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DAF

) 11

Y,

HISTOIRE

D S

FRANCE

r*-.

1

HISTOIRE

D E

F R A N CE.

Depuis rétabliflementdela Monarchie > jufqu'au règne de Louis XIV*

Par M. Garnier ^ Infpecieur du Collège Royal j Profejfeur d'HiJloire , & de îAcadé^ mie Royale des Infcriptions & Belles-Lettres*

TOME VmGT-DEUXiË^IE.

Le prix , 3 livres relié

Chez

A P A R

Saillant &NyoN,ruc Saint- Jean- ' î-Beauvais.

r Saillant •^ de-Beauvaii

C lÎES AINT,

rue du Poin-Saint-Jacqucs.

-Jl/ M. DCC. L^XL Avec Approbation ^ & Privilège du Roi.

HISTOIRE

DE

F R AN CE.

L ouïs XII,

Père DU peuple.

A France voyoît avec dou* rr—*— *^ leur opprimer fes alliés Ann. içof. fans faire aucun mouve- . ^Jî"»»"* .ment pour les lecounr , du dnché de fans même ofer fe plaindre , de peur ^5Î"^Vd«. de perdre encore le feul avanrage StUar, qu'elle s*écoit promife du dernier ^^^{^f^ traité.^ Les rrois mois que Tempereur s'ctoit réfervés pour donner Tinvef- titure du duché de Milan étotent ccoalés : cependant il difputoit igH^ Tom$ XJCIU A

t -Htstotre »e France. \ jours fur les conditions ; il demandoît Ann. ifof. des fûretés , & tâchoit de traîner TafFairc en longueur ^ jufqu'à ce que Tarchiduc» Ton 6ls , eût achevé la con- quête de la Gueldre : voyant enfin que . la patience des François? étoit cpui- fée , & que le roi lui-même ne pour- roic bientôt plus empêcher Tes fujets de voler à la défenfè du malheureux Egmond > il convoqua une diète dans la ville Haguenau le car- dinal d'Amboife , au nom & com- me fondé de procuration de Louis XII , lui fit publiquement hommage pour le duché de Milan , le comté de Pavie & la fe^neurie de Oênes , & reçut enfin ces lettres d'inveftitûre fi long-temps attendues & fi ardem- ment defirées. L'archiduc Philippe qui s etoit rendu de fon côté à cette même alTemblce , y rendit pareillement hommage â Tempe- reur , fon père , pour U duché de Gueldre & le comté de Zutphen : il fut folennellemeut invefti de ces deux Etats , & emmena avec lui un corps confidérable de cavalerie , com« mandé par Rodolfe d'Anhalt». pour termii^er cette importante conquête ai^ x}ae J^ouis , qui xi'avoit plus

X o tr ï .s -XI I.' ïj .Ies4tt€ines raifons de ménfeger Ter»- pereur, put y mettra obftacle. . Awm. tfb^.

.11 n'écoic pas alors eniiiac d'y Too- Maladie ger. Le temps qu'il avoic ciioiu pour ^"fj""^* efïkcer , par de$ fêtes & d^s réjouifr s, OeUiu fances publiques., les fa^cheiifes ïmt ^^^Û' 4>re(nons que quelqlie^. 4épp(uionfc Bdcar. Axx maréthal de Gié ta votent UiSees ^ans le cœur de la reine ^ fut: ^elm Ton trembla pour jTe^ jout^. Annt de Bretagne, par un bonheur dont, on ne fe rappelloit point d'exemple » avoit été deux fois reipe de Errance -. elle avoit été couronnée Ja ^première fc^s , Se a voi t faicToo >eprf ée publique ^dans Paris , .immédi^t^e^t^iic «près la .célébration de Ton mariage avec Char- Jes Vlll. Depuis qu'elle a¥oit époufé Xouis XII j^ elle avoit vécu dans k Touraine qu le Blaifois : elle a voie .fulvi foi> m^rià Lyon, enBoutgogne .& dans la plupart de k$ wyagesj ^

onais elle ne s'étoirpoint jendoœ rnour trée â Paris. Louis ordonna la céré- .monie du nouveau couronnement de la i;eine , & n'oublia rien pour la .rendre une des pla$ briillantes & des .plus magnifiques que l'on eût encore vues. A peine les fèc^^ étoient-elles .'Conxaa^nçéQ^ c^^ U^i^nw Defant ft

Ai|

^ HÎSTÔIHE !»i FrAnm. ,^ ^ ' accablé. Les médecins , atcriWant AiiN. if»r. cette indifp^fitton à Tait épais de la capitale» hii confeillerent de retour- ner promptement a Blois. il eut ea^ cote aflex de force pour s*y rendre ; tnais âès le lendemain la même ma- ladie qu'il avoit eue l'année précé*- dente fe reaouvella avec des fymp- tômes plus effrayants. Anne de Bre- tagne 9 ÊHidant en larmes & attachée jour Se nuir tu chevet de ton lit, ne «vouloit point confier i d'autres le foin de le (ervir : il fallut employer iz violence pout l'arracher de fa chambre : on en défendit Tentrée i tout le mbnde à la réferve du comte de Dudois , de Louis de la Tré* mouille , grand chambellan , de Flo- iiimond de Robertet 8c de Tévèque •de Périgueux , grand aumônier. La nouvelle du danger oui menaçoit les jours du roi fe repandit bientôt dans toute la France, 8c la remplit de gé- miflèments, de larmes & de terreur. Le peuple quigoûtoit les fruits d'une «dminiftration fage , é<|uitable & modérée, qui ne redoutott plus ni pillage dts gens de guerre ni les ex- coriions des receveurs des deniers pu- i>lics , avoir pour rautenr de tanc tie

. L 43 1 s^ X?ï- f

^tens 9 un amou» qui tenoic de 1 ado-

cation : il le regardoic inoins Comme ak'm; ï^às* ua mortel ^bienfaifâori lipie^ c<^cr|me tin génie cateUirp. Cepênflanc^dâM

âaelles affireofes eircbnftances àlioit^ être enlevé â U tiation ! Les fcellési étoienc donnes > les gouverneurs SC ies capitaines de la Bourgogne , de la^ Bretagne , du duché . de Milan y étoient tenus> pat leurs fesments d^ reinettre ces vaftes provinces entre les mains d*un voilin dangereux ^ d'introdaire une domination étran<2 gère dans le cœur de VEtat. On avoir efpéré que le ciel préfervéroir Ja Fran-» ce de ce malheur en lui accordant im dauphin, ou qa'un roi (i bon Se fi'Jttfte romproic à la première oc* cafion un engagement U' pnéjudicia* fcle â Tes fidèles fujets: car à quels malheurs ne devoit-t-on pas s'atten* dre Cl ce mariage s^accompliffbit ^ Se après les funeifes précautions' qu on venoit de prendre ^ qui pourroit em-^ )ècher qu'il ne s'accomplît ? Le peu^ Die avoir abandonni les travaux ; es femmes, lès enfants, les vieil^!» ards paflbient . les journées entières jSc la plus grande partie des nuits dan&les égUfes, ou fui voient pieds * A iij

nodt 8c Iw cbevenji épars les pro^F AHM.isof«0effi0«)i^ qiil £r J&ifoleac dans tciu^ 1«» patoiOb^^ mâlitarde^/crls ck dovNd Imc ans; pric^ees» que ks? BÛniftra» de» autels adreitoitnt au oîeL pono lu faoté du . toi. : les hommes s'at^. tK)upokii& de toutes les parties dii> toyaume poQt accourir à £lois , et apyrendrei plus piomptement oei

Îii'ils aLM^ieiîC: à. efpérer ou a erain-^ lie. Louisi dao^ les itueivalles lnci-<» desvqciisrdm laifloic la isaladie » fe re-k proQnbir four iîr peu deace» plaigaoi^ isèn peuple & verfoit des larmes.' Le tfWfdûial d'Amboife revenoir de Ha» gtienaii , rapportant cect« Êuale ia« veftîiuie qu'il n'ofoic plu&*iDontresi Ififtuoât dus nouvelles. di/pofitions dil roi> îl ne balança point à ¥y cùm firmer^ il lut déclara que tous les en^^ments qu'il pouvoit avoir pris avec la maifoa d'Autriche écoient n'uby patcie qju-il n!avoi€. pu, faps le: eon^aiiM>qpeD& de^k nertion:» di£- pofer d'une ipmtioà & coo^décablo çur coyaiime ; & a&K qu'il: ne lui cédai; a^aun^fccupole fur les ferments qu'il avoir prêtés , il l'en délia en quaUté de légat du faine ûége , & en v^stu des pouvxûrs qu'il avoit

Louis XI L 7

reçus du pape dont il repréfentoit 1 la. pecfonne. En ronnpanc des-msuds ANN.ifOf. fi mal aflbrcis , il falloir prompte- ment aflurer à la princeflè an aatre époox : le clwix n'étoit pas douteux , . il regardbic uniquement François d'Âugoulème , héritiec préfomptif de la couronne. Toute la difficulté confiftoit à obtenir le confencemens de la reine , qui haïflbit mortelle-* ment la mece du jeune prince. Le cardinal le chargea^ de cette commif* fion: il lui repréiema'fi fortement £es devoirs en qjualité de fouvetai- oe; il lui peignit fi vivement h û^ tiiation du roi ion mari , à qui un Jtefus pouvoir donner la mort , qu'il arracha enfin une parole qu'elle n'a- voit pas* defTein de tenir. Le roi » fans perdre de temps y diâa fon te(- tament qui fut rédigé en fprme de ktctes- patentes. Après y avoir inf- situé Claude fa fille ^ héritière du comté de Blois , du duché de Mi- lan ôc des autres biens qu'il poflë* doit comme particulier, qui n'é» noient ni de fan apanage , nidémeih- bcés du domaine de la couronne , il déclare qu'il veut ^ ordonne qu'elle ùok mariée à François , comte d'An-

Aiv

t Histoire FfiAwï:i.

froolcme , aufl] tor que leur âge . . e permettra : il défend aue , fous quelque prétexte que ce loit y elle (bit emmenée hors du royaume avant la confommation du mariage , ni qu*on foutFre qu'elle faflfe aucun voyage dans la province de Breta- gne dont elle doit hériter II nom- me pour tutrice & adminiftratrice des biens de fa fille la reine Anne ^e Bretagne ; mais il ordonne que la régence & Padminiftration du Royau- me foient exercées coniointtn^tni & >ar indivis pendant la minoricé de François d'Afïgoulcme , pat la même Anne & par Liuife de Savoie ,. com-* Çeire d'Angouleme \ & il Uui donne pour confcil George , cardinald Am- boife , Engiiberr de Cleves, comte de Nevers , le chancelier Gui de Ro- chefort, Louis de !a Trémonille^ grand chambellan , & Florimond de Robertet , un de ceux qu on a depuis appelles fecrétaires d'Etat. Pour s'atTu* rer que fa dernière volonté feroit exécutée , Louis ordonna qu'on ap« portât dans fa chambre le bois de la vraie croix, le livre des évangiles, le canon de la mefTe , & fit jurer en fa préfence > & entre les mains da

V,

L ou I s X 11/ ^ curdinal d'Amboife^i EverardStuard, feigneur d'Aabigni , à Guillaume de ANw.xjer. la Mmrck , feigneur de Monbazon , & aux autres capiraines de fes gar- des , fur la damnation de leiir amc & (a part quils préundment en paradis ^ ' de sVittaéber après fon crêpas i Clau* de fa ^le ^ & au couite d'^Aiigou^ Ume héritier du royaume : de les garder Si fervir envers & contre tous fans nul excepter : de facrifier , s'il fib étoit befoin^^ leur vie & celle de tous lesiK>tQmes qu'ils avoient droit de comoiander pour faire 'aceornpUr •* "•' Je n^ariage de Ciaadé.'de France avec Jertroate d'Angoulcole t d^obéirâ la reine ,jpourvu iquede £crn côté elle conforimt à cette difpofitibti. Après foutes ces précautions y oue le carao- feré opiniâtre d'Anne die Bretagne ^ftifioit aâez^i.U rbi^ attendit plus jeraoquiUeoienr qnrile. - feroit l'idùè 4i^ fa :ma'Udie. Dè& qu^il commença ii. emrer en xonvaléfcénce , Anne qui s'écoit teiiue renfermée dans le châ- teau de.Blois , alla fe montrer dans Jies. principales 'villes de fon duché ^.CiBreMne* Louis^ profitant de foi;i abfence le Çt ' portei| au thiteati d' Anv i^ife. Xa vue jdu . jeune. ^tan^ots

Av

lo Histoire de F&Amce. d'Afigoulêiiie lui lappellaiic le fou9é^ Akk* ifof . ^jj ^ p^jç j^ ^ jeune prince qo*il

avoir tendrement aimé , loi attacha des larmes : il le ferra ph^ews fois en- tre fes bras ;& parce ooe depuis ladiiV grâce du marcdial de Gie » il croie refté {km gouverneur, Louis > après en avoir catééxé avec b comtefle » nomma pour remplir certe impor* tante fenâion Artus de Gouffier y fer* gnenr de Boifî. Monde Le bmit courut en Italie que le ^^^^^^ toi éroît mort : cette ^uHè nouvelle que les ennemis de la France avoient intérêt d'accréditer, trancha leS' jours d'iuxe tendre & ^ertuenfe amante» Thomafline SpinoÊi , déteflant la Iti^ œiere qu'elle ne partageoit plus avec Ion imênJio , s'enferma dans une 'diambre obfcore j on ^oute entière ;àfa douleur eUe ittvoqimt la liiorc. Une fièvre ardente la confnma en moins de huit jours. La république de Gênes a qui elle a^it rendu des fervices importants , lui décerna des funérailles publiques , & députa deux de fes plus liluftres citoyens pottt poner a^ coi cette trifte nouvelle. W ne put refufer des lar-- mes à cette tendie a«iie'>^&' TcMif

Louis X I L ii

l^nt honorer fa mémoire , il lui fir *

compofer une épitaphe par jfean d'Au- ann. x çoç. cou , fon hiftoriographe > ôc ordonna qu elle fût gravée fur le magnifique tombeau que lui avoienc élevé les Génois.

Le cardinal Âfcagne Sforce qui upn da étoît refté à Rome au mépris du fer- "ruinai Ar- ment qu'il avoir fait de revenir en "*g«SJ^ France après Téleaion du fouverain <'»«• pontife , voyant que fur la nouvelle Bctar^ du danger étôienc les jours du . roi, la plupart des capitaines Fran* . çois qmttoient Tltatie , crut que 1 occafion écoit favorable pour recou- vrer le duché de Mikn il avoit un parti puiffant. 11 prit i fa folde TAlviane, Jean- Paul Baglioné, Pan^ dolfe Pecrucci & un grand nofnbre d autres capitaines Italiens , qui te* nant toujours des corps de tfoupes fur pied, fe vendoient à xots ceux ui leur oâroient une folde : il eue es conférences fecretes avec le pape , lès ambaflàdeurs de Venife & lès émiflàires d^ Gonfalve, qui tous^ promettoienr de fe' déclarer Ibrfqull. ^ en fetoir temps r mais aa moment ott la conjuration écoit prête d'écla-^ ter, une maladie cçncagi^ufe enie^

A v j

1

îi Histoire de Prance.

va le vieux cardinal ; la jaouvelle âfp

ANiï.ifOf. la convalefcence du roi, & le recour

des capitaines François en Italie ,

achevèrent de diiliper les projets de»

^ârieux. .

Conquête. DsLtis les Pays-Bas , Parchiduc Phi^

^^%°"*w" ^^PP® préffbit vivement le duc de

Suc. *" ' Gueldres qui ne fe battoit plus qu-en ^ Potan.r€r retraite , attendant toujours que le» Heutents. Ftançois ouvrifTent les yeux fur leurs Harvus yrais intérêts & arrivaflent ï fon fe-

tûnt, '^' cours. Il eût été facile â Philippe ^ d'enlever le peu de places qui ref- toient encore. à conquérir » (i Ion coa* feil ne lui eût représenté qu'en pouf- fant le duc. hors des Pays-Bas , il le fbrceroit de chercher un afylé en France il troiiveroit des. parents^ 4es amis puiÏÏ^nts, intéreflcs à fa que-* relie , 9c à laide defquels il repa^ roîtroit bientôt plus formidable qu auparavant : on lui fît obferverque le feul moyen de s'afliiter de cet homme dangereux , ctoit de l'en- cjigîner par fon propre intérêt en lui l^iWànt quelque chofe à Dierdre Phi- lippe qui difpofoit a partir pour l'Efpagne > goûta ce cpureil & ne balança point à envoyer offrir Tott amitié & un rang â fa cour à. un en»

Lavis XII. Ff

J^mi déjà terraflc. Le malheureux

Egmond vint fe jetcer à fes genoux , Ann. ifOi* renonça publt<jaement à toutes les prétentions^u'iipouvoit encore €on<» ferver fur les places dont il avoir ité dépouillé , & rendit grâces pour cel- les Qu'on vonloic bien lui laitTer* L'archiduc le retint â fa cour » fous prétexte de lui rendre les hon- neurs dûs i fon ancien rang , il lui donna des gardes pour emp&cher qu'il n'échappât : il lui ât jurer <|u'il Taccompagneroit en Efpagne ou il alloit recueillir , au nom de fa fem« me & de fes en&nts , la facceffion de la célèbre Ifabelie , reîne de Cai^ rille.

Cette princede que' les hiftoriens Affàjret Efpagnols comptent au rang de leurs ^^yj^g]^^ plus grands, rois , que quelques en-' Marimiml thouuaftes placent en Patadis à c&té ^^^' de la fainte Vierge , eut des talent» Lmresdê rare^ pour le gouvernement; & peut--^*^*^^^' être n'auroit-on rien à reprocher i fa mémoire , li plus délicate & plus; ferme fur les principes de la pro- bité , ou moins complaifante qu elle ne le fur pour Ferdinand fon ma- ri^ elle eût ré(ifté comme elle en avoir le pouvoir , à fes projets

♦4^ Histoire de France. frauduleux, & ne fe fût pas ren4p Ann. ifof. complice de tant de noirceurs & de crahifons. Heureufe dans cous les projets qu'elle forma pour la gran- deur de TEfpagne, elle çfluya les revers les plus accablants dans fon domeftiquè & dans l'intérieur de fa maifon. Dom Juan fon (ils mourut 1 année même de fon mariage avec Marguerite d'Autriche : l'Infante Ifa- belie fa fille aînée , mariée au roi de Portugal , mourut de ,fa première couche: Tenfant auquel elle donna le jour..& qui devoir hériter de tant de royaumes,, fut enlevé dès le ber- ceau. Jeanne , ^ fa féconde fille ma- riée à l'archiduc Philippe, lui caufa des chagrins plus cuifants encore j car l'ayant attirée en Efpagne avec lar- 'chiduc fon mari , pour leuraiTurer d'avance la fucceflion de cette gran- de ^ monarchie , & ayant enfuite per- mis à Tarchidnc de reprendre feul la route des Pays Bas en paflant par la cour de France , elle perdit fa mal- heureufe fille , ou la réduifit à un fore plus déplorable encore que la mort. Jeanne qui aimoit éperduement foiL mari , ne pouvant fupporter une fi longue abfence.) rejetta les prières

L o c I s XI L \{ de fa mère qui vunloit la retenir ! auprès d'elle , méprifa fes larmes , Amn. xçof . s'irrita contre tou^ les obftacles qu'on apportoir à foti départ, & perfifta n opiniâtrement dans fa ré- iolution , qu'il fallut lui peirmettre. de s'embarquer au cmir l'hivérv La malhèureufe ne prévoyoit pat le fort qui l'attendoit : furpriie, déconcertée de la froideur d'un époùx à qui elle avoir facrifié fes parents , pour qui elle venoit de braver les tempêtes ,>elle voubat en fçavoir la coûte y & apprît un fecret qu'elle auroie toujours ignoreir. Une fels dames eut ia bartrare indifcré- donde lui nommer fa rivale. Jeanne feignit de vouloir l'entretenir en par- ticulier, elle fe la fit amefier dans fon apuartemebt V' mais devenue ft- rieufe a la vue de fes èharmei,^Ue s'élança fur elle, lui arracha 4es che- veux & lui déchira le vifage & le iein. L'archiduc, au-lieu de diffi- y muler cet outrage , & de ménager ce- cœur ulcéré^ l'accabla de repro- ches & lui annonça un' mépris éter- nel. Jeanne ne put' féfiftéi: à de (î* violentes fec<!>u(ïes ; les. organes de £>n cerveau fe" dérangèrent ^ eUe^

1^ HlStOlil'E DE VtiAVCk*

tomba dangereufemenc malade ^ 5^ AMN.ifOf;ne recouvra enfin la famé que pour (e furvivre à elle-même. Ifabelle at- taquée d'une maladie incurable ap- prit le trifte fort de fa fille : irritée contre ion gendre » obfédée par Fer- - dinand fon mari » qui après avoir donné des loix ^ toute TEfpagne , craignoit de fe voir Concentré dans les limites étroites de TAragon » elle diâa un teftament elle inf- titua Jeanne ta folle fon héritière aa trône, de Oftille , en déclarant que ù la maladie de cette princcfflfe Tem- pèchoit de pouvoir gouverner «par elle-même', Taditiinifti-ation Se la régence de la Caftille demêureroienr entre les mains de Ferdinand fon mari , jufqu a ce que Charles de Luxembourg fon.;pent-£Is eût at- teint 1 âge de piajçin^é^, Cette der^- niere >claufe affligea les^ Caftillahs. Autant Ifabelle étoit ainvée , aiqf ant on déteftoit Ferdinaiid. La fàufleié de fon caraûere , fa bigoterie , Tavi- dite avec laquelle il avoir réui^i fur fa tête Us trois grandes^ fnartcifd^ de faint Jacques ^d'AIcantara & ide Calatrava y qui formoient fiuparavant l'apanage , des. trois. : pla; . gr.and<i$

X o u 1 $ XI T. 17

maîfons d'Efpagne ; fon arrenrion ! à exclare.de roares les charges IcsAnm. isof. familles puifTatites & accréditées » pour ne les conférer qu*â des moi- nes ou à des avaacarieis ; ie plan d oppreffion 8c de defpotifme qu^il fuivoic conftammenc , n'avoient pu échapper ^nx regards d'une na* tien clairvoyanre & réfléchie « 8c avoienr excité Tindignacion ou le mépris d'une nobleUe âere & pref- que indépendante. Ferdinand qui n*ignoroic pas ces difpohcion<; fecre- tes « 8c qui ne vouloic pas laifler le temps aux méconrents de concerter leurs démarches , afTembla prompte- ment les Etats ^8c après y avoir fait confirmer le teftament dlfabelle^ il fe mir en poffeflion du gouver- nement. Les grands dépucerent â l*archiduc & lui repcéfenterenit com- bien il étoic dangereux pour lut de ie £er à un homme iaus foi , qui riroic vanité ^e. Tes parjures, qui étoic encore d'âge à fonger i un nocH v«au mariage 9 8c qui ne fe verroic pas plutôt établi dans la Caftille,

Ïu'il chercheroit tous les moyens d'en r^ilrer les héritiers légitimes : ils lut firent entendre que dès qu'il fifox'^

i8 HrstoiRB DE France. troic paimi eux , la nation fidelle aa ^NN.ifOf. ferment qu'elle lui avoit prêté , ar- meroit çn fa faveur, & renverroit le Catalan à Saragoffe. Philippe^ |eu- ne & ambitieux n eut garde de né-

fliger cet avis : dans le fervice qu'il t célébrer pour le repos de Tame * de la feue reine , il fe fie proclamer roi de Caftille , & envoya deux am- baffadeurs à fon beau - père potir lui annoncer fon arrivée, & le |>rier le plus honnêcemenr qu'il fe* roit poffible , de fe retirer dans fon royaume d'Aragon. Ferdinand ne s'oublioit pas dans ces momients cri-* tiques : il repréfenroit à l'archiduc que leurs intérêts étoient les mê<* mes ) qu'il ne prétendoic régnée que pour l'avantage de leurs com-r mufis héritiers ; que leur union pou-* voit feule les rendre fupérteurs à la France; qu'au- lieu de fonget 4 s*em«^ {iarer d'un Etat qu'on ne précendoic point lui enlever , il avoit un moyen bien iîœple d'en acquérir de nou« veaux; qu'il devoir attaquer de con« cerc avec l'empereur , la Bourgogne fie le duché ute MiUn , pendant que de fon côté il pénécreroit dans .le Languedoc ^ & occuperoit toutes les

'Lewis XI L 15^ ftrces tle la France dans le voifînage des Py renées. Voy an t<jQ'îl neponvoit An«.i50f* donner le change i l:* archive ^ il eut secoars^i ane de ces intrigues four-- des qui lui avoîâir Cv foavenc réuflî. C'écoic âla prîneede Jeanne, fa fille » qae la CafttUei appartenoic , 6c Tar^ Gbtduc n'y pouvoir rien prérendre de ,£cra che£ Sott^técexre de foula- . «r cette - princetle dans le dérail de Uftdmrniftration , il lui enToya pour fecrécaire Lopès de Conchil- JD9 , un incngoaiic adroir , à qui il recomttianda de gagnet fa confian- ce, & de tirer d'elle confirmation da teâ:ame»r d'ifabelle ^ Se une pro- corafiion adreflée à Fêrdiïiand ,- pour gouverner CaftîUe pendant la mu nonté de* fes enÊtnrs* Conchillosr < en vint à bout j mais avant qu'il'

Et faite parvenir ces aâes en pagne , Jeanne qui n'avoir rien' dtt caché pour fon^ mari , lorP

3u*il d'aignoit encore s'approcher 'eibylui rendit compte elle- inème de toitt ce qui venoit de fe pafler : €onchiik)S fut arriité & rraité comme on efpioti : les E(pagnols qui fbr- moienr la maiibn de la nouvelle Heine , furent chafTés ignomineufen

lO HiSTdiitt DE FltAKÀ.

ment des Pays Bas. Après uni pareil

ANM'isof. éckc, Ferdinand ne fe promettant

plus rien que de fîniftte de la part

de Ton gendre ; tourna /es batteries

du côré de la France.

Aifîaace Quelque puitfanre que fut la mai«

Wnind'"" ^^^ d'Autriche , elle ne pouvoit gue.

p. Martir.t^ Tinquiccer en bfpagne, fi la Fran-

^^ pariant, ^^ dccUroit Dour bu II feignit

Manufâtàox\ç, le pli|s vîf repentir de tout ce;

i»biii-«/«.q^^- j.^j^jç ^^^^ ^^^^ j^ royaume de

N iples , confefla hmnblemeâc fes toirs , promit de les réparer , & potu fceller , par un nopud indiflôluDie , Tallinnce qu'il vouloit contrariée? avec Louis , il lui demandoit une princeiTe de fon fang en . œariagey Pjhilippe de Ton côté, ibit (ju'ii ie doutât de cette démarche , foit qu'il ne fongeât qu*si prévenir fon beaun père » ofFroit au roi » s'il vouloit fe déclarer en fa faveur » la reftitution du comté de Rouflfillon, & de la moitié du royaume de Naples: il montroit que Ferdinand ^ n'ayant plus d'autres forces que celles qu'il

Sourroit tirer de fon petit royaume 'Aragon , attaqué en mèpe - temps du coté de 1^ Caftille , des Pyrénées » ^ en Italie , tecevroit à genous les

L o 0 I s Xil. if

conditions qa'on voudroic lai im- pofer. Qaelque parti que prît ia Fran- Aun. xf<H« ce y elle ne pouvoir que gagner. Une confidérarion fecrete fit rejetrer les offres de 1 archiduc : oo fongeoit fé- Tieufemen't i rompre les engage- ments téméraires contraâés avec la maifon d'Autriche, par rapport au mariage de Claude de France , & il l&aroit été abfurde de travailler i fagrandtflement d'une maifon ^u on àlloît avoir pour ennemie. Louis trai* fa donc avec Ferdinand : quelque dan- ger q\fil y eût d'ailleurs a fe lier avec iin prince qui refpedoir û peu Tes fer^ menrs , il loi donna pour femme, Ger- tBainé de Poix , fille de Marie d'Or* léans , fa fœnr, 0c Jean de Foix ,* vi- comte de Narbonne. Uaffigna pour doc i cette princeflê les provinces de l'A- hivaajt & la Terre de Labour , avec le cirre de reine deNapIés 5cde Jémfa- iem. On ftipula que cette donation auroit Iteo pour elle & pour les en« ^nts qui naitroient de fon mariage ^vec Ferdinand ; & qu'en cas qu'elle ''fi'eât point d'enfants de ce maria- 'ge , les deux provinces y après ùl mort, :fetôarneroient de plein droit i ta -Ff atK:e : J^irdihand s oUigea de payer

Il Histoire, DE I^rawce. au roi , a titre ^'indemnité pour la Ann.ijoj. guerre injufte qu'il lui avoir lufcitée dans ce royaume , un mi4ion de du* cars en dix termes ; favoir , cent mille ducats par an, qu'il dut lui faire tou- cher fur les banques de Gènes ou de Venife; & au cas que ces paiements fulTent retardés , il autoriia Louis à fe faidr de tous les effets des ftiar- chands Efpagnols qui commerce- roient dans les ports de France -, c'eft- â-dire , à voler des biens qui n'ap- partenoient ni à l'un ni à lautre. Il s'obligea encore à rétablir dans tous leurs !biens, honneurs , privilèges & prérogatives » les barons U fac- tion Angevine « Se autres^ nobles qui s'étoient attachés i la France, tant ceux qui s'étoient réfugiés dans ce royaume , que ceux qui étôient pri« fpnniers.à NapLes v ou qui avoient cherché un afyle dans quelques cours ,d*ltalie, fans exiger qu'ils priflfem des lettres d'abolition , pourvu feule- ment qu'ils prètaflent ferment de fî- .délité 9 foit a lui, foit à Germaine de Foix , leurs fouverains refpeâifs. La veuve de. Frédéric &fes enfants ne furent pas oubliés : Ferdinand promit 4e tendre à cette reine 1^ pcincipauié

Louis XII. ij de Tarente , & de faire un état conve- ■■■■ nable à Tes enfants; mais il mit àANM. 150^. cette gtace une condition qui la ren- doit illufoire; c'eft que toute cette famille infortunée iroit s'étabhr il jugeroit à [Propos. La mère crai-

Î;nant de conduire fes enfants dans es prifons d Eipagne , & ne pouvant plus refter en France, alla fe réfu- gier à la cour de Ferrare.

Malgré ces petits fubterfuges qu'il eût été facile a appercevoir & de re- trancher y ce traité eft certainement le plus avantageux qu*eùt encore conclu le cardinal d'Amboife: car fi Germaine avoir des enfants , comme il y avoit tout lieu de refpérer, la maifon d'Autriche qui commençoit à donner de la jaloufie a la France perdoit les royaumes d'Aragon , de Grenade , de Napies. , de Sicile , & la moitié des Indes Occidentales que Ferdinand & Ifabelle avoient conquifes à frais communs. Le ro* yaume de Caftille qu'on ne pouvoic lui difputer , enveloppé dans TEfpa- gne même de trois autres royaumes prefque aufil puidants , n'auroit eu qu une médiocre influeace fur les inté- rêts du refbdeU'Europe. Si , attCQn<»

24 HlSTOTRB DB FaANce. rraire, Germaine mouroic fans ei^ Ann. ifo;. fants , la France conferveroit da« moins en entier fes droits fur le royaume de Naples > fans qu*on pût â l'avenir fe prévaloir contre elle de la conquête ni de la prefctiption. Bnnffle- ^"^ alliance fi peu attenaue conC- fies deu Fr. tema Philippe i il prévit dès- lors tout iLc^hiUppll c^ qu'il ^voît ^ craindre ; mais tel Htuttnu. étoit fon malheur qu'il n'avoir de '*'i{^;j^"'^^ reproches i faire qu à lui même. La furiinum. fierté avec laquelle il avoit rejette ^^"x/a' coures les propofition$ que lui avoit Eûtes fon beau* pere> Toffiie ou*il avoit fait i la cour de France de contri- buer de rout £ba pouvoir â le pec« dre , avoieiK autorifé celui-ci à ùfec de cepréfailles. 11 n'avoir pas témoi- gné plus d'égards pour Louis , quel- que intérêt qu'il eût d ailleurs à le ménager. Livré aveuglément aux coti» feits de Maximilien^il avoit profité d'une claufe captieufe du traité de Blois t & en fuite de la maladie du roi , pour dépouiller violemment le ducde Gaeldres» quoiqu'il n'ignorât pas le vif intérêt qiie la France pre» noir â ee prince. A cette première boftilitét il avoit ajouté un grand nombre d'emreprifee for l'autorité

royal^

Ir O U î s XII. 15

idyale. Obligé , en qualité de vaf- fal ^ & par k ferment qu'il avoit prê- Ann. isos; au roi en lui faifant hommage^ de laiâer aux juges royaux le libre exercice de leurs fondions dans les comtés de Flandre , d'Artois Se dans ane partie du Hainaut ; per-* mettre que les caufes jugées en pre* mivre inftance dans cous ces comtés fathùt portées par appel au parle-* menr de Paris ^ de conferver au roi y ion Souverain feigneur , les droits de régale , c'eft-^^dire » h jouiflance libre & entière des revenus des évè- chés y pendâ,m h vâCâmcé du Gck i a avok contreveau i coures oes obli- gations. A Texemple des derniers ducs de Bourgogne , Ses prédécef- ieurs f il lavoit établi un eonfeii (bu* verain à MaKn^> il prétendoic que les caufes de tous fes (ujets in- 4tftinâement fuflèni; /t^&s en der* nier reflTbrt , menaçant de foa indî*^ gnacîon tous ceux qui appellecoienc an parlement de Paris , 6c prenant toutes les précautions imaginables pour que les huiffiers de cçtte augufte c<m»pagnte ne purent entrer dans ^ États fans s'<e9cpofer à .perdre k ^ on à efluvec des outsages» Il y) Tokc 3CXIh B

x6 Histoire DB Francï. avoit une ancienne conteftation en« A^N. ifof. cre la France & Tempire fur la moa^^ vance des pays de Vaes , d'Oftrevanç & de Rapelmonde. La France ap- puyoic Tes droits fur une foule de documents authentiques : mais lar- chiduG , plus porté pour Tempire , qui fembloit devenu béréditaîte dans fa xnaifon , que pour la France qu il ré- gardoit comme une puiflance étran^ gère & rivale , foutenoit ouverte- ment les prétentions de Maximi* lien. Louis ne yoyoit au avec le plus fenfible déplaifir tant d'atteintes por* tées à la dignité de fa couronne t mais les embarras TavoteiTr jette les guerres d'Italie , le deHr d obte- nir rinveftiture du duché de Milan , l'avoient jufqu'alors forcé de diflS* muter ; n'ayant plus apcipie raifon de fe contraindre , preflé au con- traire par Ferdinand le Catholique , fon nouvel allié , de donner de Toc» eupatioa à Tarchiduc dans les Pays* Bas, il permit au parlement de Pa« ^ ris d'informer fur tous ces griefs i

mais afin que l'archiduc n'eût point à fe plaindre qu'on le condamnât fans l'avoir entendu , l'ambalfadeur » chargé de lui notifier le mariage

Louis XÎI. 17

Ferdinand avec Germaine de Foix ,

dut lui remettre en même-temps un /vmm. 150t.

n^nrubire croient détaillées toutes

les raiions qu'on avoit de fe plaindre

de fa conduire, & fur lefquelles on

lui demandoit une prompte fatisfac-

tion. Comme il laifla expirer le terme

qu'on lui avoir prefcrir fans fe mer-

tre en peine de le juftiHer , » le par- f septembres

» lement, â la requête du procureur-

n général , arrêta que Philippe d'Au-^

n rriche , roi de Caftille , comte de

» Flandre & d*Ârtois , feroit ajour-

n par un huiffier de la cour ^ que

j> métrés Thomas Plaine , /on chance-

99'lier , & le premier président du coa-

9) feil de Flandre , feroient aufli ajour-

»$ nés à comparoir en perfonfie pour

»> répondre au procureur du feigneuc

» roi , fur les griefs énoncés dans fon

15 téquifitoire , à telles fins & conclu-

ii fions qu'il voudroit prendre con-

w'rr'eux ; que ledir Philippe, comte

j> de Flandre & d'Artois , feroit te-

•» nu de repréfenter en ladite coût

j> fon chancelier & fon premier pré-

» fident , fous peine d'une amende

>fde mille marcs d'or au profit du

«roi : ordonnant en outre ladite

j>coar, que les comtés d'Artois, de

Bij

2 8 ^ Histoire de France. » Flandre & de CharoUois, (evoient- Anh. ifof. ») faifis. $c mis es mains du feigneur . M roi , jufqa à ce que les arrêts , pré- 99 cédemmeoi; rendus fur la régale )9 de Tournai , & la réparation due'

V aux habitants de NeufEglifes ( mal* 9> traités par Tarchiduc pour avoir eu M recQur^ au parlement ) fuflfent exé«

V cutés , & qu'il en eut duement cet- %y tifié icelle cour «*• L'archiduc étoic pair de Ftance & le feul qui reftât alors des Gx anciens pairs laïcs. Louis ne. voulant pas permettre qu'il fut ajourné par qn huiffier , chargea de cette commiffion Engilbert. de Cle-

* ves , çpmte de Ne vers & pair de France t l'archiduc comprit qu'il n'y . avoit plus