où je l'ai écrite (en 1846) , j'étais encore novice dans l'étude de nos Pyrénées , et je n'avais pas encore les éléments nécessaires pour la solution d'une question aussi difficile; mais je n'ai rien à changer aux faits en eux-mêmes, circons- tance qui témoigne en faveur de la sincérité de mes observations. D'après ce qui précède , je prie le lecteur de considérer comme non- avenues ou de modifier conformément à mes nouvelles vues les conclu- sions de ma notice. (N° 35). NOTE SUR LE MASSIF d'aUSSEING ET DU SABOTH (H te -GARONNE) 11 pages avec coupes figurées, Bull. Soc. géol.Fr., 2 e ,sér.,t. X, p. 518 (1855). Cette note renferme une description très-courte de la craie propre- ment dite de la Haute-Garonne et de l'ensemble que j'appelais alors épicrélacé, et montre sous des formes très-curieuses les relations slra- ligraphiques de ces deux types pyrénéens que j'avais d'abord établis par les fossiles. La partie la plus nouvelle et la plus originale de celte note consiste dans la présence entre la craie , y compris les couches de Maëstricht, et le terrain nummulitique, de trois assises intermédiaires, dont deux tout- à-fait nouvelles, et que j'ai fini par rapporter à la craie après une longue hésitation, et enfin d'une troisième assise également crétacée, véritable colonie soudée au terrain nummulilique, qui, malgré sa pos- tériorité évidente à la craie de Maëstricht, dont elle est même séparée par les deux assises précédentes , contient avec de nombreux fossiles de divers genres qui lui sont propres , des oursins de la craie moyenne comme Mkraster Tercensis , Ananchytes ovata , Hemiaster nasutulus , représentés par un grand nombre d'individus. (N° 59). NOTE SUR LES PIERRES LITHOGRAPHIQUES DÉCOUVERTES A LA BASE DES PYRÉNÉES FRANÇAISES. C.-R. de l'Acad. des Se, t. XXI, page 56 (1845) Ces pierres se trouvent dans l'assise moyenne de l'étage garumnïen de* la montagne d'Ausseing immédiatement sous la colonie à oursins créta- cés, dans la commune de Belbèze. Leur pâte est très-fine; mais les nom- breuses fissures qui les traversent s'opposent à ce que l'on puisse le& débiter en dalles d'une largeur suffisante. La même observation peut être appliquée à d'autres pierres que l'on ( 188 ) a essayé d'exploiter à Vernajoul , près Foix , à la base nord de la mon- tagne de Saint-Sauveur. Celles-ci dépendent du grès vert pyrénéen. (No 10). MÉMOIRE SUR UN NOUVEAU TYPE PYRÉNÉEN PARALLÈLE A LA CRAIE PROPREMENT DITE. Publié en 1851 , dans les Mémoires de la Société géologique, t. IV, (2' série), 25 pages in-4° ; 3 planches de fossiles. Après avoir démontré que le terrain nummulitique devait former un type particulier au-dessus de la craie, je désirais beaucoup découvrir dans les Pyrénées, sous les couches à nummuliles, un étage parallèle à la craie proprement dite dont la détermination pût être incontestable. J'ai été assez heureux pour satisfaire ce désir d'une manière tout-à-fait complète , d'abord dans les environs de Gensac et de Monléon aux confins de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées, et ensuite en beaucoup d'autres points tout le long de cette chaîne de montagnes (moitié orien- tale). J'ai ainsi véritablement découvert un nouveau type pyrénéen. Le but de ce Mémoire est de le faire connaître au moins paléon- lologiquement. A Gensac et à Monléon , il est caractérisé par des fossiles nombreux et d'une conservation parfaite, dont l'ensemble rappelle toute la craie, depuis la craie marneuse jusque et y compris la craie de Maës- tricht avec Hemipneustes radialus, Nalica rugosa, etc. Il offre de plus un certain nombre d'espèces nouvelles qui se trouvent décrites et figu- rées dans mon travail , et qui ont été souvent employées depuis sa publi- cation par les auteurs qui ont eu à s'occuper de la craie des régions méridionales. (N° 46) NOUVELLE NOTE SUR L'ÉTAGE GARUMNIEN. Bulletin de la Société géologique, 2* série, Séances à Montpellier, t. XXV (1868). Le résumé de celte note se trouve compris dans l'article général N° -47, où j'ai rassemblé la substance des diverses communications dont l'étage gaîumnien a été l'objet depuis 1862 jusqu'en 1869. Après avoir séparé la formation nummulitique du terrain crétacé des Pyrénées, par mon travail sur les Corbières et la Montagne-Noire; ayant, d'un autre côté , démontré par un Mémoire sur Gensac et Monléon l'exis- tence vers la base de ces montagnes, dans leur moitié orientale, de la craie proprement dite, y compris la craie de Maëslricht , qui s'y trouve ( 189 ) très-bien caraclérisée , ayant fait voir dans la coupe du massif d'Aus- seing les deux formations en superposition clairement concordante, j'ai fait remarquer qu'il existait entre elles néanmoins un système intermé- diaire d'environ 300 m de puissance , ayant des caractères tout particu- liers, qui se terminait par une véritable colonie riche en oursins cré- tacés. Fort embarrassé en présence de ce terrain nouveau superposé à la craie la plus récente qui fût connue hors du Danemarck, je l'avais d'abord rattaché au système à nummulites dans lequel il fallait forcé- ment admettre une colonie crétacée. De là le nom à'épicrélacé , qui exprimait assez bien l'état des choses dans cette première phase de mes observations. J'en étais là lorsque j'ai adressé à la Société géologique en 1853, ma note sur le massif d'Ausseing. (N° 35 du Catalogue. ) Depuis , ayant remarqué que l'étage intermédiaire ne renfermait aucune couche réellement éocène et que, indépendamment de la colonie qui en constitue la partie supérieure , il contenait des sphéruliles à la base , je me suis décidé à le considérer comme crétacé , et ne trouvant rien qui pût lui correspondre ailleurs, j'ai dû en faire un type nou- veau sous le nom de Garumnien , type qui ne pouvait être comparé pour l'âge qu'à la craie encore peu connue du Danemarck, dont la faune toutefois se trouve être fort différente. C'est ainsi que je présentai les choses à la Société géologique, réunie extraordinairement à Saint - Gaudens , en 1862, après lui avoir fait reconnaître les faits sur le terrain, d'abord à la montagne d'Ausseing et ensuite aux environs d'Aurignac (voir le compte-rendu résumé au n° 40 du Catalogue ). Je fis pressentir dès ce moment la contemporanéité du nouvel étage et de celui que M. d'Archiac avait signalé dans les Corbiè- res sous le nom de groupe d'Alet. J'insistai un peu plus sur ces faits et sur ces rapprochements, en 1863 et 1865, dans denx notes insérées au Bulletin de la Société géo- logique (voir les n os 42 et 43), où je fis connaître la précieuse adhé- sion de M. Desor, à l'égard de la colonie à oursins crétacés. Une nouvelle communication faite à la Société ( n° 44 ) et à l'Académie des Sciences de Paris (n° 76) fit connaître l'extension de ce type, princi- palement marin sur les bords de la Garonne, avec un faciès lacustre rutilant à travers l'Ariége, l'Aude et l'Hérault jusqu'en Provence. Je dé- montrai particulièrement , dans ce petit travail , que le groupe d'Alet > considéré par M. d'Archiac comme formant la base du terrain tertiaire Tome XXVII. 15 ( 190 ) dans l'Aude, devait réellement être divisé en deux assises, Y une et Vau- tre crétacées. La première (grès d'Alet) étant sénonienne , tandis que la seconde (assise lacustre rutilante) correspondait seule au type garum- nien. Tous ces faits et ces nouvelles vues ont été résumés dans ma lettre adressée à M. de Verneuil (n° 45) , où se trouve exprimée la conjecture que l'étage garumnien doit exister en Espagne , conjecture qui s'est transformée en réalité par les observations citées par notre éminent confrère et plus récemment par celles que je viens de faire dans la vallée de la Sègre. (Voir les n os 48 et 81 .) Enfin , à la dernière réunion extraordinaire à Montpellier, la Société ayant observé, en plusieurs points du département de l'Hérault, le garumnien rutilant, j'ai cru devoir donner dans le compte-rendu de cette session (Bulletin de la Société géol., t. XXV), un nouveau résumé de l'état de nos connaissances sur ce sujet, où je crois avoir réussi à mon- trer comment le nouveau type passait du faciès marin de la Haute- Garonne au faciès lacustre qu'il prend en Languedoc et en Provence. — J'ai eu la satisfaction, à la réunion même, de voir ma nouvelle création loyalement adoptée par les géologues les plus distingués du Midi , c'est- à-dire par ceux qui sont le plus au courant de la question et qui avaient le plus d'intérêt à la voir résolue. 6° PYRÉNÉES. — TERRAIN NUMMULITIQUE. (N° 9). MÉMOIRE SUR LE TERRAIN A NUMMULITES DES CORRIÈRES ET DE LA MONTAGNE NOIRE. Publié dans le t. I (2 e série) des Mémoires de la Société géologique, page 357, 30 pages iu-4, carte et coupe coloriées, et S planches de fossiles. C'est par ce travail que le terrain à nummulites des Pyrénées a été pour la première fois séparé du terrain crétacé; et, par les nombreux fossiles qui s'y trouvent décrits, il a contribué pour une bonne part à l'établissement définitif et à la généralisation du type nummulitique, qui constitue maintenant un des caractères les plus marqués des terrains coordonnés à la Méditerranée. » Les Corbières , dont M. Leymerie donne la description géologique, forment une espèce d'îlot intermédiaire entre la chaîne des Pyrénées et ( 191 ) celle des Alpes. Ce petit groupe de montagnes dépend directement de la première de ces chaînes , dont il est le contrefort le plus oriental ; il a subi, en outre, l'influence du soulèvement de la chaîne principale des Alpes. Il résulte de cette disposition particulière, que le mémoire de M. Leymerie, dont le but est de nous faire simplement connaître l'his- toire de la partie montagneuse du département de l'Aude , offre un in» térêt beaucoup plus général que son titre ne semble l'annoncer, attendu que les questions résolues pour les Corbières s'appliquent à tout le sys- tème des Pyrénées. » La nature des roches, presque partout de calcaire compacte, vient encore ajouter une certaine âpreté au pays par l'escarpement de ses crêtes , quelquefois crénelées comme de vieilles fortifications, » Les calcaires appartiennent à trois classes principales de formations, savoir : aux terrains de transition, aux calcaires à hippurites , qui correspondent à la partie inférieure des terrains crétacés ; enfin au cal- caire à nummuliles , sujet principal de ce mémoire. » Le terrain à nummulites proprement dit, est composé de calcaire compacte gris foncé, de calcaire gris clair, à cassure esquilleuse, de marnes schisteuses noires et de roches marno-arénacées. Les caractères des roches nummulitiques sont presque identiques avec ceux de terrains beaucoup plus anciens; aussi un des résultats les plus intéressants des travaux des géologues de notre époque est d'avoir assigné le véritable âge de chacune des formations calcaires des Alpes et des Pyrénées. » Le soulèvement principal des Corbières, quel qu'il soit, est posté- rieur au terrain à nummulites, et, dans tous les cas, il est évident que le dépôt de ce dernier terrain a suecédé à celui des couches crétacées sans aucune interruption ni discontinuité, car ces deux systèmes sont partout concordants , et l'un semble faire suite à l'autre. « La description géologique que M. A. Leymerie a donnée des Corbiè- res , établit d'une manière certaine la position exacte du terrain à num- mulites; le travail paléonlologique qui le complète fait connaître 82 es- pèceSj dont 56 nouvelles. » (Rapport de M. Dafrénoy, Compte-Rendu de V Académie des Sciences, t. XXI , page 1201 (1845). ( 192 ) (N° 66). — NOTE SUR QUELQUES POINTS DE LA GÉOLOGIE DES RÉGIONS PYRÉNÉENNES. Compte -Rend « de l'Acad. des Sciences , t. XLVI, page 140 (1858). Mon but, en écrivanl. cette note adressée à M. Elie de Beauraont, était de montrer que les couches à coquilles lacustres signalées à Sabarat (Ariége), par MM Pouech et Noulet n'étaient qu'une dépendance du terrain nummnlitique que j'appelais alors épicrétacé. — J'y reconnais déjà que la partie de la vallée du canal du Midi qui descend à la Médi- terranée , à partir de Naurouse et le pays castrais , offre des pachy- dermes fossiles (Palœotherium , Lophiodon) qui semblent indiquer une époque (éocène) antérieure à celle où se sont développés les Rhinocé- ros , Mastodon et Dinolherium du bassin sous-pyrénéen proprement dit, fait que j'ai depuis établi stratigraphiquement dans un Mémoire spécial. PYRÉNÉES. — ÉCHINODERMES, OPHITE, SEL. (N° 37). CATALOGUE DES ÉCHIMDES FOSSILES DES PYRÉNÉES PAR MM. COTTEAl ETLEYMER1E. 36 pages, Bull. Soc. géol. de France , 2 e série, t. XIII , pages 319 (1856). Par les divers échinides que j'ai eu l'occasion de recueillir dans mes courses pyrénéennes, depuis Narbonne jusqu'à Bayonne , le nombre des espèces de celle région a été loul d'un coup porté à 08, réparties dans 40 genres. Le travail que je signale ici contient le catalogue des- criptif de ces fossiles, exécuté par les soins de M. Colleau , si estimé des géologues pour ses connaissances spéciales et pour le soin conscien- cieux qu'il apporte dans toutes ses déterminations. \ 38). — CONSIDÉRATIONS GÉOGNOSTIQUES SUR LES ÉCHINODERMES DES PYRÉNÉES 11 pages, Bull. Soc. géol. de France, 2 e série, t. XIII, pages 784(1856). Le travail paléonlologique dont il vient d'être question m'ayant fourn un élément imporlanl, un nouveau critérium pour la détermination et pour la classification des terrains pyrénéens, il était naturel que je m'en servisse pour contrôler les résultats auxquels j'étais arrivé déjà par la stratigraphie combinée avec l'ensemble des fossiles. C'est ce que j'ai fait dans celte note où je signale l'accord que ce contrôle fait ressortir entre les résultats de mes anciennes observations et ceux qu'apportent parti- culièrement les oursins. ( 193 ) (N° 75). — sur l'ophite des Pyrénées. Comptes -rend us de l'Académie des Sciences, . LXI , page 1105 (1865). J'ai parlé de l'ophite dans plusieurs publications, notamment dans mes Éléments de Géologie et dans mon Esquisse des Pyrénées de la Haute-Garonne ; mais j'ai été amené à en faire l'objet d'une communi- cation particulière à l'Académie des Sciences de Paris , à l'occasion d'une note où M. Virlet exprimait la singulière opinion que cette roche résultait du métamorphisme d'un dépôt sédimentaire d'un âge déter- miné. J'ai rappelé les caractères éruptifs de l'ophite, sa composition, sa structure massive , sa dispersion irrégulière sur toute la longueur de la chaîne, son action sur les terrains qu'elle a traversés et les phénomènes curieux £t variés qui l'accompagnent, comme la présence du gypse, du sel gemme, des eaux minérales, et enfin les principaux faits qui indi- quent qu'elle a apparu à diverses époques. — Je démontre ensuite la convenance de conserver le nom d'Ophite , qui représente principalement un phénomène général très-caracléristique pour les Pyrénées. (N° 91). NOTE SLR LES GITES SAL1FÈRES DES PYRÉNÉES FRANÇAISES. 10 pages, Mém. de l'Acad. de Toulouse, t. V, page 113 (18-19. ) Olte note commence par des considérations générales sur l'origine du sel gemme et des sources salées des Pyrénées. J'y fais voir que la présence du sel dans ces montagnes n'est pas due en général à un dépôt sédimentaire, mais bien à des éruptions thermales qui ont accompagné l'ophite lorsqu'elle est venue se faire jour. — J'attribue la salure des sources à la dissolution du sel solide qui gît dans le sol , ainsi que l'ont prouvé plusieurs sondages, à une profondeur plus ou moins considé- rable. Je passe ensuite en revue les divers gîtes qui étaient connus à l'épo- que où j'écrivais cette note, en suivant la chaîne de l'Est à l'Ouest. — Je n'avais pas alors de renseignements sur le sel gemme de Villefranque , près Bayonne, que j'ai eu l'occasion d'étudier depuis, et il n'en est pas question dans mon travail où je ne pouvais, à plus forte raison , parler de l'importante masse qui a été récemment découverte à Dax (Landes,), au voisinage de l'ophite, roche qui est également en relation intime avec la mine de Villefranque (i). (I) Je viens de reprendre ce sujet dans un travail où j'ai pu employer de nombreu- ses observations postérieures à la date du Mémoire dont il s'agit. ( 194 ) 8 U AQUITAINE. - TERRAIN TERTIAIRE. (N° 34). SUR QUELQUES LOCALITÉS DE L'AUDE , ETC. 7 pages avec figures , Bull. Soc. géol. de France 2e série , t. X , page 511 (1855). Ce petit travail renferme plusieurs coupes avec figures, pour des loca- lités intéressantes de l'Aude , comme Issel et la vallée du canal à Cas- lelnaudary. Quelques-unes de ces coupes sont destinées à montrer dans plusieurs localités le calcaire lacustre à physes sous-jacent aux couches marines à nummulites. (N° 94). — inote sur un Anthracotherium magnum découvert a MOISSAC , ET SUR L'AGE GÉOLOGIQUE DE CETTE PARTIE DU BASSIN SOUS-PYRÉNÉEN. 7 pages, Académie de Toulouse , 4 e série , t. I , p. 388 (1851 ). Le fossile dont il est question dans celle note consiste en une mâ- choire inférieure d'un pachyderme que j'ai reconnu pour avoir appartenu à YAnthracotherium magnum Cuvisr. Il avait été découvert avec quel- ques dents de la mâchoire supérieure, dans le coteau qui borde la route de Bordeaux , au-dessus d'un faubourg de la petite ville de Moissac, par les ouvriers chargés d'entamer ce coteau pour radoucissement d'une côte rapide. Cette pièce fut remise à M. Lagrèse-Fossat , l'auteur de la Flore de Tarn-et-Garonne, et c'est chez lui que j'ai eu l'occasion de la voir. Grâce à l'obligeance de ce naturaliste, j'ai pu emporter ce précieux débris â Toulouse, où je l'ai étudié après l'avoir dégagé de sa gangue. Le terrain qui renfermait cette mâchoire et qui a fourni plusieurs dents de deux Rhinocéros , dont un est le Rh. minutus Cuvier, consiste en une marne sableuse blanchâtre maculée de jaune, passant à l'argile, et en un sable plus ou moins argileux qui se développe principalement à la base. J'avais assimilé ce terrain dans ma note au terrain de Toulouse ; mais je serais porté maintenant, conformément à l'opinion de M. Noulet, à le regarder comme plus ancien et à le faire descendre au niveau de l'assise inférieure de l'étage miocène. (N° 84). — MÉMOIRE SUR LE TERRAIN TERTIAIRE POST-PYRÉNÉEN DU DÉPARTEMENT DES HAUTES- PYRÉNÉES. 26 pages, Act. Soc. Linn. de Bordeaux, t. XXIV, page 1 (1861). Dans le cours de mes voyages , j'ai eu l'occasion de traverser un grand nombre de fois la zone de terrain tertiaire lacustre qui s'étend ( 195 ) immédiatement à la base des Pyrénées , et d'observer cette partie sous- pyrénéenne de l'Aquitaine dans toutes les vallées. — Dans ces cir- constances , j'avais un grand avantage pour l'étude des caractères et du mode de formation de ces dépôts post-pyrénéens , celui de voir toujours l'effet en rapport avec la cause qui réside évidemment dans le sein des montagnes. Le Mémoire dont je cherche ici à indiquer la substance renferme une étude de cette partie du bassin qui est coupée par la vallée de l'Adour, dans les limites du département des Hautes-Pyrénées. On y voit le dépôt tertiaire (miocène) composé d'abord d'éléments grossiers et tumultueu- sement rassemblés, se lotir et se stratifier de plus en plus à mesure que l'on s'éloigne de la chaîne, et passer ainsi au faciès marneux de la Gasco- gne. A la limite Nord du département, ce terrain lacustre s'enrichit en cal- caire, et, avant d'arriver à Aire , on voit l'élément marin des Landes s'y intercaler. Ce travail local renferme toutefois des aperçus généraux sur la for- mation de tout le bassin sous-pyrénéen et sur l'origine des eaux douces, qui ont joué un rôle si important, après le soulèvement des Pyrénées, dans celle partie de l'Aquitaine. (N° 98). — ÉTUDE SUR LÉTAGE INFÉRIEUR DU BASSIN SOLS-PYRÉNÉEN, ET SUR LA NATURE PROBABLE DES ROCHES QUI LUI SERVENT DE FOND : APPLICATION A LA QUESTION DES EAUX SOU- TEBRAINES. 23 pages, avec une planche, Act. Acad. de Toulouse, 0- sér.,t. VI, page 198 (1868). Ce travail peut être regardé comme le complément de celui où j'ai traité du terrain miocène qui constitue essentiellement le sol du bassin sous-pyrénéen. Son point de départ se trouve dans les affleurements lacustres éocènes qui se relèvent autour du bassin, principalement du côlé oriental où des couches caractérisées par des espèces de Mollusques éocènes et par des vertébrés de la même époque, semblent plonger en pente douce sous la molasse d'eau douce qui contient les Rhinocéros et les Mastodontes. Des coupes qui accompagnent le texte montrent cette disposition. Un article spécial est consacré aux conjectures que l'on peut hasarder sur la nature du terrain qui sert de fond au bassin lacustre. Ce fond est ( 196 ) probablement constitué par le calcaire jurassique superposé lui-même au grès rouge méridional. En cherchant à appliquer ces notions à la recherche des eaux souter- raines et principalement des eaux jaillissantes , je fais voir que la grande épaisseur du dépôt miocène prouvée par le sondage essayé à l'École vétérinaire, en 1830, et poussé jusqu'à 230 m sans avoir traversé ce terrain, et d'autres circonstances encore étaient contraires à la probabi- lité du succès de nouvelles tentatives de ce genre dans le pays toulou- sain. — Je montre enfin qu'il y aurait des chances favorables au contraire dans la vallée du canal, notamment aux environs de Castelnaudary. 9° PYRÉNÉES ET AQUITAINE. — TERRAINS DILUVIENS. (N° 79). OBSERVATIONS RELATIVES A UNE COMMUNICATION DE MM. MARTINS ET COLLOMB, SUR LE PHÉNOMÈNE ERRATIQUE DE LA VALLÉE d'aRGELÈS. Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, t. LXVI, page 675 (1868). C'est une simple note dans laquelle j'émets l'opinion que les géolo- gues ci-dessus nommés ont fait une trop grande part aux glaciers dans leur beau Mémoire sur la vallée d'Argelès. Je rappelle que j'ai donné dans mon travail sur le terrain diluvien de l'Adour une explication pour l'amas de transport de Lourdes, qui, à mon avis , satisfait plus aux di- verses conditions dont il est environné, que celle qui consiste à la consi- dérer comme une moraine. (No 1 02). MÉMOIRE SUR LE TERRAIN DILUVIEN DE LA VALLÉE DE l'a- DOUR ET SUR LES GÎTES OSSIFÈRES DES ENVIRONS DE BAGNÈRES-DE-BIGORRE . Brochure in -8° de 59 pages , avec une planche. Bulletin de la Société Académique des Hautes-Pyrénées (1861). Après quelques généralités sur le phénomène diluvien, le Mémoire que nous résumons ici offre d'abord une indication des blocs et dépôts erratiques qui dominent dans la vallée de Campan, et notamment de l'amas de Grip, qui pourrait être une moraine, ainsi que le pensent plu- sieurs géologues. Vient après, la description du diluvium proprement dit dans la vallée de l'Adour, en aval de Bagnères , et particulièrement dans la grande plaine de Tarbes , où se dessine une terrasse du côté occidental , acci- ( 19" ) dent qui s'efface dans la partie de la vallée qui succède à la plaine jus- qu'à Aire. La largeur exceptionnelle de ce bassin, dont une coupe figurée sur la planche peut donner une idée , tient à ce qu'il a été creusé , puis comblé par deux cours d'eaux puissants qui y débouchaient, l'un (l'an- cien "Adour), à Montgaillard , et l'autre au sud d'Ossun , où il n'existe maintenant aucune rivière. Ce dernier n'était autre que le Gave de Pau, qui coulait autrefois dans le prolongement de la direction qu'il suit encore au-dessus de Lourdes, par le vallon d'Adé, et qui débouchait dans le bassin, un peu en amont d'Ossun. Ce vallon ayant été obstrué par les alluvions du Gave, celui-ci a dû se retirer progressivement et adopter la direction ouest qui le fait passer actuellement par la gorge étroite de Saint-Pé , direction qui fait avec la première, à Lourdes même, un angle droit. Cet événement géologique se trouve nettement accusé par l'amas consi- dérable qui s'élève au nord de Lourdes et dont les talus à niveaux dé- croissants indiquent les affouillements successifs que le fleuve a faits dans ce dépôt en se retirant. La figure 2 de la planche déjà citée montre bien cet état de choses. Dans cette manière de voir, dont la première idée est due à Palassou, l'amas de transport de Lourdes ne serait pas complètement une moraine, ainsi que MM. Martins et Collomb l'ont avancé récemment, mais bien un dépôt principalement formé par des eaux diluviennes. Dans une dernière section du Mémoire se trouvent des notions assez étendues sur les gîtes ossifères des environs de Bagnères , signalés jadis par Philippe , et sur les principaux fossiles qu'on y a rencontrés et dont la liste va sans doute être augmentée, grâce aux nouvelles recherches de M. Frossard père. (N° 36). DU PHÉNOMÈNE DILUVIEN DANS LA VALLÉE DE LA GARONNE, 5 pages avec coupes figurées , Bulletin de la Société géol. de France , 2<» série , t. XII, page 1299 (1855). La vallée de la Garonne peut être regardée comme classique à l'égard du diluvium, parce qu'on y voit l'effet presque immédiatement lié à la cause. D'un autre côté, le développement magnifique de ses terrasses au parallèle de Toulouse et à l'ouest de cette ville est un des traits les plus intéressants et des plus marqués de la géologie de l'Aquitaine. J'ai eu l'occasion d'exposer ces faits, et la théorie qui sert à les lier et à les expliquer, au Congrès géologique réuni à Paris, en 1855, et ( 198 ) j'en ai consigné la substance dans la courte note et la coupe dont il est ici question. J'attribue tout simplement la formation de la vallée et son comble- ment à l'action des eaux douces descendues des Pyrénées à la fin de la période glaciaire. (N° 99). NOTICE GÉOLOGIQUE SUR LE PAYS TOULOUSAIN. Brochure de 50 pages, avec une planche. Journal d'Agriculture pratique de la Société Impériale d'Agriculture de la Haute-Garonne. Ce travail contient tout ce qu'il y a d'intéressant sur la géologie de Toulouse et de ses environs. Il a été publié dans le journal de la Société d'Agriculture de la Haute-Garonne, en trois parties, dont nous allons donner une courte analyse. / re Partie. — Introduction et généralités , 19 pages et une planche. — (Mars 1834). Après quelques notions générales sur le bassin sous-pyrénéen et sur la formation et le comblement des vallées qui le sillonnent, j'aborde mon sujet régional. Je parle d'abord de la vallée de la Garonne, qui est le trait le plus marqué de la topograpbie et de la géologie toulousaines. Cette vallée est limitée et encaissée du côté droit ou oriental par des coteaux rapi- des et écorchés qui accusent un dépôt marno-sableux de l'époque mio- cène. Au pied de ces coteaux coule le fleuve, tandis que du côté opposé, la vallée s'étend en étages jusqu'aux coteaux miocènes de la Gascogne, distants de 2 et 1/2 à 3 myriamèlres. Ces étages, dont le sol est principalement formé par des cailloux d'origine pyrénéenne, sont au nombre de trois. Ce sont trois plaines d'une régularité parfaite , dont la largeur et la hauteur vont en augmen- tant de l'Est à l'Ouest et dont l'ensemble constitue un appareil diluvien que l'on pourrait appeler classique. — J'admets trois grandes phases dans l'accomplissement de ce grand fait quaternaire, chacune étant caractérisée par une diminution et un retrait vers la droite des ancien- nes eaux garumniennes qui devaient avoir dans l'origine un volume et une vitesse considérables. Des coupes figurées représentent aux yeux ces trois états par lesquels la vallée a dû passer pour arriver à son état actuel où la Garonne, réduite relativement à un filet, cherche encore à ronger sa rive droite. ( 499 ) Je termine cette première partie de ma notice en esquissant les prin- cipaux traits des régions naturelles du pays toulousain, dont les deux principales ou fondamentales sont les collines et coteaux miocènes (terre fort) et les plaines diluviennes argilo-siliceuses (boiilbène). J'in- dique particulièrement les différences hydrologiques, agronomiques et industrielles qui résultent de la constitution différente au point de vue de la géologie, de ces deux grands genres de pays. 2 e Partie. — Étude sur la vallée du Lhers , 16 pages. — (Août 1854). La vallée que suit le canal du Midi entre Naurouse et Toulouse, arrosée par le Lhers dans presque toute son étendue, vient déboucher aux por- tes de la ville dans la vallée de la Garonne, à la pointe de la colline dite Pech David, et elle joue un certain rôle dans la géologie du pays. 11 était donc nécessaire de s'en occuper. Tel est l'objet de cette deuxième partie, à laquelle j'ai apporté tous mes soins. L'alluvion de cette vallée consiste principalement en un limon jaunâ- tre (lehm). Cependant on y trouve , vers la base des coteaux, de minces dépôts de gravier assez menu, essentiellement quartzeux, qui diffère complètement des cailloux plus ou moins volumineux et variés de la Garonne, ce qui tient à ce qu'il dérive non plus des Pyrénées, mais principalement de la Montagne-Noire. C'est ici que commence, en effet, cet ordre de choses diluvien extrà-pyrénéen caractérisé par l'abondance du quartz et qui s'accentue largement dans les vallées du Tarn et de l'Aveyron. Celle partie de mon élude de la vallée du Lhers est celle qui doit offrir le plus d'intérêt aux géologues. Le reste consiste en considérations d'une importance plus locale dont je m'abstiendrai de parler ici. 3 e Partie. — De Toulouse et de ses environs immédiats, 16 pages.— (Septembre 1857). Le motif que je viens d'énoncer à la tin du résumé qui précède, m'en- gage également à me borner à quelques mots sur la position géologique de Toulouse. — La ville proprement dite, séparée par la Garonne du faubourg Saint-Cyprien qui est en plaine , est située sur un mamelon diluvien allongé dans le sens des coteaux miocènes de Guillemery et des redoutes au pied desquels il forme une légère saillie. La dépression et ( 200 ) la forme de ce mamelon doivent être attribuées aux eaux du Lhers, qui passait autrefois de ce côté où il a laissé ses alluvions (i). (N° 97). NOTICE SUR LE PHÉNOMÈNE DILUVIEN DANS LE BASSIN DE LAVILLEDIEU, ETC., 20 pages, avec une carte coloriée el des coup?s. Académie de Toulouse, 6 e série, t V, page 132 (1867). Le bassin de Lavilledieu consiste en une large plaine diluvienne que domine Montauban et sur la bordure de laquelle se trouvent Moissac et Caslel-Sarrazin. Trois vallées semblent avoir concouru à sa formation, savoir : la vallée de la Garonne, celle du Tarn et celle de l'Àveyron. Dans quelle mesure ces vallées ont-elles apporté leurs alluvions dans ce bassin? C'est le point que je me propose principalement de traiter dans la brochure que je résume ici. La Garonne est bordée à l'Ouest par deux larges terrasses échelon- nées, formées par des cailloux variés provenant des Pyrénées. J'ai établi ce fait ailleurs avec quelque développement. Ce régime est aussi celui du Tarn; mais ici les matériaux de comblement sont essentiellement quarlzeux et proviennent de montagnes qui dépendent du Plateau central. Une coupe figurée dans mon travail montre ces deux appareils dilu- viens très-différents de nature et d'origine et identiques de forme, sépa- rés par une simple colline à l'est de Grisolles. — Plus loin, ainsi que le montre noire petite carte coloriée , le diluvium du Tarn envahit toute la place, de sorte que le bassin de Lavilledieu n'est composé que d'un gravier essentiellement quarlzeux apporté par le Tarn et par l'Aveyron, à l'exclusion presque complète des cailloux pyrénéens de la Garonne. Ce fait, des plus remarquables, paraît lenir à celle tendance singulière qu'avaient les cours d'eau anciens et que les rivières manifestent encore de nos jours, à se porter vers la droite, laissant, par suite, leurs allu- vions à gauche. (i) C'est au sein de ces alluvions qu'a été creusé le canal et le profond fossé où s'en- caisse le chemin de fer du Midi, à l'est de la gare. ( 201 ) (N° 70).— LETTRE A M. BABINET SUR UN PRINCIPE DE GÉOLOGIE RELATIF AUX EFFETS DU MOUVEMENT PRIMITIF DES GRANDS COU- RANTS d'eau aux époques antérieures a la nôtre. Comptes-rendus de l'Académie des Sciences , t. XLIX page 795 (1859). De nombreuses observations faites dans plusieurs parties du globe , notamment en Russie, ont prouvé que les cours d'eau actuels manifes- taient une tendance à se porter vers leur droite. M. Babinet a saisi l'Aca- démie des Sciences de Paris de cette question dans un Mémoire où il considère cette tendance, qu'il croit être générale, au mouvement de rotation de la terre autour de son axe. De mon côté , j'avais fait l'observation que dans toutes nos vallées sous-pyrénéennes les rivières coulent, à droite au pied de coteaux rapi- des entamés dans le terrain tertiaire qu'elles cherchent encore à ronger, tandis que, du côté opposé, c'est-à-dire sur leur rive gauche, s'étendent des alluvions caillouteuses ou graveleuses qui, dans les vallées princi- pales, s'étalent largement sous la forme de terrasses étagées. Gel état de choses est même si évident et si général au pied des Pyrénées, que les paysans eux-mêmes le connaissent et l'expriment en termes agricoles, en disant : A droite est le terre-fort et à gauche la, boulbène. C'est celte application géologique du principe soutenu par M. Babinet, qui fait l'objet de la lettre dont il s'agit, lettre que cet éminent physi- cien a jugé digne d'être insérée dans les Comptes-rendus de l'Académie. (N° 100). — de l'influence que le sol peut exercer sur la CULTURE DE LA VIGNE. Journal d'Agriculture pratique de la Société d'Agriculture de la Haute-Garonne , 19 pages (1867). Le sujet de ce petit Mémoire ne comprend que deux exemples géné- raux où l'influence dont il s'agit est manifeste. Le premier montre la supériorité relative des vins récoltés sur les terrains dont la base est le poudingue de Palassou , ainsi nommé , parce qu'il a été pour la première fois distingué par Palassou, observateur sagace et judicieux, qui nous a laissé d'importants Mémoires. Ce Nestor des géologues pyrénéens avait signalé celte influence des cailloux calcai- res qui constituent le conglomérat pour les coteaux de Jurançon , près ( 202 ) Pau. Je l'ai reconnu également pour la colline d'Ossun, dans la plaine de Tarbes, et pour la bande qui traverse le département de l'Ariége. Les terrasses diluviennes de la vallée du Tarn m'ont offert le second exemple. J'ai fait voir que la supériorité des vins de Fronton et l'ana- logie que l'on remarque entre ces vins et ceux du Médoc (Bordelais) , tenaient à l'analogie de position des vignes et à la ressemblance clans la nature du sol qui , dans les deux contrées , est essentiellement formé par un gravier siliceux. 10° PLATEAU CENTRAL. — AVEYRON. (N os 55 et 56). — lettres a mm. elie de beaumont et arago sur UN GISEMENT DE MERCURE NATIF DANS L AVEYRON. Comptes-rendus de TAcadémie des Sciences, t. XVI, pages 1313 et 1451 (1843). Ces-.lettres font connaître le résultat d'un voyage que j'ai fait en com~ pagnie de M. Bouloumié, en 1813, sur les bords du plateau du Larzac (Aveyron), dans le but de constater l'éjaculalion , à différentes époques, du mercure natif au-dessus des marnes liasiques de celte contrée sau- vage. L'enquête minutieuse à laquelle nous nous sommes livrés sur les lieux , et notamment à Sainl-Paul-de-Fons , et les nombreux renseigne- ments qui me sont arrivés des environs de Saint-Rome et de Milhau , ont confirmé pleinement les indications qui m'avaient été données à cet égard et qui m'avaient déterminé à me transporter dans celte contrée ; et j'ai acquis, sur la réalité de ce fait remarquable, une entière convic- tion que j'ai cherché à faire partager aux géologues par les deux lettres dont il s'agit. ll n . PLATEAU CENTRAL. — LYONNAIS. (N° 1 I). NOTE SUR LA POSITION* GÉOLOGIQUE DE LYON , SUR LA FOR- MATION CALCAIRE PRINCIPALE DU DÉPARTEMENT DU RHÔNE ET SUR LE SOULÈVEMENT DES TERRAINS COMPRIS ENTRE LYON ET MAÇON. 6 pages, Bull. Soc. géol. de France, l re série, t. VII, page 84 ( 1836). C'est un petit tableau très-reslreinl des conditions géologiques qui se rapportent à la ville de Lyon. Il y est question aussi des roches porphy- riques du Beaujolais, auxquelles j'ai attribué, sans preuves suffisantes, je le reconnais aujourd'hui, le soulèvement des calcaires jurassiques qui occupent la rive droite de la Saône , entre Lyon et Mâcon. ( 203 ) (N 8 12). — NOTE SUR LA COUPE GÉOLOGIQUE DU GROUPE DES MONTAGNES COMPRISES ENTRE LA SAÔNE ET LA LOIRE, DE LYON A FEURS , PASSANT PAR ISERON ET SAINT-BARTHÉLEMY . 4 pages, Bull. Soc. géol. de France, l re série, t. VII, page 212 (1836). En traversant la région qui fait l'objet de cette note , j'ai reconnu d'abord que le dépôt de diluvium alpin de la vallée du Rhône s'arrêtait à Craponne. Passé ce point , on ne voit plus que des roches anciennes ; d'abord, des gneiss avec filons de barytine et autres qui constituent essen- tiellement le sol jusqu'à la Brévanne; mais entre cette rivière et la Loire, c'est un granité porphyroïde qui joue le rôle principal. Dans la première région se trouve le petit bassin houiller de Sainle-Foy-l'Argen- tière, dont j'ai donné une courte description. (N° 13). NOTE SUR LE TERRAIN DE TRANSITION DU DÉPARTEMENT DU RHÔNE ET DES PARTIES ADJACENTES DU DÉPARTEMENT DE LA LOIRE. 4- pages, Bull. Soc. géol. de France, i re série, t. VIN, page 310 (1837). Je crois être le premier qui ait attiré par cette note, l'attention sur un calcaire fossilifère des environs de Régny et de Thisy qui fait partie d'un terrain renfermant un mauvais charbon , et que j'avais considéré alors comme dépendant du terrain de transition. Je reconnais mainte- nant que ce calcaire riche en crinoïdes ( Cyathocrinites) et qui contient le Productus giganteus et d'autres brachiopodes contemporains, n'est autre que le vrai calcaire carbonifère. Il est remarquablement disloqué et pénétré par le porphyre quartzifère, notamment à Thisy (1). (N° 17). NOTE SUR LA ROCHE SILICEUSE DE SAINT -PRIEST, PRÈS SAINT-ETIENNE ( LOIRE. ) 2 pages , Bull Soc. géol. de France, l rc série, t. IX, page 206. (1838) Cette roche sur laquelle est bâti le village de Saint-Priestestunhorns- lein avec impressions de calamités et des traces charbonneuses ; elle sem- (1) Celte priorité a été reconnue par MM. Dufrénoy et Elic de Beaumont dans la note qui se trouve au bas de la page 150 du tome premier de l'Explication de la carte géologicpie de la France. ( 204 ) ble sortir brusquement des grès houillers qui gisent à sa base Je trouve son origine et son mode de formation dans une éruption siliceuse qui aurait traversé et modifié le grès houiller. — Ce serait un cas extraor- dinaire de la formation des arkoses. (N° 7). MÉMOIRE SUR LA PARTIE INFÉRIEURE DU SYSTÈME SECONDAIRE DU DÉPARTEMENT DU RHONE , Publié dans le tome III ( l re série) des Mémoires de la Société géologique (1858). — 63 pages in— i°, avec une planche de coupes et une de fossiles. Ce travail offre une description détaillée du terrain secondaire du Lyonnais, et notamment de celui du Mont-d'Or, et l'on y trouve une détermination aujourd'hui généralement adoptée des grès inférieurs (grès de Chessy), rapportés au keuper, et des étages jurassiques du déparlement du Rhône. Mais la partie principale du Mémoire consiste dans les considérations qu'il renferme sur les couches inférieures du lias et sur la proposition de créer pour cette assise, très-développée dans le midi de la France et ailleurs, une désignation particulière celle iïinfrà-lias qui, aujourd'hui, est admise et employée par tous les géologues. « Nous appellerons spécialement l'attention de l'Académie sur » ce qui concerne le terrain que l'auteur nomme infrà-lias. C'est ici la » partie principale, et c'est aussi la partie la plus remarquable de son » Mémoire, en ce que non-seulement il a bien fait connaître une assise » qui joue un rôle important dans la constitution géologique du départe- » ment du Rhône ; mais encore faisant un rapprochement heureux entre » ce qu'il avait vu dans le Lyonnais et les faits exposés dans les descrip- » tions géognosliques de plusieurs autres contrées, il a établi la néces- » site de classer à une place déterminée dans la série générale des » terrains un ensemble de couches présentant des caractères particuliers » et renfermant des fossiles qui lui sont propres, assise qui, jusqu'à » présent, était restée, pour la plupart des géologues, inaperçue ou » confondue avec le terrain qui la recouvre : sous ce rapport, le travail » de M. Leymerie contribue à un véritable progrès de la science. » La désignation de cet ensemble de couches par une dénomination » quelconque devient une chose utile du moment où la généralité de » l'assise est reconnue Il nous paraît donc préférable d'adopter le » nom iïinfrà-Uas proposé par M. Leymerie. » (Rapport de M. de Bon- nard, Comptes-rendus del'Acad. des Se, t. III, p. 700, 1838.) ( '205 ) (N° 16). NOTE SUR LE DILUVIUM ALPIN DU DÉPARTEMENT DU RHONE. 3 pages, Bull. Soc. géol. de France, l rc série, t. IX, page 109 (1838.) Cette courte note renferme les faits les plus essentiels qui se rappor- tent au diluvium alpin de Lyon à ses limites. — Les cailloux qui for- ment l'élément principal de ce dépôt, sont la plupart composés de quart- zile. Les blocs qui accompagnent souvent ces cailloux, existent rare- ment dans les parties profondes du terrain ; ils ne se montrent guère qu'au sommet ou sur le flanc oriental des collines. Ces blocs sont géné- ralement très-peu arrondis et leur matière consiste en calcaires du Jura, gneiss, grauwacke. Ils sont le plus souvent, distribués par lots. Je considère ce diluvium comme ayant été entraîné et déposé par des eaux violentes provenant des Alpes.— J'ai observé au chemin des Étroits, au bord de la Saône, qu'il reposait sur un terrain de transport grossier, composé de fragments anguleux des roches du pays.— D'un autre côté, le même terrain se trouve recouvert par un limon, lehm, dans lequel on a plusieurs fois rencontré des dents et des défenses d'éléphant. (N° 33). OBSERVATIONS SUR QUELQUES TERRAINS DE LA PROVENCE. 3 pages, Bull. Soc. géol. de France , 2« série, t VIII, page 202 (1851). Ces observations, extraites de quelques notes prises pendant un voyage que je fis en Provence, en 1850, portent sur le calcaire à Chaîna et les argiles aptiennes d'une part, et d'autre part, sur le terrain à lignites si développé entre Aix et Fuveau. Je fais voir dans ce petit travail que la roche à Chaîna ou Caprolina ne forme réellement qu'une assise peu développée à la partie supérieure d'un calcaire en masse qui constitue presque à lui seul les montagnes de la Provence et que je propose d'appeler calcaire provençal, Je montre aussi la convenance de diviser le terrain lacustre compris entre le calcaire à hippurites el le gypse d'Aix en deux étages , dont l'inférieur seul garderait le nom de terrain à lignites , et dont le second au moins serait un représentant lacustre de la formation nummulitique qui manque justement en Provence, tandis qu'elle se développe large- ment à l'Est et à l'Ouest (1). (l) Celte question a fait récemment des progrès remarquables dans le sens que j'indique ici. Le terrain supérieur à la formation à lignites doit être lui-même divisé en deux parties, dont l'une serait garumnienne et l'autre nummulitique , l'étage à li- gnites représentant la craie proprement dite. Tome XXVII. 16 ( 2ÛG ) BASSIN DE PARIS. - AUBE ET YONNE. N° 8 . MÉMOIRE SUR LE TERRAIN CRÉTACÉ DU DÉPARTEMENT DE LAUBE, Contenant des considérations générales sur la terrain néocomien. Imprimé dans les tomes IV et V , i''e série , des Mémoires de la Société géologique , 107 p. in-4°, avec une carte , une planche de coupes et 18 de fossiles. Ce travail peut être considéré comme fondamental ou classique à l'égard du terrain crétacé du bassin de Paris; les fossiles qui s'y trou- vent décrits (113 espèces) sont journellement employés par les géolo- gues de tous les pays. C'est par ce Mémoire que le terrain néocomien a été définitivement introduit comme étage inférieur du terrain crétacé , dans le nord de la France. On peut dire aussi qu'il contient en germe le type aptien, car on y signale à différentes reprises les caractères tout particuliers des argiles à Exogyra sinuala, Terebratula sella, Plicatula placunœa, qui séparent le terrain néocomien du gault. « M. Leymerie a cru devoir étudier d'abord le terrain crétacé du dé- partement de l'Aube , non pas seulement comme description de géologie géographique , mais pour faire ressortir les différences qui existent entre l'époque de formation de la craie et celle du terrain néocomien. » M. Leymerie évalue, dans l'Aube, à 150 m la puissance moyenne des trois étages du terrain crétacé , c'est-à-dire depuis la craie blanche jusqu'au gault inclusivement. » C'est au-dessous de celle roche argileuse qui, retenant toutes les eaux du terrain supérieur, est devenue presque populaire dans ces der- niers temps , pour avoir été nommée comme le fond du bassin de l'eau jaillissante de Grenelle-, c'est, disons-nous, au-dessous de celte roche que commence le terrain néocomien. Il se divise aussi en trois étages, caractérisés assez faiblement par les roches, mais éminemment par les fossiles organiques. » C'est au moyen de la comparaison des débris organiques enfouis dans le terrain, que les vraies découvertes géologiques ont été faites; c'est donc ce procédé si sûr que M. Leymerie a employé pour suivre ces terrains dans leur étendue géographique et dans leur puissante épaisseur, et pour reconnaître dans les terrains crétacés de l'Aube les deux étages qui le constituent presque partout, la craie blanche et la craie verdâtre argileuse et sableuse. Il en fait connaître les roches , les minéraux et ( 207 ) tous les corps organisés fossiles, en décrivant et représentant par de très-bonnes figures toutes les espèces qu'il a regardées comme nouvelles ou mal connues. » Les espèces de corps organisés fossiles du terrain crétacé de l'Aube sont au nombre d'environ 190, dont 45 nouvelles. » M. Leymerie a mentionné 150 espèces du terrain néocomien ; il les a décrites la plupart, les unes comme nouvelles, les autres comme susceptibles de quelques observations, (Rapport de M. Al. Brogniart , Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, t. XII, p. 1159 (1841). (n° 22). notice sur les depots diluviens du département de l'aube et particulièrement sur ceux de la haute- seine. 14 pages, Bull. Soc. géol. Fr., U e série, t. XIII, page 63 (1841) Ce petit mémoire, par les observations soignées qui lui ont servi de base, nous paraît être de nalure à contribuer à la connaissance du di- luvium des vallées , et à l'explication de ce phénomène sur lequel les géologues sont loin d'être d'accord. Les conclusions par lesquels il se termine, tendent à appuyer l'opinion des anciens géologues qui pen- saient que chaque rivière a creusé sa vallée, et que cha^ ue vallée a été comblée par des matériaux provenant des montagnes ^ui l'encaissent et de celles qui la dominent en amont. (N° 2). STATISTIQUE MINÉRALOGIQUE ET GÉOLOGIQUE DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE 1 fort vol. in-8°, 1846; avec un atlas contenant une carte réduite, des coupes, des planches de fossiles caractéristiques. (1846). Cet ouvrage entrepris et publié par ordre de M. le Directeur général des Ponts et Chaussées et des Mines, sous les auspices et aux frais du département de l'Aube , outre l'intérêt local qu'il présente et sur lequel nous n'insisterons pas ici , n'a pas été inutile au point de vue de la géo- logie de la France considérée d'une manière générale, et plusieurs des parties qui s'y trouvent traitées , peuvent être considérées comme des types que les géologues, qui se sont occupés du bassin de Paris, ont plus ou moins employés. Ces types ont d'ailleurs été décrits dans des mémoi- res particuliers. ( 208 ) (N° 3). — STATISTIQUE ET CARTE GÉOLOGIQUES DU DÉPARTEMENT DE l' YONNE. ( Leymerie et Raulin ). 1 vol. grand in-8° de 864 pages, avec une carte réduite et coupes coloriées (1853) ; grande carte coloriée composée de G feuilles avec coupes. (1855). Cet ouvrage, Irès-développé au point de vue local et régional , pour lequel j'ai eu l'avantage d'être en collaboration avec mon savant collè- gue M. Raulin qui en a rédigé la plus grande partie , a contribué ta aug- menter la somme de nos connaissances sur plusieurs terrains de la cein- ture qui entoure le bassin parisien et particulièrement sur la formation jurassique qui s'y trouve être plus complète et mieux caractérisée que partout ailleurs. — En ce qui touche au terrain crétacé , il a fourni une preuve de la généralité des types que j'avais établis dans la description du département de l'Aube. 13° GÉOLOGIE EN GÉNÉRAL. (N° I). — ÉLÉMENTS DE MINÉRALOGIE ET DE GÉOLOGIE 2 e édition : 2 volumes in-12, 1866 ; avec 500 figures intercalées dans le texte. — ( La première édition avait paru en un fort volume en 1861. ) Cet ouvrage essentiellement élémentaire , se compose de deux parties principales, la Minéralogie et la Géologie, et de deux parties annexes, la Lithologie ou classification et description des roches , et une table paléontologique où se trouvent indiqués et rapidement décrits les prin- cipaux fossiles, dont les plus caractéristiques sont figurés dans le texte. La partie minéralogique n'est autre chose qu'un abrégé plus élémentaire de mon Cours de Minéralogie en deux volumes. J'ai cherché, en tenant compte des résultats obtenus par les diver- ses écoles géologiques, d'éviter les exagérations qui caractérisent cha- cune d'elles, et de me maintenir enfin dans une voie éclectique. Ce petit ouvrage renferme d'ailleurs quelques vues nouvelles , notam- ment sur la thermalité dans les temps géologiques , sur les anciennes atmosphères, sur l' origine du calcaire , sur la géologie des Pyrénées, etc.; et l'on y trouve la description de plusieurs types méridionaux très- importants qui avaient été trop négligés par les auteurs. ( 209 ) (N° 95). — DE l'origine et du mode de formation du calcaire et DE LA DOLOMIE. 6 pages; Académie de Toulouse, 6 e série, t. II , p. 307 (1864). Je montre dans ce petit travail l'insuffisance des moyens d'explication proposés jusqu'ici pour l'origine et le mode de formation des masses puissantes de calcaire et de dolomie qui jouent un si grand rôle dans les terrains et qui se développent dans une immense étendue de la sur- face du globe, et je propose une théorie basée sur la double décompo- sition des sels des anciennes mers (chlorure de calcium et de magnésium) par le carbonate de soude amené au sein de ces mers par des courants d'eaux thermo-minérales. Ces idées qui se trouvent exposées dans la première édition de mes Éléments de Minéralogie et de Géologie (1846), sont tout-à-fait conformes à celles que M. Cordier avait consignées dans un paquet cacheté , déposé au secrétariat de l'Académie des Sciences de Paris, que l'on n'a ouvert qu'en 1862, après la publication de mon livre. Ayant signalé cette coïncidence à coup sûr fortuite à l'Académie, elle a bien voulu faire droit à ma réclamation en faisant insérer dans ses Comptes-rendus (voir n° 73) les pages de mon livre qui contiennent l'explication dont il s'agit. (N° 5). SUR LE SENS QUE l'on DOIT ATTACHER AUX EXPRESSIONS FONDAMENTALES DE STRATIFICATION , STRATE, COUCHE, ETC. 15 pages grand in-8° ( 1840). — Thèse soutenue devant la Faculté des Sciences de Paris, pour le doctorat ès-sciences naturelles. Les différents auteurs d'ouvrages généraux ou élémentaires se sont servis du mot stratification et de ses dérivés sans en préciser le sens. La plupart l'ont considéré comme étant synonyme de sédimentation. Je fais voir, dans cette thèse, que le premier doit avoir un sens plus géné- ral que le second qui lui serait en quelque sorte subordonné , et je fais remarquer qu'il existe des terrains auxquels on applique le nom de stra- tifiés , et qui cependant n'ont pas nécessairement été déposés au sein des eaux. Dans celte catégorie, par exemple, se trouvent certaines nappes volcaniques parallèlement superposées et le gneiss dont l'origine est in- certaine. A cette occasion et parlant de l'idée qui fait l'objet principal de la thèse , j'introduis dans la terminologie qui se rapporte à la stratification une certaine précision qui lui manquait. ( 210 ) Un strate est un élément quelconque de la stratification qui , elle- même, n'est que la disposition en vertu de laquelle une masse minérale se compose de parties peu épaisses relativement à leur superficie, et pa- rallèles à une même surface plane ou courbe. — Le strate doit être re- gardé, dans l'ordre de la stratification , comme un genre qui compren- drait comme espèces les couches et les feuillets : les bancs et les lits n'étant que des couches isolées et exceptionnelles. (N° 6). SUR LES CARACTÈRES DISTINCTIFS DES HUITRES, DES GRY- PHEES ET DES EXOGYRES ET SUR LA DISTRIBUTION DE CES OSTRACËES DANS LES TERRAINS. 20 pages in-8° (1840). — Deuxième thèse Le principal but que je me suis proposé dans cette thèse , a été de démontrer toute l'importance, que l'on méconnaît trop de nos jours , de l'emploi des genres Gryphée et Exogyre formés au dépens des huî- tres , l'un par Lamarck et l'autre par l'américain Say. J'y démontre d'abord que ces groupes ont leur raison d'être, au moins comme sous- genres, en zoologie, et que ce n'est que par des déformations indivi- duelles qu'il y a accidentellement passage entre ces groupes, et de ces groupes aux huîtres. Dans tous les cas, ils ont apparu , avec les formes qui les caractéri- sent, à des époques spéciales, et la nature en a réparti dans l'écorce terrestre les différentes espèces, de telle manière qu'ils sont très-pré- cieux, soit comme genres, soit comme espèces pour la caractérisation et pour la détermination des terrains. J'ai donné à la fin de mon travail , pour chaque terrain, à partir du trias, la liste des huîtres, des gryphées et des exogyres qui s'y rappor- tent, et ces listes viennent confirmer d'une manière toute particulière les conclusions géognostiques que voici : 1° Les ostracées ne jouent réellement, dans les terrains, un rôle im- portant que dans les séries moyenne et supérieure qu'on appelle Mèso- zoïque et Kaïnozoïque; 2° Les gryphées et les exogyres offrent des caractères assez constants et d'un usage très-commode pour les couches qui appartiennent aux deux principaux groupes de la série Mésozoïgue ; les gryphées régnant à-peu-près exclusivement dans le terrain jurassique, tandis que le même rôle appartient aux exogyres dans la période crétacée. ( 211 ) ( N° 90 ). — MÉMOIRE SUR LES NUMMULITES CONSIDÉRÉES ZOOLOGIQUE- MENT ET GÉOLOGIQUEMENT PAR MM. JOLY ET LEYMERIE. Brochure in-8» de 69 pages, avec 2 planches, Académie de Toulouse , 3 série , t. IV, page 149 (1848). Je n'insisterai pas sur ce travail, dont la partie zoologique rédigée par mon savant collègue, M. Joly, est, sans contredit, la plus impor- tante. Ma part consiste dans la formation d'une collection de nummuliles sur laquelle mon collaborateur a pu exercer ses investigations , et dans la rédaction d'un chapitre où je cherche à montrer la distribution géographique et géologique de ces foraminifères. J'aurais aujourd'hui beaucoup de changements à introduire dans ce travail si j'avais à le re- commencer, en présence des nombreuses observations qui ont été faites depuis 1848, époque où il a été publié. B. MINÉRALOGIE. (N° 109). — cours de minéralogie ( Histoire naturelle). 2 vol. iu-8 u , avec nombreuses figures dans le texte; 2» édition (1867). Mon but, en publiant cet ouvrage, a été de reconstituer le domaine qui avait été assigné à la Minéralogie par Werner, et que Haùy et Bron- gniart lui avaient, à-peu-près conservé, de rétablir ses limites de nos jours presque effacées et de rendre à cette science son caractère comme branche de l'histoire naturelle. La première édition a paru de 1857 à 1859. Celle-ci n'est que la reproduction delà première, avec quelques modifications, dont la principale consiste dans la suppression de la classe des minéralisafeurs qui se trouve maintenant répartie entre les pierres elles métaux. J'y ai revu aussi les espèces et leur description. Le premier volume est destiné aux principes généraux, hormis ceux qui se rapportent à la classification. — Il commence par des prénolions où je m'efforce d'inspirer au lecteur l'esprit qu'il doit apporter dans l'étude de la minéralogie proprement dite. J'insiste sur ce point fonda- mental qu'il faut se garder de confondre, ainsi qu'on le fait trop sou- vent , le minéral avec la substance, celle-ci ne devant être considérée que comme la matière employée par la nature pour constituer le minéral. J'indique aussi dans cette partie préliminaire l'importance relative des ( 212 ) caractères minéralogiques que je divise en attributs (substance et forme), caractères essentiels (densité, dureté), supplémentaires des attributs et caractères secondaires. J'ai donné dans ce volume beaucoup de place à la cristallographie. Je crois avoir introduit quelques considérations nouvelles, notamment en ce qui concerne Yhêmiédrie et les formes alternes. Le deuxième volume est consacré à la taxonomie et à la description des espèces. Après avoir passé en revue les principales classifications qui ont été proposées et plus ou moins suivies depuis Werner, je cher- che à démontrer la nécessité d'une réforme et je propose une méthode éclectique basée sur celle de Werner, à laquelle on ne pourra pas se refuser de reconnaître, à défaut d'autre mérite , celui de la simplicité et de la facilité avec laquelle elle se prête aux déterminations et aux appli- cations pratiques. (N° 122 )• MÉMOIRE SUR L'HÉMIÉDRIE. 15 pages, avec figures et tableau, Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux , t. XX, page 468 (1857). Ce travail se divise en deux parties . Dans la première , je traite de l'hémiédrie d'une manière générale, et je fais voir que l'explication pro- posée par M. Delafosse, d'abord pour deux cas particuliers, peut être érigée en principe général applicable à tous les minéraux hémiédriques. Il suffit pour cela de prendre, dans chaque cas hémiédrique, pour la mo- lécule constituante, la forme du solide particulier qu'on obtient directe- ment par l'effet le plus simple de l'hémiédrie. — En cherchant à appliquer celte idée à tous les minéraux hémièdres bien caractérisés , je n'ai ren- contré aucun obstacle dans leurs propriétés physiques ou cristallogra- phiques; au contraire, j'ai vu toutes les particularités de ces espèces exceptionnelles marcher parfaitement d'accord avec la structure que je devais leur supposer d'après l'énoncé de la loi. — Je prouve cet accord par des exemples qu'offrent les principales espèces hémièdres, savoir : la boracile, la pyrite, le calcaire , la tourmaline , la chalkopyrile. Dans la seconde partie de mon travail, je cherche à faire à l'hémié- drie, dans le tableau des systèmes cristallins , une part en rapport avec son importance, et j'arrive à cette conclusion qu'il n'y a réellement que cinq cas d'hémiédrie qui méritent d'entrer en ligne de compte par leur constance et par des formes spéciales qui se trouvent réalisées et fré- quemment employées par la nature. J'en fais la base de cinq sous-sys- tèmes qui se rattachent aux systèmes par l'identité des axes et par des ( 213 ) formes communes, savoir : deux au système régulier, deux au système hexagonal et un au système tétragonal. Chacun de ces groupes subor- donnés a d'ailleurs une forme type qui lui est propre, et en laquelle se trouvent résumées et comme satisfaites les conditions hémiédriques. Cette forme n'est autre chose que la molécule intégrante ci-dessus déter- minée. Elle offre cet avantage qu'en lui appliquant la dérivation méthodi- que en usage pour les formes normales , on peut en déduire toutes les formes possibles du sous-système, sans se préoccuper de la structure ni des propriétés physiques particulières qui sont en définitive la cause de l'hémiédrie. Un tableau, placé à la fin du Mémoire, offre aux yeux du lecteur l'effet que doit produire, sur la classification des systèmes, l'introduc- tion de ces nouveaux principes. (N° 1 12). — exposition d'une méthode éclectique ou wernérienne DE MINÉRALOGIE. 28 pages, Bull. Soc. géol. de France, t. X (2e série ) , page 207 (1853). Ce petit travail, qui a précédé mon Cours de minéralogie en deux volumes, consiste en un exposé des considérations philosophiques et taxonomiques qui ont été appliquées dans cet ouvrage. J'y établis les bases de la science considérée au point de vue de l'histoire naturelle. J'y traite des attributs et des caractères de divers ordres des minéraux , de l'espèce, des méthodes, de la nomenclature, et j'y expose enfin pour la première fois ma classification éclectique ou wernérienne , où les miné- raux inorganiques sont répartis en cinq classes , réduites à quatre récem- ment, savoir : 1° les gaz; 2° les halides (acides et sels proprement dits); 3° les pierres; 4° les métaux. (N° 14 3). — NOTE SUR LE SYSTÈME CRISTALLIN DE LA TOURMALINE. Comptes-rendus de l'Acad. des Se, t. XXX, page 707 (1850). Ce petit travail peut être regardé comme une application anticipée du principe général que j'ai posé pour expliquer tous les cas d'hérniédrie. J'y montre qu'en adoptant pour forme primitive et pour molécule inté- grante de ce minéral , la pyramide triangulaire droite à base équilaté- rale, on se rend compte facilement de toutes les formes secondaires et de toutes les anomalies offertes par cette singulière espèce. Tome XXVII. 17 ( 2U ) (No 124). — TABLEAU MINÉRALOGIQUE DE LESPÈCE Calcaire 21 pages, Académie des Sciences de Toulouse, t. VI (3 e série). 18o0. L'espèce calcaire est, comme on le sait, la plus riche et la plus clas- sique de la minéralogie par la variété de ses formes cristallines , de ses concrétions et des structures avec lesquelles la nature les présente. J'ai essayé, dans ce petit travail, d'introduire un ordre méthodique dans l'arrangement linéaire des nombreuses variétés que l'on peut avoir à décrire ou à placer dans une collection. — Le principe qui domine dans cet essai de classification, est celui de la perfection indiquée par l'état cristallin plus ou moins complet du minéral. — Sous ce point de vue , je répartis tous les calcaires dans cinq groupes principaux, qui sont : les cristaux, les pseudomorphoses , les structures cristallines, les concrétions et les incrustations. Les cristaux, en procédant du simple au composé, se trouvent ratta- chés, dans cette méthode, à trois formes simples fondamentales, qui sont : le Rhomboèdre , le Scalénoèdre et le Prisme hexagonal. A la suite viennent les mâcles et les cristaux oblitérés. — Les morceaux à structure cristalline se divisent en quatre catégories, suivant que les éléments agrégés sont allongés , superficiels ou solides , ou sont trop fins pour être distingués {compacte). — Les concrétions sont stalactiques , piso- litiques ou réniformes. Un appendice comprend les calcaires communs ou géognosliques qui peuvent être concrétionnés, ordinaires, terreux ou mélangés. Cette méthode est applicable à toutes les espèces minérales dont la grande majorité des variétés rentrent dans les cadres que nous avons préparés en vue du calcaire. (N° 123). MÉMOIRE SUR UN AÉROL1THE TOMBÉ A MONTRÉJEAU. (Haute-Garonne). 12 pages,Acles Soc. Linn. de Bordeaux , t. XXIII, page 51 (1860). Cet aérolithe est tombé en deux morceaux le 9 décembre 1858 dans fa plaine de Valentine (Haute-Garonne), non loin de la côte rapide qui monte à la petite ville de Monlréjeau. Il se rapporte au type pierreux ordinaire à cassure grenue, à couleur gris-clair avec l'enduit noir carac- téristique. A la simple vue, on peut y reconnaître un magma gris au ( 215 ) milieu duquel sonl dispersés de nombreux globules d'un gris verdàtre facilement séparables, que j'ai proposé d'appeler pisite , et des paillettes brillantes d'un blanc un peu grisâtre, d'un alliage de fer et de nickel, très-habituel dans les pierres de cette nature, auquel j'ai donné le nom de gèoxène. Ce minéral métallique entre pour 1/1 ,; dans le poids de la pierre, et c'est lui qui lui donne la vertu magnétique très-prononcée qu'elle possède. L'aérolithe de Montréjeau a été analysé par plusieurs chimistes (Damour, Filhol, Chancel et Moitessier), qui ont trouvé que, abstrac- tion faite du géoxène que l'on peut facilement séparer avec un aimant , cette pierre était essentiellement composée d'un silicate de magnésie et de fer séparable en deux parties, l'une soluble dans les acides, qui serait du péridol , et l'autre insoluble dans laquelle ces chimistes ont voulu voir un mélange d'espèces minérales qui n'y existent pas, tandis qu'ils négligeaient la pisile que la nature leur indiquait d'une manière très-claire. (N° 1 21 ).— NOTICE SUR UN ESSAIM MÉTÉORIQUE TOMBÉ PRÈS D'ORGUEIL. Publication spéciale — 27 pages (1867). J'ai cru pouvoir être utile en faisant précéder la description qui est l'objet spécial de ce petit Mémoire, de quelques considérations générales sur les météorites. Je commence par faire remarquer que les astéroïdes compris entre Mars et Jupiter, dont chaque année voit augmenter le nombre, sont quelquefois très-petits, et que l'on a cru remarquer chez quelques-uns d'entre eux une forme polyédrique, fait qui viendrait à l'appui de cette idée que les petits astres dont il est question ne sont que des fragments ou le détail d'une vraie planète qui devrait exister entre Mars et Jupiter d'après la loi de Bode. Les aérolithes ne seraient que des grains de la poussière de celte pla- nète fragmentée ou d'une poussière cosmiquequelconque. Venant aux aérolithes tombés à Orgueil (Tarn-et-Garonne) le 14 mai 1864, je montre qu'ils devaient constituer un essaim de pierres faible- ment consistantes appliquées les unes contre les autres et qui se seraient séparées en tombant. Je relate toutes les circonstances de celle chute. Considérant ensuite les pierres en elles-mêmes qui sont d'une nature toute particulière et dont les chutes connues n'ont offert que deux autres exemples, j'indi- ( 216 ) que leurs principaux caractères. Elles sont noires, tendres et comme charbonneuses, et leur faible consistance est due à leur cimentation par un sel soluble qui consiste principalement en hydrochlorate d'ammonia- que; elles se désagrègent quand on les plonge dans l'eau. — Je donne, en terminant, une analyse de M. Cloez, d'où ressort celte curieuse par- ticularité, unique jusqu'à ce jour, que la couleur noire de ces météo- rites doit être attribuée à une matière organique analogue à V humus ou au terreau. NOTE BIBLIOGRAPHIQUE PUCERONS Par M. Cli. DES MOULINS, Président. Privé de toutes connaissances relatives à l'entomologie , je me suis trouvé conduit, par une circonstance particulière, à recueillir et à communiquer à la Société la liste d'un certain nombre de publications afférentes , en tout ou en partie , à l'histoire naturelle des pucerons, et la Compagnie a jugé qu'il pouvait être utile que cette liste fût publiée, parce que : Premièrement, elle pourrait rendre quelque service et épargner quel- ques recherches aux naturalistes qui seraient ultérieurement tentés de se livrer à l'étude de ces animaux ; Deuxièmement, elle offrirait un exemple des difficultés qu'on a sou- vent à vaincre pour arriver à connaître tout ce qui a été publié sur un sujet déterminé et dont l'étude est peu répandue. Troisièmement, la Société s'est trouvée heureuse de profiter de cette occasion pour rendre un public hommage à la mémoire respectée d'un ( 217 ) savant récemment enlevé à l'affection et à la reconnaissance des amis des études sérieuses el persévérantes. — Cet homme si modestement et en même temps si éminemment utile, pendant la seconde moitié de sa vie, aux naturalistes, et dont les labeurs, qui ont duré près d'un demi- siècle, le leur seront encore après sa mort , cet excellent homme duquel on peut dire qu'il vivait pour aider ses semblables , c'était le docteur Lemercier, sous-bibliothécaire du Muséum. Voulant que cet établisse- ment scientifique fût utile autant que possible aux travailleurs, non- seulement par les ouvrages qui y sont conservés , mais souvent même encore en signalant au public ceux que la Bibliothèque du Muséum ni; renferme pas, le docteur Lemercier, depuis près de cinquante ans, s'é- tait imposé et continuait la tâche minutieuse et pénible qui consiste à extraire de toutes les publications qui venaient à sa connaissance , la mention de tous les faits d'histoire naturelle qu'il y trouvait consignés. Ces faits, enregistrés séparément et groupés méthodiquement, étaient répartis dans des casiers où l'on n'avait qu'à porter la main pour y trou- ver à coup sûr et sans retard la mention de tout ce qui a été publié sur le fait ou le sujet dont voulait s'occuper le questionneur. En Allemagne, en Angleterre, il existe des répertoires , des publica- tions périodiques qui remplissent ce rôle d'abnégation utile que s'impo- sait M. Lemercier, et,dans ces deux pays, le dévouement scientifique qui se voue à un labeur obscur et pénible, trouve sa récompense dans la sympathie publique et dans le placement assuré des publications de ce genre. Mais en France, rien de semblable! Chez nous domine V auto latrie , et nous croyons toujours perdre notre temps quand nous travaillons à la façon des fourmis et des abeilles ! Voici la liste — bien incomplète sans doute , — des documents récents dont il m'a été donné de connaître l'existence. Quelques-uns d'entr'eux ( et surtout une des lettres de M. D. Clos) renferment , sur le même sujet, l'utile indication d'un nombre considérable d'autres travaux plus ou moins importants ou bons à consulter, et qui datent des temps anté- rieurs au nôtre, depuis l'antiquité jusques et compris la première moi- tié de notre siècle (Théophraste, Pline, Stapel , Pena et Lobel , Bauhin, Camérarius, Clusius, Ray, Garidel , Linné , Tournefort , Galibert, Réau- mur, Poiret, Schlectendal, d'Audebard de Férussac, etc., etc. ) : 1853. — Lacaze-Duthiers, Recherches pour servir à Vhistoire des galles ( Annal, des scienc. natur., 3* série, Botanique, t. 19, p. 273, pi. ( 218 ) 16, 17, 18, 19 ). — Grand et beau travail, absolument capital sur la matière, et qui serait complet si le savant auteur eût touché au côté historique de la question. 11 laisse aussi à regretter qu'on n'y trouve aucune des galles en forme de corne du Pislacia Terebin- thus. 4 854. — Lacaze-Dothiers et A. Riche, Mémoire sur l'alimentation de quel- ques insectes gallicoles et sur la production de la graisse. ( Annal, des Scienc. natur., 4 e série, Zoologie, t. 2, p. 81 ). — Ce mémoire considérable et d'une grande importance théorique générale, est tout chimique et physiologique : il ne contient rien de relatif aux Pucerons en particulier. 1862. —Dominique Clos, Essai sur la végétation d'Ussal (Ariége), in Revue des Sociétés savantes (Scienc. mathématiq., physiq. et naturell. ), n° du 11 Juillet 1862, t. 1 er , p. 313. — Dans ce mémoire, le savant professeur-directeur du Jardin des Plantes de Toulouse fait connaî- tre (p. 320) l'existence à Ussat et à Cahors, sur le Pistacia Tere- binlhus, d'espèces de galles semilunaires, formant des excrois- sances ressemblant à de larges siliques terminées en pointe. 1862. — Charles Des Moulins , Quelques Notes à l'occasion d'une publication récente de M. D. Clos (Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, t. 24, pp. 96-98), fait connaître l'existence de ces galles en forme de siliques, au Puy d'Issolu (Corrèze, 1860), et à Bézenac ( Dordo- gne, 4 851 , récoltées par le bien regrettable Oscar de Lavernelle ), elles s'y trouvent aussi toujours sur le Térebinlhe. 1863. — Léon Dufour, dans une Note du 18 Décembre 1862 , insérée au t. 24; p. 202, des Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux , donne quel- ques détails historiques sur les dites galles, et cet illustre entomolo- giste déclare que, de même que celles des feuilles de l'Ormeau, elles sont déterminées par des Pucerons. 1863. — D. Clos, Notes (sous forme de lettre adressée M. à Ch. Des Moulins les 8 janvier et 28 juin 1863) insérées dans le même volume des Actes que la note de L. Dufour (pp. 204, 205), donne de nom- breuses indications bibliographiques sur ces mêmes galles. N. B. Il faut remarquer que ce volume de nos Actes n'est pas encore dans le commerce, parce que sa dernière livraison, réservée (pour la terminaison de la carte géologique de la Description phy- sique de l'île de Crète) à M. le professeur Raulin, n'est pas encore publiée. Il s'ensuit que les abonnés qui reçoivent nos volumes par livraisons au fur et à mesure de leur publication, connaissent seuls la première moitié de ce tome 24, tandis que les Sociétés, Bibliothèques et établissements publics auquels nos Actes sont adressés par volumes complets, n'ont pas encore reçu celui-ci. ( 219 ) 1869. — Balbiani, Mémoire sur la génération des Aphides (Annal, des scienc. nat. ; 5 me série, Zoologie, t. XI, pp. 7-89; pi. 2). —Grand et important mémoire où sont cités une foule d'auteurs anciens et ré- cents qui ont écrit sur ce sujet étudié et controversé depuis si longtemps. '1 839. — Planchon, Communication faite à l'Institut sur les Pucerons qui dévastent les Vignes dans certaines contrées du Midi de la France. Cette communication ne m'est connue que par la citation qu'en fait l'auteur du mémoire ci-dessous mentionné, M. Derbès. 1869. — Derbès, Observations sur les Aphidiens qui font les galles des Pis- tachiers (Annal, des scienc. natur., 5 e série, Zoologie, t. 11, pp. 93 - 107; pi. 3 et 4). Dans ce mémoire spécialement consacré au sujet dont j'ai tenté d'esquisser la bibliographie récente, le savant pro- fesseur de la Faculté des sciences de Marseille attribue au Pistachier Térébinthe cinq espèces de pucerons du genre Pemphigus Hartig, et au Pistachier Lentisque une seule espèce d'un genre qu'il nomme, à la page 1 06, Telrenema, et aux pages 94, 96, 1 04 et 1 07 Tetraneura Hartig: il est probable que cette dernière appellation est la vraie, puisqu'elle est répétée quatre fois. 1869. — Articles de journaux. — M. Léo Laliman, viticulteur distingué de la Gironde (commune de Floirac, canton du Carbon-Blanc), a écrit dans le journal la Guienne du 16 juin et du 7 août 1869, deux articles destinés à appeler l'attention la plus sérieuse des viticulteurs sur le puceron dont il raconte l'introduction dans la Gironde et qui, depuis peu de temps, cause tant de ravages dans le midi de la France. De son côté, M. le docteur Télèphe Desmartis a publié dans un nouveau journal de Bordeaux, nommé l'Indicateur vinicole, du 3 juillet 1 869 et n os suivants, une série d'articles très— détaillés, surtout au point de vue entomologique, sur le même sujet. Quelques viticulteurs, m'a-t-on dit, ont attribué à ce puceron rava- geur la coloration d'un beau jaune brillant, qn'on observe asseï sou- vent sur les vignes, surtout dans les sols gras et humides. C'est ce qu'on appelait des vignes chlorosées, et dans cette hypothèse il s'a- gissait d'une maladie purement végétale. Si l'attribution du change- ment de couleur au puceron était reconnue vraie, il faudrait recon- naître aussi que cette mauvaise bestiole n'est pas d'introduction ré-" cente et qu'elle a été timide dans ses débuts, car il y a bien long- temps que nous connaissons des vignobles chloroses par places, d'une façon tout à fait sporadique et sans qu'il en soit résulté jusqu'ici de graves dommages. Rapporta la Société d'Agriculture de la Gironde, dans sa séance ( 220 ) du i Août 1869, sur la Maladie nouvelle de la Vigne, par M. le D* de Làvergne, président de la Société. — Ce rapport, qui contient des observations détaillées et faites avec beaucoup de soin, fait connaître le nom de M. Delobme , vétérinaire et viticulteur à Arles, qui a, le premier, signalé publiquement cette nouvelle maladie dont l'apparition a eu lieu en Provence en 4 863 ou 1865. — Le puceron a été découvert, le 15 juillet 1868, par M. le prof. Planchon, de la Faculté des sciences de Montpellier, qui le nomma d'abord Rhizaphis (puceron des racines); mais cet excellent nom caractéristique a dû êtreabandonné lorsque M. Planchon a reconnu que l'insecte appartient à un genre déjà connu, Phylloxéra. — Le Rapport de M. de Làvergne, emprunté aux Annales de la Société d' Agriculture de la Gironde, a été reproduit, en août 1869, par divers journaux de Bordeaux. En présence de la gravité déjà trop probable de cette nouvelle ma- ladie de la vigne, la Société Linnéenne de Bordeaux, dans sa séance générale du 18 Août 1869, a nommé une Commission spécialement chargée de se livrer à l'étude des éléments qui la constituent ou l'accom- pagnent. Les résultats qu'obtiendra le travail de cette Commission seront successivement publiés dans nos Actes. J'ai pensé — et la Société a jugé dans sa séance précitée, qu'il serait utile de publier la présente Note, que je lui avais soumise le 7 juillet dernier et que j'ai conduite jusqu'au 20 août courant, comme une sorte d'Introduction aux Rapports futurs de la Commission. Je profiterai de ceux-ci pour faire connaître les additions qui devront êtes faites à la liste ci-dessus. Bordeaux, 21 Août 1869. MALADIE NOUVELLE DE LA VIGNE RAPPORT PRÉSENTÉ A LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX Dans la séance extraordinaire de son Conseil d'administration, le 15 septembre 1869. Messieurs , M. Léo Laliman, propriétaire de vignes dans les palus de Floirae près Bordeaux , nous ayant envoyé à l'occasion de notre séance du 41 août dernier quelques feuilles de vigne chargées de tubérosités conte- nant des insectes , M. le Président nomma aussitôt une commission pour s'occuper spécialement de la nouvelle maladie qui, depuis si peu de temps, a fait tant de progrès dans nos vignobles, et pour instituer les expériences qu'elle jugerait nécessaires au succès de cette étude. Cette commission fut composée de la manière suivante : MM. le comte de Kercado , président ; Lambertie, E. Benoist, H. Trimoulet , secrétaire- rapporteur. La Commission a décidé qu'un rapport sur l'état actuel de la question vous serait soumis au plus tôt, et nous venons aujourd'hui, le plus briève- ment possible, nous acquitter de cette mission. Tome XXVII. 48 ( 222 ) § I. — HISTORIQUE. INVASION PRIMITIVE DE LA MALADIE. M. Delorme , vétérinaire et viticulteur à Arles, a signalé le premier le mal en 1867, mais en faisant remonter son apparition à 1865. SYMPTOMES. — Les pieds de vigne frappés de cette terrible maladie commencent, en juin et juillet, à avoir leurs feuilles plus ou moins jau- nies ; les sarments cessent de croître ; les racines et les radicelles se pourrissent et présentent de nombreuses altérations. Bientôt des nodo- sités se forment à leurs extrémités. Dans le mois suivant, le mal empire ; les feuilles tombent avant le temps; les raisins se flétrissent; les sar- ments se dessèchent. L'œuvre de destruction, loin de cesser pendant l'hiver, s'augmente au contraire, car, au printemps, les souches qui ont été frappées l'année précédente ne poussent pas ou donnent une végétation très-faible, et l'on comprend sans peine que leur vie est sérieusement compromise. PROGRÈS. — D'après M. Delorme, la maladie aurait commencé à paraître sur le territoire d'Arles, en 1865; M. David de Penanrun fait remonter son apparition dans les vignobles de Villeneuve (Gard), à l'année 1863. A son origine, cette maladie ne causa qu'un dommage insignifiant, dont on ne s'occupa seulement pas , et ce ne fut qu'en 1867 que M. De- lorme jeta le premier cri d'alarme : le mal avait grandi et commençait à causer des dommages considérables. En 1868, le désastre augmenta encore; toute la Provence fut envahie et le Languedoc fut sérieusement menacé. Aujourd'hui, les départe- ments de Vaucluse , de la Drôme , des Bouches-du-Rhône et du Gard sont presque totalement infestés ; la Gironde et la Savoie commencent à l'être. ACourthezon, M. Masson, notaire, annonce que sur environ 1,600 hectares de vignes que contient cette commune, 1,200 hectares sont envahis. Voici encore quelques citations à l'appui de l'apparition du mal ; elles sont tirées du Messager agricole , 10 e année , page 153 : « Aujourd'hui les vignerons de tout le département de Vaucluse et ( 223 ) » d'une bonne partie du Gard, des Bouches du Rhône et de la Drôme, » sont à-peu-près ruinés. C'est désolant avoir! » (J. Lichtenstein.) « Les espérances qu'avait fait naître chez quelques viticulteurs la » disparition presque complète des pucerons pendant l'hiver, ne se sont » pas réalisées. 11 ne faut pas toutefois se laisser aller au décourage- » mant, mais chercher de nouveaux moyens pour combattre l'ennemi, » (Doct r Fréd. Cazalis ). « Le cinquième des vignobles de Vaucluse a péri ou est dangereuse- » ment compromis. » Avignon, 46 Juin 1869. Bedel, secrétaire-rapporteur. Il n'est donc pas inutile aujourd'hui de constater exactement et cons- ciencieusement l'état des choses et de soumettre à un examen sévère les opinions souvent très-opposées qu'ont émises , sur les causes de la ma- ladie, des hommes très-compétents dans la matière. Il serait également utile d'énumérer avec soin les divers modes de traitement déjà em- ployés ou proposés , et surtout de relater les résultats qu'on a obtenus jusqu'à ce jour de leur emploi. CAUSES. — Nous allons donc commencer, Messieurs, par faire passer sous vos yeux toutes les théories émises sur les causes présumées de la nouvelle maladie ; elles ont toutes été défendues avec talent et attaquées de même. Pour le moment , votre Commission ne fera que développer ces diverses opinions , sans en défendre et sans en attaquer aucune ; - se réservant le plus libre examen , elle n'émettra son avis qu'après avoir fait les vérifications et les études nécessaires. Cryptogames. — M. H. Joulié, pharmacien en chef de l'hôpital Saint- Antoine à Paris , a prétendu que la maladie était occasionnée « par un » végétal cryptogame « qui pénètre par la moelle béante des sections » de la taille; dont le mycélium envahit d'abord celte moelle, puis » se répand en se multipliant dans le bois qu'il désagrège com- » plètement. Lorsque le cep ainsi habité vient à se briser d'une ma- » nière quelconque, il répand dans l'air les innombrables spores dont » il est rempli , et celles-ci vont au loin propager le fléau dont elles sont » le mobile véhicule. » {Messager agricole, 9 e année, page 230.) Les adversaires de M. Joulié lui ont répondu que le microscope ne leur a fait voir dans aucun cas des sporules cryptogamiques ; on aperçoit ( 224 ) des granulations provenant de fécules , fort abondantes dans le bois de la vigne, mais ce ne sont point des cryptogames susceptibles de se reproduire. Sécheresse. — M. Raoux conclut que la sécheresse « est la cause pre- » mière du mal, et que c'est elle qui a favorisé outre mesure le déve- » loppement des pucerons. Il ajoute que les vieilles vignes résistent » mieux que les jeunes, les premières étant profondément racinées dans » le sol et pouvant y braver mieux la sécheresse que les secondes qui » n'ont que des racines superficielles. » ( Mess. Agr., 9 e année , p. 346.) On a objecté à M. Raoux que la sécheresse avait été aussi grande en Provence qu'en Languedoc , et que la maladie ne sévit pas dans cette dernière province; enfin que, dans divers endroits , elle ne s'est déclarée qu'après les fortes pluies , soit de l'automne , soit de l'hiver et du prin- temps. Froid. — M. H. Mares , secrétaire perpétuel de la Société centrale d'Agriculture de l'Hérault, étant allé visiter et examiner avec une com- mission les vignes malades en 4868 , dit que « les grands froids qui ont » sévi l'hiver dernier sans interruption, du 30 décembre au 11 janvier, » sont la cause déterminante de l'état déplorable des vignobles atteints , » et qu'ils ne sont le siège d'aucune maladie particulière de la vigne. (Mess. Agr., 9 e année, page 234.) Le froid, a-t-on répondu , désorganise le bois extérieur et les parties aériennes de la souche en commençant par ses portions les plus élevées ; mais jamais ou presque jamais le froid ne tue les racines. Enfin , l'hiver de 1868-69 a été des plus doux, et la maladie a empiré. Appauvrissement du sol. — Un éminent agronome, M. Paul de Gas- parin, pense que « la maladie de la vigne est due au défaut d'alimenta- » tion dans des sols épuisés, à la pauvreté d'un sol dépourvu d'un des » aliments nécessaires (potasse, acide phosphorique ou matière orga- » nique) ; il dit qu'on a eu tort de planter des vignes dans des terrains » impropres à cette culture et qu'ainsi les ceps ont dégénéré. » (Mess. agr., 9 e année, page 240 et 388.) On a répondu à M. de Gasparin qu'anciennement on ne plantait en vignes que les plus mauvais terrains, et que dans ces maigres sols qui ne sont jamais enrichis par la moindre fumure , la vigne vit pendant de bien longues années. ( 225 ) Lésion de la moelle. — M. Delorme attribue la maladie à une grave lésion de la moelle, qu'il a observée sur tous les pieds malades. (Mess. agr., 9 e année , page 410. ) On répond : Combien voit-on d'oliviers, de saules, de vieilles vignes même qui n'ont plus de moelle, qui ne conservent que V aubier et qui vivent pourtant en parfaite santé ! Pucerons. — Les délégués de la Société d'Agriculture de l'Hérault ont publié une note dans le Messager agricole sur la nouvelle maladie en juillet 1868. Cette note constate « la présence d'un puceron nouveau, » de couleur jaunâtre, sur les racines profondes comme sur les racines » superficielles. Pour ces agronomes, il n'y a aucun doute; le puceron » est la cause de la maladie et il est inutile de chercher ailleurs les rai- » sons delà mortalité des ceps. Mess, agr., 9 e année, page 237 et suiv.» Leurs adversaires répondent : 1° Comment se fait-il que l'hiver, pendant que le puceron n'existe pas ou est engourdi , — comment se fait-il que le mal s'aggrave plus que l'été? 2 U Comment se fait-il que les pucerons n'attaquent pas les vignes sau- vages ou délaissées sans culture, malgré qu'elles se trouvent au milieu d'un foyer d'infection? 3° Comment se fait-il que les pucerons qui , jusqu'au dernier, aban- donnent une souche dès qu'elle commence à dépérir., vivent parfaite- ment et par milliers sur une racine presque desséchée et conservée dans un bocal? Personne encore ne connaît assez la cause de la maladie pour l'attri- buer avec certitude, soit au froid, soit à la chaleur, soit à l'humidité, soit à la sécheresse, soit à la composition du sol, soit à son épuisement , soit enfin à la présence des cryptogammes ou d'insectes parasites ! Toutes ces théories peuvent avoir du bon; cependant, dès à présent peut-on dire , sans trop s'avancer, que si le puceron n'est pas la première cause du mal , il peut bien jouer aujourd'hui le rôle principal dans la destruc- tion de nos vignes. Dans ce cas, le premier pas serait fait vers la solu- tion cherchée ; car l'insecte parasite souterrain , dont la multiplication est très-rapide et très-considérable , est trouvé. Il ne reste à connaître que son histoire, ses transformations, son mode de locomotion à travers l'espace et, lorsqu'on les connaîtra, alors seulement on pourra travailler à sa destruction avec quelque chance de succès. Bien des obscurités, ( 2-20 ) bien des incertitudes restent encore à dissiper dans l'étude de celte importante question; mais ce que l'on peut d'ores et déjà constater, c'est malheureusement l'incontestable gravité du mal qui augmente avec une intensité toujours croissante , et dont cet insecte paraîtrait être l'un des agents les plus actifs. Si donc il est la cause unique ou principale de la maladie de la vigne en causant par sa piqûre la désorganisation des tissus corticaux et les privant ainsi de l'action des organes essentiels à leur vie, sa destruction doit être le point de mire des hommes dévoués et éclairés qui se li- vrent à l'élude de ce fléau. Que l'on cherche donc à détruire ce parasite microscopique, plutôt que de perdre le temps à discuter sur la question de savoir s'il est ou non la cause première ou la seule cause de la mala- die. En effet, si la maladie disparaît avec l'insecte, le problême qu'on cherche aujourd'hui en vain à résoudre, se trouvera tout résolu. En étu- diant avec soin ces pucerons, on connaîtra l'époque de leur éclosion , leur rr.ode d'existence, leurs habitudes, la nature et le fonctionnement de leurs organes respiratoires, digestifs et reproducteurs. Il sera possi- ble alors, sinon facile, de trouver un poison violent, soit pour l'animal lui-même, soit pour ses larves ou ses œufs. On ne pourra jamais attein- dre un tel résultat avant d'être en possession de ces données, dont l'ab- sence occasionne les tâtonnements multipliés dont nous sommes les témoins. Remèdes. — Les remèdes seront probablement plus faciles à trouver qu'à appliquer, car on pourra guérir aisément quelques souches; mais la grande difficulté se rencontrera toujours dans l'application d'un remède quelconque à des vignobles d'une étendue considérable. Devra-t-on employer des substances solubles ou insolubles? Les fau- dra-t-il employer en poudre ou en solution? Tous les liquides dont le contact fait périr les insectes sans nuire à l'économie de la plante, peuvent être appliqués avec succès : pétrole, benzine, huiles lourdes, créosote, savonnade, lessive, acide phénique, cendres, soufre, chaux en poudre ou liquide, tourteaux de colza, etc. Les moyens culturaux, les fumures surtout et les amendements qui doivent augmenter la vigueur de la végétation de la vigne seront employés avec avantage, car en détruisant l'insecte, ils permettront à la plante de mieux résister aux atteintes de la maladie. Les sels de cuivre , de plomb ou de mercure étant des poisons très- ( 227 ) actifs pour toutes les plantes , doivent être écartés et ne peuvent servir à combattre le puceron. Les substances solides en poudre, enfouies après déchaussage préala- ble Ses ceps et pouvant être dissoutes plus ou moins lentement par les pluies, de manière à être entraînées jusqu'aux racines les plus profon- des , afin d'attaquer les pucerons jusques dans les dernières ramifica- tions de leurs demeures, constitueraient, dans les prévisions de votre Commission, le procédé le plus susceptible d'inspirer quelque confiance. Voici maintenant un résumé qu'il nous paraît utile de faire passer sous vos yeux, des principaux résultats obtenus dans les essais tentés jusqu'à ce jour pour détruire les pucerons; nous les extrayons du Mes- sager agricole du Midi : « M. Louis Faucon a réussi en inondant ses vignes. » (Mess, agric, 10 e année, page 225.) « M. Tacussel et d'autres propriétaires de la commune de Jonquerelte ont essayé successivement, mais inutilement le sel , la chaux vive, le soufre. » (Mess. agr. } 10" année, page 178.) « M. Louis Tallet et d'autres propriétaires de la commune du Thor ont employé, tout aussi inutilement le fumier, le plâtre, la chaux, le soufre, le sulfate de fer. L'inondation des vignes aurait seule eu le pou- voir de ralentir le mal , mais sans arriver à le faire disparaître. » (Mess. agr., 10 e année, page 178.) Les essais ci-après ont été faits sur des souches de médiocre vigueur, en ligne le long d'une allée de platanes ; les souches étant déchaussées , la masse totale a été dissoute ou diluée dans 5 litres d'eau par souche et répandue à l'arrosoir. Le pied de la souche a été recouvert une heure après l'arrosage. » Trois jours après l'emploi, un second arrosement avec 5 litres d'eau par souche a été fait ; la pluie est venue La 2 e série répond à cette question : La substance est-elle funeste ( 229 ) au puceron dans les conditions où il se trouve sur les racines de la vigne? La Commission , par des raisons de prudence que lout le monde com- prendra, n'a pas voulu introduire directement aux pieds des souches le nouveau puceron, afin de se livrer à l'essai des subtances supposées toxi- ques pour cet insecte; elle a donc divisé cette série de ses expériences en deux parties. Elle s'est adressée d'abord à d'autres espèces de puce- rons communs dans nos jardins, et a remplacé le puceron de la vigne par ceux du pommier et du laurier rose (Aphis Mali et Aphis Neriastri). SUBSTANCES employées. QUANTITÉS. LEUR ACTION sur la vigne. LEUR ACTION sur les pucerons du rosier et du pêcher. Acide phénique. . . . 5 gram. par souche. très-belle végétation » i — 25 — — mort des souches . . » - Arsénite de soude. . Acide arsénieux. . . 25 — — . 25 — — . très-belle végétation tue subitement l'in- secte. » Sulfure de calcium. 10 millièmes d'une solution concentr. rien de particulier.. ne le tue pas dans une heure. Huiles lourdes. . . . 150 gr. par souche. 400 — — . souches pâles, souf- frantes, mort des souches . . » M Acide phénique . . 10 — — très-belle végétation le tue rapidement. Coaltar 1 litre pour 5 litres d'eau par souche. rien de particulier. . » Acide arsénieux. . . — — » Ammoniaque liquide i 10 millièmes 50 gr. par souche. belle végétation. . u Chaux et soufre. . . l/2k. de chaque subs- tance par souche . rien de particulier. . » 50 millièmes 150 gr. par souche. feuilles brûlées. . . . » 20 millièmes 100 gr. par souche . -belle végétât., feuil- les brûlées. le tue lentement. 2 gram. par souche. belle végétation. . . » Acide d'arsénîque. . 2 très-belle végétation » Staphysaigre (décoct) . le tue lentement. ( 230 ) Les expériences qui viennent d'être exposées devaient forcément rester incomplètes. Ne portant que sur des vignes saines et dépourvues de pu- cerons, elles se bornaient à rechercher les doses de substances insecti- cides que pourraient supporter ces vignes. La commission a fait ensuite sur des vignes malades, chez MM. Henri et Frédéric Leydier à Gigondas, les expériences dont voici les résultats : Chaux vive, de 100 gr. à 1 k. tue beaucoup de pucerons; succès incomplet. Tourteau de colza, 100 gr. à 1 k. n'a pas d'action sur l'insecte. Acide arsénieux, 2 gr. 1/2 et 5 gr. par souche, succès nul. Huile de pétrole, 50 gr. par souche, beaucoup d'insectes résistent. Acide phénique liquide, 5 à 10 gr. souche intacte, pucerons tués. Coaltar ou goudron de houille, 200 gr. par souche; souche intacte, pucerons tués. § II. - HISTOIRE NATURELLE. L'insecte, découvert en juillet 1868 sur les racines de la vigne par les membres de la Commission de la Société d'Agriculture de l'Hérault réunie pour étudier sur place la nouvelle maladie , fut décrit par M. Planchon, l'un de ses membres, professeur à la Faculté des sciences de Montpellier et directeur de l'Ecole supérieure de pharmacie de cette ville. Il lui donna d'abord le nom de Rhizaphis (puceron des racines), qu'il a dû remplacer par celui de Phylloxéra antérieurement créé par M. Boyer de Fonscolombe , pour un autre insecte du même genre et qui vit sur le chêne. Le nouvel insecte a reçu le nom spécifique de Phylloxéra vastatrix Planchon. Le genre Phylloxéra appartient au groupe des Myzoxylides dans l'or- dre des Hémiptères. Comme tous les Hémiptères de la section des Gra- 1 dipèdes, il a deux formes principales : la première sans ailes (aptère), la deuxième ailée. C'est sous la première de ces formes qu'il vit et se multiplie sur la racine de la vigne où il cause de si grands dommages. Il est, suivant son âge , jaune-clair ou roussâtre. Nous ne croyons pas devoir répéter ici sa description qui a été déjà publiée plusieurs fois. (Mess, agr., 9 e année, pages 284 et 327, etc.) (1) La femelle est très-féconde; elle pond une trentaine d'œufs qui, d'après les lois de la génération chez les pucerons, doivent être tous femelles ; et comme selon la même loi il y a probablement dans le cours d'une année une dizaine de générations et que dans une seule (la dernière) il se trouve des mâles , sa postérité est innombrable au bout de l'an. (1) Voir également VAlmanach du buveur, du négociant en vins et du viticulteur chez M. Féret et fils, éditeur- libraire à Bordeaux, cours de l'intendance. {Note de la Commission). ( 231 ) Le rnâle est encore inconnu. L'insecte ailé est très-rare, les personnes qui l'ont étudié n'ont vu que des femelles : on n'a pu l'obtenir sous cette forme qu'en capti- vité. La locomotion des Phylloxéra doit leur être facile également sur et sous terre , et plusieurs expériences tendent déjà à confirmer cette présomption. La présence dn Phylloxéra vastalrix a été constatée en toute saison sur les racines ; seulement, au commencement de l'hiver, il abandonne les racines les plus rapprochées de la surface du sol pour descendre jus- qu'aux plus profondément situées , ce qui a fait croire à quelques per- sonnes qu'il avait entièrement disparu. Le fait est que les pucerons con- tinuent à diminuer de nombre pendant les mois de janvier et de février, et on n'aperçoit plus alors d'ceufs sur les radicelles. § III. - HISTOIRE LOCALE. L'invasion a commencé dans notre département par les palus de Floirac. Depuis deux ans M. Laliman en avait donné avis à la Société d'Agriculture qui ne s'en est pas autrement inquiétée; mais le mal fai- sant des progrès rapides et s'étanl étendu aux propriétés voisines (chez MM. Chaigneau , Cahuzac et autres ) , on ne pouvait plus nier l'évidence et on se décida à nommer une commission pour s'occuper de la ques- tion. Pendant ce temps, M. le D r Th. Desmartis s'étant rendu chez M. Laliman, retrouva facilement sur la racine des vignes malades, l'insecte décrit par M. Planchon. Une commission est venue également de Paris, pour constater l'exis- tence du puceron dans la Gironde. Le 11 Août dernier — nous l'avons déjà dit, — M. Laliman vous a envoyé, Messieurs, des feuilles de vigne chargées de tubérosités ou espè- ces de galles contenant des insectes (1). En instituant votre Commission, vous l'avez chargée de les étudier : elle l'a fait. Ces galles sont excessivement irrégulières et très-rugueuses ; chaque excroissance a son ouverture bordée de poils, blanchâtres et en forme de fente, toujours ouverte à la face supérieure de la feuille. Il est essen- tiel de ne pas les confondre avec YErinewn vilis et avec YE. necator, tous deux très-communs dans nos vignes (espèces de boursouflures garnies (1) Le 11 Juillet, les mêmes excroissances avaient été observées par M. Pasteur chez M. et Mme Henri Leenhardt à Sorgues (Vaucluse). ( 232 ) de poils rosâtres, présentant leur côté concave en dessous des feuilles, et qui ne sont jamais fermées ). Cependant, dans le doute, on ferait très-bien de détruire les unes comme les autres. Ces galles ou nids sont habités par 1 , 2 et quelquefois 3 pucerons, avec des œufs et des peaux vides. Examinés au microscope, ces pucerons nous ont offert certaines variations qui ont besoin d'être revues et étu- diées. Ce sont toujours des Phylloxéra, mais est-ce bien la même es- pèce que celle de la racine ??... Votre Commission s'étant rendue le 1 er septembre à Latourate chez M. Laliman, elle y a trouvé l'accueil le plus gracieux, la réception la plus cordiale et les facilités les plus grandes lui ont été données pour accomplir sa mission. M. le docteur Chaigneau , propriétaire voisin et ancien maire de Floirac, étant venu rejoindre votre commission à la- quelle M. Laliman servait de guide, nous avons constaté par nous- mêmes l'intensité des désastres qui menacent de s'étendre sur noire département en détruisant la source de sa principale richesse; tous les cépages ont été attaqués indistinctement, même une partie des améri- cains, qui avaient été épargnés par Y oïdium. Plusieurs souches encore garnies d'insectes parfaits et d'œufs ont été arrachées et soigneusement rapportées en ville pour servir à nos expé- riences. Nous avons également trouvé le Phylloxéra dm chêne, type du genre qui nous occupe. Nous avons trouvé, mais difficilement, des feuilles de vigne avec tubérosités; mais malheureusement pour notre étude, ces galles étaient vides et de Phylloxéra et d'œufs. Il est à remarquer que les pucerons des racines supérieures les aban- donnent pour aller attaquer les racines inférieures : ceux des feuilles n'auraient-ils pas été les rejoindre pour se garantir du froid de l'hiver? Aujourd'hui, toutes les Sociétés d'histoire naturelle et d'agriculture s'occupent avec ardeur de cette importante question. La Société des agriculteurs de France a nommé, à la fin de 1868 f une commission de neuf membres pour suivre les progrès de la maladie et la combattre. Aussi, ne doit-on pas se laisser aller au découragement. Le mal est im- mense; mais on a , en grande partie, triomphé de l'oïdium : pourquoi ne triompherait-on pas également de ce nouvel ennemi? Le jour n'est peut-être pas loin où un remède énergique viendra détruire la cause ( 233 ) principale de ce désastre vinicole. En attendant, il ne faut pas le dissi- muler : la cause réelle du mal est encore ignorée; aucun des remèdes proposés jusqu'ici n'a donné un résultat sérieux. Votre Commission, en se mettant au courant de tout ce qui a été écrit jusqu'à ce jour sur ce sujet, se dispose à prendre part aux discussions nouvelles. Elle provoquera de tout son pouvoir les communications et les expériences ; c'est de là que devront jaillir les lumières à l'aide des- quelles on pourra atteindre des résultats définitifs. § IV. — CONCLUSIONS. Comme nous venons de le voir, le mal est déjà immense ; quelques départements du Midi sont très-gravement atteints ; les départements de la Gironde et de la Dordogne commencent à être infestés. Les progrès de la maladie sont rapides ; les remèdes à lui opposer doivent être prompts et énergiques. Les Sociétés savantes et agricoles doivent étudier avec ardeur cette importante question et appeler à leur aide les viticulteurs. C'est ce que nous faisons aujourd'hui avec confiance. Nous espérons que notre appel sera entendu et que de nombreuses communications nous serons faites. Ne restons donc pas dans une folle sécurité ; ce serait peut-être la ruine des vignobles de la Gironde. N'oublions pas le pré- cepte : « Aide-toi , le ciel t'aidera ! » Messieurs, votre Commission conclut ainsi qu'il suit : Attendu que la nouvelle maladie de la vigne soulève une grave ques- tion d'utilité publique, laquelle intéresse un grand nombre de départe- ments, et cela dans un temps où les concours sont si fort en usage , la Commission demande à la Société d'ÉMETTRE le vœu que Son Exe. M. le Ministre de l'Agriculture institue un prix en faveur de l'investigateur laborieux qui aura trouvé un remède radical contre la nouvelle maladie de la vigne. Au nom de la Commission : Le Secrétaire-rapporteur, A. -H. Trimoulet. Lecture faite du rapport ci-dessus, Le Conseil d'administration de la Société Linnéenne, siégeant en séance extraordinaire pendant les vacances réglementaires de la Société, et par suite revêtu des pleins pouvoirs d'icelle, ( 234 ) Adopte les Conclusions dudit Rapport, et décide que : 1° Le Rapport de la Commission sera publié dans les Actes delà Société Linnéenne de Bordeaux. Un exemplaire dudit rapport sera adressé par le Président de la Société à Son Exe. M. le Ministre de l'Agriculture, avec prière de vouloir bien prendre en sérieuse considération le vœu formulé par la Compagnie; 2° Un tirage à part dudit Rapport sera fait à deux cents exemplaires et adressée M. le Préfet de la Gironde, aux autres autorités et aux principaux viticulteurs du département; 3° Le Président fera connaître à M. le Préfet que la Commission se propose de poursuivre les expériences commencées. Il demandera à ce magistrat de vouloir bien donner des instructions aux Maires des communes vinicoles de la Gironde, Premièrement, pour que tout avis de l'apparition de la maladie dans ces communes soit signalé sans retard à l'Administration préfectorale, et trans- mis par celle-ci à la Société Linnéenne, Secondement, que Messieurs les Maires des communes infestées soient in- vités d'une manière très-sérieuse à faire arracher et brûler immédiatement toutes les souches attaquées par le puceron. Fait à Bordeaux, en séance extraordinaire du Conseil, les jour, mois et an que dessus. Le Président de la Société, Charles Des MOULINS. Le Secrétaire du Conseil , Le Secrétaire général de la Société, J.-L. SAMY. L1NDER. 30 Septembre 1SG9. DEUXIEME RAPPORT NOUVELLE MALADIE DE LA VIGNE M. A.-H. TEIMOTJLET, Rapporteur. Monsieur le Président , — Messieurs, La Commission de la Société Linnéenne de Bordeaux , composée de M. le comte de Kercado, président, de MM. Lambertie, Benoistet II. Tri- moulet, secrétaire-rapporteur, décida dans sa première séance qu'un premier Rapport sur l'état actuel de la question serait présenté à la Société. Ce rapport parut le 13 Septembre 1869. Dans ce rapport, la Commis- sion se borna à énumérer les théories émises sur les causes présumées de la maladie, et les remèdes proposés pour sa guérison, mais sans adopter ni rejetter les diverses opinions et les différentes propositions émises jusqu'alors sur la question. Après deux mois d'études, elle -vient aujourd'hui vous présenter un nouveau rapport analysant et attaquant la théorie qui admet le puceron pour unique cause de la maladie ; les autres causes ne trouvant actuelle- ment aucun défenseur, nous n'avons pas à nous en occuper. N'étant pas tout-à-fait d'accord avec la description que M. PJanchon a donnée du Phylloxéra, nous avions donné ici une description de cet insecte, avec les modifications reconnues nécessaires. Tome XXVII. (3 e Série : T. VII. - 3 e Livraison. ) 19 ( 236 ) Mais depuis, ayant eu connaissance du Phylloxéra du chêne, décrit et figuré dans les Bulletins de la Société entomologique de France par M. de Fonscolombe , et d'ailleurs M. Trimoulet ayant découvert en juillet 1869 , un Phylloxéra sur la feuille du chêne qui ne ressemble en rien à celui de ces dessins, et qui se rapproche tellement de l'insecte ailé de la vigne décrit par M. Planchon , que l'on pourrait les confon- dre; dans le doute, nous renvoyons nos descriptions au troisième rapport. Nous passons à l'analyse des divers rapports ou travaux importants faits jusqu'à ce jour. M. L. Faucon, propriétaire et viticulteur à Graveson (Bouches-du- Rhône) a publié dans le Messager agricole du Midi, du 5 Août 1860, (p. 225.) des notes sur la maladie nouvelle de la vigne. Après avoir combattu les diverses théories émises sur les causes de la maladie, il affirme que le puceron est la seule cause et non Y effet du mal, se basant sur ce que, (p. 232 ) : 1° Le nombre des pucerons est en rapport direct et constant avec Vèlal des racines ; 2° Ce nombre est d'autant plus considérable que Vèlal des racines est plus sain ; 3° Le nombre diminue à mesure que les racines sont épuisées de sève et meurent ; 4° Sur un sujet tout-à-fait mort , ou n'ayant plus de racines vivan- tes, il nest plus possible de trouver un seul puceron. Nous ne trouvons nullement ces observations concluantes; elles prou- vent seulement que les pucerons recherchent des racines, non pas en tant que saines , mais en tant que pouvant leur fournir une nourriture plus abondante. Quant aux insectes voyageant par troupes à la surface du sol , et qui , d'après ses neveux, « avaient F air de se promener la canne à la main, » et étaient entrés dans les crevasses comme de bons bourgeois entrent » dans un restaurant , » (page 232, ligne 2, Mess. agr. du Midi), Nous demanderons, en premier lieu, est-ce bien le Phylloxéra? Et dans ce cas ne serait-ce pas l'insecte des galles, tombé sur le sol et cherchant de suite l'obscurité qu'il affectionne quoiqu'élanl aveugle comme on l'a dit? Le même observateur, dans son article sur la même maladie, dit (p. 309 et suiv.) qu'il a rétabli momentanément des vignes au moyen de fortes fu- mures où l'azote domine, et qu'il est rationnel de croire que ( p. 314) : « Les vignes plantées en terrains très-substantiels, fumés de longue ( 237 ) » date , et que l'on continuerait à alimenter par des engrais riches en » éléments constitutifs de la souche , même dans le cas où elles seraient » envahies par le Phylloxéra , auront assez de vigueur pour se nourrir, «elles et leurs parasites, et pourront, sans éprouver un affaiblisse - » ment très-sensible, traverser la période de l'épidémie. » L'appauvrissement du sol serait donc , d'après ces lignes , la consé- quence de la maladie , et l'insecte en serait Y effet et non la cause com- me le dit l'auteur (page 324 ligne 34) : « Les opinions sont trop unanimes aujourd'hui sur ce point, pour » qu'il soit nécessaire d'y revenir, et de rechercher cette cause autre » part que dans la présence de l'insecte dévastateur sur les racines des » vignes. » Du reste, les lignes qui précèdent celles qu'on vient de lire renferment déjà assez d'obscurités pour qu'on ne s'étonne pas de cette contradiction à la première opinion émise quelques pages plus haut. L'auteur dit ensuite : » Les lignes qui précèdent ne paraîtront pas, je l'espère en désaccord » avec ce que j'ai dit déjà de la cause première et réelle de la nouvelle » maladie de la vigne. Ce n'est point de la cause de celte maladie dont » il est question ici. » De quoi est-il question alors? de quoi parle-t'on? Si ce n'est pas de la cause, c'est de l'effet. Le puceron est donc bien alors Y effet de la ma- ladie , car l'auteur ajoute plus loin : « Ce dont il s'agit maintenant, c'est d'expliquer ce qui a amené la » multiplication exagérée du Phylloxéra. » M. Faucon ajoute (page 325) en terminant : « Ennemi juré des dis- » eussions, je ne répondrai à aucune critique qui pourrait être faite sur » mes recherches. » La discussion est cependant le seul moyen de faire jaillir la lumière de l'obscurité qui enveloppe la question. M. Ed. Dufour, après avoir émis des doutes sur l'existence du Phyllo- xéra à Narbonne dit ( p. 280) : « Des esprit judicieux et éclairés ont recherché les causes et les ont w découvertes en partie. C'est bien le Phylloxer a qui est la cause directe » de la maladie. » Comment, deux lignes plus loin, repoussant la théorie des générations spontanées, et admettant que le Phylloxéras, toujours existé, com- ( 238 ) ment admet-il qu'il est la cause et non l'effet? car s'il a toujours existé , la maladie qu'il cause devait, elle aussi , exister de tout temps ; et comment l'invasion de cette maladie aurait-elle commencé , s'il n'y avait pas eu prédisposition morbide de la plante à favoriser le dévelop- pement et la multiplication outre mesure de ce genre d'insecte? M. J. Lichtenstein membre de la Société Entomologique de France , dans un article sur les hémiptères ampélophages en général et sur le Phylloxéra vastutrix en particulier dit (p. 273, Mess. agr. du Midi) : « Comme tous les hémiptères, puisque c'est justement par là qu'ils se » distinguent de tous les autres insectes, le Phylloxéra a un bec ou » suçoir composé d'une gaîne à plusieurs articles , dans laquelle se » trouvent trois petites soies qui lui permettent de pomper les sucs des » plantes. La conformation de la bouche des hémiptères les condamne » donc à une nourriture liquide , et il leur serait impossible , aussi im- j possible qu'à un papillon par exemple, de se nourrir d'un corps » solide. Je dis ceci en passant pour ceux qui ont pu croire que le puce- » ron, étant l'effet et non la cause, venait manger les souches pourries. » Il ne le peut pas. )> M. Lichtenstein se contredit lui-même; car si le Phylloxéra ne peut se nourrir que de corps liquides , il ne peut entamer un corps solide, tel que la racine, pour y faire pénétrer sa trompe. Il profile alors des fissures d'une racine dont celte espèce d'hydropisie a déjà fait éclater l'écorce, et où il trouve une nourriture abondante, un milieu favorable à son développement; il est donc ['effet et non la eause. MM. Planchon, professeur à la faculté de Montpellier, et J. Lichten- stein , membre de la Société Entomologique de France , dans un article publié dans le Messager agricole du Midi , sur le mode d'invasion des vignobles par le Phylloxéra (p. 281 ), parlent (p. 282) del'observaiion faite par les neveux de M. Faucon, de la marche du Phylloxéra aptère d'une souche à une autre. Cette observation ne prouve qu'une chose : c'est l'acuité de la vue de ces deux jeunes gens. Une observation de ce genre ne peut être d'aucun poids dans une question aussi sérieuse. Quant aux galles des feuilles, trouvées à Sorgues, nous sommes sur ce point parfaitement d'accord avec ces deux observateurs sur le nombre des œufs et des insectes qui y résident. Un seul point nous paraît très-obscur. Comment le Phylloxéra ailé pique-t-il les feuilles comme il paraît à MM. Planchon et Lichtenstein ( 239 ) qu'il en a les moyens, puisque, jusqu'à présent, il n'est fait nulle part aucune mention d'une tarière, ou de tout autre instrument pouvant servir au même usage ? Ces messieurs disent aussi (p. 283) avoir reçu de M. Laliman de Bordeaux : c Une boîte contenant des galles en tout semblables à celles de Pro- y> vence, et d'où s'échappaient par centaines de jeunes Phylloxéra. » Nous avons vu, provenant de chez M. Laiiman, un petit nombre de feuilles portant quelques galles d'où les insectes ne s'échappaient point du tout par centaines : elles n'en contenaient généralement que 2 ou 3 , tout comme dans les galles observées à Sorgues chez M. Leenhardt. Quanta l'expérience faite, (même page,) pour savoir, si c'est le même Phylloxéra que l'on trouve sur la racine et dans la galle, elle n'est pas du tout concluante; car, en enfermant une feuille gallifère avec une racine fraîche, il est certain d'après les conclusions de Lichtenstein (p. 274) que le Phylloxéra quittera la feuille qui au bout de 24 heures sera sèche, et que les insectes cherchant une nourri- ture humide, se jetteront sur la racine qui leur offrira des moyens d'existence. « Comment se fait-il » disent MM. Planchon et Lichtenstein (p. 284) » que : « Dans un pays infesté du Phylloxéra , les galles que pourraient pro- > duire les femelles ailées ne se rencontrent qu'à l'état d'excessive rareté? » A cela l'on peut répondre : L'observation n'a été faite qu'aux mois » de juillet et d'août, pendant quelques jours seulement, alors peut- » être que les femelles ailées sont très-rares ; car, pendant toute notre » excursion de juillet, nous n'en avons vu que deux, et pas une dans » notre excursion d'août. » La grande apparition du Phylloxéra ailé des racines se fait proba- » blement en septembre : c'est peut-être alors que les galles pourront » apparaître en plus grand nombre et que les agriculteurs, avertis par » la présente note, sauront en constater la présence. » Nous nous permettrons de demander à ces messieurs, comment l'insecte ailé a produit des galles au commencement de juillet, quand M. Lichtenstein lui-même a dit (p. 274) : « Vers le mois de juillet et jusqu'en octobre , il naît des individus » qui deviennent nymphes et insectes ailés? » Il leur faut au moins un mois pour se transformer , si on en juge par ( 240 ) a loi qui régit les métamorphoses. Déplus, comment se fait-il que les galles cessent à la fin d'août quand la grande apparition du Phylloxéra ailé des racines a lieu suivant eux en septembre , époque à laquelle les feuilles jaunissent et commencent à tomber? Comment se fait-il encore que des femelles ailées écloses en septem- bre , soient fécondées par la génération suivante , quand il n'y a de mâles ailés que de juillet en octobre suivant eux, — ce qui n'est pas , suivant nos observations ? Les mêmes auteurs ajoutent en post-scriplum (p. 285.) qu'ils ont reçu de M. Laliman de Bordeaux, « un fragment de feuille portant 45 galles, » ce qui en suppose au moins 200 pour la surface de la feuille entière : » or, dans une seule de ces galles, nous avons pu voir autour du corps » desséché d'une seule mère une vraie poussière d'œufs et de jeunes » Phylloxéra; au moins 100; chiffre qui, multiplié par deux cents, » donnerait 20,000 Phylloxéra pour une seule et même feuille. Or, ■» dans les vignes observées à Sorgues, il n'y avait pas moins de cin- « quante feuilles , ce qui donnerait le beau chiffre d'un million pour les » pucerons d'une même souche. » Ces messieurs sont en contradiction avec eux-mêmes, car ils ont re- connu (p. 282), que chaque galle à Sorgues, contenait 2 à 3 insectes et 6 à 10 œufs au plus. La Commission de la vigne nommée par la Société Linnéenne de Bor- deaux ayant reçu des feuilles avec des galles , les a examinées et tout en concluant que l'insecte est le même , elle ne peut encore s'expliquer comment il fait ses galles , s'il les fait ! Voici les observations faites par un membre de la Commission : L'étude de la galle au microscope donne une constitution analogue à celle décrite par MM. Planchon et Lichtenstein (p. 285) ; le nombre des galles ouvertes est de 10 : la feuille n'en portait pas plus. N° 1 .— 35 œufs, 2 insectes bien développés, pyriformes, une enveloppe sèche et noire provenant d'une mue. N° 2. — 12 œufs, un puceron très-jeune, 4 à 5 carapaces vides, sèches et noires. N° 3. — Carapaces vides , noires et œufs brisés. N° 4. — 15 œufs, animal mort, mais non desséché. N° 5. — 6 œufs, un insecte vivant pyriforme. N° 6. — 6 œufs, un insecte vivant, 15 enveloppes, blanches vides, transparentes, œufs en fragments. ( 241 ) N° 7.— 6 œufs, carapaces sèches en assez grand nombre, et un gros Phylloxéra pyriforme , qui , s'étant trouvé sous l'influence directe des rayons solaires concentrés par la lentille du microscope, a noirci en se roulant sur lui-même. N° 8. — Un seul insecte vivant au milieu de débris d'œufs. N° 9. — 60 œufs, 3 carapaces vides , un insecte vivant à la l re gros- seur, c'est-à-dire comme l'œuf. N° 10. — 45 œufs , 3 carapaces vides , 2 insecte's vivants à la deuxième grosseur. D'après ce qui précède nous voyons que la moyenne des œufs sus- ceptibles d'éclosion dans chaque galle en contenant, ne serait que de 21 . Si on tient compte des œufs vides, le nombre serait augmenté , mais ne dépasserait point le chiffre de 60 pour chaque galle, maximum trouvé dans le n° 9 où il n'y avait aucun œuf vide et un seul insecte vivant, à peine plus gros que l'œuf lui-même. Nous sommes donc loin du compte de MM. Planchon et Lichtenstein qui annoncent une vraie poussière d'œufs et de jeunes Phylloxéra. Quant au nombre de galles, nous n'en avons jamais vu plus de 10 à 12 sur une même feuille , ce qui est loin de 200 d'après les mêmes calculs. Quant à la quantité de feuilles gallifères , elles sont très-rares , car lors de la visite de la Commission chez M. Laliman, elle ne put en trouver , et M. Tri- moulet membre de la dite Commission, lors d'une troisième visite ne trouva que quatre feuilles sur deux souches. Une autre observation im- portante, c'est que ces galles se trouvent toujours sur une nervure de la feuille, corps assez dur à perforer pour un insecte dépourvu de tarière. La Commission départementale instituée dans la Vaucluse pour l'étude de la nouvelle maladie de la vigne conclut ( p. 297. ) : •••• »•• ......*.... « 2° Causes. — La majorité de la Commission a incliné dès le début » à penser que le puceron (Phylloxéra vastalrix) est le principal artisan » de la maladie. Comment admettre que cet insecte n'était que l'effet ou » le résultat, alors qu'on le trouve sur les souches vigoureuses en bien » plus grand nombre que sur les souches malades , celles-ci en étant » même totalement dépourvues ou, pour mieux dire, débarrassées dans » la dernière période de la maladie? Nous n'hésitons plus aujourd'hui » confirmer notre première opinion , et à l'unanimité , moins une voix , » nous reconnaissons que le puceron est l'unique cause de la maladie. : ( 242 ) Ces conclusions prouvent toujours que le puceron cherche les points où il trouve le plus d'aliments liquides en abandonnant les souches mortes ou mourantes dont le tissu noirci et décomposé , ne lui offre plus ce qu'il cherche. Qu'il augmente la maladie , c'est très-possible ; mais qu'il la cause , c'est fort douteux !!! La Commission nommée par la Société des Agriculteurs de France pour étudier la maladie nouvelle de la vigne , a publié son rapport dans le Messager agricole du midi, p. 355; et p. 365 , elle rend compte de ses observations dans le département de la Gironde. Ce rapport étant assez court, nous croyons devoir le reproduire avec nos observations (1). GIRONDE. Arrivée dans cette ville (2) dans la soirée du 16 Juillet, elle fut immédiatement mise en rapport, par M. de La Vergue, avec la Société d'Agriculture de la Gironde, qui compte tant d'hommes distingués dans son sein. Dès le lendemain elle se transporta dans la commune de Floirac, située sur la rive droite de la Gironde , à 3 kil. de Bordeaux , pour visiter le domaine des Gravetles, appartenant à M. le D r Chaigneau. Obs. — A3 kil. de la place Dauphine, point central de la ville, car la pro- priété de M. Chaigneau est encore clans la commune de Bordeaux (2). A peine introduite dans une grande vigne attenante à un beau jardin et située dans une terre de palus très-forte et très-fertile , elle reconnut tout de suite, malgré la différence du sol, des cépages, des cultures et du climat, tous les caractères extérieurs de la maladie qu'elle venait d'étudier dans la vallée du Rhône. Quelques coups de pioche donnés dans le sol , firent remonter à la surface des racines pourries, avec leurs nodosités caractéristiques et beaucoup de pucerons. Cette Commission a été plus heureuse que celle de la Société Linnéenne, qui, malgré plusieurs visites et plusieurs envois de chez M. Laliman et autres propriétaires, a vu, il est vrai, beaucoup de souches, mais très-peu de puce- rons. (1) Les Observations de la Commission de la Société Linnéenne sont imprimées en petit caractère (gaillarde), pour les faire distinguer facilement des alinéas de la Commission des Agriculteurs de France, auxquels nous répoudrons article par article. (2) Bordeaux probablement. {Note du rédacteur). ( 243 ) Bien plus , par une bonne fortune inattendue , M. Planchon découvrit un insecte ailé tout-à-fait semblable à celui qu'il avait observé. Le doute n'était plus possible : la Gironde était bien atteinte du même mal que la Provence et le Comtat. Notre Commission n'a pas eu la même bonne fortune que M. Planchon; elle attend encore la venue du Phylloxéra ailé qui, jusqu'à ce jour, malgré la quantité d'insectes aptères qu'elle a conservés en captivité dans des tubes et le grand nombre d'œufs dont elle a surveillé l'éclosion,n'a pas daigné se mon- trer à nos yeux. L'insecte ailé que M. Planchon a remarqué ne serait-il pas plutôt un Phylloxéra du chêne blanc échappé des haies voisines, où il se trouvait en grande quantité à l'époque où la Commission a visité la pro- priété? Il est à remarquer que l'insecte ailé du chêne vole parfaitement et a pu se transporter facilement sur les vignes examinées et, selon nous, péné- trer lui aussi, dans les fissures du sol. La Commission ne put se défendre d'une profonde impression de dou- leur, en voyant le plus riche vignoble du monde menacé à son tour par le fléau dont elle venait de voir les terribles effets dans la vallée du Rhône, Depuis quand la palus de Floirac est-elle le plus riche vignoble du monde ? Que sont alors les crûs de: Château-Lafitte, Sauternes, Château-Eyquem, Clos-Vougeot, Chambertin, Romanée, Johannisberg? Dans l'après-midi du même jour, elle se rendit à une réunion extraor- dinaire de la section des vignes de la Société d'Agriculture de Bor- deaux , pour y recueillir des renseignements et des détails qu'elle était avide de connaître sur la naissance de la maladie dans la Gironde , sur sa marche , sur ses progrès. M. le docteur Chaigneau exposa dans cette séance qu'il avait vu chez lui les premiers symptômes du mal en 1866, mais qu'il s'en était peu préoccupé. En 1868, le mal n'avait pas pris encore beaucoup, de gravité, car ses vignes furent celte année couvertes de fruits; mais, dès le mois de septembre, une assez grande mortalité commença à se manifester. Au mois d'avril 1869, 10 à 12 hectares étaient [déjà atta- qués dans la commune de Floirac ; au mois de juillet on en comptait 60. S'il y en a 30, c'est le bout du monde, car M. Chaigneau compte pour 40 hect.; M. Laliman, 5 hect. au maximum; M. Cahuzac, 5 hect. Divers, 10 hect. Total maximum, 30 hectares. ( Ui ) Frappé de celle marche rapide , M. le docteur Chaigneau avait appelé celle maladie nouvelle la phlhisie galopante. Il résulta de la discussion qui eut lieu après cet exposé, que le mal s'étend aujourd'hui à 11 kil. au-dessus et à 6 kil. au-dessous de Floirac. On dit même, qu'il com- mençait à paraître à Saint-Loubès, à 14- ou 15 kil. de Bordeaux, dans la direction du Nord. Où prend-on 11 kil. au-dessus de Floirac? cela nous mène à Camblannes, en traversant les communes de Floirac, Bouliac, Latresne et Camblannes. Quantaux 6 kil. en dessous, c'est la commune de La Bastide-Bordeaux, bâtie en maisons, celle de Lormont et celle de Bassens. Comme on le voit, d'après ces renseignements, dont l'autorité ne saurait être mise en doute, la maladie nouvelle de la vigne a fait , cette année, de grands progrès dans la Gironde; — mais elle ne paraissait pas, au mois de juillet dernier , avoir encore franchi le fleuve. D'après nos observations, ce serait le contraire. Suivant nous, elle ne doit pas le franchir, car les vignobles Médocains n'ont heureusement pas subi le même traitement que ceux de la commune de Bor- deaux et de Floirac. La Commission visita , sur la rive gauche, les vignes de palus de M. le comte de La Vergne , où elle trouva beaucoup de ceps morts, plus peut-être qu'à l'ordinaire, mais sans aucune trace de la maladie. M. de La Vergne a peut-être agi comme les propriétaires de Bordeaux- Floirac. C'est une hypothèse que nous avançons simplement. Il en fut de même dans le Médoc, qu'elle parcourut en partie, pour aller examiner, près du château de Giscours, des vignes qu'on disait malades. Là aussi, elle ne trouva heureusement aucun symptôme alar- mant. Il faut insister sur ce mot heureusement, car si le Phylloxéra envahissait le Médoc, il est probable qu'il y ferait de grands ravages. Les terrains secs à cailloux siliceux sont ce qu'il affectionne le plus. Il est vrai que, clans le Médoc , les défoncements sont très-profonds , que les eaux s'écoulent bien et que les vignes y sont, sous tous les rapports bien mieux soignées que dans la Provence et le Comtat. La Commission avait terminé sa tâche ; elle se sépara , etc., etc., etc. Mais, Messieurs, vous reconnaissez ici que les vignes du Médoc sont mieux cultivées, mieux entretenues, mieux irriguées que celles de la Provence et du ( 245 ) Conitat. Donc la prédisposition de la vigne à un état morbide est évidente, et si le Médoc a été jusqu'à présent préservé du développement exagéré de l'in- secte, c'est que, jusqu'à ce jour, les conditions qui causent ce développe- ment n'y existent pas; tandis que, dans la palus de Bordeaux et de Floirac, la communication avec la rivière qui apportait à chaque marée la fertilisation a été interrompue depuis trois ou quatre ans seulement. Vous êtes, Messieurs, en contradiction avec vos conclusions : l'insecte est donc V effet et non la cause du mal. Nous terminons par le rapport de la Société d'Agriculture de la Gironde. M. de La Vergne étant président de la Commission permanente des vignes de ladite Société, et membre de la Commission nommée par la Société des Agriculteurs de France, comment peut-on concilier ces deux rapports? Car, nous venons de voir ce que dit la Commission des Agriculteurs de France sur la commune de Floirac , et voici ce que dit M. de La Vergne, le 18 Août 1869 : « Dans nos vignes de la commune de Floirac , la dévastation n'a pas , » tant s'en faut, offert ce caractère , ni en étendue, ni en rapidité; » 10 hectares sur 20 sont perdus ou compromis chez M. Chaigneau. » Le vignoble de cette contrée est atteint en divers points sur une » longueur de 4 kilomètres; mais ces foyers sont d'une petite étendue, et y> l'on ne compterait peut-être pas 400 souches sur le plus considérable » d'enlr'eux. Il suffit cependant de ce qui existe pour établir que l'inva- » sion est incessante, et que, depuis l'an dernier, elle a fait de grands » et redoutables progrès. » D'où vient celte contradiction qui nous donne raison contre la Com- mission des Agriculteurs de France, dont M. de La Vergne est membre, et à laquelle il a dû fournir des renseignements dont l'autorité ne devait pas être mise en doute? Nous ne relevons pas le reste du rapport, où nous ne trouverions que ce qui a déjà été dit et discuté par nous dans les rapports imprimés dans le Messager agricole du Midi; et comme dans ses conclusions M. de La Vergne ne conclut qu'à un appel de fonds, nous n'avons pas à le discuter. CONCLUSIONS Que conclure de toutes ces contradictions? l u Que, depuis la découverte de la maladie, la question n'a pas fait ( 246 ) un pas, sauf la découverte par M. Planchon de l'insecte (Phylloxéra vastatrix), auquel on attribue la cause de la maladie ; — et que les auteurs et les commissions qui soutiennent cette théorie prouvent le contraire de leurs conclusions ; 2° Que des erreurs existent encore dans les descriptions de l'insecte, relativement à son histoire, à ses transformations à son mode de pro- pagation et de locomotion ; 3° Que, si le rapport fait par la commission nommée par la Société des Agriculteurs de France , est aussi peu exSct pour la Provence et le Comtat, que pour le Bordelais, nous pouvons dire : que le mal est loin de présenter la gravité qu'on a bien voulu lui donner. LA COMMISSION , eu égard à tout ce qui précède , croit pouvoir dire et assurer, à l'unanimité , que : 1° Le Phylloxéra vastalrix n'est pas la cause directe de la maladie : 2° Son développement exagéré sur les souches des vignobles malades n'en est que l'effet; 3° Si les vignobles des palus de Bordeaux et de Floirac sont attaqués , ils le doivent à une mesure blâmée par tous les cultivateurs de ces ter- rains, mesure qui consiste dans l'assèchement du sol de ces palus, dont les nombreux fossés et canaux les coupant en tous sens , sont aujourd'hui fermés et cessent par conséquent de leur apporter à chaque marée le limon fertile venant de la Garonne; celte mesure, suivant nous, coïnciderait avec l'appauvrissement du sol et l'apparition de la maladie; 4° Le mal n'est pas aussi grand qu'on veut bien le dire dans le dépar- tement de la Gironde. Il est. toujours circonscrit dans la partie des palus située entre Bordeaux et Floirac et dans quelques endroits de la com- mune de Saint-Loubès. M. le Préfet, ayant pris en considération l'avis de la Société Lin- néenne , el ayant donné , dans un arrêté , des instructions aux Maires des communes viticoles du département pour qu'ils eussent à signaler, sans retard, à l'administration préfectorale, l'apparition de la maladie ; — aucun avis n'ayant été reçu, nous sommes fondés à croire que les trois communes ci-dessus signalées sont les seules attaquées par la maladie. M. Charles Naudin , membre de l'Académie des Sciences, dit dans les Comptes-rendus de l'Institut, cités dans le n° 146 du Bulletin hebdo- madaire de V Association scientifique de France : ( Ul ) a Rappelons-nous d'abord que les plantes assujetties à la culture ne » sont jamais exactement dans leurs conditions naturelles. Nous les d faisons vivre dans un état forcé, auquel elles se prêtent plus ou moins, r> mais qui, à la longue, doit infailliblement modifier leur vitalité, plus t> souvent la diminuer que l'accroître et quelquefois leur devient funeste » en les prédisposant à des altérations qu'elles ne connaîtraient point » sans cela. Or, s'il y a une plante que nous ayons éloignée de ces con- » ditions naturelles, c'est, à coup-sûr, la vigne. » Disons-le donc à notre tour avec l'illustre académicien : C'est par une modification des procédés de la culture qu'il faut chercher à remédier au mal. Cependant , la Commission , ne s'en tenant pas aux observations qu'elle vient de présenter, a entrepris de nombreuses expériences pour contrôler ses propres opinions sur les causes de la maladie et les moyens de la combattre. Dans un troisième rapport, elle viendra vous rendre compte de ses nouveaux travaux et des résultats qn'ils auront amenés. Fait à Bordeaux , le 24 novembre 1869 , et lu en séance de la Com- mission. Ont signé les membres de la Commission : Comte de Kercado, président; Lambertie , Benoist , A. H. Trimoulet, secrétaire-rapporteur. Pour copie conforme : CHARLES DES MOULINS, Président de la Société Linnèenne. Em. Benoist , Secrétaire du Conseil d'administration. Tome XXVII. 20 DESCRIPTION DE QUELQUES ÉCHINIBES TERTIAIRES DES ENVIRONS DE BORDEAUX Par M. G. COTTEAU , correspondant. Les environs de Bordeaux sont riches en Échinides tertiaires. Dès 1837, M. Des Moulins, dans ses Tableaux Synonymiques , consultés encore aujourd'hui avec tant de fruit, en a fait connaître plusieurs es- pèces qui sont devenues en quelque sorte classiques. Depuis cette épo- que, les recherches se sont multipliées, et de nouveaux types, décrits ou mentionnés par les auteurs, sont venus se joindre à ceux que M. Des Moulins avait signalés. Dans ces derniers temps, MM. Tournouër, Delfortrie, Guestier et Sou- verbie m'ont confié quelques espèces qui n'avaient pas encore été étu- diées , et qu'ils considéraient comme nouvelles. Je viens de les examiner avec tout le soin possible, et c'est le résultat de ce travail que je pré- sente à la Société Linnéenne. N* 1. - CŒLOPLEURUS TOURNOUERI, Cotteau ,1869. (PL XII, fig. 1-5.) Espèce de grande taille , relativement aux dimensions ordinaires des Cœlopleurus, sub-circulaire , légèrement pentagonale , un peu renflée en dessus, plane en dessous. Zones porifères presque droites, un peu ( 249 ) onduleuses vers l'ambitus , composées de pores arrondis , éloignés les uns des autres, assez largement ouverts, ne paraissant pas se multiplier autour du péristome. Aires ambulacraires étroites au sommet, s'élar- gissant au fur et à mesure qu'elles descendent vers la face inférieure, garnies de deux rangées de tubercules assez gros, saillants, lisses, im- perforés, fortement mamelonnés, au nombre de quinze à seize par série. Ces tubercules sont serrés vers l'ambitus, et entourés de scrobicules sub-elliptiques qui se touchent par la base. A la face supérieure, les scrobicules s'arrondissent, s'espacent; aux approches du sommet, les tu- bercules diminuent très-sensiblement de volume , et c'est à peine si le scrobicule est apparent. En décrivant, dans nos Echinides nouveaux ou peu connus(i), le C. Delbosii Desor, 1857, de Terre-Nègre près Saint- Palais et Royan (Charente-Inférieure), nous avons signalé pour la pre- mière fois, au milieu, des aires ambulacraires de la face inférieure, l'existence , à l'angle interne des plaques , de petites impressions pro- fondes, sub-triangulaires , qui disparaissent vers l'ambitus. Ces mêmes impressions existent dans l'espèce qui nous occupe ; cependant, elles sont moins apparentes que dans le C. Delbosii , probablement par suite de la fossilisation. Les deux rangées de tubercules ambulacraires sont très-rapprochées, et séparées seulement par quelques granules inégaux relégués çà et là entre les scrobicules. Aires interambulacraires larges, pourvues de quatre rangées de tubercules ; les deux rangées du milieu, limitées à la face inférieure , sont composées de tubercules à-peu-près identiques à ceux qui garnissent les aires ambulacraires, peut-être un peu moins gros et un peu moins saillants, mais serrés comme eux et à scrobicules sub-elliptiques. Les deux rangées latérales se prolongent jus- qu'au sommet; elles sont formées de tubercules beaucoup plus petits , qui diminuent encore de volume et deviennent très-espaces à la face supérieure. Ces rangées latérales sont accompagnées, à droite et à gauche, d'une série de tubercules secondaires , disposés de manière à faire , avec les tubercules principaux, au-dessus de l'ambitus et jusqu'aux approches du sommet, de petites séries obliques parfaitement distinctes et réguliè- res ; la rangée interne, un peu moins développée que l'autre, est limitée à la face supérieure ; la rangée externe descend jusque dans la région infra- marginale ; quelques autres tubercules secondaires se montrent à la face inférieure, entre les deux rangées de tubercules principaux qui occupent le (1)7" article, p. 105, n° 58, pi. XIV, fig. 6-10. ( 250 ) milieu des aires interambulacraires; il en existe également deux rangées incomplètes sur le bord des zones porifères, mais seulement à la face inférieure. Granules intermédiaires inégaux , épars , quelquefois mame- lonnés, assez abondants au-dessus de l'ambitus dans l'espace qui sépare les petites rangées latérales obliques dont nous avons parlé. Le milieu des aires interambulacraires présente, à la face supérieure , une zone lisse, large, bordée de chaque côté d'une cordelette saillante, très- régulière et qui correspond à la rangée interne de tubercules secondaires Cette zone lisse est garnie de petits sillons obliques , visibles seulement à la loupe, qui aboutissent, en forme de lacet , à chacun des tubercules secondaires placés sur le bord de cette zone. Quelques granules serrés et inégaux se montrent à l'endroit où aboutissent ces sillons. Péristome sub-circulaire, médiocrement développé, s'ouvrant à fleur du lest, muni d'entailles apparentes, relevées sur les bords ; les lèvres interambu- lacraires sont à-peu-près de même étendue que celles qui correspon- dent aux aiaes ambulacraires. Périprocte sub-circulaire. Appareil apical pentagonal , sub-granuleux, saillant sur les bords; plaques génitales largement perforées; la plaque madréporiforme est un peu plus grande que les autres. Plaques ocellaires petites, sub-triangulaires, munies d'un tubercule isolé, saillant, fortement mamelonné, plus développé que le dernier tubercule ambulacraire. Hauteur, 43 millimètres; diamètre transversal, 27 millimètres. Rapports et différences. — Le C. Tournoueri se distingue nette- ment de toutes les espèces qne nous connaissons par la disposition toute particulière de ses tubercules secondaires sur les bords de la zone lisse qui occupe le milieu des aires interambulacraires, par la forme de son péristome, par la structure de son appareil apical, par ses plaques ocellaires pourvues d'un tubercule isolé et saillant. Localités. — Blaye, carrière de l'octroi du côté de Plassac. — Eocène, couches supérieures à Laganum marginale. (Collection Tournouër,) Explication des fig. — PI. XII, fig. 1, 6'. Tournoueri , de la collec- tion de M. Tournouër, vu de côté; fig. 2, face supérieure; fig. 3, face inférieure; fig. 4, portion des aires ambulacraire et interambulacraire, prise au-dessus de l'ambitus, grossie; fig. 5, appareil apical grossi. ( 251 ) N° 2. - NUCLEOLITES DELFORTRIEI, Cotteau, 1868. (PI. XII, fig. 6-10). Espèce de taille moyenne , allongée, étroite et arrondie en avant, dilatée et sub-tronquée en arrière ; face supérieure peu élevée , aplatie dans la région postérieure, déclive sur les côtés en forme de toit ; face inférieure fortement concave dans le sens longitudinal , presque plane en arrière. Sommet excentrique en avant. Aires ambulacraires sub- pétaloïdes, composées de pores petits, égaux, arrondis, rapprochés les uns des autres, non conjugués par un sillon, disposés par paires légèrement obliques qui s'espacent, deviennent moins apparentes à une certaine distance de l'ambituset disparaissent pour ainsi dire au milieu des tuber- cules. Sur la face inférieure, aux approches du péristome, les paires de pores se rapprochent, et les pores, tout en restant microscopiques, sont plus visibles. Tubercules crénelés, perforés, scrobiculés, partout petits, serrés et homogènes, un peu plus gros et plus espacés autour du péristome et dans la région antérieure de la face inférieure. Granules très-fins, remplissant l'espace intermédiaire entre les tubercules. Péris- tome excentrique en avant, pentagonal, anguleux , granuleux sur les bords, présentant à peine quelques rudiments de floscelle, s'ouvrant dans une dépression profonde du test. Périprocte petit, allongé, aigu au sommet, placé environ à moitié de l'espace compris entre l'appa- reil apical et le bord postérieur, à la partie supérieure d'un sillon très-apparent, sub-caréné sur les bords, qui se prolonge, en s'atténuant, jusqu'à l'ambitus qu'il échancre très-légèrement. Appareil apical étroit, sub-compacte. Pores génitaux inégaux. Hauteur, 7 millimètres 1/2; diamètre antéro-postérieur, -22 millim. ; diamètre transversal, 16 millimètres. Rapports et différences. — Par sa forme générale, cette espèce rappelle les Echinobrissus et notamment YE. elongatus de la grande oolite (étage bathonien) de Normandie; mais cette ressemblance est plus apparente que réelle, et les deux types diffèrent essentiellement par la structure de leurs aires ambulacraires, pétaloïdes, c'est-à-dire composés de pores inégaux et conjugués par un sillon dans YEchino- brissus elongatus, sub-pétaloïdes , c'est-à-dire formés de pores égaux, arrondis et non conjugués par un sillon chez le Nucleolites Delforlriei. Le genre Nucleolites, tel qu'il a été circonscrit et caractérisé par M. Desor, ( 252 ) atteint son maximum de développement à l'époque crétacée: il devient beaucoup plus rare dans le terrain tertiaire , et le Synopsis des Echinides fossiles mentionne seulement deux espèces, le N. St. Meinradi (1) du terrain nummulitique de Blangy, près d'Ensiedeln , dans la vallée de la Sehl, et le N. approximatifs , Galeotti, des sables supérieurs éocènes de Bruxelles, que nous ne connaissons que par de simples diagnoses. Le N. Delfortriei nous a paru s'en distinguer, d'une manière positive ,par son aspect plus allongé, sa face supérieure très-aplatie en arrière, déclive sur les côtés en forme de toit , sa face inférieure fortement concave, surtout dans le sens du diamètre antéro-postérieur. Tout récemment, M. Tournouè'r nous a communiqué un Nucléolite provenant des faluns des environs de Dinan (Bretagne) et probablement nouveau. Le mauvais état de conservation dans lequel se trouve cet échantillon ne permet pas d'en fixer tous les caractères , mais il s'éloigne certaine- ment du N. Delfortriei , par sa taille plus petite , sa forme moins dépri- mée, moins allongée, plus dilatée dans la région antérieure , son sillon anal plus étroit et remontant plus près de l'appareil apical. Localité. — Monségur (Gironde). — Calcaire à astéries. (Coll. Delfor- trie.) Explication des figures. — PI. XII, fig. 6, Nucleolites Delfortriei, de la coll. de M. Delfortrie, vu de côté ; fig. 7, face sup.; fig. 8, face inf.; fig. 9, portion des aires ambulacraires montrant la structure des pores, grossie; fig. 10, péristome grossi. No 3. — BRISSUS DILATATUS, Desor, 1846. (Pi. XII, fig. 11-14.) Spatangus columbaris , Des Moulins, Tabl. synon., p. 396, 1837. Brissus dilatalus, Agassiz et Desor, Catal. rais, des Echin., p. 120, 1846. — — Desor, Synops. des Ech. foss., p. 404, 1858. V. 10 (type de l'espèce). Espèce de taille moyenne , ovoïde , allongée , arrondie en avant , étroite et sub-tronquée en arrière, ayant sa plus grande largeur au (1) La forme donnée à ce nom spécifique par M. Desor est vicieuse : l'abbréviatioa latine du mot Sancti ne doit être que « S" . » {Note delà Société Linnéenne.) ( 253 ) milieu du diamètre antéro-postérieur; face supérieure médiocrement ren- flée, légèrement déclive en avant, plus haute dans la région postérieure; face inférieure bombée, surtout au milieu de l'aire inlerambulacraire impaire. Sommetambulacraire très-excentrique en avant, Sillon antérieur tout-à-fait nul , aire ambulacraire impaire étroite à sa partie supé- rieure, formée de pores très-petits, ronds, placés très-près les uns des autres, mais cependant séparés par un renflement granuliforme et dis- posés obliquement. Aires ambulacraires paires antérieures sub-transver- ses, logées dans un sillon assez profond, formant deux zones porifères égales et rapprochées l'une de l'autre. Chacune de ces zones est compo- sée de pores allongés , transverses , largement ouverts , un peu moins grands dans la rangée interne que dans la rangée externe; les paires de pores sont séparées transversalement par un petit bourrelet granuliforme. Aires ambulacraires postérieures plus longues que les autres, presque droites et formant entr'elles un angle aigu , situées comme les aires an- térieures dans une dépression assez profonde , composées de deux zones porifères égales , très-rapprochées l'une de l'autre et à-peu-près iden- tiques pour la structure , la disposition de leurs pores et les granules qui les accompagnent aux zones porifères des aires ambulacraires anté- rieures. Tubercules abondants, inégaux, épars , visiblement crénelés et perforés, relativement assez gros , espacés, surtout à la face supérieure, entourés le plus souvent d'un cercle délicat de granules. Péristome semi-lunaire, placé à peu de distance du bord. Périprocte grand, sub- pyriforme, s'ouvrant au sommet de la face postérieure. Appareil apical sub-compacte; quatre pores génitaux, les deux antérieurs petits et rap- prochés; les deux autres plus écartés et beaucoup plus grands. Fasciole à peine visible dans les échantillons que nous avons sous les yeux. Hauteur, 22 millimètres; diamètre antéro-postérieur, 37 millimètres; diamètre transversal , 32 millimètres. L'échantillon qui a servi de type à l'espèce, et dont nous avons sous les yeux le moule en plâtre, atteint une taille plus forte : sa longueur est de 50 millimètres et son diamètre transversal de 43; sa face infé- rieure est engagée dans la roche et ne permet pas de mesurer sa hau- teur. Rapports et différences. — Cette espèce offre, dans l'ensemble de ses caractères , quelque ressemblance avec les individus jeunes du Brissus Scillœ qui vit encore dans la Méditerranée. C'est la même forme générale, ( 254 ) la môme disposition des aires ambulacraires, la même struclure de l'ap- pareil apical. Le Brissus dilatatus cependant diffère de l'espèce vivante par sa taille plus petite, sa forme générale plus large et plus dilatée, sa face supérieure plus déclive en avant, plus renflée en arrière , ses aires ambulcraires paires moins profondément excavées , ses tubercules plus inégaux, plus gros et moins serrés. Sa taille le rapproche également du Br. oblongus, Wright, du terrain miocène de Malte; mais cette dernière espèce sera toujours reconnaissable à sa forme plus allongée et moins large, à ses aires ambulacraires paires plus longues et plus étroites. M. Des Moulins, en 1837, mentionna le premier cette espèce et la réunit bien qu'avec doute au Spalangus (Brissus) columbaris de Lamarck, espèce vivante de Cuba et de la Guadeloupe, dont elle est effectivement très-voisine. En 1847, M. Desor, reconnaissant qu'elle différait de l'espèce vivante par sa forme plus dilatée, et ses aires ambu- lacraires antérieures plus inclinées en avant, en fit une espèce distincte et lui donna le nom de dilatatus. L'exemplaire de M. Des Moulins a été recueilli à Rions (Gironde) , par feu R. Péry. Cette espèce n'a jamais été ni décrite, ni figurée. Localités. — Barade (commune de Doulezon), La Roque-de-Tau , Latresne, Béguey près Cadillac, Rions. Très-rare; calcaire à astéries. Musée d'histoire naturelle de Bordeaux, Musée d'histoire naturelle de Paris. (Collections d'Orbigny, Des Moulins, Delfortrie, Guestier, Tournouër). Explication des figures. — PI. XII, fig. 11, Brissus dilatatus, du Musée d'hist. nat. de Bordeaux, vu de côté ; fig. 12 , face sup.; fig, 13, face inf. ; fig. 14, appareil apical grossi. N° 4. - PERIASTER SOUVERBÏEI, Cotteau, 18G9. (PI. XIII, Gg. 1-6). Espèce de taille moyenne , allongée , arrondie en avant, un peu plus étroite et sub-lronquée en arrière; face supérieure très-renflée, obli- quement déclive dans la région antérieure ; face postérieure tronquée presque verticalement, un peu rentrante; face inférieure uniformément bombée, arrondie sur les bords , très-légèrement déprimée en avant du péristome. Sommet ambulacraire sensiblement rejeté en arrière. Sillon antérieur à peine apparent à la face supérieure, tout-à-fait nul vers ( 255 ) l'ambitus. Aire ambulacraire impaire formée de pores très-petits , ronds, obliquement disposés, séparés par un renflement granuliforme, assez serrés près de l'appareil apical , s'espaçant au fur à mesure qu'ils se rapprochent du bord. Aires ambulacraires paires antérieures logées dans un sillon assez profond, presque droites, formant deux zones pori- fères très-inégales, surtout vers le sommet; la zone antérieure est étroite, composée de pores petits, arrondis, et c'est seulementvers l'extré- mité de* l'aire ambulacraire que la zone porifère s'élargit et que les pores prennent un aspect virgulaire. La zone postérieure beaucoup plus large comprend, dans toute son étendue, des pores oblongs, transverses, très-courts Les deux zones sont rapprochées l'une de l'autre et laissent à peine la place aune petite bande inlerporifère fort étroite. Aires ambu- lacraires postérieures moins longues que les autres , situées comme elles dans une dépression assez profonde, composées de deux zones porifères larges, égales, rapprochées l'une de l'autre et à-peu-près identiques, pour la structure et la disposition de leurs pores, à la zone la plus large des aires ambulacraires antérieures. Chaque paire de pores est séparée par une série de granules fins et délicats. Tubercules abon- dants, inégaux, petits et serrés à la face supérieure , plus gros dans la région infra-marginale et surtout dans l'aire interambulacraire impaire, où ils forment des séries obliques très-régulières. Péristome semi- lunaire, placé à peu de distance du bord. Périprocte ovale, s'ouvrant au sommet de la face postérieure. Fasciole péripétale et fasciole latéro- anal assez visibles pour permettre de constater leur existence, mais trop peu apparents pour qu'il soit possible d'en préciser les sinuosités. Hauteur, 21 millimètres; diamètre antéro-postérieur, 26 millimètres ; diamètre transversal, 22 millimètres. Nous connaissons cette espèce à différents âges : les individus jeunes offrent dans leur ensemble les mêmes caractères que les exemplaires de grande taille ; ils en diffèrent cependant par leur forme un peu moins allongée et par leurs aires ambulacraires paires moins profondément déprimées. Nous avons rapporté provisoirement à cette espèce un très- petit exemplaire recueilli par M. Tournouër, à Blaye, dans la carrière de l'octroi , dans les couches à Laganum marginale. Assurément , il est très-voisin du type; cependant, il en diffère par sa forme plus ronde , son sommet plus central et très-déprimé , ses aires ambulacraires pos- térieures relativement plus longues, et pourrait bien appartenir à un type différent. ( 258 ) Rapports et différences. — Cette espèce , par sa forme allongée et son sommet un peu excentrique en arrière, se rapproche des Schizas- ter ; e\\e s'en éloigne par l'absence de sillon antérieur, et nous avons préféré la rapporter au genre Periaster. Les deux genres présentent la même disposition du fasciole et ne semblent se distinguer l'un de l'autre que par la profondeur du sillon antérieur et l'excentricité plus ou moins prononcée de l'appareil apical. Ces deux caractères sont assez variables, et l'espèce qui nous occupe, avec l'absence de sillon antérieur, et l'ex- centricité de son appareil apical , serait de nature à nous faire douter de la valeur du genre Periaster, qu'il serait peut-être naturel de réunir au Schizaster. Le P. Souverbiei sera toujours reconnaissable à sa forme allongée, à sa face supérieure très-renflée et déclive en avant, à l'ab- sence presque complète de sillon impair, à ses aires ambulacraires paires antérieures remarquables par l'inégalité de leurs zones porifères, à son péristome très-rapproché du bord antérieur. Cette espèce offre quelque ressemblance avec un Periaster qu'on rencontre assez abondam- ment dans les calcaires concrélionnés des bords de la mer Rouge, et que M. Michelin , dans sa collection , avait désigné sous le nom de Schi- zaster gibberuhis ; les deux espèces présentent la même forme, la même taille, la même disposition dans les aires ambulacraires, et ont le péris- tome également très-rapproché du bord. Un examen plus minutieux nous a fait reconnaître que l'espèce d'Egypte différait de la nôtre par sa forme un peu moins allongée, ron sillon antérieur plus prononcé près du som- met, ses aires ambulacraires plus flexueuses, surtout celles qui sont en avant et situées dans des dépressions plus profondes. A part ces légères différences , les deux espèces sont très-voisines l'une de l'autre. Nous avons dédié ce nouveau Periaster au savant et zélé directeur du magnifique Musée d'histoire naturelle de Bordeaux, M. le docteur Souverbie, qui a bien voulu nous communiquer l'échantillon qui nous a servi de type. Localité.. — Saint-André-de-Cubzac, La Roque-de-Tau? Blaye, car- rière de l'octroi). Rare ; calcaire à astéries et calcaire grossier de Blaye? Musée d'histoire naturelle de Bordeaux. (Coll. Tournouër, ma collect.) Explication des figures. — PI. XIII, fig. 1, P. Souverbiei, du Musée d'hist. nat. de Bordeaux, vu de côté; fig. 2, face sup.; fig. 3 , face inf.; fig. 4, appareil apical et portion sup. des aires ambulacraires. grossis; fig. 5, individu jeune, de la collect. de M. Tournouër, vu sur la face infér.; fig. 6, individu de Blaye, très-jeune, de la collect. de M. Tour- nouër, vu sur la face supérieure. (257 ) N° 5. - EUSPATANGUS TOURNOUERI, Cotteau, 1869. (PL XIII, fig. 7-12). Espèce de taille moyenne, oblongue, assez régulièrement ovale, arrondie en avant, sub-lronquée en arrière, ayant sa plus grande lar- geur à-peu-près au milieu du diamètre antéro-postérieur; face supé- rieure médiocrement renflée, sub-déclive en avant, plus haute dans la région postérieure qui est sub -carénée au milieu; face postérieure sub- tronquée, étroite, un peu rentrante; face inférieure presque plane, légèrement bombée au milieu de l'aire interambulacraire impaire. Sommet ambulacraire un peu excentrique en avant. Sillon antérieur tout-à-fait nul à la face supérieure et aux approches du péristome, à peine apparent vers l'ambitus. Aire ambulacraire impaire formée de pores très-pelils, ronds, rapprochés les uns des autres, disposés obli- quement et s'ouvrant dans de petites fossettes sub-circulaires. Les paires de pores s'espacent au fur et à mesure qu'elles se dirigent vers l'ambi- tus. Aires ambulacraires paires antérieures sub-transverses , présen- tant deux zones porifères un peu inégales; la zone antérieure est com- posée, aux approches de l'appareil apical, de pores petits, arrondis, presque atrophiés, qui changent bientôt de nature, s'agrandissent et deviennent transverses et virgulaires. La zone postérieure est composée, dans toute son étendue, de pores transverses et virgulaires; l'espace qui sépare les deux zones est assez large et s'effile en forme de feuille. Les paires de pores sont séparées par un petit bourrelet tranverse, granuleux et saillant. Aires ambulacraires postérieures un peu plus longues que les autres ; zones porifères égales entr'elles, formées dans toute leur longueur de pores transverses et virgulaires séparés comme dans les aires ambulacraires antérieures par un bourrelet granuleux. L'espace qui se prolonge entre les zones porifères est un peu plus large et un peu moins effilé que dans les aires ambulacraires antérieures. Tubercules de la face supérieure circonscrits par le fasciole péripétale , très-inégaux , moins nombreux qu'ils ne le sont ordinairement; les plus gros sont visi- blement crénelés, perforés et scrobiculés. En dehors du fasciole princi- pal , les tubercules sont petits, inégaux, épars, espacés. A la face infé- rieure , dans la région infra-marginale et au milieu de l'aire interam- bulacraire impaire, ils se rapprochent, augmentent de volume et deviennent plus homogènes. Granules intermédiaires abondants, épars, ( 258) formant des cercles distincts et réguliers autour des plus gros tubercules. Péristome semi-lunaire, labié, assez éloigné du bord. Périprocte grand , sub-pyriforme , s'ouvrant au sommet de la face postérieure. Appareil apical sub-compacte ; quatre pores génitaux , les deux antérieurs petits et rapprochés, les deux autres plus écartés et plus grands. Fasciole péripétale étroit , sub-flexueux. Hauteur, 21 millimètres; diamètre anléro-postérieur ? diamètre transversal, 39 millimètres. Rapports et différences. — Nous n'avons sous les yeux que des fragments de celte espèce, recueillis par M. Tournouè'r; ils nous ont paru cependant assez complets pour pouvoir être déterminés , et nous n'avons pas hésité à y voir le type d'une nouvelle espèce. UE. Tournoueri se distingue de ses congénères et notamment de VEusp. ornatus, Agassiz, de Biarritz, qui peut servir de type au genre, par sa taille ordinairement plus petite, sa forme plus ovale, plus dilatée, moins allongée, sa face supérieure plus épaisse, son sillon antérieur moins apparent, ses aires ambulacraires postérieures plus larges et moins longues, ses tubercules circonscrits par le fasciole péripétale, plus inégaux et relativement moins nombreux. M. Guestier a recueilli à Blaye, dans les couches à Laganum marginale, un exemplaire d'Easpa- tangus qui paraît se rapprocher également par sa forme ovale et dilatée de l'espèce qui nous occupe; il en diffère cependant par son étoile am- bulacraire plus courte; malheureusement les détails du test ne sont pas assez bien conservés pouu que nous puissions nous prononcer avec quel- que certitude. Localité.— La Roque-de-Tau. — Rare. Calcaire à astéries. Coll. Tournouër et Guestier. Explication des figures. — PI. XIII, fig. 7 , E. Tournoueri > de la coll. de M. Tournouër, vu sur la face supérieure; fig. 8 , région anale ; fig. 9, aire ambulacraire paire grossie; fig. 10, autre individu, de la coll. de M. Tournouër, vu sur la face supérieure; fig. 11 , aire ambula- craire paire antérieure, grossie ; fig. 12, portion de test pris sur la région antérieure, grossi. ( 259 ) N° 0. - EUSPATANGUS JOUANNETI, Cotteau, 1869. (PI. XIII , ilg. 13). Espèce de grande taille, large, oblongue, dilatée, arrondie et un peu échancrée en avant, sub-tronquée en arrière, ayant sa plus grande lar- geur à-peu-près au milieu du diamètre anléro-postérieur. Face supé- rieure médiocrement renflée, sub-déclive en avant , plus haute dans la région postérieure; face inférieure presque plane en avant, fortement saillante au milieu de l'aire interambulacraire impaire. Sommet ambu- lacraire un peu excentrique en avant. Sillon antérieur presque nul près du sommet et aux approches du péristome, échancrant légèrement l'am- bilus. Aire ambulacraire impaire formée, comme toujours, de pores très- pelits, arrondis, rapprochés les uns des autres , disposés obliquement, et s'ouvrant dans de petites fossettes sub-circulaires. Aires ambula- craires paires antérieures presque Iransverses , à peine infléchies en avant, composées de zones porifères inégales , la zone postérieure un peu plus large que l'autre. L'espace qui sépare les deux zones est assez large, dépourvu de tubercules et s'effile en forme de feuille. Aires ambula- craires postérieures un peu plus longues que les autres , tombant pres- que droites et formant entre elles un angle étroit et aigu. Tubercules de la face supérieure abondants , inégaux , souvent très-développés, tou- jours circonscrits par le fasciole péripétale; les plus gros sont crénelés, perforés et entourés d'un scrobicule arrondi et déprimé . Péristome semi-lunaire labié, assez éloigné du bord. Fasciole péripétale large, sinueux en avant et en arrière. Hauteur, 3i millimètres; diamètre antéro-poslérieur, 65 millimètres; diamètre transversal , 56 millimètres. \ Rapports et différences. — Celte espèce, que caractérisent sa grande taille , sa forme large et déprimée et l'absence presque complète de sillon antérieur , offre au premier aspect beaucoup de ressemblance avec YEuspat. lateralis, Agass. du terrain tertiaire moyen de la Superga, près Turin ; elle s'en distingue par sa face supérieure plus régulière- ment bombée, son sommet un peu moins excentrique en avant , ses aires ambulacraires un peu plus larges , ses tubercules principaux plus nom- breux et plus développés. Peut-être YEuspat. Jouanneli offre-t-ilplus de ressemblance avec YEusp. Toumoueri que nous venons de décrire, et ne faudrait-il le considérer que comme une variété de très grande taille de ( 260 ) cette espèce. Nous n'avons pas osé cependant l'y réunir. Non-seulement YEusp. Tournoueri est constamment plus petit, mais sa forme est moins dilatée, ses aires ambulacraires sont moins transverses , et les posté- rieures plus écartées l'une de l'autre; les tubercules de la face supé- rieures sont aussi plus nombreux et plus serrés, et le fasciole qui les cir- conscrit est plus anguleux en arrière. M. Guestier nous a communiqué un autre Euspatangus qui lui a été donné comme provenant des couches tertiaires de Saint-Estèphe dans le Médoc, qui se rapproche beaucoup de YEusp. Jouanneti, mais qui s'en distingue par sa face supérieure plus renflée et son sommet apical plus excentrique en avant. Si plus tard il était reconnu que cet échantillon isolé et dont M. Guestier ne connaît pas le gisement d'une façon assez certaine, constituait une nouvelle espèce, nous serions heureux de la dédier à M. Guestier qui nous a communiqué avec tant d'obligeance les Echinides de sa collection. Localités. — Quinsac (environs de Bordeaux). — Falun de Terre- Nègre (dans l'enceinte de Bordeaux), avec le Crania abnormis Al. Brongn., échantillons recueillis par feu Jouannet et donnés par lui, avant 1830, au Musée de Bordeaux et à M. Ch. Des Moulins. — Très- rare. Calcaire à astéries. Coll. Tournouër, Des Moulins, Mus. de Bordeaux. Explication de la figure. — PI. XIII , fig. 13 , Eusp. Jouanneti, vu sur la face supérieure. Auxerre, décembre 1869. Act Soc.Iitm. de Bordeaux. T. 27. pi.xrr. Humlej-t del-. ti lith . 2^mp._Btcyii&t,JPariiS , / _ S. Ccrfopluzrus Tbzirrwutri, Cotévu 6__io. JfucUoZittâ jDdfcrtrieù; 11 - 74. Jïrùszis cUlatatus , J? Mor . Acl.Soc.Limi.de Bordeaux. T. 2J. ■ •"■..- ■.■■■,,.'-. 1 ■■■.■,■•■:■:. -éfumiert del. lùZ&i. ■Tmp_Be J ^, Ui ^-.J' aj .^ ' - 6. Périoste- JotwerBiU, Cc^^, 73. -£. r . inerte LES OSSEMENTS ENTAILLÉS ET STRIÉS DU MIOCÈNE AQUITANIEN Par M. E. DELFORTRIE, Vice-Président. (Voir la planche XIV. ) . & .,. =! , Le gît ossifère de Léognan (Gironde) qui appartient au miocène supé- rieur, fournit une quantité considérable d'ossements, se rapportant à une faune essentiellement marine, et qui presque tous sont recouverts de stries et entailles. Au nombre des débris que nous avons pu recueillir dans ce terrain, sont trois côtes de cétacé (Squalodon?) qui paraissent de nature à apporter des données utiles dans la question à l'ordre du jour de Yhomme prétendu miocène ; nous nous empressons donc , pour éclairer le débat , de mettre ces ossements sous les yeux de la Société Linnéenne. La question de l'ancienneté de l'homme préoccupe vivement les es- prits , et entraîne dès-lors vers de nombreuses recherches. Il ne faudrait cependant pas que trop de zèle fît dépasser le but ; si c'est à tort qu'on ait nié trop longtemps la contemporanéité de l'homme avec les grands mammifères , ne semble-t-il pas qu'aujourd'hui quelques-uns tombe- raient dans l'excès contraire , lorsque s'appuyant sur de simples pré- somptions , notamment les stries et entailles qui recouvrent les ossb- ments, fournies par les strates miocènes , ils reculent l'apparition de l'homme jusqu'à cette époque? Que l'homme ait vu les temps miocènes , le fait resterait encore à dé- montrer, et ce n'est certainement pas aux entailles des ossements de ces terrains qu'on peut en demander la preuve : toute idée préconçue étant écartée , il suffit de l'examen des ossements du falunien de Bor- deaux en général, et notamment de l'inspection des côtes que nous pré- ( 262 ) sentons à la Société et qui sont ici figurées de grandeur naturelle, pour demeurer convaincu que ces entailles ne sont point dues au silex, mais simplement à la dent de poissons carnassiers. En effet, parmi les stries et entailles nombreuses qui recouvrent ces ossements , il en est qu'à première vue on serait tenté d'attribuer à la main de l'homme; ce sont d'abord les entailles A, qui, éraillées sur les bords , semblent avoir été produites alors que l'os était frais; vien- nent ensuite les entailles B , droites , profondes , offrant la plus grande analogie , il faut en convenir, avec celles dues au silex ; mais , en obser- vant les entailles C, on remarque qu'elles affectent une forme courbe, sinueuse qui commence à inspirer du doute. Enfin , plus d'incertitude possible : la désillusion devient complète en présence des stries et en- tailles D, qui incontestablement sont dues à une dent pectinée, peut- être celle d'un Sargus serratus dont nous reproduisons ici, grossies de moitié, quatre dents que nous avons recueillies dans le miocène. Comme nous le disions, sur presque tous les ossements du miocène supérieur aquitanien, s'observent des stries et entailles; maxillaires d'Halitherium et de Squalodon , côtes et vertèbres de différents cétacés, plaques costales et fragments de plastron de chélonées faisant partie de notre collection, en sont littéralement couverts, et toutes ces entailles présentent le même caractère que celles qu'on observe sur les côtes qui font l'objet de cette note; nous ajouterons aussi que les ossements de notre miocène supérieur de Léognan se présentent toujours dans un état de conservation , je dirai presque de fraîcheur, qui rappelle la nature vivante ; les parties les plus fines, les plus délicates se montrent toujours intactes ; en un mot, dans ce gisement on n'a pas encore observé un seul fragment roulé. Qu'indique cet état de conservation? qu'indiquent ces stries? Que lorsque la vague rejetait ces débris sur la plage miocène, ils étaient encore revêtus de chairs et de téguments , qu'ils reposaient sur un fonds assez tranquille pour permettre aux poissons carnassiers de se repaître de ces restes, avant qu'ils fussent recouverts par les sables, où nous les retrouvons enfouis aujourd'hui , d'où la conclusion : que la Paléontologie, consultée sur l'existence de l'homme miocène, ne peut que formuler un non bien accentué. Septembre 1869. ACTES DE LA SOCIETE LIMEENNE DE BORDEAUX, Tome XXVII. OSSEMENTS STRIÉS ET ENTAILLÉS DU MIOCÈNE AOUITANIEN. Planche XIV C C C C C 1 Roques et Comllàud. à Bardes, RECENSEMENT DES ÉCHINODERMES DE JLYÉTAGKE DU CALCAIRE A ASTÉRIES DANS LE S.-O. DE LA FRANCE Par M, TOURNOUER, Correspondant. La faune des Échinodermes qui doivent être rapportés à l'étage du « calcaire à astéries » des géologues bordelais (étage longricn ou mio- cène inférieur des auteurs français , suisses ou italiens ; oligocène moyen des auteurs allemands) est assez nombreuse. Mais, par suite sans doute de l'incertitude qui a longtemps régné sur les limites de l'étage même auquel elle appartient, elle a été presque complètement méconnue par les auteurs spéciaux, et sa reconstitution exige des re- cherches bibliographiques et une critique géologique disproportionnées, pour ainsi dire , avec son importance. La première énumération des Echinodermes qui nous occupent doit être cherchée dans le mémoire de M. Dufrénoy sur les terrains tertiaires du Midi de la France (1836), et dans les listes de fossiles que M. Des Moulins a fournies à ce mémoire et qui ont été !e point de départ de tous les travaux de paléontologie stratigraphique dont le bassin tertiaire de l'Aquitaine a été l'objet. Les Echinodermes qui se trouvent cités dès- lors par M. Des Moulins comme appartenant au calcaire à astéries, c'est- à-dire en tête des listes des «fossiles du calcaire grossier de Saint-Ma- caire , Langon et Virelade » loc. cit. page 28 et des « fossiles reconnus à Terre-Nègre, elc. » ibid. page 37, présentent un total de 14 espèces, dont les noms ont presque tous changé par suite des progrès de la no- menclature paléontologique, mais qui, déduction faite des 3 ou 4 doubles emplois que j'ai marqués d'un astérisque dans le tableau suivant, for- ment encore le fonds de la faune des Echinides caractéristiques de notre étage dans le S.-O. de la France. Les voici : Tome XXVII. 21 ( 264 ) Aslerias lœvis. *C(issidutus nummuiinus. Scutella bioculala. — porpila. — subrolunda. Echimts pusillus. * — Favjasi. Echinolampas ovifor?nis. — decemflssa. — ovalis. 'Fibularia sculala. Spalangns acuminatus. — ovala. — omalus. Ces quatorze espèces se retrouvent d'ailleurs, même augmentées d'une quinzième (Spal. columbaris, Des M.) dans les Tableaux synonymiques de M. Des Moulins (3 e mém. sur lesEchin. 1837). En 1838, elles sont exac- tement reproduites, (moins Scutella bioculala et avec Echinolampas affinis en plus) par Grateloup, dans son Catalogue zoologique des fossiles de la Gironde, qui, d'ailleurs, confondant géologiquement sous le nom de calcaire grossier inférieur, les couches de Blaye et celles de Bor- deaux , augmente la confusion qui s'était déjà glissée entre plusieurs espèces prétendues communes à ces deux niveaux fort différents. Cette confusion est éclaircie au point de vue paléontologique , mais nullement au point de vue stratigraphique, par le Catalogue raisonné des Échinides de MM. Agassiz et Desor, 1840-1847, qui renouvelle presque complètement la nomenclature de M. Des Moulins. En 1850, d'Orbigny, que les travaux récents de M. Delbos et de M. Raulin auraient dû mieux éclairer sur les limites véritables et sur l'extension de son étage Tongrien dans le S.-O., ajoute, dans son Pro- drome, à cette confusion, en dispersant, d'une façon singulière, les Echinides du calcaire à astéries de M. Des Moulins entre ses trois princi- paux étages tertiaires : 3 espèces seulement restent dans son Falunien A ou Tongrien : Runa decemflssa , Scutella strialula et Echinarachnius porpila ; 3 autres sont renvoyées au calcaire grossier ou Parisien A : Echinolampas Blainvillei, Echinocyamus piriformis et ? Crenasler Icevis ; et 3 autres enfin , comme nous le verrons , doivent être cher- chées dans le Falunien B, savoir : Hemiasler acuminatus, Hem. cor et Brissus dilatutus. Cette classification si erronée a été déjà relevée en partie par M. Raulin, Bull. Soc. géol. de France, 1852, t. IX, page 409. Mais , en 1855 , le Synopsis de M. Desor est encore plus injuste que le Prodrome de d'Orbigny envers le miocène inférieur ou Tongrien ; car il ne porte au compte de cet étage qu'une seule espèce d'Echinide, et qui est une espèce douteuse de l'Allemagne du Nord (la Scutella g ermanica , Beyr.); toutes nos espèces françaises de ce niveau sont distribuées entre ( 265 ) le calcaire grossier, pour la plus grande partie, et la molasse ou miocène pour les autres. Enfin, en 1863, M. Raulin, dans un Tableau synoptique des Echino- dermes fossiles du S.-O. de la France , qui a paru en appendice au mé- moire de M. Cotteau sur les Echinides fossiles des Pyrénées (Congr. scient, de France, 28 e session, 1863, t. III e ) a restitué au calcaire à as- téries , en adoptant la nomenclature de MM. Agassiz et Desor, les espèces suivantes, qui lui avaient été justement attribuées par M. Des Moulins, près de trente ans auparavant , savoir : Crenasler lœvis. Echinolampas Blainvillei. Echinocyamus pyriformis. Bris sus dilalatus. Buna decemfissa. Hemiaster acuminalus Sculellina porpila. Eupalagus ornatùs. Sculella slriatula. Ainsi, en 1863, les premières listes de 1836, de M. Des Moulins, loin d'être augmentées par quelques espèces nouvelles , se trouvaient même réduites par les résultats de la critique scientifique. En 1864, M. Cotteau (Revue et magasin de zoologie, août 1864, Echi- nides nouveaux ou peu connus), à qui nous avions fourni quelques docu- ments nouveaux, s'est occupé de trois espèces appartenant à notre faune : Amphiope Agassizi, Cœlopleurus Delbosi , Cidaris allenuala ; nov. sp. Enfin, ici même, M. Cotteau vient de nous donner une dernière et intéressante addition à la faune des Echinides de notre étage dans la Gironde, dans le travail qui précède et qui a provoqué celui-ci. En résumé , il m'a semblé qu'il serait utile maintenant de rassembler toutes ces indications éparses, et de faire le recensement critique de toutes les espèces d'Échinodermes qui appartiennent , dans le Sud-Ouest de la France, à un étage qui est maintenant bien défini, et qui tend à prendre une place de plus en plus importante dans la série des terrains tertiaires. J'ai donc soumis à une critique rigoureuse, tant au point de vue de la synonymie qu'à celui du gisement géologique, toutes les es- pèces déjà signalées , soit dans le calcaire à astéries de la Gironde, soit dans les couches synchroniques du bassin de l'Adour(l) ; et mes propres (1) Pour celles-ci, le Mémoire de Grateloup sur les Oursins fossiles de Dax, 1836, contient quelques indications , mais mêlées à de telles erreurs, à une telle confusion d'espèces et de niveaux géologiques, qu'il est à-peu-près impossible d'en rien retirer d'utile pour notre sujet. On trouve aussi quelques citations d'espèces dans M. Dclbos ( Thèse , 1855 , etc.), et dans M. Cotteau ( Réunion extraord. de la Soc Géologique à Bayonne,8eC. 1866. Bull., t. XXIII, p. 841). ( 206 ) recherches et de nouveaux documents qui m'ont été fournis par mes collègues de Bordeaux, et en particulier par M. Ch. Des Moulins, avec une obligeance parfaite, m'ont même permis d'ajouter à ce catalogue quelques espèces ou variétés nouvelles. Grâce à la libéralité de la So- ciété Linnéenne de Bordeaux, j'ai pu faire figurer non-seulement ces quelques espèces nouvelles, mais aussi plusieurs autres et des plus in- téressantes de l'étage, qui , bien que connues depuis longtemps, n'avaient jamais été figurées; et même quelques types éocènes ou nummuliliques, dont la représentation m'a paru nécessaire à l'intelligence des espèces nouvelles. La faune des Echinodeimes du calcaire à astéries, telle qu'elle m'est connue aujourd'hui, se trouve ainsi complètement décrite et figurée, soit dans le présent travail , soit dans les publications précédentes aux- quelles je renvoie. Elle forme à présent un total de plus de 20 espèces , qui constituent déjà une faune intéressanle , et qui devra s'enrichir né- cessairement encore par de nouvelles recherches. CRENASTER LEVIS Des Moulins Aslerias lœvis , Des M., 1832, Act. Soc. Linn. Bordeaux , t. V , pi. 2, fig. 2; Crenasler lœois, D'Orb., Prodr. Parisien A? 1237. Les osselets d'astéries , pour lesquels M. Des Moulins a créé l'espèce en 1832, sont tellement répandus dans les calcaires de l'étage qui nous occupe aux environs de Bordeaux, que M. de Collegno (Essai d'une classification des terrains tertiaires de la Gironde , 1843) en a tiré la dénomination de « calcaire à Astéries, » qui a été adoptée usuellement par tous les géologues de la région pour désigner cette assise. La pré- sence constante de ce fossile avait servi , en effet , à M. de Collegno pour distinguer facilement les calcaires de Bourg sur la Gironde, des calcaires voisins , mais inférieurs, de Blaye, où il ne se rencontre pas. Au con- traire, à partir de La Roque de Tau , où les couches du calcaire de Bourg reposent sur la formation d'eau douce de Blaye, jusqu'à Saint-Macaire et jusqu'à l'extrémité sud du département, dans les arrondissements de La Réole et de Meilhan , le Crenasler lœvis abonde dans la roche calcaire. Celte espèce est donc caractéristique de l'étage dans le bassin de la Gironde. Elle est au contraire bien moins répandue dans les couches correspondantes du bassin de l'Adotir ; cependant, elle se trouve assez ( 267 ) communément à Gaas, dans les calcaires à Nummulites Garansensis de la carrière de Garanx. Je ne la connais pas des bassins étrangers synchroniques. C'est par erreur que d'Orbigny l'a portée dans son étage Parisien A, où l'on ne trouve que le Cren. poritoides, Des M., sp. PSAMMECHINUS BIARRITZENSIS Cotteau , Congr. scient, de Bordeaux, 1863, pi. \, fig. 5-9. Syn. Echinus pusillus Des Moul., Tabl. syn., n° 56 ; E. pusillus Gratel., Cat. zool. Gironde, n° 877. Le Psammech. Biarhtzensis appartient à la faune nummulitique de Biarritz, et à la base des couches à Serpula spirulœa du Goulet. C'est d'après des déterminations faites par M. Cotteau lui-même que nous rapportons à celte espèce un Psammechinus qui a été trouvé plusieurs fois par M. le docteur Blanchet, dans les calcaires à Nalica crassalina de Lesperon près de Dax. J'ai trouvé moi-même dans les marnes de Gaas de petites baguettes extrêmement délicates et élégantes, qui ne peuvent convenir qu'à un petit cidaride comme celui-ci. C'est probablement aussi à la même espèce que doit être rapporté YEchinus pusillus (1) cité par M. Des Moulins m Dufrénoy, et Tabl. syn. Echinus, n° 56, et par Grateloup, Cat. zool. Gironde , n° 877, comme une espèce des calcaires de Langon et de Saint-Macaire. Je ne l'y ai pas encore trouvée. Quant à la citation faite antérieurement par Grateloup (Oursins fossiles, 4836) de l'espèce aux environs de Dax, « dans les faluns bleus des dépôts de Clermont et de Garrey, y> je pense, à cause du gisement, qu'elle doit être exclue, comme se rapportant à une espèce des faluns supérieurs probablement différente de celle du calcaire à asté- ries, ou à quelque Arbacia miocène. Je n'ai pas pu cependant m'assurer de mes doutes à cet égard. Le Psammechinus Biarritzensis appartient donc certainement , d'après M Cotteau, à l'oligocène du bassin de l'Adour, et peut-être à celui de la Garonne. Dans les bassins étrangers il est cité par M. G. Laube (Echinoderm. d. Vicenlinischenlerliœrgebieles. Wien, 1868), dans les couches à Échinides (1) Non Echinus pusillus, Mûnst. in Goldf, qui est une espèce crétacée, aujour- d'hui Glyphocyphus radialus , Desor). ( 268 ) de Montecchio-Maggiore, que je considère comme synchroniques du calcaire à astéries , et dans les couches plus anciennes de Vilo di Brendola. M. Cotleau a remarqué , cependant, sur les échantillons de Montecchio , quelques légères différences dans la structure du péristome. Je ne connais pas le Biadema pusillum de d'Orbigny, Prodr. Pa- risien A? 4234. Loc. Astrupp, près Osnabriïck, qui, d'après cette indi- cation de localité, doit appartenir à un horizon supérieur à celui du cal- caire à astéries. (Coll. Blanchel. — Coll. Cotteau. ) CŒLOPLEURUS DELBOSI Desor , (PL XV, fig. l,a, b,c.) Synops., p. 98, 1857. — Cotteau, Rev. et Mag. zool., 1864, pi. XIV, fig. 6-10. M. Desor a crée celte espèce pour un Cœlopîeurus du terrain nummu- litique de Saint-Palais , près de Royan , à l'embouchure de la Gironde , que M. D'Archiac avait distingué seulement comme une variété a de son Cœlopîeurus Agassizi de Biarritz. Postérieurement, M. Cotleau (Revue et Magasin de zoologie, août 1864, p. 105 , pi. XIV, fig. 6-10) a décrit et figuré sous ce nom un Cœlopîeurus de ma collection, qui avait été recueilli par feu E. Banon dans le calcaire à astéries de Quinsac, près de Bordeaux. Depuis celte publication , j'ai retrouvé moi-même cette espèce intéressante en place, à La Roque de Tau , dans les couches in- férieures de la formation; M. Linder en a recueilli, de son côté, un assez grand nombre d'exemplaires dans les calcaires de Cambes , près de Quinsac; et enfin M. Arnaud l'a trouvé, avec une certaine abondance, à Saint-Michel , près de Libourne. C'est donc un Cœlopîeurus , c'est-à- dire un Echinoderme d'un genre considéré jusqu'à présent comme ca- ractérisant le terrain tertiaire inférieur, bien acquis à la faune du calcaire à astéries de la Gironde. L'assimilation que M. Cotleau n'hésite pas à en faire avec l'espèce nummulilique de Saint-Palais , le rend plus intéressant encore, puisque ce serait , avec le Psammech. Biarritz ensis , une seconde espèce de la faune éoeène qui se serait perpétuée jusqu'ici. Je remarquerai cepen- dant que le type de Saint-Palais, que je ne possède pas d'ailleurs , est parfaitement circulaire, d'après la description et la figure qu'en a don- nées M. d'Archiac (Mém. Soc. géol. de France , 2 e série, t. III, p. 421, pi. X , fig. 15 5). Celui du calcaire à astéries, au contraire, a une ( 269 ) tendance marquée à la forme allongée et pentagonale, qui est même tout-à-fait accentuée dans certains exemplaires, et qui passe à l'état de forte variété dans un bel individu de Saint-Michel que je fais figurer, pi. XV, fig. 1, et qui se distingue d'ailleurs encore du type de Saint- Palais par le nombre de ses tubercules, etc. Les dimensions de l'es- pèce sont aussi un peu plus fortes que celles qui ont été données par M. Cotteau, loc. cit. M. Laube a figuré , loc. cil., pi. I, fig. 7, a, b, sous le nom de Cœlopl. Agassizi , une petite espèce provenant de Mossano , qui , par sa forme et ses tubercules ambulacraires s'élevant jusqu'au sommet , paraît ap- partenir plutôt au Cœleopl. Delbosi qu'au type de Biarritz. ( Coll. Fac. Se. de Bordeaux. — Coll. Cotteau. — Coll. Linder. — Ma collection. ) CIDARIS ATTENUAT A Cotteau, Rev. et Mag. de zoologie, 1864, pi. XIV, fig. 12-13. J'ai recueilli deux radioles de cette espèce dans les marnes inférieures de Lesbarrilz (Gaas ) à Strombus auricularius Grat. M. Michelotli a décrit et figuré les radioles de plusieurs Cidaris nou- veaux du miocène inférieur de l'Italie septentrionale, entre autres ceux d'un Cidaris Gastaldii (Études sur le miocène inférieur de l'Italie septentrionale, Harlem 1861, p. 26, pi. 2, fig. 3-4.), qui offrent des séries de granulations très-rapprochées, comme les radioles du Cidaris de Gaas. Ne possédant pas l'espèce italienne, je n'ai pas pu m'assurer, par une comparaison directe des objets , si le Cid. altennata ne devait pas être rapproché du Cid. Gastaldii, qui aurait la priorité. Dans le Vicentin, les couches oligocènes de Monte Mezzo ont fourni à M. Laube un beau Cidaris (G. Mezzoana Laube), qu'il a décrit et figuré, mais les radioles n'en sont pas connus. (Ma collection.) ECHINOCYAMUS PIRIFORMIS Agassiz. ( PI. XV, fig. 2 a, b, c, d, c, f, g, h, i, j.) Syn. — Echinoneus ovalus Grateloup , Ours. foss. Dax, 1836. — placenta? id. ibid. Fibularia scutata , Des Moulins, in Dufrénoy; id. Tabl. syn. pro parle. — ovala , Des Moulins , in Dufrénoy ; id. Tabl. syn. pro parle. ( 270 ) Fibularia sculala , Gratel., Cat. zool. Girond., n* 866 , pro parle. — ovala, Grat., Cat. zool. Girond., n° 867, pro parte. Echinocyamus pyriformis (sic) Agass,, Cat. syst., p. 6. — Id. Monog. Scut., p. 431, pi. 27, fig. 19-24, optimè. — piriformis (sic) Bronn., Index palœonl. — pyriformis d'Orbigny, Prodr. Et. Paris. A, 1219. — — Desor, Synopsis, Tab. XXVIII, fig. 6-10. — — Raulin , Congr. Se. Bordeaux , 1863. Espèce créée par M. Agassiz, décrite et très-bien figurée par lui d'abord, et ensuite par M. Desor. J'ajouterai seulement à la description du Synopsis que les pétales sont parfaitement distincts dans quelques échantillons, où ils se montrent composés de pores nombreux , non conjugués et largement ouverts à leur extrémité. Le type atteint à Bor- deaux une longueur de 13 ou 1-4 millimètres, sur une largeur de 11 au côté postérieur. Extrêmement répandue dans le calcaire à astéries de la Gironde, où elle abonde dans certaines couches avec le Crenaster lœvis , celle espèce se trouve aussi dans le bassin de l'Adour, où elle a été citée par Grate- loup (Ours. foss. de Dax), sans indication précise de localité et par M. Delbos ( Thèse, 1847). Je l'ai recueillie moi-même , assez rarement , il est vrai , dans les carrières de Lesperon , près de Dax , et dans celle de Gaianx àGaas; mais, elle est commune et très-bien conservée près de Montfort, dans les carrières du même étage, à Lahosse et à Lourquen , avec le Nummulites inlermedia. Elle n'atteint pas non plus dans le bassin de l'Adour d'aussi grandes dimensions que près de Bordeaux. Cette espèce varie beaucoup non-seulement par la taille, mais encore par la forme générale. Le type de Bordeaux (pi. XV, fig. 2, a, b, c.) , grand, dilaté en arrière en forme de poire, peu renflé en-dessus, très- généralement concave en dessous, passe, par de nombreux intermédiaires, à deux variétés principales : Var. A. — Ovale et plus renflée (pi. XV, fig. 2 d, e). C'est la Fibularia ovala de Des Moul., non Echinoneus ovatus de Munster in Goldfuss, qui est commun en Allemagne dans les couches de Bùnde et de Cassel, et qui se distingue de l'espèce française par sa très-petite taille (ne dépas- sant pas 4 ou 5 millimètres), sa forme très-convexe en dessus et plate, sinon même légèrement convexe en dessous , etc. Var. B. — Sensiblement pentagonale et plutôt rélrécie au côté pos- térieur, de manière à s'éloigner tout-à-fait du type piriforme (pi. XV, ( 271 ) fig. 2, f, g, h.) an Fibul. sculata Des Moul? non Echin. sculatus Miïnst. sec. Agassiz. Ces variations de forme, toutes grandes qu'elles soient, ne me paraissent pas cependant , à cause des passages qui les relient entr' elles , pouvoir constituer autre chose que des variétés d'un même type spéci- cifique représenté par des individus extrêmement nombreux. Des varia- tions tout-à-fait analogues s'observent d'ailleurs dans Y Echinocyamus affinis Des Moul., espèce très-voisine , du calcaire éocène de Blaye (pi. XV, fig. 3), et dans Y Echinocyamus angulosus vivant, des mers européennes actuelles, dont, au témoignage de MM. Agassiz et Desor, il est très-difficile de distinguer extérieurement YE. piriformis. Le caractère le plus constant de l'espèce doit se chercher dans la position de l'anus qui, dans le piriformis , est situé à-peu-près à égale distance du bord et du périslome, tandis qu'il est beaucoup plus mar- ginal dans l'a/ 'finis. Et encore, ce caractère n'est-il pas aussi invariable qu'on le désirerait. J'ai recueilli, en effet, dans le terrain nummulili- que de Gibret (Landes), un Echinocyame que je rapporte à Yaffinis, quoique le périprocte soit moins marginal que dans le type de Blaye (M. Linder m'a communiqué un autre échantillon semblable, provenant du sondage de Château-Margaux). Et à l'inverse, j'ai trouvé à Gaas un Echinocyame, dont l'anus est sensiblement plus rapproché du bord que dans le type bordelais du piriformis, dont, cependant, je ne crois pas pouvoir le séparer. Ce caractère de la position de l'anus est donc quel- quefois lui-même incertain ; mais dans la très-grande majorité des cas, il suffît très-bien à distinguer l'espèce éocène de l'espèce oligocène. L'une faisant suite à l'autre dans le temps , je ne m'étonne pas, pour ma part, que quelques individus de l'une ou de l'autre aient un caractère ambigu. L' Echinocyamus piriformis n'est pas cité par M. Laube dans les Echi- nodermes du Vicentin. Cependant, j'ai reçu des couches oligocènes de laTrinità di Monlecebio-Maggiore deux Echinocyames qui me paraissent rentrer facilement, l'un dans le type, l'autre dans la var. B de YE. piri- formis. Ce type, tel que l'a défini M. Agassiz, si commun et si caractéristi- que dans les calcaires oligocènes du S.-O. de la France, existe-t-il déjà dans les couches éocènes? Pour ce qui est du bassin de la Gironde, d'abord , et quant à la double indication donnée par MM. Des Moulins et Grateloup (loc. cil.) de la présence des Fibularia sculata elovala dans ( 272 ) le calcaire de Blaye, elle doit être exclue comme se rapportant actuel- lement au Sismondia occitana Ag. des couches de Saint-Estèphe. Mais YE. piriformis ne se trouve-t-il pas dans l'éocène du bassin de Paris? L'histoire de cette espèce est très-embrouillée ; En 1841, Agassiz crée YEch. pyriformis pour une espèce « qui est très- fréquente dans le terrain tertiaire de Grignon, et qui pourrait bien être V Echinocyamus inflalus de M. Defrance qu'il ne connaît pas. S'il en était ainsi , dit-il , le nom d'Ech. pyriformis devrait être remplacé par celui à'E. inflalus. » (Ag., monogr. Scut., pag. 131.) En 1847, dans le Catalogue raisonné de MM. Agassiz et Desor, on retrouve, en effet, YE. inflalus Defrance , pour une espèce de Grignon , Damery et Parnes. Mais le pyriformis est maintenu pour une autre espèce qui est indiquée à Cannel , Montmirail, Cotentin, Orglande, Bordeaux. Cette distinction et ces indications de gisements sont ensuite repro- duites par le Prodrome de d'Orbigny, qui range même les deux espèces dans son Parisien A ou calcaire grossier, n os 1,219, 1,220; et par le Synopsis de M. Desor, 1855, qui y ajoute l'indication des sables ter- tiaires de Bruxelles, en faisant passer YEchinocyam. propinquus Ga- leotli et Forbes , en synonymie du pyriformis. Malgré toutes ces indications et toutes ces cilations auxquelles il fau- drait ajouter encore celle de M. d'Archiac, qui dit incidemment (Mém. Soc. géol. de France, 2 e série, t. III, page 422, 1850) « qu'il a trouvé YE. piriformis Ag. dans les sables inférieurs de Cassel (Nord) et dans le calcaire grossier de Paris et du Cotentin ; » je dois dire que je doute encore que YE. piriformis de Bordeaux se retrouve dans le calcaire grossier du bassin anglo-parisien. Ce qui est singulier, c'est que la pre- mière figure donnée, en 1841, par M. Agassiz pour cette espèce « si commune à Grignon, » convient parfaitement aux types de la Dordogne et de la Garonne, et ce qui me paraît certain cependant, c'est que cette forme est au moins très-rare dans le calcaire grossier. Cest tout au plus si j'y ai vu un ou deux individus du bassin de Paris pouvant se rapporter à l'espèce Bordelaise et non pas encore au type piriforme, mais à la var. B pentagonale très-accentuée^ comme l'échantillon que j e fais figurer (pi. XV, fig. 2, i, j), et qui a été trouvé près de Vaugirard. Cependant, je ne puis pas récuser le témoignage répété des auteurs mêmes de l'espèce , et c'est sur la foi de ces savants que j'inscrirai YEchinocyam. piriformis au nombre des espèces qui sont communes à l'éocène et à l'oligocène. ( 5K3 ) Quant aux gisements appartenant aux terrains miocènes de l'Allemagne qui sont cités par M. Des Moulins , aux articles Fibularia scutala et F. ovala de ses Tableaux synonymiques, j'ai dit plus haut qu'ils devaient s'entendre d'une espèce qui ne peut pas être confondue avec le pirifor- mis , et c'est peut-être aussi à cet E. ovalus des couches de Bûnde et de Cassel qu'il faut rapporter l'indication que je trouve dans Grateloup, Catal. zool. Gir. n° 867 , d'une variété a de la Fibularia ovala dans le falun supérieur de Salles, près de Bordeaux. En résumé, VEchinocyamus piriformis appartient à un type poly- morphe qui se poursuit dans le terrain éocène , oligocène, miocène, pliocène et jusque daus les mers européennes actuelles avec des modifi- cations souvent peu sensibles, et qui soulève plusieurs questions de synonymie et de gisement sur lesquelles je ne suis pas complètement éclairé et qui nécessiteraient une monographie spéciale. Ce qu'il y a de plus certain, c'est que YEch. piriformis tel qu'il est décrit et parfaite- ment figuré dans son type par MM. Agassiz et Desor est tout-à-fait carac- téristique du calcaire à astéries, c'est-à-dire des couches tongriennes ou oligocènes du sud-ouest de la France, sur les bords de la Dordogne, de la Garonne et de l'Adour, et que c'est à tort que d'Orbigny et M. Desor ne l'ont pas inscrit à ce titre dans l'étage Tongrien. Je pense qu'il se retrouve au même niveau dans le Vicentin. Je doute qu'il se trouve plus bas ou plus haut, et je suis frappé comme MM. Agas- siz et Desor de son analogie avec les espèces vivantes de nos mers, tout en n'admettant pas qu'il y ait identilé. RUNA DECEMFISSA Des Moulins. (PI. XV,fig. 4. a, b. c) Sculella decemfissa Des Moul. in Dufrénoy. — Tabl. syn. 22. — Grateloup, Cat. zool Gir., 863 (exclude Blaye). Runa decemfissa Agass.. Cat. 1847, p. 81. — Moneg. Scut., p. 32. — Bronn , Index palseont. — D'Orbigny, Prodr. Elag., 26 A , 297. — Desor, Synopsis, p. 221. — Raulin, Congr. scient. 1863. Nous devons à l'obligeance de M. Des Moulins de pouvoir faire figurer celte charmante petite espèce d'après un dessin qui a été exécuté sur l'original même qui existe dans son cabinet , et qui avait été trouvé ( 274 ) par Jouannet, à Terre-Nègre, dans Bordeaux. Il a bien voulu nous donner, en outre, une diagnose précise de l'espèce , que nous trans- crivons ici, «textuellement reproduite d'après la description .latine et les notes françaises écrites par M. Des Moulins en 4829. Il les destinait alors, ainsi que celles relatives à toutes les Echinides de la Gironde, aux Actes de la Société Linnéenne ; mais la publication des grands tra- vaux de réformation de M. Agassiz le détermina à ajourner indéfini- ment la sienne, et il se borna à donner au public, en 1835 et 1837, ses trois mémoires de Généralités. Dans ces manuscrits de 1829, comme dans les Tableaux synonymiques de 1837, l'espèce en question porte le nom de Scutella decemfissa. : » Scutella decemfissa Nob. » Testa minulissimâ, ovali, convexâ, posticè sub-dilatalâ, margine crasso , decemlobato. Lobis quinque, ambulacriferis latis, admarginem dilatatis ibique medio emarginatis ; lobis quinque angustis simplicibus interambulacrariis y anali breviore. Ambulacra quinque, elegantissimè punctis bifariis prominulis exornala , versus marginem aperta. Apex dorsalis luberculis sex, uno medio, intlruclus. Pori génitales incognili. Os maximum , rolundum. Anus transversus , parvus , ori vicinus , ad basin lobi analis positus. » Longueur du plus grand individu , 4 millim.; largeur, 3 millim. » Longueur du plus petit individu, 2 millim. » Hab. Fossile du falun de Terre-Nègre, à Bordeaux, où M. Jouannet l'a découvert. Les deux seuls individus connus jusqu'à ce jour ont été trouvés par lui , dans le falun pulvérulent qui remplit la bouche des grosses coquilles, et existent dans son cabinet. » Cette petite Echinide est t la plus élégante que je connaisse. Son épais- seur semble la rapprocher des Clypéastres, mais son orifice anal, situé plus près de la bouche que du bord , et les digitations de son contour, me déterminent à la classer parmi les Scutelles, d'autant que la cir- conscription de ce genre , telle que M. de Blainville l'a établie, permet d'y recevoir des espèces bombées et dont le bord n'est pas précisément tranchant. » Les points d'attache des épines ont échappé à ma loupe. La superficie (hors les ambulacres), m'a paru lisse ; mais on voit que sous cette pre- mière couche il y a un joli parquetage. Dans le petit individu , sans doute plus jeune , les lobes sont plus écartés et moins élargis au sommet. ( 275 ) Les sinus que forment les bases des lobes sont arrondis et évidés à la surface supérieure de TEchinide. A la surface inférieure, au contraire, on ne voit que dix sillons qui aboutissent près de la bouche (1). » Ch. Des Moulins. » Quant à la place que ce type curieux doit occuper dans la série , nous renvoyons à ce qu'en dit M. Desor dans le Synopsis , p. 221. Nous pen- sons, comme lui, et par les mêmes raisons , que c'est plutôt près des Lenita ou des Echinocyamus , que près des Scutelles digitées ( Rolula et Mellita) qu'il doit se ranger; mais le type n'en est pas moins inté- ressant. RUNA COMPTONI Agassiz. (PI. XV, fig. $a,b,c.) Runa Comploni kg., Mon. des Scutelles (4841), n° I , p. 32 , pi. 41, fig. 44-49. — Ag. et Desor, Cat. rais. (4847), p. 84. — Bronn, Index palseont. (4848). — D'Orbigny, Prodr. (1852), Étage 27*. n° 456. — Pictet, Traité de Paléont. (4857), p. 223. — Desor, Synopsis (1858), p. 224, pi. 27, fig. 47-49. C'est sur la foi et sous l'autorité de notre savant maître M. Des Moulins, que j'inscris cette seconde espèce de Runa dans la faune du calcaire à astéries, dont elle forme assurément une des plus curieuses acquisitions. Mon travail était, en effet , terminé lorsque la découverte , qui en avait été faite récemment à Bordeaux, me fut communiquée par M. Des Mou- lins , à qui revient de droit le soin de la signaler, comme il avait signalé, il y a plus de 30 ans déjà , le Runa decemfissa , trouvé par un singulier hasard dans le même quartier de la même ville. Je transcris donc ici la (1) Le plus grand des deux individus est demeuré dans la collection de Jouannct jusqu'à sa mort, et , sans nul doute , son intention a été de le laisser, avec le reste de ses fossiles, au Musée de Bordeaux. Il a disparu depuis longues années, et le di- recteur actuel du Musée , M. le D r Souverbie , ne l'a jamais vu. Heureusement, mon vénérable et généreux ami m'avait, de son vivant (en janvier 1838 ), donné le plus pelit individu, et c'est, encore aujourd'hui, le seul qui soit connu dans les col- lections. {Note de flf. Charles Des Moulins, ajoutée pendant l'impression.) ( 276 ) note qu'il m'a envoyée au sujet de cette découverte , et qu'il m'a permis d'introduire dans le texte de mon mémoire : « Runa Comptoni Agass., loc. cit. — Cette petite espèce est de forme subcirculaire ou plutôt ovoïde , plus longue que large et médiocrement renflée; la hauteur, qui égale à-peu-près les deux tiers de la longueur, présente une déclivité très-uniforme du sommet vers les bords , qui sont très-épais. Les aires interambulacraires sont très-étroites ; elles n'ont que la moitié de la largeur des aires ambulacraires , comme on le voit surtout bien à la face inférieure, où la séparation des aires est très-dis- tincte. Les zones porifères des ambulacres ne sont visibles à la face su- périeure que jusqu'à mi-bord, où elles disparaissent en divergeant. Les entailles qui séparent les aires ambulacraires des aires interambulacrai- res sont profondes ; elles s'étendent au-delà du tiers de la distance entre le bord et le sommet. La bouche, de forme elliptique , est située dans une dépression au centre de la face inférieure. L'anus , sensiblement plus petit que la bouche, est circulaire et plus rapproché du bord pos- térieur que de l'ouverture buccale. Je n'ai pu reconnaître la disposition des tubercules, la surface du test étant trop altérée. La rosette apiciale contient quatre pores génitaux. Les pores ocellaires, placés au sommet des pétales, sont excessivement peiils. a J'ai représenté de grandeur naturelle (fig. 11-13 et 14-15) les deux seuls exemplaires que je possède, et dont l'un (fig. 14) paraît être un jeune. Les fig. 17-19 représentent l'individu de fig. 11 grossi, afin de faire voir les détails du test. L'apparence écailleuse de la face inférieure (fig. 18) provient de ce que les plaques du test sont rongées près des bords articulaires , ce qui les fait paraître saillantes au milieu. » Cette espèce a été découverte dans le terrain tertiaire des environs de Palerme, par M. le marquis de Northampton, président de la Société royale de Londres , auquel je me suis fait un plaisir de la dédier » Agassiz. » Longueur, 4 millim, 1/2; largeur, 4 millim.; épaisseur, 1 millim. 1/2. y> Hab. — Fossile de Bordeaux, dans les limites de l'octroi , individu unique, recueilli le 7 .novembre 1868 par M. E. Benoist, membre de la Société Linnéenne , qui a bien voulu en enrichir ma collection, dans une tranchée de la rue de la Chartreuse , près de l'ancien Jardin-des- Plantes. Cette tranchée , ouverte pour l'établissement du système des grands égoûts collecteurs, attaque le niveau du Falun de Terre-Nègre, qui s'étend sous tout l'emplacement de l'ancien Jardin-des-Plantes et de ( 277 ) l'ancienne Pépinière départementale ( Crassalella tumida , Delphinula scobina , etc.), et qui appartient par conséquent à l'étage miocène di* calcaire à astéries (que MM. Agassiz et Desor rangeaient en 1847, [voir le Cat. rais., p. 147], dans le terrain nummulitique). » Lorsque M. Benoist m'apporta l'échantillon, je le déterminai à pre- mière vue; mais, un peu encroûté dans sa gangue marneuse, il lui fallut le nettoyer pour pouvoir le dessiner au microscope , comme il l'avait fait pour mon échantillon de R. decemfissa. Cette opération a dû nécessai- rement contribuer à en détacher les derniers frustules de lest qui pou- vaient y subsister encore, et dont un seul a pu être observé. Je n'ai donc pu tenter de donner, de cet échantillon, une description plus détaillée que celle de M. Agassiz ; je me suis borné à la reproduire textuellement. s> Quant à l'élégante ligure dessinée par M. Benoist , elle était légère- ment restaurée à l'aide du peu de traces du test qu'il avait pu apercevoir, . et il a été jugé préférable de s'en tenir au réalisme rigoureux et plus pauvre de notre exemplaire unique. M. Lackerbauer a donc été prié d'en faire, au microscope, une nouvelle figure, et c'est celle que nous pu- blions. » Le Runa Comploni, trouvé à Bordeaux dans le Falun de Terre- Nègre, c'est-à-dire dans le calcaire à astéries (miocène), n'est connu de MM. Agassiz et Desor que dans le pliocène de Sicile (Cat. rais., p. 145); mais il a tout l'aspect, la consistance et Yhahitus des fossiles du calcaire à astéries, et ni moi, ni ceux de nos collègues qui recueil- lent très-habituellement des fossiles de ce dernier étage, ne conservons de doute sur ce gisement. » Quant à ce qui concerne la détermination spécifique , c'est moi seul qui l'ai faite et qui dois en porter la responsabilité, que ne récusent pas, d'ailleurs , les honorables collègues dont je viens de parler. Ils n'igno- rent pas plus que moi que la certitude ne peut guère être considérée comme absolue, lorsqu'on n'a, comme nous, sous les yeux — et en l'absence des deux seuls échantillons prototypes palermitains que possède le Musée Agassizien — , lorsqu'on n'a, dis-je, sous les yeux, qu'uN individu d'une espèce-si petite, et que cet échantillon, dont on ne peut voir l'intérieur, a été trouvé presque entièrement dépouillé de son test. En adoptant le nom Coinptoni, nous n'agissons donc qu'en vertu d'une quasi-certitude morale, basée sur les figures données de ce fossile par MM. Agassiz et Desor. » Charles Des Moulins. » ( 278 ) Une fois le gisement admis sur le témoignage des géologues bordelais, je pense , comme M. Des Moulins , quant à la question d'espèce , que si l'identification qu'il propose de ce Runa de Terre-Nègre avec le Runa Comploni pliocène de Palerme, n'a pas les caractères d'une certitude absolue, cette identification est du moins parfaitement admissible en l'état défectueux de l'échantillon unique dont on dispose , et qui a d'ail- leurs été représenté dans sa réalité, pi. XV, fig. 5. Jusqu'à preuve du contraire , il faut donc admettre que nous avons ici l'exemple d'une es- pèce d'Echinide de l'oligocène ayant prolongé son existence jusque dans le terrain tertiaire supérieur d'après M. Agassiz , ou peut-être même dans le terrain quaternaire , d'après M. Pictet. En tout cas , c'est un fait intéressant que ce petit genre, si particulier, des Runa soit repré- senté dans le calcaire à astéries, où il apparaît pour la première fois, par les deux seules espèces qui le composent jusqu'à présent, ou par deux espèces sur trois, s'il vient plus tard à être démontré que les deux espèces de Bordeaux sont l'une et l'autre distinctes du Runa Comptoni. SCUTELLA STRIATULA Marcel de Serres? Scutella striatula, Agassiz, Scut. p. 81, pi. XVIII, fig. 1-5, oplimè! La description et la figure données par M. Agassiz, auxquelles je ren- voie, se rapportent incontestablement à une Scutelle très-répandue dans le calcaire à astéries, et qui avait été d'abord confondue , par M. Des Moulins, in Dufrénoy, et par Grateloup (Oursins foss. de Dax , 1836) , avec la Scutella subrotimda Lk. des faluns de Léognan. Elle en a été séparée sous le nom de Se. strialula par le Prodrome d' Agassiz, et celte distinction a été acceptée par M. Des Moulins , Tabl. syn. 24, 25, et par Grateloup dans son Catalogue zoologique de la Gironde, 1838, n° 859. Postérieurement, M. Agassiz a fixé lout-à-fait l'espèce en en donnant une très-bonne description et une excellente figure dans sa monographie des Scutelles ci-dessus citée, à laquelle se sont successivement référés le Prodrome de d'Orbigny, le Synopsis de M. Desor et tous les autres auteurs. Rapports et différences. — Cette espèce est intermédiaire par tous ses caractères comme par sa position stratigraphique entre la Se. sub- elragona de Biarritz (v. Colteau , Ech. Pyr., 1863, pi. III, fig. 4) et la Se. subrotunda bien connue des faluns de Léognan. Elle se rapproche ( 279 ) davantage de la première par sa taille, qui est presque la même ; par sa forme générale qui est moins anguleuse, il est vrai, que dans le type nummulilique, mais qui est plus sinueuse, plus rétrécie en arrière, plus rostrée que dans le type falunien subrotunda, et par la petitesse propor- tionnelle de ses ambulacres qui sont bien moins grands que dans celui- ci, à taille égale. Cette espèce est très-répandue dans tout le calcaire à astéries de la Gironde, depuis La Roque-de-Tau (couches supérieures) jusqu'à Saint- Macaire, La Réole et Meilhan ; mais je ne l'ai pas encore vue du bassin de l'Adour. En dehors du sud-ouest de la France , elle a été citée par le Catalog. raisonné de MM. Agassiz et Desor dans le tertiaire moyen de Belleville près de Paris , et cette citation a été reproduite ainsi par d'Orbigny : (Prodr. Falunien A, n° 298, et Cours élém. de Paléont., p. 773). L'extension de notre espèce dans les marnes à Ostrea longirostris qui forment la base du miocène inférieur des environs de Paris serait un fait intéressant à constater au point de vue de la paléontologie stratigraphi- que. Malheureusement, j'ignore dans quelle collection se trouvent ces échantillons de Belleville, et je n'ai pas d'autre témoignage à fournir en faveur de ce fait , que les indications bibliographiques que je viens de donner (1). La Se. striatula n'est pas citée par M. Laube dans le Vicentin. Cepen- dant, il fait remarquer lui-même que la Scutella tenera, nov. spec. a beaucoup de rapports avec la Se. striatula par sa taille et par la peti- tesse des ambulacres, etc. Celte Scutelle provient d'ailleurs des couches (l)Des renseignements qui me sonteommuniqués par M. Des Moulins semblent devoir éclairer singulièrement cette petite question : M. Des Moulins a en effet l'obligeance de m'écrire qu'il possède dans sa collection un échantillon de Se. striatula recueilli en 1837 à Belleville, dans l'enceinte de Bordeaux, quartier voisin de celui de Terre- Nègre. Il est plus que probable qu'il aura indiqué cette localité dans sa correspon- dance avec MM. Agassiz et Desor qui l'ont mentionnée en tête des localités girondi- nes citées par eux : « Belleville, Terre-Nègre, Combes (sic) Baurech, etc. » L'indica- tion de Belleville près Paris donnée ensuite par d'Orbigny n'est donc très-probable- ment qu'une fausse interprétation de ce Belleville-Bordeawa;, et une erreur tout-à- fait semblable à celle qui lui fait prendre, selon moi , Bourg -en-Bresse pour Bourg- sur- Gironde, comme je l'ai dit à l'occasion de l'Hemiasler cor. C'est la conviction personnelle de M. Des Moulins, et c'est aussi la mienne. (Noie ajoutée pendant l'im- pression). Tome XXVII. 22 ( 280 ) de Gnata di Salcedo , que je crois sur un horizon géologique très-rap- proché de celui de notre calcaire à astéries. Mais la question la pins intéressante est de savoir si la Sculella stria- tula se trouve dans le miocène, à un niveau plus élevé que celui du cal- caire à astéries. A ne consulter que les auteurs , cela semble certain, puisque Marcel de Serres a établi cette espèce pour une variété de la Sculella subrotunda Lk. du calcaire m,oèllon de Montpellier, qui appar- tient incontestablement à l'étage miocène ou falunien proprement dit. De son côté, Grateloup (Oursins foss. de Dax), cite la Scutelle qu'il figurait planche I , fig. 1, et qui est devenue pour lui exclusivement la Se. striatula dans son Catal. zool. de la Gironde, non-seulement « du calcaire marin grossier des environs de Bordeaux , » mais de tous les faluns jaunes possibles de l'Aquitaine, de la Touraine, de l'Anjou, du Dauphiné, du Languedoc et de Malle! — M. Desor cite également la Seul, striatula, non-seulement du miocène inférieur de France, mais de Malte , en se référant aux ligures d'Andréa et de Leske. Je crains qu'il n'y ait ici quelque confusion , que l'on ne pourrait lever que par la vue de l'échantillon type de la striatula de la collection Mar- cel de Serres. Malheureusement, malgré toute sa bonne volonté, M. de Rouville n'a pas pu encore me procurer la communication de ce type, et je n'ai pas pu vérifier si M. Agassiz avait eu raison de rapporter la Scutelle caractéristique du calcaire à astéries de Bordeaux à une variété de la Scutelle ordinaire du calcaire moellon de Montpellier, et j'avoue même que j'en serais surpris, si je m'en rapportais à la très-courte et Irès-incomplèle diagnose que l'on peut trouver dans Marcel de Serres. Voici tout ce que dit en effet cet auteur dans sa Géognosie des terrains tertiaires, 1829, p. 156 : « ..,. Il est une variété (de la Scut. subrotunda Lk. ) assez constante et bien distincte par la plus grande largeur de ses ambulacres , qui sont striés à leur bord externe d'une manière assez prononcée. Celte dispo- sition , jointe à sa forme plus arrondie, pourrait peut-être la faire sé- parer de la Se. subrotunda , et lui faire donner le nom de Se. striatula.» Je ne saisis pas bien le caractère des stries externes des ambulacres ; quant à ceux tirés de la plus grande largeur des ambulacres et de la forme plus arrondie de l'espèce, ils sont en contradiction formelle avec les caractères du type de Bordeaux, lel que l'a défini et figuré M. Agas- siz lui-même. M. Agassiz dit simplement (Monog. Scut.) que M. Marcel de Serres est le premier qui ait distingué cette espèce. Il ajoute que ( 281 ) l'exemplaire figuré lui a été communiqué par M. Brongniart. J'ai vu cet exemplaire dans la collection Brongniart, à la Faculté des Sciences de Paris : c'est un échantillon qui avait été donné à Brongniart par M. Des Moulins , et qui avait été trouvé par Jouannet , à Terre-Nègre , c'est-à-dire dans le calcaire à astéries de Bordeaux. Quant à l'indication de l'espèce dans le miocène de Malle, par M. De- sor, je crois qu'elle est fondée sur une figure d'Andréa que M. Agassiz a déjà disculée et qui ne convient pas, selon moi, à la slriatula. Cette indication a du reste disparu dans le travail plus récent de M. Whright , sur les Échinodermes de l'île de Malte. — Tout ce que je puis affirmer malgré les citations de lieux de Grateloup qu'il est permis de rapporter à quelques déterminations spécifiques erronées, c'est que, pour moi > je ne connais pas encore la Se. strialula en dehors du calcaire à astéries de Bordeaux : les Scutelles des faluns se rapportent toutes, pour moi , au type de la subrotunda; même une variété plus pelite et plus ronde qui se rencontre dans les calcaires « aquitaniens » de Bazas, à Bazas même et à Baulac , au bord du Ciron. Et à l'inverse, je n'ai jamais ren- contré, pour ma part, dans le calcaire à astéries, le type subrotunda , si bien et si abondamment représenté dans la « molasse ossifère » de Léognan. Grateloup , cependant , même en tenant compte des corrections qui avaient été faites à sa première synonymie , a maintenu, dans son Gâtai, de la Gironde, n° 858, la véritable Se. subrotunda (Grat., fig. 2-3), comme une espèce « commune à Léognan et au calcaire inférieur de Langon , Saint-Macaire et Terre-Nègre. » Comme toul-à-1'heure , el pour les mêmes raisons , je doute de la valeur de ces indications de Grateloup. Mais M. Desor, de son côté , Synopsis , p. 232, donne pour la Se. subrotunda les indications suivantes de terrains et de localités : « Ter- tiaire (miocène inférieur) de Bordeaux , Dambert, commune de Gornac (Gironde); Sardaigne ; — terrain molassique de Zukowce en Podolie (Eichwald). Je soupçonne qu'il y a encore ici quelque erreur sur le gisement, en sens inverse de celles que j'ai supposées pour la Se. slriatula. Je crois, en effet, stratigraphiquement parlant, que les couches aguilaniennes de Sainte-Croix-du-Mont , où j'ai recueilli la Se. subrotunda avec YAm- phiope bioculata, s'étendent un peu plus loin sur le sommet des coteaux jusqu'à Gornac , au-dessus du calcaire à astéries qui se relève très-vite ( "28-2 ) dans celle direction. La Se. subrotunda peut donc avoir élé recueillie à Gornac (1) , el cependant à un niveau qui n'est plus celui du miocène inférieur. En tout cas, j'ai voulu appeler l'attention sur la fixation rigoureuse du gisement des deux espèces. 11 est incontestable que, par leur abon- dance respective, l'un des deux types (la Se. strialula) caractérise le calcaire à astéries, et l'autre (Se. subrotunda) les faluns qui lui sont supérieurs. Il ne serait pas impossible , assurément , que l'un et l'autre se trouvassent adventivement en dehors de ces limites, mais le fait ne m'est pas prouvé jusqu'à présent. Les deux espèces, quoique très-nei- tement distinctes par plusieurs bons caractères apparents et notam- ment par celui de la dimension des ambulacres qui dans la slriatula sont encore petits comme dans les types de Scutelles éocènes, peuvent cependant être facilement confondues lorsqu'on n'a que des échantil- lons incomplets ou mal conservés. La forme générale, en défini- tive, est à peu-près la même: rélrécie en avant, dilatée et si- nueuse en arrière. La taille, généralement beaucoup moindre dans la Se. slriatula , peut cependant atteindre dans celle espèce jusqu'à 80 ou 90 millim. de diamètre. La Se. subrotunda de son côté, qui atteint à Léognan jusqu'à 14-0 mill. de diamètre, peut descendre jus- qu'aux petites dimensions de l'espèce du calcaire à astéries. Il y a là des causes de confusion contre lesquelles il faut se tenir en garde. Enfin , et cependant, comme indication bibliographique, je ne dois pas omettre de dire que la Scut. subrotunda est formellement citée par MM. Gastaldi et Michelotti dans les couches du miocène inférieur de Dego, dans l'Italie septentrionale. (1) Il est singulier que la carrière inconnue de Dambert, près de Gornac, dans l'Entrc-deux-Mers, c'est-à-dire en pleine région de calcaire à astéries, soit devenue, pour les auteurs étrangers, la localité classique du gisement de la Sculella subrotunda des faluns du sud-ouest de la France ! Cette indication , donnée la première fois , je crois, par d'Orbigny, dans sou Prodr. Et. 26 , n° 2634, a été ensuite reproduite par M Desor, etc., et je la retrouve dans la publication récente de M. Laube. Je profite de l'occasion qui m'est offerte pour restituer à la molasse de Léognan ( étage aquita- nien Sec Mayer) ses droits incontestables à être regardée comme le gisement type de Ja Sculella subrotunda de Lamarck. ( "283 ) AMPHIOPE AGASSIZI, Des Moulins. Syn. Scutella bioculata, Des M. in Dufrénoy. 1836. Amphiope Agassizii, Des M. in coll. 1845. — Cotteau. Rev. et Mag. de Zool. 1864. p. 103 ( pi. XIV, fig. 3-5). Cette jolie et intéressante espèce, que M. Cotteau a fait figurer en 1864, se trouve assez communément dans le calcaire à astéries de la Gironde, mais seulement à ma connaissance dans les cantons de Pelle- grue , deMonségur, de laRéole, deMeilhan, c'est-à-dire sur le rivage méridional de la formation, là où abondent aussi la Scutella slriatula et les carapaces de crustacés. Pas plus que la Se. slriatula, je ne la connais du bassin de l'Adour; c'est la première apparition dans les terrains tertiaires des Scutelles lu- nulées, répandues dans la nature actuelle; et M. Cotteau a signalé dans la disposition des plaques ambulacraires autour de la lunule, disposi- tion qui n'a pas élé figurée malheureusement, un caractère qui porte à croire que le genre Lobophora devrait être réuni au genre Amphiope. J'ajouterai qu'il est intéressant , assurément, de voir que les premières Scutelles lunulées que nous trouvons ont un caractère qui les rapproche plus des Lobophora vivant actuellement que des Amphiope des terrains miocènes. Le type s'emble s'être écarté du plan primitif pour y revenir ensuite. ECHINARACHNIUS? PORPITA, Des Moulins, sp. (PI. XV, fig. 6, a, b, c,d, e.) Cassidulus porpila, Des Moulins, in Dufrénoy. — Id. Tabl. syn. n° 5, pag. 246. (exclude synon. et icon.) — nummulinus , Des Moul. ? pro parle ( exclude Blaye ). — porpila, Grateloup. Catal. Girond., n° 870. — nummulinus, id. — ? ibid. n° 869. pro parle (exclude Blaye). Echinarachnius porpila , Agassiz, Catal. rais. p. 76. Cassidulus porpila, Bronn, Index palseont. Echinarachnius porpila, d'Orbigny. Prodr. falun. A. 299. — id. Pictet. Palseont. Sculellina porpila , Desor. — Synopsis, p. 224. — — Raulin. — Congr. Scient. 1863. Espèce petite, très-plate, subcirculaire dans l'état adulte; rétrécie en avant, un peu plus dilatée et légèrement sinueuse en arrière. Face ( 284 ) supérieure à bords légèrement renflés , et sommet ambulacraire élevé. Rosette très-régulière, composée de 5 ambulacres pétaloïdes , courts et larges, presque fermés à leur extrémité ; pores génitaux 4?; zones porifè- res égales à l'espace qui les sépare ; pores non conjugués ? Face infé- rieure presque plane, ou très-légèrement concave, sans sillons appa- rents, mais offrant 5 dépressions vagues correspondant aux ambula- cres. Périprocte petit, suprà-marginal, très-rapproché du bord. Péris- tome grand et central. Diam. antéro-postérieur. . . 17 millim. — transversal 161/2 — Hauteur 3 — Nota. — Ces dimensions sont les dimensions moyennes de l'espèce. Mais elle peut atteindre 20 et peut-être même 25 millim. de diamètre. Loc Calcaire à astéries du département de la Gironde, passim , à Langon, Saint-Macaire, La Tresne, Bordeaux (Terre-Nègre), Saint- Michel, près de Libourne, etc. Assez rare. La détermination spécifique et même générique de cet oursin n'est pas sans difficulté. L'espèce a été introduite, en 1836, dans la nomen- clature par M. Des Moulins loc. cit., sans description , et rangée par lui dans le genre Cassidulus tel qu'il le comprenait à celte époque, sous la double dénomination spécifique de Cassidulus porpita et de Cassid. nummulinus (nous pensons du moins que le C. nummulinus doit être également rapporté à l'espèce pro parte; Bordeaux, exclusis aliis). M. Agassiz, et après lui, MM. d'Orbigny et Pictet, entendant le genre Cassidulus autrement, ont inscrit cette espèce dans le genre Echina- rachnius. M. Desor, au contraire (Synopsis) , l'a portée dans les Scutel- lina. Je crois pouvoir affirmer, pour ma part, que l'espèce en question n'offre pas le caractère principal de ce dernier genre , c'est-à-dire* l'in- térieur divisé par des cloisons rayonnantes. Elle présente, au contraire, autant que j'ai pu m'en assurer, comme les Scutelles, une cavité cen- trale vide correspondant à la région ambulacraire et des bords massifs ou simplement caverneux. C'est pour moi un véritable Scutellien, et n'était la position certainement suprà-marginale de l'anus , ce serait une véritable Scutelle. Je dois même confesser que lorsque, par quel- que accident ou par l'encroûtement du fossile, ce caractère ne peut pas bien s'observer, il est difficile de savoir si l'on n'a pas tout simplement ( 285 ) sous les yeux le jeune âge d'une Scutelle, de la Scutella striatula, par exemple. L'anus est d'ailleurs si près du bord dans l'une et l'autre espèce que, dans certains échantillons incontestables de la Se. striatula, il s'ouvre tout-à-fait au fond d'une échancrure ou gouttière marginale , de manière à ne paraître vraiment ni supère, ni infère; d'un autre côté, je fais figurer comme porpita un fragment relativement grand (pi. XV, fig. 6, e) , qui présente aussi celte échancrure marginale produite sans doute par l'âge, et que je me décide à rapporter à cette petite espèce, parce que, dans cet échantillon, l'anus s'ouvre en définitive à la partie supérieure du fond de l'échancrure , et que je crois y voir un ambulacre moins fermé que ceux de la Se. striatula, mais il y a lieu d'hésiter. Je préfère donc inscrire l'espèce dans la tribu des Scutelliens et dans le genre Echinarachnius comme l'avait fait M. Agassiz , mais en faisant encore beaucoup de réserves à cet égard. Car je trouve que cette forme est assez déplacée dans un genre dont VEch. parma avec ses pétales ou- verts , ses sillons inférieurs bien marqués et anastomosés d'une façon toute particulière, etc., est le type vivant, et dont Y E. Julien sis de Patagonie serait le seul représentant fossile d'après M. Desor. Il faut en- core moins songer à en faire un AracJmoides, genre qui ne compte qu'une espèce (A. placenta) d'un type tout particulier, et l'on arrive ainsi par exclusion à être fort embarrassé pour attribuer avec sécurité notre por- pita à quelqu'un des genres existants (1). Quant au nom spécifique , M. Des Moulins avait rapporté cet échinide au type vivant figuré dans Favanne et dans l'Encycl. méthocl. (d'après Seba) , pi. 152, fig. 3,4, sous le nom de Scutella porpita, tout en reconnaissant l'in:uffisance de ces figures et la difficulté qui résultait d'ailleurs de ce que Seba n'a figuré que des espèces vivantes. M. Agassiz (Monogr. des Scutelles) dit, à propos de Y Arachnoïdes placenta , que « la Scutella porpita des auteurs est bien certainement un (1) J'ai communiqué récemment à la Société géologique de France (séance du 15 juin 1869), une nouvelle petite espèce d'Echinide très-intéressante trouvée dans les marnes à Oslrea longiroslris des environs de Paris, c'est-à-dire à l'horizon même de notre calcaire à astéries, et qui présente tout-à-fait et plus encore les mêmes caractères ambigus que la porpita de Bordeaux, dont elle se distingue par son bord beaucoup plus sinueux, même dans le jeune âge, son anus un peu moins marginal, et l'impression très-nette des sillons ramifiés de sa face inférieure; je me suis décidé à en faire le type d'un sous-genre nouveau , sous le nom de « Scululum parisiensc.» Peut-être devrait on y faire entrer aussi te porpita de Bordeaux. ( 286 ) jeune de Y Arachnoïdes placenta , et qu'il lui est dès-lors démontré que l'espèce fossile que M. Des Moulins a signalée sous le nom de Cassidulus porpita, et qu'il ne connaît pas, ne saurait avoir pour synonymes les citations relatives au Scutella porpita des auteurs que M. Des Moulins lui rapporte.., » — M. Desor, Synopsis, p. 224, ajoute à son tour, que « c'est uniquement sur la foi de M. Des Moulins qu'il rapporte l'espèce de Terre-Nègre au Sent, porpita de l'Encyclopédie méthodique, la figure de ce recueil étant trop défectueuse pour être d'aucun secours. » De ces observations diverses il résulte que l'espèce fossile doit être en effet distinguée de l'espèce vivante à laquelle on l'avait d'abord rap- portée ; mais , si le nom spécifique de porpita de l'Encyclopédie doit disparaître comme passant en synonymie de V Arachnoïdes placenta, jeune , il peut être réservé ou repris pour l'espèce fossile de Bordeaux , qui appartient à un autre genre, quel qu'il soit. NUCLEOLITES DELFORTRIEI Cotteau. Act. Soc. Linn. Bordeaux, t. XXVII, pi. XII, fig. 6-10. Je renvoie au travail de M. Cotteau pour la description de cette inté- ressante espèce, qui vient se placer heureusement dans l'oligocène pour permettre de suivre la marche du genre dans les terrains tertiaires , depuis les couches nummuliliques éocènes jusque dans les faluns mio- cènes de Bretagne , où je l'ai récemment retrouvé, ainsi que le constate M. Cotteau. J'ajouterai que j'ai recueilli aussi un autre Nucléolite dans les carrières de Peyredoule, près de Berson, dans leBlayais, qui ap- partiennent à l'étage de Saint-Estèphe et de Cars , c'est-à-dire à un étage marin particulier, intermédiaire entre la grande formation marine du calcaire à astéries et le calcaire marin éocène supérieur de Blaye. Ce Nucléolite, qui est à étudier, est plus petit, plus convexe, avec un sillon anal plus étroit, une étoile ambulacraire beaucoup plus distincte, etc. que le N. Del for triei , dont il est toul-à-fait différent; il se rapproche beaucoup plus des N. testudinarius Brongn. ou Meinradi Des., des ter- rains éocènes du Vicentin. — C'est un jalon de plus. Loc. Monségur. — Coll. Delfortrie. ECHINOLAMPAS BLAINVILLEI Agassiz. (PI. XVI, fig. i, 2,5.) Clypeaster oviformis Defrance , in Dict. Se. nat., 1817. Echinolampas oviformis fossilis Blainville , ibid. Zoophyles, p. 198. ( 287 ) Echinolampas oviformis Des Moulins, in Dufrénoy, 1836. — Tabl. syn., 1837, p. 342, var. B. exclude Blaye , Dax, Chaumont, France mérid. exclude, var. C. — ovalis Des Moulins, ibid., pro parle, Bordeaux , exclusis aliis locis. — oviformis Grateloup, Catal. Girond., 1838 , n° 889, prô parle, exclude Blaye. — Non Clypeasler ovi- formis, Gratel., Ours. foss. Dax, 1836, pi. I, fig. 10. — ovalis Grateloup, ibid , n° 890, pro parle, exclude Blaye. — Non Clypeaster ovalis Grateloup, Ours. foss. pi. I, fig. 9. — Blainvillei, Agassiz , Catal. rais., p. 106, 1846-1847. — oviformis, Bronn, Index palseont., 1848. — Blainvillei, D'Orbigny, Prodr. Etag. 25, n° 1207, 1852. — Id. Desor, Synopsis, p. 308, 1855. — Id. Raulin , Congr. fcient. Bordeaux, 1863. Espèce de taille moyenne, renflée , ovoïde, arrondie en avant , légè- rement dilatée et subroslrée en arrière. — Face supérieure convexe, très-renflée sur les bords ; face inférieure pulvinée. — Sommet ambula- craire un peu excentrique en avant; ambulacres assez larges, bien ou- verts à leur extrémité , presque égaux entre eux; espace interporifère du double plus large que les zones porifères. Dépression péristomale assez profonde; péristome subtrigone; floscelle assez bien marqué. Périprocte grand, ovale, transverse. Longueur, 57 millim. ; largeur, 50 miliim. ; hauteur, 28 millim. Var. à. alla, de Quiusac (Gironde), pi. XVI, fig. 2 (ma collection); de mêmes dimensions que le type, mais s'en distinguant par son sommet apicial plus conique et plus excentrique en avant, par ses ambulacres sensiblement plus étroits et sa forme moins dilatée en arrière. Var. B. depressa , de Terre-Nègre , à Bordeaux , pi. XVI , fig. 3 ( ma collection); de dimensions plus grandes que le type, et de forme sensi- blement plus déprimée. Rapports et différences. — Cette espèce est caractéristique du cal- caire à astéries des environs de Bordeaux. La diagnose que nous en don- nons et les figures qui l'accompagnent, excluent tout ce qui a rapport au véritable Echinolampas ovalis Val., espèce beaucoup plus petite, ( 288 ) plus ellipsoïdale, à ambulacres proportionnellement plus larges, etc., du type de YEchinol. dorsalis Ag., de Saint-Palais (voir d'Archiac, Mém. Soc. géol. France, t. III, 2 9 partie, pi. XI, fîg. 2) , qui appartient à un niveau géologique inférieur, celui du « calcaire marin de Saint-Es- tèphe, » de M. Matheron , et qui n'a été , jusqu'à présent, trouvée que dans le Blayais et dans le Médoc. Parmi les espèces éocènes , celle qui semblerait , d'après les descriptions , se rapprocher le plus du Blain- villei, serait YEehinolampas Delbosi Cott. , 1863, des couches de Biar- ritz; malheureusement, elle n'a pas été figurée. D'un autre côté, notre espèce doit être séparée du type plus récent des faluns et des molasses , avec lequel elle a été plus d'une fois confondue , et dont elle se rappro- cherait davantage au premier aspect par la forme générale de son ambitus, je veux dire du type des faluns de Léognan, Echinol. Richardi Des Moul., ou Echinol. Laurillardi Ag. (1); ce dernier est toujours bien moins renflé, plus déprimé et plus plat sur les bords, plus orbiculaire, même dans l'échantillon moulé de la collection de Neuchâlel, n° 35. Les deux espèces fossiles se rapportent à deux types différents : l'espèce de Léognan se rapporte à un type actuellement vivant sur les côtes du Sénégal et de l'Afrique occidentale , que M. Des Moulins avait fait con- naître dans ses Tableaux synon., p. 340, sous le nom de E. Richardi. Au contraire, c'est avec un autre type vivant dans les mers australes , YEchinus oviformis de Linné, que notre E. Blaiîivillei (surtout dans la variété A ) a le plus d'analogie ; ces analogies sont même assez marquées pour que les deux formes aient été longtemps confondues. L'espèce du calcaire à astéries se distingue cependant de l'espèce vivante par plu- sieurs bons caractères que nous avons pu apprécier par l'examen com- paratif des types de Lamarck qui sont au Muséum de Paris; ceux-ci , Echin. oviformis vrais des mers actuelles, sont plus grands , plus al- longés, plus étroits, proportionnellement plus hauts, avec le sommet plus conique et plus excentrique en avant que dans l'espèce fossile ; le caractère tiré de la largeur relative des ambulacres n'est pas constant, et quelles que soient les variations de l'espèce vivante, qui sont très-sen- sibles , et celles de l'espèce fossile de Bordeaux , les deux espèces ne se confondent pas cependant. Nous avons pris pour type et fait figurer comme tel un individu de la (lj Je laisse à M. Des Moulins le soin de faire la critique de ce type dans un travail spécial qu'il prépare en ce moment. ( 289 ) collection de M. Des Moulins (portant le n° 121 de cette collection), provenant des environs de Bordeaux, et qui est celui même qui a été communiqué par ce savant en 1847 à M. Desor, et qui lui a été renvoyé par celui-ci , étiqueté de sa main comme Echinolampas Blainvillei Agass. C'est d'ailleurs à cette forme que se rapportent parfaitement la très-grande majorité des échantillons que j'ai eus entre les mains. La description détaillée et la représentation exacte de ce type étaient nécessaires ; car la seule figure citée à l'appui de la très-courte diagnose du Synopsis est celle de Grateloup, Ours.foss. de Dax, Clyp. oviformis, pi. I, fig. 10. Or, je me suis assuré, grâce à une obligeante communi- cation de M. Des Moulins, que cette figure de Grateloup représente , assez mal d'ailleurs , un Echinol. Itichardi Des Moul. des faluns supé- rieurs à Cardila Jouanneti de Narrosse , près de Dax , qui n'a rien de commun avec noire espèce du calcaire à astéries; pas plus que la figure de son prétendu Clyp. ovalis , ibid. , pi. I , fig. 9 , qui n'est ni un ovalis , ni un oviformis. Je ne sais pas davantage ce que peut être son Clyp. Cucieri (non Cavieri Munster. Echinol. oviformis, var. C. Des Moul. ) , figuré ibid., pi. II, fig. 22, qui rappellerait mieux peut-être, comme contour, la forme du Blainvillei, mais qui, d'après le texte, doit se rapporter à une espèce du terrain nummulitique de Montfort ou des faluns supérieurs de Dax. L' Echinolampas Blainvillei, entendu comme nous venons de le faire, et dégagé des espèces éocènes ou faluniennes avec lesquelles on l'avait confondu, est une espèce caractéristique, avons-nous dit, du calcaire à astéries du département de la Gironde ; il n'y est pas rare , et il y a été recueilli sur une quantité de points depuis Haux , Cambes , Langoiran , Quinsac, Floirac, Bordeaux, Lormont, jusqu'à Belvès (l)elbos, in Mém. s. form. d'eau douce), au nord-est du déparlement et sur la rive droite de la Dordogne. J'ajouterai même que jusqu'à présent, à ma connais- sance, il est spécial à ce département comme à cet horizon géologique : et je pense que toutes les citations de localités , autres que celles-ci, qu'on trouve dans Grateloup ou dans Des Moulins, doivent être exclues jusqu'à plus ample informé, même pour le bassin de l'Adour. Il est cité cependant par Grateloup (Ours. foss. de Dax) , de la « glaucome crayeuse de Tercis. » (Al. Brongn.) ; ce qui doit s'entendre, si je ne me trompe, en me reportant à la terminologie de l'auteur, des couches tertiaires oligocènes de Lesperon , près de Tercis, où il pourrait, en effet, se trouver et où il serait parfaitement à sa place, beaucoup mieux à sa ( 290 ) place que VAnanchytes ovata, par exemple, etc., que le [même auteur, ibid. cite du même gisement tertiaire de Lesperon. Mais je ne l'ai jamais vu de cette localité. J'en dirai tout autant des indications du Prodrome de d'Orbigny, qui cite l'espèce non-seulement de la Dordogne, mais de la Sardaigne et de Nice. Ces citations, empruntées, je crois, à M. Sis- monda, et sur lesquelles je n'ai pas pu m'édifier complètement, ne se retrouvent pas dans le Synopsis de M. Desor, et j'ai lieu de douter de leur exactitude. Je ferai remarquer d'ailleurs que d'Orbigny, en inscri- vant celte espèce dans son étage 25 e , Parisien A, a commis une erreur stratigraphique semblable à celle que j'ai déjà relevée pour le Crenaster lœvis et pour YEchinocyamus piriformis. HEMIASTER COR. Desor. (PI. XV, Gg 7, a, b, c) Agass. 1847, Cat. p. 123. — D'Orbigny, Prodr. Étage 26 e , n° 2,607. Desor, Cat. rais., p. 123; Synopsis, p. 374. Celte espèce a été créée par MM. Agassiz et Desor, d'après un exem- plaire existant au Muséum de Paris, et donnée comme appartenant au terrain tertiaire (miocène?) sans indication de localité. Elle a été citée par d'Orbigny dans son Falunien B, avec cette men- tion : France , Bourg (Ain). — Il y a probablement dans celle indication une double erreur : je ne sache pas que les dépôts marins miocènes du Jura s'étendent précisément jusqu'à Bourg, chef-lieu du département de l'Ain, qui est situé en pleine alluvion de la Bresse; cette citation du Prodrome doit sans doute s'entendre (comme pour VHemiasler acumi- natus, cité ibid., n° 2,611) de Bourg, dans le département de la Gironde, en amont de Blaye, qui a donné son nom dans le S.-O. au « calcaire de Bourg. » Il s'ensuivrait alors que l'espèce ne devrait pas rester dans le Falunien B , et qu'elle devrait être reportée dans le Falu- nien A de d'Orbigny. Je me suis confirmé dans ces doutes par la vue de l'échantillon type qui existe à Paris dans la galerie de Géologie du Muséum , où il est classé parmi les fossiles des faluns du Sud-Ouest, avec cette étiquette « Falunien B, 2,617, Dax , » qui se réfère évidemment au Prodrome, quoique la citation de la localité ne soit plus la même. Je crois donc que l'oursin appartient bien à la faune tertiaire du sud- ouest de la France, et je crois même que l'on peut attribuer provisoire- ( 291 ) ment VHemiaster cor à l'étage du calcaire à astéries, autrement dit « calcaire de Bourg et de Saint-Macaire » avec plus de probabilité qu'à aucun aulre (1). Je fais figurer, pour plus de clarté , l'exemplaire , unique à ma con- naissance , du Muséum de Paris. C'est ici que devrait se placer dans notre Catalogue , une espèce qui a été citée plusieurs fois des environs de Bordeaux, et dont la discus- sion critique n'est pas sans difficulté ; je veux parler de : HEMIASTER ACUMINATUS. Syn. Spalangus acuminatus, Gold. sec. Des Moul. et Gralel. Schizaster acuminatus , Agass. et Des. Catal. rais. Hemiaster acuminatus , D'Orb. Prod. — id. Raulin, Cong. Scient. 1863. La mention de cette espèce dans le calcaire à astéries remonte au mé- moire de Dufrénoy où M. Des Moulins avait inscrit le Spalangus acu- minatus Gold. dans sa liste des fossiles du calcaire de Blaye et dans celle du fossiles du calcaire grossier de Saint-Macaire, Langon, etc. On re- trouve cette espèce dans ses Tabl. synon. p. 390, avec l'indication sui- vante de localités : « Cassel , Dusseldorf, Bordeaux! Blaye! » Graleloup, dans son Catalog. zoolog. de la Gironde , n° 897, repro- duit cette double indication à la suite de l'espèce : « Blaye, Langon, Saint-Macaire. c. » MM. Agassiz et Desor , Catal. rais. , inscrivent l'espèce dans le genre Hemiaster avec cette indication géologique : « Myocène tertiaire de Cassel. Calcaire de Bourg , de Bordeaux. » D'Orbigny mentionne à son tour celte espèce, comme Hemiaster, dans son Falunien B , étage 26, n° 261 1 , Prodr., à côté de VHemiaster cor et du Brissus dilalatus , avec cette indication de localités : « Bordeaux (Gironde) Bourg (Ain) , ce qui est évidemment une reproduction erro- née de la citation du Catal. rais., Cassel. » Mais M. Desor, Synopsis, p. 374, ne reproduit plus à l'article de VHemiast. acuminatus ces indications de gisement dans le S.-O. de la France : il se contente d'indiquer, d'après Goldfuss, les localités (1) VHemiasler corculum Laube, du Val Scarauto, dans le Vicentin , n'est pas sans analogie avec Y H. cor. ( 292 ) allemandes de Cassel et de Graffenberg près Dusseldorf , du tertiaire supérieur, avec un Nota important. Je retrouve cependant VHemiasler acuminatus cité par M. Raulin parmi les Echinodermes du calcaire à astéries, en 1863 (Cong. Scient.) Je crois que c'est avec raison que le Synopsis ne mentionne pas VHem. acuminatus dans le département de la Gironde. J'ai pu en effet, grâce à l'obligeance parfaite de M. Des Moulins, étudier les deux échantillons types de sa collection qu'il a bien voulu me communiquer, en accompa- gnant cette communication d'une note sur l'histoire de leur détermina- tion et de ses appréciations nouvelles. Ni l'un ni l'autre de ces deux oursins ne me semblent pouvoir convenir à la figure que Goldfuss a donnée è nucleo du Spatangus acuminatus , Pelref. Germ. pi. 49 , fig. 2. (je ne connais pas l'espèce de visu) qui montre un profil totalement différent et remarquable par la projection du côté postérieur au-dessus de l'anus et par l'oblitération du sillon antérieur vers le bord. Ces deux carac- tères , exprimés très-nettement dans la diagnose du Synopsis , ne peu- vent aucunement se retrouver dans les oursins de la collection Des Mou- lins, et je pense qu'il faut rayer provisoirement YHemiaster acuminatus du Catalogue des Echinodermes du calcaire à astéries. Les deux oursins ainsi spécifiquement dénommés dans la collection Des Moulins proviennent de deux niveaux différents , ainsi que nous l'avons vu, et se rapportent selon moi à deux types distincts : 1° Le plus petit, qui porte le n° -49 dans la collection de M. Des Moulins, et qui provient des couches éocènes de Blaye, est « plus haut, plus acuminé à son sommet , plus court et plus épais proportionelle- ment que l'autre. Les ambulacres antérieurs sont absolument droits; les ambulacres postérieurs, plus courts et plus obtus que dans l'autre échantillon. Enfin, les gros tubercules de la face inférieure ne semblent pas perforés. » J'extrais ces observations délicates de la note même que M. Des Moulins m'a fournie, et j'appuierai seulement sur le caractère résultant de la forme générale, qui est très-sensible dans l'oursin vu de profil : on voit qu'il présente un sommet presque médian , un point anticlinal , à partir duquel la face supérieure est déclive des deux côtés , du côté postérieur aussi bien que du côté antérieur. Cet échantillon de la collection Des Moulins est celui qui a été moulé dans la collection des moules du Musée deNeuchâtel et marqué V. 19, et c'est à lui que se rapporte la note de la page 374 du Synopsis, à l'article de VHemiaster acuminatus , ainsi conçue : « C'est par erreur que la collection des ( 293 ) » moules indique cette espèce sous le no V, 19, qui est un Periasler. » J'ajouterai que M. Desor a répandu depuis ce moule sous la dénomina- tion de Periaster Moulinsii qui doit donc être attachée à ce premier type, et sous laquelle je le fais figurer (pi. XVII fig. 1.). C'est un type étranger à notre calcaire à astéries: j'en donne ci-dessous la diagnose(l). 2° L'autre prétendu Hemiasler acuminalus de la collection de M. Des Moulins , portant le n° 50 dans cette collection , plus grand du double que le précédent, et provenant avec certitude du calcaire à astéries de Lormont, en face de Bordeaux , se rapporte à un type tout différent avec lequel nous constituons une nouvelle espèce sous le nom de Periaster Arnaudi, que nous allons faire connaître. PERIASTER m ARNAUDI nov. sp. (PI. XVII, fig. 2, a, b. c, d). Espèce de taille moyenne, ovoïde, à peine plus longue que large , assez épatée, déprimée et fortement échancrée en avant, épaisse et tron- quée verticalement en arrière. Face supérieure subcarénée dans l'aire interambulacraire impaire. Face inférieure presque plane. Sommet ambulacraire un peu excentrique en arrière. Sillon antérieur large, profond, subanguleux sur les bords, s'étendant du sommet au péris- tome, en se rétrécissant vers l'ambitus. Ambulacres pairs moins profonds et moins larges que le sillon antérieur, presque droits ou très-légère- (t) PERIASTER MOULINSII Desor in lilt. (PI. XVII, fig. l,a, b. ) , Diam. antéro-postérieur. 23 mill. Diam. transversal 21 Hauteur 17 Forme bombée, épaisse; sommet excentrique en arrière ; face supérieure très- déclive eu avant ; déclive aussi quoique d'une façon moins prononcée, du côlé postérieur. Sillon impair large et se continuant jusqu'à l'ambitus qu'il échancre très- nettement; ambulacres antérieurs peu profonds , larges, droits et un peu obtus ; am- bulacres postérieurs de moitié moindres ; zones porifères séparées par un intervalle très-étroit. Fasciole péripctale mince et à sinuosités anguleuses ; fasciole anale ? Face inférieure et côté postérieur mal connus. Loc. Blaye, cale, grossier. — Coll. Des Moulins, n» 49. (2) Je m'associe pour ma part aux doutes émis par M. Cotteau sur la valeur des caractères génériques qui séparent les Periaster des Schizaster ; au moins pour les espèces suivantes. ( 294 ) ment infléchis en dehors, terminés obtusément à leur extrémité; les postérieurs sensiblement plus courts que les autres (la paire antérieure, dans les échantillons types, ayant 15-16 millim. de longueur et la paire postérieure 10-11 ) ; zones porifères bien plus larges que l'intervalle qui les sépare. Tubercules abondants , très-inégaux , très-petits et très-serrés à la face supérieure et autour du périprocte , plus gros sur les bords du sillon impair et du côté antérieur, beaucoup plus gros encore et plus espacés à la face inférieure et surtout autour du péristome. Périprocte ovale, assez petit, s'ouvrant au sommet de la troncature postérieure. Péristome très-rapproché du bord, semi-lunaire, étroit, muni d'une lèvre inférieure saillante. Fasciole péripétale très-large, irrégulière, martelée ; fasciole latéro-anale très-étroite. Diamètre antéro-postérieur. 34-35 millim. — transversal 32 — Hauteur 22 — Nota. — Un de mes échantillons est plus gros et plus ramassé que le type figuré. 11 compte au moins 25 millim. de hauteur au côté postérieur; il présente aussi un sommet un peu plus excentrique en arrière. Nous avons établi celte espèce non-seulement à l'aide de l'échantil- lon de Lormont, cité plus haut; mais surtout à l'aide de deux échantil- lons bien plus parfaits qui ont été recueillis dans le calcaire à astéries de Saint-Michel, près de Libourne (Gironde), par M. Arnaud, notre confrère de la Société géologique de France, à qui nous nous faisons un plaisir de dédier ce type que nous croyons nouveau. Nous en connais- sons également un échantillon trouvé par M. Guestier dans les couches supérieures de la Roque de Tau , et nous croyons pouvoir en rapprocher aussi un oursin, fort écrasé, recueilli à Cambes par M. Linder, qui l'a présenté à la Société Linnéenne de Bordeaux (V. Pr. verbaux 1868, t. XXVI, page 017). L'espèce est donc répandue, quoique rare, dans toute l'étendue du calcaire à astéries du déparlement de la Gironde. En dehors de ce département , elle se trouve près de Dax , au même niveau, dans les carrières de Lesperon et dans les couches à Macrop- neustes , dont il sera parlé plus loin : je crois pouvoir du moins y rap- porter deux Periaster en mauvais état que j'y ai recueillis. Enfin, j'ai reçu du Vicentin, et comme provenant de Monte Carlotlo, près de Castel-Gomberto , plusieurs Periasler, malheureusement aussi dans un étal défectueux , que je crois pouvoir rapporter à notre espèce. Rapports et différences. — Celte espèce se rapproche certainement ( 295 ) d'un type nummulitique recueilli à Haslingues (Landes) par M. Raulin, el qui avait peut-être été compris par M. Cottcau dans son Periaster Raulini (Gongr. Scient,, Bordeaux, 1863), mais que nous croyons devoir distinguer sous le nom de Periaster Cotleaui, nov. sp. Nous en donnons ci-dessous la diagnose(l), et grâce à l'obligeance de M. Raulin, nous avons pu le faire figurer ainsi que le Per. Raulini (pi. XVII, fig A, a, b.) qui ne l'avait pas été ; nous espérons faire mieux saisir ainsi les carac- tères clifférenciels qui séparent toutes ces espèces qu'il est difficile de bien exprimer autrement. Nous pouvons dire cependant que notre P. Arnaudi diffère du P. Colteaui par sa taille plus forte, sa forme moins élégante, plus épatée, plus déprimée en avant , moins cordiforme, bien moins étroite du côté postérieur, plus plate en dessous, et par ses tuber- cules plus nombreux et plus serrés , plus inégaux , etc. (1) PERIASTER COTTEAUl, nov. sp. ( PI. XVII , fig. 3 a, b). Espèce assez petite, un peu plus longue que largo, ovale sub-cordiforme, échan- crée en avant, étroite el tronquée en arrière. Face supérieure haute, légèrement déclive en avant, resserrée en arrière et marquée d'une carène saillante qui se pro- longe jusqu'au périprocte. Face inférieure bombée au milieu et sensiblement renflée du côté postérieur. Sommet ambulacraire un pou excentrique en arrière. Sillon anté- rieur assez large, profond, allant du sommet au péristome. Ambulacres pairs bien marqués, larges, presque droits, obtus à leur extrémité; les antérieurs ayant 13 mill. de long ; les postérieurs, 8 mill. Zones porifères bien plus larges que l'espace qui les sépare. Tubercules ne paraissant pas très-serrés ni très-inégaux. Périprocte ovale, s'ouvrant presque au sommet ut dans une légère concavité de la face postérieure. Fasciole péripétale assez large et sinueuse; fasciole sous-anale étroite, d'ailleurs mal connue. „ Diamètre antéro-poslérieur. 28 millim. — transversal 23 — Hauteur 20 — Ce Periaster se distingue parfaitement du P. Raulini Gotleaii , par la position du sommet ambulacraire qui, dans ce dernier, est excentrique en avant, d'où résulte un profil tout différent et brusquement déclive, et par la forme des ambulacres qui , dans le P. Raulini, sont longs, étroits, effilés et, de plus , circonscrits par une fas- ciole très-étroite et élégamment anguleuse. Loc. Hastingues (Landes) Etage nummulitique. — Coll. Raulin. Nota. — Les figures \ et 3 de la planche XVII suffiront, je l'espère, pour faire saisir les caractères différenciels des deux espèces; mais elles ne rendront que très-impar- faitement leurs caractères propres et secondaires. Tome XXVII. 23 ( 296 ) PERIASTER BURDIGALENSIS nov. sp. (PI. XVII, iig. 5, a, b.) Espèce de taille moyenne, épaisse, assez régulièrement ovale, légè- rement échancrée en avant et tronquée obtusément en arrière. Face su- périeure gibbeuse, plus déclive en avant. Face inférieure légèrement et uniformément convexe; tubercules nombreux, perforés. Sommet ambu- lacraire un peu excentrique en arrière ; sillon antérieur large, assez profond, se continuant jusqu'au bord; ambulacres pairs allongés, non obtus à leur extrémité; les antérieurs plus étroits que le sillon impair, et mesurant 17-18 millim., les postérieurs, 12 millim. Périprocle? Fasciole latéro-anale mince, très-distincte. Fasciole péripétale? Diam. antéro-postérieur. ... 35 millim. Diam. transversal 33 — Hauteur 23 — Diffère du Periaster Cotteaui , et se rapproche davantage du P. Raulini par la forme allongée et la grandeur relative de ses ambulacres ; mais se dislingue très-bien du Raulini par sa forme lourde et ovalaire , par la position de son sommet ambulacraire qui n'est pas excentrique en avant, par la grosseur des tubercules de la face inférieure qui sont au contraire très-petits dans l'espèce nummulitîque, etc. Nous proposons cette espèce nouvelle pour un Periaster recueilli par M. Gosselel dans le calcaire à astéries du coteau de La Souys, en face de Bordeaux (Ma collection.) Nota. — Nous laissons encore en dehors un petit Periaster, Hauteur 13 millim. Diamètre antéro-postérieur. ... 19 Diam. transversal 17 provenant de Quinsac, ancienne collection Banon , qui se distingue par la po- sition excentrique en avant de son sommet, par la déclivité très-abrupte de sa face antérieure, la profondeur et la rectitude du sillon impair, et l'écarte- ment des ambulacres antérieurs, qui forment avec le sillon impair un angle très-ouvert, enfin, par la grosseur relative des tubercules des côtés. Malheu- reusement, l'état incomplet de l'exemplaire unique que je possède, et dont la face dorsale et postérieure est tout-à-fait endommagée, m'empêche de préciser davantage les caractères d'une forme que je crois nouvelle, et que j'appellerai Periaster Banoni. ( 297 ) PERIASTER SOUVERBIEI, Cotteau. (Act. Soc. Linn. de Bordeaux, t. 27. pi. XIII, fig. 1-6.) L'exemplaire type décrit et figuré par M. Cotteau a été trouvé à Saint- An d ré- de-Cubzac (Gironde) d'après l'étiquette du Musée de Bordeaux au- quel il appartient, et par conséquent dans le calcaire à astéries qui est la seule formation marine du lieu. J'en ai d'ailleurs retrouvé moi-même un exemplaire jeune (ibid. fig. 5.) à la Roque-de-Tau , dans les mêmes couches que le Cœlopleurus Delbosi et que YEuspatangus Tournoueri Cott.; et, depuis le travail de M. Gotleau, M- Arnaud m'a communiqué deux échantillons de l'espèce recueillis par lui dans le calcaire à astéries de Saint-Michel, près de Libourne, c'est-à-dire toujours dans le pro- longement du calcaire de Bourg, sur la rive droite de la Dordogne, où l'espèce semble jusqu'ici localisée. M. Cotteau a réuni provisoirement à celte espèce un très-petit oursin (figuré ibid. fig. 6 , malè) que j'avais recueilli à Blaye, dans les couches éocènes à Laganwn marginale. Je me permets d'insister, pour ma part, sur les doutes que l'on peut conserver à l'égard de cette identification entre l'espèce du calcaire à astéries et le petit échantillon de Blaye, qui présente une disposition aplatie et même enfoncée du sommet ambula- craire, qui a d'ailleurs été mal rendue dans la figure précitée, et qui ne se retrouve pas dans les types du calcaire de Bourg. Est-ce seulement un caractère du jeune âge? Je rapporterais plus sûrement au P. Souverbiei, un petit oursin que j'ai vu dans la collection d'Orbigny, au Muséum, étiqueté : Blaye, n° 9680 dans le catalogue manuscrit, et dont je ne garantis pas d'ailleurs la provenance. Musée de Bordeaux. — Ma collection. SCH1ZASTER BELLARDII? Agassiz. (PI. XVI, fig, 4, a, 6.) Cal. rais., p. 127 -, Desor, Synopsis, p. 391. Nous attribuons, M. Cotteau et moi, au Sch. Bcllardii, espèce ita- lienne non figurée , un oursin des couches oligocènes de Lesperon près de Dax , qui se rapporte assez bien , en effet , au moule n° 39 de la collection de Neuchâlel par sa forme générale , par la position excen- trique en arrière du sommet, la largeur des ambulacres , etc. , mais qui s'en éloigne cependant, selon moi , par sa taille plus petite, et par la tendance des ambulacres antérieurs à s'infléchir en dehors, qui est, très-marquée dans un fragment très-bien conservé que je possède, ef ( 238 ) clans un échantillon de la collection de M. Colteau, que je fais figurer (1). Peut-être faut-il attendre des exemplaires plus complets pour se pro- noncer définitivement sur la détermination de ces Schizaster, et sur la valeur des caractères qui les séparent des Periasler en général et du Per. Arnaudi en particulier. Cet oursin est spécial, jusqu'à présent, dans le sud-ouest de la France, au bassin de l'Adour et même aux carrières de Lesperon, où il a été trouvé plusieurs fois par M. le D r Blanchet et par moi , dans les couches moyennes de la formation, avec le Periasler Arnaudi. Ce sont ces oursins que M. Cotteau a eus en vue lorsqu'il a cité , dans le Compte- Rendu de la réunion extraordinaire de la Société géologique de France à Bayonne, en 18G6 (Bull. Soc. géol., t. XXIII, p. 842), un Periasler de Lesperon, « voisin du P. Raulini Cott. » En dehors de la France, le Schizasler Bellardii véritable est cité par MM. Agassiz, Desor, Sismonda et Michelotti, du miocène inférieur de Squaneto dans la Ligurie, et du miocène moyen de la colline de Turin. M. Laube ne le cite pas du Vicentin. Collections Blanchet, Cotteau et la mienne. BRISSUS DILATATUS Desou. Cotteau, Act. Soc. Linn. Bordeaux, pi. XII, fig. 11-14. Je n'ai rien à ajouter à ce que dit M. Cotteau de cette espèce, si ce n'est qu'elle a été fourvoyée par d'Orbigny dans son 26 e étage, Falunien B, n" 2,622, évidemment par une erreur qui doit être corrigée : la localité qu'il indique, Rions (Gironde), étant précisément une localité du calcaire à astéries, et l'espèce ayant depuis lors été retrouvée dans plusieurs gisements incontestables de ce niveau , à Barade, commune de Doulezon (Gironde), (individu figuré par M. Colteau), à Béguey par M. Delforlrie, à La Roque-de-Tau dans les couches supérieures par M Guestier, à La Tresne par moi-même. Le Briss. dilatatus a été cité, avec d'autres d'ailleurs, par M. Cail- liaud, dans la liste qu'il a donnée des fossiles (éocènes) d'Arton, dans la Loire-Inférieure (Bull. Soc. géol., t. XIII, p. 40). Je ne sais quelle valeur il faut attribuer à cette indication. L'analogue de cette espèce , avec lequel elle avait d'abord été confon- due, vit dans les mers chaudes des Antilles (Brissus columbaris). (1) Malheureusement , le caractère des ambulacres a été mal rendu dans la fig. 4 a, qui est peu satisfaisante. La fig. 4 b montre aussi, pour la face inférieure, des tuber- cules trop petits et trop serrés. ( -209 ) MACROPNEUSTES MENEGH1NII Desor, Synops. p. 411. (Laube,Echin. Vicent., p 32. Tab. VII, fig. 4 a, b.) Belle espèce d'Echinoderme, la plus grosse du calcaire à astéries, que nous rapporlons avec certitude au M. Meneghinii du Vicentin; en notant cependant que les figures de Laube représentent une forme plus large et surtout beaucoup plus haute (dans la figure de profil , 1 b) que celle des exemplaires, plus ou moins imparfaits d'ailleurs, que j'ai vus du sud-ouest de la France. Mais ceux que je possède du Vicentin sont eux-mêmes moins hauts et moins bombés que l'exemplaire figuré et qui est peut-être exceptionnel dans un type que je crois très-variable sous ce rapport. Le M. Meneghinii est jusqu'à présent spécial au bassin de l'Adour, où je l'ai trouvé : 1° à Lesperon, avec le Schizasler Bellardii et le Perias- ter Arnaudi , dans les couches moyennes de la formation, c'est-à-dire dans les bancs à grandes Lutines qui sont supérieurs aux bancs à Teredo et aux couches charbonneuses à Deshayesia et à Natica crassa- tina, et inférieures aux couches à Ccrithium Irochleare; elle a été citée de celle localité par M. Cotteau (Compte-rendu de la réunion de la Soc. géol. à Bayonne, 1866) ; 2° à Préchac , dans la carrière au bord de l'Adour, avec les mêmes grandes Lucines , etc. ; 3° non loin de là , au moulin de Pelelte (commune de Louer) où l'espèce est, abondante, a en juger par les fragments qu'on en trouve dans le calcaire. Cette espèce est très-intéressante à cause du lien qu'elle établit, par sa position straligraphique certaine, entre le calcaire à astéries et les cou- ches nummulitiques supérieures du Vicentin, où elle forme comme le Cyphosoma cribrum? , d'après M. Suess , un horizon particulier dans ce grand groupe de Caslel Gomberto dont j'ai signalé plusieurs fois les affinités paléontologiques avec notre calcaire à astéries du S.-O. EUSPATANGUS JOUANNETI Cotteau. (Act. Soc. Linn Bordeaux, t. 27, pi. XIII, fig. iô ) Syn. Spalangus ornalus Des Mou!; m Dufiénoy. — Grat., Cat. zool. Gironde , 899. E ti jmlagus ornalus RauWn , Bull. Soc. géol., 2 e sér., t. V, p. 123 (Nota). — Raulin, Congr. scient. 1863, p. 328. Id. ? Colleau ibid. Echin. Pyrén , p. 307. Comme on le voit par la synonymie, c'est cette espèce qui avait été citée plusieurs fois du calcaire à astéries de Terre-Nègre, à Bordeaux, ( 300 ) comme identique à YE. ornalus de Biarritz, dont elle est en tout cas fort voisine. Nous nous en référons à M. Cotteau pour la description des caractères spécifiques qui doivent, suivant lui, la distinguer de l'espèce nummulitique, et nous devons dire d'ailleurs, pour bien préciser les faits, que la description de YE Jouanneli n'a pas été faite par M. Cotteau d'après les échantillons anciennement recueillis à Terre -Nègre par MM. Jouannet et Pedroni, mais d'après un individu de ma collection qui avait été trouvé par notre confrère, M. Gosselet, dans le calcaire à as- téries de Quinsac, sur la rive droite de la Garonne, où j'ai depuis re- trouvé moi-même d'autres fragments de l'espèce. En dehors de la France , M. Laube cite YE. ornalus de plusieurs localités et de plusieurs niveaux du Vicentin, et particulièrement des couches de Montecchio-Maggiore , qui renferment une partie des mollus- ques du calcaire à astéries. Je suis porté à croire que les Euspatangus de ce dernier gisement doivent être plutôt rapportés au type suivant. EUSPATANGUS TOURNOUERI Cotteau. (Act. Soc. Linn. Bordeaux, t. 27, pi. XIII , fig. 7-12.) Les Euspalangus pour lesquels M. Cotteau a établi celle nouvelle es- pèce , ont été recueillis par moi , ainsi qu'il le dit , à La Roque-de-Tau , où M. Guestier a également retrouvé l'espèce, et dans le même banc où j'avais trouvé le Cœlopleurus Delbosi et le Periasler Souverbici. J'ajou- terai , pour plus de précision , que ce banc à Echinides, où Y Euspalan- gus est commun, se trouve dans la partie inférieure de la formation, au-dessus d'un banc à Bryozoaires et osselets d'astéries, et immédiate- ment au-dessous d'un banc très-riche en Polypiers avec Nalica crassa- lina. Dans cette carrière de La Roque-de-Tau , si intéressanle à divers points de vue, c'est à la partie supérieure el dans les hautes couches autrefois exploitées que j'ai trouvé la Sculella slriatulael que M. Gues- tier a recueilli le Brissus dilalalus et le Periasler Arnaudi. Il est bien douteux pour moi qu'il faille rapporter à YE. Tournoueri Y Euspalangus trouvé dans les coupes éocènes de Blaye par M. Guestier, auquel M. Cotteau fait allusion, et qui en diffère par sa plus grande taille comme par la moindre dimension de ses ambulacres , etc. Au contraire, YE. Tournoueri du calcaire à astéries se trouve cer- tainement dans les couches synchroniques de Montecchio-Maggiore et de Castel-Gomberto , d'après les échantillons de la collection Cotteau, Actes delà Soc.Iiim. de Bordeaux. T. XXVII. PL. 15 4 D 4 e W i- 2.3" 7 U 2r "M : J? IJcukcricuier dtZ. 2. JùcAirw&yortuis /jir/for/nu.J^. 3 - -% afflimSsJQejTji,. 6 b -Imf). _3tcaiui,,JLaris . 4. TtwzcL dteern/ïssa, , .Dejjjt--. Û. J? Co77WÙOTUs, Ay. â. iïcTunarachniits ? norviéa, Dm m . y. ffeméastzr cor, Des. ActesdekSoc.Imn.deBordeam T.m/ii. a. i, i'/V'":-^^^- v :-; -"■ ■£acAtri' parce qu'il existe une espèce vivante de ce nom. » Or, qu'est-ce que cette espèce vivante? C'est l'espèce découverte à l'île du Prince (côte occidentale d'Afrique) par un naturaliste justement apprécié, feu mon ami S. Rang, qui m'en rapporta en 1830 deux échan- tillons, dont je communiquai l'un (parfaitement entier) à M. Desor, et auquel il fait allusion dans la note ci-dessus transcrite à propos du Laurillardi fossile de Léognan n e 7. — C'est celle que je confondis avec ce fossile , sous le nom A'E. Richardi , dans mes Tableaux synonymi- ques (1837), et qui ne diffère essentiellement de l'espèce fossile, comme le dit fort bien M. Desor dans sa note autographe, que par la largeur proportionnellement bien plus considérable de ses ambulacres. Quelques détails sont ici nécessaires sur la synonymie de ces deux espèces. A la page 105 du Catalogue raisonné, MM. Agassiz et Desor mention- nent ainsi l'espèce vivante : « Echinolampas Richardii (sic) Desml. (sic), Tabl. syn., p. 340. j> — Sénégal (de Itell) , Mus. Paris. — Grande espèce ovoïde, à ambu- lacres larges. Coloration violette. » Il n'y a là rien à dire; la citation est matériellement exacte, sauf que l'espèce (les échantillons du moins que je possède) , est d'une couleur café brûlé clair et non violette. A la page 107 du même volume (espèces fossiles) la même citation est reproduite en ces termes : « Echinolampas Laurillardi Agass. (moulage en plâtre , 34) E. Ri- » chardii [sic) Desml. (sic), Tabl. syn., r p. ,342. — Forme discoïde » à ambulacres étroits. Diffère de YE. hemisphœricus par sa taille plus » petite et sa bouche moins étoilée. » Ici commencent les confusions et par suite les erreurs qui montrent combien est ardue et exige de minutieuse attention la tâche que doit s'imposer le synonymiste : Premièrement , le moulage n° 34 n'appartient point à notre espèce fossile de Léognan (mon échantillon n° 7) , mais bien au véritable hemis- phœricus Lamarck, comme l'établit avec toute raison le Synopsis de M. Desor, p. 307. — Celui qui représente réellement ce vrai Laurillardi de Léognan, c'est le moulage n° 35, attribué très-justement au Lauril- lardi par M. Desor, Synops., p. 307r308, et qui, lui aussi, est fausse- Tome XXVII. 24 ( 312 ) ment nommé hemisphœricus dans la liste imprimée des moulages et dans le Catalogue raisonné. Secondement , entraînés par la mode (à laquelle j'ai eu clans ma jeu- nesse le tort d'adhérer sans réflexions et sans éludes sur les principes de justice et de droit qui doivent éclairer le choix des autorités invo- quées en matière de nomenclature spécifique), MM. Agassiz et Desor ont suivi l'opinion qui donne Y autorité, eu plaçant l'espèce sous son nom à celui qui transporte une espèce (antérieurement nommée) dans un autre genre, auquel cette espèce lui semble devoir être rapportée de préférence. Ce n'est point ici le lieu de discuter à nouveau le principe de ce mode de nomenclature ; je l'ai fait avec tout le détail nécessaire l'an dernier (1868), dans ma Lettre à M. François Crépin (Act. Soc. Linn. Bor- deaux, t. XXVI, 4 e livraison), et je me borne à répéter aujourd'hui que je suis du nombre des naturalistes qui regardent le nom spécifique primitif comme une propriété stable , immanente, inaliénable (hors les cas d'inadmissibilité du nom, qui sont acceptés par tout le monde) de celui qui l'a publié, et cela , quels que puissent être les genres où il plaira aux classificateurs subséquents de colloquer V espèce qui a reçu primitive- ment le dit nom; tandis que, d'après la singulière doctrine que nous combattons, le dernier des changeurs de genres, fussent-ils cent, aurait toujours raison, et l'espèce deviendrait sa propriété... jusqu'à ce qu'il s'en présente un cent-unième qui fera la chose sienne, et ainsi de suite!!!!! Je ne m'occupe donc ici que de l'historique des faits, et je constate : 1° Que je ne suis point ['auteur du nom spécifique Richardi (et non pas Richardii comme l'ont écrit MM. Agassiz et Desor jusqu'à l'époque (1858) où M. Desor a rétabli dans son Synopsis la véritable leçon Richardi). — C'est aux approches de 1825 que ce nom spécifique a été créé pour l'espèce fossile par feu Desmarest, professeur au Muséum de Paris , qui préparait alors en collaboration avec feu M. Alexandre Bron- gniart, un travail spécial sur les Oursins fossiles du bassin de Paris. Cet important ouvrage n'a jamais été publié, que je sache (1); mais c'est d'après les déterminations autographes de M. Desmarest, qui me (1) Je ne trouve aucun fossile bordelais nommé dans la Description géologique des environs de Paris, par Cuvier et Brongniart, nouv. édit. 1822, dans V Avertissement duquel Desmarest est pourtant cité parmi les premiers et principaux fournisseurs de documents. ( 313) furent adressées par lui en 1825 sur l'obligeante intervention de M. Bron- gniart (que j'avais sollicitée par une lettre du 3 mai 1825), détermination autographe dont je conserve précieusement l'original , que j'ai publié en 1837 (dans mon 3" mémoire) le nom Richardi, sous la rubrique générique Echinolampas. J'attribuais alors faussement ce genre, encore nouveau, à Blainville, tandis que, simplement adopté par M. de Blainville en 1830 dans le 60° volume du Dictionnaire des sciences naturelles de Levrault , article Zoophytes , il avait été créé par le célèbre zoologiste anglais Gray en 1828 , et non point en 1835 comme l'a dit M.Desor (Synopsis), ni en 1834 comme le dit d'Orbigny (Paléontologie française crétacée) ; i 2° Que le genre Echinolampe de Gray est resté confondu jusqu'en 1828 dans le genre Clypéastre de Lamarck; — que c'est par conséquent sous le nom de Clypeaster Richardi Desmarest, que notre espèce fossile de Léognan ( mon échantillon n° 7) a été fondée ; — que je n'ai fait enfin qne la transporter en 1835 dans le genre Echinolampe, où elle doit subsister sous le nom spécifique de Desmarest ( et avant la parenthèse Clypeaster ou sub Clypeaslro). — Je n'accepte donc plus que l'honneur de la paternité de l'espèce Richardi me soit attribuée au détriment de ce respectable professeur du Muséum ; 3° Et par conséquent, je constate que le nom spécifique Laurillardi créé par M. Agassiz en 1847, doit être relégué parmi les synonymes, du moins pro parte dans le cas où il sera établi que, comme nous sommes en position de l'affirmer, deux espèces distinctes existent à Léognan , — toutes deux confondues , dans les collections parisiennes , comme elles l'ont été jusqu'ici dans la mienne , sous ce même nom ; 4° Enfin , qu'il en est tout autrement de YE. Richardi vivant de mes Tableaux synonymiques, p. 340, n° 1. — Celui-là, j'ai fait la faute grave de le considérer comme X analogue vivant de l'espèce fossile de Des- marest, et c'est pour cela que je lui ai donné le même nom, et le fait de cette publication m'en attribue avec raison la paternité. Mais maintenant que les deux espèces sont reconnues distinctes , il faut un nouveau nom pour la vivante, puisque le nom spécifique Richardi est occupé légitimement par la fossile. J'use donc de mon droit en présence d'un double emploi qui ne peut subsister; je corrige ma propre erreur, et j'impose à l'espèce vivante le nom d'EcHiNOLAMPAS Rangii, en la dédiant au naturaliste si honorablement connu qui, le premier et alors qu'elle n'était décrite ou mentionnée nulle part, l'a apportée de l'île du Prince dans les collections d'Europe. ( 314 ) Ces points étant bien établis, il restait à notre réunion à statuer sur la détermination des échantillons iÏE. Laurillardi Agass. (pro parle) qui, décidément, n'appartiennent pas à VE. Richardi Desmarest, et nous paraissent constituer l'autre partie de ceux qui se trouvent sous ce nom dans les collections parisiennes. Ils doiveat , selon nous, conserver- ie nom d'E. Laurillardi Agass. (species emendala). — Ils se distinguent du Richardi comme de Vhemisphœricus dont le type parfait est fourni, ainsi que le dit M. Desor (Synopsis, p. 307 ) par le moulage n° 34, en ce que : 1° Ils ont plus de tendance à la forme roslrée en arrière que le vrai Richardi; mais ils sont bien moins rostres que Vhemisphœricus ; 2° L'infundibulum péristomal est moins creux et plus subit que celui de Vhemisphœricus, c'est-à-dire que leur face inférieure est un peu pulvinée entre Vinfundibulum et le bord, tandis que cette forme pulvi- née est, dans Vhemisphœricus , remplacée par une déclivité uniforme et presque entièrement sans courbure. Cette espèce à laquelle nous conservons exclusivement le nom d'E. Laurillardi Agass., est représentée dans notre réunion par un grand échantillon parfait, pur de toute déformation par écrasement ou com- pression , — par un échantillon de même diamètre à-peu-près, mais lé- gèrement déprimé ou écrasé, tous deux recueillis à Léognan par M. Del- forlriequi en a donné un à M. Benoist, — et par un exemplaire parfait, plus petit (n° 17 de ma collection) recueilli en 1837 dans la molasse ossi- fère pierreuse de Léognan par un paysan de celte commune, marchand de fossiles et nommé Lafont. — Nous croyons devoir réunir à cette espèce quatre échantillons, dont deux, que je communiquai en 1846 à M. Desor sous le faux nom de sculiformis , furent par lui rapportés, mais avec quelque doute (étiquette autographe) à Vhemisphœricus. Ils sont loin d'être d'une conservation satisfaisante (n° 6, localité inconnue, acheté à Paris; n° 87, cap Couronne, aux Marligues, envoyé par feu Requien; n 0s 90 et 91, Saint-Paul-trois-Châteaux , envoyés également par Requien qui en possédait un semblable de Bonifacio : je lui ai retourné ce der- nier, qu'il ne possédait pas en double). L'échantillon parfait de M. Delforlrie mesure pour son plus grand diamètre transversal , 9 centimètres ; pour son plus grand diamètre lon- gitudinal, 9 1/2 centimètres ; tandis que mon exemplaire le plus parfait de Vhemisphœricus donne en diamètre transversal , 10 1/2 centimètres sur 11 1/2 centimètres, à cause de la saillie très-prononcée du rostre. ( 315 ) Afin de répandre plus de clarté sur la complication fatigante des détails qui précèdent, nous allons donner ici les diagnoses latines (dans une forme Lamar chienne, mais un peu plus étendue) des trois espèces fossiles que nous venons de discuter et de distinguer, et nous ferons la même chose pour l'espèce vivante de la côte occidentale d'Afrique, en ajoutant à celle-ci une description française Cotlaldienne , c'est-à-dire calquée sur les modèles d'exactitude et de précision que nous a donnés M. Coiteau pour le genre Echinolampe , dans ses Echinides fossiles des Pyrénées (Compte-rendu du Congrès scientifique de France , 28 e session [à Bordeaux, 1861], tome III, avec 9 planches). Sur ces quatre espèces, nous en faisons figurer, de grandeur natu- relle, trois (planches 18,19 et 20); mais nous laissons de côté la 4 e (he- misphœricus) , parce qu'il en existe plusieurs bonnes figures. I. — Echinolampas hemispilericus Lamarck (Clypeaster ) , an. s v. éd. 1* (1816), t. 3, p. 16, n° 9; éd. 2 a (1840), t. 3, p. 293, n° 9. — Agass. et Desor, Cat. raisonné, p. 107 (1847), et Desor, Synopsis, p. 307 (1858). — Moulage en plâtre, n° 34! (Les mots que j'ajoute à la reproduction textuelle de la diagnose La- marckienne sont en caractère romain; ceux qui doivent en être retranchés comme inutiles, parce qu'ils sont communs à tout le genre ou à tout le groupe, sont placés entre crochets). Orbiculatus, convexus , semiglobosus, rostro prominente lato; am- bidacris [quinque longiusculis è vertice excenlrico radiantibus] reclius- culis, latiusculis, posticis paulô longioribus latioribusque ; ano infrà- rnarginali, magno, transverso, subtriangulari ; fade inferiori plano- concavâ, haud pulvinatâ; ore transverso subtriangulari; floscello simpliusculo. II — Echinolampas Laurillardi Agassiz et Desor (1847) , Cat. rais., p. 107 (pro parle lantùm ! et ideô spedes emendala). (Voir notre pi. 18, f. 1, 2 5 ). Orbiculatus , convexus, subsemiglobosus vel depressiusculus ; rostro vix prominulo lato ; ambnlacris recttusculis longiusculis angustis subœ- qualibus , posticis paulô latioribus; ano infrà-marginali transverso magno subtriangulari ; fade inferiori subpulvinatâ , infundibulo peris- tomali latiori leniter declivi tertiam tanlùm partem os inter et ambitum occupante; ore (sicut et verlex) pariim excenlrico , transversè subtrian- gulari longitrorsùm angustato .' floscello simpliusculo leviler insculpto. ( 316 ) III.— Eciiinolampas Richardi Desmarest (Clypeaster), mss. ined. (4825). - Ch. Des M. Tabl. synon., n° 4, p. 342 (1837). E. Laurillardi Agass. etDesor (1847), Cat. rais., p. 107 [pro parle laniùm!]. — Desor(1858), Synops. (pro parle lantùmt). — Moulage en plâtre, n° 35. (Voir notre pi. 19, f. 1,2, 5). Orbiculalus , obrolundalus , plus minus depressus ; rostro haud pro- minulo vix ac ne vix conspicuo et reverâ quasi nullo ; ambulacris subœ- qualibus anguslis , posticis paulô laliohbus ; ano infrà-marginali medio- cri transversè ovali; fade inferiori pulvinatâ ; infundibulo perislomali angusliori et magis quàm in prœcedentibus proclivi , dimidiam parlera os inter el ambilum occupante; ore (sicul el vert ex) partira excentrico , transversè sublriangulari longilrorsùm subanguslalo ; floscello simplici nec conspicuè exornalo. IV. — Echinolampas Rangii Ch. Des Moulins (18G9). E. Richardi (spee. viv.) Ch. Des M. (1837), Tabl. synon., n° 1, p. 340. E. Richardii Agass. et Desor(1847), Cat. rais., p. 5. (Voir notre pi. 20, f. 1, 2, 5). L'exemplaire que je fais figurer est celui qui m'a été rapporté en 1830 de l'île du Prince par Rang. Synonymie : Cette espèce est représentée au Muséum de Paris par trois exemplaires, savoir : 1 .— Echinolampas Hellei Valenc. — Échantillon complètement brisé , brun-violacé, de la taille à-peu-près de celui que j'ai reçu de Rang. — Du Sénégal; donné en 1846 par M. l'amiral dellell (faussement imprimé de Itell dans le Catalogue raisonné). L'étiquette est collée sur la boîte de carton, au fond de laquelle on voit encore une autre étiquette vieille et portant ces mots : Echin. Hellii Mus. Agass. et Desor. 2. — Un échantillon un peu moins grand que celui dont la figure accompagne ce mémoire, gris-violet, en deux fragments, mais presque entier : de la collection Roissy, 1847. 3. — Dans un bocal d'alcool, un très-grand et très-bel individu avec cette étiquette : Echinolampas Hellii Mus. Ag. — Bissagosse (il faut lire : Archipel de Bissagos) , embouchure de Rio-grande, côte occidentale d'Afrique; M. Lorois ; 1846. On le voit ; le nom spécifique Hellei ou Hellii est primé de neuf ans par mon Richardi, et je reprends mon droit en le changeant en Rangii. ( 317 ) C'est à l'inépuisable obligeance de mon ami et collègue M. Raoul Tournouër que je dois tout le détail synonymique ci-dessus , relevé textuellement et communiqué par lui dans sa lettre du 11 décembre 1869. Il m'a rendu ainsi un véritable service, et je suis heureux de lui exprimer ici toute la reconnaissance dont je lui suis redevable. diagnose de l'£ Rangii. Orliculalus, concexus , depressiusculus', rostro vix prominente lato ; ambulacris petaliformibus lalis et apicibus latè disjunclis , poslicis lon- gioribus; ano infrà-marginali mediocri transverso subtriangulari ; fade inferiori subpulvinatâ ; infundibulo peristomali leniter declivi dimidiam partem os inter et ambilum occupante; ore (sicut et verlex) parnm excentrico, transversè subrhomboidali ; floscello eleganti slrenuè insculplo. DESCRIPTION DÉTAILLÉE DE VE. Rangii. Espèce de moyenne taille, subcirculaire, un peu plus longue que large (7 1/2 sur 7 centimètres) , régulièrement arrondie en avant, à peine roslrée en arrière (le rostre partant de la plus grande largeur, située aux 3/5 postérieurs du test, et tronqué à-peu-près carrément à son extrémité). Face supérieure régulièrement bombée (hauteur totale, 3 1/2 centi- timètres). Face inférieure pulvinée sur ses bords, légèrement déprimée autour du péristome, en sorte que Yinfundibulum périslomal (1) a son bord externe (point de partage des eaux qu'on répandrait sur la face inférieure) placé un peu plus près de la bouche que de Vambilus ; la paroi de cet infundibulum est une déclivité plane. Sommet ambulacraire un peu excentrique en avant de l'à-plomb du milieu de la bouche. Ambulacres larges, déprimés en dessus et à peine saillants au-dessus du niveau du test, pétaloïdes, rétrécis à leur extrémité largement ouverte; l'ambulacre antérieur moins saillant encore, moins profondé- ment ciselé et moins long que les quatre autres, dont les deux posté- rieurs sont les plus longs. Zones porifères déprimées, de moitié moins lar- ges que la moitié de l'espace interporifère, formées de pores obliques (les internes arrondis , les externes très-allongés), unis par un sillon et séparés par un étroit bourrelet couvert de 8 ou 9 granules. (1 Je propose cette expression nouvelle, dont l'application rigoureusement exacte se représente, avec ses diverses nuances, dans toutes lesEchinides à face inférieure plus ou moins concave : on y trouve toujours un véritable entonnoir, plus ou moins accentué. ( 318 ) Tubercules scrobiculés fins, homogènes, excessivement serrés dans la région marginale, un peu moins dans toute la région dorsale, large- ment espacés dans la partie plane de Vinfundibulwn périslomal. Péristome légèrement déjeté en avant, son bord postérieur étant placé juste à la moitié de la longueur de la face inférieure de l'oursin , entouré d'un floscelle élégant, très-apparent et énergiquement ciselé; l'ouverture buccale peu enfoncée, pentagonale , transversalement allon- gée, de grandeur médiocre (8 millim. sur 5), uniformément courbe en arrière, plus courbe et étroitement échancrée en avant: Périprocte grand , à fleur de test, infrà marginal, transversalement sub- rhomboïdal, mais plus anguleux en avant qu'en arrière (10 millim. sur 6). Appareil apicial peu développé, déprimé, stelliforme ; quatre pores génitaux; plaque madréporiforme très-grande, le point le plus élevé du test se trouvant marqué par le petit renflement qui termine les pointes postérieures de ladite plaque. Epines uniformes, réduites à un court duvet veloulé , de la couleur du test (brun dans mes exemplaires, violet d'après M. Desor). Had. — Côtes occidentales d'Afrique; (île du Prince; le commandant Rang. — Sénégal [Archipel de Bissagos]; l'amiral de Ilell). Rapports et différences. —Celle espèce forme, avec les E. Richardi, Laurillardi, hemisphœricus , a/finis, Blainvillei et autres, un groupe très-caraclérisé par sa forme générale subcirculaire et par l'uniformité des caractères essentiels de ses espèces. Les différences spécifiques géné- rales , sous ce rapport, reposent sur les nuances du rostre, — nuances comprises entre une simple tendance au rostre , à peine appréciable (E. Richardi) et Y existence a" un rostre proéminent, bien détaché, légè- rement évidé sur ses bords (E. hemisphœricus ) . Quant aux différences spécifiques particulières , elles reposent sur les proportions des ambu- lacres et sur les détails de la face inférieure du lest. Je vais comparer VE. Rangii seulement aux trois espèces dont il a été question jusqu'ici dans la présente note. J'ai rédigé la description ci- dessus à l'aide de mon seul échantillon parfait; l'autre exemplaire que j'ai reçu de mon regrettable ami est brisé en tant de morceaux qu'il ne peut servir à la mensuration ; mais c'est à l'élude de son test vu du côté interne que j'ai dû d'apprendre que, de ce côté, c'est le pore interne de la série qui est plus allongé que Y externe , tandis que le test étant vu du côté extérieur, c'est, comme je l'ai dit plus haut, le pore externe qui se montre le plus allongé. (319) Les quatre échantillons les plus parfaits des quatre espèces que je compare entr'elles , vus en dessous, placés à plat et en rang, offrent une dégradation dont voici la marche : Sous le rapport de la taille de l'oursin, hemisphœricus , Laurillardi , Rangli, Richardi; Sous le rapport de l'accentuation du rostre, hemisphœricus , Rangii, Laurillardi , Richardi: Sous le rapport de la largeur proportionnelle des ambulacres , Ran- gii, hemisphœricus, Laurillardi, Richardi. Sous le rapport de la position (toujours un peu excentrique en avant) du sommet apicial, il n'y a pas de différence assez facilement apprécia- ble pour être formulée; je n'en reconnais pas non plus qui mérite d'être signalée en ce qui concerne la hauteur totale de l'oursin, parce que, pour peu qu'on ait affaire à plusieurs échantillons d'une même espèce d'Echinide, on rencontrera toujours des individus plus ou moins bom- bés et d'autres plus ou moins déprimés (sans que cela vaille la peine, en général , d'établir des variétés), tout comme chez les Pupa et beau- coup d'autres genres de Mollusques turbines, on trouvera toujours une forme allongée et une forme courte. Passons à la face inférieure et opérons de même. Sous le rapport du périprocte toujours transversal et de diamètre transversal proportionnellement uniforme, il est : plus ou moins grossièrement triangulaire chez : hemisphœricus , Rangii , Laurillardi , sensiblement ovale chez Richardi. Sous le rapport de Y infundibulum péristomal, il est de moins en moins large et de plus en plus subit, c'est-à-dire que la face inférieure est de moins en moins plaie, le renflement des bords de plus en plus accusé, et le péristome de plus en plus enfoncé dans l'ordre suivant (qui répond aux nuances de la forme générale du test) : hemisphœricus, Rangii, Laurillardi , Richardi. Le floscelle est de moins en moins énergiquement accidenté, dans l'ordre suivant : Rangii, hemisphœricus , Laurillardi , Richardi. Le diamètre antéro-postérieur de l'ouverture proprement dite de la bouche diminue, et par conséquent son diamètre transversal augmente proportionnellement dans l'ordre suivant : hemisphœricus, Rangii, Richardi, Laurillardi. Tome XXVII 25 ( 320 ) Sous le rapport du rostre vu en dessous, la forme générale est : rostrée chez hemisphœricus , subrostrée chez Rangii, subcirculaire chez Laurillardi et chez Richardi. § II' ne . Pour achever l'étude à laquelle nous a conduits la lettre que notre collègue et ami M. Tournouër m'a fait l'amitié de m'écrire le 5 novem- bre , il ne nous restait qu'à fixer notre opinion , au moyen de documents authentiques, sur une difficulté relative à I'Echinolampas affinis , et celte question est beaucoup moins compliquée que la précédente. C'est encore là une espèce dont MM. Agassiz et Desor m'attribuent et dont je n'accepte plus la paternité, puisque c'est Goldfuss qui l'a établie (en 1826-1833) sous le nom de Clypeaster affinis (p. 134, pi. 42, fig. 6 a, b, c). — Pour moi, c'est une espèce simple; mais , si on la considère telle que l'ont enregistrée les auteurs du Catalogue raisonné, et du Synopsis , elle en contient deux parfaitement distinctes. Certain, grâce à l'excellente figure de Goldfuss, que mon Échinide du calcaire grossier du Blayais était absolument identique à la sienne, je communiquai à M. Desor, en 1846, mon échantillon, le plus parfait que je possédasse alors, n° 31 de ma collection, récolté il y a plus de quarante ans, par feu Dargelas. M. Desor me le retourna en 1847 sans aucune observation autographe , ce qui, dans les habitudes de notre correspondance, indique qu'il approuvait et adoptait, telle quelle, ma détermination; — et en effet, dans le cours de la même année 1837, le « Catalogue raisonné » (p. 107), ajoute aux localités parisiennes la loca- lité Blaye et la citation de ma collection. En 1858 , dans son Synopsis, M. Desor figure admirablement (pi. 31, f. 4-6) l'espèce du bassin de Paris, qu'il regarde comme Y affinis, la cite aussi (p. 302) à Blaye, dans les Alpes et à Bruxelles (Goldfuss la citant uniquement : ex arenâ margaceé Brabantiœ), et ne fait pas attention que son dessin ne concorde pas avec celui de Goldfuss , image fidèle de l'espèce de cet auteur. — Occupé alors d'autres travaux, je ne fis non plus aucune attention à cette assimilation inacceptable. Mais, M. Malhe- ron regarda les choses de plus près et, dans son beau travail intitulé Note sur les dépôts tertiaires du Médoc et des environs de Blaye (Bull. Soc. géol. de France, 2 e série, t. 24; séance du 4 février 1867), il pro- ( 321 ) posa, sous le nom d'E. girondicus ,.nov. sp. (p. 200), de séparer l'es- pèce de Vêlage supérieur de Blaye, du Médoc (1) et de Machecoul , près Nantes, — de la séparer, dis-je, de celle de Paris, dont il croyait alors la détermination exacte et authentique sous le nom à'affinis et avec laquelle , dit-il fort justement , son girondicus avait été confondu jus- qu'alors. — Sans figurer ni décrire cette espèce qu'il jugeait nouvelle, notre éminent collègue de Marseille signale sommairement et provisoi- rement, d'une façon positive dans sa brièveté, les principales différen- ces qui distinguent les deux espèces et qu'il se propose de faire ressortir dans un mémoire définitif ( qui n'est pas encore publié au moment où nous écrivons). C'est donc à M. Malheron seul que revient le mérite de la distinction des deux espèces. Mais le temps a marché ; M. Tournouër, à qui j'avais communiqué mon échantillon n° 31 vu en 1846 et virtuellement approuvé par M. Desor, m'écrit, le 5 novembre: « Votre lyped'a^ms est parfaitement conforme » au girondicus de mon ami M. Malheron, avec qui j'en ai recueilli une » quantité d'exemplaires près de Blaye, notamment à Saint-Martin. J'en » ai retrouvé plusieurs autres exemplaires, d'une fraîcheur admirable, » dans les calcaires sableux de l'octroi, en allant vers Plassac : type et » variété plus renflée et à ambulacres plus étroits. » En même temps, M. Tournouër enrichit ma collection de deux échantillons de Vaffinis parisien) Desor, non Goldfuss, récoltés par lui-même dans la carrière deVanves, près Paris; je n'avais jamais réussi à me procurer celte espèce. Dès ce moment, la lumière se fait , et la nomenclature ancienne doit nécessairement changer : l'espèce parisienne eï>t ovoïde et rostrée en arrière; l'espèce girondine est presque exactement circulaire et n'a pas vestige de rostre postérieur. La face inférieure est pulvinée dans les deux (1) Lorsqu'on trouve sur la côte océane du Bas-Médoc (et cela arrive souvent) des échantillons originaires de cette contrée lavés et roulés par la mer, cette trituration met en parfaite évidence tous les caractères de détail de la face inférieure de l'oursin; mais ses ambulacres sont fortement modifiés : iis paraissent beaucoup plus larges que dans les exemplaires pourvus de toute l'épaisseur du test complet, — épaisseur qui est toujours fort considérable proportionnellement. Les pores ambulacraires n'étant jamais percés verticalement , mais au contraire très-obliquement dans l'épais- sear du test des Échinolampes, et la corrosion des flots ayant plus ou moins diminué cette épaisseur, les pores ne s'ouvrent plus à leur place normale, et les ambulacres montrent des pétales plus élargis qu'ils ne le sont dans leur état d'intégrité. ( 322 ) espèces; mais dans celle de Blaye, Y infundibulum péristomal est très- étroit et presque subit ; il est large et graduellement déclive dans celle de Paris. Or, l'espèce de Blaye est celle de Goldfuss (!) et doit conserver ce nom ; le girondicus Matheron passe inévitablement dans sa synonymie, et il faut un nom nouveau pour celle de Paris, à laquelle on ne peut appliquer le nom â'eurysomus Agass. créé pour une espèce de la Suisse allemande (Echino dermes de la Suisse, pi. 9, fig. 4-3 [1839] ), rostrée comme le aux affinis de Paris , mais dont le sommet est bien moins excentrique. Une dédicace ne peut être signée des cinq noms qui composent notre réunion, ni être faite sous un nom collectif de Société savante , cette façon d'agir n'étant pas d'usage en France. Nous, avons donc résolu , à l'unanimité et comme délégués de la Société Linnéenne, de dédier l'espèce parisienne et privée actuellement de nom légitime à notre éminent collègue de Marseille , qui, s'il perd par force majeure la paternité d'une espèce que, seul, il a eu l'incontestable mérite de distinguer de l'espèce parisienne, doit trouver du moins dans ce cordial hommage de ses collègues bordelais, la juste rémunération à laquelle il a droit pour avoir détruit une erreur et mis en lumière une vérité. Délégué à mon tour par notre réunion , j'exprime avec bonheur l'opi- nion à laquelle elle s'est arrêtée, et je formule ainsi le nom nouveau de l'espèce déjà vieille du bassin de Paris : Echinolampas Matheroni Ch. Des Moulins, 1869. E. affinis Agass. etDesor, Cal. raisonné, 1847 (pro parte! quoad speci- mina parisiensia) ; non Goldfuss ! , nec Ch. Des M. Tabl. synon. Actes delà Soc.IinTi.de Borde; T.JXVll. EL. 18. , : '-^ l pv"" 7/r ' /, ' 7 '" m /e."'j . ■ ' -. -C- £(LcÂ.irSa4Uj~ diL. -ZmfD.J&cyuiJrrjPcLrLs , - 1 I Actes de la S oc. lirai, de .Borde T. XXVII. PL. 19. lUPUss Jm -P. .L a.cfcej-5cuse,r ç[cZ Actes delà. Soc.liim. delBordeaux. T. XXVII. PI. 20, -L. M acAz.ro auctr deZ. -ZTnp._Dtcacttt , jTarù . JLcJiutolarnpas Hanyiï CA.J?tsm.. (ffôgj. MÉLANGES ORNITHOLOGIQUES SUR LA \ FAUNE DE LA NOUVELLE-CALEDONIE ET DESCRIPTION D'UNE ESPÈCE NOUVELLE Par M. E. MARIÉ, correspondant. I. DU KAGOU (Rhynochetos jubatus J. Verr. et 0, Des Murs) L'oiseau le plus important parmi les cent six espèces trouvées jusqu'à ce jour dans notre possession de la Nouvelle-Calédonie et dans les îles qui en dépendent, est sans contredit le Rhynochetos jubatus, appelé Kagou par les indigènes des tribus du Sud, tant par l'importance qu'il pourrait acquérir comme aliment que par sa valeur au point de vue scientifique, puisqu'il a nécessité la création d'un genre particulier dont la place fut longtemps incertaine : celte place, en effet, fixée primitive- ment dans les ardéidés, a été depuis reconnue par M. J. Verreaux, comme devant être transportée dans l'ordre des gallinacés et tenir le milieu entre les genres Sariama et Caurale avec lesquels le plumage a même de l'analogie. MM. J. Verreaux et 0. Des Murs, qui ont décrit cet oiseau dans le Maga- sin de zoologie de septembre 1860 et d'avril 1862, n'ont pas eu assez de renseignements , je pense, pour traiter à fond la question de ses mœurs et habitudes et pour donner la description de la femelle. Je vais cher- cher à résumer ce que j'ai pu observer moi-même pendant dix années de séjour à la Nouvelle-Calédonie. Le Kagou habite exclusivement le sud de la Nouvelle-Calédonie, où il n'est pas très-rare. Il aime les lieux sombres et humides et se tient non-seulement dans les bois près de la mer, comme on l'avait dit, mais encore, et plus fréquemment même , dans les montagnes de l'intérieur : ( 3,24 ) c'est au sommel des plus hautes montagnes qu'il se trouve en plus grande quantité. Il vil en troupe et fait entendre le malin, de très-bonne heure, un cri analogue à celui d'un jeune chien : oua , oua , plusieurs fois répété. Dans la journée, on l'entend rarement, il se tapit dans les plus épais fourrés pour fuir la lumière. Sa nourriture habituelle consiste en sauterelles , en vers de terre, en insectes, en crustacés aussi , prétend-on , mais principalement en lima- ces et bulimes. Ainsi, au sommet du mont Mou, qui a une altitude de 1280 mètres, le Buliinns Bavayi constitue presque exclusivement sa nourriture. Il parvient à extraire l'animal en perçant avec son bec l'a- vant dernier tour de ce bulime sur la partie du lest usée par le frotte- ment continuel sur le sol et qui , par suite, est peu résistante et parfois même déjà percée. C'est après avoir constaté ce fait que j'ai donné l'idée aux personnes qui possédaient des Kagous dans leur basse-cour, de les nourrir exclusivement de bulimes. celui connu sous le nom de porphy- rostomus étant très-abondant dans toute la presqu'île de Nouméa. Si cet oiseau est précieux dans une collection, on peut lui accorder comme gibier une importance non moins grande. Néanmoins, c'est à peine si jusqu'à ce jour on en a parlé à ce dernier titre; pendant long- temps, on n'avait point osé en manger, par celte raison que les premiers ayant été trouvés près des plages (car on ne pouvait guère alors s'aven- turer dans les montagnes dans la crainte d'être surpris par les naturels), on en avait conclu que, vivant sur le rivage , leur chair ne pouvait être préférable à celle du héron qui, de mets royal qu'elle était autrefois, n'est plus même servie sur la table du pauvre. Plusieurs autres raisons ont encore accrédité cette croyance : l'une d'elles, c'est qu'on avait mangé des Kagous nourris exclusivement, pendant plus ou moins long- temps, de viande crue; et une autre, qui est la principale, c'est qu'on les avait eus presque étiques. Or, tout le monde sait la différence de goût existante entre une volaille complètement maigre et une bien grasse. Ce que je puis affirmer, tant par ma propre expérience que par celle de plu- sieurs connaisseurs en gastronomie ayant mangé des Kagous dans des conditions favorables, c'est qu'il n'est, je crois, aucun gibier qui lui soit préférable; celui avec lequel il semble avoir le plus d'analogie, c'est la pintade, quoiqu'il lui soit bien supérieur. Mais il est indispensable pour cela qu'il soit nourri de bulimes et de limaces. En domisticité, cet oiseau s'apprivoise très-vite et est réellement fort intéressant. Lorsqu'il cherche des vers , il fait d'abord un trou avec le ( 325 ) bec et reste immobile pendant quelques minutes , puis il frappe plusieurs petits coups dans le trou comme pour appeler le ver; s'il ne voit rien paraître, il reprend son immobilité première et recommence ensuite à frapper; s'il n'aperçoit encore rien, il continue le creusement de son trou, et lorsqu'il tient le ver, il le tire légèrement jusqu'à ce qu'il l'ait fait sortir en entier : je ne l'ai jamais vu en casser un seul en le tirant , ce qui m'a toujours paru très-curieux. Lorsqu'on lui présente quelque chose à manger, avant d'y toucher, il profère un petit grognement de satisfaction. Mais lorsqu'on veut le prendre, son cri devient fort et très-perçant; s'il attrape un doigt, il le serre vigoureusement , sans toutefois produire de coupure. Lorsqu'il n'est pas très-apprivoisé et qu'on l'approche, il porte la tête en avant, relève sa longue et belle huppe, étend ses ailes en éventail , et devient alors d'une beauté ravissante. Lorsqu'il est poursuivi, il court pendant quelques instants avec la rapidité d'une flèche, les ailes déployées, mais sans s'élever de terre, puis s'arrête tout-à-coup. Je ne l'ai jamais vu voler à plus d'un mètre de haut. Quelques personnes ont prétendu qu'il ne perchait pas; c'est là une erreur, car j'en ai élevé un pendant longtemps qui, tous les soirs, se perchait sur le garde-fou de la véranda et à un mètre environ de haut. Il est bien regrettable que le Kagou ne se reproduise pas en domes- ticité, car il serait vite appelé à jouer un rôle important dans l'alimen- tation ; il s'acclimate fort bien en France. Il y en avait tout récemment un à Rochefort, rapporté en 1864; peut-être même existe-t-il encore. L'époque de l'incubation, le nid et l'œuf sont encore à trouver. J'ai entendu dire qu'on avait publié en Angleterre une description de ce der- nier, mais je pense qu'elle est faite sous toutes réserves. Cette découverte n'a rien d'authentique, je crois pouvoir le garantir; j'en ai fait souven t rechercher et, ayant offert aux naturels jusqu'à 10 fr. par œuf, j'ai été trompé moi, et d'autres, plusieurs fois; c'est ainsi qu'un jour, on me donna, en me le garantissant comme œuf de Kagou, celui de VHero- dias albo-lineata. En terminant, je résumerai ainsi mes impressions à l'égard de cet oiseau : il y a dans l'aspect comme dans les mœurs du Kagou quelque chose d'indéfinissable qui m'a fait dire bien des fois que cet animal n'est plus de notre époque, qu'il s'est attardé sur notre globe où il semble complètement dépaysé et, qu'avant peu, il aura le sort du Dronte ( 326 ) de Maurice ; et en effet , il n'en peut guère êlre autrement, puisqu'en captivité il ne se reproduit pas , et que son habitat se trouve restreint dans une aire de 10 à 15 lieues de diamètre. Femelle. — Elle est sensiblement plus petite que le mâle; sa huppe, d'environ 1/3 moins longue que celle du mâle, est de 12 centimètres, gris cendré. Tête et cou gris-brun vermicelle de fauve clair. Dos et grandes couvertures alaires brun rougeâtre finement rayé de fauve, prenant sur les petites couvertures alaires une teinte un peu grisâtre. Grandes rémiges blanc tacheté de brun noir à leur origine, une large zone occupant un tiers de leur longueur, rouge fascié de bandes noires, l'autre partie jusqu'au sommet, blanc tacheté de noir alternant avec deux larges bandes noires. Poitrine gris cendré clair sans mélange. A l'abdomen , la partie inférieure des plumes est ardoise et la partie recou- vrante blanchâtre moucheté de gris, passant au jaunâtre sur les couver- tures sous-caudales. Queue gris brun, traversée de nombreuses raies plus foncées et chinées de roussâtre. II. RHIPIDURÀ VERREAUXI E. Marie. Il y a cinq ans, j'ai rapporté de la Nouvelle-Calédonie une nouvelle espèce de Rhipidure qui n'a pas encore été publiée. En voici la descrip- tion : RHIPIDURA VERREAUXI E. Marie. Corpore suprà rufo-brunneo ; capile colloque svprà plumbeo-nigrican- tibus ; dorso rufo-brunneo; superciliis , gulâ rectricibusque ulrinque tribus extimis apice albis; paclore nigro squammulato ; abdomine cris- soquepallidé fulvescentibus ; roslro pedibusque brunneo-nigiis. Mâle. — Partie supérieure brun roux, ayant une teinte fuligineuse sur la tête et le cou, plus foncée sur les rectrices médianes, dont les latérales deviennent d'un brun fauve très-clair avec l'extrémité blanche; un large sourcil blanc passe au-dessus de l'œil en descendant jusque sur la région parotique ; gorge et devant du cou, ainsi que quelques taches sur les grandes couvertures alaires, également d'un blanc pur; un large plastron squammeux sur la poitrine, laissant à peine voir le noir de la base des plumes sur le haut du ventre où la teinte blanchâtre supérieure se fond insensiblement avec la teinte fauve qui couvre le reste de l'abdo- ( 327 ) men ainsi que les couvertures sous-caudales et là majeure partie des rectrices latérales. Longueur totale 17 cent res 1/2. Longueur de l'aile fermée. ... 7 — 1/2. Longueur de la queue 9 — ( Collection de r Exposition permanente des colonies). Cet oiseau est appelé Nienneli par les indigènes du sud de la Nou- velle-Calédonie. Il n'est pas commun. En ce qui a trait à ses mœurs et habitudes , je ne puis que renvoyer à ce que dit M. J. Verreaux au sujet de la Rhipiâvra alhiscapa (Gould) et qui se trouve reproduit dans l'En- cyclopédie de Chenu. Son nid est semblable à celui de celle dernière espèce. Je prie M. J. Verreaux, mon honoré maître, de vouloir bien accepter la dédicace de cet oiseau comme un faible témoignage de ma reconnais- sance. III. CATALOGUE COMPLET DES ESPÈCES OBSERVÉES. Depuis 1859 , époque à laquelle M. G. R. Gray a fait paraître dans les Proceedings une liste des oiseaux provenant de la Nouvelle-Calédonie, la faune ornithologique de cette île s'est considérablement accrue. Je crois donc être utile en publiant un Catalogue complet à la date de ce jour : Les espèces marquées d'un astérisque sont celles qui me sont passées par les mains. i. 2. 3. 4. HaliasUir splienurus (Vieillot). Pandioii leucoceplialus (Gould). Urospiza haplochroa (Sclalco). — approximans(K/#oj'set Horsfteld). 5. — torquata (Cuvier). 0. * Gircus Maillardi (J. Verreaux). 7 * — assimilis (Kaup). 8. * Sirix castanops (Gould) 9. * — decalicatulus (Gould). 10. * Collocalia Linchii (Horsf.). 11.* Nympliicus cormetus (Gmélin). 12. Plalycercus Caledonicus (Gm.). 13. " Cyanoramphus Saisseti (J. Verr. et 0. D. Mers). 14. Psilleuteles diadema (J. Verr. et 0. D. M.) 15. * Trichoglossus Deplanchei (ld.). 16.* Polyckloros magnus (Gm.). 17. * EudynamisTaïtensis(Span'M«w?t) 18. * Cacomantis bronzinus (G. H. Gray). 19. * Chalcites lucidus (Gm.). 20. * Todiramphus sanctus ( Bona- parte). 21. * ïurdus xanthopus (Forsler). 22.* Megalurulus Mariée (J. Verr). 23. Peiroica... sp. ? (Gray). 24. * Acanihiza flavo-lateralis (Gray). 25. * Myiagra perspicillata (Gray). 26. * ld. viridinitens (Gray). 27. * Rhipidura albiscapa (Gould). .23.* — Verreauxi (E. Marié). 29. Eopsaltria variegata (Gray)- ( 328 ) 30. Eopsaltria? Caledonica (Gray). 66. 31. * Eopsaltria flavigastra [J, Verr.ei 0. D. M.). 67. 32. * Pachycephala xantlietrea [For-s- 68. tar). 69. 33. — Morariensis [J. Verr. 70. elO. D. M.). 71. 34. — assimilis (Id.). 72. 35. * Pachycephala?.. .. sp.? 73. 36. * Ariamus melaleucus (Forster). 74. 37. * Campephaga Caledonica [Gm.). 75. 38 — analis [J. Verr. et 76. 0. D. M.). 77. 39. * Lalage Montrouzieri (Id.) 78. 40. — noevia? [Gm.) 79. 41. Corvus coronoides? [Gould). 80. 42. * Physocorax moneduloides [Les- son). 81. 43. Aplonis striata [Gm.]. 82. 44. — nigroviridis [Lesson). 83. 45. — viridi-grisea [Gray). S 4. 46. — atronitens [Gray). 85. 47. — Calédoniens [Bonap.) 86. 48. * Leptornis Aubryanus [J. Verr. 87. et O. D. M.). 88. 49. * Tropidorhynchus Lessoni ou Die- 89. menensis [Gray). 90. 50. 4 Glyciphila modesta [Gray), 91. 64. — poliotis [Gray). 92. 52. — fasciata [Forsler). 93. 53. Glyciphila? chlorophsea [Id.). 94. 54. — ? incana [Lalham). 9S. 55. * Myzomela sanguinolenta [Gould). 96. 56. — erythrocephala (7d.). 97. 57. * Zoslerops xanthochroa [Gray). 98. 58. — griseonota [Id.) 99. 59. * Erythrura psittacea [Gm.). 60. * Ptilonopus Greyi [Gray). 100. 61. * Drepanoptila holosericea [Tem- 101. ninck). 102. 62. * Phœnorhina Goliath [Gray). 103. 63. Carpophaga aanea? [Id.). 104. 64. * Jantheenas hypœnochroa [Gould). 105. 65. * Chalcophaps longirostris [Id.). 106. * Turnix varius [Temn.). * Rhynochelos jubatus (/. Verr. ei O. D. M,). * Esacus magnirostris [Temn.). Charadrius.... ? [Gray.) * Charadrius xanlhocheilus(W 7 «0 r /.) * Strepsilas interpres [Linnée). * Totonus incanus [Vieillot ex Gm.) * Limosa uropygialis(Goî. 5, fig. 1-7 et 6, fig. 1. /3. Proboscina serpens d'ORBiGNY, loc. cit., p. 847 (non Tubipora serpens Fabricius). Har. Ile de Ré (Charente-Inférieure), golfe de Gascogne. Ors. D'Orbigny signale une autre localité pour cette espèce : les côtes du Calvados. Les caractères qu'il lui assigne pour la distinguer de son Proboscina incrassala des mers du Nord, indiquent seulement un âge et un nombre de cellules différents dans les colonies qu'il a étudiées; par conséquent on devra réunir ces deux espèces sous un môme nom. Le Proboscina lubigera est une forme dressée ou rameuse; la forme rampante de la même espèce constitue le Proboscina serpens de d'Orbi- gny et vit dans la môme localité sur les Eschara. ( 338 ) TUBULIPORA Lamarck. 5. TuBmlipora transversa Lamarck, Hist. nat. anim. s. vert. éd. 1, t. II, p. 162. — Milne Edwards, Ann des se. nat., . 2 B série, t. IX , p. 218 , pi. 9 , [fig. 3 (ldmonea). — D'Orbigny, Paléont. fr. terr. crét., p. 731. jS. ldmonea dilatata d'Orbigny, Paléont. fr. terr. crét., p. 731. Tubipora serpens Linné, Syst. nat. éd. 10, p. 790 (non Tubipora serpens Fabricius). Tubulipora serpens Smitt, Kritisk Fôrteckn., etc , p. 399, pi. 3, fig. 1-5 et pi. 9, fig. 1-2. Har. Ile de Ré (Charente-Inférieure) ; en dehors du bassin d'Arca- chon (Gironde), sur les Avicules; golfe de Gascogne sur les coquilles draguées à de grandes profondeurs. Ors. Ce Bryozoaire se présente sous deux formes : la forme dressée est YIdmonea dilatata d'Orbigny; la forme rampante, le Tubulipora transversa Lamarck. Il est probable que la forme rampante a été décrite par Linné sous le nom de Tubipora serpens. Mais cette désignation est très-incertaine; ainsi, le Tubipora serpens L. serait le Tubulipora transversa Lamarck-, le Tubipora serpens Fabricius serait le Tubulipora fimbria Lamarck; le Proboscina serpens de d'Orbigny serait le Proboscina incrassata d'Orbi- gny; dans le doute, il vaut mieux accepter le nom de Lamarck. DISCOPORELLA Gray. 6. Diseoporella liispida Fleming, Brit. anim., p. 530 (Disco- pora). — Johnston , Brit. zooph., éd. 2, p. 268, pi. -47, fig. 9, 11 (Tubulipora). — Gray, Cat. Brit. Mus. Radiata, p. 138 (Dis- coporella). — Smitt, Kritisk Fôrteckn., etc., p. 406, pi. 11, fig. 10-12. /3. Discocavea aculeala d'Orbigny, Paléont. fr. terr. crét., p. 958, pi. 776, fig. 5-8. ?. Unicavea convexa d'Orbigny, Paléont. fr. terr. crét., p. 972. Har. Toutes les côtes du sud-ouest de la France, sur les coquilles d'huîtres draguées au large. Ors. Les colonies présentent trois formes principales: tantôt elles sont incrustantes, non dressées en cupules, à limbe peu prononcé, elles se ( 339 ) rapportent alors au Tubulipora hispida Johnston ; les colonies du Dis- cocavea aculeala d'Orbigny sont dressées en forme de coupe , le limbe est large; les cellules sont placées dans la dépression centrale; enfin, VUnicavm convexa d'Orbigny comprend les colonies très-étalées, non dressées, à cellules groupées autour de centres multiples. Cette der- nière forme est très-commune sur les huîtres de nos rivages de la Manche. M. de Folin m'a envoyé un Bryozoaire du golfe de Gascogne qui paraît se rapporter par tous ses caractères au Discoporella verrucaria Linné (Smitt, Kritisk Fôrteckn., p. 405, pi. 10, fig. 6-8 et pi. 11, lîg. 1-6); malheureusement cet exemplaire unique est en mauvais état. Il est probable que de nouvelles recherches feront découvrir d'autres spécimens. 7. Miseoporella crassiuscasla Smitt, Kritisk Fôrteckn. ôfver Skand. hafs-Bryozoer, p. 406, pi. H, fig. 7-9. Hab. Ile de Ré, côtes de la Gironde, golfe de Gascogne, sur les coquil- les draguées par 50 brasses environ. Obs. Petite espèce , bien caractérisée, remarquable par la saillie de la partie centrale de la colonie, qui est hémisphérique. Nous l'avons retrouvée sur les huîtres des côtes de la Manche, où elle est commune. ORDO II. CTENOSTOMATA Busk. AMATHIA Lamouroux. 8. Amatliia lentSigera Linné, Syst. nat. éd. 12, p. 1311 (Sertularia). — Lamouroux, Polyp. flex., p. 159 (Amathia). — Lamarck, Anim. sans vert., éd. 1, t. II, p. 130. (Serialaria). — Johnston, Brit. zooph., éd. 1, p. 251, fig. 40. Hab. Ile de Ré (Charente-Inférieure). Obs. Nous citerons ici deux espèces de Bryozoaires de l'ordre des Ctenoslomata que nous avons recueillies dans la Manche, mais qui n'ont pu être encore découvertes sur les côtes du Sud-Ouest. Ce sont : 1° Vesicularia spinosa Linné, Syst. nat., éd. 12, p. 1,312 (Serluïaria). — Thompson, zool. 111., p. 98, pi. 3, fig. 1-8 (Vesicularia). — Johnston , Brit. zooph., éd. 1, p. 250, pi. 29, fig. 1-4. ( 340 ) 2° Alcyonidium hispidum Fabricius , Fauna groenl., p. 438 (Flustra). — Smitt, Kritisk Fôrteckn., etc., p. 499, pi. 12, fig. 22-27 (Alcyonidium). ORDO III. CHEILOSTOMATA Busk. ESCHAUIDES Milne Edwards. — CELLULINÉS d'Orbigny. jETEA Lamouroux. 9. JEtea angutna Linné, Syst. nat. éd. 10, p. 816 (Sertularia). — Lamouroux, Soc. philom., p. 184. 1812 (Mica). — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 31, pi. 15, fig. 1. — Smilt, Kritisk Fôr- teckn., p. 280, pi. 16, fig. 2-6. Anguinaria spathulata Lamarck, Anim. s. vert. éd. 1 , vol. II, p. 143. p. Hippothoa sica Couch, Corn, fauna part. 3, p. 102, pi. 19, fig. 8. Mtea recla Hincks , Ann. mag. nat. hist., Ser. 3, t. IX, p. 25, pi. 7, fig. 3. Stomatopora gallica ô'Orbigny, Paléont, fr. terr. crét., p. 836, pi. 759, fig. 1-3. Hab. En dehors du bassin d'Arcachon , sur les Anomia, Pecten , Avicula; La Rochelle, sur les Fucoïdes. Obs. La forme jS désignée sous les noms à'jEtea recta, Hippothoa sica, Stomatopora gallica n'a pas été vue sur nos rivages. Le type de d'Orbigny provient des côtes du Calvados. TEREBRIPORA d'Orbigny. 10. Terehriiiora Orhigiiyana Fischer, Nouvelles Archives du Muséum, t. II, p. 301, pi. il, fig. 2. Hab. Bassin d'Arcachon , dans les valves de VOstrea edulis. Obs Nous avons découvert ce singulier Bryozoaire perforant sur les côtes du sud-ouest de la France. Il habite également la Méditerranée et a creusé ses galeries dans le lest des coquilles appartenant aux terrains subapennin et falunien supérieur. La colonie est peu régulière; les canalicules sont d'une finesse extrême; ( 341 .) les cellules courtes, subconiques sont distantes de huit à douze fois leur longueur. Tantôt l'un des axes secondaires ou ternaires avorte, tantôt il se détache de l'axe principal sans que la cellule existe à ce niveau. Les rameaux opposés partent au-dessous de la cellule. SPATHIPORA Fischer. il. Spaiïtipora sertuan Fischer, Nouvelles Archives du Muséum , t. II, p. 309, pi. 11, fig. 4. Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la France, dans les coquilles des Lutraria elliptica, Cardiiim Norvegicum , Buccinum undatum , etc- Obs. Colonie rameuse; axes principaux rectilignes, donnant naissance, sous des angles droits ou presque droits, aux axes secondaires ; ceux-ci, très-inégaux dans leur longueur, mais pouvant dépasser les dimensions des axes principaux; quelquefois on voit des axes tertiaires. Cellules alternantes allongées ; ouverture petite, ronde, avec une entaille étroite et longue Les Spathipores diffèrent des Térébripores par le groupement de leurs axes et de leurs cellules qui sont ici alternes et non opposés. Le caractère des cellules de ces deux genres les rapproche beau- coup des JEtea et spécialement de XMlea trancaîa Landsborough. EUCRATEA Lamouroux. 12. Eucratoa chelata Linné , Syst. nat., éd. 10, p. 816 (Sertula- ria. — Lamouroux, Polypiers flex., p. 149, pi. 3, fig. 5 (Eu- cralea). — Busk, Cat. Brit, mar. Polyzoa, p. 29, pi. 17, fig. 2 (Scruparia), — Smill, Kritisk Fôrleckn., etc., p. 281 , pi. 16, fig. 7-9 (Eucralea). Hab. Royan (Charente-Inférieure) sur les algues. — Bassin d'Ar- cachon , sur les Mytilus fixés aux bouées des passes. — Biarritz (Basses- Pyrénées), sur les algues. CELLULARIA Pallas. 13. Cdlularia scraiposa Linné, Syst. nat., éd. X, p. 815 (Ser- lularia). — Pallas, Elench. zooph., p. 72 (Cellularia).Yan Beneden , Rech. s. l'an, des Bryoz., p. 19 et 26 , pi. 2, fig. 8-16 (Scrupocellaria). — Bnsk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 25, (342 ) pi. 22, fig. 3-4. — Smilt, Kritisk Fôrteckn., elc. p. 285, pi. 47, fig. 42-50 (Cellularia). Hab. La Rochelle, Ile de Ré (Charente-Inférieure). — Soulac , Arca- chon (Gironde), très-commun sur les Zostères. Obs. Espèce qui pullule dans le bassin d'Arcachon el s'attache aux Zostères, ainsi que YElectra pilosael les Botrylles. Nous l'avons vue sur des Pecten pris à des profondeurs plus considérables ; mais elle n'offrait pas de différence avec les exemplaires de la zone littorale. BICELLARIA Blainville. 14. Bicellaria ciliata Linné , Syst. nat éd. X , p. 815 (Scrtularia). — Blainville, Man. d'actinol., p. 459 (Bicellaria). — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 41 , pi. 34. — Smitl, Kritisk Fôr- teckn., etc., p. 288 , pi. 18, fig. 1-3. Hab. Ile de Ré, La Rochelle (Charente-Inférieure). — Bassin d'Ar- cachon (Gironde) , sur les Zostères et les pierres du rivage. BUGULA Oken. 15. iSueyula asigusfiloba Lamarck , Hist. nat. an. s. vert., éd. 1, t. H, p. 158 (Flustra). Cellularia avicularia p Pallas, Elench. zooph., p. 68. — Smitt, Kritisk Fôrteckn. , etc., p. 289, 290, pars (Bugula). Bugula flabellata Busk , Cat. Brit. mar. Polyzoa , p. 44, pi. 51 et 52. Ornithoporina avicularia d'Orbigny, Paléont. fr., lerr., crét., p. 322. Hab. Ile de Ré (Charente-Inférieure). R. FLUSTRA Linné. 16. Flustra cliartacea Gmelin, Syst. nat , éd. XIII, p. 3828. — Smitt, Bryozoa maris borealis et arctici, p. 451, n° 50. Flustra papyracea d'Orbigny, Paléont. française, Terr. crét., p. 56. — Bellrémieux , Faune de la Char.-Inf. , p. 88. — Busk. Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 48, pi. 55, fig. 6-7. Flustra membranaceo-lruncataSm'M, Kritisk Fôrteckn., etc., p. 358, pi. 20, fig. 1-5. Hab. La Rochelle, Ile de Ré (Charente-Inférieure). Obs. Nos exemplaires sont pourvus de petites épines près des angles de chaque cellule. ( 343 ) 17. Flsistra foliacea Linné, Syst. nat., éd. X, p. 804. — Busk , Cat. Brît. mar. Polyzoa, p. 47, pi. 55, fig. 45, pi. 56, fig. 5. — Smitt, Kritisk Fôrleckn., etc., p. 360, pi. 20, fig. 12-16.— Bellrémieux, Faune de la Char.-Inf., p. 89. Hab. Côtes de la Charente-Inférieure. — Soulac (Gironde). R. Obs. Cette Flustre , si commune dans la Manche, devient très-rare sur nos côtes, où elle n'a été recueillie qu'un petit nombre de fois. CELLARIA Linné. 18. Cellaria fistulosa Linné , Syst. nat., éd. X, p. 804 (Escharà), — Smitt, Kritisk Fôrteckn. , etc. , p. 362, pi. 20, fig. 18-20 (Cellaria). Cellaria salicornia d'Orbigny, Paléont. fr., terr. crét., p. 28. Salicomaria farciminoides Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 16, pi. 64. Hab. Be de Ré (Charente-Inférieure). — Se trouve à l'état mort dans tous les fonds du golfe de Gascogne (de Folin). ELECTRA Lamouroux. 19. Electra pilosa Linné, Fauna suecica, éd. II, p. 539 (Flastra). — Busk, Cal. Brit. mar. Polyzoa, p. 56, pi. 71 (Membranipora) . — Smitt, Kritisk Fôrteckn., etc., p. 368. a. Eleclra verticillata Lamouroux, Polyp. flex., p. 121, pi. 2, fig. 2. p. Electrina lamellosa d'Orbigny, Paléont. fr. terr. crét. p. 188. Eleclrina cylindrica d'Orbigny, Paléont. fr.., terr. crét. p. 188. 7 Reptelectrina pilosa d'Orbigny, loc. cit., p. 334. S. Reptelectrina dentata d'Orbigny, loc. cit., p. 334. s. Pyropora ramosa d'Orbigny, loc. cit., p. 539. ç. Hippolhoa catenularia Jameson; Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 29, pi. 18, fig. 1-2. Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la France; très-commun à La Rochelle, Ile de Ré , Arcachon , sur les Huîtres , les Zostères , etc. Obs. Cette espèce est un des premiers Bryozoaires qui aient été décrits. Réaumur l'a signalée dès 1711 (Mém. Acad. des Se, p. 42, pi. 5, fig. 10 (1712), d'après des exemplaires recueillis à La Rochelle et ( 344 ) développés sur des plantes marines. « Il y naît assez communément, dit-il , une coralline très-jolie, travaillée avec un art merveilleux. » Les cinq variétés citées plus haut peuvent se ranger en deux groupes : les variétés a, p , y sont caractérisées par la présence d'une longue épine au bord inférieur de l'ouverture ; cette épine est caduque ou peu déve- loppée dans les variétés 5 ete. La variété « est verticillée; ses cellules sont disposées sur une même ligne transversale; elle est libre, dressée, ou recouvre des Serlulariens. La variété p est également dressée; elle recouvre des Fucoïdes et a l'apparence d'un Fluslra\ mais ses cellules sont disposées en quinconce. . La variété y est encroûtante et étalée comme les Membranipora. La variété 5 ne diffère de la précédente que par sa longue épine caduque. La variété i est étalée, ses colonies forment des lignes rameuses; on y compte un petit nombre de cellules : 2 ou 3 ; quelquefois même on ne trouve qu'une seule série de cellules placées bout à bout et disposées comme chez les Hippothoa. Le Membranipora monostachys Busk n'en diffère pas. La variété ç est hippothoïforme, à cellules plus petites , étroites, allongées, inermes; elle vit sur les coquilles recueillies à de grandes profondeurs. Nous avons adopté le genre Eleclra de Lamouroux à cause des diffé- rences que présente la cellule de YE. pilosa comparée à celle des vé- ritables Membranipora. MEMBRANIPORA Blainville. 20. Memljra irai po ira lisieata Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 1301 (Flustra). — Johnslon, Brit. Zooph., éd. II, p. 349, pi. 66, fig. 4. — Busk , Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 58, pi. 61 (Mem- branipora). — Smitt, Kritisk. Fôrteckn. , etc., p. 368 , pi. 20, fig. 23-31. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure), sur les Mylilus et les pier- res. — Bassin d'Arcachon (Gironde). — Saint Jean-de-Luz (Basses-Pyré- nées). — Noirmouliers (Yendée), 21. Membranipora spinifera Johnston , Trans. Newc. soc, vol. II , p. 266, pi. 9, fig. 6 (Flustra). — Busk, Quart. Journ. of microsc. se, t. V. p. 247 (Membranipora).— Smitt, Kritisk Fôrteckn., etc., p. 366, pi. 20, fig. 32. ( 345 ) Hab. Saint-Jean-de-Luz , Biarritz (Basses-Pyrénées). R. 22. Membranipora FlemiBBgi Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 58.— Smitt , Krilisk Fôrteckn., etc., p. 367, pi. 20, fig. 37-44. «. Membranipora trifo lium Wood , Ann. Mag. nat. hist., ser. I, t. XIII, p. 20 (Fluslra). — Busk, Crag Polyzoa, p. 32, pi. 3, fig. 1-3 et 9 {Membranipora). /3. Membranipora Flemingi Busk (p. p. ), Cat. Brit. mar Polyzoa, p. 58, pi. 84, fig. 3-5. Membranipora Pouilleli, Busk (p. p.), Crag Polyzoa , p. 32, pi. 3, fig. 4-6. y. Membranipora minax Busk, Zooph. Quart. Journ. microsc. se, t. VIII, p. 125 , pi. 25, fig. 1. Membranipora Flemingi Busk (p. p.), Cat. Brit. mar. Polyzoa, pi. 61 , fig. 2. Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la France , à des profondeurs variables, quelquefois très-considérables. Obs. Bryozoaire très- polymorphe; ses principales variétés sont: Membranipora tri folium Wood, à lame interne calcaire, à ouverture trilobée; elle vit à de grandes profondeurs ; Membranipora Pouilleti Ai- der, Busk, à cellules petites, allongées, étroites ; Membranipora minax Busk, à cellules plus courtes, à ouverture subtrapezoïde. Ces deux der- nières formes vivent sur les Huîtres et les Anomies. 23. Membranipora hexagoua Busk, Zoophytology, in Quart. Journ. of micr. se; t. IV, p. 308, pi. 12 , fig. 4. Hab. Dragué par 50 brasses environ sur l 'Oslrea cochlear, en dehors du bassin d'Arcachon (Lafont). Obs. Nous n'avons vu ce Bryozoaire qu'une seule fois; il se rappor- tait parfaitement à la description et à la figure données par M. Busk. 24. Membranipora Lacroixi Audouin, in Savigny, Descript. de l'Egypte, Polypiers, p. 240. pi. 10, fig. 9 (Fluslra). — Busk , Cat. Brit. mar-, Polyzoa, p. 60, pi, 69, fig. 1 (Membranipora,). p. Bifluslra delicatula (pars) Busk, Crag Polyzoa, p. 72, pi. 2, fig. 7. — Manzoni, Bryoz. foss. liai., p. 4, pi. 1, fig. 5. Fluslra Savarti Audouin, in Savigny, Descript. de l'Egypte, Po- lypiers, p. 240, pi. 10, fig. 10. Hab. Toutes nos côtes , sur les Mylilus , Oslrea , Anomia. Tome XXVII. 27 ( 34G ) Obs. 1. La forme Membranipora est la plus commune; le bord des cellules est généralement simple, pourvu quelquefois de deux avicula- rium en avant. Nous croyons que cette espèce , envahie par la calcification , devient un Bifluslra , et nous lui rapportons deux colonies de Biflustra trouvées dans le bassin d'Arcachon, et dont le point de départ est difficile à de- viner. L'une montre quelques tubercules en avant des cellules; elle se rapproche du Membranipora lubercuhila Busk (Crag Polyzoa, p. 30, pi. 2 , fig. 1 ) ; l'autre en est dépourvue, et l'aspect des cellules est semblable à celui du Biflustra dclicalula Busk , cité ci-dessus et décrit avec la remarque suivante : Older or worn condition. Ces Bifluslra forment une croûte jaune, calcaire , brillante , semblable aux colonies de YEschara foliacea. Obs. 2. Nous avons trouvé, sur les roches de Douarnenez (Finistère), une espèce très-intéressante, rapportée récemment au genre Membra- nipora par M. Smitt (Krilisk Fdrteckn., p. 306, pi. 20, fig. 50-51); c'est le Lepralia nitida Johnston , ( Busk , Cat. Brit. mar., Polyzoa , p. 76 , pi. 76, fig. 1). ESCHARIPORA D'Orbigny. 25. Escharipora iiinon&iiiata Couch in Busk, Crag Polyzoa, p. 40, pi. 4, fig. 2; Manzoni, Bryoz. plioc. Ital., p. 8, pi. 2, fig. 4. Hab. Plateau sous-marin de Rochebonne, sur les Bendrophyllia ; île de Ré (Charente-Inférieure); golfe de Gascogne (de Folin), Obs. A l'état adulte, nos exemplaires se rapportent aux figures citées ci-dessus ; à l'état jeune ou imparfait, ils ressemblent aux figures don- nées par Busk (Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 70, pi. 86, fig. 2-3. 26. Escliaripora punctata Hassall, Ann. and mag., of nat. hist., t. MI, p. 368, pi. 9, fig. 7 (Lepralia). — Johnston, Brit. zooph., éd. 2 , p. 312 , pi. 55, fig. 1. — Busk, Cal. Brit. mar. Polyzoa, p. 79, pi, 96, fig. 3. — Busk, Crag Polyzoa, p. 40, pi. A, fig. 1. — Smitt, Krilisk Fôrteckn. , etc., p. 4, pi. 24 , fig. 4-7 (Escharipora). Hab. Bassin d'Arcachon. Sur les Huîtres. R. (347) PORINA d'Orbigny. 27. Porina citiala Pallas , Eleneh., p. 38 (Eschara) ? — Johnslon, Brit. zooph., éd. 2, p. 279, pi. 34 , fig. 6 (Lepralia). — Busk , Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 73, pi. 74 et 77.— Busk, Crag Po- lyzoa, p. 42, pi. 7, fig. 6. — Smitt, Kritisk Fôrteckn , etc., p. 6, pi. 24, fig. 13-17 (Porina). Hab. Noirmoutiers (Vendée). Ile de Ré , île d'Oleron , La Rochelle, Royan (Charente-Inférieure), Soulac , Arcachon (Gironde); Biarritz, Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées), etc. C. Obs. Ce Bryozaire se trouve sur presque toutes les coquilles mortes prises à une certaine profondeur ; il est aussi abondant sur nos côtes que VEscharella linearis. 28. Porina ltiforis Joiojston, Brit. zooph., éd. II, p. 314 (Lepra lia). — Lepralia Malusi Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa , p. 83, pi. 8, fig. 3. — An Cellepora Malusi Audouin , Explic. des pi. de Savigny, Egypte, pi. 8, fig. 8 ? Reptoporina hexagona d'Orbigny, Paléont. fr., terr. crét., p. 444. Hab. Sur des coquilles prises au large , près de l'île de Ré (Charente- Inférieure), sur les Dendrophyllia du plateau sous-marin de Roche- bonne. Obs. Nous acceptons pour le Bryozoaire de nos mers le nom proposé par Johnston ; celui d'Audouin est antérieur, mais il nous reste quelque doute au sujet de son appropriation auL. biforis. Quanta l'identification Hu Reptoporina hexagona d'Orbigny, elle a été faite d'après l'examen du type de d'Orbigny. 20. Porina granifera Johnston, Brit. zooph., éd. 2, p. 309, pi. 54, fig. 1 {Lepralia). — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa , p. 83, pi. 77, fig. 2; pi. 05, fig. 6-7. Hab. Biarritz (Basses-Pyrénées), sur des Moules et des Fucoïdes. — Arcachon (Gironde), sur des Huîtres. Obs. Nos exemplaires sont uniformément ponctués sur toute la sur- face des cellules; sur les figures 6-7 de la planche 05 de M. Busk, la ponctuation ne s'aperçoit qu'à la périphérie. Les formes irrégulières représentées pi. 77, fig. 2, par Busk, se retrouvent chez les Lepralia des Fucus de Biarritz ( 348 ) 30. Porina violacea Johnston, Brit. zooph., éd. 2, p. 325, pi. 57, fig. 9 (Lepralia). — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 69, pi. 87. fig. 1-2. —Busk. Crag Polyzoa, p. 43, pi. 4, fig. 3. p. Lepralia plagiopora Busk , Crag Polyzoa, p. 44, pi. 4, fig. 5. Hab. La Rochelle île de Ré (Charente-Inférieure), sur les Anomies. Obs. Le type et la variété /3 sont assez rares sur nos côtes. Cette der- nière diffère légèrement par la direction de Yavicularium. Nous avons retrouvé le type à Etretat (Seine-Inférieure). ESCHARELLA d'Orbigny. 31. Escharella linearis Hassall , Ann. and Mag. of nat. hist. t. VII, p. 368, pi. 9, fig. 8 (Lepralia). — Johnston, Brit. zooph., éd. 2, p. 308, pi. 54, fig. 11. — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 71, pi. 89. — Smitt, KriliskFôrteckn. , etc., p. 13 , pi. 24, fig. 68-73; pi. 25, fig. 74-77. (Escharella). Semiporina pulchella d'Orbigny, Paléont. franc., terr. crét , p. 440. Semiescharellina oblonga d'Orbigny, Paléont. française, terr. crét. p. 450. Hab. Toutes nos côtes. CC. Obs. Les colonies forment de larges plaques orbiculaires, blanches, brillantes, étalées à la surface des coquilles. Elles abondent sur les val- ves d'Huîtres de notre littoral et de celui de la Manche. Le Semiporina pulchella d'Orbigny est constitué par une colonie d'in- dividus jeunes. 32. Eacliarella reticulata Macgillivray , Ann. and Mag. of nat. hist., t. IX, p. 467 (Lepralia). — Johnston, Bril. Zooph., éd. 2, p. 317, pi. 55, fig 10. — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 66, pi. 90, 93 et 102. Escharella Legenlili Smitt, Kritisk Fôrleckn., etc., p. 10, pi. 24, fig. 47-52 (Flustra Legentilii Audouin in Savigny). Reptoporina rugosa d'Orbigny, Paléont. franc., terr. crét., p. 443. Hab. Ile de Ré (Charente-Inférieure), sur les Anomies. HIPPOTHOA Lamouroux. 33. Hippothoa ilivaricata Lamouroui , sec. Busk, Cat. Brit, mar. Polyzoa, p. 30, pi. 18. ( 349 ) Mollia hyalina var Smitt, Kritisk Fôrteckn., elc, p. 17. Hab. ToHtes les côtes du Sud-Ouest , sur les coquilles draguées au large : Maclra subtruncala, Diplodonta rotundala, Ostrea, etc. Obs. Il est difficile de reconnaître le véritable Hippothoa divaricata de Lamouroux ; nous réservons provisoirement ce nom à l'espèce figurée par Busk , et remarquable par ses côtes transversales et sa carène lon- gitudinale médiane. M. Smitt pense que cette espèce est simplement une forme de Mollia hyalina due à un degré particulier de calcification des cellules 34. Hippothoa longicauda Fischer. Hippothoa patagonica Busk, Crag Polyzoa, p. 24, pi. 1, tig. 5 — An H. patagonica Busk, Cat. mar. Polyzoa? Mollia hyalina var. Smilt, Bryoz. mar. boréal, et arcl., p. 455. — Smitt, Kritisk Fôrteckn., p. 17, pi. 25, fig. 86-87. Hab. Ile de Ré, La Rochelle (Charente-Inférieure ) , sur les carapaces de Langoustes; tout le golfe de Gascogne, sur les petites coquilles, les tubes de Ditrupa, etc. Obs. D'après M. Smitt, celte espèce ne serait que la forme divaricata du Lepralia hyalina Linné , qui comprendrait sous le même nom les Hippothoa borealis d'Orbigny et H. patagonica Busk. L'Hippothoa borea- lis diffère de notre espèce par ses cellules courtes, très-peu distantes renflées, presque semi-sphériques; leur largeur est au moins double. L'Hippothoa longicauda est très-allongé, grêle, fusiforme. Nous avons changé le nom proposé par M. Busk, parce que l'identi- fication des exemplaires du crag et de la Patagonie nous semble très- douteuse. MOLLIA Lamouroux. 35. Mollia hyalina Linné, Syst. nat., p. 1,286 (Cellepora). — Johnston, Brit. zooph., éd. 2, p. 301, pi. 54, fig. 1 (Lepralia). — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 84, pi. 82, — Busk, Crag Polyzoa, p. 52, pi. 5, fig. 1.— Smilt, Kritisk Fôrteckn., p. 16, pi. 25 , fig. 84-87 (Mollia). Hab. Bassin d'Àrcachon (Gironde), sur le Peclen maximus. — Saint- Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). — La Rochelle (Charente-Inférieure), sur les algues. ( 350 ) Obs. Les exemplaires pris dans le bassin d'Arcachon sonl minces et transparents ; ceux de Sainl-Jean-de-Luz sont opaques , d'un blanc mat et solides. 36. Mollia tentais Hassall , Ann. and Mag. of nat. hist., t. VII, p. 412 (Lepralia). — Johnston, Brit. zoopb., éd. 2, p. 303, pi. 54, fig. 2. Lepralia Brongniarli Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 65, pi. 81- — Busk, Crag Polyzoa, p. 46, pi. 6, fig. 1. — An Fhistra Brongniarli Audouin , Explic des pi. de Savigny , Egypte, p. 68, pi. 10, fig. 6? Reptescharinella rhomboidalis d'Orbigny, Paléont. fr., lerr, crét., p. 429. Hab. Toutes nos côtes, sur les coquilles privées de leurs mollus- ques. C. Obs. Petite espèce, très-abondante sur nos rivages et présentant deux variétés: tantôt le test est mince et vitreux; tantôt il est blanc, terne, opaque. Les exemplaires opaques proviennent des Basses-Pyrénées; à Arcachon, La Rochelle, les cellules sonl transparentes. Nous adoptons le nom proposé par Hassall, n'étant pas certain de l'identité du Lepralia Brongniarli Audouin et du Bryozoaire de nos mers qu'on lui rapporte. 37. Molli» spinifera Johnston, Brit- zooph., éd. 1, p. 324, pi. 57, fig. 6 (Lepralia). — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 69, pi. 76, 80,81,91. Mollia vulgaris Moll, sec. Smitt, Kritisk Fôrteckn. , etc., p. 14, pi. 25, fig. 78-83 (pro parte). Hab. Bassin d'Arcachon. sur les Huîtres et les Peignes. — Côtes de la Charente-Inférieure. 38. Mollia ùuicornis Johnston, Brit. zooph., éd. 1, p. 278, pi. 34, fig. 1-3 (Lepralia). — Busk, Crag Polyzoa, p. 45, pi. 5, fig. 4. Lepralia spinifera (var.) Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 321, pi. 57, fig. 1. Hab. Bassin d'Arcachon, sur les valves d'Huîtres. — Saint-Jean-de- Luz (Basses-Pyrénées). Obs Nous avons vu > au Musée de La Rochelle, plusieurs exemplaires (351 ) du M yriozoum sub gracile (d'Orbigny, Paléont. franc., terr. crét. Bryo- zoaires, p. 662. — Smitt, Kritisk Fôrteckn., etc., p. 18), provenant de l'île de Ré, d'après d'Orbigny père, qui les a donnés. M. Beltrémieux nous les a communiqués , et leur comparaison avec le type d'A. d'Or- bigny ne laisse aucun doute au point de vue de leur détermination. Le Myriozoum subgracile est une espèce des mers froides , recueillie sur les côtes de Terre-Neuve, Labrador, Spitzberg, Groenland, Fin- marck; jusqu'à présent , elle manque dans les mers plus tempérées de la Scandinavie et de la Grande-Bretagne; aussi, avant de l'admettre définitivement au nombre des formes indigènes du sud-ouest de la France, nous attendrons que d'autres naturalistes l'aient retrouvée dans nos parages. LEPRALIA Johnston. 39. Ijepraîia Pallasiana Moll, Die Seerinde, p. 64 , pi. 3, fig. 13 (Eschara). — Lamouroux, Polyp. flex., p. 19 (Cellepora). — Busk , Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 81, pi. 88, fig. 1-2 (Lepralia). — Smitt, Kritisk Fôrteckn., etc., p. 19, pi. 26, fig. 93. Hab. Bassin d'Arcachon, sur les Anomia , Oslrea, etc., dragués dans les chenaux, de 6 à 10 brasses. Obs. Nous avons recueilli cette belle espèce sur tout le littoral de la Manche, où elle s'étale sur les pierres, dans l'intérieur des coquilles du Buccinum undatum et sur les vieilles Huîtres. ESCHARA Lamarck. 40. Eschara foliaeea Ellis et Solander , Zooph , p. 133, n° 6 (Millepora). — Lamouroux, Expos, méth. Polyp., p. 40 (Eschara). — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 89, pi. 106 > fig. 4-7. — Beltrémieux, Faune de la Charente-Infér., p. 88. Eschara reliformis d'Orbigny, Paléont. franc., terr. crét. p. 101. Hab. Côtes de la Charente-Inférieure et de la Gironde; au large. Obs. Nous avons vu d'énormes colonies de cette espèce provenant de la Charente-Inférieure. 41. Escliara pavonina d'Orbigny , Paléont. fr., terr. crét., p. 101. Eschara saccata Busk, Ann. and Mag. nat. hist., 2 e ser., t. XVIII , p. 33, pi. 1, fig. 5. (352 ) j3. Eschara elegantula d'Orbigny, loc. cit., p. 102, — Smitt , Bryoz. mar. in reg. arct. et bor. vivent., p. 456. Hab. En dehors de la Pointe de la Baleine, île de Ré (Charente-In- férieure ) R. Obs. A. d'Orbigny cite cette espèce à l'île de Ré , d'où M. Beltrémieux nous l'a envoyée. Elle produit une colonie flabelliforme , portée sur un pédoncule assez étroit. M. Smitt croit à l'identité de notre espèce avec Y Eschara elegantula d'Orbigny, dont la colonie est plus étroite , plus rameuse. 42. Eschara verrucosa W. Thompson, Ann. of nat. hisl., t. XIII, p. 441 (Lepralia). — Johnston, Brit. zooph., éd. 2, p. 316, pi. 56, fig. 3. — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 68, pi. 87, fig. 3-4; pi. 94, fig. 0. — Smitt, Kritisk Fôrteckn., etc., p. 22, pi. 26, fig. 124-135 (Eschara). Hab. Ile de Ré (Charente-Inférieure), sur les carapaces de Langous- tes. — Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées) R. Obs. Nous n'avons jamais vu cette espèce que sous la forme de Lepralia. DISCOPORA Lamarck. 43. Discopora uppensa Hassall, Ann. and Mag. of nat. hist., t. VIII , p. 367, pi. 9, fig. 3 (Lepralia). — Smitt, Kritisk Fôr- teckn., etc., p. 27, pi. 18, fig. 177 (Discopora). Lepralia coccinea Johnston, Brit. zooph., éd. 2, p. 322, pi. 57, fig. 2-3. — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 70, pi. 88 , non Cellepora coccinea Abilgaard. Hab. La Rochelle , île de Ré (Charente-Inférieure). — Bassin d'Arca- chon (Gironde). — Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). Obs. Les colonies de ce Bryozoaire provenant de Saint-Jean-de-Luz ont une coloration rougeâtre ; celles de La Rochelle et d'Arcachon sont blanchâtres. 44. Discopora coccinea Abilgaard , Mùller, Zool. Dan., t. IV > p. 30, pi. 146, fig. 1-2 (Cellepora). -Smitt, Bryoz. mar. boréal, et arct., p. 457 (Discopora). Lepralia Peachii Johnston, Brit. zooph., éd. 2, p. 315, pi. 54, fig. 5-6. — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 77, pi. 82 et 97. — Busk , Crag Polyzoa , p. 48 , pi. 5 , fig. 6-8 ; pi 6 , fig. 4. ( 353 ) Hab. Ile de Ré (Charente-Inférieure). — Ile de Noirmoutiers (Vendée), golfe de Gascogne ., sur les Huîtres , les Anomies. Obs. Espèce peu abondante sur le littoral du sud-ouest de la France, mais très-commune sur les plages de la Manche. 45. Discopora ventricosa Hassall. — Johnston , Brit. zooph.,ed. 2, p. 305, pi. 54, fig. 5 (Lepralia). — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, part. II, pi. 91, fig. 5-6; pi. 82, fig. 5-6; pi. 83, flg. 5. — Busk, Crag Polyzoa, p. 49, pi. 6, fig. 3, 6, 8. Discopora coccinea (pars) Smitt, Kritisk Fôrteckn., etc., p. 26, pi. 27, fig. 167-173. Hab. Golfe de Gascogne, sur les coqnilles draguées par 30-50 brasses (deFolin). Obs. Nous croyons que cette forme n'est qu'une variété de l'espèce précédente. Elle est commune dans la Manche. 46. Discopora variolosa Johnston , Brit. zooph., éd. 2, p. 278, pi. 34, fig, 4( Lepralia). — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 15, pi. 74 et 75. — Busk, Crag Polyzoa, p. 48, pi. 4, fig. 4-8, et pi. 8, fig. 8. Discopora coccinea (pars) Smitt, Kritisk Fôrteckn., p. 26, pi. 167- 173. Hab. Ile de Ré (Charente-Inférieure). — Bassin d'Arcachon (Gironde). — Biarritz (Basses-Pyrénées), sur le Purpura hœmastoma. 47. Discopora Skenei Solander, Zooph., p. 135 (Millepora). — Smitt, Kritisk Fôrteckn., etc., p. 29 (Discopora). p, Lepralia bicornis Busk , Crag Polyzoa , p. 47, pi. 8 , fig. 6 et 7. Hab. Golfe de Gascogne, à des profondeurs de 50 à 60 brasses (de Folin). Obs. Nos exemplaires présentent la forme à'Eschara; ils sont dressés et rameux. Les cellules se rapportent exactement à la description et aux figures du Lepralia bicornis Busk. Elles sont solides , opaques , granu- leuses, bordées d'une série de pores qui disparaissent avec l'âge. Les pointes latérales sont plus ou moins allongées; la pointe médiane est très-développée. Les cellules paraissent tantôt bicornes , tantôt tricornes. CELLEPORA Linné. 48. Cellepora ramulosa Linné, Syst. nat., éd. Gmel , p. 3,791. — Smitt, Rryoz. mar. boréal, et arcl.. p. 458. ( 354 ) a. Reptocelleporaria luberosa d'Orbigny, Paléont. fi\. lerr. crét., p. 423. Cellepora tubigera Busk, Crag Polyzoa, p. 60, pi. 9, fig. 8-10. Hab. Ile de Ré (Charente-Inférieure). — Arcachon (Gironde) , sur les Peelen maximus et opercularis. C. Obs. Nos exemplaires se rapportent à la forme luberosa d'Orbigny, ils forment tantôt des masses arrondies, libres , tantôt des incrustations à la surface des corps sous-marins. Le Cellepora tubigera de Busk , qui lui semble identique , a été trouvé sur les côtes de Normandie , par M. Jeffreys. Quant au type , qui constitue la forme ramulosa , il n'existe pas , à notre connaissance, sur les rivages du Sud-Ouest. 49. Cellepora Hassalli Johnston, Brit. zooph., éd. 2, p. 304, pi. 54, fig. 3 {Lepralia). — Busk, Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 86, pi. 109, fig. 4-6 {Cellepora).— Smitt, Bryoz, mar. bor. etarct., p. 458 (Celleporaria) . — Smitt, Kritisk Fôrteckn. , p. 33, pi. 13, fig. 211. Hab. Ile de Ré"( Charente-Inférieure). — Saint-Jean-de-Luz (Basses- Pyrénées). — Arcachon (Gironde). Obs. Espèce très-souvent associée à la précédente, quoique plus rare. RETEPORA Lamabck. 50. Rctcpora cellulosa Linné, Syst. nat, éd. 10, p. 790 (Mille- pora). — Lamarck, Anim. s. vert., éd. 2, t. II, p. 276 (Rete- pora). — D'Orbigny, Paléont. fr., lerr. crét., p. 364- — Busk , Cat. Brit. mar. Polyzoa, p. 93, pi. 121, fig. 3-8, pi. 123, fig. 5-6.— Smitt, Kritisk Fôrteckn., p. 34, pi. 38, fig. 217-221. «. Retepora Beaniana King. Ann. and Mag. of nat. hist., vol. XVIII « p. 237. — Busk, Crag Polyzoa', p. 75 , pi. 12, fig. 2, 5. 6, 7. Hab. Sur les Dendrophyllia cornigera du plateau sous-marin de Ro- chebonne (Charente-Inférieure). Obs. Nous n'avons vu encore sur nos exemplaires que la variété Beaniana. ( 355 ) CHAPITRE V. DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. La distribution géographique des Bryozoaires est à peine ébauchée; souvent même elle est erronée; M. Busk, à l'exemple d'Aider, a cru retrouver sur les côtes d'Angleterre un certain nombre d'espèces propres à la mer Rouge et figurées dans l'Atlas de Savigny; il indique, en outre, les mêmes espèces sous les latitudes les plus opposées. Ces faits sont en désaccord avec tout ce que nous connaissons de la distribution géo- graphique des animaux marins et vivant comme les Bryozoaires à peu de distance des rivages. L'ubiquité n'existe pas pour eux, et chaque être est cantonné dans un espace plus ou moins vaste. Nous devons signaler une autre tendance de M. Busk, et qui retardera la saine appréciation de la distribution straligraphique des Bryozoaires. L'auteur anglais identifie un certain nombre d'espèces actuelles ou qua- ternaires avec des formes crétacées. La conséquence de ce principe est dangereuse; car, si la même espèce est répartie dans les terrains secon- daires, tertiaires, ainsi que dans les mers actuelles, il serait inutile de rechercher avec soin ses stations géographiques; d'ailleurs, les lois pa- léontologiques si évidentes pour les animaux supérieurs n'existeraient plus alors pour les Bryozoaires. Or, nous ne croyons pas aux contradic- tions apparentes; nous préférons douter de la perfection de nos moyens d'investigation. Les rares matériaux à consulter pour établir la distribution géogra- phique de nos Bryozoaires sont : 1° le Catalogue des Bryozoaires des mers arctiques et boréales , comprenant les espèces des côtes de Scandi- navie occidentale, du Finmarck, du Spitzberg et du Groenland. Cet ouvrage, rédigé par M. Smitt, indique 104 espèces (4); 2° L'énumération des Polyzoa des mers d'Angleterre , publiée par M. G. Busk, dans les listes de la Faune marine des invertébrés d'Angle- terre dressées par le Comité de draguage de l'Association Britannique (2). On compterait en Angleterre 161 espèces; 3° Le travail de M. C. Heller, sur les Bryozoaires de l'Adriatique (3), comprenant 108 espèces. (1) Bryozoa marina in regionibus arclicis et borealibus viveniia recensuil F. A. SmiU{IJolmiœ, 1868.) (2) Lisl of Ihe Brilish marine inverlebrale Fauna (London, 1861); ' Die Bryozocn des Adriatichen Mccres, von C. Bélier (Wien , 1867 ). ( 356 ) On trouvera aussi la mention des principales espèces de la Méditer- ranée dans les travaux de Moll, Délie Chiaje , Milne-Edwards, d'Orbi- gny, Busk, etc.; quelques espèces enfin ont été rapportées de Madère et des îles Canaries; mais il s'en faut qu'on ail tenté pour les Bryozoaires l'exécution d'un travail comparable à celui de M. Mac Andrew, sur les Mollusques des mers d'Europe. En comparant avec ces documents la liste des Bryozoaires du sud- ouest delà France, on acquiert la preuve que notre Faune est identique avec celle de la Grande-Bretagne; toutes nos espèces s'y retrouvent, sauf quatre, qui sont : Eschara pavonira. Terebripora Orbignyana. Spalhipora sertum. Discoporella crassiuscula. Mais, sur ces quatre espèces, deux : les Eschara pavonina et Discopo- rella crassiuscula, sont des formes boréales qu'on découvrira certaine- ment en Angleterre ; deux existent sur les rivages de la Manche et seront indiquées en Angleterre lorsqu'on les aura recherchées ; ce sont les Terebripora Orbignyana et Spathipora sertum. Plusieurs de nos espèces manquent dans les mers boréales; telles sont les : Knlalophora proboscidea. Escharipora innominata. Membranipora Lacroixi. Porina violacea. hexagona. — granifera. Mollia lenuis. Terebripora Orbignyana, — unicornis. Spalhipora sertum. Ces espèces peuvent donc être considérées comme des formes tem- pérées méridionales. Enfin, les espèces du sud-ouest de la France non citées dans l'Adria- tique, sont encore plus nombreuses; elles représentent par conséquent les formes boréales ; ce sont : Proboscina serpens. Membranipora spinifera. Discoporella crassiuscula. Discopora ventricosa. Eucralea chelala. — Skenei. Hippolhoa longicauda. Escharipora innominata. Terebripora Orbignyana. — punctata. Spathipora sertum. Porina granifera. Bicellaria ciliata. Cellepora luberosa. Membranipora Lacroixi. — Hassalli. — hexagona- Eschara pavonina. ( 357 ) Mais il faut remarquer que le Spalhipora sertum a été trouvé dans la Méditerranée, ainsi que le Porina granifera, et peut-être le Membra- nipora Lacroixi. Ces réserves faites, il est incontestable que la faune du sud-ouest de la France a plus d'affinités avec la faune des régions bo- réales (i) qu'avec celle de la Méditerranée, et qu'elle est pour ainsi dire semblable à celle de la Grande-Bretagne. Ce résultat ne pouvait être prévu à priori; il est en opposition avec ce que nous connaissons de la faune des Mollusques du sud-ouest de la France, où les formes méditerranéennes sont aux formes boréales dans la proportion de 2 à 1 . Néanmoins, on ne doit accepter nos conclusions que provisoireraenl , et dans quelques années peut-être de nouvelles découvertes pourront les modifier. (i) M. Sraitt m'écrit qu'il a dragué en dehors de Setuval ( Portugal), et à la pro- fondeur de 790 brasses , un Bryozoaire : Anarthropora gracilis Sars (Puslulipora), qui était considéré comme propre aux mers arctiques. « Vous voyez , dit-il , que la faune des grandes profondeurs , dans des régions presque tropicales , a une physiono- mie arctique . » ÉCHINODERMES DES COTES DE LA GIRONDE ET DU SUD-OUEST DE LA FRANCE Par le D r Paul FISCHER, membre correspondant. AVANT- PROPOS La faune des Échinodermes des côles sud-ouest de la France a été l'objet de quelques travaux qui nous ont fait connaître ses principaux éléments (1), mais beaucoup d'espèces restent encore à découvrir, prin- cipalement parmi les Ophiures (2). La science est riche en ouvrages sur les Echinodermes ; j'ai eu recours, pour chaque ordre, aux publications les plus récentes (3). (i) Ch. Des Moulins, Catalogue descriptif des Slellêrides vivantes et fossiles de la Gironde (Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, t. V,p. 183-206; t VI, p. 260. — 1852). — Des Moulins, Éludes sur les Êchinides (1835-57), — Beltrémieux, Faune de la Charente- Inférieure (Ann. de l'Acad. de La Rochelle, 1864. — 1er Supplément, ibid. 1868). — Cailliaud , Catalogue des Radiaires, des Annèlides , des Cirrhipèdes et des Mollusques marins, terrestres et fluvialiles recueillis dans le département de la Loire -Inférieure (1865). — Collard des Cherres, Catalogue des Teslacés marins du département du Finistère, principalement des côtes de Brest ( Actes de la Soc. Linn. de Bordeaux , t. IV, 1850). — Piet, Recherches sur l'île de Noirmoutiers , 2s édition (1865). (2) L'ouvrage de Forbes {A Hislory of British slarfishes and olher animais oflhe class Echinodermala. London, 1841) , donne une idée de la riche faune des Échi- nodermes des mers d'Angleterre; depuis 1841, cette faune a été augmentée , comme le prouve la liste des Radiaires Échinodermes publiée par le Dredging Committee of the British Association (1861). (5) Agassiz et Desor, Catalogue raisonné des Échinodermes (1847). — Dnjardin et Hupé , Histoire naturelle des Zoophyles Échinodermes (1862). — Mùller et Troschel , System der Asleriden (1842). — Lyman IUuslraled Catalogue of the Muséum of comparative Zoology , at Harvard Collège, n° 1, Ophiuridœ and Aslrophylidœ (1865). — Ophiuridea viventia hue usque cognila enumerat A. Ljungman ( Ofver- sigt af Kongl. Vetenskaps-Akademiens Fôrhandlingar, 1866). — On the gênas Sy- napla, by S. P. Woodward and Lucas Barrell (Proceed. Zool. Soc. London, p. 560 et suiv., 1858). ( 359 ) Les matériaux de cette faune ont été recueillis par plusieurs natura- listes , parmi lesquels je citerai MM. Ch Des Moulins et Lafont pour la Gironde , Darracq pour les Basses-Pyrénées , Bellrémieux pour la Cha- rente-Inférieure. J'ai visité les Musées de Paris, La Rochelle, Bordeaux, Arcachon et Bayonne , ainsi que la riche collection d'Échinodermes réunie par M. Ch. Des Moulins. Enfin, dans mes nombreuses courses sur le littoral du sud-ouest de la France , j'ai pu recueillir et étudier la plupart des espèces citées dans ce catalogue. Quoique le nombre des espèces indigènes énumérées soit très-pauvre en comparaison de celui que doit atteindre notre faune réelle, j'ai cru cependant devoir publier mon travail , qui n'a d'autre but que de donner un aperçu des productions du littoral du Sud-Ouest. De nouvelles dé- couvertes l'augmenteront bientôt, sans aucun doute. La détermination des Échinodermes, et en particulier celle des Oursins, est très-difficile ; les ouvrages d'Agassiz et Desor sont à revoir, au point de vue des distinctions spécifiques. Nos musées manquent de documents de comparaison assez nombreux pour juger la question du rapprochement ou de la séparation des espèces voisines vivant dans la Méditerranée et dans les mers du nord de l'Europe. Pendant longtemps les mêmes formes ont été décrites de chaque côté par les naturalistes de ces régions; depuis quelques années seulement , une comparaison attentive fait reconnaître des identités absolues ou des distinctions cons- tantes. Ce résultat est dû à l'étude de la distribution géographique des animaux de nos mers, et l'on peut dire que personne n'en a mieux compris l'importance que Forbes, dont l'esprit original a ouvert des voies nouvelles à la zoologie et à la géologie. ORDO I. CRINOIDJE Miller. (ASTERENCRINID^ Blainville.) COMATULA Lamarck. 1. Comatula Uleditera-anea Lamarck, Hist. nat. des anim. sans vert,, éd. 1 , t. Il , p. 535. — Dujardin et Hupé , Zooph. Echin', p. 198. Comatula rosacea Forbes, British starf., p. 5. Comatula brachiolata Beltrémieux, Faune de la Char.-Infér., p. 90. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure). R. (560) Obs. Linck paraît avoir signalé celte Comatule sous le nom de Stella decameros rosacea (Stell., p. 55, pi. 37, fig. 66). Les jeunes Comatules sont fixées par une tige semblable à celle des Encrines et ont été décrites sous le nom de Pentacrinus Europœus, par Thompson. En draguant dans les grands fonds du golfe de Gascogne , on arrivera peut-être à découvrir de véritables Encrines. On sait que M. Sars a trouvé le Rhizocrinus Lofolensis sur les côtes de Norvège; la même espèce vient d'être obtenue par M. Smitt en dehors de Setuval (Portugal), par 790 brasses de profondeur. Elle paraît extrêmement voisine du Bour- guelicrinus Hotessieri d'Orbigny, dragué dans le golfe du Mexique, par M. de Pourtalès , à des profondeurs variant entre 237 et 306 brasses , et connu déjà à l'état fossile dans les tufs madréporiqnes blancs de la Guadeloupe. ORDO II. OPHIURIME Muller ET Troschel. (OPHIUROIDEA d'Orbigny. — STELLERIME (pars) Lamarck — ASTEROPHIME Blainville). OPH10DERMA Muller et Troschel. 2. Opliioderma lacertosa Lamarck , Syst. des anim. sans vert., p. 351 {Ophiura). — Des Moulins, Stellér. de la Gironde, p. 188. — Beltrémieux, Faune de la Char.-Infér., p. 90. Ophioderma longicauda Muller et Troschel, Syst. Aster., p. 86. — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 230.— Ljungmann, Ophiur. vivent, enum., p. 304. Ophiura lœvis Lyman, Ophiur. and Astroph., p. 26. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure).— Biarritz , Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). Obs. Très-belle espèce qui paraît commune dans le fond du golfe de Gascogne. M. de Quatrefages l'a trouvée à Saint-Sébastien, à Gijon , aux Passages (Nord de l'Espagne). Nos exemplaires des Basses-Pyrénées représentent deux formes dis- tinguées par Lamarck : « cinerea, unicolor. Typus. — /3 inierrupta. h' Ophioderma lacertosa vit dans la Méditerranée et se retrouve aux Açores et aux Canaries. (361 ) Nous avons adopté le nom proposé par Lamarck en 1801. Les auteurs anciens ont cependant connu notre espèce , qui serait le Stella lumbri- calis longicauda de Linck (de Stellis tnarînis , pi. b , n° 17) et le Stella lœvis de Rondelet (de Piscibus marinis, p. 120). OPHIOGLYPHA Lyman. 3. OpHioglyplia texturata Lamarck, Hist. nat. des anim sans vert., éd. 1, t. II, p, 543 (Ophiura). — Des Moulins, Stellér. de la Gironde, p. 189 — Beltrémieux, Faune de la Char.-Inf., 1 er suppl., p. 13. — Forbes, British starf., p. 22. — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 248. — Ljungman , Ophiur, vivent, enum., p. 308 (Ophioglypha). Ophioghjpha lacertosa Lyman, Ophiur. and Astroph., p. 40. Hab. Ile de Ré, La Rochelle (Charente-Inférieure) —Le Verdon , Sou- lac, Arcachon (Gironde). — Biarritz (Basses-Pyrénées). OPHIOTHR1X Muller et Troschel. 4. Ophiothrix fragilis Muller, Zool. Dan., p. 28, Tab. 98 (Aste- rias). — Lamarck } Hist. nat., anim. sans vert., éd. 1, t. II, p. 546 (Ophiura). — Beltrémieux, Faune de la Char.-Infér., p. 90. — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 279 (Ophiothrix) . — Ljungmann, Ophiur. vivent, enum., p. 331. Ophiocoma rosula Forbes , British starf., p. 60.— Lyman, Ophiur. and Astroph., p. 154 (Ophiothrix). Hab. Ile de Ré, La Rochelle (Charente-Inférieure). — Arcachon (Gi- ronde). — Biarritz (Basses-Byrénées). — Noirmoutiers (Vendée). Obs. Cette Ophiure est tellement abondante dans les chenaux du Bas- sin d'Arcachon que, dans un coup de drague, on peut en obtenir une centaine. Elle se brise facilement, mais les rayons continuent à s'agiter et à se tordre, quarante-huit heures après leur séparation du disque. Sa coloration est des plus variables; d'après ce seul caractère, on a pu donner plusieurs noms spécifiques , tels que Ophiura echinata , tri- color, pentagona, Ferussaci, Cuvieri, quinquemaculala. Elle paraît être le Stella scolopendroides rosula de Linck. AMPHIPHOLIS Ljungman. 5. Anipbipliolis neglecta Johnston, Ann. and Mag. of nat. hist., t. VIII, p. 467, fig. 42 (Ophiura).— Forbes, British Starf., p. 30. (Ophiocoma). — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin. (Amphiura). Tome XXVII. 28 ( 362 ) Ophiura filiformis Des Moulins, Stellér. de la Gironde, p. 190, pi. 1, fig. 1 a-e. Amphiura squamala Lyman, Ophiur. and Astroph., p. 121. Hab. Côtes de la Charente -Inférieure. — Cordouan, Arcachon (Gironde), dans les coquilles d'Huîtres et sur les Zostères. C. — Noir- moutiers (Vendée). — Plateau sous-marin de Rochebonne. Obs. Cette petite Ophiure, découverte par M. Des Moulins sur nos côtes, a été depuis cette époque étudiée à Arcachon par M. Lyman. Il en a recueilli un très-grand nombre d'exemplaires durant le mois de juin. Elle vit au niveau du balancement des marées. Les individus conservés vivants ont souvent rejeté de leur disque des petits vivants, colorés en jaune-orangé. Schullze et Quatrefages avaient déjà signalé la viviparité chez d'autres Ophiures. La distribution géographique de YAmphipholis neglecta est très-éten- due. On l'a signalé dans la Méditerranée, sur toutes les côtes de l'ouest et du nord de l'Europe, sur la côte ouest de l'Afrique, jusqu'au cap de Bonne-Espérance; enfin, sur les rivages atlantiques de l'Amérique du Nord. M. Lyman l'identifie avec YAsterias squamala de Délie Chiaje, et M. Ljungman avec YA. elegans de Leach (Zool. Miscell. III, p. 57). — Notre espèce est différente de YAsterias filiformis Muller, avec lequel M. Des Moulins l'avait confondue. OPHIOCNIDA Lyman. 6. Ophiocnida bracliiata Montagu, Linn. Trans., t. VII, p. 84 (Asterias). — Forbes, British Slarf., p. 45 (Ophiocoma).— Du- jardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 242 (Ophiolepis).— Lyman, Ophiur. and Astroph., p. 12 (Ophiocnida).— Ljungman, Ophiur. vivent, enum., p. 317. Amphiura Neapolilana Sars , Nyt. Magaz. for Naturvid. X , p. 35. 1857. Hab. Dans les bancs de sable, qui ne découvrent qu'aux plus basses marées, à l'embouchure du bassin d'Arcachon (Lafont). Obs. J'ai recueilli, vivante, cette belle Ophiure, en compagnie de M. Lafont. Elle s'enfonce à une assez grande profondeur dans le sable , et ses longs bras s'y meuvent sans se briser, malgré leur extrême fragi- lité. ( 363 ) ORDO ni. ÂSTERID^: Blainville { ASTEROIDEA d'Orbigny. — STELLERIDiE (pars) Lamarck. — ASTERIADvË Millier et Troschel. ) LUIDIA Forbes. 7. Luidia ciliaris Philippi, Wiegm. Arch., t. III, p. 193 {Asterias). — Dujardin et Hupé, Zooph. Echinod., p. 433(Lmdî'a). Luidia fragilissima Forbes, British Starf., p. 35. Hab. Péché au chalut, en dehors du Bassin d'Arcachon. Obs. Nous avons vu, au Musée d'Arcachon, plusieurs individus de celte belle Astérie. L'un d'eux mesurait 37 centimètres de diamètre. D'après la comparaison de ces exemplaires avec ceux du Luidia cilia- ris Philippi, de Sicile, conservés dans les collections du Muséum de Paris, nous pouvons affirmer leur identité. Nous avons vu, dans la collec- tion de M. Ch. Des Moulins un fragment de la même Astérie provenant du Sénégal et recueillie par Rang. L'espèce se propage donc, en suivant les cotes, au nord et au sud de la Méditerranée. Le Luidia fragilissima de Forbes, décrit d'après les exemplaires des mers d'Angleterre, semble différer un peu de notre type par ses rayons plus étroits et constituer peut-être une légère variété. ASTROPECTEN Linck. 8. Astropecten aranciacus Muller , Zool. Dan., pi. 83 (Asterias). — Johnston, Ann. and Mag. nat. hist, t. IX, p. 299. — Forbes, British Starf., p. 130. — Des Moulins, Stellér. de la Gironde, p. 193. — Beltrémieux, Faune de la Char.-Infér., p. 90. A stropeclen irregalaris Dujardin et Hupé , Zooph. Echin. p. 414. Hab. Cordouan, Vieux-Soulac, Bassin d'Arcachon (Gironde). — Côtes de la Charente-Inférieure. Obs. Espèce assez commune dans le Bassin d'Arcachon , mais moins toutefois que YAsteracanthion rubens. L'animal se meut avec rapidité. Il s'ampute spontanément comme les autres Astéries. Nous en avons vu quelques exemplaires à quatre rayons. On nous a montré deux exemplaires d'une espèce voisine qui provien- drait , dit-on , de nos côtes ; c'est le : ( 364 ) Astropeclen crenasler Dujardin, Zooph. Echin., p. 414 (-4. echinalus major Linck, de Stellis marinis, p. 27, pi. 3, n° 6. — Encyclop. méth., pi. 110, fig. 2-3. — Asterias aranciaca, Lamarck, Anim. sans vert., éd. 2, t. III, p. 251). — Cette belle Astérie, la plus grande des mers d'Europe, est commune dans la Méditerranée; d'Orbigny la cite aux îles Canaries. Nous nous bornons à la signaler ici sans l'inscrire défini- tivement au nombre des formes indigènes. ASTERACANTIIION Muller et Troschel. 9. Asteracantliion glacialis 0. F. Muller. Prodr. zool. Dan., p. 23b (Asterias). — Forbes , Brilish Starf., p. 78 (Urasler).— Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 330 (Asleracanthion) . — Beltrémieux, Faune de la Charente-Inférieure, p. 90 (Asterias). Asterias angiilosa 0. F. Muller, Zool. Dan., t. II, p. 1, pi. 41 (oplimè). Asterias echinophora Délie Chiaje, Anim, senza vert, del Regno di Napoli, t. II, pi. 18, fig. 5. Hah. Sur les bancs de l'embouchure du bassin d'Arcachon; Pointe du Sud (Gironde). — Charente-Inférieure. — Biarritz (Basses-Pyrénées). Obs. Très-belle espèce dont nous avons vu plusieurs exemplaires vivants. Elle se conserve difficilement dans les bassins d'eau de mer et détache ses bras après quelques heures de captivité. Les bras vivent isolés pendant plusieurs jours. L' Asterias glacialis atteint une très-grande taille. La seule figure qui le représente bien est celle de V Asterias angulosa de Muller. La colora- tion est variable; on trouve des individus roses, d'un bleu-grisâtre, ou presque blancs. La même espèce se retrouve dan» la Méditerranée sur les côtes de Sicile, d'Algérie; elle pénètre dans l'Adriatique. 10. Asteracantliion rubens Linné, Syst. nat., éd. 12, p. 1099 (Asterias). — Forbes, British Starf., p. 83 ( Urasler). — Des Moulins, Stellér. delà Gironde, p. 191 (Asterias). — Bel- trémieux, Faune de la Charente-Inférieure, p. 90. — Dujardin et Hupé, Zooph. Échin., p. 331 ( Aster acanthion). Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la France. — Très-commun dans le bassin d'Arcachon , sur les plages vaseuses. ( 365 ) Obs. Les principales variétés remarquées sur nos côles ont été signa- lées par M. Des Moulins qui a décrit, sous le nom à'Asterias minutis- sima (Stellér. de la Gironde, p, 194) , un jeune individu de YAstera- canlhion rubens; l'auteur lui-même a reconnu plus tard cette erreur. (Rectif. Act. de la Soc. Linn. de Bordeaux, t. VI, p. 260). Parmi les anomalies de cette espèce , nous avons remarqué les sui- vantes, qui sont conservées au Musée de La Rochelle : a Individu à 7 rayons. b Individu à 6 rayons, dont 2 rayons proviennent de la division d'un seul. c Individu à 4 rayons. L'animal est très-vorace; il se nourrit principalement de Mollusques acéphales. En peu de jours, une centaine de Donax analinum vivants ont été mangés par cinq ou six Astéries. Celles-ci entourent la coquille du Donax de telle sorte que son bord extérieur corresponde à leur bouche; la partie centrale du corps de l'Astérie se moule en quelque sorte sur le Donax , et présente une saillie extérieure, arrondie, qui permet de reconnaître que l'animal prend son repas. La plupart des ambulacres fixent solidement les rayons de l'Astérie au sol, tandis que ceux de la base des rayons sont appliqués solidement sur les valves de la coquille , les écartent et les tiennent baillantes. La membrane interne de l'estomac est boursoufflée; elle s'insinue entre les valves et se place en contact avec les viscères du Donax, qui sont rapidement digérés. Presque toujours l'épiderme de l'extrémité postérieure de la coquille est enlevé. Le procédé employé par les Astéries pour ouvrir les Mollusques , nous semble identique avec celui que les Poulpes mettent en œuvre pour arriver au môme but. 11. Astcracanthioii viola cens Gmelin in Linné, Syst. nat., éd. 13, p. 3163 (Aslerias). — Forbes, Brilish Slarf., p. 91 ( Uraster). — Dujardin etHupé, Zooph. Echin., p. 332 (Asteracanthion). Aslerias rubens violacea O.-F. Muller, Zool. Dan., pi. 66. Hab. Avec l'espèce précédente, dont elle n'est peut-être qu'une va- riété, ainsi que le supposent Muller et Troschel ; néanmoins , sa colo- ration est constante, ses tubercules sont plus petits, ses bras plus étroits, sa consistance moins charnue, etc. ( 366 ) Obs. On trouvera probablement sur nos côtes les Échinodermes suivants : 1° Asleracanthion tenuispinus Lamarck , Anim. sans vert., éd. 2, t. III, p. 250 (Aslerias). — Asterias Savaresii Délie Chiaje, Anim. senza vert., etc., pi. 18 , fig. 6. — Habite^: Le nord de l'Espagne ; baie des Passages ( de Quatrefages). — Commun dans la Méditerranée. 2° Solasler papposus Gmelin in Linné, Syst. nat., éd. 13, p. 3160 (Asterias),. — Lamarck, éd. 2, t. III, p. 246. — Habile : Toutes les côtes de Normandie, d'où nous l'avons rapportée; les côtes de Bretagne (Collard des Cherres). CRIBRELLA Agassiz. 12. Cribrella seposifa Gmelin m Linné, éd. 13, p. 3262(4 s terias). — Lamarck, Hist. nat. Anim. sans vert., éd. 2, t. III, p. 251. — Muller et Troschel, Syst. der Aster., p. 23 (Echinaster). — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 351 (Cribrella). Hab. Biarritz (Basses-Pyrénées). Obs. Espèce Méditerranéenne qui s'avance jusque dans le golfe de Gascogne. Nous l'avons eue vivante. Une autre espèce du même genre se rencontre sur le littoral de la Manche , c'est le : Cribrella oculala Pennant, Brit. Zool., t. IV, p. 61, tab. 30, fig. 56 (Aslerias). — Forbes , British Starf. , p. 100 (Cribrella). — Hab. Cancale (Ile-et-Vilaine). ASTERISCUS Mulleb et Troschel. 13. jtsteriscns gibbosus Pennant, British Zool. t. IV, p. 62, n» 59 (Asterias). — Forbes, British Starf., p. 119 (Asterina), Asleriscus verruculalas Dujardin et Hupé , Zooph. Echinod. , p. 375. — Muller et Troschel, Syst. der Aster. , p. 41. Aslerias exigua Beltrémieux, Faune de la Çhar.-Infér. , p. 90. Hab. La Rochelle (Charenle-Infér.).— Bassin d'Arcachon (Gironde). Obs. Le Muséum d'histoire naturelle de Paris renferme des échan- tillons de cette espèce, provenant de Sainl-Malo (Ile-et-Vilaine), du nord de l'Espagne, des côtes d'Algérie , etc. ( 367 ) PALMIPES Agassiz. 1 4. Palmipe» membranaeeus Gmelin in Linné, Syst. nat., éd. 13, p. 3164 (Asterias). — Lamarck, Hist. nat. des anim. s. vert., éd. 1, t. II, p. 558. — Beltrémieux, Faune de la Charente- Inférieure, p. 90. — Forbes , British Starf., p. 116 (Palmipes). — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 373. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure). Obs. Nous avons vu un très-beau spécimen de cette espèce trouvé près de La Rochelle. — On l'a aussi recueillie à Saint-Vaast-la-Hougue (Manche). ORDO IV. ÉCHINULE Lamarck. (ÉCHINOIDEA d'Orbigny.) ECHINUS Linné. 15. Echinus Flemingi Forbes, British Starf., p. 164. — Agassizet Desor, Cat. rais., p. 63. — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 525. — Lafont, Note pour servir à la faune de la Gironde p. 13. Hab. Côtes de la Charente-Inférieure et de la Gironde. — Pris au large, en dehors du Bassin d'Arcachon (Lafont). Obs. 1. Cette belle espèce a été découverte par Bail , sur les côtes du sud-ouest de l'Irlande. Elle se retrouve dans la Méditerranée, sur les côtes d'Algérie, aux Açores, etc. Les pêcheurs de La Rochelle et d'Ar- cachon la rapportent assez souvent du large. Nos exemplaires ont le test rougeâtre et les épines courtes, teintes de rouge à la base. Ils constituent la variété méridionale de l'espèce. Sur les côtes de Norwége, YEchinus Flemingi a. le test plus pâle, les épines plus longues, blanchâtres ouverdâtres, unicolores. M. Cailliaud indique, sur les côtes de la Loire-Inférieure, YEchinus aculiis Lamarck. Le type de Lamarck n'est qu'une forme accidentelle de YEchinus Flemingi. Obs. 2. L'Echinus melo appartient-il à notre faune? MM. Cailliaud et Beltrémieux le mentionnent dans leurs listes, et j'ai vu, à La Rochelle* ( 368 ) un exemplaire de cette espèce, conservé dans le Musée Fleuriau. Néan- moins, on peut attendre encore avant de l'inscrire définitivement dans ce Catalogue. Les épines sont courtes et d'un vert pâle uniforme; le test est plus arrondi que celui de YEchinus Flemingi, dont la forme est presque toujours conique. Quelques auteurs réunissent les deux espèces, mais leurs caractères distinctifs me semblent constants. 16. Eclilnus splircra Muller, Zool. Dan., Prodr. 2845 (Echinus). — Forbes, British Starf., p. 149. Echinus esculenlus Agassiz, Cat. rais., p. 370. — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 529 (Sphœr echinus). Echinus globifonnis Lamarck, Hist. nat. des anim. sans vert., éd. 1, t. III, p. 44. — Des Moulins, Echin., p. 270. — Bel- trémieux, Faune de la Charente-Infér, Suppl. p. 14. /3. Echinus quinque angulosus Blainville, Zooph. , p. 208. — Des Moulins, Echin., p 270. — Bellrémieux , Faune de la Charente- Inférieure, Suppl., p. 14. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure) , Cap Breton (Landes). Obs. D'après Agassiz , cet Oursin serait le véritable Echinus esculenlus de Linné (Mus. Lud. Ulr., p. 705. — Syst. nat., p. 3168 ). Il n'est pas rare sur les côtes de la Bretagne (Loire-Inférieure, Mor- bihan , Finistère) et de la Manche (Boulogne). La variété /3, plus déprimée et subanguleuse, a été recueillie à La Rochelle (Musée Fleuriau). — M. Des Moulins en possède un exemplaire provenant de Boulogne (Pas-de-Calais). Elle diffère du type par ses tu- bercules plus petits, sa bouche plus enfoncée , sa base moins plate, sa taille moindre, sa bouche proportionnellement plus grande, son appa- reil masticatoire plus robuste (Des Moulins). V Echinus pseudo-melo Blainville (Des Moulins, Echin., p. 270), ca- talogué par M. Bellrémieux (Faune de la Charente-Inférieure, suppl., p. 13) est simplement un synonyme à'Echinus sphœra. SPILERECHINUS Desor. 17. SpliierecliiB&us granularîs Lamarck, Hist. nat. des anim. s. vert., éd. 1, t. III, p. 44 (Echinus). — Agassiz et Desor, Cat. rais., p. 63. — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 531 (Toxopneusles). ( 369 ) Echinus œquiluber cula lus Blainv. — Des Moulins, Echin.. p. 280. Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la France. C. Obs. 1. L'examen des types de Lamarck ne laisse aucun doute au sujet de cette espèce provenant, d'après le naturaliste français, des côtes occidentales de France. Elle ne semble pas dépasser la Manche au N., quoiqu'elle se rencontre assez fréquemment en Bretagne; sa coloration est presque toujours violette, la pointe des radioles est blanchâtre. On la retrouve sur les côtes N. de l'Espagne. L'animal ne pratique pas d'excavation ; il vil sur les bancs de sable, à la limite du balancement des marées, légèrement enfoncé dans le sol et recouvert de corps étrangers (fragments de coquilles, algues, feuilles de Zostères), qui adhérent aux ambulacres ou qui sont engagés dans les radioles. L'adhérence des ambulacres est assez forte pour permettre à l'Oursin de monter le long des glaces d'un aquarium et de s'y tenir sus- pendu. Obs. 2. M. Ch. Des Moulins pense maintenant que VEchinus brevispi- nosus Risso est une simple variété du Sphœrechinus granularis Lamarck ; cette opinion est partagée par M. Alex. Agassiz. Il faut donc attribuer à l'espèce de Lamarck, comme synonymes , les Echinus œquiluberculalus et brevispinosus. TOXOPNEUSTES Agassiz. 18. Toxopnewates làvidiis Lamarck , Hisl. nat. des anim. s. vert., éd. 4, I. III, p. 50 (Echinus). — Des Moulins, Echin, p. 282. — Forbes, Brilish Starf., p. 167. — Beltrémieux, Faune de la Char.-Infér , p 91 . — Dujardin et Hupé , Zooph. Echin., p. 532 ( Toxopn eustes). Hab. Toutes les côtes du sud -ouest de la France. CC. Obs. L'animal vit tantôt dans le sable , comme à Arcachon , et sur les côtes de la Gironde et des Landes, tantôt dans les rochers comme à Biarritz, Guétary, etc. Personne ne met plus en doute aujourd'hui la réalité de la perfora- tion des roches par le Toxopneusles lividus. Les observations nombreuses de M. Cailliaud ont contribué, en France , à faire pénétrer la conviction dans les esprits. MM. Hoberl et Lory ont décrit les excavations des côles ( 370 ) de Bretagne; celles des Basses-Pyrénées ont été vues par MM. Bou- bée (1), Sœmann, Cazenavette (2), Cuigneau (3); je les ai moi-même étudiées avec détails (4); mais on ignore généralement qu'elles sont décrites depuis 1810 par Thore (5) : « Là se voit particulièrement le Turban vulgaire qui tapisse le fond des petits bassins dont nous venons de parler, et se loge dans les cavités , où il est comme moulé quelle que soit sa grosseur, ce qui nous fait croire qu'il est lui-même l'artisan de sa demeure , au fond de laquelle il adhère ou plutôt se cramponne assez fortement pour ne pouvoir en être arraché qu'avec peine. » Les habitudes perforantes de notre espèce ont été mentionnées pour la première fois à l'étranger, en 1825, par Bennett, qui avait étudié le phénomène sur les côtes d'Irlande. Lamarck possédait, dès 1811, une roche percée par un Oursin et la montrait dans son cours; mais il ne fait aucune allusion à ce détail dans sa description de VEchinus lividus. Les habitants de Biarritz connaissent très-bien le mode de station des Toxopneusles lividus et les piquent dans leurs trous avec une tige de fer, afin de les employer à leur alimentation. PSAMMECHINTJS Agassiz. 19. Psammechinus miliarls Gmelinw Linné, Syst. nat., éd. 13, p. 3169 (Echinus). — Des Moulins, Echin., p. 272. — Forbes, British Starf., p. 161. — Beltrémieux, Faune de la Char.-Inf., p. 92. — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 526 (Psamme- chinus). • Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la France , depuis l'embouchure de la Loire jusqu'au bassin d'Arcachon. Obs. 1. Le Psammechinus miliaris est l'espèce prédominante dans la Manche; mais sur les côtes de l'Océan, elle est peu à peu remplacée par le Toxopneusles lividus, et elle semble disparaître sur les rivages de la Charente-Inférieure. M. Cailliaud l'a vue logée dans des excavations (1) Bail, de la Soc. gèol. de France ( séances de 1855). (2) Cailliaud , Comptes-Rendus de V Institut , t. 45 (1857). 3) Actes de la Soc. Linn. de Bordeaux , t. XXI, p. 498 (1858). (4) Annales des Sciences Naturelles, p. 321-332 (juillet 1864). ■5; Promenades sur les côtes du golfe de Gascogne, p. 302 (1810)- (374 ) semblables à celles que forme le T. lividus. Nous ne l'avons rencontrée que dans le sable. Le Cidaris miliaris saxatilis de Leske m Klein , p. 82 , pi. 2 et pi. 38, se rapporte à notre espèce. Obs. 2. On a signalé , à La Rochelle , Y Echinocidaris loculata Des Moulins (Echin., p. 306. — Dujardin etHupé, Zooph. Echin., p. 521). — Voici ce que m'a écrit à ce sujet M. Ch Des Moulins : « Il y a plusieurs années, j'en ai reçu un individu, le seul que je possède, de mon ami Rang. Il le tenait de d'Orbigny père, qui l'avait trouvé aux environs de La Rochelle, et qui le connaissait aussi dans la Manche. » M. Colteau a dans sa collection un autre exemplaire provenant aussi d'un envoi de d'Orbigny père; il pense comme moi que cette espèce est exotique (1). Cependant, Agassiz et Besor l'indiquent dans la Manche (Cat. rais., p. 49). — Les singulières épines des Echinocidaris sont décrites et figu- rées avec beaucoup de soin dans la note récemment publiée par M. Des Moulins : Sur les Épines des Echinocidariles (Act. de la Soc. Linn. de Bordeaux, t. XXVII, p. 162, pi. 10-11). SPATANGUS Klein. 20. Spatangus purpureui Mtjller , Zool. [Dan., Prodr., p. 236, n° 2850, pi. 6. - Forbes, British Starf., p. 182. — Des Mou- lins, Echin., p. 388. — Beltrémieux, Faune delà Char.-Infér., p. 91 . — Dujardin et Hupé , Zooph. Echin., p. 607. Hab. En dehors du Bassin d'Arcachon et à son embouchure. — Côtes de la Charente-Inférieure. Obs. M. Lafont a trouvé sur les Spatangues de nos côtes le mollusque acéphale qui vit attaché à leurs épines, YErycina substriata Montagu. Le Spalangus purpureus vit dans la Manche , à Boulogne , Cherbourg ; il est assez répandu sur les rivages de Bretagne. (1) M. Cotteau m'informe que son exemplaire à' Echinocidaris loculata a été pris dans la coque d'un navire que l'on radoubait , et qui était couverte de Spondylus et de Chama. Or, ces deux genres de Mollusques ne vivent passur les côtes océaniques de la France. {Noie de l'auteur). — Il y a bien des années que je suis convaincu de l 'exolicilé (quant à nos côtes océaniques) du genre Echinocidaris tout entier, et jV exprimé plusieurs fois cette conviction à mes correspondants, mais sans oser, faute d'observations positives et directes comme celle de M. Colteau , en faire mention dans mes travaux imprimés. {Noie de M. Ch Des Moulins, ajoutée pendant V impression .') ( 372 ) AMPHIDETUS Agassiz. 2L AmphidetMS cordatus Pennant, British Zool., t. IV, p. 69, pi. 34, fig. 75 (Echinus). — Forbes , British Starf., p. 190 (Amphidelus). — Agassiz et Desor, Cat. rais., p. 417. — Dujar- din et Hupé, Zooph. Echin., p. 602 (Echinocardium) . — Bellré- mieux, Faune de la Char.-Infér., p. 91. Hab. Bassin d'Arcachon , au Bernet, à Moulleau, au cap Ferret. — Charente-Inférieure. — Noirmoutiers (Vendée). Obs. M. Des Moulins a réuni celte espèce à la suivante sous le nom de Spalangus arcuarius Lamarck, variété « subovalis (Echin., p. 378). 22. AmpHidetus gibbosus Agassiz et Desor, Cat. rais., p. 117. — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 602 (Echinocardium). — List, of the British marine invert. Fauna (Dredging Com- millee, 1861), p. 48. Hab. Vieux-Soulac (Gironde). — Royan (Charente-Inférieure). CC. Obs. 1. Cette espèce est le Spalangus arcuarius Lamarck, variété $an- gularis Des Moulins (Echin., p. 398). Elle diffère de la précédente par l'absence d'un sillon intérambulacraire antérieur. Son bord antérieur est très-élevé , et la fasciole interne est étroite au sommet. Elle est quelque- fois d'une abondance inouïe à Soulac , mais toujours vide et sans épines. (Des Moulins). Obs. 2. M. Cailliaud indique au Croisic (Loire-Inférieure) , le Brissus Scillœ Agassiz (Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 605. — Spalangus ovatus Lamarck , n e 4. — Spalangus unicolor Blainville, Des Moulins, Echin., p. 382) , qui appartient à la Faune de la Méditerranée. ECHINOCYAMUS Leske. 23. KcliinocyaniMS paisillus Muller, Zool. Dan., p. 18, pi. 91, fig. 5-6 (Spalangus). — Forbes, British Starf., p. ilb(Echi- nocyamus). a. ovalis. — Fibularia Tarenlina Lamarck, Anim s. vert., éd. 2 , t. III, p. 300. — Des Moulins, Echin., p. 236. P angulosa. — Fibularia angulosa Lamarck , Anim. s. vert., éd. 2, (. III, p. 301. —Des Moulins, Echin., p. 236. Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la France. C. — La variété p à ( 373 ) Soulac (Gironde). — Les individus jeunes se trouvent dans les sables pris par de grandes profondeurs dans tout le golfe de Gascogne (de Folin). Les radioles d'Echinocyamus sont tellement abondants dans les sables de fond des côtes de la Manche et de la Bretagne, qu'ils doivent jouer dans la constitution des sédiments actuels un rôle aussi important que celui des Foraminifères. ORDO V. HOLOTHURIE Agassiz. (FISTULID^: [pars] Lamarck). HOLOTHURIA Linné. 24. Holotliuria tufoulosa Lamarck, Hist. nat. des anim. sans vert., éd. 1, t. III, p. 75 (Fistidaria). — Blaiville, Man. d'Aclinol., p. 292, pi. 12 {Uololhuria). — Beltrémieux, Faune de la Char. - Infér., p. 91. — Dujardin et Hupé , Zooph. Echin., p. 617. — List of the British mar. invert. Fauna (Dredging Commitlee), p. 49. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure). — Baie du Sud (Gironde). — Biarritz, Guétary (Basses-Pyrénées). Obs. 1. Grande et belle espèce d'Holothurie, commune dans la Médi- terranée. Nous l'avons vue vivante à l'aquarium d'Arcachon. Elle se retrouve sur les côtes du nord de l'Espagne (Quatrefages). Obs. 2. Les Holothuries de nos rivages n'ont pas été assez étudiées; on doit découvrir un grand nombre d'espèces. M. Beltrémieux indique à La Rochelle les Holothuria squamata et viltata; mais ces noms s'appli- quent certainement à des espèces très-différentes. CUCUMARIA Cuvier. 25. Cucumarla pentactes Muller, Zool. Dan., Prodr. 2806, Tab. 31, fig. S (Holothuria). — Lamarck, Hist. nat. des anim. sans vert., éd. 1, t. III, p. 73 (Holothuria). — Forbes , British Starf., p. 213 (Cucumaha).— Dujardin et Hupé, Zooph. Echin., p. 621. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure). — Noirmoutiers (Vendée). ( 374 ) Obs, La même espèce vit sur les côtes du nord de l'Espagne. Faut-il en distinguer le Cmumaria Dicquemarei Jœger (La Fleurilarde, Dicque- mare , Journ. de Phys.. 1778, pi. 1, fîg. 1), des environs du Havre (Seine-Inférieure), qui ne présente que quatre rangées de tubercules au lieu de cinq? SYNAPTA Eschscholtz. 26. Synapta iiiluei-ens Muller , Zool. Dan., pi. 31, fig. 1-4 [Holo- thuria). — Lamarck, Hist. nat. des anim. sans vert. , éd. 1 , t. III, p. 74. — Dujardin et Hupé, Zooph Echin., p. 614 (Synapta). — Woodward et L. Barrelt, Proceed., Zool. soc. 1858, p. 363, pi. 14, fig. 18-22. Hab. Bassin d'Arcachon , sur les bancs de sable, près de l'embou- chure. Obs. Espèce plus petite que la suivante et très-adhérente. Elle a été indiquée sur les côtes de Scandinavie, de la Grande-Bretagne et dans la Méditerranée. Le Synapta Duvernœana Quatrefages (Ann. des Se. nat., 2 e série, t. XVII, 1842, p. 19 , pi. 24) , paraît être très-voisin de cette Synapte et lui est réuni par plusieurs auteurs. Nous avons trouvé une Synapte qui adhérait si fortement à un petit poisson, que celui-ci n'avait pu s'en dégager. 27. Synapta digitata Montagu, Act. Soc. Linn., t. XI, p. 22, pi. 4 , fig. 6 (Hololhuria). — Lamarck, Hist. nat., anim. sans vert., éd. 1, t. III. pl. 76 [Fislularia ). — Forbes, British Starf. , p. 239 (Chirodota). — Dujardin et Hupé, Zooph. Echin, p. 615 [Synapta). — Woodward et L. Barrelt, Proceed. Zool. soc. 1858, p. 361. pl. 14, fig. 1-17. Hab. Bassin d'Arcachon à Eyrac, dans le sable, à 30 centimètres de profondeur. C. — Banc-Blanc, à l'embouchure du bassin d'Arcachon (Gironde\ — Ile Dieu (Vendée). Obs. Cette Synapte est très-répandue dans les mers d'Europe; elle a été trouvée sur les côtes d'Angleterre, d'Irlande, du nord de l'Espagne, de la baie de Yigo , de la Méditerranée , de l'Adriatique . etc. Belle espèce qui atteint jusqu'à 30 centimètres de longueur; le corps est rosé , chargé de taches d'un brun-fauve et de points blanchâtres. Les tentacules sont blancs, très-courts, au nombre de 12; chacun d'entre eux se termine par quatre digilations cylindriques. Le système ( 375 ) musculaire est extrêmement énergique; l'animal se mutile spontané- ment; il adhère à peine aux doigts. Les ancres et les plaques des téguments sont semblables à celles que Woodward et Barrett ont figurées dans leur Mémoire. C'est à l'intérieur du Synapta digitala que J. Muller a découvert à Trieste le singulier mollusque parasite qu'il a appelé Entoconcha mira- bilis , et que M. Baur rapproche des Gastéropodes apneustes. Les Ento- concha ne seraient que les larves de Y Helicosyrinx parasilica; celui-ci est l'animal adulte, déformé par le parasitisme et réduit à l'étatde boyau cylindrique. Il serait intéressant de retrouver les Entoconcha ou Helicosyrinx à Arcachon , où le Synapta digitala est très-commun. DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE Les Échinodermes, à cause de leur taille et des nombreux travaux dont ils ont été l'objet depuis plusieurs années , sont plus connus que la plupart des animaux inférieurs. Leur distribution géographique est assez précise (1). Sur les 27 espèces des côtes du sud-ouest de la France , 22 se retrou- vent dans la Méditerranée , ce sont : Comalula Mediterranea. . (Forbes). Ophioderma lacertosa. . . (Forbes). Ophioglypha texturata.. . (Forbes). Ophiolhrix fragilis (Forbes). Amphipholis neglccta. . . (Forbes). Ophiocnida brachiata. . . (Sars). Luidia ciliaris (Philippi). Asleracanthion glacialis . (Forbes). Cribrella seposila (Risso). Asleriscus gibbosus .... (Grùbe). Palmipes membranacens. (Forbes). Echinus Flemingi (Fischer). Spliœrec/iinus granularis (Dujardin et Hupé). Toxopneusles lividus . . . . (Forbes). Spatangus purpureus. . . ( Forbes). Amphidelus cordalus. . . . (Agassiz). gibbosus. . . . (Agassiz). Echinocyamus pusillus. . (Forbes). Hololhuria lubulosa. . . . (Forbes). Cucutnaria pentacles. . . . (Forbes). Synapta inhœrens (J. Muller). (J. Muller). (I) Voir, pour la distribution géographique des Échinodermes, les ouvrages sui- vants sur la faune méditerranéenne : Forbes, lieport of the Mollusca and Radiala of Ihe JEgean sea (1844). Requien, Catalogue des coquilles de l'île de Corse { 1848). Grùbe, Die Insel Lussin und ihre Meeresfauna (1864). Sars , Midd. lilt. Faun. in nyl Mag. ofnalurv. (1857). Ainsi que les ouvrages plus anciens de Risso , Délie Chiaje, etc. ( 376 ) Les espèces de nos côtes qui manquent jusqu'à présent dans la Médi- terranée sont : Aslropccten aranciacus... Représenté par une forme très-voisine, VA. cre- naster Dujardin. Asteracanlhion rubens... Vit peut-être dans la Méditerranée, où il a été signalé par Risso et Requien. Asteracanlhion violaceus. Echinus sphœra. Psammechinus miliaris... Cité par Requien sur les côtes de Corse , mais paraît être le P. pulchellus Agassiz. Les espèces de nos côtes qui manquent sur les côtes d'Angleterre sont : Ophioderma lacerlosa. Cribrella seposita. Sphœrechinus granulahs. Notre faune est donc à-peu-près mixte, sa physionomie serait même plutôt boréale. è F0RAMIN1FERES MARINS DU DÉPARTEMENT DE LA GIRONDE ET DES COTES DU SUD-OUEST DE LA FRANCE Par le D r Paul FISCHER , correspondant. AVANT- PROPOS Les Foraminifères ont été étudiés avec prédilection par À. d'Orbigny qui signala, dès 1826, un certain nombre d'espèces des côtes de France (1). Une grande partie de la carrière scientifique du célèbre naturaliste a été consacrée à l'étude de ces petits êtres qui portent encore le nom sous lequel il les a désignés; on peut dire qu'il les a retirés du chaos dans lequel ils étaient plongés et qu'il a dévoilé leur importance et leur profusion dans la nature (2). D'Orbigny a été toujours porté à multiplier les espèces; le polymor- phisme des Foraminifères lui a permis de satisfaire cette tendance de son esprit; néanmoins, i\ fut obligé de reconnaître un fait contradic- toire avec ses conclusions sur l'apparition successive des animaux; c'est que plusieurs espèces actuelles avaient vécu dans les diverses couches tertiaires, tandis qu'il serait difficile de trouver des mollusques éocènes analogues aux formes récentes, et impossible de montrer un seul Echi- noderme , Cruslacé ou Vertébré rigoureusement identique. Toutes les espèces indiquées dans le Tableau méthodique de d'Orbigny n'ont pas été décrites; l'auteur comptait les publier dans son grand ouvrage sur les Céphalopodes, mais ce vœu n'a pas été réalisé. Il était (1) Tableau méthodique de la classe des Céphalopodes (Ann. des se. nat. 1826). (2) Faune des îles Canaries (1839). — Histoire physique et politique de Vile de Cuba (1839). — Foraminifères (ossiles du bassin de Vienne (1846), etc. Tome XXVII. 29 ( 378 ) donc difficile de reconnattre les formes indiquées par d'Orbigny sur les côtes de France; nous avons pu cependant y arriver par l'examen de sa collection. Les matériaux de ce Catalogue proviennent des draguages de MM. La- font et de Folin , ainsi que de nos recherches sur les côtes du sud-ouest de la France (1). CHAPITRE I e '. RÉPARTITION ET CLASSIFICATION DES FORAMINIFÈRES . La révision des espèces nous a été facilitée par le bel ouvrage de Williamson (2) sur les Foraminifères des côtes d'Angleterre, que nous avons pris pour guide , quoique la synonymie présente de nombreuses imperfections relevées par MM. Parker et Rupert Jones (3); mais l'excel- lente exécution des figures auxquelles nous renvoyons permettra tou- jours de reconnaître nos espèces. Quant à la distribution géographique, elle n'existe pas encore. On connaît l'immense étendue des fonds de la mer, où se déposent les orga- nismes microscopiques; par conséquent, les Foraminifères échappent aux influences du littoral qui déterminent la distribution géographique des animaux plus élevés. Il semble, dans beaucoup de cas, que la pré- sence des mêmes espèces dans toutes les mers soit la règle , et leur loca- lisation , l'exception. Presque toutes les espèces de l'Océan d'Europe se retrouvent dans la Méditerranée (4), reparaissent aux Canaries et vivent même dans les mers tropicales. Celte dissémination des espèces est d'ail- leurs en rapport avec leur extension dans le temps, comme le prouve l'examen des Foraminifères tertiaires. (1) Nous avons trouvé un grand nombre de Foraminifères dans les sables des rivages de la France, rassemblés par M. Delesse afin de dresser la carte minéralogique de nos côtes. Tous ces documents , précieux par leur nombre et l'exactitude des prove- nances, ont été soumis à notre examen. (2) On Ihe récent Foraminifera of Ihe Great Brilain (1858). (3) On Ihe nomenclature of Foraminifera (Ann . of nat hist.,ann. 1859 elseq.) — A monograph of Ihe Foraminifera of ihe crag , by Rupert Jones , Parker and Brady. (Palaeontogr. Soc. 1866). (4) Outre les ouvrages de Beccari, Plancus, Soldani, etc , voir : Williamson. On some of ihe microscopical objects found in the mud of Levant (Mem. of the litt. and philos Soc. of Manchester, 1847). ( 379 ) Et cependant, plusieurs genres sont particuliers aux mers chaudes: d'autres, abondants dans la Méditerranée, n'atteignent jamais nos rivages. Il existe donc , peut-être, une loi de répartition des Foraminifères. Mal- heureusement, ces petits corps ont été étudiés sur trop peu de points à la fois, pour qu'on puisse poser aujourd'hui les bases de cette partie de la science. Tout ce que l'on peut inférer de l'examen des Foraminifères de nos côtes se réduit à celle proposilion, qu'ils sont généralement représentés dans les mers plus froides qui baignent les îles Britanniques. L'abondance des Lagena et Enlosolenia donne à la Faune française, comme à la Faune anglaise , une physionomie spéciale; en effet, ces deux genres de Foraminifères abondent dans les mers froides au voisi- nage des deux pôles; on retrouve aux îles Malouines, sur les côtes de Patagonie, des espèces représentatives de celles de nos rivages du nord de l'Europe; pareil phénomène a été observé pour les mollusques, et c'est ainsi que les genres Punclurella, Margarila, Cyamium vivent, aux pôles opposés sans présenter des stations intermédiaires dans les mers tempérées et chaudes. Nos Foraminifères ont donc un aspect boréal; quoique la plupart de leurs espèces soient signalées dans la Méditerranée, néanmoins cette mer est caractérisée par l'exislence et l'abondance de plusieurs genres que nous n'avons jamais trouvés sur les côtes du golfe de Gascogne ; tels sont les Peneroplis , Vertebralina, Dendhlina, Adelosina, etc. Enfin, les genres communs dans les régions tropicales n'ont jamais été dragués dans nos mers; tels sont les Operculina, Orbitoliles, Calca- rina , Alveolina, Amphisl egina , Helerostegina, etc. Ces exemples donnent à supposer qu'on ne peut établir les caractères de régions que d'après les genres , et que plusieurs de ceux-ci semblent se localiser dans les mers froides, tempérées et chaudes. La considéra- tion des espèces pour arriver à la répartition géographique est actuelle- ment impraticable, à cause de la difficulté de limiter, et par conséquent de comprendre l'espèce elle-même. Parmi les rares espèces qu'on n'a pas encore signalées sur les côtes d'Angleterre et qui ont été draguées sur nos côtes, nous signalerons quelques Nodosaria et Dentalina, le Nonionina siellifera , appartenant à la Faune des Canaries; les Planorbulina Ungeriana et Polymorphina compressa, espèces des faluns et du crag. Mais le plus remarquable de ces Foraminifères est le Clavalina communis , forme de la Méditerranée, ( 380 ) fossile dans les faluns, el qui représente dans nos mers un genre des régions chaudes. La structure des animaux des Foraminifères a été mise en lumière par Dujardin (1) en 1835; tout le monde sait que leur ressemblance avec les Céphalopodes n'est fondée que sur la forme de leur enveloppe testacée. Les Foraminifères, par la simplicité de leur structure, l'absence de tube digestif proprement dit, la composition élémentaire de leur tissu (sarcode), ne se rapprochent que des Infusoires et des Spongiai- res (2). Mais il est au moins singulier que leur test ait pris les formes les plus variées des mollusques Céphalopodes et Gastéropodes; on dirait une tentative d'imitation d'animaux plus élevés, faite par les êtres les plus inférieurs. Dans l'agencement de leurs enveloppes, les Mollusques comme les Foraminifères ont dû être soumis à une tendance analogue. Ne voit-on pas de même les Mammifères didelphes développer, reproduire la série des monadelphes? La paléontologie ne nous montre-t-elle pas chez les Reptiles des séries en quelque sorte parallèles à celles des Mammifères? Ces faits, que nous appellerions volontiers des répétilio?is morphologiques , doivent imposer une grande réserve pour la classifica- tion zoologique des restes d'animaux invertébrés conservés dans les cou- ches les plus anciennes. Nous aurions voulu adopter, pour la répartition des genres, l'ordre proposé par d'Orbigny (3); ses divisions fondamentales ont le grand mé- rite d'être simples et d'une application facile; mais elles ne sont que très-artificielles, à cause même de leur principe. D'Orbigny, pour les Foraminifères, comme pour les Bryozoaires, attache une importance prépondérante au groupement apparent des loges ; il s'inquiète peu de la nature de ces loges, de leur structure, de leur disposition intérieure. Aussi, es ordres ont à la fois les avantages et les inconvénients d'un syslème exclusif. Ils rendent facile la détermination d'un Foraminifère; mais ils associent des êtres très-différents ou éloignent des êtres très-proches. Les recherches récentes de M. Carpenter (4), sont dirigées dans une (1) Recherches sur les organismes inférieurs ( Ami. des se. nat 1835). — Obser- vations nouvelles sur les Céphalopodes microscopiques (Bull, soc se. nat. 1855). (2) D'après M. Ctrpenter, les Rhizopodes se divisent en trois groupes : i° Lobosa, 2" Radiolaria, 5° Reticulosa- Le groupe des Reliculosa se subdivise en Gromida et Foraminifera. (3) Dans la brochure intitulée : Modèles des Foraminifères vivants el fossiles ( 1 843), «l dans le Cours élémentaire de Paléontologie , t. 11 (1852). (4) Introduction lo thesludy of Foraminifera (1862). I ( 381 ) voie opposée; Pauleur est guidé par les principes de la méthode natu- relle et par l'analyse minutieuse du test des Foraminifères. Il divise ceux-ci en perforés et imperforés, suivant que leur coquille est percée de trous pour le passage des pseudo-podes ou qu'elle n'en présente pas. Chacun de ces ordres est subdivisé en familles. Pour montrer les différences des deux classifications, nous avons réparti les genres de Foraminifères de nos côtes parallèlement, suivant l'ordre adopté par d'Orbigny et celui que propose M. Carpenter : CLASSIFICATION DE D'ORBIGNY. CLASSIFICATION DE CARPENTER. monostégdes. Ctclostégiibs. Stichostégues. Orbulina. Einosolenia. Lagena. Nodosaria. Denlalina. Vaginuiina. Cri>tellaria. Nonionina. Polystomella. Liluola. Rotalia. Pulvinulina. Globigerina. Planorbulina. Truncatulina. Rulimina. Uvigerina. Cluvulina. iMPERFOnATA. Miliolidae. [ Cornuspira. Lagenidae Pereorata Enïomostégues _ . ( Polvmorphina hNALLOSTEGUES.. Texlu)a ; ia _ Biloculina. Aliliola. Spiroloculina. Cornuspira. Agatmstégles. Miliola. ') Spiroloculina. f Biloculina. Lituolidae Liluola. Lagena. Entosolenia. Nodosaria. Dentalina. Vaginuiina. Cristellaria. Polymorphina Uvigerina. Orbulina. Globigerina. Texiularia. .Clavulina. Globigerinidœ(Bulimina. Planorbulina. Truncatulina. Pulvinulina. Rotalia. Polystomella. (.Nonionina. Nummulinidœ Les naturalistes anglais, qui ont travaillé avec beaucoup de patience à la détermination des Foraminifères, sont frappés de la difficulté que présente la limitation de l'espèce dans ce groupe zoologique. De nombreux exemples , ditM.Williamson, montrent qu'il est impos- sible d'en donner rigoureusement les caractères ; le test des Foraminifères n'élanl pas un élément suffisant pour tracer la séparation spécifique. La direclion de l'accroissement des coquilles, le mode de sculpture exté- rieure subissent l'influence de l'âge et des circonstances locales ; de là , dus dissemblances entre les différents degrés de développement d'un ( 382 Q individu, et dont l'importance n'est pas comparable à ce que l'on voit chez les Mollusques, par exemple. D'Orbigny a élevé toutes les formes tranchées au rang d'espèces, mais il ne paraît pas se douter des innombrables intermédiaires qui relient ces formes entr'elles. Dans une région limitée, on arrive à distinguer spéci- fiquement des Foraminifères; mais, dès qu'on étend ses recherches, les formes intermédiaires se multiplient et créent des difficultés insurmon- tables aux naturalistes nomenclateurs. II est cependant probable que l'espèce existe , quoique nous ne possé- dions pas le critérium spécifique. Comme conséquence , M. Williamson attache peu de valeur aux Fora- minifères pour déterminer les relations entre les provinces zoologiques, et pour identifier des dépôts stratifiés, attendu que les formes les plus diverses peuvent avoir eu une origine commune et présenter une iden- tité d'espèce, plutôt que la diversité de formes n'indique la diversité d'espèces. MM. Parker et Rupert Jones, en essayant de donner aux espèces des mers d'Angleterre une limite large, mais aussi rigoureuse que possible, sont arrivés à composer le tableau suivant, qui est la synonymie des espèces admises par M. Williamson. Il faut remarquer toutefois que celui-ci dit expressément qu'en employant la nomenclature binaire, il n'a voulu indiquer que des types spéciaux de forme, et nullement des espèces telles qu'on les comprend chez les Mollusques ou d'autres animaux plus parfaits. ESPÈCES de Williamson. TYPES de Parker et Jones. Orbulina universa Orbulina universa d'Orbigny. Laeenavulgaris, Entosolenia globosa, E.cos-) , , „, „ D > Lagena sulcata Walker. tata, E. marginata, E. squamosa ) Lingulina carinata, Nodosaria radicula, N.j pyrula, Denlalina subarcuala, D. legumen.f . . . 1 3 ' / INodosana rapnanus Lime. Frondicularia spalhulata, F. Archiaciana ,1 Cristellaria calcar, C. subarcua'ula ] Nonionina Barleeana, N. crassula , Polysto-\ mella crispa, P. umbilicatula, Rotalinaj Polystomella crispa Linné. lurgida ) Proteonina fusiformis , • P. pseudospiralis,) _ ., . ... .. , mi ,„ nU \ Lituola nautiloidea Lamarck. Nonionina Jeffreysi ) Nonionina elegans, Nummulina planulata. . Nummulina planulata Lamarck. Peneroplis planatus Peneroplis planatus Mont for t. ( 383 ) ESPÈCES de Wiixiamson. TYPES de Parker et Jones. Patellina corrugata Patellina concava Lamarck. Rotalina Beccarii, R. nitida Rotalia Beccarii Linné. Rotalina inflata, Spirillina arenacea Trochammina squama ta Parker. Rotalina oblonga, R. concamerata Pulvinulina repanda Fichlel. Rotalina mamilla, R. ochracea Discorbina turbo d'Orbigny. Rotalina fusca Valvulina triangularis d'Orb. Globigerina bulloides Globigerina bulloides d'Orb. Planorbulina vulgaris, Truncatulina lobatula. Planorbulina farcta Fichlel. Bulimina pupoides, B. elegantissima Bulimina Presli Reuss. Uvigerina pygmsea, U. angulosa . Uvigerina pygmeea d'Orbigny. Cassidulina laevigata, C. obtusa Cassidulina \ee\igaVd d'Orbigny. Polymorphina lactea , P. myristiformis. . . . Polymorphina lactea Walker. Texlularia cuneiformis, T. variabilis, Buli-) , Textularia agglutinans d'Orb. mina arenacea ) Biloculina ringens , Spiroloculina depressa,] Miliolina trigonula, M. seminulum, M. bi-> Miliola seminulum Linné. cornis \ Vertebralina slriata . Vertebralina striata d'Orbigny. Spirillina foliacea Cornuspira foliacea Philippi. Spirillina perforata , S. margaritifera Spirillina vivipara Ehrenberg. Les 59 espèces de Williamson sont ainsi ramenées à 24 espèces ou types de Parker et Jones. Quant aux espèces de notre littoral , nous les avons distinguées dès qu'elles nous ont paru posséder des caractères constants; mais nous n'y attachons qu'une importance secondaire, tant nous sommes pénétré de la difficulté des distinctions spécifiques chez les Foraminifères. Pour déterminer une espèce, on est obligé d'examiner des centaines de spéci- mens; cet examen conduit à comprendre l'espèce dans un sens très- large et à se défier de l'exactitude de ses limites. CHAPITRE II. REPRODUCTION DES FORAMINIFÈRES. Les Foraminifères , à leur première période, se ressemblent tous; ils consistent en un globule sarcodique qui se revêt d'une loge calcaire sphérique. Telle est, en effet, la première loge des Nummulites, Textu- laria , Globigerina, Miliola, etc. L'agencement de la deuxième loge, ( 384 ) par rapport à la première a , nous le supposons , une influence décisive sur la morphologie du Foraminifère. Cette deuxième loge se moulera sur une expansion sarcodique de même forme que le globule primordial et produite par une véritable gemmation ; celle-ci , à son tour, donnera naissance à un troisième globule sarcodique , et ainsi de suite. Le Foraminifère est donc un animal simple lorsqu'il est formé d'une seule loge (Orbulina, Lagena), et un animal composé dès qu'il compte plusieurs segments (1), ce qui est en opposition complète avec l'opinion de d'Orbigny, qui reconnaissait dans tous les Foraminifères des êtres à existence individuelle toujours distincte. Il est tellement facile d'arriver de ['Orbulina, animal simple, auGlo- bigerina, animal composé, et du Lagena, animal simple, aux Ventalina et Nodosaria, animaux composés, qu'on ne peut s'expliquer sur quelles données s'appuyait d'Orbigny pour repousser l'aggrégation chez les Fora- minifères. Le dernier segment sarcodique d'un Foraminifère doit arriver à son volume définitif avant d'être recouvert d'une lame calcaire; sans cette disposition, on ne comprendrait pas la formation de la dernière loge, qui est presque toujours plus ample que les précédentes.. La reproduction par gemmation n'est donc pas douteuse chez les Fora- minifères; la reproduction par scissiparité (2), existe également chez ces petits êtres. M. AVilliamson a figuré, en effet, un Enlosolenia squa- mosa dont la loge est divisée profondément en deux segments et pré- sente deux ouvertures distinctes (Fig. 32 a) ; chez un Denlalina subar- cuata la loge primordiale est également double (Fig. 41 a); chez un Dentalina legumen, la loge primordiale pourvue de deux ouvertures a donné naissance à deux colonies divergentes entées chacune sur un des segments de cette première loge (Fig. 49). Cette scissiparité s'est effectuée avant que le Foraminifère ait possédé son enveloppe calcaire, et alors qu'il était semblable à un Infusoire , puisque l'incrustation calcaire ne se dépose que lorsque le globule sar- codique est constitué. (1) Les Milioles, ainsi que la plupart des Imperforés, auraient plutôt l'apparence d'animaux simples; les pseudopodes étant réunis en un seul groupe et sortant par une ouverture unique. (2) La scissiparité des Rhizopodes a été constatée directement chez les Aclino- phry$ parClaparède. ( 385 ) Nous avons vu d'autres exemples de scissiparité, lesquels n'affec- taient plus la loge primordiale, mais des loges beaucoup plus avancées en âge. Chez un Peneroplis planalus, la vingtième loge environ s'est subdivisée : un des segments a donné naissance à une série de loges qui ont suivi l'enroulement normal, et l'autre a fourni des loges superposées directement et constituant une colonne analogue à celle des Lituola. Chez un autre Peneroplis également divisé, la série anormale de loges a la même disposition que la série normale, mais elle décrit une courbe en sens contraire; de telle sorte, que le Foraminifère anormal semble composé de deux Peneroplis soudés symétriquement par leurs bords dorsaux. Ces exemples donnent à penser que la scissiparité dont nous ne con- naissons que des cas incomplets peut être complète, soit dans la pre- mière période du Foraminifère, soit lorsque la colonie a acquis tout son développement, et dans ce cas , le globule sarcodique qui sera recouvert par la dernière loge se divisera de même que le globule primordial : nouvelle preuve de l'état d'aggrégation des Foraminifères polythalames. Dès-lors, on comprend facilement que des fragments de lest de Fora- minifères aient pu vivre, réparer leur loges , les multiplier et reconstituer une coquille à-peu-près semblable à celle des colonies normales. C'est ainsi que des morceaux détachés de disque di 1 Orbitoliles ont été reparés et ont formé un lest extérieurement normal comme apparence et comme dimension (1). Quant à la reproduction par œufs , elle n'est plus douteuse depuis les travaux de Carter, de S. Wrigth, de Schultze, etc. Certains Foramini- fères sont peut-être vivipares (Spirillina). CHAPITRE III. CATALOGUE DES FORAMINIFÈRES DU SUD-OUEST DE LA FRANCE. SOUS-ORDRE I. IMPERFORATA Carpenter. CORNUSPIRA Schultze. 1. Corimsinra foliacea Philippi , Enumer. Moll. sicil. t. II, p. 147, p|. 24, fig. 2b(Orbis).— Williamson, British Foramiu.. p. 91 , fig. 199-201 (Spirillina). — Carpenter, Inlrod. lo the sludy of the Foraminifera , p. 68 (Corntispira). I, Carpenter, Inlrod. lo Ihc sludu of Foramin., pi. i, fig. 27. ( 386 ) Hab. Sable de fond entre l'île Dieu el l'île de Noirmouliers (Vendée). Obs. Nous avons trouvé quelques individus de ce singulier Foramini- fère, considéré par Philippi comme un Mollusque. Les vrais Spirillina ont un test arénacé. Le type du genre, Spirillina vivipara Ehrenberg, n'est pas rare dans les sables de nos côtes de la Manche. MILIOLA Lamarck. 2. Miliola trifjonula Lamarck , Syst. des animaux sans vert., p. 622 (Miliolites). — Lamarck, Encycl. méth., pi. 469, fig. 3. - D'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal., p. 299, pi. 16, fig. 5-9 (Triloculina). — Williamson, British Foramin,, p. 84, fig. 180- iM (Miliàlina). Triloculina flavescens d'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal., p. 300. Hab. Toutes nos côtes dans les sables de fond. Obs. Tout en identifiant, comme M. Williamson, l'espèce actuelle avec celle du bassin de Paris décrite par Lamarck, nous croyons que l'assimilation du Miliola trigonula avec le Vermiculum subrotundum de Montagu n'est pas exacte. Ce dernier appartiendrait à la forme Quin- queloculina. 3. Miliola seminulum Linné, Syst. nat.. éd. 12 e , p. 1264 (Scr- pula). — D'Orbigny. Tabl. méth. Céphal., p. 303 (Quinque- loculina).— AYilliamson , Brit. Foramin., p. 85, fig. 183-185 (Miliolina). j3 Quinqiieloculina secans d'Orbigny, Tabl. méth. Céphal.. p 303. Vermiculum disciforme Mac Gillivray, Moll. Aberd., p. 37. Hab. Toutes nos côtes. C. — Gijon (Asturies). 4. Miliola subrotund a Montagu , Test. Brit., p. 521 (Vermicu- lum). — D'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal., p. 302. Hab. Toutes nos côtes, dans les sables de fond. Obs. Nous rapportons à l'espèce de Montagu , les Milioles en forme de disque, larges, à segments arrondis et renflés, et à cinq loges appa- rentes. Elles ne constituent pour nous qu'une variété globuleuse du Miliola seminulum. 5. Miliola oblong a Montagu , Test. Brit., p. 522, pi. 14, fig. 9 (Vermiculum). — D'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal., p. 300 ( Triloculina ). — Rupert Jones, Parker, Brady, Crag Foramin., p. 7, pi. 3, fig. 31-32. ( 387 ) Triloculina Chemnitziana d'Orbigny, Foram. des Canaries, pi. 3, fig. 49-21. — Lafont , Note pour servir à la Faune de la Gironde, p. 14, n° 2. Miliolina seminulum var. Williamson , British Foramin., p. 86, fig. 186-187. Hab. Tous les grands fonds du golfe de Gascogne. Commun dans les sables du rivage. 6. IWiliola Marise d'Orbigny, Foramin. foss. du bassin lert. de Vienne, p. 300, pi. 20, fig. 13-15 (Quinqueloculina). Quinqueloculina Ferussaci R. Jones , Parker et Brady , Crag Fora- minifera, p. 12, pi. 4, fig. 4. Hab. Golfe de Gascogne, à différentes latitudes, dans le sable de fond. Obs. Celte espèce n'est autre chose que le Miliola seminulum à plu- sieurs carènes et à ouverture placée à l'extrémité d'un rostre. Peut-être devra-t-on la rapporter au Miliola bicornis Walker (Williamson, fig. 190- 196) et principalement à la variété angulata. Le type du Miliola bicor- nis Williamson vit dans les eaux de la Bretagne. Le Quinqueloculina Ferussaci d'Orbigny (Ann. des se. nat., vol. VII, p. 301, n° 18. — Modèles n° 32) diffère très-peu de notre espèce et peut être considéré comme son ancêtre. Quelques exemplaires sont contournés et tendent à prendre la forme à'Adelosina. SPIROLOCULINA d'Orbigny. 7. Spiroloculina nitida d'Orbigny, Tabl. mélh. des Céphal., p. 298. Spiroloculina depressa Williamson, British Foramin., p. 81, fig. 177,179. Spiroloculina canaliculata Ru pert Joncs, Parker, Brady, Crag Fora- min., p. 16, pi. 3, fig. 39-40. Hab. Côtes de la Charente-Inférieure. — Golfe de Gascogne dans les sables de fond. Obs. M. Williamson identifie les Spiroloculina depressa et nilida d'Orbigny ; la première de ces espèces habite la Méditerranée , la seconde l'Océan; leurs différences sont peu appréciables. ( 388 ) BILOCULINA d'Orbigny. 8. Biloculina 3»ulloiu>s d'Orbigny, Tabl. nié th. des Cépli., p. 297, pi. 16, fig. 1-4. — D'Orbigny, Modèles de Foram., n°90,2*éd., p. 18. Biloculina ringens Williamson , Brit- Foram., p 78, fig. 169-170. — Rupert Jones, Parker, Brady, Crag Foramin., p. 5, pi. 3, fig. 26-28. Hab. Dragué au large du Bassin d'Arcachon (Lafont). 9. Biloculina deprcssa d'Orbigny, Ann. des se. nat., vol VII, p. 298. — D'Orbigny, Modèles de Foram., p. 18, n° 91. — Rupert Jones, Parker, Brady, Crag Foram., p. 6, pi. 3. fig. 29-30. Biloculina ringens var. Williamson, Brit. Foram., p. 79, fig 172, 174. Hab Sables de fond , pris entre l'île Dieu et l'île de Noirmoutiers. LITUOLA Lamarck. 10. Lituola Canariensis d'Orbigny, Foram. des Canaries, p. 128, pi. 2 , fig. 33-34 (Nonionina). — Lafont, Note pour servir à la Faune de la Gironde, p. 14, n° 4. Nonionina Jefl'reysi'SYiWIaimson, Brilish Foramin., p. 34, fig. 72-73. Hab. Dragué au large du Bassin d'Arcachon (Gironde). — Aiguillon, île de Noirmoutiers (Vendée). Obs. Celte espèce nous semble très-voisine du Nonionina Jeffreysi Williamson (Brit. Foram., p. 34, fig. 72-73), provenf.nl des régions septentrionales des mers de la Grande Bretagne. — Des fragments ou des exemplaires incomplets du même Foraminifère constituent les Pro- teonina fusiformis et pseudospiralis de Williamson (Brilish Foramin., fig. 1, 2 et 3). Nous n'avons jamais vu la forme Lituola à l'état typique , mais bien la forme Nonionina; le test est irrégulier, agglutinant. SOUS-ORDRE II. PERFORATA Carpenter. LAGENA Walker. 11. Iiagena Uevis Montagu, Test. Brit., p. 524 (Vermiculnm). Lagena vulgaris Williamson , British Foramin., p. 3 , fig. 5-6. ( 380 ) Hab. Golfe de Gascogne, dans les sables de fond (de Folin ), — Entre l'île Dieu et l'île de Noirmoutiers (Vendée). 12. Ijagcna striât a Walker, Test, min., p. 2, pi. 1, fig. 6 (Ser- pula). — Montagu , Test. Brit., p. 523 (Vermiculum). Lagena vulgaris var. Williamson, British Foramin., p. 6, fig. 10. Hab. Entre l'île Dieu et l'île de Noirmoutiers ( Vendée). Obs. M. de Fulin a recueilli cette espèce dans des sables de fond des côtes du Morbihan et de la Loire-Inférieure, en compagnie des formes suivantes qui ne sont que des variétés : Lagena semistriala (Williamson , fig. 9), et Lagena gracilis (Williamson, fig. 12-13). ENTOSOLENIA Ehrenberg. 13. Fialosoienia «jiobosa Walker, Test, min., p. 3, pi. 1, fig. 8 (Serpula). — Montagu, Test. Brit., p. 523 (Vermiculum). — Williamson , Brit. Foramin., p. 8, fig, 15-16 (Entosolenia). Hab. Entre l'île Dieu et l'île de Noirmoutiers (Vendée). Obs Ce Foraminifèie ne paraît être autre chose qu'un Lagena lœvis, dont le tube est renversé à l'intérieur du lest. Le genre Entosolenia est donc un état particulier du genre Lagena. 14. F.ntosolciiia costata Williamson, British Foramin., p. 9, fig. 18. Hab. Avec l'espèce précédente. Obs. Cette espèce est la forme Entosolenia du Lagena slriata. 15. Entosolenia niarginata Montagu, Test. Brit., p. 524 (Ver- miculum). — Williamson, British Foramin., p. 9, fig. 19-28 (Entosolenia). Oolina compressa d'Orbigny, Foramin. foss. du bass. tert. de Vienne, p. 23, pi 21, fig. 1-2. Hab. Avec l'espèce précédente. Obs. L'Oolina compressa d'Orbigny est identique avec l'espèce de nos mers. Elle provient des îles Malouines. NODOSARIA Lamarck. 16. Xodoaaria rajpliaitiiM Linné, Syst. nat., éd. 10, p. 711 (Nau- lilus). — R. Jones, Parker, Brady, Crag Foraminifera, p. 49, pi. 1, fig. 4,5, 22, 23 (iVodosarw). ( 390 ) Dentalina subarcuata (pars) Williamson, British Foraminifera , fig. 43, 44. Hab. Golfe de Gascogne (de Folin). 47. liodosaria pyrula d'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal., p. 85, n° 13. — Williamson, British Foramin., p. 17, fig. 39. Hab. Golfe de Gascogne (de Folin). DENTALINA d'Orbigny. 18. Dentalina inornata d'Orbigny, Foramin. fossiles du bassin terliaire de Vienne, p. 40, pi. 1, fig. 50-51. Dentalina subarcuata Williamson, British Foramin. (pars), p. 18, fig. 40- il . Hab. Sables de fond , entre l'île Dieu et l'île de Noirmouliers (Vendée). Obs. Le type du Dentalina subarcuata de Williamson est le D. inor- nata d'Orbigny. 19. Dentalina communia d'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal. \ Ann. des se. nat., t. VII, p, 254, n° 35. Dentalina fdiformis Beuss , Silzungsb. akad. Wien, pi. 3, fig. 8. Hab. Golfe de Gascogne (de Folin). 20. Dentalina ohliquestriata Beuss, Zeitschr. Deutschl., Geol. ges , t. III, p. 63, pi. 3, fig. 11-12. — B. Jones, Parker, Bracly, Crag Foramin., p. 56, pi. 1, fig. 19. Hab. — Golfe de Gascogne (de Folin). 21. Dentalina nauperata d'Orbigny, Foramin. foss. du bassin de Vienne, p. 46, pi. 1, fig. 57-58. Hab. Golfe de Gascogne (de Folin). VAGINULINA d'Orbigny. 22. Va» inulina linearis Montagu, Test. Brit. suppl., p. 87, pi. 30. fig. 9 (Nautilus). — Bupert Jones. Parker, Brady, Crag Foram.. p. 67. pi. 1, fig. 10-12 ( Vaginulina). Dentalina legumen var. Williamson, Brit. Foramin., p. 23, fig. 46, 48. Hab. Golfe de Gascogne (de Folin). (391 ) CRISTELLARIA Lamarck. 23. Cristcllaria crepidtala Ftchtel et Moll, Test, micr., p. 107, pi. 19, fig. g , h, i (Naulilus). Cristellaria subarcuatula Montagu, Test. Brit. suppl,, p. 80, pi. 19, fig. 1 (Naulilus). — Williamson, British Foramin., p. 29, fig. £6-67. Hab. Golfe de Gascogne (de Folin). — Gijon (Asturies). POLYMORPHINA d'Orbigny. 24. Polymorpliiiia lactea G. Adams , Essays on the Microscope , éd. 2 e , p. 634, pi. 14, fig. 4 (Serpula). — Montagu, Test. Brit., p. 522 (Vermicalum). — Williamson, British Foramin., p. 70, fig. 145-152 (Polymorphina). Globulina gibba d'Orbigny, Tabl. mélh. Céphal., p. 266. — D'Orbi- gny, Foramin. de Vienne , p. 227, pi. 13, fig. 13-14. Hab. La Rochelle, Esnandes (Charente-Infér.). — Gijon (Asturies). Obs. Ainsi que la suivante, celte espèce appartient au groupe des Globulina d'Orbigny, qui diffère des Polymorphina par ses loges embras- santes et dont trois seulement sont visibles à l'extérieur. Mais ce carac- tère n'est pas constant et, suivant que les tours sont plus ou moins découverts, la même espèce peut appartenir aux deux genres. 25. Polymorphina compressa d'Orbigny, Foramin. foss. du bassin terl. de Vienne , p. 233, pi. 12, fig. 32-34. — R. Jones, Parker, Brady, Crag Foraminifera , n° 52, pi. 1, fig. 52, 53, 60. Hab. Golfe de Gascogne (de Folin). —Sables de fond , pris entre l'île de Ré et l'île de Noirmoutiers. 26. PolymorpHina niyristiformi* Williamson, British Fora- minifera, p. 73, fig. 156-157, Globulina sulcata d'Orbigny, Tabl. mélh, des Céphal., p. 266 (absque descripl.). Hab. Aiguillon (Vendée). — La Rochelle (Charente-Inférieure). — Golfe de Gascogne (de Folin). Obs. La priorité du nom spécifique appartient à d'Orbigny; mais l'auteur français n'ayant pas donné de diagnose, on ne peut accepter la dénomination qu'il a proposée. M. Parker et Rupert Jones considèrent cette espèce comme unevariété de la précédente. ( 392 ) UY1GERINA d'Orbigny. 27. Uvngerina pygnirca d'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal., p. 268, pi. 12, fig. 8-9. — Williamson, British Foramin., p. 66, fig. 138-139. Hab. Golfe de Gascogne (de Folin). ORRULINA d'Orbigny. 28. Orbulina universa d'Orbigny, Foramin. de Cuba, p. 3, pi. 1, fig. 1. — D'Orbigny, Foramin. des Canaries, p. 122, pi. 1, fig. 1. — "Williamson, Brilish Foramin , p. 2, fig. 4. Hab. Golfe de Gascogne, par 40 à 75 brasses (de Folin). — Gijon. Obs. Celte espèce paraît être une des plus répandues; elle a été signalée dans toutes les mers du globe. M. Bailey l'a trouvée dans des sondages de l'Atlantique, à des profondeurs variant entre 1,300 el 3,000 brasses. Elle existe dans les dépôts tertiaires moyens et supé- rieurs. GLOB1GERINA d'Orbigny. 29. Clobigerina bulloides d'Orbigny , Tabl. méthod, des Céphal., p. 277. — D'Orbigny, Modèles de Foram., n° 1 7 ; 2 e éd., p. 11. — Williamson, Brilisli Foramin., p. 56, fig. 116-118. Hab. Pris au large du Bassin d'Arcachon el dans les sables de fond du golfe de Gascogne. — Gijon (Asturies). TEXTULARIA Defrance. 30. Textularia cuneiformis d'Orbigny, Foram. de Cuba, p. 147, pi. 1, fig. 37-38. — Williamson, British Foramin., p. 74, fig. 158-159. p. Textularia cuneiformis var. conica, Williamson, British Foram., p. 75, fig. 160-161. Textularia trochoides d'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal , p. 263. Hab. En dehors du Bassin d'Arcachon, à 12 milles au large, par 70 mètres de profondeur ( Lafont ). — Golfe de Gascogne ( de Folin ). Obs. Nos exemplaires se rapportent à la forme typique de Williamson (fig. 158 et 159). La var. jS, rapportée au Textularia conica d'Orbigny, par M. William- son a été trouvée dans des sables de fond des côtes de la Vendée. D'après les dessins inédits de d'Orbigny, cette variété est le Textularia trochoi- des d'Orbigny, mais non le T. conica du même auteur. ( 393 ) 31. Textularia variabilis Williamson, British Foramin., p. 76, fig. 162-163. B var. sublobata. . 7 var. striala. Hab. Sables de fond, entre l'île de Noirmoutiers et l'île Dieu (Vendée). Obs. Espèce essentiellement polymorphe. La plupart de nos exem- plaires se rapportent au type de Williamson. La variété /3 lobata se rap- proche du Textalaria lobata cité par d'Orbigny (Tabl., p. 263), mais non décrit; les loges présentent deux renflements, disposés de telle sorte qu'au premier aspect, le test semble formé de quatre séries de loges : deux à droite et deux à gauche. — La variété y n'a pas encore été signa- lée; les loges sont striées longitudinalement comme celles de YUvige- rina pygmœa d'Orbigny, et leurs bords sont légèrement imbriqués comme chez le Textularia variabilis , var. difformis Williamson ( fig. 166-167). Quelques individus de Textularia variabilis semblent agglutinants comme le Textularia agglutinans d'Orbigny (Foramin. de Cuba, pi. 1, fig. 17, 18, 32, 34). 32. Textularia scabra Williamson , Brilisli Foraminifera, p. 65, fig. 136-137 (Bulimi)ia). Yerneuilina polystropha Reuss, sec. Parker and R. Jones, in Car- penler, Inlrod. to ihe slmly of Foraminifera, Appendix. p. 311. Textularia agglutinans d'Orbigny (var.) sec. Parker and R. Jones, in Carpenter, loc. cit., p. 311. Hab. Bassin d'Arcachon , anse de Gnagnolle. CC. Obs. Ce Foraminifère paraît être un Textularia à forme de Bulimina. Son test est jaune, arénacé, comme celui du Textularia agglutinans d'Orbigny (T. variabilis Williamson). CLAYULINA d'Obbigny, 33. Clavulina conmauaiis d'Obbigny, Tabl. méth. des Céphal., Ann. des se. nat., t. VII, p. 102, n° 4. — D'Orbigny, Foramin. foss. du bassin terl. de Vienne, p. 196, pi. 12 , fig. 1-2. Hab. Golfe de Gascogne. C. (de Folin). BULIMINA d'Orbigny. 34. Bulimina ovata d'Obbigny, Foraminifères fossiles du bassin tertiaire de Vienne, p. 185, pi. 11, fig. 13-14. Tome XXVII. 30 ( 394 ) Bulimina pupoides Williamson , British Foraminifera , p. 61, fig. 129-130 (var. fusiformis). Bulimina Presli Reuss (var. ovata), sec. Parker and R. Jones in Carpenter, Introd. to the study of Foraminifera. — Appendix, p. 311. Hab. Bassin d'Arcachon, dans le sable pris sur la plage du Phare. PLANORBULINA d'Orbigny. 35. Planorbulina Metliterranensis d'Orbigny , Tabl. méth des Céphal., p. 280. — D'Orbigny , Foram. foss. du bass. tert. deVienne, p. 165, pi. 9, fig. 15-17. Planorbulina nilida d'Orbigny, Modèles de Foram,, n° 78; 2 e édit. p. 12. Planorbulina vulgaris "Williamson, British Foramin. , p. 57, fig 119-120. Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la France, sur les coquilles draguées par 10 à 80 brasses. C. Obs. Nous nous sommes assuré, par l'examen des types de d'Orbigny, que son Planorbulina nilida n'est qu'un jeune individu du Planorbu- lina Mediterranensis. Le type a été trouvé en Angleterre, aux Canaries, dans la Méditerranée; il est fossile dans le bassin de Vienne. 36. Planorbulina Uugei'iana d'Orbigny, Foramin. foss. du bassin tert. de Vienne, p. 157, pi. 8, fig. 16-18 (Rolalina). — R. Jones, Parker, Brady, Crag Foramin., n° 79, pi. 2, fig. 11-13 (Planorbulina). Hab. Golfe de Gascogne. R. (de Folin). TRUNCATULINA d'Orbigny. 37. TrancatulinalonatulaTuRTON.tn Linné, Sysl.nat.,ed.l800- 1806, vol. IV, p. 307 (Naulilus)* — D'Orbigny, Foramin. foss. du bass. tert. de Vienne, p. 168, pi. 9 , fig. 18-23 ( Truncalu- lina). — Williamson , British Foram., p. 59, fig. 121-123. Serpula lobala Montagu , Test. Brit., p. 315. — D'Orbigny, Foram. des Canaries , p. 134-, pi. 2 , fig. 22-24 (Truncalulina). Truncalulina lubercUJala fJ'Orbigny, Tabl. méthod des Céphal., p. 279. ( 395 ) Hab. Noirmoutiers, Aiguillon (Vendée). — Ile de Ré (Charente-Infé- rieure). — Bassin d'Arcachon (Gironde). — Biarritz, Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). — Golfe de Gascogne. — Gijon (Asturies). Obs. Ce Foraminifère adhère à presque toutes les coquilles des gran- des profondeurs. PULVINULINA Parker et Jones. 38. Pulvintilina concamerata Montagu, Test. Brit. suppl., p. 160 (Serpula). — Williamson, Brit. Foramin., p. 52, fig. 101-105 (Rotalina). Rosalina globularis d'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal., p. 271, pi. 13, fig. 1-4. Hab. Noirmoutiers (Vendée). — La Rochelle (Charente-Inférieure). — Golfe de Gascogne. Obs. A l'état jeune, cette espèce est fixée sur les corps sous^marins et les fucoïdes ; elle se déforme fréquemment; elle a été figurée à cette période par d'Orbigny, sous le nom de Rosalina globularis. 39. Pulviiiulina aiaricula Fichtel et Moll, Test, microsc, pi. 20, fig. A-F. (Nautilas). — R. Jones, Parker, Brady, Crag Fora- minifera, n° 85, pi. 2, fig. 33-35 (Pulvinulina). Hab. Golfe de Gascogne (de Folin). ROTALIA Lamarck. 40. Kotalia Beccarii Linné, Syst. nal., éd. 12, p. 1162 (Nauti- lus). — Montagu, Test. Brit., p. 186. —D'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal., p. 275 (Rolalia). — Williamson, British Foramin., p. 48, fig. 90-92 (Rotalina). p Rotalia corallinarum d'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal., p. 275. — Modèles de Foramin., n° 75; 2 e éd., p. 13. Hab. Noirmoutiers, île Dieu, Pointe de l'Aiguillon (Vendée). — Mar- silly, Esnandes, La Rochelle, île de Ré (Charente-Inférieure). — Bassin d'Arcachon, à l'entrée (Gironde). Obs. Espèce commune dans toutes les mers d'Europe. La var. /3 : Rolalia corallinarum de d'Orbigny est caractérisée par un enroulement séneslre, des loges un peu moins nombreuses, des cloi- sons rayonnantes plus droites. L'encroûtement calcaire de la région om- bilicale est moins prononcé, la forme reste un peu plus globuleuse. Cette variété provient de Noirmoutiers. ( 39G) POLYSTOMELLA Lamarck. .41. Polystomella crispa Linné, Syst. nat., éd. 12, p. 1102 (Nautilus). — Lamarck, Hist. nat., anim. s. vert., éd. 1, t. "VII, p. 625 (Polystomella). — d'Orbigny, ïabl. rnéth. des Céphal., p. 283. — Williamson, Brit. Foram., p. 40, fig. 78- 80. Hab. Toutes les côtes du Sud-Ouest. C. — Gijon (Asturies). Obs. A l'état jeune, la Polystomelle est pourvue de pointes aiguës , qui hérissent sa carène. Les vieux individus ont une carène lisse, ainsi que les cloisons rayonnantes; la région ombilicale est alors plus ou moins saillante, ornée de tubercules semi-transparents. 42. Polystomella umhilicafa Montagu , Test. Brit., p. 191 (Nautilus). — Williamson, British Foramin., p. 42, fig. 81-82 {Polystomella). Polystomella oceanensis d'Orbigny, Tabl. méth. des Céphal., p. 285. Hab. Sables de fond, entre l'île Dieu et l'île de Noirmoutiers (Vendée). — Bassin d'Arcachon (Gironde). Obs. L'examen du type de d'Orbigny ne laisse aucun doute sur son identité avec l'espèce de Montagu. NONIONINA d'Orbigny. 43. Jtfonionina crassula Turton m Linné, Syst. nat., éd. 1800- 1806 (Nautilus). — Montagu, Test. Brit., p. 191. —D'Orbi- gny, Tabl. méth. des Céphal., p. 294 (Nonionina). — William- son, British Foramin., p. 33, fig. 70-71. Hab. Marsilly, Esnandes, île de Ré (Charente-Inférieure). — Vit aussi dans la Manche, à Boulogne. 44. Sfonionina Barleeana Williamson, British Foraminifera, p. 32, fig. 68-69. Hab. Marsilly (Charente-Inférieure). Obs. Cette espèce n'a guère été rencontrée jusqu'à présent que sur les rivages du nord des îles Britanniques. 45. Nonionina elegans Williamson, British Foraminifera , p. 35, fig. 74,75. * Hab. Golfe de Gascogne. R. (de Folin). ( 397 ) 46. ZVonionina stellifera d'Orbigny, Foramin. des Canaries, pi. 3, fig. 1-2. Hab. Golfe de Gascogne. — Entre l'île de Ré et l'île de Noirmou- tiers. C. — Gijon (Asturies). Obs. Au nombre des espèces qu'on trouvera peut-être sur les côtes des Basses-Pyrénées, nous devons signaler le singulier corps décrit par Lamarck sous le nom de Millepora rubra, rapporté au genre Polytrema par Carpenter, et classé parmi les Foraminifères. Commun dans la Mé- diterranée et dans la plupart des mers chaudes, il existe à la surface de diverses coquilles draguées à Gijon (Asluries). ( 398 ) TABLE DES MATIÈRES PREMIER MÉMOIRE. — BRYOZOAIRES MARINS. Avant-propos , , 329 Chapitre I. Stations et recherches des Bryozoaires 330 — II. Affinités zoologiques des Bryozoaires 331 — III. Classification 333 — IV. Catalogue des Bryozoaires marins du sud-ouest de la France. . . 55(5 Cyclostomata ib Ctenostoiv.ata 359 Cheilostoraata 340 — V. Distribution géographique 555 DEUXIÈME MÉMOIRE. — ÉCHINODERMES. Avant-propos 358 Catalogue des Échinodermes du sud-ouest de la France 359 Crinoidae ib. Ophiuridse 560 Asteridse 365 Ecbinidse 367 Holothuridae 573 Distribution géographique 375 TROISIÈME MÉMOIRE. — FORAMINIFÈRES MARINS. Avant-propos 577 Chapitre I. Répartition et classification des Foraminifères 578 — II. Reproduction des Foraminifères 385 — III. Catalogue des Foraminifères du sud-ouest de !a France 385 Sous-ordre I. Imperforata ib. — II. Perforata 388 LES GHÉLONIENS DU MIOCÈNE SUPÉRIEUR DE LA GIRONDE Par M; E. DELFORTRIE , Vice-Président. INTRODUCTION Les riches dépôts de falun libre qui se voient aux environs de Bordeaux recouvrent, dans les communes de Villenave-d'Ornon et de Léognan, un banc de molasse atteignant sur certains points, une puissance de six mè- tres; cette roche très-friable, exploitée pour la pierre de taille, principa- lement à Léognan, renferme de nombreux ossements ayant appartenu à une faune essentiellement marine, et dans laquelle le groupe chélo- nien est celui qui se trouve le plus largement représenté; aussi compte- t-on dans les collections publiques ou privées une série de pièces se rapportant à ces reptiles et qui proviennent du gisement qui nous oc- cupe. Ces intéressants débris, restés jusqu'à ce jour inédits, nous ont paru avoir une trop grande importance scientifique, pour ne pas cher- cher à combler cette lacune; tâche qui, du reste, nous a été rendue fa- cile par l'empressement avec lequel notre savant collègue et ami M, le docteur Souverbie, conservateur du Muséum de Bordeaux, a mis à notre disposition les pièces confiées à ses soins , et par la bienveillance avec laquelle M. Brochon fils a bien voulu nous communiquer les morceaux faisant partie de sa collection. Nous sommes heureux de trouverici l'oc- casion de leur adresser nos remerciements; nous n'oublierons point non plus, de citer le nom d'un modeste et intelligent travailleur, Bernard Chabaudet, maître carrier à Léognan. auquel nous devons la plus grande partie des pièces fossiles que nous possédons de ce gisement; le soin minutieux qu'il met à recueillir les moindres fragments qu'il rencontre dans son exploitation, la sagacité avec laquelle il dirige ses recherches ( 400 ) sont autant de services rendus à la science, et dont il doit lui êlre tenu compte. Un des traits caractéristiques de la molasse à ossements du falun de la Gironde, consiste dans l'état parfait de conservation des débris qu'elle renferme; les parties les plus délicates, les arêtes les plus vives s'y sont maintenues intactes, la friabilité de la roche permet d'en retirer facile- ment les ossements, qui, une fois dégagés de leur gangue, se montrent recouverts d'une véritable patine, d'un ton fauve très-chaud, qu'ils con- servent indéfiniment. Dans cette mollasse falunienne, si riche en débris de chéloniens, deux familles sont représentées : 1° les Thalassites, par un grand nombre de pièces se rapportant à une seule espèce qui se rapproche beaucoup de la Chelonia Caouane des mers actuelles; 2° les Potamites, par de rares débris appartenant aux genres Trionyx et Trachyaspis. DESCRIPTION DES ESPÈCES Famille des THALASSITES. CHELONIA GIRUNDICA Delfortrie. Celle espèce, ainsi que l'indiquent les pièces que nous allons décrire, offre des différences notables avec les tortues marines de l'argile de Londres (Etage parisien) décrites par Owen, (a history of Bristish fossil reptiles; London, 1849, 1850, 1851) : ces dernières, d'abord, présen- tent une carapace variant en longueur de 0, 14 à 0, 57 c. tandis que notre Ch. Girundica devait atteindre environ deux mètres : mais c'est surtout dans les pièces slernales, que s'observent les différences les plus sensibles. CARAPACE PIÈGES COSTALES Figure 1 , A , a , Planche 21 . (Première plaque costale gauche. — Notre collection.) I, A. Face externe. Plaque large vers la partie médiane, et se terminant en angle aigu au point de jonction du bord postérieur avec le bord marginal. ( 401 ) Le bord postérieur B, C, qui est le plus grand de ses quatre côlés, est très-sensiblement arqué en arrière et eouvert de sutures au moyen desquelles il s'engrenait avec la deuxième plaque costale. Le bord antérieur D, E, fortement arqué en dedans, n'est point pa- rallèle au bord postérieur, dont il représente le 1/3 à peu près en lon- gueur, mais se dirige un peu en avant du côté externe, et l'épaisseur de 00 e , ll m qu'il présente au point D, diminue insensiblement jusqu'au point E, où elle se réduit à 00 e , 03 m ; il est, dans toute sa longueur, cré- nelé de sutures qui le sondaient à la plaque nuchale. Le bord vertébral C, E, très-court, (la 4/2 à peu près du bord margi- nal), se termine au point C, par un appendice qui s'articulait en G, avec le bord latéral antérieur gauche de la deuxième plaque vertébrale, et en H , avec l'angle tronqué latéral antérieur de la deuxième plaque costale. Le bord marginal BD est oblique et forme une ligne brisée composée de deux arcs de cercles, dont la courbure est en dedans; il est creusé dans toute sa longeur d'un sillon qui, d'abord peu sensible en partant du point D, s'accuse de plus en plus jusqu'au point B, et au fond du- quel sont de nombreuses aspérités ayant dû servir de point d'attache à des téguments se reliant à la région limbaire; sur cette pièce s'observe un profond sillon irrégulier, indiquant les lignes» de séparation de la l ro et de la 2 e écailles vertébrales avec la l re écaille costale, les deux lignes ponctuées, figurent celles dont la trace a disparu. I, a. Face interne. BG première côte, faisant saillie et rasant le bord postérieur de la plaque au point où la partie qui manque, indiquée par une ligne ponc- tuée, devenait libre pour s'implanter dans la cavité de la quatrième pièce marginale gauche; B, son apophyse, qui venait se souder entre la première et la deuxième vertèbres dorsales. DE petite côte, parallèle à la précédente et au-dessus de celle-ci, la saillie en disparaît vers le milieu à peu près de la longueur de la plaque, D, son apophyse qui venait faire corps avec la face antérieure de la pre mière vertèbre dorsale; le peu d'espace séparant les apophyses de ces deux côtes, dénote combien devait être courte cette première vertèbre dorsale. Il ressort de ce qui précède, que la côte adhérente à la première plaque costale et qu'on est convenu de dénommer première côte, n'est Tome XXVIL 31 ( 402 ) en réalité que la seconde; bien que l'on ne compte chez les Ghélonées, que huit plaques costales, desquelles parlent autant de côtes se prolon- geant libres jusqu'aux pièces marginales, elles n'en possèdent pas ce- pendant moins de douze qui se décomposent ainsi : 1° La petite côte DE que nous venons de décrire 4 2° Les huit côtes adhérentes aux plaques costales et qui vont s'im- planter dans les cavités de la série limbaire 8 3° Une côte faisant corps avec la deuxième vertèbre, regardée comme lombaire i 4° Deux côtes faisant corps avec les 14 e et les 42 e vertèbres qui for- ment le sacrum 2 42 Nous aurons, plus loin, l'occasion de décrire ces trois dernières côtes. Figure 2, A, a, Planche 21. ' Seconde plaque costale droite. — Notre collection.) 2, A. Face externe. Cette pièce porte d'abord avec elle tous les caractères propres aux pièces costales paires, c'est-à-dire qu'elle va en s'élargissant de la ré- gion vertébrale à la région marginale et qu'elle est sillonnée par la trace des lignes d'union entre les écailles vertébrales et les écailles costales. Bord postérieur BG sinueux, arqué d'abord en dedans près de la ré- gion vertébrale, infléchit ensuite en dehors pour s'arquer de nouveau en dedans, puis s'infléchit une seconde fois en dehors et enfin est encore arqué en dedans près de la région marginale ; il est suturé dans toute sa longueur pour s'articuler avec le bord antérieur de la troisième pièce costale. Le bord antérieur DE, parallèle au bord postérieur sur le quart à peu près de sa longueur, à partir du côté vertébral , s'infléchit ensuite brusquement en avant, suivant une ligne oblique traçant un angle obtus de près de quarante degrés ; dans toute la longueur, s'observent les profondes sutures s'engrenant sur le bord postérieur de la première pièce costale avec laquelle il était aussi soudé par son angle tronqué G. Le bord vertébral BD, représente en longueur, les deux cinquièmes environ du bord marginal, et se termine par l'appendice B, qui venait ( 403 ) s'articuler avec le bord latéral antérieur droit de la troisième plaque vertébrale. Enfin, le bord marginal E G de forme irrégulière et portant trois larges échancrures, est comme celui de la première plaque costale, creusé d'un sillon couvert de sutures d'un très-fort relief; ( nous observerons que les deux premières pièces costales sont les seules qui soient crénelées du côté marginal , dans les six autres plaques costales le bord marginal est toujours lisse.) Les deux sillons qui, sur la plaque que nous décrivons, partent des bords antérieur et postérieur pour se réunir en forme d'angle, sont les lignes séparatives de la seconde écaille vertébrale d'avec la première et la deuxième écailles costales, qui, elles aussi, ont pour ligne de sépara- lion le long sillon longeant la plaque dans la partie médiane. 2, a. Face interne. BC, seconde côte, proprement dite, elle divise la plaque en deux par- ties à peu près égales et coupe le bord marginal dans son milieu ; la partie qui manque et qui se continuait libre, allait s'implanter dans la cinquième pièce marginale droite. Cette côte, qui est étroite et saillante à sa naissance , perd en saillie mais gagne en largeur à mesure qu'elle s'approche du bord marginal ; C, vestiges de son apophyse qui s'articulait entre la seconde et la troi- sième vertèbres dorsales. Notre collection renferme une seconde plaque costale gauche, ayant vraisemblablement appartenu au même individu que la seconde droite qui vient d'être décrite, tant il y a parité entr'elles. Figure 3, A, a, Planche 22. ( Sixième plaque costale gauche. — Notre collection. ) 3. A. Côté externe. Expliquons d'abord les raisons qui nous déterminent à assigner à celte pièce paire, la sixième place dans la série costale. Nous la considérons comme sixième et non comme la quatrième de la série parce que dans cette dernière, les bords sont toujours presque parallèles, et que la côte proprement dite y suit constamment une li- gne moins oblique que dans la sixième ; enlin nous l'attribuons au côté ( 4-04 ) gauche de la carapace en nous basant sur ce fait constant, que la ligne d'écaillé costale est toujours plus rapprochée du bord postérieur que de celui antérieur. Bord postérieur BC, légèrement arqué en dedans vers la partie médiane, couvert dans toute son étendue de sutures qui s'engrènent au bord antérieur de la septième costale. Bord antérieur DE, plus sensiblement arqué en dedans que le bord postérieur, lui est parallèle à partir du côté vertébral jusque dans le milieu de sa longueur, puis se redresse insensiblement en avant, porte également de fortes sutures qui le soudaient au bord postérieur de la cinquième pièce costale sur laquelle il s'appuyait aussi par son angle tronqué G. Le bord marginal BD, qui est lisse et aminci en lame de couteau, est plus large, d'un tiers environ, que le bord vertébral. Le bord vertébral EC presque droit, se soudait au moyen de ses sutures à la partie latérale gauche de la sixième pièce vertébrale, et par son an- gle tronqué H. à la partie latérale gauche de la septième vertébrale , la- quelle était de forme arrondie, et de beaucoup moins grande dimension que la sixième. Les deux sillons qui , sur cette plaque, parlent des bords antérieur et postérieur, pour former angle à la partie médiane, sont les lignes de sé- paration de la quatrième écaille vertébrale d'avec la troisième et la qua- trième écailles costales, lesquelles étaient séparées aussi parle sillon al- longé traversant la plus grande partie de la plaque en allant aboutir au bord marginal. 3, a. Côté interne. BC, la côte proprement dite, prend naissance à un point un peu plus rapproché du bord postérieur, que de celui antérieur, et suit une ligne oblique qui vient raser l'angle que forme l'extrémité inférieure du côté marginal ; par sa réunion avec le bord postérieur, la partie de cette côte, qui manque, allait s'implanter dans les cavités de la neuvième pièce marginale gauche; étroite et saillante à son origine, elle perd de sa saillie et gagne en largeur à mesure qu'elle avance vers le bord marginal. B, reste de son apophyse qui venait s'articuler entre la sixième et la septième vertèbre dorsale. ( 405 ) Figure 3 bis, A, a, Planche 23. (Sixième plaque costale droite. — Notre collection ) Bien que cette plaque n'ait point appartenu au même individu que celle que nous venons de décrire, elle présente cependant les mêmes caractères, ce qui rend par conséquent toute description inutile. Figure 4, A, a, Planche 22. ( Huitième plaque costale, droite. — Notre collection.) i , A. Face externe. Cette pièce, qui dans son ensemble, affecte une forme presque trian- gulaire, a son bord postérieur BC, droit et couvert de sutures, non-seule- ment sur son épaisseur, mais qui s'élendent aussi en bordure sur la face externe de la pièce, de telle sorte que cette plaque était articulée avec la neuvième pièce vertébrale tout à la fois par juxtaposition et par su- perposition. ED, le bord antérieur, très-oblique, se soude au bord postérieur de la septième pièce costale. CD, le bord marginal , aminci en lame de couteau et double en lon- gueur du bord vertébral, est formé de deux lignes légèrement courbées en dehors et au point de contact desquelles s'arrête la ligne de sépara- tion des écailles costales. E B , le bord vertébral , irrégulier, porte deux échancrures suturées ; l'une d'elles, celle qui touche le bord postérieur, plus accusée que l'autre; il se soude à la huitième pièce vertébrale. Les lignes sillonnant cette pièce, indiquent savoir : la petite courbe rapprochée du bord vertical et la ligne ponctuée, figurant celle dont la trace a disparu, la séparation de la quatrième écaille vertébrale avec la cinquième; le point de séparation entre la quatrième écaille costale, et la cinquième écaille vertébrale est indiqué par le sillon coupant longi- tudinalemenl la pièce. 4, a. Face interne. BC, huitième côte proprement dite, conservée intacte dans toute sa lougueur, décrit une courbe très-prononcée, saillante et étroite à la nais- sance, perd de sa saillie et devient plus large en avançant vers le bord marginal qu'elle coupe à l'angle même formé par le bord postérieur à I ( 406 ) son point de réunion avec le bord marginal, puis devenue libre, va s'implanter dans la cavité de la douzième pièce marginale. B, apophyse de celte huitième côte s'articulant entre la huitième et la neuvième vertèbre dorsale. D, surface rugueuse, granulée, de forme irrégulière, existant entre la côte et la partie inférieure du bord vertébral , elle détermine le point où venait s'appuyer une des grosses , mais courtes côtes, qui font corps avec la dixième vertébrale regardée comme lombaire. PIÈGES VERTÉBRALES Figure 5, A, a, Planche 21 . (Cinquième pièce vertébrale. — Notre collection. ) S , A. Face externe. Cette pièce a son bord antérieur B beaucoup plus large que celui pos- térieur; il porte au milieu une échancrure suturée qui s'articule au bord postérieur de la quatrième plaque vertébrale ; les deux extrémités tron- quées servent de point d'appui à la quatrième paire de pièces costales. Son bord postérieur G, suturé, s'enchâssait dans l'échancrure de la sixième plaque vertébrale. Ses bords latéraux , D et E , s'engrenaient avec la cinquième paire de pièces costales. Le sillon qui coupe cette pièce assez près de son bord postérieur (et qui permet précisément d'assigner à cette plaque la place qu'elle occu- pait dans la série longitudinale), est la ligne de séparation entre la troi- sième et la quatrième écaille vertébrale. 5, a. Face interne B, restes de la sixième vertèbre dorsale avec laquelle la pièce était soudée. L'exiguité de celle pièce, son peu d'épaisseur surtout, indiquent qu'elle appartenait à un sujet très-jeune. Figure 5 , A, a bis , Planche 21 . (Première pièce vertébrale. —Notre collection.) 5, A bis. Face externe. Bord antérieur B arqué en avant et couvert de sutures qui l'articu- laient à la pièce nuchale. C, bord postérieur plus étroit que le précédent , ( 407 ) s'articulant avec la deuxième pièce vertébrale. D et E, les bords latéraux s' engrenant avec la première paire de pièces costales. Le sillon qui coupe celte pièce en deux parties égales (et qui indique précisément la place qu'elle occupait dans la série), est la ligne de sépa- ration entre la première et la deuxième écailles vertébrales. 5, a bis. Face interne. B, restes de l'arcade annulaire de la vertèbre qui était soudée à la pièce. Figure 6 , A , a , Planche 21 . (Huitième pièce vertébrale. — Notre collection.) 6, A. Face externe. ^ Cette pièce, de forme presque ovale, est vigoureusement suturée sur tout son contour; son côté antérieur B, fortement échancré, s'engrenait avec la septième pièce vertébrale; les sutures, qui, à son bord posté- rieur C , s'allongent en avant de la partie lisse, la soudaient à la neu- vième pièce vertébrale; elle était enfin, par chacun de ses bords latéraux D et E , en connexion avec les septième et huitième pièces costales. 6 , a. Face interne. Cette pièce montré en B le point d'attache qui la mettait en connexion avec l'arcade annulaire de la neuvième vertèbre dorsale. Figure 7 , A , a , Planche 23. (Neuvième et dixième plaques vertébrales en connexion. — Notre collection. ) Cette double pièce comprend : 1° la plaque B, neuvième de la série vertébrale , qui recouvrait la onzième et la douzième vertèbres libres qui reposent sur les os iliaques et sont regardées comme formant le sacrum ; 2° la plaque C, dixième de la série vertébrale, que nous appelerons première sus-caudale, qui recouvrait les premières vertèbres de la queue. Figure A , pièce B , face externe. Très-convexe, de forme presque triangulaire, son bord antérieur D, fort exigu, représente le huitième environ de la longueur du bord posté- rieur; il est fortement suturé, arqué en dedans, et s'articulait avec le bord postérieur de la huitième pièce vertébrale. ( 408 ) E et F, ses bords latéraux, suturés, suivent une ligne oblique qui se brise à angle droit pour rejoindre le bord postérieur. Enfin , G H, son bord postérieur, très-sensiblement arqué en dedans, laisse voir sur la pièce, ici représentée, les sutures qui la soudent à la dixième plaque. Figure a, pièce B. face interne. Convexité très-prononcée le long des bords latéraux EF, et en dessous de la plaque existent des sutures formant une bordure plus large vers son milieu qu'aux extrémités, sutures au moyen desquelles cette pièce s'articulait tout à la fois par juxta-position et par superposition avec les bords postérieurs des huitièmes pièces costales, ainsi que nous l'a- vons déjà indiqué en décrivant plus haut une de ces huitièmes-plaques. (Voir fîg. 4 ) Une arête très-faiblement indiquée et partant perpendiculairement du milieu du bord supérieur, divise la pièce en deux parties égales, cette arête, ainsi que deux petites cavités irrégulières qui se voient de chaque côté de la pièce, près de son bord inférieur, sont autant de points d'attache des muscles. Figure A , pièce C , face externe. Cette pièce, convexe, affecte une forme presque ovale, la réduisant par conséquent à deux côtés, dont l'antérieur est soudé à la pièce précé- dente, le bord postérieur aminci et lisse sur les côtés, présente à sa partie médiane K , un épais renflement couvert de larges sutures qui le soudaient à la deuxième sus-caudale, ou onzième et dernière plaque de la série vertébrale. Figure a, pièce C, face interne. Celte pièce, dont la concavité est très-prononcée, n'offre d'autre trait saillant qu'un renflement à la partie médiane et plusieurs petites cavités irrégulières indiquant les points d'attache des muscles. PIÈGES MARGINALES Figure 8, A, a, Planche 24. (Plaque caudale. — Notre collection.) 8, A. Face externe. Celte pièce, d'une très-grande épaisseur à son bord antérieur B C, va toujours en s'amincissant vers le bord postérieur ED qui est presque ( 409 ) tranchant; à la partie médiane du bord antérieur est une partie F faisant saillie, qui est suturée et reliée par deux courbes lisses qui forment le reste de ce bord antérieur. E D, le bord postérieur plus étendu que le bord antérieur est sensi- blement arqué en dehors. Les bords latéraux EB et CD sont obliques et couverts de larges sutures qui les soudaient chacun à la douzième pièce marginale de gauche et de droite; pour rendre l'explication plus facile à saisir, rappelons que la pièce nuchale et la pièce caudale forment les deux extrémités de la série longitudinale qui divise en deux parties égales le cercle marginal ou lim- baire, et que celui-ci comprend pour chaque côté, non compris nuchale et caudale, douze pièces marginales, qui se numérotent, pour chacun des côtés, en partant de la nuchale, toujours non comprise, de 1 à 12, ce qui donne un total de vingt-six pièces marginales ou limbaires. 8,o. Face interne. La partie qui fait saillie sur le milieu du bord antérieur, s'amincit en se creusant pour se réunir à deux sillons larges et profonds existant un peu au-dessous et le long de chacune des deux courbes qui complètent le bord antérieur. Figure 9, A, a, Planche 24. (Série continue de six pièces marginales , côté gauche. — Notre collection.) 9, A. Face externe. Celte série est composée de six pièces continues, soudées et articulées ensemble par sutures, et n'offrant d'autre caractère particulier sur leur face extérieure que d'avoir leur bord interne de plus en plus irrégu- lier, en remontant de la neuvième à la quatrième , et leur surface de plus en plus carénée, en allant de la quatrième à la neuvième, les numé- ros 4 à 9 qu'elles portent, indiquent la place qu'elles occupaient dans la série gauche du cercle marginal ou limbaire, c'est-à-dire que le n° 4 était la quatrième pièce de cette série, le n° 5 la cinquième, etc., etc., bien qu'entre la sixième et la septième, il existe une solution de conti- nuité occasionnée par la cassure du bord postérieur de la sixième pièce, il est néanmoins facile de se convaincre, soit par le faciès gé- néral de ces morceaux, soit en comparant leurs lignes courbes ou dé- clives, que ces deux pièces se faisaient suite ; des traces assez imparfaites laissées par les lignes de séparation d'écaillé, se montrent sur les deux ( 410 ) pièces portant les n os 5 et 6 ; mais, un échantillon, dont nous nous oc- cuperons ci-après, nous permettra d'étudier les écailles marginales chez la Chelonia Girundica. 9, a. Face interne,. Les six pièces formant cette série marginale, portent chacune une ca- vité destinée à recevoir l'extrémité des côtes libres; or, comme dans chacune des deux moitiés de la série limbaire il ne se trouve que six pièces, qui se suivent, pourvues de cavité, puisque la l re , la 2 e , la 3 e el la 10 e marginales n'en ont pas, il en résulte que la série des six pièces qui nous occupe ne peut être composée que des 4 e , 5 e , 6 e , 7 e , 8 e et 9 e marginales; un doute pût-il s'élever par suite de la cassure qu'a éprouvée la sixième pièce, que ce doute serait immédiatement levé par la simple observation des intervalles existant entre chaque cavité; car, de la quatrième à la huitième pièce, l'intervalle entre les cavités s'ac- croît, pour décroître de la huitième à la neuvième, c'est-à-dire que les deux côtes les plus éloignées entre elles sont la quatrième et la cin- quième , que la quatrième est tin peu plus distante de la troisième que celle-ci ne l'est de la deuxième; qui, elle à son tour, est encore plus rapprochée de la première , et qu'enfin la sixième est plus près de la cinquième que cette dernière ne l'est de la quatrième; or, c'est précisé- ment la règle générale chez les Chélonées, Le caractère saillant des pièces composant la série que nous décrivons consiste en ce que : 1° le corps de ces pièces, qui est presque plat dans la pièce n° 4, se creuse insensiblement et de plus en plus en gouttière jusqu'à la pièce n° 9, de telle sorte que les cavités destinées aux côtes sont , elles aussi , de plus en plus profondes ; 2° en ce que le bord externe de ces mêmes pièces, forme chez la quatrième un très-fort bourrelet qui , allant toujours en s'amincissant, ne présente plus qu'un simple rebord à partir de la sixième jusqu'à la neuvième. Enfin , dans toutes ces pièces , à l'exception de celle portant le n° 4 , il existe dans la gouttière , en outre de la cavité destinée à la côte, de petites perforations profondes, et régulières de forme , au nombre de cinq, dans la cinquième et la sixième pièces, de trois, dans la septième et la huitième, et de deux, dans la neuvième, perforations, qui vraisembla- blement servaient, les unes, de gaines aux expansions rayonnantes des hyosternaux et hyposternaux, et les autres, de point d'appui aux atta- ches musculaires. ( 411 ) Figure 10, A, Planche 22. (Pièces marginales , côté droit. — Notre collection.) Face externe. Celte figure reproduit la dixième et la onzième marginales, côté droit, soudées ensemble, et une très-faible portion de la neuvième, adhérant par suture à la dixième. Cette pièce, extraite de la roche en même temps que les six margi- nales qui viennent d'être décrites , appartenait sans nul doute au même individu : même teinte, même grenu, même aspect général s'observent sur les unes et les autres. Deux raisons convaincantes démontrent que ces marginales n'ont pu occuper dans la série d'autres places que celles que nous leur assignons : 1° Elles sont très-carênées , aplaties et à gouttières Irès-profondes , caractères particuliers aux quatre marginales se rapprochant le plus de la caudale ; 2° De ces marginales, l'une d'elles seulement, celle indiquée comme la onzième, porte une cavité destinée à recevoir la côte; celle qui la précède en est dépourvue. Ainsi que nous l'avons dit déjà , il n'y a dans les chélonées que quatre marginales privées de cavité costale, qui sont la l ie , la 2 e , la 3 e et la 10 e ; or, les marginales qui suivent les pièces nu châles ne sont jamais carénées; donc, la pièce dépourvue ici de cavité ne peut être que la dixième. La face interne de ces pièces n'ayant aucun caractère spécial, nous ne la décrirons point; observons seulement que dans la gouttière de la dixième pièce, se trouvent quatre petites perforations équidistanles , et que, dans la onzième, on en compte deux placées après la cavité cos- tale; perforations sur l'usage desquelles nous nous sommes expliqué plus haut. Figure 11 , A, a, Planche 23. (Plaques marginales, côté gauche. — Notre collection. ) MA. Face interne. Ces deux plaques soudées appartenaient à la partie gauche de la série limbaire, et y occupaient la cinquième et sixième place, ainsi que l'indi- quent les contours de leurs bords internes BB, et le peu de profondeur de la gouttière où sont les cavités costales , leurs bords externes CC, sont ( 412 ) caractérisés par deux mamelons très-apparents, fixés, sur la cinquième pièce, vers son tiers inférieur, et sur la sixième, vers son tiers supé- rieur, et qui se trouvent être ainsi équidislanls de la ligne de suture soudant les deux pièces. Sur aucune des pièces marginales ci-dessus décrites , nous n'avons observé de semblables protubérances; constitueraient-elles une diffé- rence d'espèce, de saxe, ou seraient-elles purement accidentelles? Nous l'ignorons. 1 \ a. Face externe. Les écailles qui recouvraient ces marginales ont encore leurs lignes de séparation parfaitement distinctes, non plus en creux, comme nous l'avons vu sur les pièces costales, mais au contraire en relief; la plus grande de ces lignes, légèrement courbe et un peu plus rapprochée du bord interne que du bord externe , coupe longitudinalement les deux pièces, et est entre-croisée par deux autres lignes coupant chacune des deux pièces dans sa largeur ; la ligne séparant la pièce n° 6 en deux parties à-peu-près égales , part du bord externe en s'iniléchissant en dedans , puis se courbe légèrement en dehors pour s'infléchir de nouveau en dedans en atteignant le bord interne ; la ligne qui traverse la pièce n° 5 , plus rapprochée du côté antérieur que du côté postérieur, suit les mêmes inflexions que la ligne transversale de la pièce n° 6. Ces lignes montrent donc la place où s'appliquaient : 1° en BC et DE les deux écailles marginales entières cinquième-sixième; 2° en BG et DH, la moitié postérieure des deux écailles marginales quatrième- cinquième; 3° en CK et EL, la moitié antérieure des deux écailles marginales sixième-septième. PIÈGES STEHNAL.E3 ou PLASTRON Figure 12 , A, a, Planche 25. (Episternal gauche. — Notre collection.) <2 A. Face interne. Le bord externe B C, fortement arqué en dehors, s'infléchit d'abord légèrement en dedans vers l'extrémité du bord inférieur, qui se termine en pointe; puis, près de l'extrémité du bord supérieur, il s'infléchit assez profondément en dedans pour se relever ensuite brusquement et gagner par une ligne parallèle ce même bord supérieur. ( 413 ) Le bord supérieur B D est sillonné dans toute sa longueur d'une gout- tière de forme irrégulière, à fond et parois lisses, dans laquelle venait s'emboîter l'épislernal droit et la partie supérieure de Fentosternal. Le bord interne G D , très-arqué en dehors dans sa partie médiane, s'infléchit d'abord légèrement en dedans pour se courber en dehors à l'extrémité du bord inférieur; puis, vers son milieu, se courbe très- sensiblement en dedans et rejoint le bord antérieur par une ligne irré- gulière, échancrée et creusée par les surfaces articulaires GE, qui le soudaient à la sommité latérale de l'entosternal. Ce même bord interne CD, montre le long de la ligne H G , un sillon lisse qui est la surface articulaire, au moyen de laquelle il se soudait à une des expansions rayonnantes du hyosternal gauche. 4 2, a. Face externe. Cette pièce a sa surface parfaitement plane; son seul caractère saillant consiste en ce que l'extrémité qui se termine en pointe porte dans le sens de la longueur plusieurs petits sillons. Figure 13, A, a, Planche 25. (Hyosternal droit. — Notre collection.) 13, A. Face interne. Cette pièce légèrement concave au centre, a son bord supérieur BC irrégulièrement arqué en dedans , lisse , aminci et limité à ses extrémi- tés par un faisceau d'expansions rayonnantes dont nous parlerons ci- après. DE, son bord inférieur, droit à ses deux extrémités, un peu sinueux à la partie médiane, est dans toute son étendue, couvert de profondes sutures qui le soudaient avec l'hyposternal droit. DB, le bord interne , suit à partir du bord inférieur, une ligne qui , d'abord, presque perpendiculaire, se courbe brusquement en dehors jusqu'à sa rencontre avec un groupe de cinq expansions rayonnantes, presque parallèles au bord inférieur, nettement séparées les unes des autres par de larges sillons, et se terminant en pointes acérées de lon- gueur différente, après ces expansions, le bord s'arque très-sensible- ment en dedans jusqu'à sa rencontre avec deux autres expansions rayon- nantes , formant faisceau , suivant une ligne oblique qui coupe l'angle formé par le bord externe et le bord antérieur; c'est le long de ce ( AU ) faisceau et dans la cavité articulaire G, que venait s'appuyer l'épisternal droit. CE, Le bord externe, suit une ligne oblique en partant du bord posté- rieur, et n'est plus formé ensuite que d'expansions rayonnantes, à pointes aiguës, au nombre de neuf, qui, d'abord nettement séparées entr'elles, lui sont presque perpendiculaires , puis se terminent près du bord anté- rieur en un faisceau suivant une ligne oblique. Toutes les expansions rayonnantes, dont nous venons de parler, sont cannelées dans leur longueur, ont vers leurs pointes un très-fort relief, qui, insensiblement, s'efface complètement à la partie médiane de la pièce, point vers lequel elles viennent toutes converger. 13, a. Face externe. Sur cette face lisse et légèrement convexe, les bords latéraux sont débordés parles pointes aiguës et cannelées des expansions rayonnantes, de larges sillons bien accusés, montrent la place qu'occupaient les écailles abdominales et une partie des écailles fémorales. Figure 14, A, a, Planche 26. (Autre hyostemal droit. — Notre collection. ) 4 4, A. Face interne. Celle pièce, dont la concavité est très-prononcée, ne différencie réel- lement de celle qui vient d'être décrite que par les expansions rayon- nantes du bord interne, qui, ici, ne forment qu'un seul groupe et sont dépourvues de cannelures. 4 4, a. Face externe. Surface très-convexe, les pointes des rayons dépassant les bords laté- raux, sont lisses, les lignes de séparation des écailles abdominales et pectorales, bien nettement indiquées , n'offrent pas une complète analo- gie avec celles de la figure 13, tous ces caractères réunis accuseraient-ils une différence de sexe ? Figure 15, A, a, Planche 27. ( Hyposternal droit. — Muséum de Bordeaux.) 4 5, A. Face interne. Celle plaque concave au centre, a son bord antérieur BC, droit, suturé pour s'articuler avec le hyoslernal. ( 415 ) Bû, le bord externe, irrégulier, lisse et aminci, est arqué sensible- ment en avant vers sa partie médiane jusque près du bord antérieur qu'il rejoint par une ligne droite. DE, le bord postérieur est irrégulier et arqué en dedans à partir du bord interne jusqu'à la profonde cavité articulaire G, qui recevait l'ex- trémité supérieure du xiphislernal droit, à partir de ce point, il rejoint le bord externe par une ligne oblique portant un sillon servant égale- ment d'appui au xiphisternal. CE, le bord interne, est à partir de l'angle qu'il forme avec le bord an- térieur, lisse, aminci, et oblique en dehors, jusqu'au tiers à-peu-près de sa longueur; à partir de ce point, il est légèrement arqué en dedans et rayonné par dix expansions en saillie, creusées de sillons, et nettement séparées les unes des autres par des gouttières, ces expansions se termi- nent en pointes aiguës dépassant le bord. 15, a. Face externe. La surface externe de cette pièce est sensiblement convexe et montre d'une manière très- apparente les lignes de séparation des écailles abdo- minales et fémorales. La déchirure II, qui coupe le bord antérieur BC, de cette pièce est le résultat d'une cassure. VERTÈBRES Figure 16, A, Planche 26. (Vertèbres soudées. — Collection de M. Brochon fils.) Cette intéressante pièce composée de trois vertèbres soudées, vues par la face inférieure et d'arrière en avant, comprend : 1° n° 1 la dixième vertèbre de la série dorsale ; cette vertèbre commu- nément regardée comme lombaire, supporte deux pièces latérales assez semblables à des têtes de côtes, fortes et courtes, très-renflées aux ex- trémités supérieures, qui venaient s'attacher par synchondrose à la hui- tième plaque costale, en dessous delà côte et près de l'apophyse de celle-ci, sur la surface rugueuse et de forme irrégulière indiquée en D, dans la figure 4 ci-dessus décrite. 2° n os 2 et 3, la onzième et la douzième vertèbres de la série dorsale regardées comme formant le sacrum , chacune d'elles , comme la lom- baire supporte une paire de côtes, courtes et fortes, dont les extrémités reposaient sur les os iliaques. ( HO ) o^ LONGS Figure 17, A, a. Planche 2r>. [Humérus gauche. — Notre collection). ('.(MU' pièce esl représentée sur ses faces antérieure e( postérieure; la cassure n'a laissa que l'extrémité inférieure ou anti-brachiale, sur chacune dos races so montre on B une profonde gouttière où s'insérait une partie des muscles extérieurs. Fuu'he 1S , A, Pi \nc.iu-: -US. (Iliaque gauche. — Notre collection). Ce fragment , malgré la gangue qui l'enveloppe en partie, laisse cepen- dant voir la surface articulaire sur laquelle reposait l'ischion , l'extrémité inférieure de l'os qui servait d'appui aux vertèbres sacrées a été enlevée par la cassure. Groupe des POTAMITES. TRIONYX Le genre Trionyx, croc par Geoffroy Saint-Hilaire, est caractérisé par une enveloppe osseuse creusée de fossettes plus ou moins confluentes, et recouverte d'une peau molle ne présentant aucune trace d'écaillés. Jusqu'ici, soit dans la nature actuelle, soit dans les Trvonix fossiles qui ont été décrits, (Cuvier, Ossements fossiles; — Owen et Beel, His- /(>/■// o/' britisli fossil reptiles; — Pictet et llumberl. Monographie tics Chèloiiieiis de la molasse suisse) , il a été constaté un caractère fixe , consistant en ce que les fossettes et sillons varioliques tendent toujours en se rapprochant du bord externe de la place costale à devenir parallèles a ce bord. Pans les pièces que nous allons décrire, les vermiculalions recouvrant le dermo-squelette , présentent un caractère assez, anormal pour que nous la rapportions à une espèce nouvelle que nous désigne- rons sous les noms de : ( 417 ) TRIONYX AQUITANICUS Delfortrie. CARAPACE. I ' J È < ; E3 S ML AR G I N A L, E s. Figure 10, A, a, Planche 27. (Plaqiie nucbale. — Notre collection). v.), a. Face eçcievne. ]>, bord antérieur sensiblement arqué en dedans et couvert d'aspérités assez saillantes à sa partie médiane. C, le bord postérieur, très- arqué en dedans, fortement suturé sur toute sa longueur, s'articulait avec la face antérieure de la première pièce vertébrale et avec le côté antérieur de la première paire de pla- ques costales. Les bords latéraux D, et K, détruits en partie, dans l'exemplaire que nous décrivons, formaient une courbe, qui s'accusant de plus en plus vers les extrémités du bord supérieur, produisait de chaque côté de celui- ci une partie saillante suturée, faisant bourrelet, représentant le tiers environ de la longueur du bord latéral, et qui s'engrenait à droite et à gauche avec la deuxième pièce marginale. La pièce que nous avons sous les yeux est légèrement bombée, au lieu d'être creusée de venniculalions ordinaires chez les Trionyx, elle a sa surface couverte de profondes fossettes varioliques, qui de confluentes qu'elles sont vers le bord externe , se transforment presque aussitôt en petites cavités obsolètes, dont l'ensemble présente l'aspect de branches feuillées rejoignant le bord interne suivant des lignes perpendiculaires ou obliques. 19, a. Face interne. Cette pièce, légèrement concave, est coupée verticalement et en deux parties égales par un sillon au milieu duquel subsistent les vestiges d'un tubercule qui s'attachait par synchondrose à la huitième vertèbre, qui est considérée par quelques auteurs comme la dernière cervicale, et par Cuvier comme la première dorsale. Tome XXVII. 32 ( 418 ) PIÈGEW COSTALES Figure 20, A, a, Planche 28. (Pièce costale droite. — Notre collection). 20, A. Face externe. BC, bord antérieur, droit, suturé; DE, bord postérieur, parallèle au précédent et comme lui suturé ; le bord vertébral B D, suturé, droit, mais obliquant un peu en dedans vers sa partie inférieure, est tronqué à ses deux extrémités qui s'articulaient avec les pièces vertébrales, le bord externe CE est lisse et aminci. Le parallélisme des grands côtés de celte pièce indique qu'elle a dû occuper une place médiane (la troisième ou la quatrième ) dans la série costale; elle a surtout pour caractère saillant, les vermiculations qui la recouvrent ; de fossettes confluentes qu'elles se montrent à partir du bord vertébral jusque vers le tiers environ de la plaque, elles se transforment ensuite insensiblement en sillons ou gouttières qui s'étendent jusqu'au bord externe par des lignes perpendiculaires ou obliques. 20 , a. Face interne. BG, côte proprement dite, d'abord saillante à son point de départ qui se trouve également distant des bords antérieur et postérieur; elle perd ensuite en saillie et largeur, pour, un peu avant le milieu de la longueur de la pièce, reprendre un relief et une largeur qui vont toujours crois- sant jusqu'à ce qu'elle atteigne le bord externe, qu'elle coupe un peu plus près du bord postérieur que de celui antérieur ; B, reste de l'apo- pbyse qui la soudait aux vertèbres. Figure 21, A, a, Planche 28. (Plaque costale gauche. — Notre collection). 21, A. Face externe. Celte pièce , fracturée au deux tiers environ de sa longueur, du côté externe, a son côté antérieur BC suturé, d'abord droit, puis s'arquanl très-légèrement en dedans vers le côté vertébral, DE le bord postérieur, ainsi que le bord interne CE, sont suturés et presque droits, lesfosseltes et gouttières qui recouvrent cette plaque sont identiques à celles que nous avons indiquées dans la pièce qui vient d'être décrite. ( 419 ) 21 , a. Face interne. BC, la côle proprement dite, prenant de plus en plus de relief et de largeur à mesure qu'elle s'avance du bord externe, suit dans la longueur de la pièce une ligne presque parallèle aux bords antérieurs et posté- rieurs et équidistanle de cbacun d'eux ; de même que la précédente, et pour les mêmes raisons, celte pièce devait occuper dans la série une place médiane. PIÈGES VERTEBRALES Figures 22, A, a, 23, A, «, Planche 28. (Pièces vertébrales. — Notre collection). A, A. les surfaces externes de ces deux pièces sont creusées de fos- settes confluenies identiques à celles qui s'observent sur les plaques costales ci-dessus décrites, depuis le bord vertébral de celles-ci, jusque vers le tiers environ de leur longueur. a, a, les surfaces internes de ces plaques montrent les traces de l'arcade annulaire des vertèbres avec lesquelles elles étaient en connexion ; dans la pièce fig. 22, on peut voir les fragments des deux apophyses cos taies encore soudées à l'arcade. TRACHYASPIS Parmi les tortues à carapace molle, deux genres sans représentants dans la faune actuelle, ayant bien comme les Trionyx le derino-squelelle creusé de fossettes confluenies, mais se distinguant essentiellement de ceux-ci par la présence d'impressions d'écaillés, ont été décrits sous le nom de : Trelosternon, par Owen, et de Trachyaspis , par H. de Meyer (1) ; enlr'autres différences existant entre ces deux genres, on observe que chez le Tretosternon , la côte proprement dite n'a pas d'ex- pansion au-delà de la plaque costale, ce qui rend probable l'absence de pièces marginales; tandis que chez le Trachyaspis , au contraire, les côtes se prolongeant comme chez les Trionyx et les Cliélonées , accu- sent évidemment la présence de pièces marginales, osseuses. C'est à ce dernier genre Trachyaspis que nous rapportons les pièces que nous allons décrire; mais, de même que pour notre Trionyx (\) Pirtet et Humbeil, Monographie des Chèloniens de la molasse suisse. ( 420 ) aquitanicus , nous nous trouvons encore ici en présence de vermicula- tions dermiques d'une nature telle , que nous n'hésitons pas à faire une espèce nouvelle, à laquelle nous donnerons le nom de : TRAGHYASPIS MIOCOENUS Delfortrie. CARAPACE PIÈGES COSTALES Figure 24, A, a, Planche 28. ( Troisième plaque costale droite. — Notre collection. ) 24 A. Face externe. Bord antérieur BC , suturé , sensiblement arqué en dedans jusque vers son milieu , d'où il se relève en dehors jusqu'au bord marginal ; le bord postérieur DE, suluré, moins arqué que le précédent, auquel il est cependant presque parallèle, est échancré près du bord vertébral par deux cavités circulaires, très-régulières de forme , mais de grandeur inégale, et séparées par la ligne d'écaillé dont nous parlerons ci-après, celte ligne se trouvant toutefois plus rapprochée de la petite cavité que de la grande; BD, le bord vertébral est droit, suluré, tronqué à ses extrémités pour s'articuler aux pièces vertébrales; ce bord porte aussi , à son angle tronqué supérieur, une cavité circulaire semblable à celles que nous avons indiquées sur le bord postérieur. Ces perforations tra- versant la pièce dans toute son épaisseur, paraissent être des évents d'une nature plutôt pathologique qu'organique. Le bord marginal CE est lisse, aminci et de forme irrégulière , rentrant légèrement en dedans à son extrémité supérieure. La forme des sillons, qui sur cette pièce indiquent la séparation des écailles, annoncent une pièce impaire ; si on ne considérait que ces sillons et les grands bords de la pièce, qui sont peu arqués , on hésite- rait pour savoir laquelle, de la troisième ou de la quatrième place dans la série, il faudrait assigner à cette plaque, mais l'expansion G de la côte qui se dirige de bas en haut, ne permet pas de doute et indique la troisième plaque costale; par conséquent, les impressions laissées par les écailles indiquent la séparation de la deuxième et de la troisième écailles vertébrales d'avec la seconde écaille costale. Cette pièce costale a la moitié environ de sa surface , à parlir du bord ( 421 ) vertébral , couverte de profondes fossettes confluentes , lui donnant pour cette partie une parfaite analogie avec le Trionyx aqaitanicus (fig. 20 et 21, décrites ci-dessus); mais là s'arrête toute similitude; tandis que chez le Trionyx aquilanicus les fossettes sont suivies de gouttières et sillons gagnant perpendiculairement ou obliquement le bord externe, dans la pièce qui nous occupe, à partir du point où ces- sent les fossettes, sa surface est couverte d'une multitude d'aspérités rectilignes simulant assez bien des branches feuiilées tombant oblique- ment et perpendiculairement aussi sur le bord externe, mais sans traces de sillons aucuns. 24, a. Faee interne. HJ, la côte proprement dite, étroite et très-peu saillante à sa nais- sance, commence, à partir du milieu à- peu-près de sa longueur, à prendre une saillie et une largeur qui vont toujours croissant jusqu'à l'expansion dépassant le bord marginal; elle est, sur les deux tiers de sa longueur environ , couverte de stries longitudinales, qui sont surtout très-accusées à son extrémité inférieure H ; cette côte, qui divise la plaque en deux parties à-peu-près égales, en se rapprochant toutefois un peu plus du bord postérieur que du bord supérieur, suit une ligne sensiblement arquée en dedans. 25, A, a, Planche 28. (Huitième costale gauche. — Notre collection.) 25, A. Face externe. Cette pièce costale , dont le côté marginal est détruit par une cassure, paraît avoir perdu aussi le tiers environ de son bord antérieur et le quart à-peu-près de celui postérieur; sa forme primitive comme celle de toutes les dernières costales devait être presque triangulaire; dans le mode de sutures du bord postérieur, sutures dont nous parlerons lout-à-1'heure, comme aussi dans les lignes d'écaillés dont il va être question , nous trouvons , malgré l'état incomplet de cette pièce, deux raisons détermi- nantes, indiscutables, qui nous permettent d'assigner à celte pièce la huitième place clans la série costale. BG, bord antérieur, un peu arqué en dedans, surtout du côté margi- nal , est couvert de sutures qui s'articulaient à la septième costale. DE, le bord postérieur, presque droit, est couvert de fortes sutures, non-seulement dans son épaisseur, mais qui s'étendent aussi en bordure ( 422 ) sur la face externe de la plaque qui se trouvait ainsi articulée tout à la fois par juxta-position et superposition avec la pièce vertébrale qui lui faisait suite. CE, le bord vertébral très-court par rapport aux deux côtés décrits, de forme irrégulière, est d'abord fortement arqué en dehors, puis s'échancre ensuite pour aller rejoindre le bord postérieur; il est dans toute son étendue couvert de sutures qui s'articulaient aux pièces verté- brales. Les sillons qui couvrent celle pièce indiquent, savoir : le plus petit, qui est courbe , la ligne de séparation de la quatrième écaille vertébrale avec la cinquième, et le sillon coupant longiludinalement la pièce marque la séparation de la quatrième écaille costale avec la cinquième. La surface de cette huitième plaque costale est couverte de vermicula- tions en forme de fossettes, qui, de confluentes qu'elles sont près du bord vertébral, tendent, à mesure qu'elles s'en éloignent, à prendre une forme allongée qui laisserait à penser que la pièce, alors qu'elle était entière, présentait dans son ensemble un aspect analogue à celle ci- dessus décrite, fig. 24. 25, a. Face interne. Surface parfaitement plane, montrant en F les restes de soudures lais- sées par l'apophyse de la huitième côte proprement dite , dont il ne reste d'autres traces que quelques aspérités longitudinales , un peu rayonnan- tes , faisant à peine saillie. G. surface rugueuse, placée entre les traces de la côte et le bord postérieur; elle détermine le point de soudure avec l'apophyse, considérée comme côte de la vertèbre lombaire. Figure 26, A, a\ a", Planche 28. (Pièce marginale. — Notre collection). Chez les tortues à carapace molle appartenant aux espèces vivantes, la partie limbaire garde toujours sa condition embryonique et ne donne de pièces marginales qu'à l'état cartilagineux ; jusqu'aujourd'hui , on était autorisé à penser qu'il en était de même pour les Potamites de l'ancienne faune (Trionyx Geoffroy Saint-Hilaire , Trelosternon Owen, Trachyas- pisïï. de Meyer), dont on ne connaissait pas de pièces marginales ossi- fiées; la pièce que nous allons décrire et que nous venons d'avoir la bonne fortune de recueillir, permet désormais d'affirmer que chez les - ™ ' ( 423 ; Trachyaspis, au moins, les marginales sont osseuses; ce caractère nouveau, ajouté à ceux déjà existants, amènerait à penser que le genre Trachyaspis se rapprocherait davantage des Thalassiles que des Pota- miles. 26, A. Face inférieure. Cette pièce marginale a sa surface inférieure plane et couverte de fos- settes confluentes. BC, son bord externe, presque droit, inclinant un peu en dedans vers le point C, est sensiblement creusé à sa partie médiane par une ligne courbe du milieu de laquelle part un sillon traversant un peu oblique- ment la pièce jusqu'au bord interne ; ce sillon indique la ligne de sépa- ration des écailles limbaires. Le bord interne ED, est aminci comme une feuille de papier; entre lui et le bord interne F G delà face supérieure, existe une gouttière très pro- fonde , pénétrant jusqu'au tiers environ de la largeur de la pièce ; au milieu de celte gouttière existe une cavité plus profonde encore destinée à recevoir les pointes libres des côtes. 26, a, Face supérieure. Cette face, comme celle inférieure, est couverte de fossettes confluen- tes, BC; son bord interne, droit, aminci, comme nous l'avons déjà dit pour la face inférieure, est coupé au milieu par une échancrure étroite, profonde, pénétrant presque jusqu'au milieu de la pièce ; du point où s'arrête cette échancrure part un sillon d'écaillé tombant perpendicu- lairement sur le bord externe et coupant la pièce en deux parties égales. 26. a". Cette figure, qui donne une coupe de la pièce dans son épaisseur, montre une carène qui permet d'affirmer qu'elle occupait dans la série limbaire une place très-voisine de la pièce caudale. Une pièce fort intéressante, nous reste à décrire ; elle appartient évi- demment à un individu de la classe des Potamites, mais aucun caractère spécial n'indiquant qu'elle soit plutôt d'un Trionyx que d'un Trachyas- pis, nous la décrirons sans attribution. ( 424 ) Figure 27, A, Planche 26. (Épaule droite. — Notre collection ) Ce morceau comprend l'omoplate B et la clavicule acromiale C, ne formant qu'une seule pièce, soudée et articulée en E, avec le coracoïdien D ; celui-ci consiste en une lamelle osseuse, lisse et très-mince; sa forme en bec de corbeau, propre aux Potamiles, démontre à elle seule que la pièce que nous décrivons, n'a pu appartenir qu'à un individu de cette famille, tandis que chez les Thalassiles, l'os coracoïdien est presque droit, et a son extrémité amincie et élargie en spatule ; G, capsule où venait s'articuler la tête supérieure de l'humérus. Mai 1870. ( 426 ) PLANCHE 21 CHELONIA GIRUNDICA Delfortrie. FlGURE ( grandeur naturelle. ) 1, A, première plaque costale gauche, face externe. Id. a, id. id. face interne. 2, A, seconde plaque costale droite, face externe. Id. a, id. id. face interne. 5, A, cinquième pièce vertébrale , face externe. Id. a, id. id. face interne. 5 bis A, première pièce vertébrale, face externe. Id. a, id. id face interne. 6, A, huitième pièce vertébrale, face externe. Id. a, id. id. face interne. \ ACTES DE LA SOC.LINN.DE BORDEAUX mmmmmmmm i I • ( 428 ) PLANCHE 22. CHELONIA GIRUNDIGA Delfortme. FlGURE ( grandeur.naturelle.) 3, A, sixième plaque costale gauche, face externe. Id. a, id. ici. face interne. 4, A, huitième plaque costale droite, face externe. Ici. a, id. id. face interne. 10, A, pièces marginales, côté droit, face externe ACTES DELA SOC LINN.DE BORDEAUX T . XXVII PL. 22 ' ( 430 ) PLANCHE 23. GHELON1A G1RUNDICA Delfomrie. FlGURE (grandeur naturelle. ) 3 bis A, sixième plaque costale droite, face externe. Id. a, id. id. face interne. 7, A, 9 e et 10 e plaques vertébrales en connexion, face externe. Id. a, . id. id. face interne. 11, A, 5 e et 6 e pièces marginales, gauche , face interne. Id- a, id. id. face externe. ACTES DELA SOC.LINN.DE BORDEAUX ^rT Jf ¥ ^^^^^^^S^^^yg^^^^^f^^^s^^-M-^f^^'- ■ ■3? V ''SB I 11 A T .XXVII PL. 23 ( 432 ) \ PLANCHE U. ] CHELONIA GIRUNDICA Delfortme. FlGURE (grandeur naturelle) 8, A, plaque caudale , face externe. Id. a, id. face interne. 9, A, série continue de six pièces marginales, face externe. Id. a, id. id. face interne. T. XX VII PL. 24 ( 434 ) PLANCHE 25. CHELONIA GIRUNDICA Delfortrie. FlGURE (grandeur naturelle). 13, A, hyosternal droit , Id. a, id. id. 47, A, humérus gauche Id. a, id. id. 12, A, épisternal gauche, Id. a, id. id. face interne, face externe. face interne, face externe. ACTES DELA SOC.LINN.DE BORDEAUX T. XXVII PL. 2 5 \ ( 436 ) PLANCHE 26. CHELONIA G1RUND1CA Delfortrie. FlGURE ( grandeur naturelle- ) 1 4, A, hyosternal droit, A/. a, id. ici. 16, A, vertèbres soudées. 18, A, iliaque gauche. POT A MITE, 27, A, épaule droite. face interne, face externe. ACTES DE LA SOC . U N N . DE BORDEAUX T. XXVII PL. 26 r ia a H\ A ( 438 ) PLANCHE 27. CHELONIA GIRU1NDICÀ Delfoktrie. FlGURE (grandeur naturelle).- 15, A, hyposteruul droii, Id. a. id. id. face inie.1 ne. face externe. TRIONYX AQUITÀNICIIS Delfortrie. 19, A, plaque nuchale , Id. o, id. id. face externe. face interne \ ACTES DELASOC.LINN.DE BORDEAUX T. XXVII PL. 27 15 A i JUt 20l»« 440 ) FLANCHE -28. TRIONYX AQUITANICUS Delfortrie. FiGURE ( grandeur naturelle. ) 20. A, pièce costale droite, face externe. Id. a, id. id. face- interne. •21, A, pièce costale gauche, face externe. Id. a, id. id. face interne. 22, A, pièce vertébrale, lace externe. Id. a, id. id. face interne. 23, A, pièce vertébrale, face externe. Id. a, id. id. face interne. TRACHYASPIS MIOCOENUS Delfortrie. 24, A, plaque costale droite, face externe. Id. a, id. id. face interne, il), A, huitième costale gauche, face externe. Id. a. id. id. face interne. 26, A, pièce marginale , face inférieure, hl. a\ id. id. face sippêrievre. Id. a'\ id. id. coupe dans répaisseur. ACTES DE LA SOC LINN.DE BORDEAUX T. XXVII PL. 28 2 4- A '20 A 2 a 25 A c-'i { >> 1 A 2."» a 2 2 a 2 2 -\ 2 G a 2 H A **&.' 2 6 a L'AVENIR DU PORT DE BORDEAUX LES PASSES DE LA GIRONDE LE N T VAS EM ENT DE LA BASSE GARONNE Par M. E. DELFORTRIE , Vice-Président. TRAITE DE LA QUESTION AU POINT DE VUE GEOLOGIQUE. Au moment où le commerce se préoccupe si vivement de l'ensable- ment du port de Bordeaux et des passes de la basse Garonne, il ne sera pas sans intérêt de rechercher les causes d'un état de choses qui va toujours s'aggravanl et semble menacer de destruction le port d'une de nos cités commerciales les plus florissantes. CHAPITRE I". DES CHANGEMENTS SUCCESSIFS QUI SE SONT OPÉRÉS ET CONTINUENT A SE PRODUIRE D'UNE MANIÈRE INCESSANTE A L'EMBOUCHURE DE LA GIRONDE. Ptolemée, le géographe d'Alexandrie, place le port de Noviogamus à l'entrée de la rivière de Gironde ; suivant la tradition , celte ville et son port seraient aujourd'hui recouverts par l'Océan. Yinel rapporte (Élie Vinel, Y Antiquité de Bourdeaus), que de son temps on voyait encore à marée basse des restes de murailles attestant l'existence de l'antique cité. Qu'il soit contestable que les vestiges observés du temps de Vinet aient jamais été ceux de Noviomagus, nous l'accordons; mais il n'en reste pas moins, si ce n'est certain , au moins vraisemblable, que des rosles immergés d'anciennes habitations aient pu être observés à celte Tome XXVII. ( 3" Série : T. VII. - r y Livraison. ) 35 % ( m ) époque pendant les b.isses eaux; car, il est aujourd'hui avéré que les navires entrant en rivière naviguent dans des eaux qui recouvrent un territoire autrefois occupé par les anciennes paroisses de Saint-Nicolas- de-Grave et de Lilhan, qui n'existent plus que de nom, et par une partie des communes actuelles de Grayan , Talais et Soulac. (Jouannel, Statistique du département de la Gironde, t. I er . p. 12). L'abbaye de Saint-Nicolas-de-Grave, élevée en 1092 par Etienne, abbé de Cordouan, l'église de Saint-Nicolas, celle de Cordouan et l'ancien monastère de Soulac, élevés sous le règne de Charles-le-Chauve , ainsi que les habitations groupées jadis à l'enfour, tout est aujourd'hui abîmé sous les eaux ; un curieux manuscrit (Biblioth. Nationale, petit in-4°, FF, n° 86, fonds Colbert), relatant les précautions qui furent prises pour sauver les reliques et les trésors des églises lors de l'invasion des Normands, écrit par un chroniqueur anonyme du XIII 8 siècle, en idiome Pictavo-Limousin , et qui paraît n'être que la traduction d'une chronique en latin plus ancienne, nous fournit de précieux renseigne- ments sur l'époque et le lieu de l'édification de ces monuments, comme aussi sur leur disparition. Nous empruntons à l'ouvrage de M. Peigné Delacourt (Les Norman s dans le Noyonnais , Noyon , 1868), les lignes suivantes extraites du manuscrit dont nous venons de parler : A Solac jesla l'ouler sancta Vero- A Soulac, on mil le trésor el les re- niqua, misirent lo trésor è le saine- liques do l'église près de l'autel de tuaire de l'iglise. sainte Véronique. A Saint Nicholas de Grava sevelirent A Sainl-Nicolas-de-Grave, on en- lo lur ou degrez de l'outer e qui giest terra le trésor sous les marches de li bons nom qui fit l'iglise de Solac e l'autel où git le digne homme qui cons- de Grava e de Corda n per le coman- truisit l'église de Soulac et celles de dament Karla. Grave et de Cordouan, d'après l'ordre de Charles. L'abbé Mezuret (Notre-Dame de Soulac, Lesparre, 1865), donne un texte qu'il puise dans un autre manuscrit de la Bibliothèque Nationale (fonds Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés), texte qui apporte une preuve de plus à ce qui précède : « Monasterium Bealse Marise de Solaco silum est ad liltus Oceani ma- j> ris, non longé à turri Corduana insigni, scopulisque quibus cir- » cumsepta est nominatissima, et in suburbio civitatis Medulorum, ( 443 ) » olim Noviomagi, ut tradunt, quam quidem civitatem et circumvicinas » plagas occupavere aquse maris et arense ita ut ne macerise quidem » appareunt. » D'après ces documents, il n'est plus possible de mettre en doute que des changements notables ne soient survenus, il y a plusieurs siècles, dans la géographie physique de la contrée; mais ces changements ne sont pas les seuls observés : il nous reste à constater ceux qui datent d'une époque plus rapprochée de nous , mieux encore, ceux qui ne ces- sent de se produire sous nos yeux, Le rocher de Cordouan , dit Jouannet (Statistique du département de la Gironde, p. 67) faisait jadis partie du continent dont il est aujour- d'hui éloigné de près de 7 kilomètres; on prétend qu'en 4500, il n'en était séparé, à marée basse, que par un passage étroit et guéable. L'excellent travail de M. l'ingénieur Manès (Eludes sur le porl de Bordeaux, 1867), nous fournit les renseignemenls suivants : « Dans le principe , la Gironde avait son embouchure entre le rocher » de Cordouan et la conche de Bonne-Anse; ces rochers se joignaient à » ceux de Saint-Nicolas-de-Grave et de Baibegrise et se trouvaient sur » la côte qui vient en ligne droite depuis Arcachon; ce ne serait que » plus tard que la passe du Sud aurait pris naissance et aurait formé la » péninsule de Grave, qui a d'ailleurs varié beaucoup de position et » d'étendue. » En 1785, l'exlrémilé de la péninsule élait placée vis-à-vis la petite » anse qui est en amont de celle de Vaux ; elle était éloignée de 4,000 m » de la Poinle-du-Chai; en 1842, celte même extrémité élait placée » vis-à-vis la conche de Pontaillac, elle élait distante de 5,000'" de la » Pointe-du-Chai. » De 1 785 à 1842 , la laisse de la haute mer s'avance de plus en plus i> vers l'Est , en enlève depuis le rocher de Saint-Nicolas à la pointe «actuelle, une surface triangulaire ayant près de 2,000 m de base; » l'Océan a donc gagné progressivement vers l'Est, et la péninsule s'est » déplacée de l'Ouest à l'Est, comme si elle se fût inclinée sur sa » base. » Suivant les caries hydrographiques dressées par les ingénieurs, la ligne de la haute mer à Soulac en 1744 était à 950"' de l'église; en 1818, elle avait avancé de 300 m ; en 1805, elle n'en élait plus qu'à 560™ : dans l'espace de 121 ans , le rivage ava if donc reculé de 390'". ( 444 ) En 1818 , le niveau de la basse-mer à la Pointe-de-Grave élail à 720" de l'cxtrémilé de la jetée : En 1825, la mer avançait de. . . 240 ,n En 1837, — ... 300 En 1842, — ... 80 En 1844, — ... 100 D'après l'abbé Mezuret (N.-D. de Soulac), le village de Lacanau, fuyant devant l'envahissement de la mer, aurait été déjà rebâti trois fois ; celui de Sainte-Hélène a transporté à 10 kilomètres plus loin son église et ses maisons; Hourtin était autrefois bâti sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui l'étang qui porte son nom; enfin , les paroisses d'Extremey- res et de Saint-Pierre-de-Lignan ont vu chacune leur prieuré dispa- raître sous les eauxi L'ingénieur Magin, dressant la carte hydrographique de 1752, recon- naissait six passes à l'embouchure de la Gironde, il indiquait en outre : 1° Que les navires du plus fort tonnage pouvaient entrer à basse-mer par la passe du Matelier ou de Saintonge, existant entre le banc rocheux de la Mauvaise et le banc de sable de la Cuivre ; 2° Que toutes les autres passes pouvaient, à marée basse, être suivies par les navires tirant 17 à 18 pieds. Dès 1815, on ne comptait plus que trois passes praticables; depuis 1825, il n'en existe plus que deux, qui se sont conservées jusqu'aujour- d'hui , encore faut-il faire observer que d'après M. l'ingénieur Roba- glia (Eludes sur le port de Bardeaux , Mariés, 1867) , la passe du Nord se rétrécit et se comble, tandis que celle du Sud s'approfondit. La côte d'Arcachon a vu se produire des faits de même nature; ainsi , l'île Matoc, qui existait sur le bassin, est aujourd'hui immergée; le fort Cantin et la batterie Laroquelle ont également disparu ; enfin , les pas- ses du Nord et du Sud qui, en 1778 j donnaient entrée dans le bassin , sont aujourd'hui fermées par les sables. Cette invasion de l'Océan à l'embouchure de la Gironde, ou pour nous servir d'un terme qui traduira mieux l'opinion que nous émettrons plus loin, le mouvement de terrain qui s'observe à la péninsule de Grave est incessant, et quoiqu'il se produise lentement et sans secousse, il n'en reste pas moins fort appréciable, puisqu'il suffit de comparer les caries hydrographiques dressées en 1752 et 1842 , pour rester convain- cus que pendant le court intervalle de 00 ans, la Pointe-de-Grave a ( 445 ) disparu sur une longueur de 1,200 mètres, el qu'à l'heure où nous écrivons, la surface du terrain immergé représente un triangle à-pcu- près équilaléral et mesurant 10 kilomètres de côté. Un pareil déplacement devait nécessairement produire un change- ment notable dans le régime des eaux , le résultat ne pouvait qu'en être désastreux, et le fait ne s'est que trop malheureusement réalisé. Il est du ressort des yeux que, plus un fleuve soumis à marée, a de largeur à son embouchure, plus le flot y entraîne, à la haute mer, les sables et les graviers; et moins les eaux de descente ont de force pour les repousser. Or, par suite du mouvement de terrain dont nous ve- nons de parler, l'embouchure de la Gironde s'étant élargie de l,20G m , un résultat qui ne pouvait qu'être prévu n'a pas lardé à se produire : une barre s'est formée du côté de Royan, et le banc du Plalin a pris naissance sur la rive opposée. Si là s'étaient arrêtés ces funestes effets ! Mais le banc de Talais, qui en 1812 ne paraissait pas à marée basse, découvrait en 1825; depuis 1853, le banc de Saint -Georges s' élève lentement ; remontant le fleuve , nous comptons entre PauiUac et le Bec-d'Ambès un groupe d'îles et de bancs qui chaque jour augmentent en nombre et en étendue; du Bec à Monferrand mêmes faits se produi- sent, et enfin devant Bordeaux, l'envasement du port prend des propor- tions désastreuses. La cause déterminante du mal n'existe donc, d'après nous, qu'à l'em- bouchure du fleuve; reste à se poser cette question : A ce mal existe-t-il un remède? L'opinion des hommes spéciaux a été pour l'affirmative, le gouvernement, l'administration, la chambre de commerce, le corps des ponts-et-chaussées ont réuni leurs efforts pour venir en aide à la navi- gation, rien n'a été négligé; d'importants travaux ont été exécutés et dirigés avec tout le soin désirable , une somme importante y a été em- ployée, les chiffres suivants me sont fournis par le mémoire plus haut cité de M. N. Manès : Travaux exécutés au 31 décembre 1861. . . 0,556,245 Entretien depuis 1839 315,821 6,872,066 Travaux exécutés ou à exécuter depuis 1862. 4,100,000 Total 10,972,066 Restera pour entretien annuel 60 à 80,000 ( 4-16 ) Ces efforts si soutenus, si coûteux, ont-ils eu le résultat espéré? un remède a-l-il été apporté à ce mal considéré comme curable? Hélas! . non , et loin d'avoir diminué , le mal empire; tout a été tenté , on doit le reconnaître; mais, selon nous, il n'était donné à aucnne force humaine de pouvoir le conjurer. CHAPITRE II. A QUELLES CAUSES DOIVENT ÊTRE ATTRIBUÉS LES CHANGEMENTS SURVENUS A LA POINTE-DE-GRAVE. Et d'abord, la nature des travaux exécutés à l'embouchure de la Gironde dénotait-elle une saine appréciation des causes qui ont entraîné et entraînent chaque jour la destruction d'une partie de la péninsule de Grave? En un mot, avait-on une parfaite connaissance de l'ennemi à combattre? A notre sens, le fait seul de travaux entrepris est la preuve du con- traire. Onze millions ont été employés , disons le mot , ont été littéralement jetés à l'eau pour endiguer, renforcer, blinder enfin une langue de terre, qu'à tort on a supposé et que l'on suppose encore } être lentement cor- rodée, par conséquent chaque jour réduite par l'action des vagues; le projet des travaux, avant l'exécution, représentait donc la formule sui- vante : « Etablir une muraille assez solide pour résister à la vague, et le continent sera sauvegardé. » C'est là que gît l'erreur; M. Manès était bien près de toucher la difficulté du doigt, quand, dans le passage que nous lui empruntons plus haut, il disait : La péninsule s'esl déplacée de V Ouest à l'Est comme si elle se fût inclinée sur sa base; en effet , la Pointe-de-Grave n'est point rudement léchée et peu-à-peu détruite par le courant , mais elle s'affaisse lentement et sans discontinuité, la cein- drait-on d'une muraille de la Chine , jellerait-on au sommet du triangle le môle d'Alexandrie, que môle et muraille immergeraient forcément avec elle pour aller rejoindre au fond du gouffre l'église de Saint-Nicolas et le prieuré de Cordouan , dont vraisemblablement les murs gisent debout sous les sables. Ne suffisait-il pas de jeter un regard en arrière sur le passé de la tradition, de l'histoire, sur le passé de 1785 et de 1842, sur le passe d'hier môme, pour demeurer convaincu qu'il s'opère ( 447 ) sous nos yeux un mouvement d'affaissement incessant qui, après avoir englouti , il y a quelques siècles, des villages et leurs territoires, nous engloutira nous-mêmes, ou plutôt ceux qui viendront après nous, et cela dans une période plus ou moins éloignée; que nous sommes té- moins enfin d'un mouvement cosmique très-perceptible. L'affaissement du sol de l'Aquitaine n'a rien qui doive surprendre toutes les observations géologiques et géodésiques tendant à démontrer qu'aucun continent ne reste à l'état d'immobilité ; véritable bouchon flot- tant .anlôt il immerge, tantôt il s'élève au-dessus du niveau de la mer, l'oscillation est constante, mais se produit avec une lenteur qui dénote qu'entre la période d'affaissement et la période de soulèvement le temps ne doit se mesurer ni par années, ni par siècles. La période d'affaissement dans laquelle se trouve en ce moment la côte de Gascogne, s'observe également sur beaucoup d'autres points; de même aussi, on constate que certains continents sont en voie de soulè- vement : la mer du Nord, la Manche, la Baltique, l'Océan, la Méditer- ranée, la côte du Pacifique, les mers Polaires en offrent de nombreux exemples; nous n'en citerons que quelques-uns , les plus rapprochés de nous. Sur la côte de Bretagne, la ville d'Ys, ancienne capitale de la Cor- nouaille , gît aujourd'hui au fond de la baie de Douarnenez. Au sud de la pointe de Plogoff, on peut voir fort distinctement, à G m dans l'eau, des restes de monuments et des pierres druidiques debout. Au nord de la pointe de la Chèvre , on reconnaît au fond de la baie des vestiges d'habitation; au XVI e siècle, le chanoine Moreau a pu en extraire des armes, des urnes cinéraires et des pierres tumulaires. Non-seulement il y a reconnu des plantations régulières d'arbres encore debout, mais des chaussées pavées, des murs ayant conservé leur aplomb , indices incontestables d'un affaissement lent qui n'a été accom- pagné d'aucune secousse, dont la conséquence eût été un bouleverse- ment ; depuis les recherches de l'abbé Moreau , la profondeur à laquelle sont ces restes paraît s'être sensiblement accrue, ce qui dénote claire- ment que l'affaissement continue à progresser. Dans une récente communication faite à l'Académie des sciences , M. de Bottela signale un curieux effet du soulèvement qui s'opère en ce moment en Espagne : dans la province de Zamora , on observe que du village de "Villar don Diego , on découvre aujourd'hui la moitié de la tour du clocher de Benifazzes, village de la province de Valladolid, ( 448 ) tandis qu'il y a 23 ans, en 1847 , on apercevait a peine la pointe de ce même clocher. Le même fait se produit dans la province d'Alava , où l'on observe que depuis le village de Salvatierra, on découvre aujourd'hui en entier le village de Salduende; tandis qu'en 1847, c'est à peine si on distin- guait la pointe du clocher. Une dislance de 300 kilomètres sépare les points extrêmes de la ligne de soulèvement. Dans la Méditerranée, entre Rome el Civita-Yecchia, sur la plage de Palo , apparaissent à fleur d'eau les vestiges de l'ancienne ville d'Al- sium , colonie tyrienne , déjà en ruine à l'époque romaine. Près de Napîes , sont encore debout les ruines du temple de Jupiter Sérapis : la mer s'élève à plus d'un mètre au-dessus de la base du péris- tyle. En Angleterre, en Irlande et en Ecosse , les lignes de côtes montrent des traces de soulèvement qui accusent un changement de niveau con- temporain de l'homme. En Afrique, le désert du Sahara oriental de la province de Constan- tine, n'est-il pas reconnu par tous les géologues pour un fonds de mer mis à sec par soulèvement? n'assislons-nous pas, même aujourd'hui, dans le Nord, à la formation d'un Sahara septentrional qui bientôt sépa- rera la Suède de la Finlande? c'est le fond du golfe de Bothnie qui s'élève sans cesse. En Suède, s'observe actuellement un soulèvement; tandis que près de Slokolm , l'élévation n'est que de quelques centimètres par siècle, elle atteint au-delà de Gelfe plus d'un mètre pendant le même laps de temps. Tandis qu'en ce moment , un affaissement s'observe au Groenland , l'archipel du Spilzberg , les îles voisines de la Sibérie el la Scandinavie, sont en voie de soulèvement. Dès le commencement du XVIII e siècle, le célèbre naturaliste suédois, Celsius, signalait un mouvement d'oscillation du sol de la presqu'île Scandinave; il s'appuyait sur l'abaissement graduel des eaux de la mer du Nord et du golfe de Bothnie, les preuves palpables, il les trouvait dans la transformation de villes côlières en villes intérieures et par la réunion d'îles basses au continent; il est aujourd'hui reconnu que l'os- cillation du sol de la Scandinavie se rattache à un grand mouvement de soulèvement s'étendant du Nord de l'Europe à l'Asie. ( 449 ) aoNCLUsiOTsrs. Les continents étant en état permanent d'oscillation , il en résulte que le niveau des mers n'est jamais constant ; il s'abaisse ou s'élève en rai- son du volume des surfaces continentales qui plongent ou émergent. Les lignes de côtes que nous voyons lentement disparaître sous nos yeux ne sont pas , comme on a pu le croire, détachées du continent et détruites par la force des courants ; hors des cas de failles que peuvent parfois occasionner des dislocations intérieures de la croûte terrestre, elles ne cessent pas au contraire de rester liées à la terre ferme, elles immergent avec elle sans éprouver de disloeation. C'est d'un phénomène semblable que nous sommes témoins en ce moment à la péninsule de Grave. Le sol s'abîme sous les eaux, tout d'une pièce, d'une manière lente et continue. Ce mouvement d'affaissement de quand date-t-il, où seront ses limites? Nul ne le sait; cette surface affectant la forme d'un triangle équilatéral de 10 kilomètres de côte que l'on constate aujourd'hui comme disparue depuis quelques siècles , peut- être n'est- elle qu'un grain de sable comparativement au territoire englouti avant les temps historiques. Tout est régulier, coordonné dans la marche de la nature ; ce qui est a été, ce qui a été sera ; aucun fait nouveau ne se produit; mais une succession de faits constamment les mêmes dans leur ensemble , quoi- que dissemblables entre eux dans leurs détails se déroule lentement et voit chacun d'eux se produire à leur place et comme à époque fixe et déterminée; toutes les roches sédimenlaires composant l'écorce du ■ globe, formées d'abord sous la vague, n'ont-elles pas été successive- ment émergées, puis englouties , témoins les forêts qui ont formé la houille et les spores de Lycopodiacées signalés par Lyell dans les dépôts siluriens? Tome XXVII. 3 G ( 450 ) Le sable des landes, cette nappe siliceuse qui couvre une partie du département des Landes et de celui de la Gironde, n'a-l-il pas, lui aussi, été déposé par la mer? un soulèvement l'a émergé, un affaissement est en voie de l'engloutir ; Bordeaux et son territoire sont fatalement voués à la mort comme la mystérieuse Atlantide des anciens; à moins que le sens du mouvement d'oscillation ne vienne plus tard à changer, un jour viendra où le flot de l'Océan recouvrira l'opulente cité et tous ces vigno- bles , source de son florissant commerce. Mais que la génération actuelle se rassure, le temps et l'espace ne se mesurent pas en géologie, et bien des siècles ont encore à s'écouler avant que l'heure de la catastrophe vienne à sonner. Août 1870. -xk-z^hstH'X- DES DÉPOTS LACGSTKES DU VALLON DE SÂUCATS Par M. LINDEH , Secrétaire général. Peu de formations géologiques ont donné lieu à plus d'opinions différentes que les dépôts lacustres de Saucats. En 1836, M. Dufrénoy les assimilait aux terrains tertiaires supé- rieurs^) et n'y voyait qu'une formation, « dans laquelle aurait existé un mélange de coquilles marines et de coquilles d'eau douce. » En 1862, M. Tournouër (2), tout en n'admettant, avec l'illustre géo- logue, qu'une seule formation d'eau douce à Sauçais, démontra qu'un falun, « analogue incontestable du falun de Mérignac, est intercalé dans le dépôt et compris, pour ainsi dire, dans son épaisseur; » il admit que les dépôts dont il s'agit appartiennent à l'étage lacustre connu sous le nom de calcaire d'eau douce gris de l'Agenais, (3) et prouva qu'ils sont miocènes et non tertiaires supérieurs. En 1863, M. Raulin(4)qui ne vit également qu'un seul étage lacustre (t) Mémoires pour servir aune dcscriplion géologique de la France par MM* Dufrénoy etElie de Beaumont, 1. III, p. 141 et suivantes. (2) Noie straligraphique el paléonlologique sur les faluns du département de la Gironde , par M. Tournouër, in Bull. Soc. géol. Fr., 2e Série, t. XIX, p. 1 042. (3) Sur les dépôts d'eau douce du bassin de la Garonne, etc. , dans le Bull. cit. 2 e S., t. XXIV, p. 487. (4) Aperçu des terrains tertiaires de l'Aquitaine occidentale, par M. Baulin, dans les mémoires du Congrès scientifique de France, séant à Bordeaux (28 e Session, t. III, p. Go). ( 452 ) à Sauçais, le crut plus moderne que ne l'avait fait M. Tournouèr, moins que ne l'avait pense M. Dufrénoy, et l'assimila au calcaire d'eau douce jaune de l'Armagnac de sa classification des terrains tertiaires de l'A- quitaine occidentale. En 1865, M. Mayer, dans son Tableau synchronislique des terrains tertiaires de l'Europe (1), divisa, le premier, la formation lacustre de Sauçais en trois parties distinctes et parfaitement tranchées, qu'il plaça dans les deux sous -étages de son étage aquilanien, savoir : 2. Couches de Mérignac 2 b. Argile blanche et calcaire d'eau douce supérieur de Sauçais. 2 a. Faluns de Lariey (Saucats), Martillac, Mérignac, etc. 1. Couches i 1 e Calcaires d'eau douce de Lariey, Mérignac, de Bazas. j Violle, Sainte-Croix, Bazas, etc. f Plus tard (en 1869), M. Benoist reprenant la question et compa- rant les terrains de Saucats avec les analogues d'autres localités, fut conduit à la même conclusion que M. Mayer. Selon lui (2), les dépôts dont il s'agit ont été regardés à tort comme ne constituant qu'un seul étage géologique , mais doivent être considérés comme composés de trois étages distincts, qu'il a classés de la manière suivante: A la partie supérieure, une marne fluvio-marine équivalent du calcaire d'eau douce jaune de l'Armagnac ; A la base, un calcaire d'eau douce, représentant le calcaire d'eau douce gris de l'Agenais ; Entre les deux, un terrain marin, analogue incontestable du falun de Bazas et de Mérignac. Celte classification des dépôts lacustres de Saucats reposait sur celle des terrains analogues de l'Aquitaine occidentale que M. Raulin avait développée , en 1863, dans les Mémoires du Congrès scientifique de Bordeaux, et dont l'inexactitude avait été constatée, dès 1867, par M. Tournouër(3) ; aussi ne pouvait-elle être acceptée sans modification en présence des nombreuses observations , qui en font contester la légitimité. Tout en acceptant les conclusions de M. Benoist, quant à (1) Cette classification date, en partie, de 1857. (2) Actes de la Soc. Lin. Bord t. XXVII, comptes-rendus, p. XVIII. (3) Sur les dépôts d'eau douce du bassin de la Garonne , Mémoire cité p. 484 et 48j. ( 4r»3 ) l'existence île trois étages distincts dans la formation dont il s'agit, j'ai dû m'en écarter (I) quant à l'âge qu'elles attribuent aux assises lacus- tres, dont l'inférieure m'a paru devoir être assimilée au calcaire blanc de l'Agenais et la supérieure au calcaire gris de la même contrée (2). Les dépôts d'eau douce de Saucats ont donc jusqu'à présent, donné lieu en quelque sorte à autant d'appréciations différentes qu'il y a eu d'observateurs. Il importait que cette divergence d'opinions fût éclaircie, de façon à reconnaître de quel côté était l'erreur, de quel côté la vérité. Des recherches multipliées , tant dans la localité même que dans toutes celles où les terrains analogues existent plus ou moins caractérisés, furent en conséquence prescrites en principe par la Société Linnéenne, qui dé- cida en outre que sa prochaine excursion annuelle aurait lieu dans le vallon de Saucats , dans des conditions qui pussent permettre à ceux de ses membres, qui s'occupent plus spécialement de géologie, d'arriver à une solution satisfaisante du problème à résoudre. C'est le résultat de ces recherches que je vais exposer dans cette étude, dont les éléments ont été recueillis non-seulement à Saucats, mais encore dans la plupart des localités des départements de la Gironde et de Lot-et-Garonne, où l'on peut observer le falun de Bazas , et dont les développements et les conclusions, œuvre exclusive du rapporteur, ne peuvent engager que sa seule responsabilité. I. DESCRIPTION GÉOLOGIQUE DU VALLON DE SAUCATS. Le vallon de Saucats prend naissance, à peu de distance en amont du village de la Sime , en un point situé au S.-S.-O. de Bordeaux et à l'O. de Saucats , à 58 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Il suit d'abord une direction sensiblement O.-N.-O. à E.-S.-E. jusqu'à Saucats, décrit ensuite un coude qui le relève vers le N.-E. et, après (1) Actes de la Soc. Lin. Bord. t. XXVII, Comples-rendus, p. III, XVII, XX et XXX. (2) Ibid. p. XX et XXX. — Voir aussi : Noulet, (Mémoire sur les coq. fos?. d'eau douce du S -0 , 1854) ; Tournouër ( Comptes-rendus de l'Acad. des Se, juillet 1865 et mémoire cité sur les dépôts d'eau douce du bassin de la Garonne) ; Gosselet, (Bull. Soc. géol. Fr-, 2 e S., t. XX, p 191) ; Matheron (Bull. Soc, géol. Fr., 2e S., t. XXIV, p. 227). ( 454 ) un trajet assez sinueux d'au moins 25 kilomètres , débouche dans la vallée de la Garonne, au village de Laprade, où la cote du thalweg paraît être de 7 à 8 mètres. L'inclinaison moyenne de sa ligne de plus grande pente est donc au plus de 2 mètres par kilomètre : très-faible à Laprade, elle augmente peu à peu en remontant vers l'origine du vallon et atteint son maximum au-delà de la Sime. Les couches tertiaires de la Gironde ayant, dans la région qui nous occupe, une inclinaison générale en sens inverse de celle du thalweg du ruisseau de Saucats, il est évident que les couches rencontrées par l'ob- servateur, à mesure qu'il remontera vers la source du cours d'eau, lui apparaîtront dans l'ordre naturel de leur superposition ascendante. Nous n'avons donc rien de mieux à faire, pour étudier cette dernière, que de marcher de Laprade vers la Sime et de relever,chemin faisantes coupes successives que nous présenteront le lit et les berges du ruisseau et, au- dessus, les terrains avoisinnants que des travaux de routes ou de car- rières auront mis à nu. Telle est la marche que je vais suivre, en passant d'ailleurs aussi rapidement que possible sur les terrains, qui n'intéressent pas directement l'objet de cette élude. A son débouché dans la vallée de la Garonne, le fond du vallon de Saucats est creusé dans un calcaire grossier, que des carrières, ouvertes à fleur du sol, ont légèrement fouillé et que ses fossiles : Natica crassatina Desh. Peclen Billaudellii Des Moul. — Delbosi Hébert. Echinocyamus piriformis Agass. Cerithium gibberosum Grat. ? Sculella striatula M . de Serres, etc. assimilent au calcaire à Asléries. Entre Avignon et Labrède, sur la rive gauche du ruisseau, cette roche calcaire devient plus compacte, quelquefois même un peu cristalline ; les empreintes de fossiles y sont plus nettes, plus nombreuses, plus variées, mais les espèces caractéristiques du calcaire à Astéries-type y sont rares, et font place à une faune, dans laquelle on remarque en compagnie de quelques-uns des fossiles précédemment indiqués : Cerithium Lignilarum Eichw. Turrilella Desmarestina Bast. — margaritaceum Brong. Nerila picta Feruss. (sp. ) — calculosum Bast. Lucina incrassala Dubois, — plicalum Lam. En continuant sa route, le long du ruisseau, on remarque, au-dehà de Labrède, un changement plus radical encore dans la nature des couches: le calcaire est remplacé par des argiles renfermant de nombreuses ( 455 ) concrétions calcaires, auxquelles succèdent des alternances d'argiles et de marnes, généralement d'un gris bleuâtre ou blanchâtre, dans les- quelles toute trace des fossiles caractéristiques du calcaire à Astéries a disparu, et dont les rares spécimens organiques appartiennent générale- ment aux mollusques que je viens de citer. Cette formation argileuse et marneuse prend fin près du moulin de Bernachon, où les berges escarpées du ruisseau, malgré l'épais rideau de verdure qui les recouvre, permettent de relever une coupe très^ nette du terrain : des sables argileux d'un bleu-verdâtre(l) y forment le lit du cours d'eau et les berges qui l'encaissent, servant de base à un calcaire sableux jaune, tantôt friable, tantôt durci par un ciment calcaire, d'environ quatre mètres d'épaisseur, au-dessus duquel les sables qua- ternaires s'étendent en nappe continue dans les landes du voisinage. Les fossiles qu'on receuille dans le calcaire sableux sont nombreux et en partie les mêmes que ceux de la formation argilo-marneuse, que l'on observe au-dessous des sables argileux. Je citerai particulièrement : Turrilella Dcsmaresllna Bast. Cerilhium subrjranosum Grat. — vermicularis Brong. Nerita picta Feruss. Rissoa Lachesis Bast. Lucina incrassata Dubois. Cerithium plicalum Lam. — columbellaLam. — margarilaceum Brong. Cylherea undala Bast., etc. Si de ce point, on continue à remonter vers l'origine du vallon, on aperçoit longtemps encore, après avoir dépassé le moulin de Bernachon, la superposition qui vient d'être indiquée ; mais en même temps on voit la couche inférieure argilo-sableuse plonger de plus en plus au-dessous de l'eau, où elle finit par disparaître. La roche sableuse jaune forme seule, dès-lors et pendant quelque temps, partout où le sous-sol ap- paraît, les berges du ruisseau, et ce n'est guère qu'en aval et à une faible distance du hameau de Lariey, où de nombreuses fouilles ont été faites par les collectionneurs de coquilles fossiles, qu'il est possible d'ob- (1) Basterot (Bassin (erliaire du bassin du Sud-Ouesl de la France) signale dans ces sables un Pinna de très-grande taille, dont le musée de Vienne (Autriche), pos- sède des exemplaires. Selon Hœrnes, c'est le Pinna Brocchil d'Orb.(P. nobilis Broc- chi, non Linné). On trouve cette espèce à Saint-Avit, près Mont- de-Marsan, au moulin de Cabanes, près Saint-Paul , au moulin de Caupian , près Saint-Médard-cn-Jalle , et à Salles. ( 450 ) server une modification dans la nature des couches, qui constituent les flancs du vallon. Ici nous allons aborder le cœur de la question, que nous nous sommes proposé d'étudier, car c'est ici qu'on voit affleurer, pour la première fois, depuis Laprade, les dépôts de calcaire d'eau douce de Sauçais. Je supposerai dans la description qui va suivre que l'obser- vateur parte du hameau de Lariey et que se dirigeant vers le ruisseau, il ne s'arrête qu'au bas de la berge que baigne le cours d'eau (1). 1re Coupe. — Rive droite du ruisseau de Sauçais , à la hauteur du hameau de Lariey. VI. Un grand nombre de fouilles ont mis à découvert, tout autour du hameau de Lariey, un calcaire marneux, très-fossilifère et d'aspect assez varié. Généralement carné, plus rarement gris-blanchâtre ou gris, ce calcaire renferme des fossiles, dont la nature semble indiquer qu'il s'est déposé au fond d'une nappe ou d'un cours d'eau saumâtre, car les Limnées, les Potamides et les Bilhynies s'y trouvent en grand nombre. Les coquilles que j'y ai receuillies appartiennent aux espèces suivantes: Hélix subglobosa Grat. Planorbis pseudo-ammonius Schloth.(sp.) Litnnea urceolala Brocchi. — declivis Braun. — pachygiaster Thomx. Polamides Lamarcki Desh . Dithynia Dubuissoni Rouillet. VIL Au-dessous de ce calcaire d'eau saumâtre, on observe un dépôt coquillier marin, souvent argileux ou marneux, dont l'épaisseur paraît varier entre m 30 et m 60, et dont l'allure par conséquent est fort irré- gulière. Sa faune, qui l'assimile au falun de Mérignac, renferme un grand nombre d'espèces, "parmi lesquelles je citerai les suivantes, qu'on y recueille le plus fréquemment : Turrilella Desmareslina Basl. (2). Bissoa Lachesis Bast. — vermicularis Brocchi. Pyramidella mitrula Basl- — Sandbcrgeri Mayer (3) . Nerita picla Féruss. Ringicula buccinea Desh Trochus Bucklandi Bast. (1) Pour faciliter les comparaisons, je désignerai toujours les mêmes couches par les mômes numéros d'ordre classés dans l'ordre, descendant des couches. (2) Cette Turritelle présente des variations de dessin assez nombreuses , mais qui laissent intacts les caractères spécifiques essentiels de la coquille. (3) C'est le Turrilella lerebralis, var. B, Uaulin. — Entre elle et le type, il existe de si nombreux intermédiaires , que je me permets de douter de l'excellence de l'espèce de M Mayer. ( Vol ) Conus Mercall Bcocchi. Oliva clavula Bast.. Myristica Lai/ici basl. Murex sublavalus Basl. Buccinum baccatum Basl. (I). — Aquitanicum Mayer. Pleurotuma semimarginala Lam. Ccrilhium plicatum Lam. — corrugalum Brong. — pictum Bas t. ■— papaveràceum Bast. — margarilaceum Brong. — subgranosum Grat. — scabrum Olivi. Vermetus arenarius L. Calyplrœa Sinensis L. Bulla Lajonkaireana Basl. Luiraria sanna Bast. Corbula carinala Duj. Tellina strigosa Gmel. (I). Saxicava anatina Bast. (2). Cytherea utulata Basl. — Deshayesiana Bast. Cardium peclinatum Linn. Fc'ttMS ouata Pennant. Diplodonla rotundala Mont.? Lucina denlala Basl. — scopulorum Brong. — columbella Lam. (I). Ungulina unguiformis Bast. (3). Cardita hippopœa Bast. .4rca cardiiformis Bast. — barbala Linn. Mytilus antiquorum Sow. (4). Lilfiodomus cordatus Lam., (s/? Dreissena Baslcroli D'Orb. (5). Chama gryphina Lam. Oslrca producta Raul. Delb. | — digitalina Eichw. j Spirorbis Iricarinaius Des Moul. Balanes, polypiers, etc. (3). (6). (1) Ces espèces se retrouveront dans les faluns qui recouvrent le calcaire lacustre VI et y acquerront des dimensions beaucoup plus grandes. Ce phénomène est loin d'être rare môme dans les terrains d'une même époque, ainsi qu'on l'observe d'ailleurs de nos jours. (2) Cette Saxicave se trouve toujours , à Saucats , au fond de cavités creusées par le mollusque dans le calcaire d'eau douce qui sert de base au falun de Lariey. Elle a de l'analogie avec certaines formes de S. arclica L., quoique évidemment distincte, car l'espèce fossile a vécu dans les trous qu'elle a forés dans la roche, tandis que la Saxicave vivante paraît toujours adhérer par son byssus aux corps flottants, de façon à être constamment agitée par les flots ( Voy. Fischer. Act. Soc. Lin. Bord. t. XXV, p. 295). (3) Comme la Saxicave , ces coquilles ne se trouvent généralement que dans des cavités creusées dans la roche par les mollusques eux-mêmes. (4) Ces moules forment un petit banc local dans le falun de Lariey. (5) Cette espèce a été souvent, et peut-être non sans raison, confondue avec Dreissena Brardi Faujas. Elle a aussi une extrême analogie avec Dr. aculirostris Goldf. (sp.). On sait du reste que tous les Dreissena tertiaires, non-seulement se res- semblent beaucoup, mais encore sont fort variables avec l'âge. Il est possible qu'il en soit de certains d'entre eux comme de l'espèce vivante, si justement nommée polymorpha et qu'on a essayé de découper en plusieurs autres. (6) Les huîtres tertiaires donnent lieu à de très-grandes difficultés de détermination; elles varient tellement dans nos régions, et, par de nombreux intermédiaires, passent si souvent d'une forme spécifique à une autre en apparence également spécifique, que ( 4-58 ) VIII. La couche sur laquelle repose le falun précédent (couche VII) ne peul êlre bien observée, à Lariey, qu'en deux points : dans une excava- tion peu profonde, ouverte près du hameau, et dans une sorte de tanière naturelle ou artificielle creusée dans la partie supérieure de la berge du ruisseau. Dans les deux points, elle apparaît à l'état de calcaire mar- neux compact, d'apparence lacustre, mais sans fossiles, et criblé, sur la face qui est en contact avec le falun, de trous forés par les lithopha- ges, (Saxicaves, Ongulines, Lithodomes). De couleur sensiblement uni- forme et d'un blanc-brunâtre dans la partie inférieure, elle présente, dans le haut, une série de petites bandes ondulées parallèles et de cou- leurs différentes, l'appelant un peu l'aspect rubanné de certaines agates. IX. Ce n'est qu'au-dessous de cette couche de calcaire marneux, qu'on voit affleurer le calcaire sableux jaune, que nous avons suivi depuis le moulin de Bernachon jusqu'ici, et dont la faune , ainsi qu'on peut s'en assurer, participe de celle du falun (couche VII) : Buccinum baccalam, Cerithium (plusieurs espèces) Cylherea undaia et C. Deshayesiana, Dreissena Basteroli , etc. On retrouve les mêmes superpositions de couches, en suivant le che- min qui relie le hameau de Lariey, au pont du moulin de l'Église. 2mc Coupe. — Rive droite du ruisseau de Sauçais, au pont du moulin de V Église. VI. Marne brun-rosé lacustre, de quelques centimètres d'épaisseur seulement, dans laquelle, sauf Hélix subglobosa, j'ai receuilli les mêmes fossiles que dans la couche VI de la coupe précédente. Vil. Falun argilo-sableux, de O20 à m 50 d'épaisseur, renfermant à sa base, un lit d'argile noire en partie formé par une accumulation d'al- gues fossiles, laquelle semble indiquer l'existence, en ce lieu, d'une ancienne plage. Les fossiles y sont peu variés, mais tous d'espèces du falun de Lariey : Cerithium plicalum Lam. Cardita hippopœa Bast. — margarilaceum Brong. Cyrena Brongniarti Bast. — lignilarum Eichw. Uugulina unguiformis Bast. Tellina slrigosa Gmel. Lilhodomus cordalus Lamk. les auteurs des espèces eux-mêmes seraient souvent fort embarrassés de dire, avec quelque probabilité, à laquelle ces intermédiaires se rapportent. Le genre Oslrea est un chaos qui reste à débrouiller, non-seulement au moyen de bonnes descriptions, mais encore et surtout au moyen d'excellentes figures. ( 459 ) Les deux dernières espèces n'existent que dans les perforations creu- sées par elles dans la partie supérieure de la couche suivante. VIII. Calcaire d'eau douce, gris de fumée ou brun; argilo-marneux ou marneux-compact, dans le haut ; généralement calcaire, dur et compact, dans le bas. Sa structure est tantôt homogène, tantôt rubannée ou bré- chiforme, et les fossiles qu'il contient en grand nombre, appartien- nent aux espèces suivantes : Hélix subglobosa Grat. Planorbis pseudo-ammonius Schlolli. Limnea urceolalaRvocch\. — declivis Braun. — pachygaster Thomoe. Cyclosloma Lemani Bast. IX. Au-dessous , la roche forme escarpement au bord du ruisseau et sous le pont de la route de Son ; elle est de même nature que la roche sableuse jaune de Lariey et de Bernachon, mais elle est plus consis- tante, dans sa partie supérieure surtout. Les fossiles qu'elle renferme se retrouvent la plupart , et dans le falun de Lariey , et dans les sables jaunes du moulin de Bernachon ; mais les Cythérées et les Cériles abon- dent particulièrement dans les parties les plus voisines de la couche précédente. J'en ai retiré : Turrilella Desmareslina Bast. Cylherea Dcshayesiana Bast. — vermicularis Brocchi. — undala Bast. Murex sublavalus Bast. Lucina denlala Bast. Buccinum baccalum Bast. Venus ovala Pennant. — Aquilanicum Mayer. Calyplrœa Sinensis L. (C. subsinen- Cerilhium plicalum Lam. sis d'Orb. — margarilaceum Brong. Oslrea producla Baul. Delb. — lignilarum Eichw. Spirorbis Iricarinalus Des Moul. Nerila picla Feruss. Sur la rive gauche du ruisseau, à la sortie du pont de la route de Sauçais à Son, on retrouve encore la même succession de couches, mais avec celle différence que, au-dessus d'elle, apparaît un étage nouveau, le falun de Léognan, dont nous allons suivre les diverses transforma- tions, en faisant abstraction , comme auparavant, du sable quaternaire qui constitue le sol superficiel de la contrée. 3me Coupe. — Tranchée de la roule de Sauçais à Son, à la sortie du pont du moulin de l'Église, sur la rive gauche du ruisseau- V. Sable argileux remplissant quelques-unes des dépressions de la couche suivante et renfermant des fossiles brisés ou roulés , qui , par ( 460) leur ensemble, permettent d'assimiler, avec certitude, ce sable au falun de Léoenan : Buccinurn polit uni Bast. Oliva Baslerotina Defr. Ancillaria glandiformis Lam. Myrislica cormita Agass. Cerilliium papaveraceum Bast. Cardium discrepans Bast. Venus ovata Pennant. Lucina denlala Bast. Sctilella subrotunda Lam. Operculina complanala Lam. Vf. Calcaire marneux, blanc-rougeâtre, formant une assise très- ondulée, de m 65 d'épaisseur; dur et compact dans sa partie supé- rieure, plus argileux et moins consistant dans sa partie inférieure; renfermant d'ailleurs, comme dans les coupes précédentes, des fossiles qui indiquent que son dépôt a eu lieu dans des eaux saumâtres. Ces fos- siles sont, en effet : Limnea urceolata Brocchi. — pachygaster Thomoe. Planorbis declivis Braun. Melanopsis Aquensis Grat. Bilhynia Dubuissoni Douillet. Potamides Lamarcki Desh. Dreissena Basleroti Desh. Cyrena Brongniarti Bast- VII. Sable marin coquillier, jaunâtre, prolongement du falun de Lariey et de la couche VII de la coupe précédente, dont il renferme la plupart des espèces fossiles , généralement très-roulées, savoir : Pyramidella plicala Bronn. Nerita picta Feruss. Buccinurn baccalum Bast. — Aquilanicum Mayer. Cerilliium plicalum Lam. — margarilaceum Brong. — subgranosum Grat. Calyplrœa Sinensis Lin. Bulla Lajonkaireana Bast. Cytherea undala Bast. Venus ovata Pennant. lAicina denlala Bast. Ungulina unguiformis Bast. Dreissena Basleroti Desh. Ostrea producta Raul. Dell?. À la base de cette couche , dont l'épaisseur varie de m 30 à m 40, existe, comme dans la coupe précédente, une veine charbonneuse de 5 à 10 centimètres, principalement formée d'algues fossiles et semblable à celles que l'on observe en divers points de nos plages océaniennes. VIII. Calcaire marneux lacustre, de couleur variant du gris au brun et au rougeâlre; ce calcaire est tantôt bréchoïde, tantôt fragmentaire; sa surface supérieure a été creusée par les lilhophages et comme ron- gée par les flots dont elle semble avoir subi l'action corrodante pen- dant un temps plus ou moins long, avant que le dépôt de la couche précédente (VII) se soit effectué au-dessus d'elle. ( 461 ) Le calcaire d'eau douce (VIII) ne présente ici, comme dans la coupe où nous l'avons observé d'abord, qu'une épaisseur de 40 à 45 centimètres; il ne paraît d'ailleurs que peu fossilifère, car je n'ai pu y trouver, malgré les recherches les plus minutieuses, qu'un Cyclosloma Lemani Dast. et deux Planorbis pseudo-ammonius Schlolh. IX. Au-dessous de ce banc lacustre et formant la base de la coupe, s'étend une couche de sable fin , aggloméré , généralement friable, com- posé d'un mélange de petits grains quartzeux et de débris de coquilles réduites en poussière fine. On y trouve en abondance les mêmes Cérites elles mêmes Cylhérées que j'ai signalées dans les parties supérieures de la couche IX de la coupe précédente. A peu de distance de la tranchée que je viens de décrire et sur la gau- che de la route, dans une petite lande rase auprès de laquelle s'élève la ferme de Joachim, existent un assez grand nombre de fouilles, dont quelques-unes permettent de compléter la démonstration fournie par la 3 e coupe; l'une d'elles surtout, dite carrière de Giraudeau, du nom de l'exploitant, est particulièremeut à noter. 4 me Codpe. — Carrière Giraudeau, située près de la ferme de Joachim, en amont au pont du moulin de PÉglise , sur la rive gauche du ruisseau. V. La couche formant le haut de la coupe, au-dessous du sable qua- ternaire superficiel, se compose de deux assises très-distinctes qui font partie toutes deux de l'étage tertiaire connu, dans nos régions, sous le nom de falun de Léognan : 4° Une assise supérieure (A), d'épaisseur variant de m 10 à m 30, qui est formée par une agglomération de coquilles, la plupart en décom- position pâteuse. Ces coquilles sont généralement brisées , roulées et entremêlées de petits cailloux, d'une grosseur rarement plus qu'avella- naire; néanmoins, elles sont souvent assez bien conservées pour que la détermination spécifique en soit parfaitement certaine. J'ai reconnu, parmi elles , la présence des fossiles suivants : * Cerilhium plicalum Lam. * Turritella lerebralis Lam.(1). * — piclum Bast. — calhedralis Brong. — lignitarum Eichw. — quadriplicala Bast. (1) Cette espèce est très-variable, aussi bien au point de vue de son angle spiral qu'à celui de la forme des tours de spire. Ses variations sont d'ailleurs du même ordre que celles observées chez beaucoup de gastéropodes vivants et particulièrement chez les Cérites, les Buccins, les Rochers des mers équaloriales. En disposant les échantillons recueillis à Saucats et à Léognan dans l'ordre de l'a- ( 402 ) " Ringicula buccinea Desli. (I). Vagintlla depressa Dast. * Nalica Burdigalensis May er. Cardium Burdigatinum Lam. * Mitra scrobiculala Bvocchl. — Michelollanum Mayer. * Myrislicacornula Agass. Pectunculus Cor Lam. * Pyrula rusiiciHa Bast. Pectunculus slellalus Gmel. (3) * Pleurotoma semi-marginaia Lam. Lucina denlata Bast. — terebra Bast. Peclen Beudanli Bast. ? Columbella columbelloides Bast. — Burdigalensis Lam. * Denlalium Burdigalinumyiayer (2). * Sculella subrotunda Lam. /M/a Lajonkaireana Bast. * Operculina complanata Lam. 2° Une assise inférieure (B), dont la surface terminale, sur laquelle s'est moulée l'assise (A), est très-irrégulière, comme le serait une couche de matières meubles rongée par les eaux. Cette assise est composée cuite, plus ou moins grande, de l'angle spiral , on obtient une série dans laquelle on voit la coquille graduellement passer de la forme presque térébrante de la variété B Raulin [Turrilella Sandbergeri Mayer) à la forme plus obtuse des T. lerebralis Lam. et T. gradata Mencke. — Selon Hœrnes (Die fossilen Mollusken des lertiœr-Beckens von Wien , t. I , p. 421 ) , les caractères spécifiques qui différencient ces deux dernières espèces sont les suivantes : les tours de spire de T. lerebralis ne sont ja- mais carénés, mais simplement convexes, et les stries transversales qui ornent quel- quefois les tours les plus rapprochés de la bouche, disparaissent toujours auprès de celle-ci ; chez T. gradata , au contraire , les tours de spire sont tous carénés et couverts de stries plus ou moins saillantes. — Ces deux formes se retrouvent plus ou moins accusées parmi les échantillons divers dont j'ai pu disposer, et elles passent de l'une à l'autre par des intermédiaires si nombreux, qu'il me paraît impossible de les séparer spécifiquement. Tout au plus pourrait-on faire de la seconde une variété de la première sous le nom de T. lerebralis, var. gradata Mencke. J'en dirai autant de T. Sandbergeri Mayer, qui serait mieux nommée : T. ter., var. acuta. (1) Le Ringicula de Saucats, comme celui de Léognan, répond exactement à la description que Hœrnes (ouv. cité, t. I, p. 86, pi. 9, fig. 3 et 4) donne du Ringicula buccinea Desh. Les jeunes individus sont plus élancés que les adultes et striés transversalement, et ont une certaine ressemblance avec R. slriala Phil. avec lequel il a été souvent confondu. Voici les différences très-tranchées qui séparent les deux espèces : le R. slriala a la bouche de longueur égale à celle de la spire ; notre espèce l'a toujours beaucoup plus grande. En outre, R. slriala ne porte à la partie supérieure de la columelle qu'un simple épaississement , au lieu de la dent proémi- nente qu'on observe dans R. buccinea; dans cette dernière espèce, les stries trans- versales paraissent devenir moins apparentes avec l'âge, et parfois même disparaître complètement. Cette espèce est très-répandue dans tous les dépôts miocènes et pliocènes d'Eu- rope et se trouve encore vivante dans la mer Méditerranée et dans la mer Adria- tique (Hœrnes). (2) Cette Dentale ne paraît pas être distincte de D. enlalis Linn. (5) Il est très-difficile d'arriver à une détermination précise des pétoncles de nos terrains tertiaires, les variations qu'ils affectent dans leurs formes, voire même dans ( 463 ) d'un sable fin, rosé, très-légèrement aggloméré, qui renferme çà et là quelques amas lenticulaires de coquilles plus ou moins bien conservées et, vers le bas, quelques veines de gravier très-fin. Elle présente d'ail- leurs, par son analogie avec certains dépôts de nos plages sablonneuses des côtes de la Gironde, tous les caractères d'une formation de rivage : les fossiles de petites dimensions ou ceux qui , par leur forme et leur poids, ont dû flotter sous l'action d'un léger courant, sont généralement intacts et d'une détermination facile ; les autres sont roulés ou brisés. Outre les fossiles de la liste précédente marqués d'un astérisque (*), j'ai recueilli dans l'assise (B) les espèces dont les noms suivent : Aclœon semislrialus Feruss. Trochus palulus Brocchi. Nalica millepunctata Lam. Pyrula clava Bast. Sigarelus clathralus Recluz. — condila Brong. Phasianella Prevoslina Bast. Fasciolarla Burdigalensis Bast. leurs caractères spécifiques, étant excessivement nombreuses. D'autre part les au- teurs ne sont pas d'accord sur la synonymie des espèces : tels de nos échantillons, par exemple, qui répondent entièrement à la description que donne Hœrnes (ouv.cité, t. II, p. 316, pi. XL, fig, 1, 2; pi. XLI, fig. 1, 10) du Peclunculus pilosus Linné, sont classés par M. Mayer {Catalogue des fossiles tertiaires du musée fédéral de Zurich, 5<= cah., p. H 3) comme Peclunculus slellalus Gmel.; tels autres sont assi- milés à notre P. Cor par Hœrnes, sous le nom de P. oblusatus Partsch. (loc. cit. p. 320), et par M. Mayer sous celui de P. violacescens Lam. (loc. cit., p. 106). Lequel des deux auteurs faut-il suivre ? Si je m'en tenais aux indications de M. Mayer, j'aurais recueilli dans la carrière de Giraudeau et dans les environs , quatre espèces de Pétoncle, savoir : 1. Peclunculus violacescens Lam. (Syn. P. Cor Lam. et Bast. non P. oblusatus Hœrnes). 2. — oblusalus Partsch. (Syn. P. oblusatus Hœrnes, non P. Cor Bast.). 3. — glycimeris Linné. (Syn. P. pilosus Lin., non Hœrnes). 4. — slellalus Gmel. (Syn. P. pilosus Hœrnes, non Linné, P. polyodonlus Goldf.). Mais les passages des échantillons, l'un à l'autre, sont tels que je ne parviens guère à distinguer un peu sûrement que deux espèces : l'une comprenant, parmi ses varia- tions, P. Cor Lam.; l'autre correspondant à P. polyodonlus Goldf., que nous retrou- verons mieux caractérisé et moins rare , à La Sime , dans l'étage Helvétien de M. Mayer. Mes hésitations se comprendront facilement, quand on réfléchira aux difficultés qu'éprouvent les malacologistes pour le classement des Pétoncles vivants, bien qu'ils disposent, dans leurs recherches, de caractères qui font complètement défout à ceux qui étudient les espèces fossiles. ( 464 ) Terebra Basteroti Nyst. Tellina planata Linn. (1), — fuscata Brocc. Donax transversa Dosh. Neritapicta Feruss, Lucina ornata Agass. Calyplrœa depressa Lam. — columbella Lam. Tellina biparlita Bast. Echinocyamus pusillus Desor. VI. Le falun, couche V, repose sur un calcaire marneux compact de m 48 d'épaisseur, dans lequel abondent des fossiles (les terrestres et ceux d'eau douce souvent non adultes) qui appartiennent aux espèces suivantes : Hélix subglobosa Grat. (KR). Cyclosloitia Lemani Bast Limnea ureeolala Brocc. Bithynia Dubuissoni Douillet. (CC.) — pachygasler Thomse. Polamides Lamarcki Desh. (C.) Planorbis pseudo-ammonius Schlot. Cyrena Brongniarti Bast. — declivis Braun. (CG.) Dreissena Basteroti Desli. (CC.) Melanopsis Aqucnsis Grat- La nature fluvio-marine de cette couche , de même que dans les coupes précédentes, est très-caractérisée, les Dreissena et les Potamides s'y trouvant en grand nombre. VII. Au-dessous de cette formation d'embouchure, apparaît une assise marine, calcaire, d'épaisseur n'atteignant parfois que 5 à 6 centimètres, et n'en dépassant jamais 15. Les fossiles qu'on y observe sont principa- lement des Cérites et particulièrement Cerilhium plicalum et C. papa- veraceum. Quelques Ongulines sont logées dans des cavités qu'elles ont creusées dans la couche sous-jacenle , formée par un calcaire compact , d'apparence lacustre, qui termine la coupe dans le bas. Ce dernier calcaire est tantôt grisâtre, tantôt jaunâtre; sa surface supérieure est criblée de logements de lithophages; mais c'est à peine si, dans sa masse, l'on aperçoit çà et là quelque coquille terrestre ou d'eau douce empâtée dans la roche et d'une détermination plus qu'incertaine. A partir de la carrière Giraudeau jusqu'à Ponl-Pourquey , prés de Sauçais, on n'observe plus , le long du ruisseau, que du falun de Léo- gnan. Le faciès de ce falun varie, mais sa faune reste la même dans son ensemble, donnant ainsi la preuve incontestable, que les dépôts qu'elle caractérise, appartiennent à une seule et même formation. A La Cassagne, le falun est jaune, argilo-sableux; il est sableux, blanchâtre ou jaunâtre (1) Tellina Duboisiana D'Orb. ( 465 ) en aval du moulin de Lagus; gris-bleuâtre et très-argileux à proximité de cette usine. Il perd ensuite peu à peu une proportion croissante de son argile , et , à peu de distance de l'église de Saucats , il est à l'état de sable calcaire gris, tantôt meuble, tantôt aggloméré par un ciment spalhi- que qui le rend très-dur. A Pont-Pourquey , il est représenté, à la base des berges escarpées du ruisseau , par une molasse solide , riche en fossiles , et au-dessus de celte dernière jusqu'à la route du pont , par le falun classique de Saucats , sable composé de très-petits grains quarlzeux et de débris coquilliers réduits en particules très-fines, qui contient une immense quantité de coquilles , souvent admirablement conservées. Je donne dans le tableau suivant les espèces fossiles que j'ai recueillies, lors de l'excursion Linnéenne, aux diverses stations indiquées ci-dessus. Tome XXVII. 37 ( 466 ) NOMS DES FOSSILES Hélix Larlelii Du Boissy ? Limnea urceolala Brocchi Planorbis pseudo-ammonius Schloih. . . . Melanopsis Aquensis Grat Bissoa coslellata Grat Turritella lerebralis l.am — cathedralis Brong — quadriplicala Bast Scataria multilamella Bast Aclœon punclulatus Bast — semis tria lus Feruss Bingicula buccinea Desh. Hœrnes Natica millepunclala La m — Burdigalensis Mayer — Josephinia Bisso. (N. glaucinoides Grat.) Sigaretus clalhralus Becluz ( S.canaliculalus Bast.) Nerila picta Feruss Phasianella Prevoslina Bast Trochus palulus Brocchi — Audebardi Bast Phorus [Jeshuyesi Michelotli OlivaflammulataL-dm.(0. Dufresnei Basl.)(1) " — Baslerolina Defr. ( 0. pli caria Bast.) . . Chenopus pes pelicani Linn. (Hœrnes). [Ch. Burdigalensis d'Orb.) (2) Conus aveilana Lam PONT POURQUEY Haut des berges a -> ra a G) c (1) Hgernes, à l'exemple de M. Deshaïes, admet l'identité de ces deux espèces. Il fait remarquer à ce sujet ( ouv. cit. t. 1, p. 47), que I Oliva (lammulala est de forme très-variable. Le type est cylindrique, tantôt allongé et atténué à ses deux extrémités, tantôt ventru. L'angle spiral est plus ou moins aigu et varie entre 50 et 70 degrés. Les lignes de profil de la spire sont sensiblement droites et les tours, au nombre de sept, sont séparés par des sutures faiblement canaliculées. La bouche est étroite, allongée et légèrement élargie vers le bas ; le labre est épais et aplati , la columelle présente des plis, qui chez la variété obtuse (0. Dufresnei) s'étendent sur toute sa longueur, tandis qu'ils en couvrent à peine la moitié chez les formes allon- gées (0. flammulala typej En général, on observe près de la base deux plis plus proéminents que les autres; ils sont eux-mêmes recouverts de plis plus petits, et leur prolongement est séparé du reste de la coquille par une ligne, qui descend oblique- ment au-dessus de l'échancrure du bord inférieur de la bouche et s'arrête à la pointe extérieure du labre. Ce dernier caractère permet de séparer d'un seul coup d'œil cette espèce de l'O. clavula Lam., avec laquelle elle a certains rapports. (2i Cette espèce est extrêmement polymorphe et présente plusieurs formes, qui, considérées isolément, ont tous les caractères d'espèces distinctes; mais, dit Hœrnes ( ouv. cité, t I, p. 195), lorsqu'on' dispose d'un grand nombre d'échantillons, ainsi que cela a lieu au Musée impérial de Vienne, on voit ces prétendus types se relier de telle façon les uns aux autres qu'il est impossible de leur maintenir le caractère (467 ) NOMS DES FOSSILES Volula ficulina Lam. {V. afjînis Bast.). . — Lamberli Sovv — rarispina Lam. Milra scrobiculala Brocchi Murex lingua-bovis Bast — sublavalus Grat Myrislica cormUa Agaas. {Pyrula melongena Bast.)(1) Ranella papillosa Pusch. (/?. scrobiculala Grat.) Pyrula clava Bast — condila Brong — rusticula Basi Fasciolaria Burdigalensis Bast Cancellaria aculangula Faujas — irochlearis Faujas Plcuroloma semimarginala Lam — catap/iracta Brocchi — pseudo-fusus Des Moul. . . . — ramosa Bast — lerebra Bast Cassis Rondelcti Bast — Saburon Lam. ( C. tcxla Bronn.) (2) Columbella columbelloid.es Bast Buccinum baccalum Bast — Veneris Faujas — jioiilum Lam — Basteroti Michelotti (3) Nassa asperula Brocc Terebra fuscata Brocc. ( T. plicaria Basi.) Basteroti Nyst {T. duplicata Bast.) — plicatula Lam. (7'. cinerea Bast.). ,3 s PONT PDURQUEY = c Haut des beiges d'espèce. Partant de ce point de vue, Hoernes a fait disparaître les Ch. pes carbonis et pes graculi des auteurs , ainsi que les nombreuses espèces inventées par d'Orbi- gny, pour les besoins d'une idée préconçue {Ch. Burdigalensis, Graleloupi, alalus, Anglicus) , et ne les admet que comme des variations de forme de Ch. pes peli- cani. La comparaison de notre fossile bordelais avec de nombreux échantillons vi- vants de la mer Méditerranée , me fait adopter cette manière de voir, qui a été éga- lement celle de Pusch et de Nyst. (1) Sur le genre Myrislica, voir une note de M. Des Moulins, dans les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, t. XXVI, page 340. (2) Ce fossile, pendant longtemps considéré comme espèce distincte par la plupart des auteurs et désigné sous le nom de C. lexla, à l'exemple de Bronn ( halien's Terliœrgebilde), a été assimilé, dès 1848, par ce savant lui-même à C. Saburon, es- pèce qui vit, de nos jours, dans la mer Méditerranée. Celte assimilation est mainte- nant généralement admise. (3) Buccinum Basteroti de Michelotti a tous les caractères de la forme trapue de B. miocenicum du même auteur ; il n'en diffère que par le nombre des stries qui, chez lui, couvrent toute la coquille, tandis que chez B. miocenicum elles ne s'étendent que jusqu'à une faible distance de la base, (Hoernes : ouv. cit., t 1, p. 154). 11 est donc possible que l'examen d'un plus grand nombre d'échantillons conduise à ne considérer l'une des espèces que comme une variété de l'autre. ( 468 ) NOMS DES FOSSILES (i: Cerilfiium plicatum La m. ] — piclum Bast. ( — papaveraceum Basil — lignilarum Eïchw. ) . Calynlrœa deformis Lain ■ — depressa Basl , — Sinensis Linn Crepidula unguiformis Lam , Denlalium Lamurcki Mayer — Burdigalinum Mayer. (D. entalis Hœrnes) Butta Lajonkairea.7ia Basl — convolula Brocc Vaginella de pressa Daudin Solen vagina Linn. (Bast. Hœrnes) Polia Saucnlzensis Des Moulins (2) Mactra stria tella Lam. [M. Bucklandi Defr.). — BasUroti Mayer [Ai. deltoïdes Basl.). — iriangula Benier Corbula carinala Dujurd. [C. revotuta Bast.) — gibba Olivi Teltina biimrlUa Bast — plaitala Linn — striyosa Gmol. ( T. zonaria B.ist ). . Donax transrersa Desli — Iriangula ris Bast — gibbosula Mayer. Byssomia Moulinsii Potiez et Michaucl. . . . .5 g «3 PONT POURQUEY Haut des berge (1) Ces quatre espèces ne se trouvent jamais que très-roulées ou en fragments dans les eouches de la carrière Giraudeau et dans le falun de Pont-Pourquey. (2) Plu-ieurs échantillons de cette espèce, qui seia décrite par le savant et vénéré Président de la Société Linnéenne, ont été recueillis à Saucats, lors de l'excursion du 1 er juillet 1869. J'en ai trouvé depuis un autre à Cestas. L'étal de conservation de quelques-uns de ces échantillons permet d'affirmer qu'ils n'appartiennent pas au Polia legumen, décrit par Hœrnes, t II , p 17, pi I , fig. 15 , de son ouvrage sur les fos- siles du bassin tertiaire de Vienne ; ils s'en éloignent au contraire par des caractères très-tranchés Pour permettre la comparaison des deux espèces, je vais donner ici la traduction de la diagnose allemande du P. legumen telle qu'elle se trouve dans Hœrnes: « La coquille est longue, droite, très-mince et fragile , arrondie à ses deux extré- mités (point tronquée comme chez les Solen); un peu plus large à l'arrière qu : à l'avant , presque équilatérale et comprimée ; la surface extérieure est , comme chez les Solen, entièrement recouverte de stries recourbées à angle droit qui, toutefois, ne se redressent pas brusquemenl , comme chez les Solen , mais se recourbent à l'ex- trémité antérieure parallèlement à cette extrémité Deux dents, dont une est bifide, existent à chaque valve Les deux empreintes musculaires sont très-rapprochées et I placées très-près du bord cardinal ; l'antérieur est un ovale allongé en pointe ; le I postérieur, proportionnellement beaucoup plus petit, est situé au-dessus du sinus anal. » ( 469 ) NOMS DES FOSSILES s si 3 3 B e» n U ce M S as « o •a "5 o S PONT s s. ■ .'— a a-sj 3g POURQUEY laut des berges "S rs eu 2 03 te 2 ! Tapes vetula Ba st. (sub. Venere) 1 • • * • * * • • • * * — plicata Gmel — ovala Pennant [ V. radiala. Bast.) . . . * Cylherea erycinoides Bast. , * * — subnilidula d'Orb * Grateloupia irregularis Bast. (G. donacifor- Cardium Burdigalinum Lam * • ♦ — Micfielolianum Mayer Lucina dentala Bast : * * * * * * * * — columbella Lam Arca Turonica Duj Peclunculus stellatus Gmelm. sec. Mayer. . — violacescens Lnm. sec. Mayer. (P. cor Bast.) * Leda pella Linn. (Nucula emarginala Bast). — Burdigalensis Lam * Scufella subrotunda Lam * Operculina complanala Lam (1) Cylherea Uncla Bast., non Lam.; Arlhemis Batleroti Agass.;Fc«ms Basleroti D'Orb.. non Desh.; Dnsinia Adansoni Hœrnes (t. H, p. 147, pi. XVI, fig. A.) (2) Hœrnes (t. H, p. 415) considère cette désignation comme erronée et devant être remplacée par celle de P. Malvinœ Hœrnes ; voici les raisons qu'il en donne : P. opercularis a dix côtes de moins ( 20 au lieu de 30) que P. Malvinœ ; ses or- nements se prolongent jusqu'au crochet, tandis que dans l'autre espèce la partie voisine du crochet est lisse ; de plus, les valves de la première espèce sont plutôt granulaires que lamelliformes. Or ces caractères dislinctifs montrent précisément que notre Peclen de Saucats est le P. opercularis et non le P. Malvinœ. ( 470 ) Les couches supérieures du falun de Ponl-Pourquey sont non-seule- ment caractérisées par l'abondance exceptionnelle de certains fossiles, tels que : Oliva Baslerolina, Mactra Basteroti, Buccinum baccatum, Lucina columùella ('major), — Veneris, Tellina strigosa, Terebra fuscata, Donax transversa, etc. Mactra strialella, mais encore par la présence de quelques Gérites et de Nérites générale- ment roulées (6\ lignilamm, C. papaveraceum , C. pictum, N. picla) et par celles de quelques coquilles terrestres et lacustres [Hélix, Limnea, Planorbis, etc. 1 ), souvent complètement intactes. C'est là un fait analogue à celui qui , depuis longtemps, a été signalé à Ceslas par M. Lafont, et qui, plus tard, a été reconnu au même lieu par M. Tournouër (1). A l'époque où s'est déposé le falun dont il s'agit, Sauçais se trouvait donc probablement placé en face de l'embouchure d'un cours d'eau , dont le courant, de temps à autre, entraînait à la mer quelques-unes des coquilles que leur légèreté y avait maintenues flottantes. Un autre fait qu'il convient également de signaler est la transforma- tion de certaines parties sableuses du falun de Pont-Pourquey, tantôt en une roche coquillière très-résistante, tantôt en une sorte de grès ferrugineux plus ou moins compact, plus ou moins tenace. Celte der- nière transformation varie beaucoup, suivant le degré de proximité du sol , la nature du terrain qui joue le rôle de terre végétale et la compo- sition minéralogique du falun lui-même. Sur la rive droite du ruis- seau, par exemple, les infiltrations ferrugineuses n'ont eu en généra! pour effet que d'agglutiner légèrement les grains de sable et de re- couvrir les fossiles d'un enduil jaune ocreux ; tandis que sur la rive (1) On lit dans le procès-verbal de la séance du 7 avril 1851 de la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux (Mémoires, t. III, p. 180) : « M Lafont explique la présence de ces débris paléontologiques [os d'oiseaux et dents de car- nassiers), par la formation du dépôt de Cestas à l'embouchure d'une rivière qui a pu y charrier quelques cadavres d'animaux terrestres en même temps que des coquilles fluvialiles [Limnea, etc.), et terrestres [Hélix, etc.). » De son côté, M. Tournouër disait , en 1802, dans sa note citée sur les faluns du département de la Gironde, p. 1049 : « Autour du bourg de Cestas, on trouve de riches affleurements des couches supérieures de Léognan et de Sauçais , avec un retour intéressant de Mylilus et de coquilles d'embouchures , Nérites , Mêlantes , Cérites, etc . » (471 ) gauche, dans les parties situées presque à fleur du sol, la transfor- mation en grès aliolique est quelquefois complète; toute trace de calcaire y a pour ainsi dire disparu et les coquilles qui peuplaient la couche n'y ont laissé que leur moule et leur empreinte (1). On marche pendant quelque temps sur ce grès en suivant le sentier qui conduit de Pont-Pourquey à la métairie Cazenave ; mais bientôt il disparaît sous le sable des Landes, et ce n'est que près de la métairie qu'on peut observer de nouveau la formation dont il fait partie. Une fouille prati- quée dans la partie supérieure de la berge gauche du ruisseau, un peu en contre-bas de Gazenave, m'a permis de relever la coupe suivante, dans laquelle les assises sont décrites dans leur ordre ascendant. b e Coupe. — Fouille ouverte en contre-bas de la métairie Cazenave, sur la rive gauche du ruisseau. III. La couche inférieure de la fouille est une molasse solide, d'un jaune fauve consistant en un sable composé de petits grains quartzeux et de débris de coquilles réduits en particules plus ou moins fines, dont les éléments sont réunis par un ciment ou plutôt par' un enduit , tantôt cal- caire, tantôt ferrugineux. Les fossiles reconnaissables y sont rares ; ce sont des Donax Iransvcrsa (GC), Mactra Basleroli (jeune', Lucina denlala, Dreissena Basleroli, Peclunculus (jeune), et quelques coquilles roulées de Turrilella lerebralis , Cerilhium papaveraceum et C. pictum. C'est, comme on voit, la couche supérieure du falun de Pont-Pour- quey. II. Au-dessus de cette molasse, et parfaitement distinct, est un lit poudingiforme de trente centimètres environ d'épaisseur, composé de cailloux roulés, noyés dans une argile terreuse et entremêlés de quel- ques coquilles également roulées de Cardita Jouanneli et de Trocho- pora conica. Les cailloux, parfois assez gros, sont d'un calcaire com- pact, à ciment cristallin, dans lequel on retrouve d'abondantes traces de fossiles matins, malheureusement trop empâtés, pour qu'il soit (1) L'origine de cet alios s'explique de !a même façon que celle des roches analo- gues qu'on observe si fréquemment dans le terrain quaternaire (diluvium et sable des Landes). — Voir, à ce sujet, mon Élude- sur les terrains de transport du dépar- lement de la Gironde. — L'alios peut exister d'ailleurs dans tous les terrains sablon- neux, placés dans des conditions de végétation convenables. C'est ainsi qu'on en trouve à Salles et à Mios , dans le falun de Salles, et à Canéjan , dans le falun de Léognan, sur la rive gauche de l'Eau-Bourde , un peu en aval du moulin de Rouillac. ( «a ) possible d'en indiquer la nature; quelques-uns des cailloux paraissent avoir été creusés par des mollusques lilhophages. Une couche d'argile terreuse, couleur d'ocre jaune se trouve au-des- sus de ce lit caillouteux, caractérisée par une innombrable quantité de débris de coquilles et de grains serpenlineux (1) verts, vert-jaunâtre, brun-verdâlre ou bruns, usés' par le frottement et généralement de forme aplatie. Les fossiles y sont nombreux et presque toujours roulés. On distingue parmi eux : Oliva flammulata, Ringicula buccinea, Cardila Jouanneli (CC), Arca Turonica , Peclunculus slellatus (R), une lutraire (L. elliplica?) et Trochopora conica, qui suffisent pour assimiler la couche aux faluns de Salles. En continuant à remonter le vallon de Sauçais jusqu'aux prairies qui forment clairière, un peu en amont du hameau de la Sime, on retrouve la couche à Cardila Jouanneli dans le lit et à la base des berges du ruisseau ; mais son faciès a changé , quoique sa constitution minéralogi- que soit à-peu-près restée la même : l'argile est grise et sableuse au lieu d'être jaune ou jaune-verdâlre et terreuse; les cailloux atteignent de plus grandes dimensions; les grains serpenlineux paraissent moins abondants, et quelquefois les coquilles sont agglomérées en petites mas- ses ferrugineuses, d'apparence aliotique, analogues à celles que j'ai signalées auprès de Pont-Pourquey. Les fossiles y sont nombreux, assez variés, et d'une détermination assez facile, malgré l'usure que les flots leur ont fait subir en les roulant pêle-mêle avec des cailloux. Je ne citerai, parmi eux , que les espèces les plus communes, et celles qui , plus rares, peuvent servir à caractériser la couche. En voici la liste : Hissoa costellaia Grat. CliemnUzia costaria Wood. Turrilella lurris Basi. Turbunilla coslellata Grat. — Arc/iimedis Brong. Pyramiilella plicosa Biohn. ( 1) M. Mayer considère ces grains comme étant de nature serpenlineuse. Je partage son opinion; ils présentent en effet les caractères suivants : compacts et tenaee3, quoique tendres; de couleur variant du vert foncé jaunâtre au vert brunâtre et au brun; cassure généralement esquilleuss, quand la dimension du grain est suffisante pour l'observer; éclat variable , le plus souvent assez terne, rarement gras , quel- quefois céro'ide; poussière assez douce au toucher. Ils sont difficilement fusibles au chalumeau, à moins qu'on n'agisse sur les bords très-amincis d'esquilles; soumis à une chaleur modérée , ils prennent de la dureté. Quelques-uns de ces grains présentent plutôt les caractères du diallage, ce qui n'a d'ailleurs rien d'étonnant, puisque les cllaliagés se trouvent souvent disséminés dans les roches serpenlineuses. Açlœon semi-s'.riatus Bast. Ringicula buccinea Desh. Natica millepunctala La m. — helicina Brocc. Nerila Plulonis Bast. Trochus miliaris Brocc. Solarium bicarinatum Grai. Pillonellus Defrancii Bast. Oliva flammulala Lam. (0. Dufresnci Bast.) Pleuroloma obeliscus Des Moul. Afassa mulabilis Brocc. — asperula Brocc. Cerilhium trilineatum Phil. Calyplrœa depressa Bast. — Sinensis Desh. Denlalium gadus Monlag. Bulla Lajonkaireana Bast. — convoluta Brocc. — conulus Desh. Luiraria elliplica Roissy. Maclra aspersa Sow. — triangula Ren. Corbula gibbaOUvl. Tellina donacina Linn. Donax transversa Desh. ( 473 ) Psammobia uni radia ta Brocc. Fewws plicata Gmel. — ot>a(a Pennant. Cardium fragile Brocc. Lucina columbelta Lam. Crassatelta concenlrica Duj. Aslarte strialula Desh. — exigua Duj. — nuculina Duj. Cardila Jouanneti Bast. — monilifera Duj. ^rca /atfea Linn. Pectunculus slellatus Gmel. — Saucatzensis Mayer. Nucula nucleus Linn. fiV. margarita- cea Bast.) Lirriea strigilala Brocc. Pecien Tournait M. de Serres. Ostrea Delbosi Mayer. Membranipora Supergiana d'Orb. Cupularia inter média Michelotti. Cuvieri Michelin. Trochopora conica Defr. Relopora echinulala Blainv. Texlularia consecla d'Orb. Sphenolrochus sp. A partir de la Sime, l'observateur ne rencontre plus, en remontant vers la ligne de faîte des landes de la Gironde (1) , éloignée de 5 à 6 kilo- (t) Dans une publication récente , M. Raulin {Actes de l'Acad. de Bord., 3 e série , 1869, p. 534) a nié l'existence de cette ligne de faîte. Les travaux de nivellement exécutés par le service hydraulique de la Gironde, donnent un démenti irréfutable à celte opinion du savant professeur , indépendamment des excellentes raisons par lesquelles M. Des Moulins {Ibid., p. 3S0), l'avait déjà combattue. La carte des lan- des de la Gironde, dressée, en 1867, par l'administration des ponts et chaussées porte le tracé' de la ligne dont il s'agit : fort sinueuse quant au détail , elle suit une direction générale qui s'écarte peu d'une droite courant de l'extrémité nord de l'étang d'Hourtin à un point situé à quelques kilomètres au sud de Captieux ; son profil s'élève graduellement du niveau de l'étang d'Hourtin à 29 m (Lagunan), 34 m (Messa- dis), 41>» (Sainte-Hélène) , 49m (Salaunes), 58 80«° (Les Cuges), 63 SO* (La Croix de Hins), 70«>» (LePuchde Lagubar), 76 m (à 7 kilom. 0. de Saucats), 90m (p arc de Pinchagut), t30 m (au sud de Captieux). ( 474 ) mètres, que les sables caillouteux dont j'ai prouvé, antérieurement, l'origine quaternaire (1). J'ai résumé dans le tableau ci-contre la succession des couches géo- logiques que l'on observe dans le vallon de Sauçais, en remontant des dépôts les plus modernes aux dépôts les plus anciens dans l'ordre chro- nologique. En outre, pour faciliter les comparaisons, j'ai indiqué, en regard de chaque couche , l'étage et le sous-étage de nos terrains ter- tiaires aquitaniens que les publications géologiques les plus récentes désignent comme étant leurs équivalents. II DESCRIPTION SOMMAIRE DES ÉTAGES TERTIAIRES SUPÉRIEURS DANS LE DÉPARTEMENT DE LA GIRONDE. L'inspection du tableau qui termine le chapitre précédent, permet de se rendre compte de l'extrême divergence des opinions émises par les divers géologues au sujet de l'âge des terrains dans lesquels le vallon de Saucats est creusé. Un simple coup-d'œil suffit d'ailleurs pour re- connaître que cette divergence s'applique non-seulement aux couches (2) Voir à la fin du t. XXVII des Actes de la Soc. Linn. de Bord, le compte-rendu de la séance du 15 décembre 1869 , p. xlvi. Voici sommairement la coupe des carrières de Larrougeat, qui m'a conduit à cette preuve : 1° Terre végétale m 30 2° Sable caillouteux , prolongement de celui du plateau de Saucats 2 20 3° Dépôt sableux noir, à grains quartzeux fins, contenant de nombreuses coquilles terrestres et des débris végétaux herbacés 18 4° Sable grisâtre de même nature que le précédent 08 5° Dépôt tourbeux , très-sableux , contenant de nombreux débris noirs de petits rameaux ligneux et des coquilles terrestres de l'époque actuelle. 16 6° Sable grossier jaunâtre à H. nemoralis, occupant le fond d'une cuvette profonde existant à la surface de la molasse ossifère 15 Les coquilles recueillies dans les couches 3 à 5 sont : Hélix nemoralis Lin. C(J, H. lapicida Lin., H. rotundala Minier, H. variabilis Drap., H. hispida Lin.? Zoniles cellarius Mùller, Z. nilidus Miiller. Clausilia nigricans JefFr.? Cyclostoma elegans Miiller CC. Toutes ces espèces, que M. Gassies a bien voulu déterminer, appartiennent à la faune actuelle du Sud-Ouest de la France. des couches DÉSIGNATION DES COUCHES SUCCESSIVES OBSERVÉES DANS LE VALLON DE SAUCATS, DEPUIS LA SIME JUSQU A h lPRA.DE o: Sable caillouteux formant le recouvrement du plateau qui sépare le vall \ ne. Sauçais de celui de Léognan. II Sable argilo-terreux de la Sime et de la métairie Cazenave, à grains ser;)entineux et cailloux roulés calcaires; — caractérisé par Cardita Jouanncli et Trochopora conica. III Falun de Pont-Pourquey , remarquable : 1° par la présence, dans sa moil ' supérieure, de coquilles terrestres et d'eau douce (Hélices, Planorbes et Limnées) et de coquilles d'embouchure [Nériti Cérites et Dreissena) , et 2°, dans toute son épais- seur, par l'extrême abondance A'Oliva Baslerotina , Buccinvm Veneri et B. bacculitm, Terebra fuscata, Maclra strialella et M. Basleroti , Tellina strigosa , Donax transversa , Lucina columbei ï . Ostrea crassissima, etc. IV Falun bleu du moulin de Lagus , caractérisé par une faune analogue à i lie du falun jaune du Coquillal (commune de Léo- gnan). Falun jaune de La Cassagne et falun supérieur de Joachim et du moulir se , renfermant Turritella terebralis (CC) , Cancellaria acutangula (CC), Peclen Burdigalensis, Sculella sabroinntri , VI { Marne fluvio-marine de Joachim , du moulin de l'Eglise et de Lariey. VII ) Falun de Lariey, marnes à Cérites de Joachim , couche tourbeuse à CériUs et à Cyrènes du moulin de l'Eglise. VIII IX X Calcaire d'eau douce de Joachim, du moulin de l'Eglise et de Lariey. Sables jaunes inférieurs de Lariey et du moulin de l'Eglise; sables jaunes supérieurs du moulin de Bernachon. Sables argileux inférieurs du moulin de Bernachon; marnes bleues ef. blanches du ruisseau de Saucats, en aval du moulin jusqu'aux environs de Labrède; — couches caractérisées par des CeriU ;, Nerilapicta et Turritella Desmarestim. XI XII Argiles et marnes à concrétions calcaires de Labrède. Calcaire à Nalica crassalina des environs de Labrède et de Laprade. JiSîwâ~ti™!iiï%XZ K U ?Y, m n e , n i, e , n USae ° m , Fran f C - e> - la C0ucbf ' aoparlienflrait au terrain quaternaire ; II au terrain pliocène ; 111 à X, au miocène supuieur ou étage falunien DOrb.; XI et XII, au miocène inférieur ou étage tongrien d*Oif>. (oligocène des Allemands). ÉQUIVALENTS DANS LES DÉPARTEMENTS DE LA GIRONDE, DU GERS, DE LOT-ET-GA BONNE Selon M. MAYER (2) ÉTAGE SAHARIEN Selon M. RAULIN (3) Selon M. TOURNOUER (1) Selon M. LLNDER (5) TERRAI QUATER[\A!RE \ .a. Molasse à Cardita Jouanneli de Marlignas. Calcaire d'eau douce jaune de l'Armagnac. FALUN DE SALLES. Falun de Salles et molasse 'de Mar- tignas. / Molasse marine de l'Aim najg'njao. Falun de. Salles et molasse de Ma ;■ 2. — Falun jaune de Cestas. I. b. — Falun bleu de Moras ei falun jaune de Léognan , L, Hatllan, Saint-Médard, etc. 1. a. — Couche à Peignes de Léognan , Moras , Marlillac , Canéjan, Mérignac, St-Médard. Falun et molasse de Léognan , molasse de Marlignas et de Saint-Médard. : 1 Falnns a Oliva Itasterolina et Buccinum baccalum de Ces- tas, etc. Faluns à Peclen Burdigalensis et Cancellaria aculangula de Léognan — Calcaires lacustres supérieurs de l'Armagnac. Faluns et molasses des Puits (Léo gnan),de Mérignac super , etc Calcaires lacustres inférieurs de l'Armagnac et supérieurs de l'Agenais. 2. b. — Calcaire d'eau douce jaune de l'Armagnac ( Cas- teljaloux, etc.). 2. a- — Falun supérieur de Ces- tas et des Bougés , près Léo- gnan . 1. b. — Falun bleu supérieur (Les Bougés) ei faim! j mned Léo- gnan (Le Coquillu); molasse de Fooi aupian. I. a. Molasse à I'ectm et à gran- des Turritelles et molasse ossi- fère de Léogn et falun de Canéjan, . b. — Argile blanche et cal- caire d'eau douce supérieur de Moras et de Martillac. . a. — Falun de Moras, Mar- tillac, Mérignac, etc. l.e. — Calcaire d'eau douce de Mérignac, Violle, Sainte-Croix- du-Mont (inférieur), Bazas. i.c— Mol. ossif. infér. de Léo- gnan, Canéjan, Violle, Sainte - Croix, Bazas, etc. a i 3* Calcaire lac. jaune de l'Arma- gnac, calcaire lacustre supé- rieur de Sainle-Croix-du-Mont et Bazas ; marnes fluvio-mari- nes de Noaillan. l'alun de Mérignac, calcaire coqui- lier ei bancs d'Osl. undata de Ste-Croix-du-Mont , de Villan- draut, couches à Osl. crispala deLa Réole, Aiguillon et Nérac argiles grises ou vertes à Cérites de Bazas et Ste-Croix-du-Mont ? Groupe des cal. lac. gris de l'A- genais et du Bazadais, où ils alternent avec des dépôts d'eau saumâtre à Cyrena Bron- gniarti, Dreissena, etc., ou avec des bancs marins (faluns et calcaires de Bazas) ou des bancs d'Oslrea crispala. Falun de Mérignac. Calcaires coquilliers du Bazadais et de Sainte-Croix-du-Mont. Bancs ù'Osl. undata et d'Osl. crispala. Faluns inférieurs à Turritella Desmareslina, Cerilh. calcu- losum, Lucina globulosa, etc., de Marlillac, Léognan, Méri- gnac. — Molasse fiuviatile à Unio d'Aillas; marnes saumâ- tres de Noaillan, Canéjan, etc l.b — Roche concrétionnée de! Bazas, Labrède, Léognai Marlillac, Gradignan , ele 1. a. — Marnes ou sables bleu ou blancs de Martillac , Léo gnan , Cabannac ? Il Argile 1 ,t marnes vertes de Blan- ? ' (ruéfott. — Molasses coquilliè- \ res d< La Réole, Marmande, /' Castel jaloux et Sos. 5. Cale, à Astéries super, dl Langon, Saint-Morillon gnan , Gradignan. Calc:>i'.- à Nalica crassalina et Parkinsoni du Fronsa- de l'Entre-deux-Mers jn> i Sainte-Foy et Sainle- Ba le. S \ Molasses et argiles tongriennes. Calcaire à Cérites de Quinsac, Saint-Morillon, etc. — Calcaire des rives de la Garonne, avec Nalica crassalina, Turbo Par- kinsoni, Cardita Basleroti ,elc — Falun de Terre-Nègre. Cale. lac. super. >-,,. «azas et moyen deCastelja ou marne fluNio-marine de .Sainte-Croix- du .ni, etc. Falun ei calcaire d. ; Bazas et de Mérignac, mol. ce . ■], Sainle- Croix-du illandradt, Noaillan Mazèrei , etc. Cale. lac. inSÏT. de I nx-du- Mont et 'le Violle ; ojlc. d'eau douce de Roqui , liomraes, CadilUic I.i' Pian Êi Marne fluv. mar. de ill I n irjut , Ca- néjan. H .-g < a. Faluns infér, d« Martillac, mo- lasse d> la poudrerie de Saint- Médard ; calcaire! sableux du Sable, ;. L. ognai . Argiles n Roquelail- lade; m bleue du Sable, à Léognan , etc. Molasses et r_: "es ncrétions calcaires de'-t-î'. enire, Ver- delais. Bourg, St || Hiard, Léo- gnan, etc. Cale, grossier et (alons a Xuroo Parkinsoni, /Yffta'ca crassa- lina et Sculella siriatula. (2) Voir le Tableau synchronisa. i terrains tertiaires (2« cahier) du mein terrains tertiaires de l'Europe, de M. Mayer (1863) et le Catalogue systématique et descriptif des fossiles des rains- ternaires \~a° uauier; uu n .. in'( es de l'Aquitaine occidentale, par M. V. Raulin (1863), et les Eléments de géologie (géologie de ta France) du (4) Voir dhers mémoires de M. Ton i principalement ceux du Bull. Soc. géol. de France, & série, t. XIX, p. 105b (1862), et t. X' il 1 1867). (5) Voir les Comptes-Rendus des n ■ |. ; société Linnécnne, t. XXVI et XXVH. ( 475 ) dont j'ai parlé au commencement de ce travail , c'est-à-dire à celles qu'on nomme, habituellement et fort à tort, «calcaires lacustres de Saucats, » mais encore à la plupart des autres assises qui entrent dans la composition des terrains tertiaires moyen et supérieur. Par exemple, l'assise qui, dans la classification de M. Raulin, figure sous la dénomi- nation de calcaire d'eau douce jaune de l'Armagnac , serait pliocène selon M. Mayer, et l'une des assises inférieures de son étage helvélien; D'après M. Linder, elle constituerait l'assise supérieure du terrain miocène de nos contrées, et par conséquent de Vêlage langhlen (Mayer) ; Dans l'opinion de M. Tournouer, elle n'appartiendrait qu'à la partie moyenne de Vêlage langhien; Enfin, selon M. Raulin, elle serait plus ancienne que le falun de Léognan , et synchronique de l'assise supérieure de Vêlage aquitanien de M. Mayer- Ce sont autant d'opinions que d'observateurs. Il n'est évidemment qu'un moyen de mettre fin à ce fâcheux désaccord , c'est de reprendre l'étude des étages supérieurs de nos terrains tertiaires, au moyen de coupes multipliées et rapprochées le plus possible les unes des autres, de manière à pouvoir suivre , en quelque sorte pas à pas, les transfor- mations que les couches d'une même époque ont subies dans leur cons- titution et leur faune, selon qu'elles se sont déposées dans un lieu ou dans un autre. Telle est la méthode que je vais suivre dans la descrip- tion qui fait l'objet de ce chapitre. JaUe de Blanquefurt , entre Martignas et Saint-Médard-en-Jaixe. Quelques carrières, ouvertes à 1,500 mètres en aval de Martignas, à quelque distance de la JaUe, ont mis à nu des assises, que leur consti- tution et leur faune permettent d'identifier avec certitude aux faluns de La Sime et de la métairie Cazenave, dont j'ai donné précédemment la description. Dans un escarpement artificiel, situé dans le bois un peu en amont des carrières, j'ai en effet relevé la coupe suivante : Sable quarlïeux fin, micacé , jaune-rougeàtre (sable des Landes. ?) . < m 30 Marne gris-verdâtre , très-fissile , renfermant une grande quantité de débris de coquilles, réduits en particules très-fines . . • 70 Sable argileux fin , grisâtre, compose de grains quartzeux et de débris de coquilles , 35 476 ) Molasse sableuse, jaunâtre, renfermant quelques traces de fossiles. . m 50 Calcaire très-argileux, jaune, caractérisé par un grand nombre de grains serpentineirx; couche très-fossilifère, présentant souvent la même apparence physique et, à peu de chose près, la consti- tution minéralogique de l'assise terreuse jaune à Cardila Jouan- neii de la métairie Cazenave, â Saucats . épais.? Cette dernière assise peut être observée sur une épaisseur de trois mètres au moins, dans les carrières voisines. A l'exception des Peignes, des Huîtres, des Échinides , des Tarets, des Polypiers et des Bryozoai- res , les fossiles ne s'y montrent guère qu'à l'état de moule ou d'em- preinte. J'y ai reconnu : Turritella turris. Cardila monilifera Duj . Oliva flammulala , var. Dufresnei. Pecten Tournali. Conus subacutangulus D'Orb. — scabrellus. Pyrula condita. Ostrea crassissima. Myrislica cornula. — Delbosi ?. Pleurotoma ramosa. Scutella subrolunda. Buecinum prismaticum Brocc, Echinolampas Richardi Desmaresl. Panopœa Menardi Desh. Cupularia Cuvieri. Corbala gibba. Trochopora conica. Donax iransversa. Sphenotrochus, polypiers et bryozoai- Venus plicata Gmel. res de La Sime. Cardila Jouanneli. La plupart de ces espèces existent dans les faluns pliocènes de Salles et de La Sime , et une partie se rapporte incontestablement à des espèces subapennines. L'assise qui sert de base à ce dépôt pliocène , n'est visible ni dans les carrières de Martignas, ni dans leur voisinage, le long de la Jalle, et ce n'est guère qu'aux environs du moulin de Caupian , dans les exploi- tations à ciel ouvert faites dans une sorte de molasse sableuse , ana- logue à la molasse ossifère de Léognan , qu'on retrouve le substratum des sables caillouteux , qui forment le sol de la contrée. Entre ces deux groupes de carrières , la Jalle tantôt coule entre des berges sa- blonneuses arides ou couvertes de broussailles , tantôt circule dans des prairies marécageuses et s'allonge en capricieux méandres, dont les bords plats ne laissent rien à glaner au géologue. On parcourt ainsi près de six kilomètres , le long du ruisseau , sans pouvoir recueillir le moin- dre renseignement, et , comme la pente générale des couches tertiaires sous-jacentes est en sens inverse du courant , il est possible qu'il existe (477 ) une certaine lacune entre la base des couches à Cardiia Jouanneti de Martignas et les couches les plus élevées des carrières de Caupian. La molasse des carrières de Caupian n'est pas en général riche en mollusques fossiles , mais on y trouve un assez grand nombre de dents de poissons, et certains échinides n'y sont pas rares. Les fossiles que j'y ai recueillis appartiennent aux espèces suivantes : Turritella terebralis. Lucina ornata. Sigarelus clathratus. Peclen Toumali. Calyplrœa deformis. — Burdigalensis. Dentalium Burdigalinum . Pinna Brocchii D'Orb. Vaginella depressa. Sculella subrolunda. Corbula carinata . Echinolampas Richardi. Tellina strigosa. Operculina complanala. Lucina columbella. Dents de Squalides, etc. A partir du moulin de Caupian , sur une longueur d'environ cinq cents mètres , le ruisseau est encaissé entre des berges tantôt naturelles tantôt artificielles , dont la nature ne diffère pas de celle de la roche exploitée en amont. On y remarque toutefois , de distance en distance , de petites assises, qui apparaissent comme autant de centres où certains mollusques semblent s'être réunis en petites colonies ; ici de Turritella terebralis , ailleurs de Peclen Burdigalensis , etc. A un kilomètre et demi de la poudrerie de Saint-Médard , la forêt qui jusqu'alors a longé les bords de la Jalle, s'en éloigne, encadrant une clairière longue et étroite , à la lisière de laquelle affleure parfois un grès calcaire à grain fin , formé de plaquettes superposées , dont les surfaces de jonction présentent de nombreuses empreintes de fossiles d'une admirable netteté. Sa faune est plus riche en individus que celle de la molasse de Caupian , et renferme un assez grand nombre de Cérites. Les espèces que j'y ai particulièrement remarquées sont : Turritella terebralis ( v ar. à forme al- Cerithium papaveraceum. longée.) (CC.) — plicalum. Sigarelus clathralus — margarilaceum. Oliva clavula. Dentalium Burdigalinum. Cancellaria aculangula, Donax transversa. Pleurotoma semi-marginala. Lucina dentata. (CC.) Terebra plicalula. — columbella. (C.) Cerithium corrugalum. (AC.) — ornata. (AC.) C'est encore le falun de Saucats (étage langhien), mais avec cette modification que les espèces qui y dominent sont toutes répandues assez ( 478 ) abondamment dans le falun de Lariey. Celte circonstance semble an- noncer l'approche de ce dernier ; et en effet, ainsi que M. Tournouër en a fait l'observation , il y a longtemps déjà (1), on trouve, près de Saint-Médard, un affleurement de falun, caractérisé par une faune, spé- ciale, en grande partie, au falun de Bazas (étage aquitanien). La même succession de couches existe au Haillan , sur les bords d'un affluent qui débouche dans la Jalle de Blanquefort, en aval du moulin du Thil. La partie de ce village , la plus élevée au-dessus du ruisseau, est cons- truite sur un falun calcaire à Peclen Burdigalensis et Operculina com- planala , qui passe à une assise coquillière dont la faune offre une as- sociation remarquable d'espèces spéciales au falun de Lariey et d'espèces qui caractérisent plus particulièrement les faluns de Sauçais (2). Le substratum immédiat de celte dernière assise n'est pas connu , mais on trouve plus bas, dans des exploitations à ciel ouvert, des argiles bigar- rées à petites Oslreaei abondantes concrétions'calcaires (3), qui forment le recouvrement du calcaire à Astéries , dont les couches supérieures constituent les berges du ruisseau du Haillan , au point où ce ruisseau se joint à la Jalle de Blanquefort. Telle est la série des couches tertiaires qui constituent le sous-sol de la contrée arrosée par la Jalle de Blanquefort. Nulle part on n'y trouve trace d'une formation d'eau douce ; mais les étages marins, qui sont si nettement séparés dans le vallon de Sauçais , y passent graduellement l'un à l'autre par un mélange des faunes consécutives , démontrant ainsi la continuité de ces dépôts et l'absence de toute cause brusque de mo- dification dans la nature de leurs faunes. B De Mérignac, sur la rive gauche de la Garonne, à Tresses, sur la rive droite. M. Tournouër a le premier, en 1862 (4), signalé l'existence, en amont de l'église de Mérignac , d'affleurements coquilliers qui renfer- (4) Note slratigraphique et paléontol., etc. Bull. Soc. géol. de France , 2 e série, t. XIX, p. 1052. (2) Cet affleurement intéressant, très-visible encore en 1867, dans le haut du village, au-dessous des fondations déchaussées d'une masure, est aujourd'hui cachée par des constructions. — M. Tournouër en a signalé un semblable en 1862. (Ouv. cit., p. 1051). (3) On y discerne quelquefois des empreintes assez nettes de Cérites. (4) Ibid., p. 1050. ( 479 ) ment toule la faune caractéristique des couches inférieures de l'étage langhien de M. Mayer, représentées , dans le vallon de Saucats , par le falun de La Cassagne. Ces affleurements reposent sur le gisement clas- sique de Mérignac , si célèbre par ses fossiles , et dont la faune semble être comme un mélange des faunes langhienne et aquitanienne. Des blocs roulés de calcaire d'eau douce se montrent çà et là dans ce gi- sement (1). Au-dessous du falun de Mérignac est une roche jaune , sorte de grès calcaire à grain fin , d'une certaine épaisseur, excessivement pauvre en restes fossiles et qui, près de la Glacière, fait place, dans les berges du ruisseau , à des marnes blanches et grises, caractérisées par une grande abondance de Cérites et de quelques-uns des fossiles des marnes du ruisseau de Saucats, en amont de La Brède. Plus près de Bordeaux , le ruisseau coule dans des argiles à concrétions calcaires, puis dans le calcaire à Astéries. Ces diverses couches ont une penle légère du Nord-Est au Sud-Ouest , de sorte qu'elles se relèvent dans le sens où nous suivons la coupe. En tenant compte des distances, on ne peut donc espérer retrouver, sur la rive droite de la Garonne , les assises supérieures au calcaire à Astéries, qu'en explorant les terrains qui couronnent les coteaux de la pointe de l'Enlre-deux-Mers. On sait que le calcaire à Astéries forme l'ossature générale de ces coteaux ; les fossiles qu'on y recueille ne laissent aucun doute à cet égard ; mais on ne saurait rien affirmer au sujet des assises qui couronnent les sommités les plus élevées. Des défoncements de ter- rain effectués dans la commune de Tresses , à peu de distance du lieu dit Pétrus, ont en effet mis à jour, en 1868 , une couche de silex d'une épaisseur de m 20, renfermant une grande quantité de Planorbes (PL declivis). Cette couche repose sur un calcaire grossier caractérisé par de nombreux fossiles qui sont communs au falun de Bazas et au calcaire à Astéries, tels que Cerilhium plicalum, C. margaritaceum , C. calcu- losum, Turilella Desmarestina , Venus Aglaurœ, etc. , mais je n'ai pu vérifier, d'une mauière positive, quelle est la faune du calcaire qui le recouvre. Dans cette seconde coupe, on a vu le falun de l'étage langhien (Mayer) passer, par transitions, à un falun analogue à celui de Lariey, et celui-ci contenir des morceaux roulés de calcaire lacustre, dont rien n'annonce l'existence en place à Mérignac ou à ses environs immédiats; d'où l'on (î) Tournouër : Noie stral- el paléont., etc., p. 1051. ( 480 ) peut conclure : 1° que la mer couvrait probablement Mérignac à l'époque où le calcaire d'eau douce antérieur au falun de Lariey s'est déposé ; 2° que ce calcaire d'eau douce existait en place, à peu de distance de Mé- rignac, au bord du rivage de la mer aquitanienne. Cette seconde con- clusion trouve sa confirmation , sinon dans la présence d'un silex la- custre à Tresses, du moins dans celle' d'un calcaire d'eau douce dans le sondage dont je vais parler. C Sondage du Monteil, près de Pessac. Un sondage qui a déjà atteint une assez grande profondeur, est en voie d'exécution dans la propriété de M. Clouzet, à trois kilomètres en- viron de Pessac, à droite de l'ancienne route de Bordeaux à La Teste. Avant d'en donner la coupe, je rappellerai que, en 1868, j'ai trouvé, non loin de là et affleurant au sol , un falun jaune, composé d'un mélange de sable quartzeux et d'une immense quantité de débris fossiles réduits en très-petits fragments. Ce falun , caractérisé par une faune qui le rapproche du falun de Lagus, près Sauçais (1), n'existe pas au point où l'on a installé la sonde; il s'y trouve remplacé , sur une assez grande épaisseur, par les sables quaternaires des environs de Pessac. Voici la coupe du sondage Clouzet, restreinte à ses parties essentielles : Profondeur Epaisseur de la des bise des couches, couches. -4. Sable caillouteux, argile et graviers quaternaires. . . 8'» 00 8™ 00 2. Sable argileux gris-verdàtre fonce, contenant quel- ques débris coquilliers dans sa partie inférieure. . 16 &o 8 50 3. Falun argilo-sableux gris, caractérisé par les fossiles suivants : Turritella terebralis [2), Ceritliium lignilarum, Den- talium Lamarcki, Corbula carinala, Donax trans- versa, Venus ovata, Lucina denlala, Lucina (sp.?), Pectunculus obtusatus y Opercul,ina complanata, etc. il 30 80 4. Sable argileux gris-foncé verdàlre, avec débris co- quilliers indéterminables et quelques petits cailloux roulés 20 30 3 00 5. Grès gris, très-dur, à ciment calcaire, portant de (1) Actes de la Soc. Linn. de Bord., t. XXVII, comptes-rendus, p. III. (2) Variété à forme allongée ( T. Sandbergeri Mayer). ( 481 ) Profondeur Épaisseur de la des base des couches, couches. nombreuses empreintes intérieures ou extérieures de fossiles ( Tellines, Lutr aires, etc.) , d'une détermina- tion spécifique difficile 25 m 30 5 00 6. Gravier fin quartzeux, très-coquillier, mais à fossiles en général très- roulés, parmi lesquels j'ai reconnu: Turrilella lerebralis (I), Nerilapicla, Olivtt clavula, Pleur oloma semi-marginata , CerUhium piclum, Corbula carinala, Arca cardiiformis , Lucina den- lala, Aslrea Ellisiana, Nummulina lenlicularis , Operculina complanala. Cette faune a la plus grande analogie avec celle du falun classique de Mérignac. . 26 40 1 40 7. Grès calcaire compact, dur; pas de fossiles apparents. 29 00 2 60 8. Gravier fin, à parties agglomérées par un ciment cal- caire et renfermant quelques petits cailloux roulés ; quelques foraminifères [Spirolina, Nummidines , TrilociUincs), assez communs à Bernachon , dans le vallon de Sauçais 31 00 2 00 9. Grès calcaire, peu fossilifère, où Ton distingue avec peine quelques foraminifères et quelques bivalves indéterminables 36 50 5 00 10. Calcaire marneux lacustre, brunâtre, compact, au- dessus duquel est une assise mince de falun durci , contenant des Nerila picta, CerUhium calculosum, C pupœ forme . C. pseudo-lhiara 37 50 1 00 4 1. Sable argileux fin, non fossilifère 41 50 4 00 42. Marne blanche, sans fossiles 45 88 4 38 43. Marnegrise, renfermantducalcaireconcrétionné(?) blanc 47 86 1 98 4 4. Argile verte , sans fossiles , mélangée de débris calcai- res, comme l'assise n° 43. . 49 70 4 84 45. Calcaire gris tendre, ne contenant que de rares em- preintes de fossiles, quelques foraminifères et des polypiers (Sphenolrochus) 56 30 6 60 4 6. Calcaire à Astéries. Dans celte coupe , comme dans celle des vallons de Saint-Médard et de Mérignac, on voit la faune de l'étage langhien passer graduellement (1) La variété allongée , désignée sous le nom de T. Sandbergcri par M. Mayer. Tome XXVII. 38 ( 482 ) à celle de l'étage aquitanien , sans qu'aucun élément lacustre vienne s'y interposer. La série des assises se termine dans le bas par un calcaire riche en fossiles d'embouchure de rivière, et au-dessous, par un calcaire mar- neux d'eau douce , représentant évident de l'étage lacustre dont nous avons vu des fragments roulés dans le falun de Mérignac (coupe B). Les assises 11 à 14 sont d'ailleurs les analogues exactes de celles qui , le long du ruisseau de Mérignac, sont intercalées entre le falun et le cal- caire à Astéries. D Vallon de r Eau-Bourde, entre Cestas et Gkadignan. M. Tournouër, dans son excellent travail sur lesfaluns du département de la Gironde (1), a déjà donné d'intéressants détails sur les dépôts que l'on observe le long de l'Eau-Bourde ; mais ces détails étant insuffisants pour le but que je me propose d'atteindre, il me paraît nécessaire de donner une coupe plus complète des terrains qui s'étendent de Cestas à Gradignan (2). Quelques coups de pioche donnés autour du bourg de Cestas , soit derrière l'église, soit sur la rive opposée du ruisseau , près du pont, suffisent pour découvrir de riches affleurements d'un falun semblable à celui de Pont-Pourquey, dans lesquels apparaissent quelques coquilles d'embouchure , telles que Nériles , Mélanopsides , Cérites , etc. Je donne ci-dessous la liste des principales espèces que j'y ai recueillies : Melanopsis Dufouni, Buccinum baccalum, Rissoa costelluta, — polilum, Turritella lerebralis (var. allongée), Terebra Basteroli, Ringicula buccinea, Cerilliium piclum, Nalica Burdigalensis , — papaveraceum , — Josep/iinia, — rubiginosum '?) , Sigarelus clathralus , Calyplrœa Sinensis , Nerita picla, — depressa, OUva Basterolina, Denlalium Burdigalinum, — flammulala (var. Dufresnei), Vagi?iella depressa , Voluta Lamberti ( ? ) , Sole7i vagina , Pyrularuslicitla, Polia Saucatzensis , (1) Bull. Soc. géol. de France, 2e série, t. XIX, p. 103o. (2) L'exploration des rives de l'Eau-Bourde a été faite, en partie, avec M. Dcl- forlrie , à qui l'on doit d'importants travaux sur les Squalodons, les Chéloniens et les poissons broyeurs du terrain miocène aquitanien. ( 483 ) Mactra triangula, Lucina omata, — slrialella, — columbella, — Basleroli , — denlala , Corbula carinata, Pectunculus violacescens (P. Coi"), Donax Iransversa , — oblusalus, Byssomia Moulinsii, Ledapella, Venus Burdigalensis , Oslrea Delbosi, — ovata, Sculella subrolunda, Cylherea Lamarchi , Operculina complanala, etc. Graleloupia irregularis , MM. Tournouër (1) et Laharpe(2) signalent en outre, à Ceslas , des Mylihis (M. antiquorum'!). A mesure que l'on fouille plus profondément le falun, la roche passe à une molasse de plus en plus argileuse, de plus en plus pauvre en fos- siles. Dans le lit du ruisseau, c'est à peine si les recherches les plus minutieuses m'ont permis de récolter quelques rares coquilles de petite dimension , Lucina denlala , Donax transversa , Vaginella dcpressa. A l'aval de Cestas jusqu'à Fourcq , les affleurements sont rares le long de l'Eau-Bourde ; mais , à Fourcq, une carrière ouverte au bord du ruisseau, en face de la tour d'Houre, a tranché la berge sur une hauteur de plusieurs mètres , découvrant une molasse sableuse jaunâtre, dont la faune a la plus grande analogie avec celle des faluns inférieurs de Cestas (3). A la base du front de taille, les assises sont régulières; mais, au-dessus, elles ont un aspect tourmenté , comme si leur dépôt avait eu lieu dans des eaux constamment agitées. Quant au recouvrement de la carrière , qu'on peut suivre jusque dans les champs voisins , il est un falun , dont les coquilles appartiennent aux espèces indiquées ci- dessus. A Cestas et à Fourcq , on observe les couches du falun aux extré- mités d'une ligne droite faisant un angle très-faible avec leur direc- tion, ce qui explique pourquoi, malgré leur distance, les dépôts de ces (1) Noie slaligr. e> paléonl., etc., ouv. cilé, p. 1049. (2) Mémoires de la Soc. Se. phys. et nat. de Bord., I. III, p. 199. (3) Les espèces qui paraissent y être les plus communes sont les suivantes : Turri- lella lerebralis, (var. allong.), Ringicula buccinea, Trochus paiulus, Dentalium Burdigalinum, Bulla Lajonkaireana, Maclra Basleroli, Tellina planala , Psam- mobia uniradiala , Donax Iransversa, Venus casinoides , V. ovala, Cardium Tu- ronicum, Lucina ornala, L. columbella, L. denlala, L Sismondœ , L.hialclloides, Pectunculus violacescens , Leda pella , Vaginella depressa , Sculella subrotunda, Echinolampas Richardi, Operculina complanala , Çupularia Cuvieri , etc. ( 484 ) localités sont synchroniques. A partir de Fourcq , le ruisseau dont nous allons descendre le cours jusqu'à Gradignan, coule au contraire en sens inverse de la pente des formations dans lesquelles les eaux ont creusé leur lit, et il va traverser par conséquent les couches succes- sives de ces formations dans l'ordre de leur superposition descendante. Le lit de l'Eau-Bourde reste dans la molasse de Fourcq jusqu'à neuf cents mètres environ de cette métairie. A partir de là , le ruisseau paraît couler dans des molasses sableuses grises ou gris-bleuâtre, ca- ractérisées par une faune analogue à celle des molasses de Caupian, et dont la constitution peut être facilement vérifiée au pont du moulin de Rouillac. Les espèces qui s'y trouvent sont presque toutes à l'état d'em- preintes et démoules; les Echinides y abondent, et particulièrement Echinolampas Richardi. A ces molasses, qui se poursuivent jusqu'à trois cents mètres du pont de Canéjan, succèdent, de haut en bas, des molasses jaunâtres durcies, que leurs fossiles classent encore dans l'étage langhien de M. Mayer, puis , au-dessous , des faluns argileux gris, qui renferment parfois des quantités innombrables de Pétoncles et de Turritelles. J'y ai recueilli : Turrilella terebralis , Ringicula buccinea , Nerila picta , Oliva flammulala, Conus, sp. ? , Pleuroloma semi-marginata , Nassa asperula, Tercbra Basteroli, Pillonellus Defrancii, Cerilhium salm o , Ancillaria glandifovmis , Denlalium Burdigalinum , D. sp. ? Corbula carinata, Byssomia Moulinait, Venu» Burdiynlcnsis, — ovala , Cylkerea erycinoides, Cardium Turonicum , Lucina denlata, — colu?nbella, Arca Burdigaliîia, — Turo?iica, Peclunculus violacescens, — oblusalus , Leda pella, Operculina complanala , Cupularia intermedia, Sphenolrochus sp., Etc. Au-dessous de ce falun, la roche devient sableuse, jaune; les fossiles sont plus rares et d'espèces constituant une faune mixte composée de coquilles communes au falun langhien de Sauçais et au falun aquilanien de Lariey {Lucina ornala, L. columbella , Aerila picta, etc.); puis ap- paraît , à la base de la berge, sur la rive gauche, une veine d'un calcaire ( 485 ) marneux brunâtre, poreux et d'apparence lacustre, qui repose sur un sable jaune sans fossiles , et dont la présence indique un changement important dans la nature du terrain. Et en effet, si l'on examine, à quelque distance de là, au-dessous de la métairie Garos, l'escarpement qui constitue la berge droite du ruisseau, on relève la coupe suivante, signalée dès 1852 , par M. Laharpe (1), et complétée plus tard par M. Tournouër (2). Terre végétale. A. Falun avec Polypiers, Scutelles et coquilles brisées et roulées. . . m 35 IL Calcaire blanc marneux à Cérites et à Cyrènes, à la partie supé- rieure duquel se montrent quelques blocs, roulés ou à arêtes fortement émoussées, du calcaire suivant 45 C. Calcaire marneux lacustre, compact, contenant des Bythinia Dubuissoni et des Limnées. La base de cette assise est à m 40 environ au-dessous du niveau de l'eau (3). Le calcaire lacustre repose sur une roche sableuse jaune, dont les assises sont alternativement consistantes et friables , et généralement très-peu fossilifères; à peine si j'ai pu y recueillir un Polypier astréide et deux ou trois Cérites. Après avoir coulé l'espace de quelques centai- nes de mètres dans cette roche, le ruisseau en sort à mi-chemin de Peyrolon et du moulin de Tenet pour entrer dans des argiles bigarrées, et bientôt après dans des marnes à concrétions calcaires; à celles-ci succède le calcaire à Astéries , exploité près de Gradignan. On remarquera que dans la coupe que je viens de développer, l'en- semble des couches inférieures au calcaire lacustre G ne diffère en rien de ce qu'on l'a vu être ailleurs jusqu'à présent; mais qu'à ce calcaire la- custre succède, à Caros, une couche fluvio-marine, dont la faune semble indiquer un dépôt contemporain des couches VI et VII du moulin de l'Eglise, et à celle-ci , une formation de rivage A , qui disparaît promp- tement en amont de la métairie Caros et semble jouer ici le rôle de (1) Mémoires de la Soc. Se. phys. et nat. de Bord , t. III , p. 197. (2) Noie slral. elpaléonl-, etc., p. 1049. (5) M. Laharpe ibid.) signale des Planorbes dans la partie du calcaire lacustre qui plonge dans l'eau. — Le substratum de la formation d'eau douce est générale- ment très-difficile à constater, à cause des fascines qui , en temps ordinaire, recou- vrent les berges du ruisseau ; mais les crues du printemps de 1871 ayant enlevé ces défenses et profondément rongé les rives en un assez grand nombre de points, j'ai pu obtenir une coupo assez complète des assises comprises entre le calcaire lacustre de Canéjan cl le calcaire à Astéries de Gradignan. (•480 ) l'assise analogue (A de la couche V) , que nous avons observée dans la carrière Giraudeau (4 e coupe du vallon de Sauçais). E Ruisseau de ï 'Eau- Blanche entre Les Bougés (1) [commune de Lèognan), cl le Pont-de-la-Maye [commune de Villenave). Le ruisseau de l'Eau-Blanche prend sa source au sud-ouest de Léo- gnan, à peu de distance de la route agricole de Cestas à Saucats , dans la formation des sables quaternaires , qui couvrent les sommités des coteaux le long de la rive gauche de la Garonne. Après avoir coulé pen- dant trois kilomètres clans celle formation, il en sort près des Bougés pour entrer dans les faluns. Depuis ce point, son cours est parallèle à ceux de l'Eau-Bourde et du ruisseau de Sauçais, et ses eaux coulenl entre des talus, souvent escarpés, qui permettent à l'observateur de suivre, d'une manière régulière , la succession des couches tertiaires qui forment le sous-sol. De nombreuses fouilles ouvertes sur les deux rives fournissent le moyen de vérifier les coupes douteuses. Aux Bougés, une excavation, creusée dans le sol à quelques mètres au-dessus du lit du ruisseau , a mis à nu un falun jaune fauve , que sa faune assimile aux couches supérieures de Cestas et de Pont-Pourquey. On y trouve : Rissoa costellala, Vermclus arenarius, — perpusilla, — gigas, Turrilella lerebralis (lype) , Maclra triangula, Turbonilla tornatella , Venus casinoides , Pyramidella plicosa, Lucina denlata, Aclœon semi-slrialus , Pectunculus violacescens , Oliva Dasterolina , (islrea Delbosi , — /Iammulala[vav. Qufresnei), Trochoporaconica, Volula Lamberli, Cupularia iniermedia, Denlalium Burdigalinum , Escharina pertusa, etc. — gadus , Au-dessous de celte excavation des Bougés, le ruisseau coule dans un falun argileux bleu, présentant la même faune et les mêmes caractères physiques que celui du moulin de Lagus, dans le vallon de Saucats. On peut suivre ce falun sur une assez grande étendue dans le lit même du cours (1) C'est le groupe de maisons qui , sur la carie de l'Élat-raajor, est figuré sous le nom de : Les Berges. ( 487 ) d'eau, où on le voit succéder, vis-à-vis de la métairie de France, à un falun jaune argilo-sableux , dont le complet développement se montre, plus bas, au Coquillat, gisement classique du falun de Léognan. Ce gise- ment ayant été déjà décrit avec détails par plusieurs géologues , je ne m'arrêterai pas à en donner une nouvelle description , me contentant d'indiquer quelques-unes des coquilles qui constituent sa faune et paraissent l'assimiler au falun de La Gassagne (Saucats). Turritella terebralis (type), — quadriplicala , — calhedralis , — turris, Aclœon punctulalus, — semi-slr talus, Ringicula buccinea, Natica millepunctala , — Burdigalensis, — Jose/>liinia , Sigarelus clalhratus, Phasianella Prevostina, Trochus palulus, — Audebardi, Monodonla elegans, Phorus Deshayesi, Oliva flammulala , — Baslerolina , Chenopus pes pelicani, Volula rarispina , Murex lingua-bovis, — subasperrimus, Myrislica cornula , Pyrula rusticula, — clava , — condila, Fusus sublavalus, Fasciolaria Burdigalensis, Cancellaria conlorla, — aculangula , — Irochlearis, — doliolaris, Pleurotoma reliculala , — ramosa, — semi-marginala , Columbella columbelloides , Buccinum baccalum, — polilum , Nassa asperula, — Caronis , Terebra fuscala , — Basleroli , Vermetus arenarius, — gigas, Calyplrœa deformis, — depre^sa , Crepidula miguiformis, Dentalium Lamarclù, — Burdigalinum, — gadus, Bulla Lajonkaireana, Vaginella depressa, Maclra Basleroli, — triangula , Cor buta carinala, — gibba, Tapes velula, Venus casinoides , — islandicoides, — ovata, Dosinia Basleroli , Cylherea erycinoides, Cardiicm Burdigalinum, Michelolianum , — discrepans , — Turonicum , Lucina denlala, — ornala, — columbella , Ârca girondica, ( 488 ) Arca Burdigalina, Pecien opercitlaris, Veclunculus violacesccns ( P. cor.). — subsiriatus , — oblusalus, — Burdigalensis, — glycimeris, Sculella subrotunda, — slellatus, Eckinocyamus pusillus , Ledapella, Operculina complanala, etc. Pecien Beudanti, Des carrières , ouvertes près du ruisseau, à proximité de l'ancienne fabrique de carton du Coquillat , présentent, au-dessous du falun , dont il est séparé par une petite assise presque entièrement composée de Pecien Burdigalensis, un grès calcaire jaunâtre, véritable molasse siliceuse , quelquefois légèrement micacée et généralement pauvre en fossiles; à l'exception de quelques assises minces, qui sont comme pétries de moules et d'empreintes de coquilles marines, univalves et bivalves, d'espèces identiques à celles du falun supérieur, c'est à peine en effet si l'on y rencontre çà et là quelques Peignes et quelques Scu- telles (Se. siibroiimda). La superposition du falun à la molasse est visible en plusieurs points, autour de Léognan ; partout elle conserve intégralement ses caractères essentiels , malgré la variabilité qu'elle présente dans les détails d'un point à un autre. J'en citerai quelques exemples, qui auront l'avantage non-seulement de confirmer l'exactitude des détails qui précèdent, mais encore de préparer l'ordre de superposition des couches que nous ren- contrerons dans le ruisseau, quand viendra le moment de reprendre notre course le long de ses rives. Dans d'anciennes carrières , aujourd'hui comblées, situées au sud- est de Léognan, on voyait encore, il y a quelques années, la molasse du Coquillat recouverte par une couche de Pecien Burdigalensis et celle-ci par un banc de calcaire dur, à gros grains réunis par un ciment spalhi- que, et dont la faune était celle du falun. Celle roche calcaire était for- mée de petits lits , en forme de lentilles emboîtées les unes dans les autres , dans lesquels les fossiles n'avaient laissé que leurs moules et leurs empreintes. Plus près de Léognan et sur la même rive, les carrières de Pereyre et de Larrougeat ne renferment plus, en général, que des rudiments de falun qui reposent sur une assise riche en Pecien Burdigalensis; mais , la molasse y est très-développée. Celle-ci, comme presque partout ailleurs dans le voisinage, est un sable quartzeux plus ou moins fin, mélangé de débris de coquilles finement triturées , dont les éléments ( 489 ) sonl reliés par un léger ciment. La nuance des assises supérieures est le blanc-jaunâlre ; plus bas, la roche est gris-cendré, avec inter- calation d'une assise jaune-fauve; elle passe au bleu d'ardoise dans les assises inférieures. C'est dans cette molasse, généralement appelée molasse ossifère ou grès à Squalodons, qu'ont été recueillis de nom- breux restes de tortues marines décrits par M. Delfortrie (t) (Chelonia Girundica, Trionyx Aquilanicus, Trachyaspis miocœnus), et des osse- ments importants du cétacé carnassier nommé Squaladon Graleloupii^L). La faune coquillière des molasses de Larrougeat et de Pereyre est essen- tiellement composée de bivalves (3) et d'échinides {Scutella subrolunda, Echinolampas Richardi et C. Laurillardi) (4). Les assises de la molasse ossifère ne sont pas toujours régulières ; elles affectent quelquefois la forme ondulée que prennent les dépôts meubles dans les eaux agitées. Ce fait était très-visible dans la carrière de Rolland , exploitée , il y a cinq ans , sur la rive gauche du ruisseau , à la sortie nord de Léognan. La roche de cette carrière différait quelque peu de la molasse de la rive droite et du Coquillat; son grain était plus grossier et sa couleur, plus variable , présentait souvent, dans une môme assise, des passages heur lés du rouge ocreux au brun , au gris ou au jaune qui donnaient à la molasse un aspect bigarré des plus singu- liers. Une couche dure et celluleuse, véritable grès siliceux pétri de moules et d'empreintes de coquilles marines, coupait en deux le front de taille vers le tiers inférieur de sa hauteur ; la face supérieure de cette (1) Les Chêloniens du miocène supérieur de la Gironde, par M E. Delfortrie ( Actes Soc. Lin. Bord., t. XXVII, p. 399). (2) Description d'un fragment de mâchoire fossile d'un genre nouveau de reptile. (Saurien) de taille gigantesque, etc , par Graleloup (Actes de l'Académie des Se, Bel.-Lelt. et Arts de Bordeaux. 1840). — Gervais, Zoologie et Paléontologie française. — Ossements fossiles de la Gironde , par Pedroni (Actes Soc. Linn. Bord., t. XIV p. 109 J. — Mélanges célologiques, par M. Fischer (Actes.de la Soc. Linn. de Bord., t. XXVlI,p. 5). — Description d'une mâchoire de Squalodon Graleloupi , dans le grès marin de Léognan (Gironde), par M. E. Delfortrie {ibid., p. 133) , etc. (3) Voici quelques-unes des espèces les plus communes de la molasse ossifère de Larrougeat et de Pereyre : Maclra Basleroli, Lulraria latissima, Tellina bipartita, T. Aquilanica , Lucini ornala } L. columbella , L. denlala , Byssomia Moulin- sii, etc. (i) Selon GrivTELOUP, on trouverait quelquefois, dans la molasse de Léognan, Clypeaster maryinatus;M. IUulin y signale en outre Echinolampas hemispha>ricus. ( V. Actes de la Soc. Linn. de Bord., t. XXVI, p 258. ( 490 ) couche était onduléecomme si elle eût été soumise à l'action d'un cou- rant se dirigeant du N.-E. au S.-O. La molasse sableuse s'était moulée sur elle , affectant les mêmes irrégularités jusqu'au-delà de la moitié de la coupe. La faune de l'assise gréseuse était un mélange de coquilles du falun du Goquillat et de bivalves de la molasse de Larrougeat , asso- ciées à des fossiles de Lariey et de Mérignac, tels que Cerilhium plica- lum, C. corrugalum?, Rostellaria dentata , etc. Or, si l'on remarque que cette carrière est presque vis-à-vis, en contre-bas et à une faible dis- tance des carrières de Pereyre, il faut en conclure qu'on y voyait la base des dépôts exploités dans ces dernières , base qui était sans doute le passage, sans intercalalion de calcaire d'eau douce, de la faune lan- ghienne à la faune aquitanienne. Le fait que je viens de signaler a été constaté, dès 1862, par M. Tournouër, qui l'a observé aux Puits, dans les anciennes exploi- tations situées à l'ouest de Léognan. Cet habile géologue s'exprimait ainsi à ce sujet (1) : « Le falun ou banc coquillier que l'on trouve immédiatement au-dessous des argiles et des graviers superficiels se fait reconnaître d'abord pour le vrai falun de Léognan ( si riche un peu plus haut, en amont du bourg, aux carrières du Goquillat), à l'abondance des Peclen Burdigalensis , des Peclunculus, des Venus , des Cancellaria aculangula , etc. Et le sable calcaire pâle qu'il surmonte est très-intéres- sant paléontologiqu^ment, parce qu'il nous donne, à l'état libre et très- nombreux en espèces, les fossiles de la masse exploitée des moellons de Léognan. Ces fossiles, de couleur blanche et de petite taille en général , ne sont pas autres que ceux du Goquillat ; c'est la même faune, avec quelques espèces qui semblent plus particulières à cette assise , telles que la Turrilella 4-plicata , T. terebralis elongala, le Cerilhium salmo, le Cassis mamillaris major Grat., le Cassis Rondeleli, YEburna spirala, YAncillaria glandiformis , YOliva clavula, le Conus lurrilus, le Cardium discrepans , le Cardila pinnula , la Tellina biparlila , etc. On reconnaît là les fossiles du moulin de l'Eglise n 05 6 et 7, » — c'est-à- dire la base de la couche V de nos coupes de Saucats, — « et l'on y trouve même associés quelques fossiles de Mérignac, comme Turrilella Desmaresti , ou slrangulata?, quelques rares Cérites, Rostellaria den- tala, Cylherea Lamarcki, etc., à côté de la Panopœa Menardi, etc. » La base de la molasse ossifère s'observe également et mieux à la fon- taine du moulin Daney, près du pont de la route de Saucats, où un falun (l) Note paléont. et slrat. ante cit., p. 1047 et 1048. ( 491 ) kOperculina complanala, Turrilella lerebralis (var. allongée), Maclra slriatella, etc., mêlé à des lits de petits cailloux roulés, « qui annon- cent certainement un ancien rivage (1), ^) repose sur un calcaire mar- neux renfermant une faune essentiellement distincte. C'est elle encore que j'ai observée, en 1868, avec M. Brochon, dans un fossé provisoire, ouvert au-dessus du chemin conduisant du lieu dit Le Sable à Léognan et où j'ai recueilli quelques fossiles d'un falun mixte présentant les ca- ractères de la faune des Puits et de la fontaine du moulin Daney : Tur- rilella lerebralis (var. allongée), Maclra slriatella , Corbula carinata , Donax transversa , Byssomia Moulinsii , Lucina incrassala (subscopu- lorum) , L. columbella, Arca barbata, etc. Reprenons maintenant nos observations, le long des berges du ruis- seau, à partir du point où nous les avons momentanément laissées. La molasse, blanchâtre ou jaunâtre au Coquillat, passe en aval à une molasse gris-bleuâtre. Au moulin de M. Vaucher, on y trouve à fleur de sol , particulièrement dans les vignes de M. Thibaudeau , le Cerilhium salmo (2) et plusieurs des fossiles que nous avons observés dans la faune mixte de Rolland , des Puits et de la fontaine du moulin Daney. Au-dessous apparaissent, en abondance, Turrilella lerebralis (v. allongée), Lucina ornala, L. co- lumbella, Corbula carinata, etc. ; puis, à la base des berges et dans le ruisseau , dans une marne sableuse gris d'ardoise , quelques-uns des fos- siles précédents mêlés à des Cérites des couches VII et IX du vallon de Saucats. A la hauteur du moulin Daney, la marne sableuse passe, du haut en bas, à une roche sableuse jaunâtre composée de grains quartzeux irré- guliers, agglutinés par un ciment calcaire, et essentiellement caracté- risée par des fossiles de l'étage aquitanien : Rissoa Lachesis , Nerila picta, Phasianella Aquensis , Fusus sublavalus, Cerilhium plicalum , C. calculosum , C. subgranosum, Lucina globulosa, L. incrassala, etc. Cette roche existe encore au quartier du Sable, où elle forme près des deux tiers de la berge au-dessus d'une marne sableuse très-fine, gris- bleuâtre , remarquable par l'abondance extrême des Cerilhium calcu- losum, Lucina globulosa, Nerila picta, qu'on y observe; puis les deux (1) Tournouër : Ibid., p. 1048. (2) Je dois ce renseignement à l'obligeance de MM. Brochon et Benoist, qui tous deux y ont recueilli de beaux échantillons de ce fossile. ( 492 ) couches disparaissent à leur tour, et , sous le pont du Sable , on ne voit plus, formant le lit du ruisseau , qu'un falun gris, qui ne renferme que des fossiles de petites espèces ou des coquilles embryonaires d'espèces plus grandes : Turrilella Desmareslina , Ringicula buccineaf , Nerila picla , PhasianeUa Aquensis , Cerithium plicalum, C . subgranoswn , C sublhiarella , C. incertum, C. scabrum, Bulla Lajonkaireana , Solen sp. ? , Corbula Toumouëri , Ervilia pusilla , etc. Près du moulin de Mareillac , le ruisseau a quitté le falun ; ses eaux coulent sur le calcaire à Astéries entre des berges d'argile à concrétions calcaires, semblable à celle des coupes précédentes. Comme confirmation de la coupe que je viens de développer, je vais donner celle d'un sondage creusé à Caudéron , propriété située à 1500 mètres environ en amont des Bougés, dans la direction prolongée du ruisseau de l'Eau-Blanche. Ce sondage , dont l'orifice est à 55 mètres environ au-dessus du niveau de la mer, a rencontré les couches de Léognan à 21 m 53 de profondeur. Voici les assises que la sonde y a suc- cessivement traversées (1) : Sable des Lande? 2l D0 53 Sable fin un peu argileux, jaune, avec grains vcrls et paillettes de mica 3 58 Grès calcaire jaune fin, avec fragments de Pecten Durdigalensis. . . 2 98 Sable argileux grisâtre à grains verts 1 46 Sable jaune, avec Ostrea (aveolala, Pcclen Durdigalensis, Eclùno- lampas hemisphœricus et Sculella subrotunda 4 69 Sable argileux gris, avec Peeluriculus Cor 4 35 Sable argileux gris, avec fragments de calcaire marneux verdàtrc et Sculclla subrotunda 50 Argile verte, avec petits fragments calcaires 4 05 Marne massive, légèrement verdàtre 90 Grès calcaire grisâtre très-dur 4 2 07 Marne noirâtre, avec divers fossiles bien conservés : Cytherea un- data, Cerithium subcorrugalum, inconslans, bidentalum et Ser- resii (2) 4 73 Dans les coupes A et D du présent chapitre, les divers élagesque (1) Coupes géologiques des sondages exécutés dans le Sud-Ouest de la France , par feu Timolhée Billiot , revues par M. Raulin (Actes de la Soc. Linn. de Bordeaux , t. XXVI, p. 257.) (2) Ce sont les Cerithium corrugalum , plicalum ( variété ) et margaritaceum de mes listes de fossiles. ( 493 ) nous avons observés au-dessus du calcaire à Asléries, tout en offrant parfois des analogies remarquables avec les étages correspondants du vallon de Saucats , en différaient cependant assez pour- rendre fort diffi- cile la détermination de celles de leurs assises, dont le dépôt a dû s'effectuer à la même époque dans les diverses localités , prises pour termes de comparaison. La coupe E conduit aux mêmes conséquences, car si l'on y trouve des assises fort analogues aux assises XI à IX , V et IV et partie de III de Saucats , c'est en vain qu'on y cherche le calcaire lacustre VIII, le falun Vil et la marne fluvio-marine VI ; à la place où l'on devrait voir ces couches si caractéristiques , on n'aperçoit qu'une formation marine qui présente : A la base, un falun, mêlé de graviers, annonçant le voisinage d'un rivage et dont la faune offre une association d'espèces appartenant les unes à la faune aquitanienne (Vil et IX), les autres à la faune Ian- ghienne (III à V) ; Dans le haut, une molasse, tantôt fossilifère, tantôt pauvre en co- quilles , dont la faune est exclusivement langhienne et dont l'équivalent ne paraît exister qu'à l'état rudimentaire dans le vallon de Saucats , si tant est que l'on puisse considérer comme tel l'assise sableuse B, qui constitue la base du falun V dans les carrières de Giraudeau (I e coupe du I er chapitre). F Ravin de Moras Le ruisseau de Moras, qui se jette dans celui de Saucats à un kilomè- tre environ en amont de Labrède , montre, le long de son thalweg, pres- que toutes les assises que nous avons observées depuis ce bourg jusqu'au moulin de Bernachon. Les couches inférieures sont les argiles à concré- tions calcaires qui surmontent le calcaire à Asléries, et, au-dessus, des marnes diversement colorées, dont les fossiles dominants sont des espè- ces ayant vécu dans les mers tongriennes, ainsi que clans celles de l'étage suivant. Un banc de grès calcaire, analogue au calcaire sableux jaune du moulin de Bernachon, les recouvre; mais ce banc n'a qu'une faible épaisseur et passe presque immédiatement, sans inlercalation de cal- caire lacustre (VIII) à un falun dont la faune est celle du falun de Lariey. Plus loin, le lit du ruisseau est creusé dans un calcaire d'eau douce, qui sert de base à un nouveau falun jaune, puis bleu, que ses fossiles assimilent aux faluns de La Cassanne et du moulin de Laeus. ( 494 ) De Labrède au vallon du Gua-Mort. Les descriptions qui précèdent nous ont fait connaître la constitution des étages tertiaires supérieurs dans la région du département de la Gironde, qui s'étend au N.-O. du vallon de Sauçais; dans celles qui vont suivre , nous examinerons celle des mêmes étages dans la région opposée. Entre Labrède et le sommet du coteau qui sépare les deux vallons de Sauçais et du Gua-Mort, les affleurements qui apparaissent çâ el là dans les berges des chemins indiquent une constitution des assises inférieu- res du sous-sol exactement semblable à celle des mêmes assises dans le ravin de Moras ; toutefois, les marnes y prennent davantage t dans les assises les plus élevées , à La Salle notamment (1), un aspect qui les rapproebe des sables argileux bleu-verdàlre à petites Nériles du moulin de Dernachon ; certains fossiles y abondent alors, particulièrement Nerila picla et des Cérites. En général , la limite supérieure de celle formation marneuse correspond à un niveau de sources se reliant l'une à l'autre d'une manière régulière et dont l'alignement est assez facile à suivre (2). Au-dessus des marnes apparaît « une roebe calcaire sableuse, jaune, friable, à couches plus dures alternant avec des lits sableux , un peu fossilifères, où l'on trouve encore les mêmes Cériles , avec Turrilella lerebralis, var. B. ( Raulin ) et quelques bivalves, Mactra striatella?, Lucina scopulorum, L. digitalis, L. ornala, L. columbella tninor, Graleloupia Irigonuln, Aciciila(3). » Les affleurements de ce calcaire sableux sont les derniers vestiges du sous-sol, visibles sur le versant du coteau aboutissant à la rive droite du ruisseau de Saucats ; mais si l'on dépasse le sommet, on observe, dans la partie supérieure du versant opposé, au fond d'un fossé et dans les vignes qui longent la propriété de Iiambaud, un falun argilo- sableux jaune, ayant une grande ressemblance avec celui de Lariey et renfermant les fossiles suivants : Turrilella vermicularis , Iiingicula buccinea, Nerila picla, Trochns (1) Je dois à M. Delfortrie la connaissance de ce gisement. (2) Cette circonstance a été signalée par M. Tournoucr (Ouvr. cité, p. 1039); on l'observe en diverses autres localités. (5) Tournouër, ibid., p. 1059. ( 495 ) Bucklandi , T. Moussoni, Murex sublavatus, Buccinum baccalum, B. Aquitanicum , Cerilhium plicatum , C. papaveraceum , C. Duboisi , C. margaritaceum, C. subgranosum, Lulraria sauna, Corbula carinala , C. Tournouën, Cylherea undala , Lucina denlala, L. cohunbella , Os- trea producta , etc. Le substratum immédiat de ce falun n'apparaît point dans les environs ; mais des blocs de calcaire d'eau douce qu'on trouve çà et là , un peu en conlre-bas de Rambaud et à deux cents mètres environ au nord du che- min , semblent témoigner de la présence d'une assise lacustre au-dessus des marnes à Cérites qu'on aperçoit, plus bas, dans un fossé d'assainis- sement creusé dans le sens de la plus grande pente du terrain. Au-dessous des marnes, on relrouve, comme près de Labrède, des argiles à concré- tions calcaires ; puis, à la base du coteau , dans de petites excavations creusées presque à fleur de sol , non loin de Saint-Selve , un calcaire compact à Cériles et à Nerila picta , qui appartient aux assises supé- rieures du calcaire à Astéries. Il Vallon du Gua-Mobt. Le calcaire à Asléries que nous venons de rencontrer près de Saint- Selve, au fond du vallon , affleure le long du ruisseau du Gua-Mort jus- qu'au-delà de Sainl-Morillon , où ses couches supérieures, à l'étal de calcaire grossier, peu homogène et mal stratifié, renferment, avec quel- ques-uns des fossiles caractéristiques de la formatiou (1) , un grand nombre des Cériles qui font à la fois partie de la faune longrienne et de la faune aquilanicnne de M. Mayer. Les argiles et les marnes qui le recou- vrent en amont, forment le thalweg du ruisseau sur un espace d'environ quatre kilomètres et disparaissent aux environs de Gassie , au-dessous d'un calcaire lacustre perforé , surmonté par un calcaire sableux à Cériles et à Cylhérées , dont l'aspect rappelle assez celui des sables jau- nes inférieurs de Lariey et supérieurs du moulin de Bernachon. A partir de là, les affleurements du terrain recouvert par la nappe des sables quaternaires superficiels, pendant longtemps, ne se monlrent plus nulle part le long du ruisseau, et il faut remonter jusqu'au moulin de Caba- nac pour rencontrer, dans le lit du cours d'eau , un grès gris-bleuâtre, (1) ISalicaelonyala, (ardium girondicum, Cardila Jiaslcroli, Pcclunculus an- gutlicoslalus, Sculclla slrialula, Ecliinocyamus piriformis , clc (496) sans fossiles, et, au-dessus, dans le voisinage , quelques assises calcai- res, formant un ensemble ayant une assez grande analogie avec celles que j'ai signalées ailleurs près d'Uzeste et à Cazeneuve, dans la com- mune de Pompéjac (1). La partie du Gua-Mort, comprise entre le moulin de Cabanac et le village de Villagrains, est aussi pauvre en affleurements que la région d'aval et il est aussi impossible dans l'une quedans l'autre de rien observer qui puisse renseigner utilement le géologue sur la constitution du sous- sol; mais, près de Yillagrains, on voit reparaître dans les berges des marnes argileuses analogues à celles de Saint-Morillon, et, au-dessus d'elles, un calcaire fluvio-marin, dont on retrouve le prolongement à Haut-Yillagrains. Dans l'une comme dans l'autre de ces localités, les conditions slratigraphiques et paléontologiques sont les mêmes : l'assise supérieure, caractérisée par les Planorbes, les Limnées, les Hélices, les Bitbynies et les Cérites de l'assise similaire de Saucats, repose sur des marnes argileuses verdàtres et celles-ci sur le pointement crétacé dé- couvert , en 18-40, par M. l'Ingénieur en chef des mines Pigeon (2). [!] Excursion de la Société Linnéenne à Cazeneuve (Gironde,'. (Actes Soc. LiDn. Bord. t. xxvi, p. 283 et 290;. (2) Le pointement crétacé dont il est ici question, a été décrit en détail par M. Raulin, dans les Actes de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bor- deaux et dans les Notes géologiques du même auteur sur l'Aquitaine, 2=panie, p. 22. Ses fossiles le classent dans la craie supérieure; on y trouve : Lima Marroliana? Oslrea tesicularis, Terebralula carnea, Penlagonasler slralifera, CyphosomaDelau- nayi, Silenia Hebnli, Echinoconus subconicus, Echinocorys vulgaris, Offasler pil- lula , Hemiaster nasululus , Orbiloides média, etc. (Pour les Echinides , voir les Échinides fossiles des Pyrénées par G. Cotteau, in Congrès scientifique de France (Bordeaux;, 28' session, t. III, p. 165 et suivantes On peut suivre les affleurements crétacés de Villagrains sur une longueur de plusieurs kilomètres le long du Gua-Mort. Ils commencent à se montrer entre Vil- lagrains et le moulin de Peyot , où ils affectent la forme d'un calcaire compact à Or- biloides média, très-fossilifère et quelque peu translucide ; il apparaît en amont, soil dans les berges du ruisseau principal, soit dans celles de ses affluents, avec l'apparence d'un calcaire , tantôt compact et résistant , tantôt crayeux et tendre, jaune , jaunâ- tre ou blanc, à stratification parfois indistincte, rappelant assez bien ce qu'on observe dans la falaise de Talmont [Charente- Inférieure) ou dans les couches supérieures de la craie, à Mirambeau. (497) K. Coteaux de la rive droite de la Garonne, entre Rions et Saint-Macaire. Lorsqu'on étudie l'allure stratigraphique des terrains tertiaires du déparlement de la Gironde, on voit le terrain éocène, entre Blaye et La Réole, constituer d'abord la presque totalité, puis graduellement la base seulement des coteaux de la rive droite de la Gironde jusqu'aux envi- rons de Mayanne (commune deGauriac), où elle disparaît sous le cal- caire à Astéries ; elle reparaît ensuite en aval de Bassens, sur la rive droite de la Garonne, puis à Langoiran, et enfin à Casseuil et à La Réole, offrant, dans son développement, de vastes ondulations, sur les- quelles les terrains postérieurs se sont moulés (1). Ainsi qu'on l'observe pour beaucoup de formations placées dans des conditions stratigraphi- ques analogues, c'est en général dans les concavités des ondulations qu'apparaît le plus grand nombre d'étages successifs, et c'est en effet ce que nous allons pouvoir constater d'une manière toute particulière dans la concavité de l'ondulation, dont l'origine est en aval de Rions et l'ex- trémité aux environs de La Réole ('2). La configuration extérieure du sol est en rapport immédiat avec sa constitution géologique. En remontant la vallée de la Garonne, à partir de Langoiran , dont le château féodal dresse ses ruines au sommet d'une roche escarpée , dans laquelle l'homme a creusé un double étage de carrières souterraines, on voit les coteaux perdre rapidement leur aspect sauvage et pittoresque ; au Y au des escarpements presque verti- caux qui dominent la plaine de Lormont à Langoiran, ils ne présentent plus jusqu'à Béguey que des pentes plus ou moins adoucies, dont la base calcaire seule offre encore, de loin en loin , des ressauts peu éle- vés et de faible étendue, sortes de terrasses au pied desquelles s'éten- dent les alluvions, qui constituent le sol des parties les plus basses delà vallée de la Garonne. Mais, au-delà de Cadillac, l'aspect des coteaux change de nouveau ; leurs pentes, devenues régulières de la base à la ligne de faîte , se redressent brusquement à l'approche de cette dernière (i) Comptes-rendus des séances de la Société Linnéenne de Bordeaux (Actes : t. XXVI, p. 623 et t. XXVII, p. xxix). (2) Cette dépression remarquable a été signalée, dès 1845, par M. de Collegno, dans les Actes de l'Académie des Sciences, Belles -Lettres et Arts de Bordeaux , année 1845 , p. 195. Tome XXVII. 39 ( 498 ) et, de Violle à Sainte-Croix-du-Mont, elles se couronnent d'une masse continue de rochers abrupts, souvent cachés sous des rideaux d'arbres et des buissons, à travers les vides desquels, apparaissent ça et là, sur les parois taillées à pic et vigoureusement colorées, quelques assises sail- lantes, dont les lignes sensiblement horizontales s'allient, d'une ma- nière très-heureuse , avec les restes du vieux château du Cros et les murs crénelés du château de Sainte-Croix-du-Mont , qui s'élèvent comme des fleurons d'une couronne brisée aux extrémités de l'escarpe- ment. Au-delà de ce dernier jusqu'à Sainl-Macaire, les coteaux repren- nent un aspect analogue à celui qu'ils ont entre liions et Cadillac. Dans toute l'étendue de la coupe que j'ai à décrire, le calcaire à Astéries conserve des caractères assez constants; ses assises alternative- ment tendres et dures, sont généralement très-fossilifères; outre de nom- breuses côtes d'Halitherium, on y observe : Mcgasiphonia Aluri, Tur- rilella Desmarestina , Nalica crassalina, N. Delbosi, Deshayesia neri- toïdes, Turbo Parkinsoni, T. muUicarinalus , Turbinclla subpolygo- nala, Chemnitzia Graleloupi, Cerilhium plicalum, C. calculosum , C. margaritaceum , Cassis mamillaris, Venus Aglaurce, Cardium girundi- cum, Lucina Delbosi, Crassalclla (umida, Peclunculus angusiicostatns , Pecten Billaudellii, Echinocyamus piriformis , Brissus dilalatus, etc. Les assises supérieures toutefois présentent des variations importantes : à Rions (1), par exemple, et dans le voisinage de cette localité, elles sont (1) A Rions, le calcaire à Astéries, ou plutôt la formation dont il est partie consti- tuante, repose sur une formation marneuse et sableuse , évidemment d'origine la- custre et dont la partie supérieure paraît appartenir à l'étage de calcaire d'eau douce, qui , dans le S.-O., sépare l'étage tongrien ( oligocène ou miocène inférieur) de la molasse du Fronsadais. Ce fait a été mis en évidence par la coupe suivante d'un sondage exécuté, il y a quelques années, dans la propriété de M. Castillon , au bord d'un petit escarpement calcaire qui limite, à Rions, la plaine de la Garonne. Profondeur Épaisseur de la des basedes couches couches. 1. Sable argileux fin, micacé, roux ( alluvion ) 6™ 70 5" 1 70 2. Gravier de la Garonne 7 10 40 5. Bois fossile 7 80 70 4. Sable argileux gris-roussàlre, très-fin, micacé 11 00 5 20 5. Calcaire grossier jaunâtre , formé par une agglomération de nombreuses coquilles, dont il ne reste que des empreintes intérieures ou extérieures , et qu'un ciment calcaire a réu- nies en une masse conglomérée ( Turbo Parkinsoni, Echi- nocyamus piriformis, etc.) 12 75 1 7o ( 499 ) à l'élal de calcaire compact, parfois spatliiquc, et les Cériles et les Nérilines y dominent; tandis qu'à Violle, à Verdelais et à Saint- Macaire, elles sont formées par une véritable molasse calcaire, peu Profondeur Épaisseur de la des base des couches, couches 6. Calcaire compact , dur, grisâtre , renfermant des empreintes de Cériles, des foraminifères et des bryozoaires du calcaire à Astéries. . 13 00 25 7. Calcaire analogue à celui de la couche 5, mais moins for- tement coloré. 19 00 6 00 8. Roche arénacée micacée , formée par une infinité de petits ■grains quartzeux, réunis par un ciment calcaire formant concrétion autour de chaque grain; quelques fossiles, parmi lesquels Echinocyamus piriformis 21 55 2 35 9. Sable quartzeux fin , micacé , sans fossiles 24 50 5 15 10. Marne argileuse grise 27 00 2 50 11. Grès calcaire micacé, très-compact, renfermant quelques corps aplatis, dont la seclion rappelle celle des nummulites . 27 50 50 12. Sable argileux gris-verdâtre et jaune, sans fossiles 27 90 60 13. Sable argileux de même apparence que le précédent, mais plus grossier et plus micacé 28 65 75 14. Calcaire miliolilique , formé par l'agglomération d'une mul- titude de foraminifères du calcaire à Astéries et renfermant quelques empreintes indéterminables 31 00 2 35 15. Sable argileux analogue au n° 13 55 fcO 2 80 16. Marne de couleur fauve, sans fossiles 54 20 40 17. Marne semblable à la précédente, marbrée de rouge et de gris-verdâtre 54 50 50 18. Sable argileux micacé gris-verdâtre et jaune 55 85 1 55 19. Marne de couleur fauve-clair 41 00 5 15 20. Marne sableuse grise, veinée de jaune 42 00 1 00 2i. Marne très-sableuse, continuation de la précédente 45 80 1 80 22. Sable gris-jaunâtre très-fin , renfermant quelques paillettes très-petites de mica 46 5b 2 50 23. Marne sableuse jaunâtre 52 80 6 50 24. Argile jaune légèrement marneuse 53 10 50 25. Marne de couleur fauve très-claire , veinée de jaune. ... 54 30 1 20 26. Marne jaune 55 10 80 27. Marne rosée 57 80 2 70 28. Marne calcaire, rouge de brique très-pâle, compacte. ... 61 50 3 50 29. Marne jaune-rougeâtre 63 20 1 90 50. Argile marneuse, gris-verdâtre ,...., 64 00 80 51. Marne calcaire rosée, paraissant renfermer des nodules de même nature 65 25 1 25 Etc. La moitié inférieure de cette coupe offre une très-grande analogie avec certaines ( 500 ) consistante, principalement composée de débris de coquilles, et les Sculella strialula s'y montrent quelquefois en telle abondance, que la rocbe en paraît pour ainsi dire uniquement formée. Les dépôts argileux et marneux que nous avons vus, dans les coupes pré- cédentes, recouvrant le calcaire à Astéries sur une épaisseur d'environ dix mètres au plus, atteignent ici une puissance d'au moins trente mè- tres ; quelquefois ils passent à la molasse (Sainte-Croix-du-Mont, Saint- Maixenl), d'autres fois à des marnes calcaires plus ou moins compactes (Verdelais , Saint-Macaire); presque partout ils renferment des assises argileuses à concrétions calcaires, dont la faune est celle des assises analogues observées précédemment. En général la partie inférieure de cet étage se compose d'assises alternatives de calcaire peu fossilifère, mais de même origine que la masse sous-jacente , et de molasse ou de marne à concrétions caractérisée par de grandes quantités de petites huîtres (0. producta); elle se comporte stratigrapbiquemenl et paléon- tologiquement comme si elle était la continuation régulière du calcaire à Astéries. A sa partie supérieure, l'étage se termine par une couche argileuse de couleur variable, passant souvent à la formation suivante par degrés insensibles; on y voit en quelques points, (Béguey, Cadillac, St-Macaire) des tubercules calcaires, tantôt fibreux, géodiques et tapissés intérieurement de cristaux de chaux carbonatée, tantôt compacts et pré- sentant l'apparence d'une pâte séchée au soleil et fendillée par l'effet du retrait causé par la dessiccation (1 ). Des dépôts d'eau douce recouvrent l'étage argileux qui surmonte le cal- caire à Astéries ; leur constitution est très-variable : tantôt ils sont calcai- res, tantôt argileux ou marneux ; — en certains points, ils forment un tout d'origine lacustre, parfaitement caractérisé; ailleurs, ils renferment une assise marine ou un dépôt fluvio-marin; — ils sont brunâtres à Rions, blancs à Peytoupin (Cadillac), gris delfumée à Sainte Croix-du-Mont, mais couches que Ton observe, au-dessous du calcaire à Astéries, dans la vallée du Drot, et dont les assises argileuses et marneuses sont , depuis longtemps déjà , considérées comme faisant partie de l'étage lacustre connu sous le nom de calcaire d'eau douce du Périgord et de Castillon. Aux environs de Morizès , les parties supérieures de ce dernier étage portent souvent les traces très-évidentes d'une érosion énergique. (1) Dans la commune de Saint-Seurin de Bourg , le calcaire à Astéries est recou- vert par des assises alternantes de calcaire grossier et de molasse, qui renferment, comme leurs analogues de Saint-Macaire, des huîtres et des tubercules calcaires sem- blables à ceux dont il est question ici. ( 501 ) partout ils renferment les fossiles caractéristiques des dépôts lacustres du vallon de Sauçais (1). Ces dépôts d'eau douce forment en général la partie la plus .élevée du talus qui relie la plaine de la Garonne à la base de l'escarpement dont la masse couronne les coteaux entre Violle et Sainte-Croix-du-Mont. Souvent ils disparaissent sous les éboulis arrachés aux rochers par l'ac- tion du temps ou sous les broussailles épineuses qui recouvrent le sol, mais leurs affleurements très-nombreux et largement découverts en plu- sieurs points permettent d'en Cuivre la transformation sur une assez grande étendue. Du côté de Violle, ils sont d'abord à l'état de calcaire terreux, d'un blanc sale, puis de calcaire compact jaunâtre , où abon- dent les Planorbis declivis. A la sortie d'un petit bois , qui s'étale à la base des rochers , au-dessous du château du Gros , ils forment une couche épaisse d'argile grossière, bleuâtre à la base, blanchâtre dans le haut , passant vers la partie moyenne à une roche durcie renfermant d'innombrables empreintes de Planorbis pseudo-ammonius et quelques- unes de Limitées, A' Hélix et de Cycloslomes ; leur épaisseur totale ne paraît pas être inférieure à trois mètres. La roche qui s'élève au-dessus d'eux sur une hauteur verticale d'environ huit mètres, est composée, à la base, d'assises arénacéo-calcaires, irrégulièrement stratifiées et, dans sa partie supérieure , d'assises de calcaire grossier , plus ou moins résistant, à fossiles de la faune des faluns de Lariey et de Mérignac. Au milieu des assises supérieures se montre une veine horizontale de faible étendue d'un calcaire compact jaune, pétri d'empreintes de Pla- norbis declivis. En face du Port-Neuf de la commune de Barsac, la constitution de la formation lacustre est très-différente de celle que l'ont vient de lui voir, bien que la distance, qui sépare le point où nous sommes de celui que nous venons de quitter, soit assez faible. La base de la formation reste la même, il est vrai; mais, au-dessus d'elle, se montre d'abord une cou- che de calcaire marneux, dont la faune rappelle absolument celle du falun de Lariey, et par le nombre des fossiles et par celui des espèces; (1) Aux environs de Cadillac , les fossiles d'eau douce sont, selon M. Drouot , mé- langés de moules de coquilles marines toutes les fois que les bancs de calcaire d'eau douce ont peu d'épaisseur. ( Actes de l'Acad. des Sciences , Belles-Lettres et Arts de Bordeaux , 1839 , p 059.) ( 502 ) puis vient une seconde couche lacustre composée de trois petites assises distinctes qui se succèdent, de bas en haut, dans l'ordre suivant : 1° Un calcaire jaune, compact, ne renfermant que de rares fos- siles, tous d'eau douce .• m 06 2° Une argile vert-noirâtre, composée d'un mélange d'argile et de coquilles d'eau douce et terrestres, généralement réduites en petits fragments. 15 3° Un calcaire d'eau douce identique au 1° , . t m 05 à 08 Ainsi, nous trouvons ici , à la base de l'étage aquitanien de M. Mayer, un groupe d'assises qui présente la plus grande analogie avec celui de nos assises VI à VIII de Lariey et du moulin de l'Eglise, dont nous avons à déterminer l'âge ; cette analogie s'applique non-seulement à la nature et au mode de succession des assises, mais encore aux fossiles marins que renferme la couche marine intermédiaire, ainsi qu'à ceux terrestres ou d'eau douce qui caractérisent les assises lacustres. Ces dépôts alternatifs d'origines différentes n'ont qu'une faible étendue: les dépôts d'eau douce supérieurs disparaissent les premiers, puis la couche marine intermédiaire qui paraît se terminer en coin à ses deux extrémi- tés; quant aux dépôts argileux inférieurs, autant qu'on en peut juger par leurs affleurements, ils existent sur toute la longueur de l'escarpe- ment jusqu'à Sainte-Croix-du-Mont. La roche qui constitue l'escarpement au-dessus des dépôts lacustres est de la nature de celle que quelques géologues ont décrite sous le nom de molasse coquillière. En général , elle est à texture lâche, parfois caverneuse et formée par un mélange de débris coquilliers et de sable quartzeux , dont les différentes parties sont unies par un ciment cal- caire; suivant l'abondance de ce ciment, la roche est plus ou moins homogène, son faciès et sa structure sont plus ou moins variables. Pres- que toujours, les assises inférieures renferment des lits de petits galets quartzeux, dont la présence semble indiquer que les dépôts dont ils font partie ont été formés dans des eaux peu profondes à proximité d'un rivage; les assises supérieures ont davantage les caractères d'un calcaire grossier: elles ont plus d'homogénéité et possèdent une cassure unie, souvent terreuse. A mesure que l'on se rapproche de Sainte-Croix-du-Mont, les carac- tères géologiques de l'escarpement se modifient sensiblement et, dès Roland, ils se montrent très-différents de ceux que l'on a observés à Violle et en face de Tort-Neuf. ( 503 ) 1° Vers le haut de la pente qui aboutit a l'escarpement au-dessous de Roland, se montre, au milieu des vignes, une argile bleuâtre, légèrement effervescente, sans fossiles, formant une assise d'au moins un mètre d'épaisseur et recouverte par une assise de m 70 de marne argileuse durcie , cellulaire, bitumineuse, qui renferme une grande quantité d'empreintes de Planorbis pseudo-ammonius. Au-dessus est un calcaire marneux, blanc, noduleux, assez dur, passant, dans le haut , à une marne argileuse de même couleur, où n'apparaissent que, de loin en loin, quelques rares coquilles, en mauvais état, d'Hélix et de Planorbes. 2° L'assise marine qui recouvre immédiatement les dépôts précé- dents est un calcaire grossier, compact, un peu argileux , dont la faune et la structure indiquent une origine identique à celle de l'assise inter- calée dans les dépôts d'eau douce, dont j'ai donné ci-dessus la com- position (1). On y aperçoit à divers niveaux des petits bancs iï Oslrea producla très-limités. Les calcaires qui succèdent à cette assise fossili- fère, sont alternativement compacts et à texture lâche; ils sont irrégu- lièrement stratifiés et renferment très-peu d'empreintes délerminables. Un banc d'huîtres (Oslrea undala) d'au moins deux mètres d'épaisseur, apparaît ensuite, recouvert par des assises calcaires analogues à celles qui lui sont immédiatement inférieures; des assises blanches passant à la molasse et renfermant de nombreuses Cérites, terminent l'escarpe- ment dans le taillis qui en couronne la crête. 3° En quelques points, principalement au sud de Roland, on trouve» faisant suite aux assises marines à Cérites, un calcaire blanc marneux qui contient : Planorbis declivis, Bithijnia Dubuissoni, Dreissena Baste- roti, et qui par conséquent est d'origine fluvio-marine, comme l'assise VI des coupes du vallon de Saucats. Plus près de Sainle-Croix-du-Mont, les différences indiquées ci-des- sus s'accusent davantage encore qu'à Roland ; par exemple, le long du sentier qui conduit du Peyrat à Aribat, en suivant le pied de l'escarpement sur lequel est assis ce dernier village, on retrouve , à la base, les super- positions observées en face du Port-Neuf de Barsac , et, dans le haut, celles de Roland. En effet, on y voit du bas en haut : (1) Les principaux fossiles observés dans cette assise sont : Turrilella terebralis, (var. allong.), r. vermicularis, Nerila picla[?), Trochus Bucklandi, Myrislica Lai- nei, Cerilhium plicalum, C corrugalum, Corbula Tournouèri, Venus ovala, Lu- cina columbella, Cardila sp., Arca cardiiformis, Chaîna gryphina, Oslrea producta, etc. C'est la faune des faluns de Laiiey et des sables jaunes du moulin de Bernachon. ( 504 ) l Aux argiles grises succéder un calcaire marneux grisâtre conte- nant des Limnées de petite taille (L. urceolala?), Bilhynia Dubuis- soni > Planorbis declivis , et passant, dans le haut, aune marne cal- caire, qui contient quelques fossiles tous d'origine marine et particu- lièrement des Cérites; cette assise marine, qui a un mètre d'épaisseur environ, est recouverte par un calcaire jaune-bruuâtre, dont les fossiles, généralement convertis en moules cristallisés, sont des Planorbes (PL pseudo-ammonius ). 2° La superposition de la formation marine à celle d'eau douce se voit dans le lavoir creusé au bas d'Aribal, à un mètre environ au-dessus du niveau de l'eau du bassin. La roche marine y est une molasse coquil- lière, contenant une assez grande quantité de grains de quartz hyalin, mais peu de fossiles complets; elle est recouverte, à la hauteur de la première maison du village, par une assise de calcaire grossier riche en empreintes de coquilles (Cériles , Trochus Bucklandi, etc.), à laquelle succède un banc à'Oslrea undata, d'une épaisseur ne dépassant pas 4 m ,20; celui-ci fait place à des assises calcaires à Cérites passant, dans le haut, à une sorte de sable calcaire sans fossiles. 3° La coupe se termine à gauche, vers le nord , par quelques affleure- ments d'un calcaire marneux fluvio-marin à Planorbis declivis, Bilhy- nia Dubuissoniy Polamides Lamarcki? Dreissena Basterotî, dont on trouve de nombreux débris épars sur le sol environnant. A la hauteur de l'église de Sainle-Croix-du-Mont, la coupe de l'es- carpement ne diffère pas de celle que nous avons observée le long du sentier du Peyrat à Aribal; mais le substratum de la molasse coquil- lière y est difficile à apercevoir, à l'exception d'une assise d'argile marneuse bleuâtre qui contient des rognons de marne dure, de même couleur, dans lesquels les Planorbes se montrent en immenses quantités. Toutefois il semble résulter des observations de M. Raulin qu'entre cette argile d'eau douce et la molasse marine qui s'élève en corniche au-dessus d'elle, existent d'autres argiles grises ou vertes auxquelles leur faune (Cérites et Cyrènes?) (1) attribuerait le caractère de dépôts d'eaux saumàtres. (1) Tournouer: Ouv. ant. cit., p. 1053. — Raulin : Aperçu des terrains tertiaires de l'Aquitaine occidentale, dans les comptes- rendus du Congrès scientiQque de France, session de Bordeaux (1861), t. III, p 64, et Éléments de géologie, p. 168. ( 505 ) Au-delà de Sainle-Croix-du-Mont, vers Saint-Macaire, tout escarpe- ment disparait au sommet des coteaux, et les couches qui constituent ceux-ci deviennent d'une observation difficile , à cause de l'épaisseur du diluvium qui les recouvre; on peut cependant encore y renouer la chaîne des dépôts au moyen de quelques affleurements mis à nu par des défoncements du sol ou des travaux de chemins ruraux. Ainsi l'on peut vérifier que le calcaire à Astéries prend fin au nord de Sainl-Macaire, vers le croisement des roules de Langon et de Sainl-Macaire à Verde- lais, à proximité de Claux ; qu'il est recouvert par des assises minces , alternativement composées de molasse et de calcaire dont la plupart des fossiles appartiennent à sa faune ; que ces assises, à leur tour, font place à une couche puissante de molasse argileuse, tantôt gris-verdàtre, tantôt gris-maculé de jaune, renfermant des huîtres et de nombreuses concré- tions calcaires tuberculeuses, et çà et là quelques veines d'argile ou de marne. Plus haut, dans un chemin rural profondément encaissé entre des talus de molasse coquillière, on voit celle-ci directement reposer sur un calcaire lacustre blanc d'au moins un mètre d'épaisseur; plus haut encore, on trouve, épars dans les vignes, des débris de roche, les uns caracté- risés par des fossiles de l'étage aquitanien, les autres entièrement com- posés de valves agglomérées d'Ostrea undata , dont la présence indique que le banc d'huîtres de Sainte-Croix-du-Mont se prolonge jusque là. La comparaison de ce que nous venons de voir dans cette coupe à ce que nous avons observé dans le vallon de Saucats , conduit aux remar- ques suivantes : La molasse coquillière, dont l'escarpement de Violle à Sainte-Croix- du-Mont est formé, est par sa faune l'équivalent exact du calcaire sableux jaune du ravin de Moras et du moulin de Bernachon (couche IX de la coupe du vallon de Saucats); mais au lieu de recouvrir immédia- lement les argiles et les marnes tongriennes (couche X), elle en est séparée par une formation mixte, qui varie selon les lieux où on l'observe et qui, tantôt est exclusivement lacustre (Rions, Peyloupin, Violle, Rol- land, Saint-Macaire), tantôt est composée d'une assise marine comprise entre deux assises lacustres (vis-à-vis Port-neuf et dans le sentier d'Ari- bat); tantôt enfin est formée par une assise lacustre qui paraît, dans le haut, passer à une assise fluvio-marine (Sainte-Croix-du-Mont). Quant aux assises qui terminent la molasse coquillière, elles sont en général comme à Lariey et au moulin de l'Église (couche VI du vallon ( 506 ) de Saucats), composée de calcaire marneux fluvio-marin ; quelquefois cependant, comme aux mêmes lieux, elles sont précédées d'une couche lacustre VIII, comprise entre deux dépôts marins; mais ce cas paraît rare et ne constituer qu'un accident essentiellement local. L. Vallée du Ciron (1). Le Ciron prend sa source dans les Landes près de Lubons, au sud deGrignols; après avoir longtemps coulé, du S.-E. au N.-O., à travers de vastes forêts de chênes et de pins, il se détourne , à Villandraut , assez brusquement vers le Noid ; il longe ensuite les coteaux boisés de Noaillan et de Léogeats, puis ceux couverts des riches vignobles de Sauternes et de Bommes, et va déboucher enfin dans la Garonne en face de l'escarpe- ment dont nous venons d'étudier la constitution. Les terrains qu'il tra- verse appartiennent tous aux époques tertiaires ou à l'époque quater- naire : son cours inférieur est dans le calcaire à Astéries (XI) jusqu'aux environs de Bommes; au-delà il circule dans une formation (X et IX), principalement composée de calcaires marneux, de molasses argileuses et d'argiles, au-dessus desquelles, à Léogeats et à Villandraut (2) se (1) Les numéros en chiffres romains, que j'ai placés à la suite de quelques-unes des formations observées dans la vallée du Ciron, indiquent que celles-ci sont syn- chroniques des groupes d'assises du vallon de Saucats, que figurent, sous les mêmes numéros, dans le tableau final du premier chapitre de ce travail. (2) L'existence d'un calcaire lacustre à Villandraut a été signalée, dès 1858, par Chaubard, qui a d'ailleurs donné une idée très-exacte de la constitution géologique de la vallée du Ciron, entre la Garonne et Villandraut. « Là, dît-il, on voit, au pont » de Villandraut, le môme calcaire gris-noiràtre de Saucats à coquilles d'eau douce » supporter des masses de falun que l'on exploite partout dans les environs comme » pierre de construction; et ce calcaire gris à coquilles d'eau douce lui-même, au » lieu de reposer immédiatement sur le calcaire grossier bordelais, en est séparé par » une épaisse formation arénacée, dont la partie supérieure, qui est à l'état de grès 3) dur, est partout exploitée. Pour voir le calcaire grossier » — [notre calcaire à Astéries), — « au-dessous de cette formation arénacée, il faut descendre le Ciron » jusqu'à son embouchure où il se montre à la berge et dans le lit de la Garonne. » (Éléments de géologie, par L.-A. Chaubard, p. 577). On trouvera quelques détails sur le calcaire qui surmonte la formation fluvio-marine de Villandraut, entre cette localité etBernos dans le procès-verbal delà 50 e excursion de la Société Linnéenne. (Actes Soc. Linn. Bord., t. XXVI, p. 281 et suivantes). M. Tournouer est, si je ne me trompe, le premier qui ait signalé la nature fluvio- marine du calcaire lacustre de la vallée du Ciron , à Léogeats, Noaillan, Villandraut, Balizac, etc. [Noie slralig. ctpaléont. etc., p. î 057 ). ( 507 ) montrent des marnes fluvio-marines recouvertes par un calcaire marin (VI et VIII), que ses fossiles et sa structure assimilent à la molasse coquillière de Violle et de Sainte-Croix-du-Mont. La base de cette forma- tion calcaire ne se montre d'abord qu'assez haut au-dessus du fond de la vallée, mais à mesure qu'on avance en amont, on la voit s'abaisser peu à peu, puis atteindre le lit du ruisseau et envahir enfin la totalité de ses ber- ges. A partir de ce moment, le Giron apparaît comme un sillon étroit, profond, aux parois abruptes, semblable à un canal souterrain que les eaux auraient creusé dans le roc et dont les débris de la voûte écroulée eussent, en partie, rempli le vide. Il conserve cet aspect âpre et sauvage jusqu'auprès de Bernos ; la formation calcaire cesse alors de former des masses continues le long de ses bords et ne se montre plus qu'à inter- valles plus ou moins éloignés à travers l'épaisse couche de sable qui souvent couvre les berges ; en même temps ses assises se perdent suc- cessivement dans le lit du ruisseau et, près de Castelnau-de-Mesmes finissent par disparaître complètement sous un dépôt lacustre, que sur- monte un banc de marnes à Oslrea indéterminés (4). Au-delà de Cas- telnau, le sable des Landes est la seule formation géologique qui soit visible le long du Ciron. Le bassin du Ciron est recouvert du reste, dans presque toute son étendue, d'un manteau de sables ou de graviers, dans lequel les cours d'eau ou les travaux des hommes ont rarement produit de larges déchirures; aussi n'y trouve-t-on, en dehors du lit du ruisseau prin- cipal, que peu d'occasions d'étudier complètement les rapports de (1) Considérations générales sur les terrains tertiaires du déparlement de la Gironde par Jouannet (Actes de la Société Linnéenne, t. IV, p. 200). M. Guilland a reconnu ce dépôt d'eau douce sur une épaisseur de ni 70 à l m 29 , les assises s'en succédant ainsi de haut eu bas : i° Marnes fétides renfermant des Planorbes et des nodules siliceux ; 2° Marnes avec Planorbes ; 5° Marnes avec Bythinies ; 4° Marnes avec Planorbes et nodules siliceux. Cette formation lacustre est-elle immédiatement inférieure à l'étage marin ( n os III à V) du vallon de Saucats, ou le banc d' Oslrea qui la recouvre est-il l'équivalent du faluu de Lariey ? Il est probable, d'après ce que nous venons, aux environs de Bazas, de la composition de ce même calcaire d'eau douce, et , à Néiac, de celle de la formation qui le recouvre, que le banc d'huîtres de Castelnau est synchronique du falun de Lariey. Jouannet et Grateloup ont signalé, comme existant dans le recueil de l'Académie de Bordeaux pour 1822, un travail géologique de M. Guilland sur Castelnau-de-Mes-' mes; c'est en vain, que je l'y ai cherché, ainsi que dans les volumes postérieurs. ( 508 ) superposition des assises composant les étages tertiaires , qui font l'objet de ce travail. La coupe suivante , relevée le long de la route de Preignac àVillandraut, entre le château FilhotelNoaillan, est peut-être la seule qui, dans la région, présente des caractères suffisants de certitude. La route de Preignac à Villandraut forme , en plan, une ligne presque droite, dont le profil se compose d'une série d'ondulations graduellement décroissantes depuis le château Filhot jusqu'au Ciron, àVillandraut. Dans sa Note slraligraphique et polêonlologique sur les f aluns du dépar- tement de la Gironde, p. 1055, M.Tournouërasignalé, près du point cul- minant de cette route, un calcaire d'eau douce à Bilhynia Dubuissoni, qui présente une grande analogie avec le calcaire fluvio-marin supérieur de Sainte-Croix-du-Monl; ce dépôt repose sur un calcaire grossier, au-des- sous duquel existe un banc d'Ostrea crispala , de deux mètres de puis- sance, près de la Saubotte, et qui dans les carrières de cette localité recouvre un calcaire compact jaunâtre, à ciment spathique, riche en empreintes d'espèces caractéristiques du falun de Lariey et des couches fossilifères de la molasse coquillière de Sainte-Croix-du-Mont. A la sortie de la Saubotte, les carrières ont mis à nu , à la base dp ce calcaire, des assises également calcaires, mais de texture grossière, tendres, blanches, renfermant les mêmes fossiles que lui et reposant sur une formation flu- vio-marine, dont le développement est visible à Noaillan,àLéog<;ats et à Villandraut et dans laquelle j'ai recueilli : Limnea arceolala, Bulhnus sp.? Planorbis pseudo-ammonius , Ceri- thium plicatum, C.pupœforme?, Cyrena Brongiiiarti, Dreissena Basleroii. On a vu précédemment qu'à Villandraut , ce dépôt fluvio-marin repose sur une formation qui est l'équivalent des dépôts X et XI de la vallée de Sauçais. Ainsi nous retrouvons dans la vallée du Ciron toutes les formations qui constituent les coteaux escarpés de Violle et de Sainte-Croix-du- Mont, mais avec cette différence essentielle que la formation qui sur- monte le groupe des marnes et des molasses tongriennes (XI et X), est dans ceux-ci, tantôt formée d'assises alternativement lacustres et mari- nes ou fluvio-marines, tandis que, dans celle-là, des coquilles marines se trouvent toujours associées , en plus ou moins grande abondance, à des fossiles d'origine lacustre (1). (1) J'aurais pu citer d'autres coupes que celle de Château-Filhot à Noaillan , par exemple , celle qu'on observe en remontant les ruisseaux de Landiras, Tussan , Bali- *ac , la Hure , Balion , etc.; mais quelque intéressantes que soient les observations ( 509 ) Si maintenant on compare la constitution géologique de la vallée du Ciron à celle du vallon de Saucats, on constate dans l'une, entre les formations X et IX, l'existence d'un étage lacustre ou fluvio-marin, qui manque absolument dans l'autre- Pour le moment je ne fais qu'indiquer le fait, me réservant d'en tirer plus tard la conclusion à laquelle il conduit. M. De Langon à Bazas, le long du ruisseau d'AuBiAc et du chemin de fer. J'ai développé dans deux des paragraphes précédents (H et L), rela- tifs aux terrains qui constituent les coteaux de la rive gauche de la Garonne, deux coupes sensiblement perpendiculaires à l'escarpement qui s'étend de Violle à Sainte-Croix-du-Mont et passant, l'une par l'ex- trémité septentrionale de la coupe K dont cet escarpement fait partie , l'autre par son milieu. La coupe dont il va être question maintenant nous fera connaître ce que deviennent les formations que nous étudions dans une direction parallèle à] celle des coupes H et L, en partant de l'extrémité méridionale de la coupe K. Nous passerons à cet effet la Garonne, à Saint-Macaire , et après avoir débarqué à Langon, à l'embou- chure du ruisseau d'Aubiac, nous remonterons ce cours d'eau jusqu'à qu'on y fait, elles sont trop incomplètes pour pouvoir servir à la solution du pro- blème que je me suis posé ; elles n'auraient d'utilité que dans une monographie géologique de la vallée du Ciron. Parmi ces coupes, il en est une que je citerai cependant à raison de son importance au point de vue de la géologie générale du département de la Gironde. On sait que M. Raulin a découvert, au moulin de Perron ; sur le Tussan, un pointement de craie à Orbiloïdes média, Trigonia spinosac Pecten slrialocoslalus , Oslrea vesicularis , dont la stratification est peu distincte. Raulin (Noies gèol. sur l'Aquitaine, 2 e partie, p. 25). On trouve, au-dessus de celte craie, en se dirigeant vers Paulin : « 1° Le calcaire à Astéries, concrétionné , avec Turbo Parkinsoni, etc., exploité dans de petites extractions; » 2° Les argiles, souvent masquées par les sables, avec Oslrea producla?, etc., » 3° Le calcaire lacustre, avec Planorbes, Limnées et Paludina Dubuissoni ; » A° Un gisement coquillier, très-o-iche en Cérites avec Cyrènes, Mylilus , Arca cardiiformis, Cylherea undala, etc., dans une argile verdâtre; » 5o Une roche calcaire , en plaquettes irrégulières de peu d'épaisseur, et les sables et graviers superficiels. » (Tournouer, Notes slralig. et palêont. etc., p. 1061.) Je n'ai pas cité cette coupe dans le corps de mon travail, parce que mes observa- tious sur le calcaire lacustre (3°) ne sont pas assez certaines. ( 510 ) sa source, d'où nous rejoindrons le chemin de fer à Marivot, pour en suivre la voie jusqu'à Bazas. On a vu précédemment (§ L) que, à Sainl-Macaire, le calcaire à Astéries (XI) occupe toute la partie inférieure du coteau situé au nord de la localité. De nombreuses carrières y sont ouvertes : la plupart, au niveau du sol , dans la vallée; quelques-unes , en petit nombre, dans le flanc du coteau. La masse exploitée dans ces dernières est un calcaire grossier tendre, sillonné de cavernes ou de puits évidemment creusés par les eaux, et recouvert par une espèce de molasse calcaire pétrie de Sciitella sirialula, qu'on retrouve, en descendant la Garonne , jus- qu'au-delà de Barsac, et qui forme, dans cet espace, un véritable horizon géologique, dont la connaissance peut être très-utile aux observateurs. Au-dessus de la couche à Scutelles se montrent des assises de peu d'é- paisseur, alternativement composées de calcaire marneux et de molasse plus ou moins argileuse, puis une puissante formation de molasse à Os- trea et à concrétions parfois fossilifères, à laquelle succède un calcaire lacustre blanc, recouvert par le prolongement de la molasse coquillière de Sainte-Croix-du-Mont. Dans le bas , le calcaire grossier à cavernes repose sur une roche de même nature, mais rendue compacte et dure par un ciment spalhique qui en a uni les éléments; elle est très-riche en fossiles,, et c'est elle qui est particulièrement exploitée dans les car- rières situées au niveau du sol , à proximité de la Garonne , sous le nom de pierre de Saint-Macaire. On retrouve sur la rive gauche de la Garonne", à Langon , les mêmes calcaires que ceux qu'on exploite sur la rive opposée; mais les assises similaires y sont à un niveau sensiblement moins élevé qu'à Saint-Ma- caire, d'où résulte une inclinaison des couches du N.-E. au S.-O., c'est-à-dire inverse de celle qu'on observe dans le cours inférieur du Ciron , où elles sont au contraire légèrement inclinées vers le N. (1). La conséquence de ce fait doit être nécessairement une succession des for- mations plus rapide dans le lit du ruisseau d'Aubiac que dans celui du Ciron , conséquence que l'observation confirme en effet. Le vallon où coule le ruisseau d'Aubiac n'offre rien de particulier du côté de Langon : des affleurements épars permettent d'y reconnaître (t) Les circonstances que je signale ici sont la conséquence naturelle de l'exis- tence du pointemenl crétacé de Landiras? dont il a été question dans une note pré- cédente. ( 511 ) l'exisience du calcaire à Astéries et des couches de marne et de mo- lasse qui lui succèdent , mais les escarpements, et par suite les coupes où les superpositions de couches apparaissent nettes et caractéristiques, y sont rares. Ce n'est guère qu'à partir d'Augeron, à 1,500 mètres N.-O. de Mazères, que la configuration du terrain et les circonstances locales deviennent favorables à l'observation. Les coteaux de la rive droite prennent alors une déclivité plus rapide vers le ruisseau, el les couches rocheuses forment, à leur partie supérieure, une espèce de corniche qui s'étend, presque sans discontinuité, jusqu'au confluent des ruis- seaux d'Aubiac et de Nizan. A proximité de ce confluent , le chemin de Roaillan à Mazères passe en tranchée devant le château de Roquetail- lade , et fournit une très-bonne coupe de trois étages consécutifs : des argiles grises et gris-verdâtre, parfois sableuses, toujours pauvres en fos- siles, y forment le lit du ruisseau et , sur sa rive droite , le talus du co- teau jusqu'à la base de l'escarpement que couronnent les belles cons- tructions, si habilement restaurées, du manoir féodal; l'escarpement présente ensuite, de bas en haut , les superpositions suivantes : 1° Assise marneuse grise, d'apparence lacustre; 2° Calcaire marneux blanc d'eau douce, renfermant peu de fossiles et ayant un développement en épaisseur de 2 m à 2 m 50 ; 3° Calcaire marin coquillier, analogue à celui de Sainte -Croix-du- Mont et de Villandraut. Cette succession d'assises se retrouve plusieurs fois encore, quoique moins nettement, en remontant le ruisseau d'Aubiac jusqu'au moulin de Lagarde. Au-delà, les argiles inférieures et les dépôts lacustres, qui les recouvrent, disparaissent promptement et laissent place au calcaire marin susjacent, qui, selon les lieux, est composé d'assises de calcaire grossier ou compact, de molasse coquillière sableuse ou de grès cal- caire , que leur faune identifie aux sables inférieurs et au falun de Lariey (couches VII et IX du vallon de Saucats). Auprès du moulin de Lagarde, j'ai recueilli dans cette formation marine Sctttella siibrotanda et Amphiope bioculala; un peu plus loin, Turritella Desmareslina, Trochm Bucklandi , Nerilapicta, diverses Cérites, Venus Aglaurœ, Os- trea producla, crispata, etc.; près de l'église d'Aubiac, j'ai constaté l'existence d'un banc tfOst. undala (?) et vers l'origine du vallon, celle d'une molasse à 0. producla. Un banc de calcaire jaune à Planorbis declivis renfermant des silex et passant par places à des meulières , forme le recouvrement de la ( 512 ) formation marine , dont il vient d'être question. Il est rare qu'on l'observe en place ; en général il a, comme le fait remarquer M. Tour- nouèr(l), l'apparence d'un «banc irrégulier de silex et de meu- lières, » dont l'enveloppe calcaire aurait disparu. Arrivé à la source du ruisseau d'Aubiac, on est à peu de distance du point où la route nationale de Paris en Espagne traverse le chemin de 1er. De ce point jusqu'à la gare de Bazas, la voie ferrée est en pente et, dans les tranchées qu'elle traverse, présente une coupe de terrain d'en- viron douze mètres de hauteur. Dans la tranchée qui précède le passage à niveau du chemin de Saint-Vincent , on observe, de haut en bas, les assises consécutives suivantes : 4° Molasse grise renfermant un grand nombre de concrétions calcaires tuberculiformes ; 2° Molasse analogue à la précédente, contenant quelques valves d'Os- trea producla ; 3° Molasse durcie, sorte de grès calcaire, pétrie d'huîtres. L'épaisseur de cette molasse est d'environ six mètres. Dans une chambre d'emprunt, contiguë au passage à niveau du chemin de Saint-Vincent et creusée au-dessous de Marivot, la molasse 3° de la tranchée précédente passe à un calcaire à Ostrea , et celui-ci à un falun marneux, qui se désagrège à l'air et contient une grande quantité de coquilles marines ayant leur test, le plus souvent assez bien conservé. Les principaux fossiles du falun sont : Turrilella Desmareslina, Lucina globulosa, — vermicularis , — denlata, — simplex, , — scopulorum, Neriia vicia, — columbella, Trochus Moussoni, Cardila hippopea, — Boscianus?, — crassicoala Lamk.. , Monodonla angulata Eichw. , Arca cardiiformis , — modulus, — Turonica, Myrislica Lainei, — clalhrala, Vermclus arenarius, var. D. sulcala Avicula phalœnacea , Lmk., Lilfiodomus cordatus , Corbula carinata, Oslrea producla, Venus Aglaurœ, Anomia coslata? , — multilamella, Lytharea asbestella, etc. Cardium peclinatum , (1) Noie slraligr. el paléont. etc. , p. 1058. ( 513 ) La formation à laquelle appartient ce falun, constitue l'escarpement sur lequel Bazas est bâti , ainsi que les masses rocheuses exploitées dans les carrières du voisinage ; à quelque distance de la ville , sur la route d'Espagne, elle est terminée par des couches à Cérites que recou- vre un calcaire marneux blanc à Planorbis declivis et Bythinia Dubuis- sonni; plus près, dans la carrière de Houey, au sud de l'église, sa base est une marne à Oslrea crispatal , qui repose sur un dépôt lacustre blanc, parfois plastique, dont le substratum est la formation argileuse dans laquelle le Beuve coule en aval. Dans cette coupe nous avons retrouvé la succession d'étages que nous avons observée dans la vallée du Ciron , mais la formation qui sépare celle que nous pouvons appeler maintenant calcaire et falun de Bazas, de l'ensemble des couches de marnes, de molasses et d'argiles qui re- couvrent le calcaire à Astéries, semble ici complètement lacustre, tandis que , dans la vallée du Ciron , elle paraît affecter partout les caractères d'un dépôt fluvio-marin; à cela près , les observations faites à l'occasion des coupes L et M, s'appliquent presque toutes à la coupe actuelle. N. De Bazas à Astaffokt, par Casteljaloux e/NÉRAc, dans le département de Lot-et-Garonne. L'étude des terrains qui constituent l'ossature de la région comprise entre le Beuve et le Gers , mérite la plus sérieuse attention du géolo- gue , plusieurs des formations dont j'ai précédemment constaté l'origine marine dans le département de la Gironde, revêtant dans celte région, de la manière la plus évidente, l'apparence de formations lacustres. Celte différence d'origine de dépôts d'une même époque rendrait sou- vent fort difficile la détermination chronologique des couches dans la contrée accidentée que nous allons parcourir, si les coteaux n'y affec- taient le long des vallées une structure particulière qui , dans la plu- part des cas , fait disparaître toute difficulté. Dans les vallées de l'Avance , de la Baïse , du Gers , on observe à différentes hauteurs des escarpements ou des talus plus ou moins éle- vés, plus ou moins abrupts, formant des lignes de gradins superposés, sortes de terrasses parallèles , qui se continuent quelquefois sans inter- ruption sensible sur d'assez longues distances et se montrent, tantôt sur un côté seulement de la vallée, tantôt sur les deux à la fois. Chacune Tome XXVII. 40 ( 514 ) de ces lignes est formée par des assises calcaires qui correspondent , en général, partiellement ou en totalité, à l'une des formations lacustres ou fluvio-marines du département delà Gironde, de telle sorte que l'âge de l'une étant connu, celui des autres s'en déduit aussitôt , s'il est prouvé que les dépôts successifs se sont effectués, au lieu de l'observa- tion , d'une manière régulière et continue. D'une part, l'observation des lignes de gradins qui existent le long de la Garonne jusqu'à Marmande et dans la vallée de l'Avance jusqu'à Fargues, de l'autre celle des affleurements de calcaire de Bazas qui apparaissent sur différents points, entre le Beuve et l'Avance, à Saint-Côme, Masseilles, Ruffiac, Buglon , etc., démontre qu'il existe, aux environs de Casteljaloux, trois étages distincts de calcaire lacustre, et que de ces trois étages : 1° L'inférieur correspond au calcaire d'eau douce blanc de Roque- taillade et aux assises inférieures d'origine lacustre ou fluvio-marine de Violle, Sainte-Croix-du-Mont et de la vallée du Ciron ; 2 e L'intermédiaire est synchronique de la formation fluvio-marine ou lacustre qui, dans le déparlement de la Gironde, a clos la série des dépôts marins de Bazas. L'exactitude de ces conclusions est facile à vérifier par l'élude directe des environs de Casteljaloux. Lorsqu'on suit, par exemple , la route qui conduit de celte ville au Mas d'Agenais , on aperçoit, à la base des coteaux de la rive droite de l'Avance et jusque par le travers du châ- teau de Lacaze, une molasse sableuse jaune-verdâtre, un peu micacée, tantôt sableuse, tantôt presque gréseuse, dont les assises supérieures passent à une marne grise mouchetée de jaune, renfermant un grand nombre de nodules blancs concrétionnés. Un calcaire lacustre blanc de deux à trois mètres d'épaisseur se mon- tre au-dessus de la marne, formant un talus très-incliné qui fait partie de la ligne inférieure d'escarpements de la vallée de l'Avance; sa struc- ture , toujours grossière, est tantôt terreuse, tantôt grumeleuse ou oolilique, rarement compacte, et les rares fossiles qu'on y trouve sont tous d'espèces qui caractérisent les dépôts lacustres de Sauçais et de Sainte-Croix-du-Mont. La route s'élève en pente douce à partir de ce point jusqu'aux Roques, traversant d'abord une marne argileuse blanche, puis des argiles gris-verdâtre , maculées de jaune, que surmonte une argile blan- che à Ostrea et à grands Pecten. Ces dernières assises, dans les talus du chemin qui relie Casteljaloux au village de Laqueille, renferment ( 515 ) souvent des huîtres et se terminent par un épais banc à'Ostrea em- pâta ; avec elles , on arrive à la base de la seconde ligne d'escarpe- ments , la plus développée des trois , et qui , entre le château de Moleyres, le village de Laqueille et celui de Souliès , prend l'aspect d'une large terrasse limitée, à l'Est, par un relèvement de terrain, auquel correspond le troisième étage de calcaire lacustre. Les roches constituan- tes de cette terrasse appartiennent à deux groupes d'origine différente , qui peuvent être étudiés dans plusieurs carrières , principalement aux Roques, à Laqueille, à Souliès , etc. Le groupe inférieur se compose de calcaires à foraminifères , tantôt grossiers, tantôt compacts, jaunes, blancs ou gris-de-fumée, d'une épaisseur totale de l m 20 à 2 m et contenant une grande quantité d'em- preintes de coquilles, parmi lesquelles les plus communes sont celles de Nerila picta (quelquefois avec les dessins du test), Trochus Buck- landi, Buccinum Aquitanicum? , Rissoa Lachesisl , Ceriihium plica- tum, C. papaveraceam , C. subgranosum, Corbula carinata, Venus Aglaurœ , Lucina columbella , etc. La formation dont ce groupe fait partie est donc , sans contestation possible, l'équivalent exact de la molasse coquillière de Violle et de Sainle-Croix-du-Mont, des calcaires de la Saubotte et de la formation marine , que l'on a vue , dans la coupe précédente, s'étendre du château de Roquetaillade jusqu'à Bazas ; elle l'est par conséquent aussi des couches YII et IX du vallon de Saucats. Le groupe d'assises qui recouvre ces calcaires marins est d'origine lacustre; le bas en est, en général, gris-de-fumée et le haut jaunâtre ou blanc rosé. La coupe suivante , relevée dans une ancienne carrière, située à peu de distance du château de Moleyres , représente assez bien sa constitution la plus ordinaire aux environs de Casteljaloux. Terre végétale. a. Calcaire compact, blanc-rosé, en petites assises au plus épaisses de m 10 à m 45, à fossiles rares et peu distincts m 62 b. Calcaire jaunâtre cristallin, composé de plaquettes irrégulières de 3 à 4 centimètres d'épaisseur, renfermant quelques rares Pla- norbes et Limnées 80 c. Calcaire marneux compact, gris de fumée, contenant çà et là des Hélix aplatis et indéterminables < . 30 d. Marne compacte, très-calcaire, de même couleur que le calcaire c et riche en fossiles de l'assise similaire ( VIII) du moulin de l'Église, à Saucats (1) 20 (t) JJelix subglobosa?, Limnea urceolala, Planorbis pseudo-ammonius * Pi. declivîs. Les fossiles d'eau douce sont souvent comme groupés par colonies. ( 516 ) Le recouvrement immédiat du second calcaire lacustre n'est point visible aux environs de Casteljaloux; il y disparaît sous une masse puissante de sables et de graviers quaternaires (1). Toutefois, l'épais- seur de terrain ainsi caché aux investigations n'est pas partout égale- ment considérable et dans quelques lieux, à l'est de Lupiac et du château de Sendat, par exemple, ne dépasse pas la demi-distance ver- ticale qui sépare le deuxième calcaire lacustre de celui qui forme le couronnement et le troisième gradin des coteaux. Dans les deux direc- tions dont je viens déparier, on ouvrit, il y a trois ans, quelques fossés d'assainissement qui avaient entaillé assez profondément le sous-sol ; les fossés inférieurs étaient creusés dans une argile marneuse grise à concrétions calcaires blanches, quelquefois assez petites pour donner à la roche l'apparence d'une oolite à gros grains; les plus élevés se trou- vaient dans une argile semblable à la précédente , mais renfermant çà et là des concrétions allongées et aplaties d'une certaine étendue, qui affectaient la forme de lentilles et l'apparence de calcaires lacustres à structure grossière. C'est au-dessus de cette formation argileuse, à Ber- trand, lieu situé à 1500 mètres environ à l'est du château deMoleyres, qu'affleure le troisième calcaire lacustre de Casteljaloux (2). On voit, d'après la description succincte que je viens de donner et en attribuant aux trois étages de calcaire lacustre les noms sous lesquels les géologues locaux les désignent habituellement, que les coteaux des environs de Casteljaloux renferment, de haut en bas, les étages successifs suivants, abstraction faite du terrain quaternaire qui les enveloppe : 1 . Calcaire d'eau douce jaune de l'Armagnac. 2. Étage marneux: à concrétions calcaires dans le haut, inconnu dans le bas. 3. Calcaire d'eau douce gris de l'Agenais. 4. Étage marin de Bazas. 5. Calcaire d'eau douce blanc de l'Agenais. 6. Molasse d'eau douce (3). L'inconnue que nous observons dans l'étage n° 2 de celle coupe (1) J'ai observé, près de Jean-Cousin, un petit affleurement marneux à Oslrea , qui m'a paru se trouver à un niveau supérieur à celui du 2« calcaire lacustre; mais je ne suis pas assez sûr de ce fait pour oser l'affirmer. (2) Je dois la connaissance de l'affleurement de Berlranet ainsi que de plusieurs autres renseignements importants dont il sera question plus loin, à la parfaite obli- geance de M. Taillarda, conducteur faisant fonctions d'Iugénieur des Ponts et Chaus- sées à Nérac ; qu'il me permette de lui offrir ici l'expression de ma vive gratitude. (3) Cette molasse correspond à la molasse moyenne de l'Agenais de M. Raulin , et probablement aux marnes et aux molasses qui, dans les coupes précédentes, . ( 517 ) se dégage peut-être de la conslitulion des coleaux de la rive droite de la Baïse, à Nérac.Le vallon qu'arrose celte petite rivière présente les mômes caractères orographiques que celui de l'Avance, les calcaires lacustres y formant souvent des retraites successives raccordées par des talus qui correspondent aux formations intercalées. Celles-ci sont de nature très- variable; les assises argileuses, marneuses ou sableuses s'y mêlent sans ordre et cette irrégularité de constitution existe aussi bien dans le sens de la direction des couches que dans celui de leur épaisseur; rarement des assises de même nature restent constantes sur de grandes étendues. Il en résulte qu'il ne faut attribuer, dans cette région , qu'une impor- tance très-restreinle aux caractères pétrologiques et qu'il est essentiel , pour la détermination des étages, de prendre la stratigraphie pour guide exclusif, sauf les cas très-rares où la paléontologie peut livrer au géolo- gue quelques-uns des fossiles que l'expérience lui permet de considérer comme caractéristiques. Or, en opérant de proche en proche, comme il vient d'être dit, on acquiert la certitude que des quatre étages de calcaire lacustre qu'on observe à Nérac, deux se relient de la manière la plus évidente : l'infé- rieur, par la vallée de la Garonne, au calcaire d'eau douce qui, dans le Sud-Ouest, a clos la période tertiaire éocène; le troisième, par les coteaux, au calcaire d'eau douce gris de l'A gênais, qui, à Castelja- loux, recouvre l'étage marin de Bazas. L'âge des deux autres étages lacustres, c'est-à-dire du second et du quatrième, s'en déduit nécessai- rement. Les géologues ne sont pas tous d'accord sur le nombre d'étages de calcaire d'eau douce qui se trouvent aux environs de Nérac. Chau- bard (i), par exemple, en admettait cinq, qu'il obtenait en subdivi- sant l'étage, que j'assimile au calcaire lacustre gris de VAgenais, en trois formations distinctes , savoir : 4 e Calcaire d'eau douce passante l'assise suivante par une transition mar- neuse graduée ; forment le recouvrement du calcaire à Astéries ; mais il faudrait se garder de pousse l'assimilation plus loin, à cause de l'extrême variabilité que le calcaire à Astéiies et son équivalent lacustre de l'Agenais présentent dans la succession des dépôts qu les composent. (t) Éléments de géologie, 2<* édition: Coupe à la colline de Frandat , près de Nérac, p. 58t. — Les deux coupes suivantes ont été prises : celle de Marhan, près et auN.-N,-E. de Frandat ; celle de Pimpoueys , à peu de distance, à l'E -S.-E. du même point. / ( 518 ) 4<> Sable recouvrant un « falun ou banc de coquilles brisées en petits fragments indéterminables , épais de 6 décimètres sur un banc de grosses huîtres ; » 3 e Calcaire d'eau douce généralemeut gris-noir. Mais il est facile de prouver, par de bonnes coupes , que ces préten- dus étages, dans la réalité, ne constituent qu'une seule et même forma- tion. Je ne donnerai que les deux suivantes que je dois à l'obligeance de M. Taillarda : PREMIÈRE COUPE. Tranchée de la route départementale tfeNÉRAc à Agen, au Marhan. 1. Marne calcaire blanche, tendre, sans fossiles visibles 2 ra 40 2. Argile jaune 60 3. Marne argileuse grise, sans fossiles . . 3 48 4. Grès siliceux compact, sans fossiles 30 5. Banc d'Ostrea crispata avec gangue argileuse à la base, gréseuse dans le haut 50 6. Calcaire lacustre noir 1 76 7. Calcaire jaune et blanc, avec lit d'argile intercalé 1 30 8. Calcaire lacustre gris 2 30 DEUXIÈME COUPE. Coupe des Pimpoueys. 4. Grès siliceux blanc-grisâtre, compact, non fossilifère, en petites assises séparées par des lits marneux \ m 90 2. Grès blanc-grisâtre de même nature que le précédent, mais sans intercalation de lits marneux 1 30 3. Argile jaune. 60 4. Marne argileuse grise, tendre, non fossilifère 2 85 5. Banc d'Oslrea crispata, contenant en outre des débris de coquilles autres que celles de l'espèce dominante 1 40 6. Calcaire marneux noir-grisâtre, tendre, non fossilifère 60 7. Calcaire lacustre noir renfermant de nombreuses coquilles d'eau douce 2 30 8. Calcaire jaune et blanc 20 9. Calcaire lacustre jaune brun 90 Les assises qui se succèdent dans ces coupes se divisent effectivement en trois groupes : un groupe inférieur d'origine lacustre , une couche intermédiaire marine ; un groupe supérieur lacustre. Mais d'une part , ( 519 ) la formation argilo-marneuse, épaisse de 25 mètres, qui les précède, étant l'équivalent du calcaire marin de Bazas , puisque , comme lui , elle est comprise entre le calcaire lacustre blanc de l'Agenais et le calcaire d'eau douce gris de la même contrée ; d'autre part, VOstrea crispala, dont se compose le banc qui sépare la partie inférieure des deux précé- dentes coupes (3 e cale. lac. de Chaubard) , de la partie lacustre supé- rieure (4 e cale, de Chaubard), étant un fossile essentiellement caracté- ristique du même calcaire de Bazas , il est évident que les coupes de Marhan et des Pimpoueys ne sont qu'un nouvel exemple de ces forma- tions singulières, à assises alternantes marines et lacustres ou fluvio- marines, que nous avons observées ailleurs, et dont le caractère acci- dentel nous a interdit d'ériger les couches, différentes d'origine, en étages distincts. Il n'est pas plus permis de conclure ici de la présence du banc tfOstrea crispata à l'existence de trois formations indépendantes, qu'à la division de la molasse coquillière de Sainte-Croix-du-Mont en cinq étages à cause de l'intercalation de deux couches lacustres au milieu des assises marines qui en constituent la masse. De semblables coupes prouvent simplement que, dans les temps géologiques comme aujour- d'hui , la mer empiétait , par places et pendant plus ou moins de temps , sur le domaine des formations continentales, sauf à s'en retirer plus tard sous l'influence de circonstances nouvelles. A mesure qu'on s'éloigne de Nérac vers l'Est , les assises'marines ces- sent peu-à-peu de se montrer dans les terrains tertiaires. Dans la vallée du Gers, à Astaffort, toute trace en a disparu ; mais on retrouve auprès de cette ville les mêmes étages de calcaire lacustre que dans le vallon de la Baïse : à la base, une marne grise, rose ou rougeâtre ( calcaire lacustre de Caslillon) ; au-dessus, des marnes et des molasses, que surmonte un second calcaire d'eau douce {cale. lac. blanc de l'Agenais), formant escarpement au tiers environ de la côte du moulin de Cam- poueys; puis , près de la métairie de Castex , une formation puissante, composée de molasses, de marnes sableuses et de marnes pileuses , recouverte par le calcaire gris de l'Agenais ; enfin , au sommet du coteau et au-dessus de molasses argileuses, lacustres comme les précédentes, un calcaire à Limnées {cale. lac. jaune de l'Armagnac), que surmonte une couche d'argile grise gypsifère. à surface supérieure irrégulière, comme rongée par les eaux, et recouverte par une marne jaunâtre, non stratifiée, contenant une quantité considérable de petits cailloux et de grains quartzeux pisaires. ( 520 ) J'arrêterai ici ces descriptions, les détails, que nous possédons, suf- fisant amplement à l'étude de la question qui fait l'objet de ce travail et dont nous allons maintenant aborder la solution. III. CONCLUSIONS. Il est aujourd'hui démontré par de nombreuses observations, dont l'exactitude ne saurait être contestée, que la formation marine, de cons- titution si variable, à laquelle M. de Collegno a donné le nom de calcaire à Astéries, repose assez généralement, à l'est du méridien de Libourne , sur un calcaire lacustre dont nous avons, dans les coupes précédentes , suivi le prolongement, jusqu'à Astaffort, dans la vallée du Gers; ce cal- caire lacustre est le calcaire d'eau douce blanc du Périgord, (pro parte) de M. Raulin, dont le type est à Castillon-sur-Dordogne. Au nord de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne, le groupe des couches tertiaires qui surmonte le calcaire à Astéries est entièrement d'origine marine (coupe A) et se divise, en s'en tenant aux masses typiques, en trois étages distincts qui correspondent de haut en bas, au falun de Salles , au falun de Léognan et au falun de Bazas. Ces étages ne passent pas brusquement l'un à l'autre : la succession a lieu par tran- sition graduée, de telle sorte qu'on peut exactement la représenter par la série descendante qui suit : 1 . Falun de Salles. 2. Transition de 1 à 3. 3. Falun de Léognan. A. Transition de 3 à 5. 5. Falun de Bazas. 6. Transition de 5 à 7. 7. Calcaire à Asléries. Nous avons vu que, à mesure que l'on s'avance de Bordeaux vers le Sud-Ouest, les étages de transition A et 6 éprouvent des modifications de plus en plus profondes; que tantôt ils sont remplacés par un calcaire d'eau douce compris entre deux formations de rivage, tantôt par une formation fluvio-marine; tantôt enfin par des dépôts lacustres ou fluvio- marins, dans lesquels est intercalée une assise marine ayant très-généra- lement le caractère d'un dépôt formé à proximité d'un rivage. Cette dernière manière d'être des étages de transition n'est pas aussi rare ( 521 ) qu'on pourrait être tenté de le croire à priori, on doit se rappeler en effet que : 1° A Tresses (coupe B), une petite assise de silex d'eau douce (quartz- meulière compact) apparaît entre deux couches du calcaire à Astéries (?); 2° A Canéjan (coupe D), une veine de calcaire brunâtre se montre, à la base du falun de Léognan, mais séparée du calcaire d'eau douce, qui établit la transition de ce falun à celui de Bazas, par un dépôt de rivage reposant sur un calcaire marneux à Cérites et à Cyrènes ; 3° Dans l'escarpement qui s'étend du château de Cros à celui de Sainte-Croix-du-Mont (coupe K), des assises lacustres sont intercalées dans la partie inférieure de l'étage 5, et une autre dans les assises les plus élevées du même étage. Etc. Plus on avance vers l'Est et plus les variations des étages de transi- tion s'accentuent; il y a plus, les étages-types se modifient eux-mêmes peu-à-peu et finissent par faire place à des dépôts d'eau douce. Dans la vallée du Gers, toute trace de formation marine a disparu dans les coteaux de l'Agenais, et pour en retrouver des témoins, il faut se rap- procher de la ligne de faîte qui sépare le bassin de la Gélise de celui de la Midouze, se rendre à Sos, par exemple, où un sable à Oslrea cras- sissima, Pecten solarium ou Tournali, Peclunculus stellalus?, syn- chronique du falun de Salles , recouvre le calcaire d'eau douce jaune de l'Armagnac. Malgré les modifications d'aspect et de constitution que les dépôts marins subissent en s'éloignant du département de la Gironde, il y a lieu de remarquer que les formations lacustres qui les limitent se poursui- vent régulièrement au S.-E. et au N.-E., de manière à ne pas laisser de doute dans l'esprit de l'observateur sur leur âge et leur assimilation aux calcaires d'eau douce de l'Agenais. C'est ainsi que les coupes C, K, L, M etN, nous ont montré que le calcaire lacustre qui, dans la Gi- ronde, sépare le calcaire à Astéries du falun de Bazas est celui qui, dans le Lot-et-Garonne, prend le nom de calcaire d'eau douce blanc de VA gênais; Que les coupes D , F , K , L, M et N nous ont permis de reconnaître que l'étage de Bazas est recouvert par une formation , dont le prolongement prend le nom de calcaire d'eau douce gris dans l'Agenais, et qui, à l'approche du bassin de la Midouze, offre souvent une inlercalation d'assise marine, semblable à celle qui existe dans le calcaire lacustre inférieur de Sainte-Croix-du-Mont , mais, comme dans celui-ci, acci- ( 522 ) dentelle , spéciale à certaines régions et nullement de nature à autoriser l'établissement d'une division générale du calcaire lacustre dont il s'agit en deux étages. Il résulte de ces considérations que dans le tableau qui précède, on est en droit de substituer aux indications portées en regard de 2, 4 et 6 , respectivement les noms des calcaires lacustres qui leur correspondent dans PAgenais, de telle sorte que si l'on compare une coupe complète des terrains de cette contrée, par exemple, celle du coteau du moulin de Campoueys, près d'Vstaffort, à celle des terrains de la Gironde qui existent au-dessus de la même base , on obtient le tableau suivant : GIRONDE. LOT-ET-GARONNE. 1. Falun de Salles, 1. Argiles gypsifères et marnes d'eau douce. 2. Calcaire lacustre jaune de l'Armagnac. 3. Falun de Lèognan. 3. Marnes et molasses d'eau douce. à. Calcaire lacustre gris de PAgenais. 5. Falun de Dazas. 5. Marnes et molasses d'eau douce. 6. Calcaire lacustre blanc de l'Agenais. 7. Calcaire à Astéries. 7. Marnes et molasses d'eau douce. 8. Calcaire lacustre de Caslillon. [Cale. lac. blanc du Pèrigord de M. Raulin, pro parte) Les termes dissemblables 1, 5 et 7 de ce tableau qui ont été vus en place entre les calcaires lacustres qui les limitent, sont évidemment équi- valents; dès-lors, la même équivalence doit nécessairement exister pour les formations, quelle que soit leur nature, qui sont comprises entre les calcaires lacustres 2 et 4, la position de 2 immédiatement au-dessous des formations 1 et celle de 4 immédiatement au-dessus des formations 5 ne pouvant être l'objet du moindre doute. L'âge des dépôts dits lacustres de Saucats se trouve dès-lors déter- miné. On se rappelle que les assises V et VIII de la coupe du vallon de Saucats se succèdent dans les conditions suivantes (voir chap. I er ) : V. A. Falun de Léognan; dépôt de rivage (4 e coupe). B. — dépôt de plage (3 e et 4 e coupe). VI. Marne ou calcaire marneux fluvio-marin [coupes 1 et &) VII. Falun de Lariey : dépôt de faible épaisseur présentant, selon les points où on l'observe, les caractères d'un dépôt formé à proxi- mité du rivage, ou ceux d'un dépôt de rivage. VIII. Calcaire d'eau douce reposant sur la formation IX [falun de Uazas), dont les assises supérieures renferment un grand nombre de Cy rênes. ( 523 ) Il existe la plus grande analogie entre cette formation et celle que nous avons observée en face du Port-Neuf de Barsac, à la base de la mo- lasse coquillière de Violle; quoique d'âges différents, les deux évidem- ment se sont produites dans des conditions semblables : dans l'une comme dans l'autre, l'assise marine intercalée dans la formation lacus- tre ne constitue qu'un accident local, dont rien, dans le voisinage, ne fait soupçonner la continuité. On a vu en effet (coupe F) que dans le ravin de Moras, situé à peu de distance de Lariey et du moulin de l'É- glise, le falun de Léognan 3 est séparé de celui de Bazas 5 par un banc unique de calcaire lacustre, dans lequel il n'existe aucune trace d'assise marine intercalée. Les dépôts YI à VIII de Lariey et du moulin de l'Église appartiennent donc à un seul et même étage (1), le calcaire lacustre gris de l'Agenais, et c'est, par erreur, que j'en avais attribué une partie au calcaire blanc de celte contrée. Nous avons à déterminer maintenant à quelles couches du vallon de Saucats correspondent le calcaire lacustre jaune de l'Armagnac et le calcaire d'eau douce blanc de l'Agenais. Le calcaire lacustre jaune de V Armagnac est inférieur au falun de Salles et supérieur au falun de Léognan; il a donc dû se produire, pen- dant sa formation, une oscillation complète du niveau de la mer, qui, d'abord, a éloigné celle-ci de son ancien rivage et l'y a ramené plus tard à l'époque où se sont effectués les dépôts de Salles. Or, d'une part , les dépôts de la Sime et de la métairie Cazenave présentent à un haut degré les caractères d'une formation de rivage ; d'autre part, le falun supé- rieur de Pont-Pourquey renferme des coquilles terrestres et d'eau douce, dont la présence indique que, à l'époque de son dépôt, non-seulement il existait des nappes ou des courants d'eau douce dans son voisinage, mais encore qu'il s'y produisait des dépôts lacustres renfermant les mêmes Hélix, les mêmes Planorbes et les mêmes Limnées que le falun. Parleur position, à la partie supérieure de l'étage 3 (falun de Léognan), ces dépôts lacustres appartenaient évidemment au calcaire d'eau douce de l'Armagnac; celui-ci est donc représenté, dans le vallon de Saucats, (1) M. Guilland (Actes de la Soc. Linn de Bord., t. I, p. 146 : Notice géologique sur le terrain de Sauçais) a , dès 182i, considéré ces dépôts comme constituant une seule formation , « parce que le nombre des alternats et la faible épaisseur des cou- ches lui paraissent annoncer une espèce de périodicité , et par conséquent indiquer qu'une même cause a dû ramener, après un certain temps, les couches analogues. ( 524 ) en partie par le falun supérieur de Pont-Pourquey, en partie par les dé- pôts de la métairie Cazenave et peut-être même de ceux de la Sime. Quant au calcaire blanc de VA gênais, comme il est intermédiaire au falun de Bazas et aux marnes et argiles à calcaires concrétionnés qui terminent l'étage longrien (calcaire à Astéries) , il correspond naturel- lement aux sables argileux inférieurs du moulin de Bernachon, qui non- seulement occupent la même position que lui dans la série des couches du vallon de Saucats, mais encore ont une faune composée presque exclu- sivement d'espèces communes à la faune du calcaire à Astéries et à celle du falun de Bazas. Nous pouvons maintenant classer d'une manière précise les couches qui se succèdent de l'origine à l'extrémité inférieure du vallon de Saucats : I. Sables caillouteux superficiels. .> Terrain quaternaire. IL Dépôts à Cardita Jouannetide la) L ^ SïuîStonffl Sime et delà métairie Cazenave.) pro parle du.. III. Falun de Pont-Pourquey, ren-\ fermant dans ses assises supé-j I Calcaire lacustre Heures des Hélix, des Planor-I Fatun de Léognan;\ jaune h,'* ,\p* fimnppi \ la P arlie supérieure de l'Armagnac ots,aes Limnees > de |u étgnt ,, équ| _| IV. Falun du moulin de Lagus. . . .1 valent marin de la V. Falun de La Cassagne, de Joa- Partie inférieure du chim, etc / VI. Marne fluvio-marine de Joachim, du moulin de l'Église et de La- riey VII. Falun de Lariey , etc ) Calcaire d'eau douce gris de l' Agenais VIII. Calcaire d'eau douce de Joachim, du moulin de l'Église et de La- riey IX. Sables jaunes inférieurs de La-j riey, et sables jaunes supérieurs) Falun de Bazas. du moulin de Bernachon \ X. Sables argileux et marnes à Ce- Calcaired > mudouceblancde c Agemis rites, Nerila picla, Turritellal (équivalent marin du) . Desmareslina , etc \ XI. Marnes et argiles à concrétions) calcaires de Labrède XII. Calcaire à Natica crassalina de\ Labrède et de Laprade. . . . Calcaire à Astéries. ( 525 ) En comparant ce tableau à celui qui termine le premier chapitre, on remarquera qu'il reproduit, à peu de chose près, les classifications adoptées par M. Mayer et par moi pour la parlie supérieure de la coupe, et celle de M. Tournouër pour la partie inférieure ; ces indications diffè- rent , au contraire , dans presque toutes leurs parties , de la classifi- cation de M. Raulin. Je ne ferai plus qu'une observation avant de terminer. Il n'existe pour ainsi dire nulle part, dans le sud-ouest de la France , de sépara- tion tranchée entre les divers étages tertiaires successifs qui affleurent dans la Gironde : dans les localités où ils n'existent qu'à l'état de forma- tions marines, ils passent l'un à l'autre par transition graduée et généra- lement telle qu'il est impossible de dire à quel niveau s'arrête l'un , à quel niveau commence le suivant; dans celles où les formations marines consécutives sont au contraire séparées l'une de l'autre par un calcaire lacustre, celui-ci étant synchronique, en partie de l'étage marin qui le pré- cède, en partie de celui qui le suit, on se trouve, pour la classification rigoureuse de l'étage d'eau douce , dans le même embarras que pour la séparation des étages marins dans le cas précédent. Toute classification générale de nos terrains tertiaires aura donc toujours quelque chose de factice et de faiblement motivé , tant qu'on n'en cherchera pas la base dans des phénomènes d'un ordre plus élevé que celui qui résulte de simples variations de faune ou d'origine. Cette question étant trop importante pour être traitée ici incidemment, j'en ferai l'objet d'un tra- vail ultérieur, PERSONNEL DE LA SOCIETE Au 31 Décembre 1S71 -^ — »- Fondqleur-direcieur : J.-F. LATERRADE, directeur pendant quarante ans et cinq mois (mort le 30 octobre 1858 ) , maintenu à perpétuité en tête de la liste des membres titulaires , par décision du 30 novembre 1 869. BUREAU MM. Chaules Des MOULINS, Commandeur de l'Ordre Pontifical (classe civile) de Saint-Grégoire-le-Grand, Officier d'Académie, président à vie, rue de Gourgues , 5. Ecjg. DELFORTR1E, juge de paix, vice-président, rue Monbazon, 25. Ose. LiNDER (0. # ), ingénieur ordinaire des mines, secrétaire-général, rue Fondaudége, 22. Em. BENOIST, géologue, secrétaire du Conseil , cours des Fossés, 100. H. TRFMOULET, archiviste, rue Jouannet, à l'Entrepôt Saint-Remi, 3. Le Comte de KERCADO (0. # £<), trésorier, rue Judaïque, 459. CONSEIL D'ADMINISTRATION MM. Le D' Eug. LAFARGUE, rue des Remparts, 73. Le D r S. M. SOUVERBIE, conservateur du Musée, rue Bardineau,*5. Jules LAMBERTIE, conservateur-adjoint du Musée, à Caudéran. (S'adres- ser audit Musée, Jardin des Plantes. ) Eue. BàILBY, professeur de dessin linéaire au Lycée, rue Judaïque- Prolongêe, 37. TITULAIRES MM. DUR1EU de MAISOiNNEUVE ( * ^ ) , directeur du Jardin des Plantes- Gust. LESPliNASSE , rue de la Croix-Blanche, 25. J. COMME, chef des cultures au Jardin des Plantes, rue Belleville, 45. J—B. GASSIES , directeur du Musée préhistorique, allées de Tourny , 24. H. BERT, rue de la Croix-Blanche, 29. Léonce MOTELAY, rue Guillaume-Brochon, 7 bis. Alex. LAFONT, à Arcachon (villa Bon- Abri). J.-L. SAMY, préparateur à la Faculté des sciences. G. de NERVILLE (0. # ), ingénieur en chef des mines, cours du XXX Juillet , 48. Édoua wd LAFARGUE, rue Porle-Dijeaux, 8. ( 527 ) AUDITEUR M. Félix ARTIGUE , employé au domaine du Chemin de fer du Midi , rue des Faures, 48. HONORAIRES RÉSIDANTS S. Ém. Ms r le Cardinal DONNET (G. 0. # ), archevêque de Bordeaux. MM. GAUTIER (0. # C. ^t ) , ancien maire de Bordeaux, rue Huguerie, 51. L'abbé BLATAIROU, chanoine honoraire, doyen honoraire de la Faculté de Théologie , rue du Hà , 41. Adolphe CHARR0PP1N, ancien adjoint de maire, rue de Condé, 6. W. M AISÉS #, ingénieur en chef des mines, en retraite, chemin des Cossus, 40 (au Bouscat). HONORAIRES NON RÉSIDANTS S. G. Ms r de LANGALERIE # , archevêque d'Auch. MM. MILLET de LA TURTAUD1ÈRE, naturaliste, à Angers. Le baron de MEiNTQUE ( G. 0. #• ), ancien préfet de la Gironde, à Paris. Le D r G.-P. DESIIAYES, professeur au Muséum d'Histoire naturelle, à Paris. Le pasteur J. Duby, botaniste, à Genève. Le D r A>ii BOUE, géologue , à Vienne (Autriche). Le vicomte A. de C AUMONT, directeur de l'Institut des Provinces, à Cacn. IsaacLEA, conchyliologiste , à Philadelphie. Le T. R. P. MONTROUZIER, missionnaire apostolique, curé de l'Ile Art ( Nouvelle-Calédonie ). Van BENEDEN , professeur à l'Université catholique de Louvain (Belgique). L'abbé LABORDE, curé-doyen de Blanquefort et de Caychac (Gironde); ancien curé de Saucats et collaborateur de feu M. de Basterot; nommé le 2 août 1871. ADMISSIONS ET MUTATIONS Ou 1er novembre 1868 an 31 Itécenibre 1891 ( Voir le tableau qui termine, à la première de ces dates, le Tome XXVI. Ont été admis comme membres TITULAIRES résidants : MM. Eugène BAILBY, professeur de travaux graphiques au Lycée de Bordeaux, nommé le 5 mai 1869. Edouard LAFARGUE, l'un des secrétaires de la Société d'Horticulture de la Gironde, nommé le 19 janvier 1870. ( 528 ) A été admis comme membre AUDITEUR , résidant . M. Félix ARTIGUE, employé au domaine du Chemin de Fer du Midi. Ont perdu la qualité de membres TITULAIRES : MM. Victor RAULIN, professeur à la Faculté des Sciences, démissionnaire. Édelestan JARDIN, inspecteur de la Marine, devenu correspondant à Brest. Le D r François LADEVI, devenu correspondant dans la Dordogne. Ont été nommés membres CORRESPONDANTS : MM.'TASLÉ père, conservateur du Musée de Vannes, nommé le 4 novembre 1868. P. E. MULLER, naturaliste, à Copenhague, nommé le 2 juin 4869. Jonas COLLIN, cand. mag., à Copenhague, nommé le 2 juin 1869. DU MORTIER, président de la Société Royale de Botanique de Belgique, à Bruxelles, nommé le 1 er décembre 1869. BOMMER, professeur de Botanique agriculturale, à Bruxelles, nommé le 1er décembre 1869. PREUDHOMME DE BORRE, conservateur du Musée Zoologique, à Bruxel- les, nommé le 1 e r décembre 1869. H. Van HEURCK, président de la Société Phytologique microscopique, d'Anvers, nommé le 1 er décembre 1869. Le D r 0. A. L. MOERCH, professeur de Zoologie à l'Université Royale de Copenhague, nommé le 15 décembre 1869. L. MARIE, sous-commissaire de Marine (momentanément) à Versailles , nommé le 9 mars 1870. Le D r L. LORTET, professeur à l'école de Médecine, directeur du Musée d'Histoire Naturelle, à Lyon, nommé le 20 avril 1870. Le D r E- BERCHON, médecin principal de la Marine, directeur du service sanitaire de la Gironde, à Pauillac, nommé le 20 avril 1870. DOTZAUER, conchyliologiste, à Hambourg, nommé le 4 mai 1870. Le T. R. P. LAMBERT, missionnaire apostolique, à la Nouvelle-Calédonie nommé le 18 mai 1870. LECLERC, capitaine au 31^ d'infanterie de ligne, à Vincennes, nommé le 5 Juillet 1871. OUDRI, lieutenant au 31e d'infanterie de ligne, n0 mmé le 5 Juillet 1871. François DALEAU, négociant, à Bourg-sur-Gironde, nommé le 5 Juillet 1871. P. E. DUBALEN, à Dax (Landes), nommé le 27 décembre 1874. ( 529 ) Correspondants devenus HONORAIRES : MM. Le D'DESHAYES, Le Pasteur DUBY, Le D' Ami DOUÉ, Le V te A. de CAUMONT, ) ci -dessus désignés. Isaac LEA, Le T. R. P. MONTROUZIER , Van BENEDEN, NECROLOGE Du fer novembre 1869 au 31 Décembre 18» i (Voir le tableau qui termine, à la première de ces dates , le Tome XXVI). MM. J.-B. MAIN, correspondant à Melle-sur-Béronne (Deux-Sèvres), mort dans les premiers mois de 4 870. IVOY père, correspondant au Pian, canton de Blanquefort (Gironde), mort dans sa 91 e année, le 19 avril 1869. Le Commandeur Eugène SISMONDA, correspondant à Turin, mort le 24 avril 1870. Frédéric CAILLIAUD, correspondant à Nantes, mort le 1 er mai 1869. Henri BOUCHEREAU jeune, correspondant au château de Carbon- nieux, commune de Villenave-d'Ornon (Gironde), mort à Bordeaux le 31 mai 1871. L'abbé Eugène COEMANS, membre de l'Académie Royale des sciences de Belgique, correspondant à Gand, mort le 8 janvier 1871 . Edouard LEGRAND, ancien commissaire de Marine, titulaire, mort le 8 novembre 1871. Octave LE ROY, conseiller à la Cour de Bordeaux, titulaire et membre du Comité d'administration, mort le 25 novembre 1871 DUMONT, ingénieur civil , titulaire, mort le 30 décembre 1871. Tome XXVII. 41 ( 530 ) ' LISTE DES SOCIÉTÉS ADMISES COMME CORRESPONDANTES ( Par échange de publications ) Depuis le 1« novembre 18«8 jusqu'au 31 décembre 1891. Société Académique d'Agriculture, etc. de Poitiers (antérieure, omise dans la liste du t. XXVI). — Scientifique d'Arcachon (Gironde); correspondance votée le 6 janvier 1869. Essex Institute (Soc. scientif. du Comté d'Essex, à Salem, Massachusets); 3 février 1869. Société Botanique de France; (correspondance reprise) par vote du 3 février 1869. — de Climatologie, des sciences -physiques et naturelles d'Alger; 21 avril 1869 — Malacologique de Belgique, à Bruxelles; 3 novembre 1869. — Littéraire et Philosophique de Manchester (Angleterre); 1« dé- cembre 1869. — de Botanique du Brandenbourg, à Berlin; 4 mai 1870. — d'Histoire naturelle de Portland (Etat du Maine), 4 mai 1870. FIN DU TOME XXVII. EXTRAITS DES COMPTES-RENDUS DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX. EXERCICE 1868-1869. COMPOSITION DU BUREAU Ch. Des Moulins, Président; Raulin , Vice-Président ; Linder, Secrétaire général; Samy, Secrétaire du Conseil ; C le de Kercado , Trésorier ; Trimoulet , Archiviste ; Souverbie , Le Roy , ( Membres du Conseil. Jardin , Lafargue , Séance du 4 novembre 1868. — M. Taslé, conservateur du Musée de Vannes, est nommé correspondant. M. Fischer, membre correspondant, annonce une note intitulée « Mélanges cétologiques » (voir t. XXVII, p. 1 à 22 des Actes), et le complément de son Catalogue des Mollusques marins de la Gironde (voir t. XXVII, p. 71 et suiv. des Actes). M. Durieu développe quelques observations au sujet d'une végétation qu'il a observée dans une poire. Ce fruit, dit-il , présentait deux nodu- les sphéroïdaux , noirs intérieurement et couverts d'une couche épaisse et continue de Botrytis cinerea, mucédinée vulgaire , qui se développe sur une masse de substances diverses en voie de décomposition. Le Botrylris Tome XXVII 26, \ II ne s'est pas propagé au-delà; ce qui ne veut pas dire que la mucé- dinée ait la moindre connexion avec la substance noire des nodules, mais simplement qu'elle a trouvé là, mieux que dans le voisinage, des conditions favorables à son développement. La poire, en pleine décom- position , s'est ensuite couverte à'Ascophora mucedo et de Pénicillium glaucum, celui-ci dans ses deux états, filamenteux ou isarioïde. Ces faits n'ont rien d'insolite; ce sont ceux qui se produisent toujours en pareil cas. Les nodules isolés , compacts , qui se détachent au milieu de la pulpe du fruit sont, au contraire, dignes d'intérêt. Ils se sont formés et ont vécu aux dépens de la pulpe, car les concrétions pierreuses de la poire sont seules restées intactes et on les aperçoit, tranchant, au milieu de la masse noire, par leur couleur à peine altérée. M. Durieu a fait passer sous le microscope des parcelles de la substance qu'ils renferment et les a trouvées exclusivement composées de filaments très-fins, peu ramifiés, entrecroisés dans tous les sens, mais se détachant nettement sous l'ob- jectif. Vus isolément ou en petit nombre, ils ne paraissent pas noirs, mais d'un gris clair, presque hyalin ; leur masse seulement rappelle la couleur de l'encre de Chine. Un certain nombre de ces filaments sont arrivés à l'état parfait; on les voit régulièrement cloisonnés sans étran- glement, sans tendance à se désarticuler, chacun des compartiments renfermant une seule spore ovoïde, régulière. C'est évidemment à une algue et non à un champignon qu'on a affaire, et il sera nécessaire de feuilleter les grands ouvrages algologiques à figures pour voir si Ton pourra ramener cette singulière production à un des innombrables gen- res faits, plus ou moins récemment, dans l'algologie microscopique. L'élrangeté de l'habitat de cette production, son extrême rareté (car si elle se montrait fréquemment dans les poires, il n'est pas douteux qu'on ne l'eût déjà signalée), laissent présumer qu'elle est nouvelle, ou du moins bien peu connue. Il n'y a donc pas lieu, dans l'opinion de M. Durieu , de concevoir des craintes sur le rôle de cette cryptogame dans nos fruits. Le même membre signale ensuite une station nouvelle, la troisième, du Coleanlhus subtilis Seidel. Cette petite graminée a été découverte sur les rives de l'étang de Beaufort (Ille-et- Vilaine), par M. Jules Gallée de Rennes; elle a été cueillie en fleurs, le 25 août dernier, et en fruits , à la fin de septembre. M. Delfortrie lit une note sur des accumulations de coquilles de m l'époque actuelle, presque toutes édules, qu'il a observées en divers points de la ville de Bordeaux. Selon l'auteur, la disposition de ces amas indiquerait que le sol de la Gironde a été exhaussé depuis la pé- riode historique. (Voir t. XXVII, p. 23 et suivantes des Actes). M. Linder signale un nouveau gisement de faluns qui lui a été indi- qué par M. Arnaud, procureur impérial à Libourne. Ces faluns, qu'il a explorés, affleurent, près de la gare de Bazas, au-dessous de la ferme de Marivot , dans des chambres d'emprunt ouvertes pour la construction du chemin de fer. Parmi les fossiles qu'il y a recueillis, se trouvent Turri- tella Desmarestina , T. vermicularis, Nalica tigrina, Nerilina subpicta, Monodonta moduhts Bast., Trochus Boscianus, Corbula carinala , Venus Aglaurœ, Cardium peclinalum , Lucina dentala, L. columbella , L. sub- scopulorum, Cardita hippopea, Arca cardiiformis, A. clathrata, Avicula phalœnacea , Ostrea undala, Lytharea asbeslella (ce polypier renfermant assez fréquemment des coquilles de lithophages), etc. Le même membre signale des affleurements de falun de Léognan, près du village de Monteils, à trois kilomètres de Pessac. Les principaux fossiles qu'il y a recueillis sont : Turrilella terebralis , Natica Burdiga- lensis , Trochus patulus , Nassa aspcrula , Terebra pertusa , Dentalium Burdigalinmn, Bulla Lajonkaireana t Corbula carinata, Donax trans- versa , Venus casinoides , Cytherea crycinoïdes , etc. Un sondage que M. Clouzet, négociant à Bordeaux, a entrepris, à proximité de ces affleu- rements, a atteint le falun de Mérignac, après avoir traversé une sorte de falun mixte renfermant des coquilles des deux étages superposés. M. Linder annonce enfin, que des défoncements de terrain effectués dans la commune de Tresses , à peu de distance du lieu dit Pèlrus , ont mis à jour une couche de silex d'eau douce d'une épaisseur de m 20 environ et caractérisée par de nombreuses empreintes de Planorbes pa- raissant appartenir à Planorbis declivis Braun. Cette couche repose sur un calcaire grossier renfermant des empreintes de Cerilhium Charpen- tier^, C. plicatum, C. margaritaceum , Turrilella Desmarestina, Venus Aglaurœ, etc., et présentant absolument les mêmes caractères paléon- tologiques que celui qui sert de base au calcaire d'eau douce de Rions. Or, ce dernier appartenant à la formation d'eau douce qui , dans l'Agenais, porte le nom de calcaire lacustre blanc, c'est à cette formation qu'il faut rapporter le silex de Tresses. Séance du 18 novembre. — M. le Président donne lecture de quel- ques notes malacologiques qui lui ont été adressées par M. Récluz, IV correspondant à Paris. (Ces notes ont été imprimées dans la l re livraison du tome XXVII.) M. Jardin dépose sur le bureau un échantillon de minerai d'argent natif du Chili , dans lequel le métal se présente sons forme de lanière striée traversant une gangue de quartz. M. Linder signale trois fossiles intéressants du calcaire à Astéries de Cambes , dont deux ne paraissent pas avoir été décrits jusqu'à présent : 1° Dans une roche tendre, contenant de nombreux Cœlopleurus Del- bosiet quelques Echinolampas Blainvillei (ceux-ci généralement brisés), il a recueilli un Cœlopleurus de 12 millimètres de plus grand diamètre, franchement pentagonal et très-aplati; par son ornementation, il ne paraît pas différer du C. Delbosi, mais il s'en éloigne par sa forme. Est-ce une espèce distincte ou simplement une variation de cet échinide? L'échantillon sera soumis à l'examen d'un paléontologiste compétent. 2° Dans la même roche, M. Linder a trouvé une valve inférieure d'un Pecten d'environ 4 cm 5 de diamètre, mais dont ailleurs il a trouvé des fragments qui semblent indiquer que cette coquille atteignait quel- quefois d'assez fortes dimensions. Cette valve porte sept côtes rayon- nantes, larges, très-saillantes, assez lisses et couvertes de tubercules, dont la grosseur croît du crochet à la périphérie et qui sont disposés par séries concentriques au sommet. Des stries rayonnantes, ornées de saillies angulaires qui se suivent dans toute la longueur, remplissent les dépressions intercostales. 3° Un autre Pecten, dont les débris existent, en divers lieux , dans le Calcaire à Astéries, a été recueilli près du précédent. Malheureusement son test, qui est d'une rare élégance, est en partie brisé, en partie engagé dans la roche, et comme il est très-fragile, il serait à craindre qu'il ne se brisât complètement, si l'on cherchait à le dégager de sa gangue. Il est couvert de deux sortes de côtes, qui se succèdent alterna- tivement en rayonnant du sommet à la périphérie : les unes sont entiè- rement lisses à leur crête; les autres sont ornées de saillies fines, concentriques au sommet de la coquille et semblables à des lignes de cornets emboîtés les uns dans les autres. Les intervalles intercostaux sont couverts d'une granulation régulière, formée par des séries linéaires de points qui se croisent à angle droit. M. Linder signale ensuite l'existence d'Amphiope bioculala et de Scu- tella subrotunda (!) dans les calcaires de Roailhan et de INizan (Bazadais); V ces calcaires appartiennent à la formation dite falun deBazas. Le Sculella subrolunda n'est donc pas spécial à la molasse ossifère de Léognan. Le même membre termine sa communication en donnant quelques détails sur les terrains traversés par un sondage pratiqué sur les coteaux de Bruges, dans la propriété de M. Brandenbourg, négociant à Bor- deaux. Ce sondage, jusqu'à présent, présente la coupe suivante : SONDAGE DE BRUGES : De A 1. Gravier argileux (Diluvium) : . . D1 ,00 7^,00 2. Molasse fine, argileuse, d'un jaune pâle, bigarrée de] gris-verdâlre ou vice-versà ; micacée, efferves-/ cente > 7, 00 18, 70 3. Marne panachée (blanche et vert-grisâtre); sans\ fossiles I 4. Marne argileuse, d'un jaune pâle bigarré de rouge- pâle ou de gris-verdâtre ; sans fossiles 16, 70 25, 80 5. Molasse argileuse fine, gris-jaunâtre, effervescente, micacée; très-analogue à certaines molasses du Fronsadais et surtout aux molasses fines des en- virons d'Arveyres 25, 80 26, 00 6. Marne gris-verdâtre, marbrée de jaune-pâle 26, 00 27, 60 7. Molasse jaunâtre, argileuse et micacée; faisant effer- vescence très- vive avec les acides 27, 60 28, 35 8. Marne argileuse de même aspect que 6, mais un peu sableuse et micacée 28, 35 31, 00 9. Molasse analogue à 5, mais plus jaunâtre et moins fine 31, 00 31 20 10. Molasse grise, de même constitution que 7 31, 20 36, 85 11. Marne gris-clair, sans traces de fossiles 36, 85 37, 40 12. Marne bigarrée de jaune, de rougeàtre et de gris . . 37, 40 39, 65 13. Molasse grise, argileuse, très-effervescente 39, 65 39, 85 14. Molasse 13, bigarrée de jaune 39, 85 44, 00 15. Molasse précédente durcie par un ciment calcaire, qui lui donne un faux-air de calcaire d'eau douce, ren- fermant de nombreux grains de sable. 44, 00 44, 15 16. Continuation de la molasse 14 44, 15 46, 75 17. Molasse plus grossière, renfermant un assez grand nombre de corps miliolitiformes 46, 75 48, 60 18. Argile légèrement marneuse et sableuse, panachée, jaune et gris-verdâtre, sans traces de fossiles. . . 48, 60 49, 30 19. Molasse sableuse micacée, analogue à la molasse 14, mais plus grossière 49, 30 50, 65 53, 60 55, 20 56, 35 57, 90 63, 60 63, 85 64, 70 65, 30 73, 20 V! De a 20. Marne jaunâtre, avec marbrures d'un gris légère- ment verdâtre 50, 55 52, 4 21. Argile grise, avec veinules jaunes effervescentes, sans fossiles 52, 10 22. Marne calcaire, blanc-grisâtre, sans fossiles 53, 60 23. Marne panachée, jaune et grise, sans fossiles. ... 55, 20 24. Continuation de 22 56, 35 25. Marne analogue à 20 57, 90 26. Calcaire d'eau douce un peu carverneux, avec em- preintes de planorbes et de limnées 63, 60 27. Marne jaunâtre 63, 85 28. Calcaire argileux très-tendre, grisâtre, avec em- preinte de plante fossile 64, 70 29. Continuation de la marne 27, qui devient sableuse et passe graduellement à la couche suivante 05, 30 30. Sable gris, très-argileux, renfermant, en grande abondance, de très-grosses valves d'huîtres et des anomies 73, 20 74 80 31. Calcaire dur, très-riche en foraminifères, en valves de Pecten (sp.f)el en empreintes de fossiles marins 74, 80 75, 25 32. Marne calcaire contenant, outre quelques foramini- fères, la même espèce d'anomie que la couche 30 et la même espèce de Peclen que la couche 31 . . 75, 25 75, 45 33. Calcaire marin très-dur, très-fossilifère: Cardium, Lucine, Cerithium (?), Sphenolrochus (sp. ?).... 73, 43 75 80 34. Marne calcaire analogue à 32, mais sans fossiles dis- tincts 75, 80 77, 20 35. Calcaire analogue à 33, mais contenant beaucoup moins de moules ou d'empreintes de mollusques; très-miliolitique; Anomie de la couche 30 . ... 77, 20 78, 80 36. Calcaire marneux , sans fossiles 78, 80 79, 75 37. Calcaire miliolitique, renfermant, en assez grande abondance, de beaux échantillons, bien complets, d'Echinolampasaf/înis(Go\iiSusssp.,DesMo\i\.gen.) 79, 75 38. Calcaire blanc, tendre, sans fossiles distincts. ... 79, 98 39. Calcaire compact, très-dur, contenant de nombreux. foraminifères; peu de mollusques 80, 23 40. Calcaire blanc, tendre, d'apparence crayeuse; pas de fossiles 80, 48 41. Calcaire blanc, tendre, presque exclusivement formé de foraminifères agglutinés par un ciment de car- bonate de chaux ; renfermant quelques grains de quartz hyalin 80, 99 82, 60 79, 98 80, 25 80, 48 80 99 VII De A 42. Calcaire analogue à 40, variant du grisâtre au jau- nâtre; quelques foraminifères 82, 60 83, 05 A l'occasion de ce sondage, M. Linder appelle l'attention de ses col- lègues sur la variabilité de forme d'un des échinides caractéristiques du calcaire grossier de Blaye, YEchinolampas slelliferus qui, dans la Gironde, paraît cantonné sous la citadelle de cette localité et dans ses environs immédiats. Goldfuss (Petrefacla, p. 134, pi. 42, fig. 7, a, b, c) donne la diagnose suivante de ce fossile qu'il a décrit sous le nom de Clypeaster fornicalus: « Clypeaster conoideus, postice declivis, ambilu subovale, basi sub- concava, areis ambulacrorum angustis, fornicalis, ano transversali sub- marginali. » Puis il la complète par cette observation : « Cette espèce se distingue de tous les autres Clypéastres par sa forme presque conique, élevée, qui s'incline, à l'arrière, presque suivant la verticale; — par ses aires am- bulacraires bombées et par quatre très-gros pores placés au sommet. Son contour est à peu près celui d'un œuf; sa face inférieure est plane, déprimée et son bord par conséquent très-obtus. Les tubercules y sont disposés comme dans le Clyp. affinis et, de même que dans ce dernier , le périslome est formé par les extrémités des sillons qui constituent le prolongement des ambulacres. » Antérieurement, Lamarck avait donné de ce fossile la diagnose sui- vante , sous le nom de Clypeaster slelliferrus : « Clyp. ovalus tumidus; ambulacris quinque longis angustis; areâ prominulis ; ore transverso pentagono. » Enfin, M. Desor (Synopsis des Echinides, p. 304) , le décrit ainsi sous le nom que lui a donné M. Des Moulins et qui lui est resté défini- tivement acquis : « Espèce très- haute , subconique , remarquable en outre par ses pétales renflés en forme de côtes. Périprocle transversal. » De ces trois diagnoses , c'est celle de Lamarck seule, qui s'applique à la généralité des cas. Cet illustre naturaliste se contente de dire que la forme de l'Echinolampe dont il s'agit est ovale-renflée , ce qui s'applique, en effet, à tous les échantillons; tandis que les deux autres auteurs la considèrent comme toujours très-haute , subconique , ce qui n'est pas. Toutefois il serait plus exact de la définir ainsi : Espèce généralement très-haute , sub conique, quelquefois simplement renflée, remarquable par ses pétales saillants en forme de côtes. Périprocle transversal. VIII M. Linder, à l'appui de son dire, dépose une série de douze échan- tillons pris parmi ceux très-nombreux qu'il a recueillis à Blaye et en déduit le tableau suivant : INDICATION RAPPORT du petit de la hauteur de la hauteur OBSERVATIONS. DES ÉCHANTILLONS. au jrand diamè- tre. au grand diamè- tre. au petit diamè- tre. Échantillon-fype de I Goldfuss (1) . . . 0,910 0,674 0,740 (1) Petref., pi. X LU Échantillon-type de fig. 7, grandeur nat. M. Des Moulins (2) 0,890 0,672 0,754 (2) Collection de M. Échantillons de Des Moulins. M. Linder : • I 0,918 0,900 0,854 0,889 0,898 0,882 0,888 0,903 0,639 0,640 687 0,600 0,643 0,584 0,622 0,544 0,695 0,711 0,805 0,675 0,716 0,663 0,701 0,602 Ces échantillons sont /déposés au Musée d'his- toirenaturelle de la ville. II III IV V VI VII VIII IX ■ 0,875 0,587 0,671 X 0,909 0,864 0,866 0,598 0,616 0,622 0,657 0,714 0,718 XI XII 0,888 0,623 0,702 0,918 0.687 0,805 0,854 0,544 0,602 Le rapport des diamètres varie peu, de 0,854 à 0,91 8; différence: 0,064, ou un peu plus de 1/16. Le rapport de la hauteur au grand diamètre éprouve un écart qui est presque -2,5 fois plus grand : 0,687 — 0,544 == 0,143 , c'est-à-dire 1/7. Enfin , le rapport de la hauteur au petit diamètre varie plus encore : de 0,602 à 0,805, soit de 0,203 , ou de 1/5. En d'autres termes, dit en terminant M. Linder, la forme de la base est assez sensiblement constante, mais le renflement est tantôt subconi- IX que (Goldfuss, Des Moulins, Linder, n° III), tantôt très-notablement aplati (Linder, n° VIII), et la différence entre les formes extrêmes est tellement prononcée, que si celles-ci n'étaient reliées l'une à l'autre par une nombreuse série d'échantillons graduellement décroissants , on serait tenté d'en faire deux espèces distinctes. Séance du 2 décembre. — M. Raulin dépose la planche où sont figu- rées les coupes de sa carte de la Crète. M. Des Moulins donne lecture de l'appréciation de M. Ascherson, le célèbre botaniste allemand, sur la question de nomenclature décidée au Congrès botanique de Paris; ce naturaliste, au point de vue des princi- pes, ne partage ni l'opinion du Congrès, ni celle de MM. Des Moulins et Crépin ; toutefois , sa manière de dénommer les plantes se rapproche sensiblement de celle proposée par le botaniste belge. M. Benoist lit la note suivante sur un gisement de falun qu'il a ob- servé, rue de la Chartreuse , à Bordeaux : « Les travaux de l'égoût collecteur se poursuivaient, rue de la Char- treuse, à travers les tourbes gallo-romaines, lorsqu'en face de l'angle de la rue Lacave, le fond de la tranchée traversa un dépôt sableux. Pré- venu par M. Delforlrie de la rencontre de ces sables , je descendis dans les travaux qui offraient , de haut en bas , en face de la rue de Gasc , la succession de couches qui suit : 1. Sol actuel ) . .„ L 0«> 90 2. Tourbe \ 3. Calcaire friable blanc 0, 20 4. Calcaire jaune renfermant quelques moules indétermi- nables 1, 00 5. Calcaire sableux passant à un calcaire dur et pélri de grandes bivalves: Lutines, Vénus, etc m 20 à m 60 6. Sable jaune argileux, pétri de fossiles 0, 4 à 0, 20 7. Sable calcaire, durci par places, avec Sculelles, Écfii- nocyames, Polypiers 0, 10 à 0, 50 8. Sable rose et jaune, friable, avec Venus, Dauphinu- les, etc 2 m 50 Totai 5 m 50 » Le banc sableux n° 6 formait un amas de coquilles dans une espèce de dépression du sable rose n° 8 ; mais elle disparaissait en face de la rue Rougier, où les couches n°= 4 et 8 se trouvaient en contact. Les espèces que j'y ai observées sont : Turrilella strangulata, Turbo Par- X kinsoni, Trochus fragilis, Chemnitzia Graleloupi , Delphimila hellica , Crassatella tumida, Lucina Delbosi , Corbula sp. ? Venus splendida , Pecten Billaudelli , Pectunculus obliteralus . Scutella striatula , Echino- cyamus pirifonnis, Sphenotrochtis sp.? foraminifères (4 espèces), Poly- piers, Crania'abnormis, Serpula (espèce carénée). » Huit de ces espèces ont été observées à Terre-Nègre. » J'ai constaté, dans la couche, le manque absolu des Nalica crassa- lina et N. compressa, Vernis Aglaurœ, Phorus Deshayesi et des crustacés de la couche inférieure dure de Cenon. » Cette couche sableuse à foraminifères peut donc se classer dans la subdivision inférieure des couches à Scutella slrialula désignée sous le nom de falun de Terre-Nègre. » Sont admises parmi les Sociétés correspondantes : La Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe; La Société Linnéenne du nord de la France; La Société Philomathique du Morbihan; qui ont envoyé leurs publications à la Compagnie ou en ont demandé l'échange. Séance du 20 janvier 1869. — M. Des Moulins dépose sur le bureau un échantillon de Cuscuta epithymum recueilli par M. de Dives , sur un lierre , dans la Dordogne. Il fait observer que ce fait , dont il a déjà signalé un cas dans son mémoire sur les Cuscutes (p. 49), est un des rares exemples connus de la présence de cette parasite sur une plante arborescente. M. Gassies déclare qu'il a vu cette même cuscute, en grande abon- dance, sur la Tradescanlia , vulgairement dite Comélyne blanche, qu'on emploie dans les suspensions. M. Lambertië l'a trouvée sur l'églantier. M. Lafont dépose sur le bureau divers moules de coquilles provenant d'un ravin situé derrière l'église de Salles ; ces moules sont presque en- tièrement transformés en minerai de fer, ou 'plus exactement en alios ferrugineux. Il se rappelle avoir trouvé , au même point, des débris d'industrie humaine dans une couche qui ne lui a pas paru remaniée , qui renferme un grand nombre de Pecten , et repose sur une couche à Panopées. Il engage fortement M. Linder à compléter son travail sur le sable des Landes, par une étude approfondie des terrains de Salles, pos- térieurs aux faluns. XI Le même membre dépose deux échantillons d'une roclie arrachée du fond de la mer par la drague, à 50 brasses de profondeur environ, au large de la côte d'Arcachon , et à 12 milles à l'ouest du phare du Cap- Ferret. Cette roche, qui est couverte de vermilies vivantes , ressemble à certaines roches des faluns de Salles. Passant à un autre ordre d'idées , M. Lafont dit que les Asterias rubens paraissent doués du sens de la vue. Il a souvent en effet remarqué , à l'Aquarium d'Arcachon, que lorsqu'on leur jette les Cardium edule ou les Mylilus edulis qui leur sont donnés en pâture , ils se dirigent tou- jours , rapidement et suivant une ligne droite , sur les mollusques dont ils veulent faire leur proie. M. Lafont termine par quelques observations sur les mœurs des ani- maux conservés dans les bacs de l'Aquarium, et particulièrement sur ceux de la grande Squatine, vulgairement appelée Ange de mer. Ce poisson est nourri, depuis quelque temps, de Gobies et de Crénilabres vivants : après s'être enterré dans le sable qui couvre le fond de son bac, il ouvre son immense gueule et attend patiemment que quelque poisson, cherchant à se cacher, pénètre dans le sombre asile qui semble lui être si heureusement offert par le hasard : triste asile , hélas ! car la cavité se ferme aussitôt sur la pauvre bestiole , qui disparaît pour toujours dans l'estomac de son vorace ennemi. La Squaiine prend ainsi assez prompte- ment et sans se déranger, tous les poissons introduits dans son bac. M. Motelay signale l'existence , à proximité de Mios et dans de l'alios ferrugineux, de moules de coquilles analogues à ceux déposés par M. Lafont. M. De Kercado dépose quelques fossiles de la craie de Mortagne : Spondylus hystrix , un Pleurotomaria , etc. M. Gassies entretient la Société de deux Hélix aspersa et d'un Hélix variabilis, scalariformes, qui lui ont été donnés par M. Durieu. L'Hélix variabilis est surtout remarquable par la disjonction complète de son dernier tour de spire, dont l'ouverture est parfaitement circulaire ; cette hélice présente très-rarement une forme aussi anormale. Séance du 3 février. — La correspondance est rétablie avec la Société Botanique de France ; Etablie avec V Institut d'Essex à Salem (États-Unis). M. Gassies annonce la découverte de deux fours à poterie de l'époque gallo-romaine, sur le plateau d'Agen, dans la propriété de M. Sabassien XII au lieu de Belle-Vue. Ces fours, dont il dépose sur le bureau la repro- duction photographique, paraissent avoir été creusés sur place dans l'argile. Ils ne présentent aucune apparence de crépissage ou d'adjonc- tion de pierres accessoires; mais ils ont tous les caractères de fours monolithes. La Société, adoptant les conclusions de M. Gassies, décide que des félicitations seront adressées par le président à l'auteur des fouilles, M. Sabassien. M. Delfortrie, fait part à la Société de la découverte faite à Bergerac, d'un banc de calcaire d'eau douce ossifère, au -dessous d'une couche de silex de l'époque éocène (?); il dépose sur le bureau un échantillon de ce silex. Séance du 17 février. — M. Durieu fait hommage à la Société d'une vue photographique du Chamœrops excelsa du Jardin botanique de Bor- deaux. M. le Président, au nom de la Société, le remercie de ce don. M. Des Moulins communique , par extraits, une lettre qui lui a été adressée de Philadelphie par M. Durand, membre correspondant. Cette lettre traite particulièrement des nombreuses découvertes paléontologi- ques faites, depuis une dixaine d'années aux États-Unis, et dont quelques- unes ont été assez complètes pour qu'on ait pu reconstituer intégralement le squelette de quelques animaux des époques géologiques antérieures à celle où nous vivons. Entre autres « les ossements fossiles du fameux » Megasaurus Foulkii, trouvé dans les grès de New-Jersey, ont servi à » reconstruire ce monstre antédiluvien. Il est maintenant monté dans la » galerie du musée dé l'Académie de Philadelphie et constitue la plus cu- » rieuse pièce paléontologique qui existe peut-être au monde. L'animal qui » n'a pas moins de 35 pieds de long, dont les deux tiers appartiennent à la » queue, est représenté monté sur ses jambes de derrière, broutant la tige » d'un Sigillaria ou autre plante de son temps; les jambes de devant, dont » il paraît se servir comme de bras, ont tout au plus 3 pieds de long .... » Nous avons, ajoute M. Durand, quelques autres débris fossiles d'un » autre monstre de la même espèce qui devait avoir de 45 à 50 pieds. » M. Delfortrie met sous les yeux de ses collègues le dessin, de gran- deur naturelle, d'un humérus d'échassier trouvé dans la molasse ossi- fère de Léognan. Cet os est creux , et l'épaisseur de la partie osseuse a tout au plus un millimètre d'épaisseur. En appliquant à cet os le calcul établi par M. Milne-Edwards pour indiquer les relations qui existent entre les dimensions des diverses parties du squelette du Pélican, on XIII arrive à conclure que l'oiseau auquel appartenait la pièce fossile de Léognan devait avoir environ 7 m 50 d'envergure. Le même membre dépose sur le bureau une valve de Mylilus (nov. sp.j de très-petite taille, qu'il a recueillie dans la couche à Neritina sub- picta de Labrède. Séance du 17 Mars. — M. Motelay fait passer sous les yeux de ses collègues un fruit de Bombax ceïba, arbre qui croît dans l'Amérique centrale jusque vers le vingtième degré de latitude. Presque partout, dans cette région, on voit, sur la place publique, en face de la porte d'entrée de l'église, un de ces arbres gigantesques, dont les bran- ches s'étendent quelquefois horizontalement jusqu'à 40 mètres et cou- vrent une surface assez grande pour mettre un escadron complet de cavalerie à l'abri des ardeurs du soleil. Cette immense extension dans le sens horizontal s'obtient par l'étêtement de l'arbre, quand il est encore jeune. M. Jardin dit qu'il a vu des Bombax ceïba au Gabon : leur tronc, cou- vert d'épines triangulaires , a en effet une croissance très-rapide et prend des dimensions considérables en diamètre (jusqu'à 2 mètres) ; mais , malgré cela, s'il en juge d'après les Bombax qu'il a observés, il est lente de taxer d'exagérés les renseignements qui ont été transmis d'Amérique à M. Motelay. Il est vrai que ceux qu'il a vus n'avaient éprouvé aucune mutilation, mais leur hauteur ne dépassait pas celle d'un if, qui serait arrivé à la limite de sa croissance. M. Des Moulins lit l'extrait suivant d'une lettre, qui lui a été écrite par M. le professeur 0. Mœrch de l'Université de Copenhague, en réponse à une demande de renseignement qu'il avait adressée à ce savant au su- jet des sources qui ont servi à Linné pour la description de ses espè- ces , et particulièrement des Céphalopodes : Nice, 2 Mars 1869. « J'ai communiqué votre lettre à M. le professeur Steenstrop, qui » est la première autorité dans les Céphalopodes Le professeur » Steenstrop est parfaitement d'accord , relativement aux deux espèces » de Sepia, avec les caractères distinctifs qui leur sont assignés dans le » dernier numéro du Journal de Conchyliologie. On trouve quelquefois » en grande abondance les coquilles de Sepia sur les côtes de Danemark » et de Norwège (on les nomme vulgairement écailles de Baleine) , mais XIV » je ne me souviens pas si noire Musée de Copenhague possède un seul » animal de la côte du Danemark. Nous y avons beaucoup de ces coquil- » les, mais leurs localités ne sont pas certaines. Linné n'a pas décrit » cette espèce de Sepia d'après l'étude directe des exemplaires , mais » seulement d'après d'autres auteurs : Lister et Schwammerdam. M. Lovèn » de Stockholm a fait un petit traité sur les Céphalopodes de la côte » occidentale de Scandinavie, dans les « ofversigter Kongl. Svensk. » vehensk. aker Handl. » 1844 ou 1845. » L'Ommaslrephes todarns diffère de YO. sagittatus par les cupules » qui couvrent presque toute la longueur des longs bras. Il est aussi plus » gros, etc. Le type de YO. lodarus doit être cherché dans la Médiler- » ranée, puisque Rafinesque l'a décrit d'après des exemplaires de Sicile, » et que le nom spécifique est un nom donné par les pêcheurs de cette » île. » Dans le marché aux poissons , à Nice , j'ai vu plusieurs Ommastrephes » sagittatus, mais non le todarus de d'Orbigny. » Séance du 7 Avril, — M. Motelay annonce qu'il a découvert Ylsoëtes hystrix DR., en grande abondance dans les landes de Mios sur les petits talus qui avoisinent les flaques, où l'eau séjourne en hiver. Il en dépose des échantillons sur le bureau. Le même membre fait passer sous les yeux de ses collègues une Tulipa Oculus-Solis Saint-Amand, qui n'a que quatre pétales au lieu de six. La fleur ne présente aucune trace apparente d'avorlement et le nombre de ses élamines est normal. Il dépose ensuite , pour qu'il en soit fait hommage au Musée d'histoire naturelle de Bordeaux , des échantillons de basanite scoriacée et de basa- nile compacte de Roques-Haute , près d'Agde (Hérault). M. Gassies soumet à l'appréciation de ses collègues trois belles plan- ches de photographies faites par M. Pedroni fils et donnant la repro- duction d'après nature de quelques coquilles. Ces spécimens, très-bien réussis, permettent d'espérer que, dans un avenir assez prochain, on pourra substituer des planches photographiées aux planches lithogra- phiées actuellement en usage dans les ouvrages d'histoire naturelle. M. de Kercado dépose un bel échantillon de calcaire cristallin de la Lozère. M. Durieu place sous les yeux de ses collègues un échantillon de la sanguine, qui constitue la terre végétale de l'îlot d'Art (Nouvelle-Calé- donie). XV Il rappelle que c'est dans cette île , dont la végétation est splendide, qu'on a trouvé la belle aroïdée, connue sous le nom d' Amorphophallus Monlrouzieri. La flore de la Nouvelle-Calédonie diffère complètement de celle des autres contrées du globe et quelquefois même elle varie d'une île à l'autre de l'archipel; ainsi, c'est dans l'îlot d'Art seul qu'on observe V Amorphophallus , dont on doit la découverte au R. P. Mon- trouzier. Le Jardin des Plantes de Bordeaux possède aujourd'hui trois espèces d' Amorphophallus : Amorphophallus palmœformis de Cochinchine (1), A. Monlrouzieri, de la Nouvelle-Calédonie, et A. colubrinus de la Chine méridionale. De ces trois espèces, une seule a noué, celle de Cochinchine; de 11 heures du matin à 2 heures de l'après-midi , aussi longtemps que la fécondation n'est pas terminée , elle répand une odeur désagréable rap- pelant celle de la charogne. La fécondation dure trois ou quatre jours. Il y a quelques années , continue M. Durieu, M. Aug. Rivière, direc- teur du Jardin du Luxembourg à Paris , ayant reçu quelques graines de Cochinchine, aperçut un très-petit tubercule mêlé par hasard à de véritables graines. M. Rivière planta soigneusement ce tubercule et, dès (l)Les recherches faites jusqu'à présent et la comparaison de ï Amorphophallus de Cochinehine avec les espèces généralement cultivées dans les serres semblent confirmer l'opinion des botanistes qui croient l'espèce encore inédite. Depuis long- temps, je ne cesse de presser M. Rivière de la nommer et de la publier, ce droit n'appartenant qu'à lui seul; mais la lâche immense qui incombe au savant et habile chef des Jardins du Luxembourg et du Hamma (Algérie), ne lui a pas laissé jusqu'à ce jour le loisir de s'occuper de cette question , minime sans doute , mais urgente. C'est alors que craignant de voir cette belle découverte échapper à son inventeur, et vou- lant en même temps donner satisfaction aux amateurs qui ne cessaient de se plaindre de voir l'un des plus beaux végétaux de nos serres privé de tout nom , je pris sur moi de l'étiqueter provisoirement : Amorphophallus palmœformis Riv. J'en informai aussitôt M. Rivière, qui approuva mon initiative et m'assura qu'il acceptait et adop- tait comme définitif le nom provisoire que j'avais appliqué à sa plante. Depuis une année , elle était connue sous le nom que je viens d'indiquer. Mais des amis de M. Ri- vière ont tellement iusisté auprès de lui pour qu'il permît que Y Amorphophallus cochinchinois portât son nom , qu'il a dû se rendre à leur désir et leur accorder cette satisfaction; il a donc abandonné son droit absolu de paternité sur sa plante pour permettre qu'elle reçoive désormais le nom d'A. Rivieri, et c'est ainsi en effet qu'elle est déjà étiquetée dans les jardins du Hamma. On m'a demandé de signer ce nom : je n'ai osé le refuser, malgré mon incompétence. — Rordeaux, Murs 1870. D. R. XVI la troisième année , il en obtenait un Amorphophallus de la plus grande beauté. Avant de répandre cette magnifique plante dans les jardins, M. Rivière crut devoir attendre qu'elle fût suffisamment étudiée et même publiée, s'il y avait lieu. Néanmoins, M. Durieu dut à sa bienveillante amitié le don d'un des premiers propagules disponibles. Cultivé dans le Jardin de Bordeaux, le jeune tubercule s'y est considérablement multi- plié , et aujourd'hui les plus gros , — dont le poids atteint près de 4 ki- logrammes, — donnent des sujets qui font l'admiration des visiteurs , d'abord par leur inflorescence volumineuse et des plus étranges, ensuite par la grande et unique feuille qui succède à la floraison , et qui, pen- dant cinq mois que dure sa fraîcheur, simule un jeune et élégant pal- mier. Celle feuille se compose en effet d'un pétiole de 5 à 6 centimètres de diamètre et d'un mètre de longueur, terminé par une ombelle com- posée de trois folioles, subdivisées chacune en trois autres; ces nou- velles subdivisions se partageant à leur tour, en trois folioles, qui se décomposent encore successivement et d'après le même mode. M. Durieu informe ensuite la Société que le nouveau voyage qu'il vient de faire auprès d'Agde pour rechercher le Riella gallica DR, dans le but de donner enfin une description complète de celte plante, n'a pas été plus heureux que les précédents : il y a deux ans, les échantillons re- cueillis dans une mare desséchée, étaient déjà flétris et par suite inaptes à servir de base à la description de la nouvelle plante. L'année dernière les circonstances ont été plus défavorables encore, la sécheresse ayant été tellement grande que le Riella n'a pu lever. Cette année enfin le voyage a été fait trop tôt. M. Durieu termine sa communication par le récit piquant des circons- tances qui l'ont conduit à la découverte de certaines plantes et en par- ticulier de VIsoëtes hystrix et des Isoëles d'Algérie. M. Linder prend la parole pour discuter certaines parties d'une note que M. Matheron a publiée, dans le Bulletin de la Société géologique de France, sur les terrains tertiaires du Blayais et du Médoc. Il y indique diverses erreurs d'observation et des coupes inexactes, celle surtout qui s'étend de Lesparre à la Gironde par Valeyrac, dans laquelle Lesparre figure sur un monticule qui dépasse en hauteur tous ceux de la contrée avoisinante, tandis qu'en réalité, cette viile devrait occuper un des points les plus bas de la coupe. M. Linder déclare toutefois qu'à part des points de détail, la classifi- cation adoptée par M. Matheron est conforme aux faits qu'il a person- XVII nellement observés dans la Gironde, et dont il résume l'ensemble dans le tableau suivant, en conservant provisoirement la division du terrain tertiaire en trois grandes formations : Terrain quaternaire.* *• Terrains de transport superficiels de l'Entre-deux- ( Mers et du Médoc, sables des Landes. pliocène." j 2. Falun de Salles. / 3. Calcaire d'eau douce supérieur de l'Agenais. ( Ce calcaire ne paraît pas réellement exister dans la Gi- ronde. Les calcaires indiqués par M. Raulin comme appartenant à cet étage, font partie, les uns de l'é- tage no 5, les autres de l'étage n° 7. ) 4. Falun deLéognan. iiocène . . . ./ *>■ Calcaire d'eau douce gris de l'Agenais. 6. Falun et calcaire de Bazas. 7. Calcaire d'eau douce blanc de l'Agenais. 8. Molasses à Cérites et à Nérilines de LaBrède, etc. 9. Calcaire à Astéries. (Bourg, St-Macaire, St-Émilion, Entre-deux-Mers.) 40. Marnes et molasses à Ostrea longirostris, etc. (St-Émilion, Castillon, Langoiran, La Réole, etc.) 11. Calcaire d'eau douce de Castillon. (Monfollet, Civrac, Monségur, Castillon, etc.) 12. Molasses à Qsstréa sp.? et à Anomia girimdica de Cars et de Berson. éocène ( 13. Calcaire marin de St-Estèphe et de Berson. 14. Calcaire d'eau douce de Blaye. 15. Marnes et molasses à Oslrea cucidlaris et à Ano- mia girundica de Plassac et de Blaye. \ 16. Calcaire grossier de Blaye. M. Malheron a divisé le calcaire grossier de Blaye en deux étages ; M. Linder n'admet pas cette division, selon lui contraire aux faits, ainsi qu'il en donnera la preuve dans l'une des prochaines séances. M. Delfortrie dépose sur le bureau le dessin, de grandeur naturelle, d'une mâchoire de Squalodon recueillie récemment dans la molasse ossifère de Léognan. Cette pièce, qui a 75 centimètres de longueur, est garnie d'une grande partie du système dentaire, dont la belle conser- vation permet l'étude complète. Séance du 21 avril. — M. le Président annonce la mort de M. Ivoy, doyen des correspondants de la Société , décédé au Pian, le 19 avril , à l'âge de 91 ans. Est acceptée la proposition d'échange des publications adressée à la Procès-Verbaux. 2 XVIII Compagnie par la Société de Climatologie, Sciences physiques et NATURELLES D'ALGER. M. Durieu dépose sur le bureau des rhizomes de Pleris esculenta , fougère dont les naturels de l'Australie font usage pour leur alimenta- tion. Le même membre parle ensuite d'une invention allemande, au moyen de laquelle on obtient des sections de végétaux d'un quarantième de mil- limètre d'épaisseur, qui sont d'une netteté et d'une transparence admi- rables. Avec de pareilles sections , dont M. Durieu montre quelques échantillons, le physiologiste peut déterminer avec la plus grande faci- lité les moindres détails de structure des végétaux. M. Benoist donne lecture de la note suivante : « Dans sa note sur les faluns du département de la Gironde, M. Tournouër décrit deux couches de calcaire lacustre dans le vallon de Saucats, couches qu'il désigne respectivement dans le tableau, p. 1,087 de son travail , sous les noms de 1 er calcaire lacustre ou de Villandraul ; et de 2 e calcaire lacustre ou de Sauçais. » Dans une première excursion à Saucats, j'eus occasion de voir ces deux couches. J'observai que l'inférieure contenait en effet les caracté- ristiques d'une faune lacustre; quant au calcaire supérieur, il me parut à l'état de marne blanche, contenant une faune d'embouchure de fleuve, par conséquent fluvio-marine. De retour à Bordeaux, et après avoir relu la note précitée, je crus m'êlre trompé. » Lors de la course que la Compagnie fit à Sainte-Croix du Mont, le 25 juin dernier, à l'occasion de la fêle Linnéenne, je pus étudier les mêmes dépôts et constater, comme à Saucats, que le calcaire inférieur ou calcaire de Villandraul de M. Tournouër est noir, gris et bleu et ren- ferme de nombreux Planorbes, des Limnées el des Hélices; que la couche supérieure est blanche et pétrie de Bilhynia Dubuissoni, de Cériles et de Dreissena. » Voyant cette concordance de faune, d'autant plus remarquable, qu'elle a lieu entre deux points assez éloignés l'un de l'autre, je résolus de retourner à Saucats et d'y étudier à nouveau les couches, que je croyais avoir mal observées précédemment. » Je fis celte course en compagnie de M. Trimoulet, et relevai avec lui les coupes suivantes : XIX A. Coupe relevée, de haut en bas, dans une carrière située au Moulin de l'Église. 1. Sable à Céritesel à Cyrènes (horizon de Mérignac) m , 50 2. Calcaire lacustre perforé, noir et argileux, ou gris bréchilique, dur, pétri, dans sa partie moyenne , de Planorbes, Limnées, Hélix et Cycloslomes 1 , » 3. Roche sableuse n° 2 (p. 1,042 delà note de M, Tournouër) .... B. Coupe relevée dans une petite carrière, située près du même lieu que la précédente, mais sur la rive opposée du ruisseau. 4. Sable rose à Tellina zonaria (n° 6 Tournouër, p. 1,042). — Falun de Léognan - m , 60 2. Marne blanche se divisant comme il suit : a. Couche avec Planorbes , Limnées, Cycloslomes, Cyrena, Dreis- sena, Potamides Lamarcki, Bithynia Dubuissoni 0, 50 b. Marne blanche avec Dreissena, Cyrena, Bithynia, Polamides Lamarcki, Cerithium plicalum 0, 60 3. Couche jaune, à Cerites, Cyrena Brongnarli, etc. (n° 4 Tournouër, ibid.) , 0, 10 4. Calcaire lacustre noir perforé ( u° 3, ibid.) 1, 50 « J'avais donc bien observé dans ma première excursion : le calcaire lacustre inférieur noir, à Planorbes , Limnées , Cyclosîomes et Hélix est bien franchement lacustre, car les six espèces qu'on y trouve {Lymnea nrceolata et L. pachygasler , Planorbis solidas et P. declivis, Hélix subglobosa et Cyclosloma Lemani ont généralement la taille d'individus adultes; il en est très-peu de jeunes, à moins qu'ils ne soient brisés parla dureté de la roche qui les contient. La couche supérieure (2. a et b de la coupe précédente) a tout l'aspect d'un dépôt fluvio-marin, ainsi que l'indique la nature des fossiles qu'on y trouve : Cyrena Bron- gnarli, Dreissena Basteroli, Cerithium Lamarcki et C. plicatum, Bithynia Dubuissoni , Planorbis declivis et P. solidus , Lymnea urcco- lata, Cyclosloma Lemani; mais parmi les espèces d'eau douce, il n'en est pas une qui ait atteint la taille de l'animal adulte. J'en conclus que les coquilles terrestres et lacustres ne se trouvent qu'accidentellement dans la couche fluvio-marine. Trop jeunes pour avoir pu résister au cou- rant d'un ruisseau assez fort pour charrier du sable et même de petits galets (car on en trouve quelques-uns dans la masse), elles étaient entraînées par les eaux, en temps d'inondation ou d'orage; tandis que les mollusques adultes , plus forts, résistaient en se cramponnant aux plantes qui leur servaient de support. L'absence d'espèces terrestres ou lacustres à Sainte-Croix du Mont ne fait que confirmer cette observation. XX » Le calcaire lacustre de Sauçais de M. Tournouër (Note précitée , p. 1,087), est donc synchronique de celui qu'il appelle de Villandraut ou du calcaire gris de l'Agenais et l'étage correspondant du calcaire d'eau douce jaune de V Armagnac , dans le vallon de Sauçais, est un dépôt fluvio-marin d'embouchure et non un dépôt lacustre, comme l'ont avancé à tort quelques auteurs. » Séance du 5 Mai. — M. Linder demande à présenter quelques ob- servations à l'occasion du procès-verbal de la dernière séance, à laquelle il n'a pu assister. Dans la note irès-ïntéressante qu'a présentée M. Benoist sur les dépôts lacustres de Sauçais, cet honorable collègue a assimilé au calcaire gris de l'Agenais la couche lacustre inférieure et au calcaire d'eau douce de V Armagnac la couche fluvio-marine supé- rieure. Celle assimilation est évidemment basée sur la classification que M. Ranlin a proposée au Congrès scientifique de Bordeaux, classification qui n'admet, dans nos régions, au-dessus du calcaire à Astéries, que deux étages de calcaire lacustre, tandis qu'il y en a réellement trois, ainsi que M. Linder l'a dit dans la séance du 7 avril , dont le procès-verbal vient également d'être lu, et comme d'ailleurs c'est depuis longtemps déjà l'opinion de M. Tournouër. Des trois étages dont il s'agit , savoir : 1° calcaire blanc de l'Agenais, ( ï° calcaire gris de l'Agenais, 3° calcaire lacustre supérieur de l'Agenais ; il n'en existe que deux qui soient net- tement caractérisés dans la Gironde : le premier est inférieur au calcaire deBazas; le second est intermédiaire au calcaire de Bazas et au falun de Léognan ; quant au troisième qui n'existe pas dans la Gironde, du moins d'une façon incontestable, il est inférieur à la molasse marine de l'Ar- magnac , qui est l'équivalent du falun de Salles et il paraît postérieur au falun de Léognan, ou du inoins contemporain de la fin de ce dépôt. D'après cela,. M. Linder conclut qu'il faut renoncer à la classification des calcaires lacustres miocènes de nos régions en deux étages et as- similer le lacustre inférieur de Sauçais au calcaire blanc de l'Agenais, la marne fluvio-marine supérieure du même lieu au calcaire gris de l'Agenais. M. Benoist répond qu'en effet, il a établi ses conclusions d'après la classification proposée par M. Raulin au Congrès scientifique de 1861 , qui lui avait paru généralement acceptée; mais qu'en présence des explications qui viennent d'être développées, il est tout disposé ta ad- mettre la modification que son collègue indique à sa conclusion. Il ajoute que du reste, au fond, il ne s'agissait pour lui que de comparer XXI les couches lacustres de Sauçais avec les deux calcaires reconnus dans le miocène supérieur de la Gironde, et qu'à cet égard ses conclusions ne sont évidemment pas à modifier. Sont élevés au rang de Membres honoraires, les correspondants dont les noms suivent : MM. J. Duby (le Pasteur), de Genève ; Ami Boue, membre de l'Académie des sciences de Vienne (Au- triche); A. de Caumont, correspondant de l'Institut de France, directeur- général de l'Institut des Provinces ; Isaac Lea, de Philadelphie (États-Unis); Le R. P. Montrouzier, missionnaire apostolique, curé de l'île d'Art (Nouvelle-Calédonie). Est nommé membre titulaire : M. Bailby , professeur au Lycée de Bordeaux. M. Motelay dépose sur le bureau une forme charmante et curieuse (YAlyssum calycinum L, qu'il a trouvée, le 2 mai, dans les terrains sablonneux et stériles des Bordes . près de Coutras. M. Delfortrie donne lecture des observations suivantes de M. Gervais sur le maxillaire inférieur d' Halilerium, dont il a entretenu la Com- pagnie dans sa séance du 19 août 1868 : « Haliterium fossile a Léognan. — J'ai parlé plus haut d'un maxil- laire d' Halilerium découvert à Léognan (Gironde), dans le grès à Squalo- dons de cette localité , par M. Delfortrie. Ce zélé naturaliste a bien voulu me le communiquer.... La belle pièce dont il s'agit montre le grand trou sous-mentonnier, qui est indivis, ainsi que la surface mentonnière, qui est aplatie et déclive comme chez le Dugong , mais avec cinq alvéoles au lieu de quatre comme dans celui-ci , mais plus petites et surmoulées, en outre, d'une autre alvéole placée elle-même sur la carène de la barre, ce qui établit une différence, non-seulement avec le genre actuel dont je viens de rappeler le nom , mais aussi avec V Halilerium Sèrresii. En effet , si les alvéoles mentonnières de ce dernier sont bien au nombre de cinq, comme dans le fossile de Léognan, mais plus élargies, elles ne sont pas non plus surmontées, le long de la barre qui sépare la plaque mentonnière d'avec les molaires véritables, par une alvéole indiquant une dent propre à celle partie du bord gengival. Quant aux molaires, leurs alvéoles peuvent seules en donner une idée, ces dents ayant dis- XXII paru. Il devait y en avoir cinq, toutes à deux racines, et dont la dernière élait encore en germe. L'alvéole de la dent supplémentaire placée sur la barre est distante de m , 010 de l'alvéole mentonnière supérieure, et de m , 016 de celle de la première molaire; sa longueur est de m , 005. » Si je compare le profil de la mâchoire trouvée à Léognan avec ceux du Dugong et de VHaliterium Serresii , je trouve qu'il leur ressemble beaucoup, mais sans être absolument le même. Sa saillie mentonnière est un peu plus épaisse, sans l'être cependant autant que celle de plusieurs autres fragments d'Halileiïums provenant, comme lui, du miocène moyen. » Il est toutefois possible que cette pièce doive être attribuée à l'Ha- terium commun dans ce dernier étage, c'est-à-dire àP Halilerium fossile ou Cuvieri, dont on signale un assez grand nombre de gisements, parti- culièrement dans l'ouest de la France, et dont j'ai vu de nouveaux frag- ments, recueillis aux environs de Blois par MM. Bourgeois et Delaunay. Mais je ne connais aucune mâchoire inférieure à'Halitcrium fossile ou Cuvieri suffisamment complète pour permettre une comparaison satis- faisante, et comme l'on doit, en outre, se demander si l'on n'a pas confondu sous ce nom plusieurs espèces, je n'ose affirmer que la mâ- choire de Léognan doive être rapportée à 17/. fossile, tel qu'on l'a établi sur les pièces décrites par Cuvier. Je ne vois pas de trace de l'alvéole dont il vient d'être question sur un fragment de mandibule appartenant à M. Delaunay, qui provient des calcaires des environs de Blois. Elle paraît manquer aussi dans un morceau de mâchoire prove- nant d'un sujet moins grand qui m'a aussi été communiqué par ce géologue. Dans ce morceau, le trou mentonnier est divisé en deux par une sorte de pont osseux; mais ce n'est là qu'une différence indivi- duelle. « La mâchoire que possède M. Delfortrie a sa surface mentonnière longue de m , 050 dans la partie occupée par les alvéoles, et large de m , 040 au niveau de l'alvéole intermédiaire. » (Zoologie et Paléontologie générales, p. 182.) M. Delfortrie, après cette lecture , dépose sur le bureau des oper- cules très-singuliers qu'il a trouvés dans les marnes bleues de Cenon , près Bordeaux. Ces opercules étant disséminés dans la masse, il est impossible, quant à présent, de dire à quel gastéropode ils peuvent se rapporter. M. Benoist présente une nouvelle note destinée à servir à l'étude des XXI u terrains jurassiques du déparlement de la Meurlhe. Il rappel le que, dans une note antérieure, il a adopté la classification suivante, pour sim- plifier l'étude et la recherche , sur le terrain , des couches du système oolithique inférieur, considérées de haut en bas : Grande ooliths ou étage Bathonien , Fullers-Earth ou élage Foulonien, Oolithe inférieure ou étage Bajocien , ' Marnes infraooliliques ou étage Toarcien. L'auteur a reconnu une séparation nette entre le lias à Bélemnites et les marnes infraoolithiques : 1° Par le manque complet de Brachiopodes dans le Toarcien ; 2° Par l'apparition, dans cet étage, du genre Trigonia, qui manque dans le Lias, quoi qu'en dise d'Orbigny ; 3° Par la disparition, dans la dernière couche du Lias, du genre Spirifcrina ; 4° Par l'existence d'une oscillation nette du sol, qui a eu lieu entre les dépôts du Lias et ceux du Toarcien : l'étage liasique est en effet un dépôt de mer profonde peuplée de brachiopodes et de mollusques habi- tant les grands fonds; l'étage toarcien présente au contraire les caractères d'un rivage , dont les eaux étaient habitées par des céphalopodes appar- tenant à des genres nouveaux : Loligo , Teudopsis , etc. Par ces motifs, M. Benoist a réuni les marnes infraoolithiques à l'oo- lithe inférieure, dont la faune plus riche n'est que le développement de celle des marnes dont il s'agit. Il a d'ailleurs subdivisé les deux étages jurassiques inférieurs en zones , savoir : !| Calcaire à polypiers, supérieur. Oolithe à polypiers...] Calcaire oolilhique gris. (Calcaire à polypiers, inférieur. (Calcaireà Ammonites Flumpfiriesianus. Oolithe ferrugineuse.] — — Sowerbyi. (Marnes — Murchisonœ. ! Couches à Trigonia\p er hydroxydé à Ammonites Aalensis. /Marnes gréseuses à Amm. Toarcensis. „ . ., [ Marnes à Turbo. Marries bitumineuses )., Marnes bitumineuses. Marnes à poissons. L'impression de la noie de M. Benoist est volée. (V. t. XXVII , p. 137 des Actes.) XXIV M. Le Roy dépose sur le bureau divers fruits el plantes de la Californie. Séance du 19 mai. — M. le Président fait part à la Compagnie de la perle qu'elle vient de faire dans la personne de son éminent et vénérable correspondant, M. Frédéric Cailliaud. le célèbre explorateur de la Nubie, conservateur du Musée de Nantes, mort en cette ville, le 1 er mai, à l'âge de 82 ans. M. Delfortrie remet au Président son manuscrit relatif à la mâ- choire deSqualodon Grateloupi, dont il a présenté le dessin, de grandeur naturelle, dans l'une des dernières séances. L'impression en est votée par la Compagnie. (Y. t. XXVII, p. 433 des Actes). M. Gassies dépose sur le bureau des Limnées et des Physes provenant de l'aquarium d'eau douce de l'Exposition universelle de 1867 , dont il avait la direction. Il fait remarquer que les Limnées, dont le développe- ment s'est effectué, à l'air libre, dans le marais supérieur de l'aquarium , présentent une expansion remarquable du bord droit, qui se redresse comme une visière de casque au-dessus du péristome. Cette variété de Litnnée, que M. Gassies avait déjà signalée en 1849, dans son Tableau des Mollusques de l'Agenais, et, en 1859, dans son Catalogue des Mol- lusques terrestres el d'eau douce de la Gironde., sous le nom de Limnea ovata var. aperta, paraît beaucoup plus abondante dans les eaux de la Seine que dans celles de la Garonne. Elle diffère de l'espèce-lype de Linné (Limnea limosa) , qui se trouvait dans le même bac de l'aqua- rium, non-seulement par l'expansion dont il vient d'être question, mais encore par ce fait singulier que, landis que l'espèce-lype, plus grande d'ailleurs, reste toujours netle de toute souillure, la variété se couvre constamment de mucosités et de dépôts verdâtres, alors même qu'elle est placée dans des conditions identiques de développement. L'au- teur de la communication attribue l'expansion du bord à une Iranssuda- lion énergique des bords du manteau et à une tendance à la succion par application hermétique contre le calcaire auquel l'animal se fixe. En ce qui concerne les Physes, M. Gassies expose qu'elles ont pris naissance et se sont développées à l'infini dans l'aquarium d'eau chaude (30 degrés centigrades), au milieu des PisliaPontederia, Nymphœarubra, Victoria regia, etc. Il avait cru d'abord qu'elles constiluaienl une variété du Physa acuta, introduite dans le bac avec les plantes exotiques qui l'or- naient; mais il fait remarquer que non-seulement leur forme les rap- proche beaucoup du véritable P. avala, mais encore que leur lest , plus XXV solide à la vérité, est souvent orné de fascies blanchâtres, qui en enve- loppent la périphérie, sous forme de linéoles lactées visibles à l'œil nu, absolument semblables à celles qu'on observe sur un grand nombre d'é- chantillons du Physa acuta type, de l'Agenais. Il n'y a pas de doute pos- sible, les Physes de l'aquarium appartiennent à cette dernière espèce. M. Gassies fait hommage au Musée de Bordeaux des coquilles, dont il vient d'entretenir la Compagnie. MM. Benoist et Trimoulet déposent sur le bureau de très-beaux échan- tillons d'huîtres fossiles, qu'ils ont recueillis aux environs de Moulon. M. Benoist donne quelques détails sur leur gisement : Ces huîtres, dit-il , font partie d'une couche qui repose sur un banc calcaire assez épais ne renfermant point les Orbitolites du calcaire grossier de Blaye. Immédia- tement au-dessus s'étend une couche assez épaisse de molasse; recou- verte par le calcaire à Astéries. Il lui semble reconnaître, dans celte coupe, quelques-unes des couches de la classification donnée récem- ment par M. Linder pour les terrains tertiaires de la Gironde : le calcaire inférieur serait le calcaire marin de Saint-Estèphe ; et la couche à Huîtres, immédiatement supérieure, correspondrait à la couche analogue de Cars et de Berson. M. Durieu montre à la Société de nombreux Sépions, malheureuse- ment brisés , d'une des Seiches les plus rares de nos côtes (Sepia Or- bignyana F eruss., elegans d'Orb.). Cette belle espèce, que personne encore n'a pu se procurer vivante sur les côtes de la Gironde, est rejetée en grande abondance , à l'état d'osselets , par la mer, entre le cap Ferret et le poste de la Garonne, dans une petite anse de la Grande-Côte. Séance du 2 juin. — M. Gergerès neveu demande que la Société Lin- néenne veuille bien, comme l'année dernière, nommer une commission pour examiner l'éducation de ses vers à soie pendant la campagne de 1869. M. le Président désigne, pour faire partie de celle commission : MM. de Kercado, Jardin, Trimoulet et Delfortrie. Sont nommés membres correspondants : MM. Collin, cand. mag., naturaliste, à Copenhague; P. E. Muller, naturaliste, à Copenhague. M. Raulin expose que « M. Tournouer et lui ont découvert aux envi- rons de Peyrehorade plusieurs gisements renfermant un grand nombre de mollusques et de zoophytes fossiles tertiaires, pour la plupart nou- veaux. XXVI » Lorsque, en aoûl 1865, le Conseil général des Landes fut appelé à voter l'allocation nécessaire pour la publication de la statistique géolo- gique du département, une somme de 600 fr. fut réservée pour la pu- blication des fossiles caractéristiques des divers étages' et surtout des espèces nouvelles, qui étaient alors au nombre d'une centaine. » Les recherches faites pendant les années suivantes ont doublé le nombre des espèces à figurer; aussi la somme allouée est-elle devenue moitié de celle qui est nécessaire. » Vu le peu d'espoir d'obtenir une nouvelle allocation du Conseil général, M. Raulin a songé à une combinaison, qui serait avantageuse tant pour le département des Landes que pour la Société Linnéenne, dont l'un des principaux buts est la connaissance du Sud-Ouest de la France : ce serait que la Société Linnéenne consacrât à la confection des planches une somme égale à celle allouée par le Conseil général, » à la condition que celui-ci lui permît « l'usage gratuit de la composition des » cinq ou six feuilles de texte relatif aux planches en question... » « La Société, reconnaissant l'importance de la publication complète d'une nouvelle faune tertiaire du Sud-Ouest de la France , qui viendrait s'ajouter aux quatre déjà décrites par Grateloup, d'Archiac et Rouault (terrain nummulitique, falun de Gaas, falun de Saint-Paul-les-Dax, falun de Saubrigues) , accepte la proposition de M. Raulin, qui pourra ainsi être soumise à l'acceptation du Conseil général des Landes dans sa prochaine session. » M. Gassies montre à la Compagnie, avant de les déposer au Musée de la Ville, deux variétés d'écrevisse provenant de l'aquarium d'eau douce, qu'il a dirigé à l'Exposition universelle de 1867. La première appartient à la variété dite écrevisse bleue , elle vient de la Meuse. Sa très-grande taille et ses pinces extraordinairement dévelop- pées la font ressembler à un petit homard. La deuxième a vivement excité la curiosité des visiteurs, lorsque , en compagnie de ses cinq congénères, elle se mêlait aux variétés brune, grise, verte et bleue. La couleur rouge vif de sa carapace lui donnait tout l'aspect d'une écrevisse ordinaire ayant passé par la cuisson. Les écrevisses appartenant à cette variété, provenaient du lac de Genève. Séance du 16 juin. — La Société décide que l'excursion qu'elle fera, cette année, à l'occasion de la fête Linnéenne, aura lieu dans le vallon de Saucats. Sont nommés membres du comité d'exécution : MM. Delfor- trie, De Kercado, Gassies, et Trimoulet. XXVI [ M. Linder dépose sur le bureau une trentaine de cailloux, dont la plus grande longueur ne dépasse pas généralement deux centimètres. Ces cailloux, qui proviennent du premier sondage fait à Solférino, dans les Landes, sont de nature variée : les uns sont hyalins ou grenus , et présentent l'apparence de roches provenant de terrains anciens; les autres, et ils sont assez nombreux , paraissent originaires de dépôts sili- ceux d'eau douce, car l'un u'eux porte l'empreinte très-nette d'un petit planorbe ( PL declivis ?). Le même membre, revenant sur la classification des terrains tertiaires de la Gironde , qui a été déjà, de sa part, l'objet d'une première com- munication (séance du 7 avril dernier), développe longuement les obser- vations qu'il a faites à ce sujet dans le département et dans son voisinage. Il donne plusieurs coupes, la plupart nivelées géométriquement, et par conséquent d'une rigoureuse exactitude; entre autres, celle de la route de Blayeà Saint-André-de-Cubzac, d'abord entre Blaye et Grand-Pierre , dans la commune de Berson , puis entre Grand-Pierre et Saint-Gervais ; celle de la route de Blaye à Bourg, la coupe de Plassac à Berson , etc. Ces coupes confirment presque dans leur entier les conclusions publiées, il y a trois ans, par M. Malheron , et démontrent de la manière la plus nette la postériorité du calcaire de Bourg à la molasse du Fronsadais , qu'on voit constituer une assise plus ou moins importante, tantôt au- dessous du calcaire à Astéries , comme à Cars et à Villeneuve, tantôt au-dessous du calcaire d'eau douce de Castillon, comme à Berson et à Monfollet. La formation éocène présente les étages suivants dans le Blayais, en le considérant de haut en bas : ETAGE LACUSTRE SUPERIEUR. 1. Calcaire d'eau douce de Castillon. 2. Molasse du Fronsadais. 3. Calcaires, marnes et argiles à Anomia girun dica et à Oslrea (espèces variées). étage marin supérieur. . .{ 4. Calcaire grossier de St-Estèphe, présentant parfois à sa base une assise renfermant, en abondance, des huîtres et des anomies. étage lacustre inférieur. ) 5 - Calcaire d'eau douce de Blaye, quelquefois j précédé et suivi de marnes lacustres. 6. Marnes et argiles à Oslrea cucullaris et à Anomia girundica. étage marin inférieur. . .{ 7. Calcaire grossier de Blaye paraissant quelque- fois précédé comme l'assise 4, d'une as- sise riche en huîtres. XXVIIi M. Màtherom divise le calcaire grossier de Blaye en deux élages. Di- vers motifs empêchent M. Linder d'admellre celle division. 1° L'Echinolampas slelliferus, que M. Matheron considère comme caractéristique de son calcaire grossier inférieur, existe dans toute la hauteur du rocher sur lequel s'élève la citadelle de Blaye jusqu'à la couche n" G, qui forme la base des bâtiments intérieurs du fort; 2° La faune du calcaire à Ech. slelliferus de la citadelle s'observe, mêlée à celle du calcaire grossier supérieur de M. Matheron dans plu- sieurs des carrières de Blaye ou des environs ; 3° Rien, dans les sondages profonds récemment exécutés dans le Médoc, n'indique une division du calcaire grossier de Blaye en deux étages. La formation éocène de la Gironde peut être étudiée avec une grande netteté dans le Blayais. 11 n'en est pas de même dans le Médoc , dont le sol est peu accidenté, où les superpositions d'assises sont rarement visibles et les affleurements fossilifères à empreintes nettes peu nom- breux. Toutefois, les sondages y ont fourni de bonnes indications. A Maucaillou (Saint-Julien) , à Saint-Eslèphe et à la Bégorce (Margaux), la sonde n'a traversé, jusqu'à plus de cent mètres de profondeur, qu'une formation marine, riche en mollusques de l'assise n° A, dans les couches supérieures; renfermant, plus bas, quelques fossiles du calcaire grossier de Blaye, plus bas encore de rares mollusques et des myriades de foraminifères qui assimilent ces couches inférieures aux sables num- mulitiques de Saint-Palais, prèsRoyan; toute trace du calcaire d'eau douce de Blaye y a disparu. Il paraît donc avoir existé , dans le Médoc , pendant la période éocène^ une mer profonde, dont le fond se rele- vait brusquement vers la rive droite de la Gironde , pour se terminer ensuite en pente douce sur les flancs des montagnes crétacées de la Sain ton ge. Cet état de choses donne une grande probabilité à l'hypothèse d'une faille le long de la Gironde. Le calcaire à Astéries s'étend au-dessus delà formation éocène. Sa faune est extrêmement remarquable : une partie présente un faciès éocène des plus caractéristiques , et M. Linder croit même qu'un certain nombre de ces fossiles testacés sont d'espèces communes aux couches du calcaire marin de Sainl-Eslèphe; une autre partie, spécialement dans les bancs supérieurs de la formation , comprend de nombreux mollusques qu'on retrouve dans l'étage falunien qui est postérieur, et, malgré cela, celle XXIX faune a un caractère tellement sui generis, tellement individuel, que l'on comprend aisément les hésitations que les géologues ont éprouvées pour le classement de l'étage qu'il représente (grès de Fontainebleau) , soit dans l'éocène, soit dans le miocène. M. Linder rappelle que, dès 1862, M. Tournouër s'est demandé s'il n'y avait pas lieu d'admettre, dans la série des terrains tertiaires, une quatrième division : Yoligo- cène des Allemands , qui, dans l'Aquitaine, serait représentée par le calcaire à Astéries et le falun de Gaas. M. Linder partage complètement celte manière de voir et classe dans V oligocène toute la formation ma- rine comprise dans la Gironde entre les deux calcaires d'eau douce qu'on observe près de La Réole, l'un au Mirail, l'autre à la base des coteaux. L'oligocène de la Gironde comprendrait ainsi les assises sui- vantes, considérées de haut en bas : {miocène inférieur des au- leurs fronçais; — éocène 1. Marnes, molasses ou calcaires à Cériles, i\e- + . i ri Unes, Ostrea. Etage marin l ' 2. Calcaire grossier à Turbo Parkinsoni et Scu- lella slriatula. (Calcaire à Astéries de Col- lègue»; — Calcaires de Bourg et de Sl-Ma- supericur de Lyell ; — Ion- I . . ,, n .. > ■ I caire de M. Raulin). arien de d T Orbignv, etc.) I .. ,, . . . „ , „ , a ° • M- Marnes et argues a Ostrea longiroslns et nu- \ très espèces. L'assise n° 1 de cet étage comprend, en certains lieux, une faune miocénique tellement caractérisée qu'on ne peut faire autrement que de la considérer comme le passage de Y oligocène au miocène, et par consé- quent comme marquant la limite supérieure de Yoligocène. La formation oligocène existe aussi dans le Lot-et-Garonne, mais en revêtant des caractères essentiellement différents de ceux qu'elle a dans la Gironde : elle y est tantôt marine, tantôt mixte, tantôt essentiellement lacustre. M. Linder rappelle les développements qu'il a donnés sur l'allure gé- nérale de Y éocène de la Gironde, dans la séance du 20 mai 1868 : La formation éocène , disait- il alors, se montre une première fois dans la vallée de la Gironde en constituant la base des coteaux jusqu'aux environs de Bourg, où elle disparaît sous le calcaire à Astéries; elle reparaît un instant à Langoiran , puis de nouveau à La Réole , offrant ainsi, dans son développement, de vastes sinuosités, sur lesquelles se sont moulées les formations postérieures, dont l'ensemble des couches présente l'ap- parence d'une mer légèrement ondulée. — Ses observations , depuis un XXX an, non-seulemenl ont confirmé M. Linder dans celle appréciation, mais encore elles lui ont démontré que celle-ci s'applique à toute la partie du bassin de l'Aquitaine qu'il a parcourue, avec celle restriction pourtant que les ondulations n'ont pas de direction fixe , et que dans leur dis- position relative, elles suivent une loi qui paraîl dépendre en partie de la forme du contour crétacé du bassin aquitanien. Le terrain falunien (miocène supérieur des auteurs) succède à Y oli- gocène. Sa constitution dans la Gironde est aujourd'hui assez connue pour qu'on puisse espérer ne plus avoir besoin d'en retoucher la classi- fication générale. Selon M. Linder, cette formation tertiaire se compose, dans ce département, des couches suivantes, considérées de haut en bas : ETAGE MARIN. Falun de Léognan; falun supérieur de Saucats; Molasse ossifère de Léognan. Calcaire lacustre supérieur de Bazas et moyen de Casteljaloux. — Marnes fluvio-marines de lacustre ou fluvio-marin , < Saucats, Sainte-Croix-du-Mont , etc. — (Cal- caire d eau douce gris de l Agenais). ETAGE LACUSTRE SUPERIEUR stre ou fluvio- selon les lieux ETAGE LACUSTRE INFERIEUR. \ Falun et calcaire de Bazas, avec couches subor- etage marin j données d'Oslrea undala et d'O. crispata. Calcaire d'eau douce inférieur de Saucats et de Sainte-Croix-du-Mont; calcaire lacustre de Roquetaillade, Rions, Tresses, etc. Marnes ou argiles fluvio-marines de Noaillan, Villan- (lacustreou fluvio-marin, / draul el Canejan. — (Calcaire d'eau douce selon les lieux ) [ blanc de i> Agenais ) t Le falun de Salles , dont la Société retrouvera un témoin à la Sime , dans l'excursion qu'elle fera très-prochainement dans le vallon de Sau- cats, lermine, dans la Gironde, la série des terrains tertiaires marins incontestables ; il appartient à la formation pliocène. M. Linder n'est pas encore fixé sur les relations qui existent entre cet étage marin et les étages tertiaires supérieurs du Lot-et-Garonne ; mais il lui paraît pro- bable qu'elles sont de même nature que celles existant entre les assises de l'oligocène de la Gironde et les assises correspondantes des départe- ments voisins. M. Linder persiste d'ailleurs à considérer le sable des Landes comme quaternaire. L'impression, dans les Acles, du travail dont le résumé vient d'être exposé par l'auteur, est votée par la Compagnie. XXXI Séance du 1 er juillet, — Excursion de la Sociale Linnéenne à Sau- çais (Gironde.) Rapport botanique par M. Lespinasse. — Le vallon de Sauçais , si jus- tement célèbre au point de vue de la paléontologie, est loin d'offrir le même intérêt au point de vue de la botanique. Aussi ceux d'entre nous qui s'oc- cupent de l'étude des plantes, mettent-il peu d'empressement dans leurs recherches et se laissent-ils aller volontiers à participer aux travaux de leurs collègues, les géologues. C'est en suivant ceux-ci dans une de leurs explorations qu'ils ont pu remarquer la robuste végétation qui borde le ruisseau de Sauçais : des vergnes vigoureux (Alnus glutinosa L.) entre- mêlés de viornes (Viburnum Opulus L. et "V. Lanlana L ), de fusains (Evonymus europœus L.) et de bourdaines (Rhammis Frangnla L.) qu'enlacent les longues lianes du Tanins communis L. et du Solanum Bulcamara L., couvrent le ruisseau d'un impénétrable berceau de ver- dure. Sur ses bords, croissent touffues et serrées, et toutes de dimen- sion gigantesque , les plus belles sinon les plus rares fougères de nos contrées, Osmunda regalish. , Blechnum Spicant Roth., Asplenimn Filix- fœmina Bernh. Parmi ces fougères se montrent, comme un encadre- ment pittoresque, les clochettes et le feuillage élégants de Wahlenbergia hederacea Rehb. et de YAnagallis tenella L.; tout cela formant un en- semble plein de grâce et de fraîcheur. Mais tout cela aussi n'est pas de la science et il faut nous décider à aller chercher fortune ailleurs. La Lande seule pouvant nous donner de bonnes plantes, c'est vers elle que nous dirigeons nos pas. En quittant nos collègues, nous trouvons dans un fourré Corylus Avel- lana L en fruits et bien spontané, et tout près ; sur le bois pourri d'un vieux pont, Cyathus strialus Hoffrn., charmant petit champignon, ap- partenant à un des genres les plus curieux de la famille. A la fin de la journée, notre collègue M. le comte de Kercado, nous communique une aulre espèce du même genre, qu'il a prise sur une tranche de bois coupé ; c'est Cyalhus crncibulum Hoffm. Dans un champ où a été récolté du seigle, abondent deux excellentes plantes du Sud-Ouest, Arnoseris pn- silla Gsertn. et Linaria juncea L. Le long d'un talus où se montrent quelques fossiles, apparaissent les espèces spéciales aux terrains calcaires Andryala sinualaL., Chlora perfoliatah., Caucalis daucoides L., etc. Plus loin , au bord d'un ruis- seau , Campanula Trachelium L., var. urticœfolia. Celle variété est assu- rément la plus commune et peut-être la seule dans notre département. XXXII Dans les fissures d'un escarpement calcaire, au pied duquel se trouve une petite source que nous avons visitée le matin , se montrent plusieurs rosettes de feuilles orbiculaires , peltées , un peu épaisses, que nous prenons tout naturellement, surtout en raison de leur station , pour Y Umbilicus pendulinus L. , mais nous nous apercevons bientôt que, malgré leur habilal étrange et leur exposition en plein soleil, ce ne sont que des touffes d'Hydrocolyle vulgaris L., en parfaite fructification. Dans celle même source et sur les mousses aquatiques dont elle est bordée , se trouvent quelques bonnes algues : Palmella microspora Kiiiz., Cylindrospermum muscicola Kùtz. , un OEdogonium stérile , et par conséquent indéterminable , et enfin quelques diatomées sans inté- rêt. — Plus loin , dans les parties peu profondes d'un petit cours d'eau , servant d'abreuvoir aux vaches de la ferme voisine, croissent entremêlés Myriophyllum allerniflorum DG. et Myosotis lingulala Lehm., celui-ci considéré par beaucoup d'auteurs comme simple variélé du Myosotis paluslris L., dont il se distingue pourtant par des caractères assez tranchés. Arrivés au bourg , nous suivons la route de Léognan, au midi de la- quelle nous avons aperçu, lors de notre arrivée, une vaste lande que nous prenons pour but de notre exploration. Dès avant d'y entrer et dans les fossés qui bordent la grande route, se montre déjà une plante intéressante, c'est le Trifolium Perreymondi Gren. Cette espèce, que l'on a cru longtemps cantonnée seulement au fond de la Provence, à Roquebrune , près de Fréjus, est assez commune chez nous, pour qu'on la retrouve à-peu-près partout dans les parties fraî- ches de nos landes. Le Carex arenaria L. , qui couvre le talus du fossé où nous herborisons, est entièrement envahi par YUredo nrceoloruniDC.', il serait impossible de trouver un seul épi qui n'en fût pas atteint. En entrant dans la lande, nous mettons la main sur YHypericum linearifolium Vahl., plante occidentale peu commune, rare surtout aux environs de Bordeaux. C'est ici , probablement, une de ses stations les plus rapprochées. Bientôt apparaissent plusieurs espèces intéressantes à divers titres. D'abord c'est Nardus slricta L., graminée des pâturages alpins , qui, faisant exception à ses habitudes en faveur de nos landes , y croît et y prospère à-peu-près au niveau de la mer. Puis, c'est Phyto- lacca decandra L , magnifique plante annuelle, originaire de l'Amérique septentrionale, aussi commune certainement dans sa patrie adoptive que dans son pays natal. XXXIII Nous enregistrons successivement les espèces suivantes : Helianthemum alyssoides Vent., Silène porlensis L. , Viola lancifolia Thore (en fruits) , Poli/gala depressa Wend., Sagina subulala Wimm., Radiola linoides Gmel., Drosera rotundifolia L., D. inlermedia Hayn , Hypericum pulchrum L., H. montanum L., Sison verticillatum L., Lobelia urens L , Cicendia filiformis Delarbr., C. pusilla Griseb. , Pin- guicula lasitanica L., Phalangium planifolium Pers., Juncus capitatus Weigg, /. TenageiaL., Avena prœcox Beauv., Agrostis selacea Curt. Un lichen intéressant, Celraria aculeala Fries , est assez commun dans les parties humides de la lande. C'est la plante type décrite par Fries. Elle a toujours été trouvée stérile chez nous et y est assez rare. Une forme très-curieuse, peut-être une espèce nouvelle, à ce que croit le célèbre lichénographe suédois Nylander, a été découverte par notre collègue M. Durieu de Maisonneuve sur le sable du littoral , où elle est très-commune. Elle est toujours abondamment couverte d'apolhécies et est surtout remarquable par son thalle et ses réceptacles très-séluleux- spinescenls , d'où le nom de variété horrescens que lui a donné M. Ny- lander, dans son Prodronnis lichenum , p. 194, et dans son Synopsis, t. I, p. 300. Dans les parties fraîches, Vlllecebrum verlicillaliim L. étale des rosettes colossales, dont un seul échantillon recouvrirait facile- ment une feuille d'herbier. Là, aussi , se trouve le Campyl&pus brevipi- lus Br. et Sch., excellente mousse, toujours stérile dans le rayon de notre flore, où elle est cependant peu rare. Tout à côté, le Zygogonium encelorum Kûlz, couvre le sol de ses grandes plaques violacées. Trois plantes surtout, aussi rares qu'intéressantes, excitent notre convoitise; ce sont : Airopsis globosa Desv., Agrostis elegans Thore et le curieux Isoetes hyslrix D. R., si fortuitement trouvé, il y a quelques mois à peine, dans la lande de Mios, par notre excellent collègue et notre camarade d'excursion de ce jour, M. Léonce Motelay. La première de ces plantes, Airopsis globosa Desv., a seule répondu à notre appel, et nous avons pu récolter de nombreux échantillons de celte charmante graminée, dans un espace assez restreint, mais très-bien fourni. Quant à VIsoeles, les plus minutieuses et les plus persévérantes investigations sont restées sans résultat. Peut-être, avec plus de temps, eussions-nous été plus heureux; mais, la journée s'avance, et il faut songer, avant tout, à rejoindre le gros de la troupe. Nous rencontrons sur notre route une petite mare , au bord de la- quelle croissent Aiisma ranunculoides L. et Eleocharis miillicaulisD'ielr. 3 XXXIV L'un de nous saisit au hasard une touffe flottante, espérant y trouver quelques algues inférieures intéressantes.... La pêche en valait la peine, car la masse principale se compose deNitella gracilis Agardh,, très-rare characée , trouvée une seule fois , à la Hume, dans le canal des Landes, par notre sagace et savant collègue M. Durieu de Maisonneuve, et antérieurement, ce me semble, ailleurs par M. Clavaud. Dans celte touffe étaient aussi Desmidmm cylindricum Grev., algue nouvelle pour notre flore, Fragilaria capucina Desmaz., et quelques oscillaires sans valeur. Non loin delà se trouve un carrefour boueux, presque entière- ment recouvert du gazon le plus frais et le plus élégant. Ce joli gazon est le Pilularia globulifera L., dont nous faisons une ample provision. Enfin, avant de quitter la lande, nous visitons rapidement une gra- vière abandonnée où croissent pêle-mêle Salix repens L., Typha angas- tifolia et Peplis porlula L. Les parties à demi-sèches de celte sorte de mare sont couvertes par le Bryum alpinum L., singulier nom donné à une mousse au moins aussi commune dans la plaine où , cependant, elle est toujours stérile, que sur les montagnes, où d'ailleurs elle fruc- tifie assez rarement. Je terminerai ce rapport par une observation intéressante qui se rattache en même temps à l'aspect général de la Lande et à sa végétation spéciale. Les terrains défrichés ou trélinés , comme disent les gens du pays, et destinés aux semis de pins, se couvrent entièrement, au printemps , de deux de nos meilleures graminées : Arrhenalherum Thorei Desm. et Agroslis selacea Curt. Elles s'y développent en telle abondance, et leurs chaumes y sont tellement serrés, qu'au moment actuel, où toutes les graminées jaunissent, on se croirait au milieu des champs fertiles de la Beauce et en présence de riches moissons n'attendant plus que la fau- cille des moissonneurs. Celte fertilité mensongère de la lande, surtout quand ces vastes espaces sont entourés de beaux bois de pins , fait oublier un moment son aridilé naturelle et lui donne un certain charme qu'on sérail loin de lui supposer. Disons, en terminant, que les colons savent tirer un très-bon parti de ces sortes de prairies artificielles , dont ils font une excellente litière pour leur bétail. Rapport malacologique de M. Gassies. — Les recherches malacolo- giques n'ont produit que des résultats peu saillants. Sur les faluns qui forment les bords du ruisseau de Sauçais, au moulin de l'Église , nous avons recueilli : XXXV Cyclosloma elegans. Hélix rugosiuscula , type. Hélix aspcrsa. — — var. scalaire. — nemoralis. — variabilis. — carlhusiana. — revelala. — ericetorum. V Hélix revelala a donné lieu à une remarque intéressante. Sa coquille, qui d'ordinaire est très-fragile et assez petite, est ici grande et épaisse; de plus, ce mollusque qui habite exclusivement les lieux à sol psammique, un peu herbeux et passablement abrités, vit ici sur une pelouse rase, au milieu des rares serpolets qui végètent sur les débris coquilliers du falun. Nous rappellerons d'ailleurs que V Hélix revelala paraît exclusivement cantonné dans les parties arénacées de la rive gauche de la Garonne. Dans le ruisseau , en face du moulin de Lagus , nous avons pris : Limnea limosa. Planorbis albus. — paluslris. Physa acuta. — glulinosa. Valvala piscinalis. Rapport géologique de M. Linder. — Ce rapport a été inséré dans tes Actes, t. XXVII, p. U3. Séance du 21 Juillet. — M. Benoist présente un projet de catalogue systématique et descriptif des fossiles des terrains tertiaires de la vallée de Sauçais ; ce projet reçoit les chaleureux encouragements de la Société. M. Des Moulins donne lecture de sa note sur les épines des Echino- cidarites. Cette note a été publiée dans la 2 e livraison du t. XXVII, parue le 30 septembre 1869, Séance du 4 Août. — M. Gassies dépose sur le bureau un cœur de laitue, sur lequel rampe un gros Bulime des environs de Rio-Janeiro (Brésil ), dont M. Daniel Guestier a reçu récemment une trentaine d'in- dividus vivants. « L'animal, en toute expansion, est coloré en vert- livide; le cou est brun-clair ; les tentacules sont vert-noirâtre et assez allongés. Le pied, qui est excessivement grand et épais, a le dessus d'un verdàtre-livide et le dessous d'un vert plus accentué. La dissection de deux individus morts en France , a permis de constater que la poche du fiel est assez forte et que la matière qui s'en échappe en grande abondance colore l'eau en rouge-brique très-intense. Le peigne den- taire est fort, costelé et garni de pointes aiguës; le radula de la lan- gue figure un réseau en cotte de mailles avec pointes peu acérées. » XXXVI M. Gassies n'est pas encore fixé sur l'espèce à laquelle il convient de rapporter ce Bulime, qu'il dit voisin des B. ovatus , B. hœmosloma, B. maximus, B. canîagallanus , etc.; toutefois, il est disposé à croire qu'il appartient à l'espèce décrite par Martens . sous le nom de B. acce- lerans, dans les Malak. Blàiter de 1867. Le même membre présente des Limnea siagnalis qu'il a obtenus de plusieurs pontes en juillet 1863. Ces mollusques ne sont qu'à la moitié de leur développement; le-r pensionne est encore incomplet, et cepen- dant ils se sont accouples il-.-jà el ont pondu. Ils se procurent le calcaire nécessaire à la formation de leur test, qu'ils eut assez solide, en ron- geant la cj" ilh des Phnorhes et des autres limnées qui vivent dans l'Aquarium. M. Gassies s .;. &Ile l'attention r.iv la présence, chez pres- que tous les ïnJi7:c!fes, de plusieurs bandes d'un brun rougeâtre qui ornent le dernier tour de la co:;. iile; c'est la première fois qu'un orne- ment semblable est signalé" chez L. stagnalis. M. le Présidait lit une lettre de IL Lartet à M. Delfortrie , relative au travail publié par ce dernier (t. XXVII, p. 135), sur la mâchoire de Squaladon Graleloupi, trouvée récemment àLéognan. Le savant profes- seur du Muséum félicite notre collègue de l'excellent parti qu'il a tiré de de cette pièce intéressante, en la faisant figurer de grandeur naurelle, et en la décrivant dans les conditions les plus rigoureuses de la méthode. M. Jouan, correspondant à Cherbourg, fait hommage à la Société de son Essai sur la faune de la Nouvelle-Zélande. M. Durieu donne des détails sur les ravages produits dans certains vignobles de la Gironde par le Phylloxéra vasW.rix , ou puceron des vignes. M. Des Moulins donne lecture d'une note qu'il a rédigée à ce sujet. — M. Durieu trouve que les renseignements qu'elle contient ne sont pas assez complets, et demande qu'avant de la publier, toutes les sources utiles à consulter soient recherchées. — M. Des Moulins répond qu'il fera son passible pour satisfaire au désir qui vient d'être exprimé (t. XXVII, p. 216). M. Benoist dépose sur le bureau des ossements d'un pied de Rhino- céros? fossile recueilli dans le calcaire d'eau douce de Mathon , localité située à dix kilomètres de Nérac. Séance du 18 Août. — M. Cotteau, membre correspondant à Auxerre, envoie un Mémoire intitulé : Description de quelques Echinides XXXVII tertiaires des environs de Bordeaux. Ce Mémoire a été publié, p. 248 du présent volume (15 mai 1870). M, Tournqu~r, membre correspondant à Paris, dépose un Mémoire ayant pour ûlri : Recei:so::ic:U de* ECUinodernies de Vêlage du calcaire à Aétéries dans le S id'Ouûsl di la Franc}. Ce travail a paru dans la 2 e livraison (15 mai 1C70) du présont volume, p. 263. M, Des Moulï>-s dépo?e sur îe bureau uno lettre de M. Laliman et deux feuilles de vigne, dont h face inférieure est couverte de verrues ou excroissances produites par dos insectes. « Le 30 juillet dernier, dit l'auteur de la icl'rc, j'ai cru J 'couvrir rie ces excroissances contenaient des nichées de PkyMoeser : vast&trics. Ce cas me paraissant insolite, j'ai mis une feuille aitoin'e le ce : îe maladie dans un flacon, où j'avais préalablement in'rodait des racines de vigne fort saines ; peu de jours après, ces racines étaient couvertes de pucerons qai y s^nt encore. » — M. Laliman ajoute que M. Planchon, à r û il a adressé une de ces mêmes feuilles , a constaté que les insectes qui s'y trouv-'.t sont bien réellement des Phylloxcra ravageais. » Des feuilles d > vigne intro- duites à côté des nichées sont restées complètement iniaefes; les pu- cerons n'y ont pas toucîié. D'où riionorcùle correspondant conclut que le Phylloxéra vaslalrix ne nic'îe et ne vit pas seulement sous le sol , mais aussi sur le 1 * filages dos vignes, et qu'il serait utile, autant dans l'intérêt de l'entomologie que de la viticulture, de répandre sa découverte. M. Durieu , après inspection des feuilles dont il s'agit, déclare que dans son opinion, M. Laliman s'est trompé et que les galles qu'il a prises pour des nids de Phylloxéra vasialrix ne eont que le résultat de piqûres d'insectes connus cl p.^-ar tens.nl à un genre très-différent. Il demande, en conséquence, qu'avant de rien décider, la Société soumette à une commission l'examen du fait qui vient de lui être signalé. Cette proposi- tion est adoptée, et II. le Président désigna comme memlres de la com- mission : MM. de Kercado , Târaculet, Benoist et Laniberiia. M. Dss Moulins expose que la partie de sa collection relative aux Échinides renferme un grand nombre d'éehantillons-lypes ayant servi de base à la description des espèces par leurs auteurs. Ges échantillons, dont quelques-uns sont uniques, sont accompagnés de notes des échi- nographes les plus autorisés, tels que LDI. Àgassiz etDesor, Cotteâu, etc. M. Des Moulins pense qu'il pourrait y avoir intérêt à publier duns les Actes le catalogue ne varielur de celte importante collection ,. afin de XXXVIII faire connaître aux paléontologistes, qui auraient besoin de consulter ses types, le lieu où ils sont déposés. — Getle proposition est adoptée. M. Linder dépose sur le bureau la carte hydrologique manuscrite du Lot-et-Garonne, dressée par M. Lacroix, ingénieur en chef des ponts et chaussées, avec la collaboration des ingénieurs placés sous ses ordres. Getle carte est la représentation topographique des couches de calcaire lacustre et des couches intermédiaires qui constituent l'ossature du département; leur disposition confirme les résultats que M. Linder a déduits de ses observations, particulièrement en ce qui concerne la constitution des couches en ondulations d'une grande amplitude, dont les exhaussements et les abaissements ne deviennent appréciables qu'au moyen de diagrammes, dans lesquels le rapport de la hauteur à la lon- gueur est fort exagéré. M. Lacroix admet six calcaires lacustres dans le département de Lot-et-Garonne : 1° Le calcaire des Ondes, qui serait le prolongement du calcaire d'eau douce de Blaye et affleurerait aux environs de Duras, de Lauzun et de Tonneins; 2° Le calcaire lacustre du Périgord, prolongement du calcaire d'eau douce de Caslillon et du Médoc •, ce calcaire existerait dans presque toute l'étendue du département; 3° Le calcaire lacustre de Monlpazier, dont il n'existerait aucun représentant dans le département de la Gironde et qui se trouverait exclusivement concentré dans la partie N.-E. du Lot-et-Garonne, au S S.-O. de Beaumonl; 4° Le calcaire lacustre blanc de VAgenais, ou calcaire inférieur de Saucats et de Sainte-Croix-du-Mont, calcaire d'eau douce de Roque- taillade, etc., qui s'étend sur une très-grande étendue du département ; 5° Le calcaire lacustre gris de VAgenais , qu'on observe dans la Gironde, à l'état de calcaire d'eau douce à Bazas et de marne fluvio- marine à Sauçais et à Sainte-Groix du Mont; il accompagne presque toujours le calcaire précédent ; 0° Le calcaire lacustre jaune de V Armagnac , qui serait entièrement concentré dans la partie du Lot-et-Garonne, située au sud du Lot. Les couches intercalées dans les assises lacustres sont des grès , des molasses et des marnes qui passent latéralement aux formations marines de la Gironde. Certaines de ces couches sont d'eau douce, les autres renferment des huîtres en plus ou moins grande quantité. M. Linder fait observer que ce fait, signalé depuis longtemps , présente un intérêt XXXIX géologique considérable, son élude complète devant conduire à la connais- sance du mode de formation des terrains tertiaires aquilaniens. A celle occasion , il appelle l'attention de ses collègues sur la succession toute spéciale des terrains tertiaires de la Gironde : à la formation éocène infé- rieure, représentée par les sables nummuliliques des sondages du Médoc et des environs de Saint-Palais et par le calcaire grossier de Blaye qui les surmonte, succèdent des dépôts argileux ou marneux renfermant en abondance des huîtres, des anomies et quelques autres mollusques vi- vant habituellement dans des eaux peu profondes ; puis apparaît le cal- caire d'eau douce de Blaye. Or, cette même succession de dépôts effec- tués dans des mers plus ou moins profondes, puis dans des eaux mari- nes peu profondes ou dans des eaux saumâtres ; enfin, dans des eaux douces s'observe dans toute l'épaisseur de la formation tertiaire, pres- que partout où se montrent des dépôts lacustres. Quelque chose d'ana- logue existe également dans le Lot-et-Garonne ; mais des bancs d'huîtres y paraissent remplacer les couches marines calcaires ou de grands fonds, et des molasses ou des grès les couches à huîtres et à anomies de la Gironde. Ce mode de succession des couches, par modifications pour ainsi dire graduelles de leur faune, indique évidemment que, dans nos contrées, les étages tertiaires successifs sont le résultat non d'a- baissements ou de soulèvements brusques du terrain , mais de mouve- ments ou de phénomènes lents , semblables à ceux qui sont actuellement constatés en divers pays. ANNEXE AUX PROCÈS- VERBAUX Lisle des ouvrages (autres que ceux des Sociétés savantes avec lesquelles la Compagnie est en relations d'échange régulier), reçus pendant Vannée académique 1868-1869. i. Report of the War-department , Surgeon general's office for 1867 (Was- hington, 4868). 2. Etudes physiolog. et économ. sur la toison du mouton, par M.Jules Baudouin, 2 e éd. (Châlillon-sur-Seine, 4868). 3. Soc. agricole, scient, et litt. des Pyrénées-Orientales, 15 e vol. 4 867. i. Faune malacologique marine de l'Ouest de la France, par M. ïaslé pèie (Vannes, 1868). XL 5. Bulletin de la Société algérienne de climatologie. 6. L'âge de pierre dans les landes de la Gironde, par le comte Alexis de Chasteigner, 1868. 7. Expériences synthétiques relatives aux météorites, par M. A. Daubrée , de l'Institut, 1868. 8. Etude sur quelques Carex , par le D r . Fr. Schultz, (1868). 9. La Lune rousse au pays de Montbéliard, par M. Ch Contejean. 40. Coup d'œil sur l'histoire naturelle du Japon, par M. le capitaine de frégate H. Jouan (1863). 41. De la production maritime du littoral d'Autriche, par le D* Lud. K Schrnarda (1865, 66, 67). 12. Question des fontaines (ville de Libourne), par M. Ozanne, ingénieur civil, (imprimé à Mont-de-Marsan , 1869 , in-8° ancien). 43. Origine des plantes domestiques démontrée par la culture du radis sau- vage ; par M. E. A. Carrière, Paris, in-8° 1869. 4 4. Catalogue des mammifères, oiseaux et reptiles du Morbihan; (in-8° Van- nes, 4869) par M. Taslé père. 15. Des lois de la perspective linéaire et de leurs applications ; par M. Eugène Bailby (broch. in-8<>, Bordeaux, 4845). 46. Etudes sur 'la composition d'un programme de dessin linéaire par le même (Bordeaux , 1848). 47. Des classifica-tions et des méthodes; par M. Contejean (1869); extrait de la Revue des cours scientifiques du 22 mai 1869. 18. L'observation anatomique et l'expérimentation. — La physiologie générale et ses progrès; par le D r Paul Berl (1869) ; même Revue, du 10 avril id. 19. Mouvements respiratoires des batraciens et des reptiles ; par le D 1 ' Paul Bert (1869, in-S°, extrait du Journal d'anatomie et physiol.) 20. Discussion scientif. et polémiq. sur des thèses botaniques, entre le prof. Oersted et 10 examinateurs ; in-8°, Copenhague, 1869 ; don de M. Jonas Collin. 2t. Darimarks Cladocera (avec une note supplémentaire de 2 pages et 6 pi. gravées; in-8 , Copenhague, 1867); par M. P E. Mùller. 22. Biclrag lil Cladocerernes forplanlningshisloire ;(Sur l'histoire de la propa- gation des cladocera) ; avec une planche gravée; in-8°, Copenhague, 1868) ; par le même. 23. Valeur alibile de la Salicorne herbacée, par M. Léon Besnou (Avranches, 1869, in-8°, 14 pages). 24. 3 Mémoires donnés par M. A. Leymerie (in-4°), savoir : 1° Mémoire pour servir à la comiaissance de l'étage inférieur du terrain crétacé des Pyrénées (1868); — 2° Récit d'une exploration géologique dans la Val- lée de la Sègre (1869) ; — 3° Sur la non-existence du terrain hôuiller dans les Pyrénées françaises , entre les gîles extrêmes des Corbières et de la Rhune (1869). XLI 25. Conseil général de la Gironde, session extraordinaire de janvier 1 809. 26. Essai sur la faune de la Nouvelle-Zélande, par M. le command' Jouan, capitaine de frégate, in-8° de 113 pages , Cherbourg, 1869. 27. Catalogue des Reliquiœ Mailleanœ, par MM. Kralik et Billon, in-8° de 58 pages, 1869. Paris, imp. Martinet. 28. Notice sur les reptiles fossiles des dépôts fluvio-lacustres crétacés du bas- sin à lignite de Fuveau ; par M. Ph. Matlieron, (in-8° de 39 pages et 5 planches; Paris, Savy , 1869). 29. Note sur les variations du magnétisme terrestre par M. Linder. (Extrait des Mém. de la Soc. des se. phys. et nat. de Bordeaux, 1869 ; in-b°). 30. Du rôle de l'attraction universelle et de la résistance de l'éther dans les variations de forme des comètes , à propos de la théorie cométaire de M. Tyndall, par le même. ( Extrait des comptes-rendus de l'Institut, in-4°, 4869). 31. Arbres fruitiers d'ornement, etc., cultivés à Bourg-la-Reine chez Durand. (Catal. g d in -8° de 262 pages ; Paris, chez Masson , 1869). 32. Notice sur les titres et travaux scientifiques du D r Paul Bert (in-4° de 60 pages; Paris, Martinet, 1869). 33. Conseil général de la Gironde, session de 1869. — Don de M. le Préfet. ANNÉE ACADÉMIQUE 1869-1870 COMPOSITION DU BUREAU I. Ch. Des Moulins, Président; Delfortrie, Vice-Président ; Linder , Secrétaire général ; Benoist , Secrétaire du conseil ; De Kercado , Trésorier ; Trimoulet , Archiviste ; Bailry , Lambertie , Le Roy, Souverbie , Membres du Conseil. Séance du 3 novembre 1869. — M. le Président rend compte des travaux du Conseil pendant les vacances de la Société. Il donne ensuite la parole à M. de Kercado, président de la commission chargée des éludes sur la nouvelle maladie de la vigne. XL» M. de Kercado résume le rapport de la commission publié dans la 2e livraison du t. XXVII, parue le 30 septembre dernier, et donne des détails sur les études faites depuis lors. M. Des Moulins annonce qu'il a terminé le classement de sa collection d'Echinides et donne lecture de deux spécimens de catalogue , entre lesquels il prie la Compagnie de faire son choix. La Société approuve le projet le plus complet et en vole l'impression dans les Actes. La Société malacologique de Belgique propose à la Compagnie un échange réciproque des publications. Cette proposition est acceptée. Publications adressées à la Société par leurs auteurs : Les Platanes et leur culture , par M. Bommer ; Description d'un jeune individu de la Dermalemys Mawii , espèce américaine de la famille des Elodites , par M. Preudhomme de Borre ; Description d'une nouvelle espèce américaine du genre Caïman (alli- gator), par le même ; Recherches sur les éponges perforantes fossiles, par le D r L. Fischer ; Deux ascensions au Mont-Blanc, par le D r L. Lortet. Rapport sur les magnaneries en plein air de M. Gintrac père , par leD r L. Micé. Séance du 17 novembre. — La Compagnie procède aux élections de son bureau et de son conseil d'Administration. Le résultat des voles a été imprimé en tête du procès-verbal de la précédente séance. M. Durieu rappelle qu'il y a quelques années, le jour de l'excursion que la Société fit à Salles , il avait recueilli dans cette localité une Equi- sélacée dont la forme lui était inconnue. Après l'avoir cultivée pendant quatre années consécutives au Jardin des Plantes de Bordeaux, il recon- nut qu'il n'avait affaire ni à YEquiselumhyemale, ni à YE. Trachyodon-, mais l'espèce lui restait inconnue. Ayant envoyé un exemplaire delà plante à M. D uval -Jouve , ce savant monographe, par une lettre du 8 novembre, courant, lui annonce que la plante est un Equiselum varie- g atum (Y lio 12 méridionale Milde) « Cette forme de YE. variegatum, écrit-il, n'avait pas encore, à ma connaissance , élésignalée en France ; elle diffère très-peu de la forme nommée par Newman E. Wilsoni, si tant est qu'elle en diffère assez pour mériter un nom spécial Yoici îe texte de M. J. Milde (Filices Europœ et Allanlidis) : « 24 E. variegaAum Schleicher. » Varialiones : » 1. Cœspilosum Doell. p. 247.; XLUI » 12. Méridionale. — Caulis 1-3 ped.altus , 8-11 angulus crassus » apice inlegro ramosus ■ rami singuli Uni efiam in summo » cmil-e posili 12 poil, longi vel breviores fertiles et ramulis se- y> cawdariis ferlilibus instrucli » Vaginœ elongatœ, dentés oblongo-lanceolati, subulaîi. » Juxta aquœductiis pagorum Gralsch cl Algund, prope Meran (Tirai) » p. 429. M. le Président annonce que l'Association scientifique de France doit tenir prochainement une session à Bordeaux et porter à son ordre du jour la maladie nouvelle qui sévit sur nos vignobles. Il pense que la Société Linnéenne ne peut s'abstenir d'intervenir dans le débat auquel cette grave question donnera lieu. M. Trdioulet est de cet avis et rend compte, à celte occasion, du rapport publié par la Société des Agriculteurs de France sur les rava- ges du Phylloxéra vastalrix dans les vignobles de la Gironde. M. Benoist examine à son tour ce travail et fait ressortir les erreurs et les contradictions qui y pullulent. M. Des Moulins , intervenant dans la discussion , cite l'opinion de M. Naudin sur les causes de la maladie qui ravage nos vignes. Dans l'opinion de l'illustre académicien, la vigne , telle qu'elle vit dans nos contrées, est dans un milieu tout à fait différent de celui des pays, d'où on l'a tirée et y subit un état de choses en opposition complète avec ses besoins et ses tendances naturelles. Quelque robuste et vivace qu'on la suppose, la vigne ne peut manquer de ressentir tôt ou tard les effets d'une situation aussi anormale et de donner prise aux maladies et aux invasions parasi- liques. M. Naudin croit que c'est par une modification des procédés de la culture qu'il faudrait cherchera remédier au mal, et cette modification, suivant lui , devrait consister à remettre temporairement la vigne dans des conditions moins différentes de l'état naturel , que ne le sont celles d'une culture perfectionnée. Après en avoir délibéré, la Société invite la Commission chargée de l'étude de la nouvelle maladie de la vigne à préparer un nouveau rapport destiné à faire connaître le véritable étal des choses, en opposition aux allégations produites par la Société des Agriculteurs de France, M. Durieu dépose sur le bureau un spadice de Munslera deliciosa, aroïdée de l'Amérique équatoriale , arrivée à pleine maturité dans la serre du Jardin des Plantes. Ce spadice, dont les fruits ont un parfum itrès-dclical , mais un goût trop relevé pour nos palais européens. XLIV présente une structure extrêmement remarquable : c'est une sorte d'axe charnu, sur lequel sont fixés des fruits bacciformes , succulents , avortés, réduits au pulpe et terminés , à l'extérieur , par une sorte d'écusson de couleur verte et de forme généralement hexagonale , dont le centre porte la trace du stigmate. M. Trimoulet soumet à l'examen de ses collègues une fascie , qu'il a observée sur un bourgeon de poirier. M. Des Moulins entretient la Société de diverses questions échinolo- giques , relatives aux terrains tertiaires de la Gironde , et il demande qu'elles soient soumises à l'examen d'une Commission , formée de ceux des membres qui possèdent les pièces du procès et se sont déjà plus ou moins occupés de la difficulté qu'il s'agirait de résoudre. La Compa- gnie , adoptant cette proposition renvoie l'affaire à une commission composée de MM. Des Moulins, président, Delfortrie, Linder , Benoist et Souverbie. M. Matheron fait hommage à la Société de l'ouvrage suivant : Note sur l'âge des calcaires lacustres à Strophostoma lapicida des en- virons d'Aix et de Montpellier et sur la position de l'étage de Rognac, par rapport à la série des dépôts crétacés fluvio-lacustres du bassin de Fuveau. Séance du 1 er décembre. — Sont nommés membres correspondants : MM. Dumortier , président de la Société royale de botanique, à Bruxelles; le prof. Henry Van Heurck , fondateur de la Société phylologique et micrographkiue de Belgique ; Preudhomme de Borre, conservateur du Musée royal d'histoire na- turelle de Bruxelles ; Bommer, professeur de botanique à l'école d'horticulture de l'Etat, à Bruxelles. M. le Président, annonce qu'il a reçu de M. Lafont deux exem- plaires d'Echinus Flemingi, l'un pour sa collection, l'autre pour le musée, dragués en mer, non loin des côtes d'Arcachon. Après exa- men sommaire, ces oursins paraissent offrira M. Des Moulins une assez grande ressemblance avec YE. melo de la Méditerranée. M. Souverbie répond qu'il a eu le loisir d'examiner longuement l'é- chantillon déposé au musée et qu'il a reconnu entre lui et YE. melo des différences spécifiques trop tranchées, pour qu'il soit possible de con- fondre ces deux espèces. Il insiste particulièrement sur les caractères tirés de la forme du test et de la couleur des épines ; celles-ci sont d'un \L\ vert-pâle uniforme chez YE. melo , tandis qu'elles sont rouges à la base chez VE. Flemingi ; le lest du premier est arrondi , il est presque tou- jours conique chez le second. M. Trimoulet, au nom de la Commission chargée des éludes sur la maladie de la vigne , rend compte de la discussion qui s'est produite au sujet des causes de cette maladie , dans les séances tenues à Bordeaux par l'Associalion scientifique; celte discussion n'a produit aucun résultat utile et la question , comme auparavant, reste entière el sans solution. Le même membre dépose sur le bureau un bel échantillon de Palœo- carpilius Aquilanicus du calcaire à Àsléries de Fargue (Enlre-deux- mers) et d'un autre crustacé de Pompignac. Quelques échantillons de la roche d'où ce dernier a été tiré, montrent de nombreuses empreintes d'une coquille de gasléropode, qui paraissent être celles de Turbo Par- kinsoni) ces échantillons proviendraient donc des calcaires à Astéries. M. Delfortrie fait observer que le faciès de la roche la rapprocherait plutôt de certains gisements de calcaire de Bazas. M. Linder répond qu'il faut se défier fortement du faciès minéralogi- que des échantillons de nos roches tertiaires , ce caraclère conduisant a confondre des gisements d'âges différents. Dans l'espèce, le faciès des échantillons déposés par M. Trimoulet n'est pas caractéristique du tout du calcaire de Bazas ; car il se présente fréquemment aussi dans le cal- caire à Astéries, auquel les échantillons de notre collègue se rapportent incontestablement. Il ne serait pas impossible toutefois que l'on ren- contrât la formation de Bazas à Pompignac , puisqu^on a trouvé , non loin de là, dans la commune de Tresses, une couche de silex lacustre à Planorbis declivis , qui est recouverte par un calcaire, dont la faune paraît être celle du falun de Bazas. M. Linder ajoute que si ses souvenirs ne le trompent, l'existence d'un calcaire lacustre a été constatée, près de Pompignac même , par M. Tournouër. M. Benoist, après avoir examiné avec attention les empreintes des fragments de roche qui font l'objet de la discussion, se range à l'avis de M. Linder et pense , comme lui, que le crustacé de Pompignac appar- tient à la faune du calcaire à Astéries. Séance du 15 décembre. — M. Mœrch, professeur de zoologie à l'Université de Copenhague , est nommé membre correspondant. M. Des Moulins donne lecture d'une note de M. Clarinval sur les maladies de la vigne. Cette note qui a paru dans le bulletin du 12 dé- cembre de l'Association scientifique de France, recommande d'essayer, XLVI comme préservatif, la culture du blé dans les vignobles. M. Des Moulins fait abserver à cet égard que la culture dont il s'agit est appliquée dans des propriétés importantes des environs de Bordeaux et notamment dans celles de MM. Laliman et Cahuzac, et qu'elle n'y a nullement arrêté les ravages de la maladie. M. Delfortrie lit une note sur les ossements entaillés et striés du miocène aquitanien. ( Celte note a été publiée dans la 3 e livraison , t. XXVII, des Actes , parue le 15 mai 1870. ) M. Linder donne une coupe du terrain qualermire qui recouvre le terrain miocène de la carrière de M. de Taffard, près Léognan. La molasse ossifère , surmontée, en quelques points, de petites épaisseurs de falun, y est comme rongée à sa partie supérieure, de manière à présenter tan- tôt des ondulations très-prononcées, tantôt des puits verticaux , dont le remplissage offre les mêmes caractères que celui des cavités profondes ou des canaux du calcaire à Astéries, qui débouchent dans le diluvium superficiel; ce remplissage se compose, inférieurement, d'une petite couche d'argile fine, surmontée de sables fins, blancs, un peu argileux, semblables à ceux qu'on observe à la base du sable des Landes, près de Salles, et, dans le haut, de sables plus grossiers et caillouteux, de même nature que le terrain qui forme le recouvrement général de la carrière. Dans les creux les plus profonds de la partie simplement ondulée, que l'on observe à la droite de la carrière, existe un dépôt très-remarquable, offrant de haut en bas la succession suivante, à partir du sol : 1. Terre végétale m 30 2. Sable argileux rougeâtre , contenant une assez grande quantité de cailloux quartzeux, au plus de la grosseur d'une noix 2 m 20 3. Dépôt de sable tourbeux, renfermant des coquilles terrestres de l'époque actuelle et particulièrement : Cyclosloma elegans et Hélix ne.moralis m 18 4. Sable grisâtre renfermant les mêmes coquilles que l'assise n" 3. . m 08 5. Tourbe sableuse, dans laquelle existent de nombreux débris de rameaux ligneux et beaucoup de coquilles terrestres de l'époque actuelle appartenant aux espèces suivantes : Hélix nemoralis Linn., Zoniles nilidus Mùller, — variabilis Drap., — cellarius Mùller, — hispida Linn.?, Clausilia nigricans Jeffr . ? , — rolundala Mùller, Cyclosloma elegans Millier. — lapicida Linn., XLVII L'épaisseur do cette couche tourbeuse est de m 16 6. Sable grossier jaunâtre, mélangé de nombreux débris de coquilles et de quelques spécimens complets ùUlelix nemoralis O» 45 7. Molasse ossifère (miocène supérieur.) Cette coupe démontre avec évidence que les sables qui s'étendent à la surface des coteaux , à l'est et au sud de Léognan , sont quaternaires , et , comme il se relient sans interruption avec les couches superficielles du voisinage, qui figurent sous le nom de « sables des Landes » dans les ouvrages de la plupart des géologues qui ont écrit sur nos régions, M. Linder en conclut , ce qu'il a déjà dit en s'appuyant sur d'autres preu- ves , que ces sables des Landes sont quaternaires et non tertiaires. Le même membre rappelle que, dans la séance du 4- novembre 1868, il a donné quelques indications sommaires sur un sondage, entrepris par M. Clouzet, négociant à Bordeaux , à peu de dislance du village du Monleil (comm. de Pessac). Ce sondage , qui a été repris au commence- ment du printemps de 1869 , a traversé jusqu'à présent toute l'épaisseur du miocène supérieur et se trouve momentanément arrêté, à 90 mètres environ de profondeur, dans le calcaire à Astéries; il présente la coupe suivante, en ne tenant compte que des divisions principales : De à Epaisseur Diluvium 0% 00 S^OO 8™,00 Alternance de grès et de sables, analogues à celles qu'on observe entre Fourcq et Canéjan , le long du ruisseau de l'Eau-Bourde; elles présen- tent la faune du falun de Léognan dans le haut, celle du falun de Mérignac dans le bas 8,00 36,50 28. 50 Calcaire compact d'apparence lacustre, de même aspect que le calcaire à Bilhijnies et à Potamides, de Canéjan et servant de base à un calcaire blanc à Cérites et à Néritines 36,50 37,50 1,00 Sables argileux, marnes et, à la base, argiles à concrétions calcaires 37,50 49,70 12,20 Calcaire à Astéries renfermant Peclen Billau- dellii, Sculella slriaCula, Ectiinocyamus pirifor- mis, Crenasler lœvis, Nummiilites Garansensis. 49,70 89,93 40,25 Profondeur du sondage 89,95 M. Linder donne ensuite quelques détails sur l'état d'avancement du sondage creusé dans le Médoc , dans la propriété de M. Dolfuss, à Mon- rose (commune de Saint-Estèphe). Les couches supérieures appartien- nent à la formation marine (éocène supérieur), dite calcaire de Saint- XLVIII Eslèphe; les couches inférieures ont la plus grande analogie avec les sables nummuliliques de Saint-Palais et avec certaines couches nummu- litiques de Biarritz, par leurs Alvéolines, leurs Nummulites et Tere- bratulina tenaislriala. Les couches s^y succèdent régulièrement , sans transition brusque dans la faune, de la même manière que dans les for- mations plus modernes de l'Aquitaine occidentale; celte circonstance donne entièrement gain de cause aux géologues qui considèrent le ter- rain nummulitique des Pyrénées comme la base des terrains de la période tertiaire. M. Linder donnera prochainement la coupe complète de ce sondage intéressant, et termine sa communication par quelques indications relatives au sondage du château de Mirambeau, qu'il se pro- pose de visiter prochainement. Dans celte localité , la sonde a , sur une épaisseur de 191 mètres, traversé les étages supérieurs du terrain cré- tacé, depuis la craie de Royan jusqu'aux calcaires marneux à Ostrea auricularis , et la coupe qu'elle a fournie, a confirmé, d'une manière remarquable, l'aperçu que M. Manès a donné des épaisseurs des étages supérieurs du terrain crétacé dans la Charente-Inférieure. M. Linder dépose sur le bureau des échantillons de fossiles et de roches, à l'appui de sa communication. Séance du 5 janvier 1870. — M. le Président donne lecture d'une lettre adressée à la Société par M. Lichtenstein, en réponse aux rapports de la commission chargée d'étudier la maladie de la vigne. La lettre est renvoyée à la commission. M. Trimoulet lit une lettre qu'il a reçue sur le même sujet du savant entomologiste M. Signoret; il en propose le renvoi à la même com- mission. Le renvoi est prononcé. M. Des Moulins communique à la Compagnie une nouvelle no-te de M Naudin, relative au même objet. La Compagnie nomme M. Edouard Lafargue, membre auditeur, en attendant qu'une place de membre titulaire devienne vacante. Publications reçues des auteurs depuis la précédente séance : Aperçu sommaire de la chimie végétale , traduit de l'allemand, du docteur Seubert, par A. de Borre. La vie et la naissance des palmiers, par M. Engel , traduction par A. de Borre. Notice sur les productions végétales de l'Abyssinie, par W. B. ïïems- ley, traduction par A. de Borre. XLIX Monographie du genre Aesculus, par le docteur Ch. Koch, traduc- tion par A. de Borre. Histoire naturelle du genre Borassus de Linné , par le docteur Ber- thold Seemann, traduction par A. de Borre. Monographie des A gavées , par le docteur Ch. Koch, traduction par A. de Borre. Notice sur des débris de Chéloniens, provenant des terrains tertiaires de Bruxelles, par A. Preudhomjie de Borre. Notice sur les femelles à élytres lisses du Dytiscus marginalis Linn., par A. Preudhomme de Borre. Notice sur un nouveau genre de Tenebrionides appartenant au groupe des Adeliides , par A. Preud. de Borre. Calalogus couchyliorum quœ reliquil D. Alphonso d'Aguirra et Gadea cornes de Yoldi, etc., par le docteur Mœrch. Contributions à la faune malacologique des Antilles danoises , par le même. Diagnoses molluscornm novorum lilloris Americœ occidenlalis , par le même. Fortegnelse over Grœnlands Blœddyr, par le même. Catalogus conchyliorum quœ reliquit C P. Kierulf, etc , par le même. Quelques mots sur an arrangement des mollusques pulmonés terres- tres basé sur le système naturel, par le même. Abrégé de l'histoire de la classification moderne des mollusques basée principalement sur l'armature linguale, par le même. On the systemalic value of the organs which hâve been employed as fundamenlal characlers in the classification of mollusca , par le même. On the land and fresh-water mollusca of Greenland, par le même. Séance du 19 janvier. — M. Raulin écrit pour donner sa démission de membre titulaire. M. Ed. Laf argue, membre auditeur, par suite de celte démission, est appelé à siéger à l'avenir comme membre résidant. M. de Dives envoie de Mansac ( Dordogue ) , à M. Des Moulins un échantillon de Viscum album, recueilli, le 17 janvier 1870, sur un alisier de la Chine du jardin du château d'Escassefort , près Marmande (Lot-et-Garonne), M. Delfortrie dépose sur le bureau trois dents de Prislis, — (dents latérales du rostre), . — provenant de la mollasse ossifère de Léognan ; Il il fait remarquer que jusqu'à présent, selon M. Gervais , on n'avait trouvé ce genre avec certitude que dans les terrains tertiaires éocènes. Le même membre donne lecture de la note suivante : « A cinquante mètres du château de Bisqueytan, commune de Saint- Quentin de Baron , canton de Brannes, situé sur un plateau de calcaire à Astéries, exploité pour la pierre à bâtir et recouvert de 40 à 50 centi- mètres de terre végétale, on a découvert une vingtaine de silos creusés dans la roche. Ces silos, dont l'origine remonte à l'époque gauloise, ont tous la forme très-régulière d'une jarre ou dolium, c'est-à-dire d'un vase à panse d'une profondeur de l m 20 et d'un diamètre de 80 à 85 centimètres dans sa plus grande largeur. L'orifice, d'un diamètre de 30 à 35 centimètres, était fermé au moyen d'une pierre percée d'un trou central. L'un de ces silos laissé intact, et que nous avons pu fouiller, était rempli de terre végétale et renfermait quantité de débris de char- bon, quelques os de chèvre et de mouton , et de nombreux tessons de poterie romaine; presqu'au fond, nous avons trouvé une quantité con- sidérable de graines dont l'état de conservation est souvent remarqua- ble, et quelques rares échantillons parfaitement transparer !s A'Achu- lina acicula. » A la première inspection , il nous sembla que ce silo avait pu être utilisé comme sépulture à l'époque gallo-romaine ; mais quand, au fond, nous avons retrouvé son couvercle brisé en deux pièces, nous avons dû en conclure qu'à une époque relativement récente, ce silo avait été comblé par éboulement. L'âge, évidemment récent des graines, vient à l'appui de cette conclusion. » Nous n'avons pu explorer la légère couche de terre qui recouvre le plateau, mais il reste évident qu'elle est jonchée de débris de l'époque gallo-romaine, et qu'on doit y trouver des traces de sépulture par inci- nération. » M. Durieu, auquel M. Delfortrie a soumis les graines du silo de Bis- queytan, déclare qu'il y a reconnu des graines de Mercurialis annita et de Chenopodium murale ou de Ch. hybridum. Leur état de conservation prouve avec évidence que leur introduction dans ce silo ne remonte qu'à peu de temps, ainsi que l'a constaté son collègue. M. Gassies dépose sur le bureau une nombreuse collection de Bali- mes de la Nouvelle-Calédonie. Il rappelle que, parmi les Bidimes de l'île des Pins, il s'en trouve un très-rare, dont l'aspect particulier le détermina à lui donner le nom de B senilis, Il crut d'abord à une LI espèce en voie d'extinction; mais, depuis, de nouveaux échantillons ayant été trouvés en assez grand nombre et tous dans le même état, c'est-à-dire à bouche à peine colorée et à coquille dépouillée de son épiderme , il dut abandonner la première hypothèse et considérer l'es- pèce comme sub-fossile. MM. Desplanches et Eugène Marie lui ont com- muniqué récemment des échantillons du même Bulime, dont l'un pré- sente un grand intérêt : il est complètement fossilisé et empâté dans un tuf calcaire dont des dépôts importants se trouvent le long du rivage de l'île des Pins. M. Gassies pense que le B. senilis a été détruit par une invasion de la mer, raz de marée ou autre phénomène analogue, et que les coquilles qu'on en recueille aujourd'hui à la surface du sol proviennent de ceux de ces mollusques que la mer n'a pas entraînés et dont les agents atmosphériques ont enlevé les vives couleurs et l'é- piderme. Le même membre termine sa communication en indiquant à ses collè- gues la Nouvelle-Calédonie comme le véritable lieu d'origine de YHelix Reinali. M. Linder dépose sur le bureau quelques empreintes prises sur un échantillon de calcaire à polypiers de Bourg-sur-Gironde ; ces emprein- tes qui, toutes, appartiennent à une même espèce, paraissent devoir être attribuées au Turbo Filtoni Bast. Séance du 2 Février 1870- — M. Gassies communique une lettre du R. P. Lambert, missionnaire apostolique et curé d'une des îles de la Nouvelle-Calédonie. Les détails intéressants qu'elle renferme confirment complètement l'hypothèse que notre collègue a développée dans la der- nière séance, pour expliquer l'aspect sub-fossile du Bulimus senilis. Il résulte en effet des renseignements donnés par le R. P. que cette coquille existe toujours, soit à l'état fossile dans les bancs de coraux qui entourent les îles, soit à l'état sub-fossile dans un sable blanc re- couvert de terre végétale et s'étendant en couche, plus ou moins épaisse, au-dessus de la roche corallifère qui constitue l'ossature des îles, où ledit Bulime a été recueilli. M. Jardin, membre résidant, obligé de quitter Bordeaux par suite de changement de résidence, est nommé membre correspondant. M. l'abbé Bardin annonce l'envoi prochain d'une monographie des Auricules fossiles de Jenneteille, comprenant la description d'une espèce nouvelle. LU La Société vole la correspondance et l'échange des publications avec la Société phytologique et micrographique de Belgique. M. Fischer dépose deux mémoires intitulés : 1° Bryozoaires marins du département de la Gironde et des côtes du Sud-Ouest de la France. 2° Foraminifères marins du département de la Gironde et des côtes du Sud-Ouest de la France. (Ces mémoires figurent au présent volume, pages 329 et 377.) La Société reçoit des auteurs les publications suivantes : De M. Dufour : Rapport de la commission départementale de l'Hé- rault , instituée pour étudier la nouvelle maladie de la vigne, connue sous le nom de pourri des racines. De M. W. Mamès : Sur la meunerie en général et la meunerie borde- laise en particulier. De M. H. Mares : Des transformations que subit le soufre en poudre, quand il est répandu sur le sol. Séance du 9 Mars. — M. Marie, sous-commissaire de la marine, membre de la Société Linri'éeunè de Gaen, e^t nommé correspondant. M. Linder dépose sur le bureau deux fossiles de la couche à Cœ- lopleurus Delbosi, de Cambes : une Otîracée d'une forme qui ne lui est pas connue et une Lime dont ia valve est très-finement striée. Le cal- caire qui constitue cette couche est b'anc, coucrétionné, et, pendant les chaleurs , se couvre d effiorescences salpêtrées ; cette propriété de la roche rend presque impossible la conservation des fossiles qu'on en retire, pour peu que le test soit un peu fragile. De semblables couches existent du reste en divers lieux de la Gironde , entr'autres une à Lor- mont, qui a été étudiée par M. Pedroni (Actes de la Soc, t. XIII), et dont les effiorescences salines ont été reconnues par ce géologue être des cristaux de nitrate double de potasse et de chaux. — A Cambes , dans des couches à polypiers, M. Linder a encore recueilli trois sor- tes de moules de Natica et deux de Conus , qui paraissent appar- tenir à des espèces figurées par Grateloup. — A Langoiran , il a trouvé dans le diluvium remplissant une cavité profonde du calcaire à Astéries une mâchoire de petit rongeur et un os d'oiseau. Dons d'auteurs : Description de quelques échinides tertiaires des environs de Bor- deaux , par M. Cotteau. LUI Choix de cryptogames exotiques nouvelles ou mal connues, par M. Duby. Séance du 23 Mars. — M. Durieu fait la communication suivante , relative à une espèce botanique nouvelle du genre Dolichos, D. bicon- tortus DR. : «En 18G7 , mon excellent collaborateur et ami, M. le docteur E, Cosson, reçut de deux botanistes japonais , Mil, Tanaka et Yekoussima, venus â Taris pendant l'Exposition universelle, un lot de graines japonaises récoltées par eux. M. Cosson voulut bien m'aban- donner ces graines. La plupart, déjà très-altérées, ne levèrent pas. Quelques-unes donnèrent des piailles de peu d'intérêt; d'autres, en petit nombre, n'ont pu encore être exactement déterminées; enfin, l'une d'elles a produit un Dolichos Tort curieux , qui fait le sujet de ma com- munication. » Le genre Dolichos, loin de progresser depuis l'époque déjà loin- taine où l'illustre de Candolle appelait de ses vœux un monographe (1), n'a fait que s'embrouiller davantage par l'addition d'une multitude d'es- pèces , plus ou moins hasardées parmi les formes innombrables de ce genre essentiellement variable. 11 en résulte que la plupart deç préten- dues espèces de Dolichos, — comme au«si de Phaseolus, —restent encore bien douteuses ou du moins fort mal connues , et qu'on est rare- ment sûr de leur détermination exacte. Aussi, n'est-ce guère le cas d'en proposer une nouvelle. Toutefois le Dolichos japonais que je présente aujourd'hui, par la configuration singulière et unique de sa gousse, et aussi par quelques autres caractères, moins saillants mais réels, se lient tellement en dehors de toutes les espèces ou formes décrites , qu'il ne semble guère possible de douter de son autonomie. Je n'hésite donc pas à le considérer comme nouveau et à le faire connaître , bien que je ne sois pas en mesure de le comparer à la plupart des espèces connues. DOLICHOS BICONTORTUS D. R. « D. caule annuo procero sinistrorsum volubili; foins longé peliola- tis , peliolo snblùs tricostato supernè canalkulalo glabro , petiolulis slrigosis, foliolis laleralibus subrhomboideo-ovatis valdè inœquilate- ris , terminait ovalo-sublriangulari , omnibus basi trancalis ; stipulis ovalo-lanceolalis multinerviis basi solulis, stipellis membranaceis latè (I) « Species quoad ordiaem et characteres plerceque vix notse! Genus monograpluâ dignisshnum ! » De Candolle , Prod. II , p. 397. LIV ovatis venosulis; pcdunculis inœqailongis primùm longissimis dein gra- datim brevioribus ; floribus paucis magnis subsessilibus , violaceo luteo alboque variegalis, calyce campanalato iransversè rvgoso 5-denlalo , denlibus subœqualibus lanceolalis acutis ciliolalis ; stylo exlùs villosis- simo, stigmate dilalalo glandulâ conliguâ viridi exteriùs produclâ dimidiato; leguminibus 2-ï, vix compressis circinalis! scminibus circi- ter oclonis, ovato-subcylindricis deformalisve, fulvis vel rufis. Hab. in Japoniâ. ^ « Tige volubile s'enroulant à gauche, dépassant deux mètres de hau- teur dans le Jardin de Bordeaux, glabrescente. Feuilles longuement pétiolées , pétiole commun presque triquèlre , glabre , marqué en des- sous de trois côtes, dont l'une fait carène, profondément et rectangu- lairement canaliculé en dessus , avec un sillon médian étroit et pro- fond ; folioles grandes, plissées sur les nervures, les inférieures très- * inéquilatérales, l'impaire presque triangulaire, toutes nettement tronquées à la base, entières, mucronées, glabres, faiblementciliées; stipules ovales- lancéolées, multinerviées, prolongées d'envirqn 2 millim. au-dessous de leur ligne d'insertion; stipelles membraneuses, largement ovales, veinées, les inférieures rapprochées des folioles latérales, les supérieures éloi- gnées d'environ i millimètres de l'impaire, dont le péliolule s'articule à leur niveau ; ceux-ci très-courts , longs au plus de 4 à 5 millimètres , très-hispides, surtout en-dessus. Pédoncules d'abord très-longs et dépassant les feuilles, puis se raccourcissant successivement à mesure que la tige s'élève , variant ainsi en longueur de 33 à 5 centimètres, un peu anguleux, rougeâtres , ordinairement munis à leur base de deux ou trois bourgeons qui jamais ne paraissent prendre de développement. Fleurs peu nombreuses, presque sessiles sur de courtes et épaisses ramifications terminales du pédoncule commun , relativement grandes, mélangées de violet , de jaune et de blanc; calice campanule , fortement rugueux transversalement, à 5 dents presque égales, lancéolées, aiguës , finement ciliées. Pétales , étamioes et ovaire n'offrant rien de particulier dans le genre. Style très-velu extérieurement , terminé par un stigmate dilaté antérieurement, incolore , flanqué d'une grosse glande contiguë faisant saillie en dehors , d'un vert intense et très-visqueuse. Gousses 2-4, rarement plus, enroulées circulairement sur la nervure dorsale, décrivant un tour et demi ou un peu moins par épuisement, disposées en forme de lunettes sur un même plan, à peine comprimées, glabres, fauves, légèrement lavées de rouge à la maturité. Graines LV 8-10, succédant à des ovules presque en nombre double, moyennes, oblongues- cylindroïdes ou diversement déformées, fauves ou rousses, avec une ligne de points rougeàtres plus ou moins confluents disposée de chaque côté de l'ombilic, celui-ci occupant le tiers de la longueur de la graine, blanc, épais et circonscrit par une membrane brune. » Cette curieuse espèce présente au plus haut degré les caractères génériques du Dolichos ; mais elle se sépare nettement de toutes les espèces décrites par sa gousse régulièrement circulaire, forme dont il n'existe pas d'autre exemple dans le genre (1). Trois autres caractères : les rugosités du calice, les stipelles foliacées, non sétacées ou linéaires- subulées , la grosse glande verte conliguë au stigmate semblent aussi lui être particuliers, ou du moins plus marqués chez elle que chez les espèces qu'il m'a été donné de voir vivantes. » La grandeur et la beauté des fleurs mériteraient aussi d'attirer l'attention sur celte plante , si ces fleurs étaient plus durables. Mais leur état d'épanouissement complet ne dure que peu d'heures : elles s'ouvrent au point du jour, et, vers 9 heures du matin , un peu plus tôt ou un peu plus tard, selon l'état de l'atmosphère, les deux lobes de l'étendard se rabattent sur les ailes et la carène pour ne plus se relever, enveloppant dès-lors toute la fleur d'un manteau jaune-fauve et sale (2). » Je n'ai reçu aucun renseignement particulier au sujet de ce Dolichos, Il est probable qu'il est cultivé au Japon comme légume. J'ai expéri- menté ses graines; elles peuvent être tenues comme bonnes, sans pour- tant êlre préférables ou même égales en qualité à celles de nos meilleures variétés de haricots. Toutefois, elles sont bien supérieures à celles du Dolichos uablab (Lablab vulgaris Savi), abondamment cultivé dans les régions tropicales des deux hémisphères. » A la suite de celte communication , M. Durieu annonce à la Commis- sion un fait bo'. 'nique qui intéresse la Gironde : M. Bossuet, proprié- taire à Audenge, a obtenu , en 1869, des plants parfaitement murs de patate douce (Convolvulus balatas) , susceptibles de reproduire. (1) Le genre Phaseolus aurait aussi une espèce à gousse orbiculaire , si l'on s'en rapporte à l'épithète de circinalis, donnée par Hamilton à un Phaseolus qui ne paraît connu que de nom. Les deux genres Phaseolus et Dolichos sont sa-ns doute très- rapprochés , mais la torsion de la carène , des étamines et du style dans le premier, ne permettra jamais de le confondre avec le second. (2) Cette disposition n'est pas particulière au Dolichos biconlorlus : on l'observe sur d'autres espèces, et notamment sur le D- melanophlhalmus. LVI M. Fischer écrit à M. Dfs Moulins au sujet des types d'échinides du Muséum , qu'il a examinés avec MM. Alexandre Agassiz. Cotleau, Tour- nouër, Rousseau et autres Echinologues. « Nous avons, dit-il, été tous d'accord pour voir dans VEchinns Fleming i une espèce très-voisine de VE. Melo , peut-être même une simple variété, quoique les radioles aient une coloration différente. Cette opinion vient confirmer ce que vous m'écriviez vous-même. — Quant à VE. granularis, celui de Lamarck est bien celui d'Arcachon et de l'ouest de la France; c'est bien aussi votre E. œqnituberculalus ; E. brevispinosus de Risso n'en est qu'une variété méditerranéenne, mais qui manque sur nos côtes. — Sur cette question encore, nous sommes d'accord avec vous » Le même membre accuse réception d'un os de Squaladon qui lui a été communiqué par M. Delfortrie : « 'l'est, dit-il , une pièce du plus grand intérêt, le sternum (l re pièce) du Sqnalodou Grateloupi, qui a des caractères remarquables, le rapprochant du sternum du Plalanisle {Dauphin du Gange), ce qui concorde avec les caractères tirés de la longueur de la symphyse de la mâchoire danà les deux genres. » M. Delfortie dépose sur le bureau, aveo des échantillons à l'appui, la coupe du remplissage u'une cavité du calcaire à Astéries, qu'il a ob- servée dans la carrière de Coupât à Cenon : « Cette cavité, dont la forme est à-peu-près celle d'une corne d'abondance, présente, du haut en bas. la succession de couches suivantes : 4. Sable fin blanc quartzeux m 20 2. Sable quarlzeux blanc à grob grains 06 3. Alternances d'argile et de sable bianc fin : vingt-quatre petites coucbes, dont l'épaisseur varie de 1 à 3 centimètres 60 4. Argile marneuse jaunâtre renfermant de gros grains de quartz. • . 23 5. Argile rouge-vif 02 6. Argile jaune-brun 36 « Ce système est surmonté d'une argile d'un jaune-brunâtre , pana- chée de rouge-brun dans certaines parties, et mêlée de sable et de gravier. » M. Delfortrie appelle l'attention de ses collègues sur la présence des sables fins dans la partie inférieure de la cavité. M. Linder fait observer que ce fait est à-peu-près général dans les cavités des calcaires de divers âges du département de la Gironde, Il l'a également observé, quoique moins nettement , dans le remplissage des cavités des calcaires marins de Lot-et-Garonne, et particulièrement LV1I aux environs de Casleljaloux, dont il donne la description géologique, résumée dans le tableau suivant, où les couches se succèdent dans l'or- dre ascendant : Molasse moyenne de l'Agenais. Calcaire d'eau douce blanc de l'Agenais Calcaire et falun de Bazas. Calcaire d'eau douce gris de l'Agenais. Falun de Lèognan? Calcaire d'eau douce jaune de l'Armagnac. Terrain quaternaire. 4. Molasse jaune-verdâtre légèrement micacée 2. Molasse consistante formant une sorte de grès tendre, passant, dans sa partie supérieure, à une marne sableuse. 3. Marne '.od'ileuse gris-jaunâtre. 4. Calcaire blanc marneux, noduleux. 5. Marne blanche. 6. Marnes blanches et grises, renfermant souvent des quantités considérables d'Os/re« cris- pata ? et quelques Pecten. 7. Calcaire marin, tantôt gris-bleuâtre, tantôt jaunâtre ou bkmc, en couche de < petit nombre et de la faible étendue des affleurements. 4 0. Marnes grises à concrétions noduleuses, dans lesquelles le nombre de nodules croit à me- sure que l'on se rapproche de la couche suivante. 11. Celte couche, q'd forme une sorte d'escarpe- meiuau sommet des coteaux les plus élevés, est un calcaire marneux, jaunâtre, dont les affleurements sont rares à Castelialoux, et les caractères généraux, dès-lors , impos- sibles à préciser; mais on la retrouve plus à l'Est et dans des conditions de situation qui en rendent la détermination parfaite- ment certaine. i 12. Diluvium : très-variable d'un lieu à un autre, ( souvent très-voisin. LVIII M. Alphandéry de Montpellier adresse une lettre à la Société au sujet des ravages produits dans les vignes par le Phijlloxera vaslalrix; il y joint un paquet de racines couvertes de ce puceron; le tout est ren- voyé à la commission chargée de l'étude de la question. Dons adressés à la Société par les auteurs : Observations et recherches, par M. Léon Périer, pharmacien à Pauillac ; Extrait du Catalogue des graines récoltées en 1869 , au Jardin des Plantes de Bordeaux , par M. Durieu , directeur du Jardin des Plantes , avec des notes et une planche ; Observations sur les espèces les plus remarquables contenues dans la 47 e livraison de la Flora Danica, par M. le professeur J. Lange, conservateur de la Bibliothèque botanique et du Jardin des Plantes de Copenhague. Séance du 7 Avril — M. Delfortrie , à Toccasiou de la lecture du procès-verbal de la dernière séance, complète sa précédente communi- cation par le dépôt de radioles de Cidaris subvesiculosa , échinide caractéristique de la craie du Périgord , qu'il a trouvés dans les terres de remplissage de la cavité du calcaire à Astéries de Cenon, dont il a donné la description. Il a en outre recueilli, dans les marnes inférieures au calcaire à As- téries de la même localité , des fragments de bois fossile, légèrement lignilifiés et dont la dispersion des faisceaux ligneux, parfaitement visibles à l'œil nu, démontrent que ces fragments proviennent d'une plante monocotylédone. M. Des Moulins dépose sur le bureau un très-bel échantillon silicifié d'un échinide de l'étage sénonien de Goursac (Dordogne) ; ce fossile , a quelque analogie avec Catopigus lœvis, mais en diffère d'une manière très-nette par ses tubercules plus gros et moins nombreux. Cons- titue-t-il une espèce nouvelle ou une simple variété d'une espèce, connue? Il soumettra le cas à M. Cotteau. M. Linder rappelle que M. Fischer , dans la Faune conchyliologique marine de la Gironde, publiée , en 1865, dans les Actes de la Société, a signalé un banc noirâtre, que l'on découvre, à basse mer, le long de la plage d'Arcachon. Des coquilles fossilisées de l'époque actuelle ( Ceri~ ihium, Lucina, Tapes, Rissoa, Fragilia), sont solidement empâtées dans ce cordon littoral , où l'on chercherait en vain aujourd'hui leurs représentants à l'état vivant. M. Fischer considère ce banc comme un LIX ancien crassal soulevé ou ensablé , dans lequel tous les êtres qui y vivaient ont été détruits. A-peu-près à la même époque, on forait le puits artésien d'Arcachon ; le sondage avait traversé, à m 80 au-dessus du niveau moyen de la mer et sous le sable des dunes, un sable argileux gris, rempli, comme le dépôt précédent , de coquilles marines de l'époque actuelle. Cette même cou- che est traversée de nouveau par les travaux de foncement d'un puits à très-large section, par conséquent dans des conditions qui permettent d'en retirer des échantillons parfaits; elle est formée de sable argi- leux, gris-foncé à l'état sec, noirâtre quand il est humide, très- consistant; elle est jusqu'à présent reconnue sur une épaisseur d'envi- ron 2 mètres et contient la plupart des espèces bivalves et univalves qu'on observe dans les crassats du bassin, et particulièrement : Solen marginatus, Fragilia fragilis , Lucina laclea, Tapes aurea C, T. decnssala , Cardium edule CC, C.exiguum, Ostrea edulis CC, Mytilus edulis , Irochus cinerarius, T. umbilicalus, Cerilhium Lima CC,, Nassa reliculata, N. incrassala, etc. La situation, au-dessous des sables des dunes, de ces anciens crassats prouve clairement que le bas- sin d'Arcachon avait autrefois une étendue plus grande qu'aujourd'hui, et qu'il est par conséquent en voie d'ensablement graduel , du moins dans la partie voisine d'Arcachon. M, Linder termine en montrant combien l'observation des dépôts actuels ou anciens du bassin d'Arcachon peut avoir d'utilité au point de vue de l'étude de nos terrains tertiaires girondins , dans lesquels on observe souvent des assises, qui , par leur constitution minéralogique , aussi bien que par la nature de leur faune, rappellent de très-près ceux dont il vient de parler. La Société reçoit des auteurs les ouvrages suivants : De M. Preudhomme de Borre , correspondant à Bruxelles : Synopsis du genre Omophlus Solier, avec les descriptions de nouvelles espèces, par Th. Kirsch , de Dresde (traduction du donateur) ; Description d'une nouvelle espèce africaine du genre Varan (Vara- nus ) ; Addition à la notice sur les femelles à èlytres lisses du Dysticus mar- ginalis. De M. le professeur Joly, de Toulouse : Mémoire sur un agneau monstrueux constituant un nouveau genre (G. Déromèle) . dans la famille des monstres doubles polyméliens , suivi LX d'une note sur un œuf de poule , en renfermant un autre complet et bien conformé ; Rapport sur deux petites éducations de vers à soie japonais , suivi de quelques réflexions sur l'emploi du microscope appliqué à la sérici- culture; Projet d'acclimatation du Llama et de PAlpaca du Pérou dans tes Pyrénées françaises ; Sur deux cas très-rares de mélomèlie observés chez le mouton. Séance du 20 Avril. — Sont nommés membres correspondants : MM. le docteur Louis Lortet . de Lyon , et le docteur Ernest Ber- chon, chirurgien de la marine, directeur du service sanitaire de la Gironde à Pauillac. M. Lespinasse dépose sur le bureau de nombreux échantillons de Scilla verna , qu'il a recueillis , le 19 avril , dans un petit bois , de la commune de ViHenave-d'Ornon docile sol est un sable qnartzeux , circonstance qui prouve que ie Scilla verna vient ailleurs que sur les mon- tagnes et dans les soif calcaires. Il fait remarquer que certaines fleurs sont d'un violet assez foncé , tandis que ] ea autres sont de couleur beaucoup plus claire. En les examinant au microscope, il a constaté que les anthères des fleur» fortement colorées sont attaquées par YUredo anlherorum. Ce fais, en lui-même est déjà intéressant, puisqu'il dé- montre q-ie cette médinée, qui jusqu'à préseul n'a guère été observée que sur les anthères des CarvophiJlées et spécialement de Lychnis dioica , s'attaque également à des Liliacées sur lesquelles jusqu'à pré- sent on ne paraît pas l'avoir vue; mais une conséquence plus impor- tante peut être tirée de l'observation de M. Lespinasse, c'est la confir- mation de cet autre fait que les urédiuées s'attaquent aux plantes , non par simple transport extérieur, mais par l'intioduction de leurs spores dans la circulation des végétaux, par l'intermédiaire des vaisseaux; en d'autres termes qu'elles sont, si l'on peut s'exprimer ainsi , non la tei- gne, mais les lombrics des plantes. Si l'on examine en effet les «cilles qui sont déposées sur le bureau , l'on en trouvera un certain nombre , qui sont encore en boutons, dont les anthères par conséquent ne sont pas encore complètement formées et dans lesquelles pourtant YUredo s'est développé avec autant d'énergie que dans des fleurs complètement épanouies ; or, pour ces fleurs, toute idée de transport par les voies aériennes de l'urédinée sur les anthères doit être forcément rejelée ; LXI VUredo n'a pu évidemment les atteindre que par l'introduction de ses spores dans l'organisation des Scilla par la voie des vaisseaux. M. Lmder dépose sur le bureau quelques fossiles cristallisés , qu'il a recueillis dans une veine de calcaire sableux du banc à polypiers, qui forme la base de l'escarpement du Pah -de-Sucre , près de Bourg : Trochvs Bucliïandi, DelpMunla hellica, Tnrritelta marginalis, Echino_ cyamus pirif ornas , Dreissena ( petite espèce striée longitudinale- ment ) , etc. Ouvrages reçus des auteurs : Notes sur les Archipels des Comores et des Séchelles , par M. Henri Jouan, capitaine de frégate; En steamer d'Europe aux Etats-Unis, par le docteur Ernest Ber- chon ; Le tatouage aux îles Marquises , par le même ; Recherches sur le tatouage , pav le même ; Des services à vapeur transatlantiques et de ceux d'Europe aux Etats-Unis en particulier, par le même (l re et 2 e éditions); Séance du 4 Mai. — M. J. B. Fr, Dotzauer, conchyliologiste à Ham- bourg, est nommé correspondant. L'échange des publications de la Société avec celles des Sociétés suivantes est accepté : Société botanique du Brandenburg ; Société d'histoire naturelle de Portland (Maine; — Etats-Unis). M. Dumont dépose sur le bureau un fruit de Cycadée ? fossile du cal- caire grossier de Paris. M. Trimoulet dépose sur le bureau un charançon (Peritelus griseus Germar, vel Curculio cinereus L ) , qui, dit-on, ravage actuellement les vignobles de Saint-Emilion. M. Motelay signale le fait suivant : Avant 1870 , un des rosiers de sa campagne se couvrait de fleurs magnifiques et très-odorantes; cette année, les boulons de la plante ont, pour ainsi dire, la dureté du bois et les fleurs sont sans odeur. Cet état singulier paraît dû à une sorte de pléthore, dont la cause échappe à notre collègue. M. Duried rend compte, d'une manière sommaire, de celles des communications faites à la réunion des Sociétés savantes , à la Sor- bonne, qui l'ont le plus vivement frappé , il signale plus particulière- ment : LXII Un travail de M. Cave , établissant le moyen de distinguer avec faci- lité les parties des plantes qui appartiennent à la tige de celles qui ap- partiennent aux feuilles ; Un mémoire important de M. Lecoq , sur les moraines des volcans de l'Auvergne ; Deux notes de M. Godefroid, dont une donne un moyen chimique simple d'obtenir la cellulose à-peu-près blanche, et dant l'autre indi- que le degré de perméabilité des terrains contenant de l'argile, étant admis que l'imperméabilité correspond aux terrains qui en renferment 24 p. 100; Un compte-rendu extrêmement remarquable fait par l'auteur lui- même, M. Duval-Jouve, de ses études anatomiques sur les graminées, principalement sur celles de l'Hérault et du genre Agropyrum ; Un mémoire de M. Siraudeau, relatif à la découverte des organes de la fructification chez les Lemanea, mémoire prouvant que les anthéri- dies sont à l'extérieur des nœuds, les spores à l'intérieur et que le tri- chogyne perce les parois du nœud; l'auteur signale sept espèces de ce genre en Bretagne. M. le Président annonce à la Société que le Ministre de l'instruction publique a nommé MM. Des Moulins et Durieu officiers d'Académie. M. Durieu fait hommage à la Compagnie de deux fort beaux dessins exécutés en couleurs et de grandeur naturelle, par M me Durieu jeune; l'un représente Y Amorphophalus Rivieri , de la Cochinchine ; l'autre VA. colubrinus, de la Chine. M. le docteur Victor Signoret fait hommage à la Société de son ouvrage intitulé : Phylloxéra vaslalrix , cause prétendue de la maladie de la vigne. Procès-verbal du 18 Mai. — M. le Président annonce la mort de M. Eugenio Sismonda , célèbre paléontologiste , membre de l'Académie des sciences de Turin et correspondant de la Société. La Compagnie nomme membre correspondant le R. P. Lambert, curé de Conception, en Nouvelle-Calédonie. M. Delfgrtrie dépose un mémoire sur les Chéloniens du miocène supérieur de la Gironde. (Ce mémoire a été inséré au présent volume , p. 399.) M. Des Moulins a communiqué à M. Cotteau un magnifique Cassidu- lus découvert , dans le calcaire grossier de Blaye , par M. Benoist. Le savant échinologue annonce qu'il a l'intention de comprendre ce fossile LXIII dans ses Echinides nouveaux et peu connus sous le nom de Cassidulus Benedicti Quant à l'échinide siliceux et translucide de la craie séno- nienne , dont il a été question dans la séance du 7 avril , M. Cotteau a reconnu qu'il n'est point une épigénie du test primitif, mais simplement celle de son moule interne. L'empreinte que l'animal a laissée dans la roche siliceuse donne, il est vrai, quelques-uns des détails du test, mais il ne faut pas trop s'y fier. En examinant en effet cette empreinte à la loupe, on reconnaît que , par suite d'un phénomène chimique , assez fréquent du reste , de petites molécules siliceuses se sont groupées au- tour du scrobicule de chaque tubercule et les fait paraître beaucoup plus gros qu'ils ne sont en réalité. Dons d'auteurs : Noie sur le Byrsax (Boletophagus) gibbifer Wesmael, par M. Pr. de Corre. Noie sur les Cladocères des grands lacs de la Suisse, par M. P. E. Muller. Om végétations forholdene ved sognefjorden af A. Blytt, conservateur du Musée botanique de Christiania; Oversigt over del kongelige danske Videnskabemes Selskabs Forhand- linger og dets Medlemmers Arbeider i Aaret 1868 , af J. Japetus Sm. Steenstrup, prof. ord. à l'Université de Copenhague ; Oversisgt, etc., pour 1869, du même; Expérimentale og theoreliske Undersogelser over Legemernes Bryd- ningsforbold, af L. Lorenz; Thermo chemiske Undersogelser over A flinilets forholdene imellem, Syrer og Baser i vandig Oplosning ved Julius Thomsen ; Om OEndringen af Integralcr af irralionale Biffer entialer lil Normal- formen for del elliptiske Intégral af forsle Art af Adolph Steen ; Essai sur la topographie géognostique du déparlement du Calvados , par M. de Caumont; Deux excursions archéologiques dans le canton de Mézidon, par le même; Huit jours à Aix-la-Chapelh , par M. de Surigny. La Société reçoit en outre de M. de Caumont, directeur de l'Institut des provinces de France : Annuaire de V Institut des provinces, années 1846, 1850 à 1852, 1854 à 1861 et 1863; LXIV Congrès scientifiques de France, des années 1833, 1835, 1838, 1839, 1841-1844, 1847, 1848. 1850-52, 1854. Séance du 15 Juillet. — M. Gassies lit la note suivante relative à la conservation de la graine du Salvinia natans Hoffm. : « Pénétré de l'importance que pourrait avoir la reproduction dans le Nord du Salvinia nalans pour les aquaria d'appartement, j'ai, pendant l'année dernière, pris toutes les précautions nécessaires, afin d'arriver à un résultat satisfaisant. » Plusieurs fois déjà les fonds terreux de mes aquaria s'étant gâtés , j'avais presque désespéré d'aboutir, dans le courant de 1869, lorsque, par un heureux hasard, mes efforts furent couronnés d'un plein succès. » Notre bon collègue, M. ûurieu, m'avait rapporté quelques mollus- ques de l'étang de Soustous, que j'avais mis dans un petit aquarium spécial avec les piaules qui les contenait. » Je posai à la surface des touffes de Salvinia qui fructifièrent , et dont les g; aines furent se loger dans les détritus vaseux du fond. J'avais presque oablié cet aquarium que je me contentais d'alimenter d'eau pour remplacer celle qui avait disparu par l'évaporation, lorsque le 20 mai dernier, je remarquai^ la surface, parmi les Lemna, une dizaine de touffes très-petites que je reconnus être des touffes de Salvinia nalans. » Il est donc acquis qu'avec des soins très-ordinaires , il est facile d'obtenir, dans le nord de l'Europe, une plante des plus utiles pour la purification de l'eau des aquaria, et qui joint à cette propriété épura- trice les formes les plus gracieuses. Il suffit de laisser un peu de terre dans le fond d'un aquarium , d'ajouter de l'eau au fur et à mesure qu'elle est enlevée par l'évaporation ou par l'absorption des plantes et d'attendre l'époque de la germination , en ayant soin toutefois de ne pas exposer l'appareil à la gelée. » Dons d'ouvrages faits à la Société depuis la précédente séance : Recherches sur la culture de la vigne dans le département de la Marne et la confection des vins de Champagne, par M. J. L. Plonquet , membre correspondant; Coquilles fossiles des terrains tertiaires inférieurs, par M. Cari Mayer, conservateur du Musée d'histoire naturelle de Zurich et mem- bre correspondant de la Société. LXV Séance du 30 Juin. — Excursion géologique à Martignas. — (Les résultats de celte excursion sont consignés dans le rapport du Secrétaire général , intitulé : Des calcaires lacustres du vallon de Sauçais , t. XXVII, p. 475.) Séance du 6 Juillet. — M. Des Moulins annonce à la Société que le Teredo , découvert à Martignas par M. Daleau, dans l'excursion du 30 juin écoulé, est une espèce nouvelle, non décrite et très-différente du T. norvegica. M. Des Moulins , à l'occasion d'un travail très-intéressant publié par M. Van Beneden, sur le Commensalisme dans le règne animal (1) , rap- pelle la discussion qui a eu lieu, en séance du 5 décembre 1866, à l'occasion de VEupleclella aspergillum R. Owen, et cite l'opinion sui- vante du savant naturaliste belge , au sujet de ce spongiarie : « Une superbe éponge {Euplectella aspergillum) des îles Philippines , dont on ne peut se lasser d'admirer l'élégance de forme et la finesse de structure, contrairement àr l'Alcyon de la Dramie, est implantée dans le sol, mais ne sert pas moins d'abri à trois sortes de crustacés, à des Pinnothères , à des Palémonides et à des Isopodes [OEga spongio- phyla). » UE. aspergillum, ajoute M. Des Moulins, n'est donc ni, comme le pensait M. Trimoulet, un nid de crustacé, ni, comme il était disposé à le croire lui-même, une capsule ovigère, mais réellement une éponge, dont les crustacés cités par M. Van Beneden ne sont que des commensaux. M. Lindeii résume un travail extrêmement remarquable de M. Louis Agassiz sur le fond de l'Atlantique, en se bornant exclusivement à la partie de ce travail qui est relative à la vie animale dans les pro- fondeurs du Gulfstream. L'espace occupé par ce courant, à la surface de l'Océan, a une faune particulière, indépendante et totalement dis- tincte de celle des eaux profondes; cette faune, très-limitée en profon- deur (18 mètres environ), se compose de coraux, qui acquièrent de très-grandes dimensions par suite de leur agrégation et d'une multitude d'animaux de toutes les classes vivant sur et dans les récifs formés par les coraux. [I] Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 2« série, t. XXVIII, p. 630. 5 LXVI Au-delà de cetle zone en existe une autre, dont le fond est une masse vaseuse formée de coquillages morts et cassés , de coraux brisés et de gros sable de corail. La vie est loin d'y avoir l'exubérance qui caractérise le banc de récifs de la zone précédente : des vers et quelques coquillages qui recherchent les sols vaseux , quelques petites espèces de coraux vivants, des Alcyonariens et beaucoup d'algues, voilà tout ce qu'on y trouve. « La constitution du lit de cette zone , particulièrement à une profondeur de 20 à 40 brasses (2) démontre qu'un grand nom- bre de mollusques et de zoophytes morts et brisés ont été déposés à sa surface, par l'action des courants et des marées. » Quelques-unes des espèces les plus communes et les plus caractéristiques de cetle zone sont nouvelles. Une troisième région ou zone commence à une profondeur de 50 à 60 brasses (90 à 100 mètres environ) et s'étend jusqu'à 200 et même 250 brasses (3G5 à 400 mètres environ); elle constitue un large plateau incliné , au-delà duquel le lit de la mer s'abaisse brusquement et devient très-profond. Le lit de cette 3 e zone est rocheux, formé par une pierre calcaire conglomérée, espèce de lumachelle, entièrement composée de restes solides d'êtres organisés et semblables à celle que l'on observe dans plusieurs étages de la formation jurassique , particulièrement dans le coral-rag. Les animaux, dont les restes entrent dans la constitution de celte roche, vivent encore aujourd'hui à la surface et , par leur accu- mulation , augmentent sans cesse son épaisseur. « Je ne sache pas , dit M. Agassiz, qu'il existe dans les annales de notre science, une explica- cation plus claire de la manière dont les masses énormes de dépôts cal- caires se sont accumulés au fond de l'Océan. » La faune de la troisième zone est des plus remarquables en même temps que des plus riches. Divers coraux, tous de petite dimension et d'espèces inconnues, y foisonnent; ils ne ressemblent pas aux espèces vivantes décrites, mais plutôt aux types des périodes tertiaires et crétacées. Les Echinodermes sont également nombreux, petits si on les compare à ceux des rivages les plus rapprochés, et rappellant, par leurs affinités géologiques, les types caractéristiques de la période crétacée, Parmi les mollusques, dont un très-grand nombre sont indéterminés, on voit figurer Volula Junonia , remarquable par sa ressemblance avec le Vohila Lamberlidn crag et des terrains tertiaires supérieurs girondins [étages (1) 35 à 75 mètres environ. LXVH langhien et helcêlieti Mayer) el le Voluta mutabilis du miocène de la Vir- ginie et du Maryland; deux espèces de Brachyopodes, Terebralula Cu- bensis Pourt. et Waldheimia Flohdana Pourt., toutes deux très-com- munes et contribuant à donner à cette faune un incontestable caractère d'ancienneté. Les vers et les crustacés abondent également dans cette zone, où l'on s'est en outre emparé de quelques poissons d'espèces in- connues. C'est donc une erreur de croire, comme on a fail jusqu'à présent, que la vie animale diminue à mesure que l'on descend au-dessous de la surface de l'Océan et qu'elle finit par disparaître tout-à-fait dans les eaux profondes; ce qui est vrai, c'est qu'il se produit un véritable chan- gement dans les caractères et dans les dimensions des animaux qui habi- tent des eaux de plus en plus profondes , quand on les compare à ceux des eaux peu profondes des côtes. Près de ce plateau de lumachelle , le fond de la mer, comme on a vu plus haut, s'abaisse brusquement à une profondeur de 4 à 500 brasses (730 à 915 mètres) et atteint même jusqu'à 800 brasses et plus (l,460 m ). Sur cette surface qui constitue la partie la plus profonde du lit àuGulf- stream , le fond de la mer présente une accumulation uniforme de vase épaisse, adhérente, qui, lorsqu'elle est sèche, ressemble, d'une ma- nière remarquable , avec ses foraminifères innombrables et caractéristi- ques, à de la craie de la formation crétacée. A parties foraminifères, la vie animale , dans cette quatrième zone, est beaucoup moins abondante que sur le plateau de la zone précédente. M. Agassiz prouve que celte diminution de vie ne peut être attribuée ni à la profondeur de la mer, ni à la pression de l'eau qui en est la conséquence, ni à l'absence de lumière, mais qu'elle résulte plutôt de la nature du sol; car on y trouve beaucoup d'animaux auxquels une habitation vaseuse est congénitale. M. Linder , passant à un autre sujet, rappelle que le bas-plateau sur lequel est assis le phare de Cordouan et qui se relie à la côte par le rocher de Saint-Nicolas, est un calcaire que M. Raulin assimile au ter- rain nummulitique des environs de Biarritz. A deux ou trois kilomètres au nord du rocher de Saint-Nicolas , près de l'emplacement où fut au- trefois le fort de Grave, l'administration des ponts et chaussées a fait un sondage, qui a traversé les assises suivantes : LXVIII Profondeur Épaisseur Sondage n° 1 . , '', e la , . de , base de la couche, la couche. 4. Sable des dunes 29<" 64 29™ 64 2. Graviers sablonneux, analogues aux graviers du Médoc. 32 00 2 36 3. Sables mélangés de coquilles de l'époque actuelle et de quelques cailloux qnarizeux 48 00 46 00 4. Graviers sablonneux 49 00 1 00 5. Cailloux 51 40 2 40 6. Craie à Oslrea vesicularis et Orbitoides média (craie de Royan) ? Un second sondage a été commencé à trois kilomètres et demi au sud- est du précédent , au fond d'un puits de 7 m 40, creusé, dans le sable des dunes ,à une cinquantaine de mètres de la maison de l'ingénieur chargé des travaux de la Poinle-de-Grave. Jusqu'à présent, la sonde a traversé les assises suivantes , au-dessous du sable des dunes : Profondeur Épaisseur Sondage n° 2. , . *Ç la . , de , base de la couche, la couche. 1. Calcaire blanc à Orbiloliles complanala 9" 2. Sable argileux très-fin , noirâtre, quand il est humide. 10 3. Argile jaunâtre bigarrée, sans fossiles 13 4. Sable argileux verdâtre, très-grossier, renfermant des petits cailloux de la grosseur d'une noisette 13 5. Calcaire dur à Orbiluliles complanala et à Balanes. . 1$ 6. Calcaire tendre blanc-jaunâtre, renfermant des grains quartzeux et de nombreux fossiles ( Bulanes, Pei- gnes, etc.), particulièrement des foraminifères des mêmes espèces que ceux des sondages de la Bégorce et du Château-Margaux, dans la commune de Mar- gaux , et du rocher de la citadelle de Blaye 20 00 2 00 7. Calcaire blanc tendre, analogue au précédent- ... 24 00 4 00 M. Linder fait remarquer que les falaises crayeuses qui s'étendent de Mortagne à Royan indiquent un plongement de leurs assises vers l'em- bouchure de la Gironde, c'est-à-dire du S.-E. au N.-O. La ligne qui joint le rocher de Saint-Nicolas à celui de Cordouan étant parallèle à ces falaises, le rocher de Saint-Nicolas appartient évidemment à une assise inférieure à celles du rocher de Cordouan et supérieure aux assises 5 à 7 du sondage n° 2. Or, ces dernières ayant une faune qui semble les iden- fier aux assises à foraminifères du rocher de la citadelle de Blaye , on doit en conclure que les rochers de Saint-Nicolas et de Cordouan appar- tiennent à l'étage du calcaire grossier, et que si réellement ils sont assi- 90 2»' 50 20 30 10 2 90 40 30 00 4 G0 LXIX milables au terrain à nummulites de Biarritz, le calcaire grossier et le terrain à nummulites ne sont que des formes particulières d'une même formation. M. Bailby dépose sur le bureau une fève, en apparence double , qui s'est développée sous cette forme singulière par la séparation des coty- lédons pendant le développement de la graine. M. Dumont présente à ses collègues une cycadée , Zamia Feneonis , qu'il a trouvée à Châteauroux, près de l'église, dans le terrain portlan- dien. M. Des Moulins rappelle qu'il a toujours soutenu que chaque plante avait besoin d'un sol d'une nature spéciale. Un fait qu'il a observé pen- dant l'excursion du 30 juin dernier vient encore confirmer l'exactitude de son opinion. Un Verbascum album, plante dont l'habitat normal est un sol calcaire, a été trouvé par lui dans la lande sablonneuse de Marti- gnas; c'était en apparence une anomalie à la loi précitée; mais , vérifi- cation faite , il a été reconnu que la plante poussait sur la déclivité d'un talus formé par les déblais d'anciennes carrières et dont le sol était un mélange de sable quartzeux et de débris calcaires. M. Trimoulet dépose un flacon contenant une sangsue sortie , le 28 juin dernier, du robinet de la borne-fontaine de la place Saint-Pierre. M. Des Moulins, qui reconnaît en elle le Sanguisuga interrupla Moq.- Tand., une des espèces médicinales, est prié d'en donner avis à M. le Maire de Bordeaux. Le même membre a reçu de M. Laliman plusieurs feuilles de vigne, couvertes de galles, dans lesquelles il lui a été facile d'observer des Phylloxéra vastatrix femelles; mais il lui a été impossible de trouver des mâles. Séance du 20 Juillet— M. Lambertie dépose une coquille de Velphin-ula scobina recueillie au fond d'un puits qu'on vient de creuser à Caudéran. M. Durieu expose qu'un pied mâle de Cephalotaxus Forlunii, coni- fère dioïque, cultivée au Jardin des Plantes, a produit accidentellement une fleur femelle qui , ayant fructifié, a donné des graines mûres ; mises en terre , ces graines ont germé au bout de deux ans et demi et donné des pousses, dont il dépose un échantillon sur le bureau. M. G. de Nerville adresse à la Société la note suivante, dont M. le Président donne lecture : « Il y a déjà près de trois ans, le 10 septembre 1867, j'ai reconnu à LXX six kilomètres au sud de Dax, au Pouy-d'Arzet, un lambeau de calcaire permien, soudé à du terrain rudimentaire de grès-bigarré, et redressé à-peu-près verticalement sur sa tranche au contact d'un massif éruptif d'ophite dans lequel il est pincé et, en quelques parties, comme laminé- « Le calcaire que je considère comme permien est exploité pour l'em- pierrement des routes dans la carrière dite du Hour (du nom d'un moulin ■voisin). Ce calcaire a été sommairement décrit dans les Annales des mines de 1853, tome IV. pages 400 à 402, par MM. Crouzet et deFrey- cinet, qui l'ont rapporté aux f aluns bleus tertiaires. M. Raulin, qui en a parlé dans les comptes-rendus de l'Institut de 1862, tome LV, page 669 et suivantes, l'a noté comme « appartenant à la partie moyenne, si ce » n'est inférieure du terrain crétacé. » » Je le répète : le vrai niveau de ce calcaire dans l'échelle géologique des terrains me paraît être la partie lout-à-fait supérieure du terrain permien, au contact des premiers bancs du trias. » Ce qui pourrait donner de l'intérêt à celte détermination , c'est la présence dans le terrain marneux irisé immédiatement adjacent à ce lambeau, d'une source salée, qui se fait jour près du moulin du Hour, et même, d'après le mémoire précité de MM* Crouzet et de Freycinet (page 412), d'une lentille de sel gemme reconnue par un sondage de 40 mètres. » L'étude de ce gisement pourrait donc contribuer à éclairer la ques- tion si controversée de l'origine et du niveau géologique précis de cer- tains gîtes de sel gemme répandus aux pieds des Pyrénées. » La communication que j'ai l'honneur d'adresser aujourd'hui à la Société Linnéenne n'a pour but que de prendre date. Je me propose de donner ultérieurement une description détaillée de ce terrain. » M. Benoist , rappelé dans l'Est par la guerre, fait ses adieux à ses collègues , qui lui expriment leurs chaleureux regrets et leurs vœux les plus sympathiques. , La Société reçoit : Eludes sur la géologie, la paléontologie et V ancienneté de l'homme dans le département de Lot-et-Garonne , par M. Combes , pharmacien à Fumel , membre correspondant. Séance du 3 Août. — La Société nomme membre honoraire M. Van Beneden, membre de l'Académie de Belgique. M. Des Moulins avait communiqué à M. Tournouër un certain nom- LXXI bre d'Echinides, dont un, provenant de la montagne de Cassel (Nord) et portant le n° 9, était indiqué comme appartenant à VEchinolampas Richardi. M. Tournouer lui écrit qu'il ne peut accepter cette détermination ; il croit que l'échantillon appartient à un type du calcaire grossier qui affleure seul à Cassel (Nord) : « Je me suis assuré en effet, dit notre v collègue, que cet oursin n'est pas autre chose qu'un très-bon échantil- lon (pas si écrasé que le croit M. Des Moulins), de VEchinolampas affi- nis Goldf, tel du moins qu'on le comprend à Paris; il se rapporte en effet certainement au type ainsi dénommé dans la collection Michelin , à l'Ecole des Mines , et dans la collection Hébert, à la Faculté des scien- ces ,. et provenant également dans l'une et l'autre collection de la mon- tagne de Cassel. J'ai vu de plus, dans la collection Hébert, trois ou quatre échantillons de la même espèce (affinis pour M. Hébert), prove- nant des environs de Bruxelles , par conséquent « ex arenâ margaceâ Brabantiœ , » qui ressemblent beaucoup à ceux de Paris, sauf un indi- vidu qui se rapproche davantage du type de Blaye. » Il y a d'ailleurs, à propos de V affinis de Goldfuss, quel qu'il soit, une question de priorité. Ce nom , appliqué aux types du nord de la France et de la Belgique , paraît en effet aux professeurs de la Faculté des sciences de Paris et de l'Ecole des Mines (et j'oserai dire à moi- même), devoir être primé par le nom de Chaumontianus de Klein (ou mieux : Calvimonlianus) , que vous avez donné en synonymie de votre ancien Ech. oviformis fossilis, mais qui s'applique réellement, d'après le gisement et d'après la figure qui est suffisante à Y Ech. affinis auctorum. » Il me sera donc permis de trouver qu'il y a encore quelque chose à dire sur cette question de Y Ech. affinis que vous avez reportée devant le tribunal scientifique , et que vous nous rendriez un grand service si vous vouliez bien l'élucider et faire figurer toutes ces formes qui tour- nent autour de ce type : Chaumontianus , affinis, dilatalus Ag., eury- somus Ag., Galeollienus Forb., Girondicus et Matheroni; j'en oublie sans doute , sans parler du similis et de tous ses proches parents ! Je ne doute pas que M. Hébert ne mette, pour ce travail , à votre disposition les précieux échantillons de sa collection , et je n'ai pas besoin de vous dire que tout ce que je puis avoir de ce type du bassin de Paris ou de celui de la Gironde est à vous. » M. Des Moulins fait suivre la lecture de cette note des réflexions suivantes : LXXII «J'ai communiqué cet échantillon n° 9 à M. Tournouè'r sous le nom , qu'il n'accepte pas, lïEchinolampas Richardi Desmaresl. » M. Tournouè'r le rapporte à un type du calcaire grossier qui affleure seul à Cassel (Nord). » Mais cet échantillon n° 9 m'a été donné par feu Marmin, et vient de la montagne de Cassel : il est donc aulhenliquement la forme pré- cise à laquelle M. Tournouër veut le rapporter, et en effet, il se rap- porte certainement , dit M. Tournouè'r, aux échantillons d'à/ finis des parisiens (mon Malheroni de Vanves et d'Issy) des types des collections Michelin et Hébert, qui sont aussi de la montagne de Cassel. » M. Tournouër a évidemment raison en rapportant la forme de Van- ves et d'Issy au Chaumontianum de Klein , pi. X, fig. A : il n'y a pas de place pour un doute! Donc, pour ceux-là, le jus anliquum en ferait Chaumonlianus. Mais M. Tournouè'r est-il. également exact en rappor- tant mon échantillon n° 9 , de Cassel , au Chaumontianus ? — Si je veux tenir compte des usages échinologiques actuels qui décorent du nom de type distinct tout échantillon offrant une nuance à peine perceptible il y a trente ans , il faut que je prenne le parti de serrer de plus près cet échantillon n° 9 de Cassel, et alors il faut que je dise que, comparé aux quatre échantillons de Vanves et d'Issy (donnés par M. Tournouër), il offre des différences que d'aucuns appelleront spécifiques , savoir : 1° Sa taille est beaucoup plus considérable ; 2° Son sommet est notablement plus rapproché du point le plus cen* tral ; 3° Sa base est plus aplatie (moins pulvinèe) ; 4° Son infundibulum est plus large (il part proportionnellement de plus près dit bord ) ; 5° Les parois de cet infundibulum sont moins subitement déclives , ce qui change l'aspect de sa face inférieure. » Je vois quelques autres différences que je ne puis ni énumérer, ni tenir pour caractéristiques en présence d'un seul échantillon ; mais ces cinq caractères sont précisément ceux qui sautent aux yeux quand on compare mon échantillon n° 9 de Cassel et mon Echinolampas Richardi de Bordeaux à mon E. Malheroni de Vanves et d'Issy. » Pour être juste, il faut avouer que la forme générale diffère : elle est plus arrondie , et le sommet est plus rapproché du point central dans le Bichardi que dans le Malheroni. » Revenons aux figures de Klein. Dans , mes Tableaux synonymiques, LXXIII j'ai attribué à mon Richardi la fig. E (Issyaviense) de sa pi. X, figure complètement dépouillée de la couche externe (tuberculifère) de son test. La grande excentricité de son sommet m'empêche seule, aujour- d'hui, de maintenir cette attribution et, seule aussi, m'empêche d'é- denlifier cette fig. E avec l'échantillon n° 9 de Cassel. — Quels" sont : sous ce rapport , le degré de fidélité de la figure de Klein (dépouillée de sa couche externe , ce qui change toujours les rapports de position entre le moule et V extérieur du test ! ) et le degré de perfection de mon échan- tillon n° 9 de Cassel , que je considère toujours comme assez notable- ment déformé par écrasement , quoi qu'en pense M. Tournouër ? — En présence d'un seul échantillon de Cassel , je ne saurais le dire : mais est-il décidément inadmissible que cette ancienne figure E représente le fossile de Cassel? » Si cela n'est pas impossible , nous avons ici affaire à la forme Issya- viense de Klein, p. 88, pi. X, fig. E, et non pas à la forme Chaumontianum du même auteur, p. 88, pi. X, fig. A. Cette formé est évidemment, dans son ensemble, plus proche du Richardi, qui n'a jamais été observé à Paris, que je sache, qu'elle ne l'est du Matheroni de Vanves et d'Issy! » Des échantillons plus nombreux et bien frais du fossile de Cassel sont évidemment nécessaires pour décider de ce rapprochement, de cette identification ou de cette séparation spécifiques entre le Richardi^ le Matheroni et le fossile de Cassel. » Au résumé et dans le sens moderne , avons-nous ici deux espèces : E. Richardi -f Cassel et E. Matheroni?, — ou E. Richardi elE. Ma- theroni -j- Cassel? ; — ou bien en avons-nous trois : E. Richardi, — E. de Cassel, — E. Matheroni? » Dans l'usage moderne, j'incline vers ce second sentiment, et alors il resterait à décider si Cassel (et peut-être Bruxelles que je n'ai jamais vu) peut être rapporté à Issyaviense Klein , fig. E, ce que j'incline aussi à présumer. » Je ne suis pas en position, malgré toute la condescendance que M. Tournouër me permet d'espérer de la part de M. Hébert, et malgré la généreuse amitié dont M. Tournouër m'offre lui-même les témoigna- ges, — je ne suis pas , dis-je , en position d'étudier fructueusement, bien moins encore de résoudre des questions aussi délicates et aussi complexes : je m'abstiendrai donc complètement d'aborder l'étude que M. Tournouër me propose, et j'attendrai avec confiance la décision qui sera portée par une voix plus autorisée que la mienne. LXXIV » Et puis , — je ne crains pas de l'avouer, — j'ai eu tant de bonheur à reporter, par la dédicace que je lui en ai faite, à notre éminent confrère M. Matheron , l'honneur si bien mérité par lui d'avoir distin- gué spécifiquement YE. aflinis de Goldfuss de celui des collections parisiennes, — j'y ai trouvé tant de bonheur, dis-je, que je ne vou- drais pas être exposé au chagrin de dénouer de mes propres mains la couronne dont j'ai fait hommage à ce savant si distingué. — Si la jus- tice, si la nécessité parlent, il sera toujours temps de se soumettre : et alors encore ne pourrait-on pas se demander si ces déplacements de noms ne deviendraient pas pour la science un embarras plutôt qu'un avantage, après Al ans de possession pour YE. affinis Goldfuss, —après 45 ans de possession pour YE. Richardi Desmarest, s'il y avait lieu à remplacer ce nom par Issyaviensis ?... Et qui pourrait prévoir ce qui arriverait si l'on se mettait à remanier aussi sévèrement tous les noms spécifiques de ce groupe d'alliés que notre zélé collègue M. Tournouèï' range en ligne de bataille, comme desiderata d'un futur examen? » La Société reçoit des auteurs, à litre d'hommage, les ouvrages suivants : Considérations sur les poissons fossiles , par M. Em, Sauvage ; Notes sur les schistes à Meletta de Froidefontaine , par MM. Oustalet et Sauvage. Séance du 17 Août. — On procède aux élections des membres du bu- reau et du Conseil pour l'année académique 1870-1S71. Sont nommés : Vice-Président MM. Delfortrie; Secrétaire général. .'. . Linder; Secrétaire du conseil. . Benoist ; Archiviste Trimoulet ; Trésorier De Kercado ; Souverbie , Le Roy, Membres du Conseil ) Dr Lafargue, Bailby , Lambertie. M. de Ciiasteigner écrit au Président pour lui annoncer la décou- verte, faite par lui , dans une grotte des environs de Saint-Mamet, près Bagnères-de-Luchon , d'une mousse très-rare , Schistostega Osmunda- cea, qui, jusqu'à présent, paraît n'avoir pas été trouvée en France. Celte communication est renvoyée à l'examen de M. Durieu. M. Delfortrie lit une note sur l'avenir du port de Bordeaux au point de vue géologique. (Cette note a été imprimée dans le présent volume.) 5 mars 1899. TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE VOLUME GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE Ëmersion des fonds de la mer sur les côtes de la Gascogne ; par M. E. Del- fortrie , vice-président 23 Notes pour servir à l'étude des étages jurassiques inférieurs, aux environs de Nancy ; par M. Em. Benoist, secrétaire du Conseil 137 Aperçu analytique des principaux travaux géologiques et minéralogiques de M. A. Leymerie, correspondant 171 Les ossements entaillés et striés du miocène aquitanien ; par M. E.. Delfortrie, vice-président ,261 L'avenir du port de Bordeaux ; par le même 441 Des calcaires lacustres de Saucats; par M 0. Linder, secrétaire général 431 BOTANIQUE Mémoire sur quelques espèces de Slatice du groupe Limonium; par M. Alex. Lafont, titulaire 152 ZOOLOGIE ET PALÉONTOLOGIE Mélanges cétologiques ; par M le D r P. Fischer, supplément 3 Mélanges malacologiques ; par M C. Récluz, correspondant 29 Faune conchyliologique marine du département de la Gironde et des côtes du sud-ouest de la Frauce; par M. le D r P. Fischer, correspondant (Supplément) 71 Description d'une mâchoire inférieure de Squalodon Grateloupi, dans le grès marin de Léognan (Gironde) ; par M. E. Delfortrie, vice-président, 133 Sur les épines des Echinocidarites; par M. Charles Des Moulins, président.. . . 162 Note bibliographique sur les Pucerons; par M. Charles Des Moulins, président. 216 Description de quelques Echinides tertiaires des environs de Bordeaux ; par M. G. Cotteau, correspondant .' 248 Recensement des Echinodermes de l'étage du calcaire à Astéries dans le sud- ouest de la France ; par M. R. Tournouer, correspondant 263 Spécification et noms légitimes de six Echinolampes ; par M. Charles Des Mou- lins, président r 309 ( 532 ) Mélanges ornithologiques sur la faune de la Nouvelle-Calédonie, et description d'une espèce nouvelle ; par M E. Marie, correspondant 323 Bryozoaires marins du département de la Gironde et des côtes du sud-ouest de la France; par M. le D r P. Fischer, correspondant : 329 Echinodermes des côtes de la Gironde et du sud-ouest de la France ; par le même 558 Foraminifères marins du département de la Gironde et des côtes du sud-ouest de la France ; par le même 577 Les Chéloniens du miocène supérieur de la Gironde ; par M. E. Delfortrie, vice-président 599 VARIÉTÉS Rapport sur la nouvelle maladie de la vigne; par M. H. Trimoulet, secrétaire de la Commission nommée ad hoc, archiviste 221 Deuxième Rapport sur la nouvelle maladie de la vigne ; par le môme 255 PROCES-VERBAUX Extraits des comptes-rendus des séances de la Société Linnéenne de Bordeaux (Exercice 1868-1869) ; par M, 0. Linder, secrétaire général i Suite des comptes-rendus (Exercice 1S70-1871) ; par le même xxxm Tableau du personnel de la Société Linnéenne de Bordeaux au 51 décembre 1871 526 — des admissions et mutations depuis le 1 er novembre 1868 jusqu'au 51 décembre 1871 527 — des Correspondants nommés pendant la même période 528 — — — élevés au titre d'honoraires — 529 Nécrologe de la Société, pendant la même période ibid Liste des Sociétés admises comme correspondantes, pendant la même période. 530 Bordeaux. — Imp. de F. Degrbthau et Comp. I 3 2044 114 198 492 Date Due MAR 27 «SB MAY 1 3 1968 ONS. without thc thïin fivc vol- vote of the th; no longer ted more fchan ■y volume not a book after rowing. iken from the peeks previous loss of books HHHH • ■■•**■■• ■ ' : y J ' ■■■ ■ ■ ■ Iwmm 1 : li • < V 1111 ' ; 3 : ■■;.-: :.v BRr^ «ilSIi mi .•': 1 ■ '■'•■' S HHH nMmmfmW